‹ Le livre de Marco PoloChapitre 82 sur 357 · CHAPITRE CXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXV

assez, qui moult sont belles et grandes et riches, de grans marchandises et de grans ars Et font ardoir les corps 4 mors ; et sont au grant Kaan ; et ont monnoie de charter". Et au chief de ces .viij. journées treuve l’en la cité de Einguy ' (i) ; et est aussi appellée comme la province ; et est ’ chief du règne. Et est noble cité et riche1 et sont bons hommes d’armes ; et font grans marcheandises

c Le ms. C. ajoute : et sont ydres 'idolâtres';. — d Ms. A. cors. — c Mss. B. C, char-

— P Ms. B. est d roilcment au. — •* Le même

très. — f Ms. B. t\c IJgny. Ms. C. de l.i nguy. nis. ajoute : et de moult grant l'alliance.

CXXXV. — (I) yfj 1-tcMcm, aujourd’hui I t ch tou fou , ville chef- lieu du département d’ l-tchcou , de la province de Clian toung, à 1C50 li (IG5 lieues) de Pé-hing (lat. 35° 08'; long. E. 110* li'). Cette ville u’est pas précisément située, comme le dit Marc Pol, sur le même fleuve (pie la précédente ; mais elle coinmuuiquc avec cette dernière ville par la voie fluviale du /-Ad, fleuve dont elle a emprunté le nom, et qui est l'un des grands affluents des cours d’eaux qui forment le grand Canal de trau$|>orts {Yùn Ad); ce qui rentre dans les conditions données de s.» situation topographique.

Selon l'histoire officielle de la dynastie mongole (fi/rn «r, k. 58, f° 2G) et la Géographie impériale (k. 109, P** 1-2), le quartier de celle ville où était le « siège de ladministratioi) » se nommait, sous les Thàng, les Soung et les Mongols : J Jj U/i-i, parce que c’était le côté

de la ville qui dominait la rivière /, et que Cou nomme aujourd’hui lMn-i. Voilà l’explication du nom que lui donne Marc Pol.

Il nous dit que cette ville est à sept journées de marche de la précédente, qu’elle est aussi appelée comme la province dont elle était le chef-lieu, et qu'elle était chief du règne. Or l-tchcou fou est bien, par le sud-est, à la distance voulue ; elle u ‘était toutefois, du temps des Mongols , qu'un arrondissement dé|iendaut du Loû, ou grand * Circuit » de l-foii, lequel se nomme aujourd'hui : Tchiog-tcbcou fou. Mais elle avait eu uu grand passé. Du temps de Coufucius c’était le territoire du royaume de Loû, la patrie du célébré philosophe. Sous les Thsiu ce fut la principauté de Liung-yé. Au commencement du règne des Hau (2?0 avant notre

ère), ce fut le territoire de la « principauté de la mer orientale » (toung hài kiwi). Sous le - seconds Kan, on y établit le royaume de Lang-yé qui fut conservé sotis les Weï et les Tçin* Klle redevint eusuite une principauté qui s’éteignit eu 581 de notre ère, ct devint l'arrondissement de I (I-tcheoii) sous les Thâug (en G 18). Mais, en 742, on la nomma aussi « principauté de Langyé» (l.ang-je kiûn) ; et en 758 on la nomma de nouveau I-tcheou , « chef-lieu de l’arrondisscmeutde/», appartenant au gouvernement du llô-uàn (f/ô-ndn tâo). Sons li s SotlUg(960a 111®), on l'appela l-tcheou, ct principauté de Liang-yé. Sous les K in (dynastie d'Or), ce fut /-teheoa, « arrondissement de 1 » , dépendant du Circuit oriental de la province de Chan-touog. Enfin, sous les Yuen ou Mongols, cette ville et son territoire conservèrent le même nom, et appartinrent, comme nous l’avons déjà dit, au Circuit de l-tou (Toi thsing i toung tchi , k. 109, fol. 1). Aucun doute ne peut subsister maintenant , concernant son identité.

Quant au caractère des habitants, la Géographie impériale citée (k. 109, fol. 4) dit qu'il est ferme, vigoureux, impatient (king li), d’après «• les anciennes traditions », ajoute- (•elle; ce qui s'accorde avec ce qu’eu dit Marc Pol , qu’ils étaient « ions hommes d' armes ». Ifs ont eu même temps, d’après la même autorité, ■ de l'honné- « Irté cl de la franchise. l.a population aime à « élever des troupeaux, elle met de l'économie « dans les mariages et les enterrements. Les ha- « bilants ont de la simplicité, mais aussi de la « distinction dans leurs vêlements, ce qui vient « d’habitudes prises anciennement quand ils

• avaient des rois ( chat) g yiou sien Wang i

* foùng). ■

et grans ars. Il ont venoisons1 et bestcs et oiseaus en grant liabondanee. Et si ont de toutes choses de vivre en grant quantité. Elle est sus le flun que je vous ai dit dessus. Et si ont navies* assez et sont greigneurs que les autres, esquelles l’en porte chieres marchandises assez.

Or vous lairons de cette province et de ceste cité ; si vous conterons autres novités* ci avant.

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