‹ Le livre de Marco PoloChapitre 66 sur 357 · CHAPITRE CXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXIX

1 en treuve villes et cbasteaus assez. Mais autres choses n’y a qui à ramentev oir face. Et quant on chevauche * ces ,xii. journées sus ce flun, adonc si treuve l'en une cité ,1 qui a nom Fungul , qui moult est grant et noble (3). Et sont idolastres' (3) et sont au grant

' Ms. C. a cheminé. — J Id. province. — • Id. Sinugut. — ’ Mis. A. C. jim.

session des 31ân (barbares du midi de la Chine). Au commencement de la dynastie des Thon g (618*905), ce fut m l'arrondissement des Bélier» ■ (Tsang-tcheou), etc. Du temps des cinq petites dynasties (907-ÜGO), ce fut le pays des huit tribus nommées Pii o (pa phd). Sous les Joftnÿ(OOO-JîCO) on lit, de ce département de Kouci-yiwg, l'administration générale des Ta Ik'en-kou-lo, c'est-à-dire des dix mille (innombrables) grandes vallées descendantes. Dans la périude tchi-ynan des Yuên ( 1 264-1 295, règne de Khoubilaï) , on y établit une « Direction générale de pacification des populations soumises aux Mongols avec garnisons militaires » (Chùn yuén Ion ki ün min ldn fuit sse) , en même temps que l’on établit aussi une préfecture pour les affaires civiles; l’une et l'autre relevant de la grande « Direction générale de protection des Pd-ph'o et autres, obéissant aux Mongols « (dont il a été question au chapitre précédent). Sous les Ming, la quatrième année houng-arou (en 1371), on établit à sa place la ■ Direction de protection de Kouei tchéou » , et eufin, en 1568, la ville (en question) étant devenue chef* lieu de la province, on la nomma Kouet-yang.

A 1 époque de Marc Pol , la province actuelle de Kuuet-tc/iéott, comprise dans le grand « Gouvernement général du Uonhutang (« Nou kouang Sing *), était nommée « Direction de pacification et de sûreté de Kouei-tc/icou (Kouci te lie ou Siuén wei sse") - ; c’est pourquoi Marc Pol l’appelle ainsi : Cuiguy (Kouei-djéou) . Quant à son r milieu, on a vu, par la traduction ci-dessus, que Marc Pol a eu aussi parfaitement raison de l’appeler Fungul , puisque c’est ainsi qu’on la nom-

mai! de un temps : ^ j'y

// cfi-knü lo (dans la prononciation habituelle : wisn-koui, la première syllabe étant affectée du ton pting, long, et les deux dernières étant au Ion Jé, ou rentrant). Celle observation prouve que Marc Pol, dans sa nomenclature géogra-

phique , représente plus exactement la prononciation indigène des noms qu’il cite qu’on ne l’a supposé jusqu'à ce jour (*).

(2) L’ancienne ville de Fungul (Ta îf'én-koü- Id) n existe plus. La Géographie impériale dit (k. 330, fol. 18) qu’elle était située à 120 li (12 lieues) au nord de la ville cheMieu actuel ( Konei-yang ). Les Soung y avaient établi une administration générale ( t soung kouàn) ; mais ensuite la ville tomba en décadence. Les Mdnt ayant fini par se rattacher à ce gouvernement , s’étaient détaches du royaume territorial des Là et avaient foudé le chef-lieu de l’administration générale (de leurs tribus) , qui fut nommée « la grande IFén koii-id (Fungul). » En 1208, on transporta l'administration départementale au cheMieu du gouvernement de la province ; sa décadence en fut la suite.

Une autre ville départementale, celle de Ganc/utn (lat. 26° 13'; long. 103« 35'), était autrefois, selon la même autorité (k. 331, fol. I) , le cheMieu de l’Etat territorial des Lot cette ancienne et nombreuse tribu répandue dans lea provinces de Kouang-si (où ils avaient leurs prineij <x campements du temps de Marc Pol, comme i is l’avons vu au chapitre précédent), du Yûn-nan et de Kouei-tchéou, toutes trois limitrophes. C’est dans cette ville que Khoubilaï avait établi la - Direction générale de pacification ■ des différentes tribus des Là (Lo tien siuén fait ssi).

