AUX AIEUX
Fantômes d’autrefois, mystérieuses ombres,
Esprits des aïeux morts, pourquoi me hantez-vous ? Pourquoi me frôlez-vous dans les corridors sombres ? Et vous, portraits muets, pourquoi me parlez-vous ?
Fantômes, vous savez que mon âme s’enivre En parcourant les lieux où vous avez passé; Je suis de votre race et vous me faites vivre; Je suivrai le sillon que vous m'avez tracé.
Vous me tendrez vos mains avec condescendance, Pour soutenir mes pas dans le chemin montant, Et vous me conduirez au Dieu de la vaillance, Fantômes qui m’aimez, ô vous que j'aime tant...
Avec des fleurs au casque on vous voyait combattre, La chanson à la lèvre on vous a vus mourir!
Avec Dieu dans mon cœur et votre souvenir
Tout comme vous pour Lui je saurai bien me battre : — Vous füûtes le passé, je serai l’avenir!
Pâques 1971.
Cahier de brouillons.
AUX ATELUX
O vous, dont le sang pur bouillonne dans ma veine, Ancêtres, qui m'avez précédée 1c1-bas
En vivant à l’honneur et mourant à la peine, L'enfant qui vous survit ne vous oubliera pas!
Vous êtes morts longtemps avant que je sois née, Mais je vous connais tous et je sais tous vos noms; Votre gloire pour moi n’est point encor fanée
Et j'aime les lauriers amassés sur vos fronts.
Il vous convenait peu de paraître à Versailles, Car vous étiez trop droits pour les saluts de cour; Et puis vous sentiez trop la poudre et les batailles Pour être courtisans ou favoris d’un jour.
Jadis quand vous quittiez vos armures massives
Pour retourner vainqueurs dans vos châteaux lointains,
Au fond de la province aux montagnes pensives,
Les grands seigneurs disaient : « Quels chevaliers hautains! »
Cahier de brouillons.
ap GO
RÉRENTIR
Et Magdeleine alors ayant brisé le vase,
Le parfum s’écoula sur les pieds de Jésus; Elle prit ses cheveux comme un voile de gaze Pour essuyer les pleurs qu’elle avait répandus.
Et vous avez voulu, Maître, une fois encore
Respirer ic1-bas cette exquise senteur;
Alors vous m'avez prise en vos mains, blanche amphore, Et vous avez brisé l’albâtre de mon cœur.
Mes larmes ont coulé comme la myrrhe pure,
Elle vous embaumaient... Et Vous Vous souveniez... Alors Vous m'avez dit : « Défais ta chevelure Ainsi que Magdeleine et voile-m'en les pieds. »
Mon âme frémissait dans sa fierté rebelle:
Je n’ai pas dénoué les flots de mes cheveux; Mon orgueil murmura : « Sa voix est trop cruelle, Je n'obéirai point à cet ordre odieux... »
Mais je vis tout à coup un calice paraître
Et ce vase était plein de Votre divin sang, Vous l’avez soulevé, Vous, le Seigneur, le Maître, Et vous l’avez versé sur mon âme d’enfant.
.… Voici que je dénoue ainsi que Magdeleine
Les flots de mes cheveux. Ils effleurent vos pieds
Et l’odorant parfum d’une expirante haleine
Monte vers Vous, Seigneur, pour que Vous pardonniez.
Pâques rort.
Hier eut