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DERNIÈRES PAROLES DE, DECIUS, MUS

Près ARS se dévouer aux dieux Rue L g pressant déjà de l’épero fes flancs de son Cürster impétueux, Décius Mus se retourna une dernière fois vers ses compagnons d’armes et leur dit:

«Si vous mo drvez pas mieux le silence, je vous infli gerai une réte ie AO A Cas Pjténtre, pour la patrie, dans e gouffre m'attend. Je vais mourir pour !e

l'immortalité.

salut commun. Monsieur Fontanet, vous me copierez dix pages de rudiment. Aïnsi l’a décidé, dans sa sagesse, Jupiter Capitolinus, l’eternel gardien de la Ville éternelle. Monsieur Nozière, si, comme il me semble, vous passez encore votre devoir à M: Fontanet pour qu'il le copie, selon son habitude, lee à monsieur votre père. Il est juste et nécessaire qu’un citoyen se dévoue pour le,pa alut. ommun, Enviez-moi et ne me pleurez pas. Il est tape re sans motif. Monsieur Nozière, vous serez consigné je "Mon exemple vivra parmi vous. Messieurs, vos ricanements sont d’une inconvenance que je ne puis tolérer. J’informerai M. le proviseur de votre conduite. Et je verrai, du sein de l'Elysée, ouvert aux mânes des héros, les vierges de la République suspendre des guirlandes de fleurs au pied de mes images.” \

j'avais, en ce temps-là, une prodigieuse faculté de rire. Je l’exerçai tout entière sur les dernières paroles de Décius Mus, et, quand, après nous avoir donné le plus puissant motif de rire, M. Chotard ajouta qu’il est inepte de rire sans motif, je me cachai la tête dans un dictionnaire et perdis le sentiment. Ceux qui

LE LIVRE DE MON AMI Ya < DD

4} Tuqs”

n’ont pas été secoués à quinze ans par be sous une grêlé de pensums ignorent une volupté.

a Mais il ne faut pas croire que j'étais capable seulement de muser en classe. J'étais à ma manière un bon petit humaniste. Je sentais avec beaucoup de force ce qu’il y à d’aimable et de noble dans ce qu’on ap-

pelle si bien les belles-lettres J'avais dè AR M Pa latin et du beau

français que je n'ai pas encore perdu, malgré les conseils et les exemples de mes plus heureux contemporains. Il m'est arrivé à cet égard ce qui arrive cp pémentAux /gens dont les croyances sont mépriséés. Te me suis fait un orgueil de ce qui

L n’était peut-être qu'un ridicule. Je me suis entêté

af dans ma littérature, et je suis resté un classique. On peut me traiter d’aristocrate et de mandarin; mais je crois que six ou sept ans de culture littéraire donnent à l'esprit bien préparé pour la recevoir une noblesse, une force élégante, une beauté qu’on n'obtient point par d’autres moyens.

Quant à moi, j'ai goûté avec délices Sophocle et Virgile. M. Chotard, je l’avoue, M. Chotard aidé de Tite-Live, m'inspirait des rêves sublimes. L’imagination des enfants est merveilleuse. Et il passe de bien magnifiques images dans la tête des petits po-

Mfissons ! Quand il ne me donnait pas un fou rire, M. Chotard me remplissait d'enthousiasme.

Chaque fois que de sa voix grasse de vieux sermonnaire il prononçait lentement cette phrase: «Les débris de l’armée romaine gagnèrent Canusium à la faveur de la nuit,» je voyais passer en silence, à la

clarté de la lune, dans la campagne nue, sur une voie bordée de tombeaux, des visages heros de

15». 4 à sang et ge poussitre, des, casques, bo$sués, dés cui-

+4 faRAÏC, Pas and FAT A ra el

rasses fernies et faussées, des glaives rompus. t cette vision, à demi voilée, qui s’effaçait lentement, était si grave, si morne et si fière, que mon cœur en bondissait de douleur et d’admiration dans ma poi-

trine. bruaall

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