‹ Le livre de Marco PoloChapitre 9 sur 357 · CHAPITRE CVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CVII

Et (juant il orent 4 le congie de Preslre Jelian leur seigneur 1 si se partirent tuit ensainkle à belle compaignie d’escuiers, et s’en alerent à ce roy d'Or, et se présentèrent à lui, et li distrent qu'il estaient à lui venu/, d’estrange pais pour lui servir. Et il leur respondi que il fussent les bien venu/, et que leur service li plaisoit moult bien comme cil/ qui n'y pensnient à nul mal En telle maniéré se mistrent, ces malvais valles“, à servir le roy d’Or; et estaient de moult bons services, si que li roys les amoit et tenoit obiers.

Quant il orent i demouré entour ce roy près de deux ans comme ceus " qui ne pensoient à autre chose que à traïson ”, si alerent un jour avec le roy déduire5, avec pou d’autres genz, connue ceus en cjui le roy se fîoit et les tenoit près de lui. Et quant il orent passé un. flun (3), qui estait loings du chastel entour1’ une mille, et se virent seuls avec le roy, si se distrent6 * entr'eus1 que ore estoit temps de faire ce pourquoi il estaient venu/ là. Si mistrent maintenant-, touz, mains aus r espées et distrent au roy que il alasl 8 tout de maintenant avec eus, ou se ce non il l’occirroient . Quant le roy vit ce, si ot paour, et moult se merveilla 3 * et leur dist : « Et comment, « biaus ' fil z, que est ce que vous dites? Et où voulez vous que je « voise »? » — Et il li respondirent et distrent : « Vous venrez ", « v ueil liez ou non, jusques à nostre sire l’restre Jehan. »

k Ms. A. seignor. — l Ms. B. en ni me cil qui ne pensoit à nul mal. Ms. C. comme celluit etc., leçon fautive. — m Ms. B. mauvais lira blés. Ms. C. mauvais i viriez. — n Mas. B. C. ceulx. — ® Ms. C. t ray son. — P Ms. B. près de. — 1 Id. entre eutx. — r Mss. B. C. aux. — * Ms. C. s' es mervt il la. — * Ms. B. beaux. Ms. C. beaulx seigneurs. — u .Ms. B. verrez Ms. C. vendrez (viendrez)

* Eurent. — b En fuir fie de plaisir. — b Dirent. — 7 Mirent alors. — 8 J Hat. — 9 Que faille.

(3) Ce fleuve n’était pas le fleuve Jaune ou

Kara-moran, sur le côté occidental duquel était

situé, comme on l'a vu, le fort de Tai-khinç ,

mais plutôt uu de ses affluents; car Marc Pul

nous dit, nu chapitre suivant, qu'en partant du fort de Taicin , il y avait encore à franchir nue distance dit vingt milles pour atteindre ce fleuve.

Au surplus, il serait puéril de vnuloir déter-

miner, d'une maniéré précise, les noms et les faits cités dans cet épisode , qui rentre uu peu dans le domaine de la fantaisie. Il fut raconté à Marc Pol par les gens qui habitaient, à son passage, le château ou fort de Tai-khing ; et ces gens n’étaient , assurément , ni dis géographes ni des historiens. Ils ne doivent pas être pris pour tels.

Page 1