CHAPITRE CXXIX
lvon, si que l’onime toute foiz que il cheminent si en niainent deux ; sique, quant il treuvent lel\on,sili cueurent sus’ moult hardiement. Et le lyon se defTent contre les chiens ; mais il se sevent trop bien garder que le lyon ne les touche; et il le vont toute foiz costiant ’ et ullant 4 et mordant lui en la queue, ou en la cuisse, ou là où il le pueentalrapcr. Et le lyon ne fait nul semblant; mais aucune foiz se tourne vers les chiens moult fieremeut, que se il les atrapoit ‘ il les occirroit ; mais il s'en sevent moult bien garder. Et ainsi va le lyon fuiant la noise 5 des chiens pour entrer en un bois pour trouver arbre où apuier soi, à ce que les chiens ne le puissent venir derrière pour faire ennuy. Et quant les hommes voient que le lyon se met à la voie, si metent mains ans ars' (il sont moult bon archier), et le navrent si de leurs saietes 6, si que il cliiet * à la terre mort. Et ainsi se délivrent les cheminans deslyons.
11 ont soie assez et autres marchandises, lesquelles l’en porte çà et là et sus et jus 1 par cest flun en pluseurs pars (y). Et encore
1 Ms. A. (/unirent sus; ms. C. l'assaillent. — r Ms. (!. derrière criant. — * • Ces phrases manquent dans le ms. C. — 1 Ms. B. aux arcs. — u Ms. C. ils cheent (tombent).
* Hurlant. — 5 I.es aboiements. — 6 Et te percent ainsi de leurs flèches. — 7 Sus : • en amont •; jus : • en aval ».
(7) On n'élève pas maintenant de vers à soie dans la province de Kouei-tchéou, mais on y récolte du thé. Il est probable que la soie dont parle Marc Pol était de la soie ouvrée, qui était dans la circulation comme les autres marchandises dont cette province faisait le commerce.
« Plusieurs rivières, selon la Géographie impériale (k. 320, fol.* 14), passent dans la ville ou aux environs; celle qui traverse la ville est nommée Kouei tching ho' ; elle coule au sud et entre dans la rivière Ndn-ming. Pendant l’été et en automne, les eaux de la première débordaient (sans doute ]*ar la fonte des neiges des montagnes élevées où elle prend sa source), et entraînaient les habitations placées sur ses bords; ces débordements faisaient de nombreux ravages. Du temps des Ming on fit, dans la partie supérieure de son cours, des canaux de dérivation pour les eaux surabondantes. Depuis ce temps, les places de
marché de la ville ont commencé à jouir de la sccuritc.
n La rivière Mân-mi/ig passe eu dehors de la porte sud de la ville ; elle dérive du cours supé* rieur du Md khiao ho («• rivière au pont des chevaux ■}, de l'arrondissement de Tiog-fan (ou Tingph *ot du même département), qui le traverse eu coulant de l’est au nord , etc. ; c'est la source supérieure du Tluing chouï kiéng (• fleuve aux eaux pures»), 11 pénètre dans le Ou-kidng, pour entrer ensuite dans le Choukidng ( « le fleuve de l’ancien royaume de Chou -, dans la partie orcidentaledu Sse-tckoueri), où il y a de nombreux rochers qui obstruent son cours, et qui empêchent les bâtiments d'y naviguer facilement, à cause des passes dangereuses. On a cherché à les éviter en ouvrant des canaux de dérivation, qui n’ont pas encore fait obtenir tous les résultats désirés. »
On voit par celle citation que, quoique diifi»
Ten chevauche sus ce flun .xij. journées trouvant toutes foiz citez assez; et sont idolastres et sont au grant Kaan. Et si ont leur monnoie <le chartains, et si vivent de marchandises et dars. Et il y a hommes d’armes assez. Et quant l’en a chevauchie .xij. journées, si treuve l’en la cité de Syndifu de quoi cest livre parole ci arriérés (8). Et de Syndifu se part l’en, et chevauche l’en bien .lxx. journées par provinces et par citez et par chasteaus esquielz nous avons esté ; et est escript en ce notre livre tout par ordre appertement. Et au cliief 8 de ces .lxx. journées treuve l’en Cuyguy 1 là où nous avons esté. Et de Cuyguy chevauche l’en .iiij. journées trouvant citez et chasteaus assez. Lesgenz sont de grans marchandises et de grans ars ; et sont idolastres et ont monnoie de cliartains du grant Kaan, leur seigneur. Et au chief de ces .iiij. journées, si
» Ms. C. purle. — » Ms. A. par chntiaus tsqniex. — 7 Mss. A. B. Enguy pour Cuguy; ms. C. Cuguy .
• A la fin.
cile par places, la navigation, du chef-lieu de la province de Kouei-tchéou , dans celle du Ssetchouan , à Tching-tou-fon , capitale de l’ancien royaume de Chou (décrite par Marc Pol dans son chapitre 1 13, sous le nom de Syndifou, et où il nous ramène, comme il le dit lui-même dans le chapitre actuel) , est très-possible, et qu'elle a pu être faite par Marc Pol en douze journées, selon ses termes.
1-c Ou-k'tâng, dans lequel pénètre la rivière qui traverse Kouei-ydng , ou Foung-ottl , prend plus bas le nom de Sse yin-Kiàng, passe au midi de Sse-ndn-fou, autre ville départementale de la province de Koueï-tchéou (lat. 27* SC' 24"; long. E., 10G* 05' 40"), entre dans le Sse-tchouan et va se réunir au grand Kidng. Os faits étaient, selon nous, importants à établir, pour démontrer d'une manière incontestable les déterminations nouvelles que nous avons faites de l'itinéraire de Marr Pol , depuis son départ du royaume de Mien, ou d’stira, jusqu'à son retour à Tching tou~/ou {Syndifu).
(8) En examinant attentivement la marche de Marc Pol depuis son départ de Cambaluc , la capitale de l'empire de khoubilaï (ckap. 101), et en ratlachaut les descriptions qu'il fait des
pays' parcourus par lui en quatre mois (meme chapitre) aux 'événements historiques qu il raconte, on voit clairement que c’est eu accomplissant uue des missions dont il nous dit avoir été chargé par le grant Kaan qu’il visita ces mêmes contrées. Nous avons, à plusieurs reprises, fait ressortir cette mission. Il vient maintenant en rendre compte à Khoubilaï. Mais comme en partant il a déjà décrit les provinces dans lesquelles il rentre maintenant, ainsi qu’il a soin de nous le dire, il ne fait plus que les mentionner. Ce sont celles du Sse-tchouan , dont Tching-tou fou {Syndifu) était et est encore la capitale (voir notre Chine moderne, p. 1 15), et qui est décrite précédemment (chap. 113); puis celle de Chensi (capitale King-tchao-fou , dans notre texte : Quen-gianfu , aujourd'hui Si-nganfou, décrite aux chap. 110 et 111), et celle de Chan-si (chap. 105 et suiv.). Il dit que l’on emploie soixante-dix journées pour les traverser, et que l'on arrive alors à la ville de Gingiu, ou 7VAotchéou, décrite au chap. 105. C’est de celte même ville qu’après avoir été rendre compte de sa mission à Khoubilai-Khaân , Marc Pol repartira pour décrire les provinces sud-est de la (.bine dont il n a pas encore parlé.