VOS CHEVEUX
Vos cheveux, déferlant comme des vagues folles Sur votre front pareil à quelque blanche fleur, Semblent baigner ce soir dans la fauve lueur Dont le soleil couchant embrase les corolles.
Ils ombragent vos pois bleus, aux regards profonds
Et si tristes parfois... ; légers comme la mousse
Ils ont des reflets roux et vous n'êtes pas rousse, à Des scintillements d’or, mais ils ne sont pas blonds! 1
C’est la teinte mcrustée aux bords des porcelaines Que brülent les vapeurs odorantes du thé,
C’est la nuance ardente, à la fin de l’été,
Des frémissants taillis de bouleaux ou de frênes.
Ils ondulent ainsi que la crête des flots
À l'heure du reflux... Le vent qui tourbillonne Les saisit, les prenant pour des feuilles d'automne; Le papillon les croit des cytises déclos;
Ils ont des chatoiements d’étincelle qui vole... Et vous me rappelez, avec votre air pensif, L’archange extasié d’un vitrail primitif
Aux cheveux lumineux nimbés d’une auréole!
Villequier, octobre 1910.