LA CHANSON DES BRISES (S
A Maman.
Les Brises du soir, doucement,
Dans l’air calme où l’ombre s’étend, Élèvent leurs voix qui murmure
Une berceuse à la nature :
« Toutes les blessures des cœurs
« Mous Les fermons comme des fleurs; :« Notre harmonie est apaisante,
« Nous avons une âme qui chante! »
Les Brises volent près de moi
Et mon cœur palpite d’émoi; “ Je voudrais m’envoler comme elles, Frisson léger, frôlement d'ailes.
« Nous avons un cœur qui frémit, « Disent les Brises dans la nuit;
« Notre harmonie est enivrante,
« Nous avons une âme qui chante!
Je voudrais vibrer avec vous,
Brises du soir, et comme vous
Être une lyre frémissante.… Donnez-moi votre âme qui chante!
Villequier, octobre 1908.
($) La Chanson des Brises, sous ce titre : Brise du soir (soli et chœurs), poésie de May d’Acher, fut mise en musique par M. T. Amirian.
cs A Dr
LAYDENTELEIERRS
De la pauvre cabane où vit la Dentellière
La porte est grande ouverte. Un rideau soulevé Laisse filtrer la lune. En plein dans la lumière La femme est là, fixant l’ouvrage inachevé.
Son ombre étrangement s’étend sur le pavé; Ses doigts sont indécis sur la toile légère... La nuit est douce plus qu’elle n’avait rêvé;
De suaves parfums saturent l’atmosphère….
Mais la femme a levé ses yeux noirs, tristement, Et regardé le ciel lumineux, un moment...
Sur l’ouvrage une larme est tombée, en silence.
De la Vie, ici-bas, nous filons le fuseau:
L’Idéal inatteint nous apparaît si beau Que notre âme frémit devant son impuissance.
Cahier de brouillons 1908.