LES LACS YA
A Mademoiselle Anginieur (A).
Deux grands Lacs, au soleil couchant, Bercent leurs ondes fugitives;
Parfois un cygne en se baignant Effleure en silence leurs rives;
Parfois un rayon expirant
Les fait briller de lueurs vives, Parfois un nuage en passant :
Les obscurcit d’ombres furtives…
Ces deux grands Lacs, ce sont vos yeux:
. L'oiseau glissant silencieux, C’est une larme passagère;
Le rayon d’or, c’est le bonheur:
Le nuage, c’est la douleur Qui nous étreint et nous enserre!
Villequier, 29 septembre 1007.
(A) « Imité d’une poésie allemande », a écrit May en marge de ce sonnet. (A) Me Anginieur (depuis la baronne Jean de Lestrange), qui avait fait au pastel le portrait de May, alors âgée de onze ans.
LPAIÎIGLE
Au capitaine Anginieur (B).
Quand l'aigle a pu fixer le soleil radieux, Il se sent soulevé par un vent de folie,
Il aspire à l’air pur... L’altitude infinie
Et l’espace éthéré l’attirent vers les cieux.
Il s’élance, il s’envole et plane audacieux... Dans les nuages d’or de la nuit assombrie Il va chercher bien haut la gloire qu’il envie, Puis il revient un soir, content, victorieux.
Vous partirez ainsi comme l’aigle des nues . Pour revenir bientôt des régions inconnues Explorateur célèbre et partout accueilli,
Apportant à la France une gloire nouvelle, Sans Jamais oublier le beau rêve accompli, Qui restera pour vous une joie immortelle.
(B) Le cher ami de May (son aîné de 28 ans), mon vieux camarade de Saint-Cyr, partant pour explorer l'Himalaya en 1907 et mort pour la France en 1914.