(3) On compte dans ce département quinze monastères bouddhiques, ce qui prouve que la religiou de Bouddha y a beaucoup de sectateurs. Toutefois, ou y compte aussi huit tribus différentes de Miao-tse, que l’on considère comme la population indigène de la Chine, et dont il est fait

(*) Le nrwih» 10, . jr.n-1 », qui, rn rl.lnola, ril ra

t4tr de celle dénuininalKMi •dnatniMralive, formant ane ej»llieie, nVlail nai «Inair pas o.owna «la lu U peoiionrution tut* faire. Il aVal pat rare «le «olr le pmpla taira «t>|r de IV pbiittt pour raeruarcir U* met». aillent • m^mequ’ea Llune.

Kaan. Il vivent de marchandises et d'ars. Et sachiez que il font draps d’escorces d’arbres (4) qui sont moult biaus à vestir l’esté Il sont bon genth d’armes et ont monnoie de cliartains'. Et sachiez que désormais sommes es terres où l’en despent le charter1 du grant Kaan 1 (5). Il y a tant de lyons (6) que nul lioms ne puet dormir de nuit v hors de sa maison1. Et encore quant l'en vait par nuit sus ce flun, se l’en ne s'esloingne bien de la rive, si vont les lyons avous" jusques au vessiau", et menjuent ceus° qu’il puent atraper. Et se ne fust une aide que les hommes ont, nus p ne porroit cheminer par ceste province pour la grant quantité des lyons qu’il y a, qui sont moult grans et moult fiers’.

Il a en ceste province moult grans chiens et fiers et ont tant de hardement 3 que quant il sont deux ensemble il assaillent le

B Ms. A. l'iste. — 11 Ms. B. bonnes gens. — ‘ Ms. C. Chartres (papier, de charta ). — j Id. Chartres. — k Mss. A .jour. — 1 Le ms. C. ajoute : qu’il ne fust niengiez de ces lyons. — “ Mst. A. B. (wec eux; forme contracte). Le ms. C. avecqucs euh. — n Ms. B. vaissel; ms. C. aux vesseaulx .— > ° Ms. B. Menguent tous ceulx. — V Mss. B. C. nulz.

CXXIX. — 1 OU l'on fait usage de la monnaie de papier du grand K h a an. — » Féroces. — 3 Hardiesse , courage.

mention dans les documents les plus anciens de l’Imtoire chinoise. Ces Miao-tse oui une langue et une religion à part.

(4) Selon la Géographie impériale (k. 330 , fol. 32), ou fabrique dans le canton de Koueïting, du département chef-lieu de la province de Koueï-tchèou, et dans six autres, une étoffe tirée des fibres d’une plante nommée ko, le Dolichos tuberosus, selon M. Wells Williams, dont on fait des vêtements grossiers de couleur jaune.

(5) Nous sommes rentrés dans la domination directe du grand Khaàu, la province de Koueitchéou faisant partie, sous son règne, du grand Siog ou gouvernement de Hou-kouang. Le pavs des Tholomdn, dont il a été parlé dans le chapitre précédent, quoique actuellement dépendant de la province de Kouang-si , chef-lieu Toi -pingfou (lat. 22*25 '12"; long. 104® 47' 10"), n’en faisait pas alors partie.

(C) On n’admet pas qu’il y ait et même qu’il y ait eu autrefois des lions <n Chine. Tous les

commentateurs disent avec Marsden que ce sont des tigres. Cependant , on trouve daus la Géographie impériale citée (k. 330, fol. 7) trois montagnes qui sont nommées « Montagnes des lions » (ssê-tic chdn) ; l’une est située au levant de Kouei-yang, chef-lieu du département; l’autre au midi, et l’autre à l’ouest; c’est un indice assez vraisemblable que, s’il n‘y a plus de lions aujourd'hui, il y en a eu autrefois, et que Marc Pol ne s’est pas trompé. La description frappante qu'il fait, de la lutte des lions avec les hommes et les chiens, n’est pas une invention de sa part, (les chiens , la Géographie impériale (édition de 1744, la seule que nous possédons) ne les mentionne pas. Il est probable toutefois qu'il devait y eu avoir chez les nombreuses tribus de montagnards Miao-tse , ou Lô-lô, mentionnées dans la plupart des départements de la province de Koucï-tcheou , ou qu'on les faisait venir du Tibet, où nous avons vu précédemment qu’il y en existait d'une race colossale, habitués à faire la chasse aux bêtes fauves.

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