VOUS M’AVEZ DEMANDE MES VERS
A ma chère Mademoiselle (F).
Voici mes vers, ils sont pour vous, Pour vous seule, car je vous aime; Ne valant rien, ils ont quand même Un certain charme frais et doux.
C’est qu’ils n’ont pas été montrés, Leurs paroles sont naturelles :
Ce sont des papillons dorés
Dont on n’effleure pas les ailes...
Votre doigt sera caressant
Et vous ne les froisserez guère,
Is prendront votre main légère
Pour la fleur qu’on frôle en passant :
Se tromperont-ils?... Gardez-les, Mais ne les faites point connaître :
Ce sont des papillons ailés
Qu’une autre main tuerait peut-être!
Paris, 23 décembre 1900.
(F) Une de ses maîtresses de classe?
CONSOLATREXS
A ma tante du Blaisel.
Vous aimiez à tresser des guirlandes de roses, Enfant... mais, un matin qu’il scintillait des pleurs, Des larmes de rosée en leurs coupes décloses,
Vous avez demandé pourquoi pleuraient les fleurs?
Comme votre âme était une âme qui console, Après avoir séché leurs larmes tendrement D'un baiser, vous avez près de chaque corollé Posé ces autres fleurs, vos lèvres, un moment...
Puis vous avez suivi les routes incertaines
De la Vie, en cueallant encor comme autrefois Les roses du matin ou du soir, fleurs humaines ; Vous essuyiez les pleurs dont elles étaient pleines
Et leur triste rosée a parfumé vos doigts!
Paris, février 1910.