‹ Le livre de Marco PoloChapitre 77 sur 357 · CHAPITRE CXXXIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXIIl

vince, pour garder la entour. [Et quant le chevetaine atout son ost ot auques demourés là entour °], si pensa comme desloial et traître, et donna conseil aus granz hommes'* [de ceste province’’] de reveler eus1 contre le grant Kaan. Et ainssi le firent il; car il se revelerent r contre leur seigneur et ne li vouloient de riens obéir. Et firent chevetaine cestui dit Eiytan qui estoit là venu/, de par leur seigneur pour les garder et sauver. Et quant le grant Kaan sot ce5, si envoia maintenant deux siens barons, dont’ il nommoit, l’un Eguil, et l’autre Mongatay. Et lor donna cent mille hommes à cheval et grant quantité d’hommes à pié. Mais tel fu l’aventure que sachiez que ces .ij. barons1 se combat irent contre Liytan, qui estoit revelez ”, et encontre touz ceus qui, de sa part, s’estoient assemblés de la province là environ, qui furent bien tou/ plus de cent mille hommes à cheval, et grant quantité de gent à pié. Mais toutes voies fut, Liytan, tous desconfîz et li sien ’ en la bataille. Et ainssi orent 6 les deux barons, que le seigneur ot envoie/ 7, la victoire. Et quant le grant Kaan sot 8 ce, si en fu moult à son gré *, et commanda que luit cil qui avoient révélé, et donné le conseil du reveler ’, fussent mis tuit à mort cruelement, et autres menues genz fust 9 pardonné. Et ainsi fu que touz les granz chiefs* de cest fait firent, les deux barons, touz morir de male mort ; et les autres menues genz orent® tuit pardon. Et depuis en avant furent il bons et loiaus " à leur seigneur.

® Celle phrase manque dans les mss. À. B. — ■ P Id. — 1 Ms. B. rutiler eux ; ms. C. lui rebeller. — r Id. — * Ms. C. quil. — 1 Le ms. C. ajoute : atout leur ost. — « Ces trois roots manquent dans le ms. B. — * Ms. C. et occis. — * Ms. C. liez (joyeux). — ? Ms. C. rebeller. — * Ms. A. chies. — 44 Ms. B. loyaux] ms. C. feaulx (fidèles).

< Personnages ini/wrtants. — 5 Appnt celte nouvelle. — - 6 Eurent. — 7 Avait em-o)és. — 8 Sut. — 9 Fût. — «° A l'avenir.

Marc Pol aux chap. lxxxv et Lxxxnti), prit Thsi-ndtiy à la onzième lune ; puis Toung-ping, et d'autres villes de la province de C/ian-toung, sur les Kin, qui possédaient les provinces septentrionales de la Chine, ou le Khotai (de Khitan, leur ancien nom), tandis que les Soung régnaient sur les provinces méridionales. C’est ce qui fait

que Marc Pol, quand il parle des lieux situés dans l'empire chinois actuel, rendu à l'unité par Khouhilaï, ne manque jamais de dire si ces lieux appartiennent au Kbatai ou au il fan zi, dont le Hoâng lui ou fleuve Jaune (en mongol Kara mouron , « fleuve noir » ) formait la ligne de démarcation.

Or nous partirons île ceste matière, puis que nous l'avons à vous contée; et vous conterai d’une autre contrée qui est vers midi, qui a nom Singuy inatu l,b.

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