‹ Le livre de MayChapitre 71 sur 96 · IT · texte numérisé non relu

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May, nom de poésie... Elle était bien poëte.

Sa voix à l’unisson de ce mot printanier Résonnait doucement. Ses vers primesautiers Chantaient comme un écho de la nature en fête.

Aussi quelle tristesse au jardin familier!

L'oiseau surpris se tait. La brise est inquiète; Et, pliants sous le poids de sa peine secrète, Sur le tombeau fleuri se penchent les lauriers.

La Grèce eût invoqué : « Sois-lui clémente, 6 terre; Sois douce pour l’enfant qui marchait si légère Et si pure, effaçant l’éclat du marbre blanc. »

Et Ronsard aurait dit : « Tendre vierge, repose. J’accorderai ma lyre à ton jeune talent, Et ma main sur ton lit veut effeuiller des roses. »

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Mais je veux éloigner toute image païenne; Laissons là le laurier, le poétique accord

Des bosquets soupirants, la harpe éolienne, L’art antique voilant un trop funèbre sort.

Il faut que dans nos pleurs notre dewl se souvienne Du séjour radieux, dont la porte est la mort;

Et nos vers pour chanter la petite chrétienne

Vers l'éternel Soleil doivent prendre l'essor.

Dans l’azur, oublions l’éphémère souffrance.

Si May, c’est le printemps, c’est aussi l’espérance, Qui raffermit les cœurs et console les yeux.

Dans des concerts divins les poëtes ont place. . May, contemplant au Ciel la Beauté face à face, Dit un nouveau poëme à la gloire de Dieu.

Pierre de COSSÉ-BRISSAC.

Octobre 1ror1.

ITT. Sonnet en date du 26 février 1912, envoyé de Saint-

Martin (Aude) par l'abbé Carbou (?). Ce jeune prêtre, « bossu

mais st intelligent » d’après May, rencontré aux Gorges du Tarn. et qui avait, je ne sais comment, appris la mort de l’enfant-

poëte :

Comme le Lis des champs au calice argentin « Se dessèche le soir; comme la fleur qui tombe, À peine épanouie au souffle du matin,

Ainsi la douce enfant s’inclinait vers la tombe.

Enfant, Ô fleur, Ô Lis, c’est ainsi ton destin, Sur cette terre immense où tout être succombe, De perdre ton éclat, de clore ton festin, Avant de consommer l’éternelle hécatombe.….

ED A PRETR SE

Vivre est donc peu dé chose; on peut, en un instant, Briller comme une étoile au divin firmament.

Pour plaire .au Créateur, il suffit de paraître,

De garder la blancheur du Lis mystérieux, De ne jamais ternir l’éclat si pur des cièux, Consacrant en un jour son cœur au divin Maitre.

26 février 1912.

E. AUG. CARBOU.

IV. Lettres en date du 4 janvier et du 12 décembre 1912, de M°° Camille Maury :

Paris, le 4 janvier 1972.

Madame,

On m'a remis, de votre part, un souvenir mortuaire de May. Je vous en remercie infiniment.

Permettez-moi de vous dire la grande part que j'ai prise à votre immense douleur. La mort de ma plus chère amie m’a navrée. J'ai aimé May le jour où je l'ai vue pour la première fois. Son intelligence extraordinaire m° a frappée mais beaucoup plus son âme. L'âme de May, je n’en connais pas de plus parfaite.

Je lui. ai donné toute Pie de mon cœur pour toujours. Je lai aimée comme une amie exquise et comme une saznfe c'est ainsi que Je la prié chaque jour.

Merci infiniment, Madame, de ce souvenir qui m’a si profondément émue.

Permettez-moi de vous exprimer toute ma respectueuse sympathie. ».

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