UN EVANGILE
Saint Matthieu, VIII, 23-37: Saint Luc, VIII, 22-25; Saint Marc, IV, 35-40
A la duchesse d'Harcourt (E).
Vers le soir Il leur dit : « Passons à d’autres rives. »
Et Pierre renvoya les foules attentives….
Les disciples alors et Jésus avec eux
Étant montés en barque, un vent impétueux S'engouffra tout à coup dans leur voile rebelle,
De sorte que les flots recouvraient la nacelle.
Ils étaient en péril et le bateau sombrait.
À la poupe accoudé pourtant Jésus dormait.
Or, s’approchant de Lui, les Douze l’éveillèrent,
Et, saisis de frayeur, ensemble ils s’écrièrent :
« Sezgneur, NOUS PÉrISSONS, SAUVEZ-NOUS, SAUVEZ-NOUS! » Et Jésus se leva majestueux et doux;
Les éclairs fulgurants le nimbaient de lumière
Et dans le grand tumulte Il suppha son Père.
Il étendit la main et dit au vent : « Z'as-1o8 ».
Aux flots : « A paisez-vous »; à la mer : « Calme-tor ». Alors le vent se tait, la tempête se calme
Et sur Génézareth il se fait un grand calme.
Puis s’adressant aux Douze encore tremblants d’effroi « Pourquoi donc craignez-vous, hommes de peu de fort! » Dit-Il. .. Et tous songeaient en leur âme étonnée :
« Qui donc ainsi commande à la mer déchaînée? »
Villequier, septembre 1900.
(E) Marie de La Rochefoucauld, amie d’enfance de sa mère.
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