CHAPITRE IX
Deuxième épitre de Mormon à son fils Moroni.
4 Mon bien-aimé fils, je vous écris ceci, afin que vous sachiez (pie je suis encore vivant. Mais j'ai à vous annoncer des choses affligeantes. Voici , nous avons eu une terrible bataille contre les Lamanites, dans laquelle nous n'avons pas eu l'avantage. Archéantus est tombé par Tépée, ainsi que Luram et Ëmrom. et nous avons perdu un grana nombre de nos hommes d^élite. Je crains, mon fils, que les Lamanites ne détruisent ce peuple, car ils ne se repentent point, et Satan les excite sans cesse à la colère les uns contre les autres. Voici, je travaille continuellement parmi eux; et quand je leur annoncé la parole de Dieu avec sévérité, ils tremblent et deviennent furieux contre moi ; et quand je ne parle pas avec sévérité, ils endurcissent leurs cœurs contre ce que j'ai dit; c'est pourquoi, je crains que l'Esprit du Seigneur n'aie cessé d'agir sur eux. Car leur rage est si furieuse, qu'il me semble qu'ils ne craignent point la mort; ils ont perdu leur amour les uns pour les autres, et ils ont continuellement soif de sans et de vengeance. Et maintenant, mon fils bien-aimé, malgré la dureté de leurs cœurs, travaillons avec diligence ; car si nous cessions de travailler, nous nous attirerions notre condamnation. Nous avons une œuvre à faire, pendant que nous habitons ce tabernacle de terre, afin de vaincre l'ennemi de toute justice, et pour que nos âmes se reposent dans le royaume de Dieu.
5 Je vais vous parler un peu des souffrances de ce peuple; car, selon ce qu'Amoron m'a fait connaître, les Lamanites ont beaucoup de prisonniers qu'ils ont pris de la tour
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de Sberrîzah ; et ce soat des hommes, des femmes et des enfaots. Ils ont tué les maris et les pères de ces femmes et de ces enfants; ils font manger la chair de leurs maris aox femmes, et la chair de leurs pères aux enfants, et ils ne leur donnent que fort peu d'eau. Et cette horrible abomination de la part des Lamanites ne surpasse pas celle de nos gens à Moriaiitum. Car voici, ils ont fait prisonnières un grand nombre de filles Lamanites ; et après leur avoir ravi ce qu'il y a de plus cher et de plus précieux au monde, qui est h chasteté et la vertu, après avoir fait cela, ils les ont tuées de la manière la plus cruelle, en torturant leurs corps même jusqu'à la mort. Et ensuite, à cause de la dureté de leurs cœurs, ils ont dévoré leur cnair comme des bêtes féroces ; et ils Tont fait en signe de bravoure.
3 0 fils bien-aimé , comment un peuple pareil , qui est sans civilisation (et il n'y a que peu d'années c'était, un peuple agréable et civilisé), ô mon fils, comment un peuple pareil qui met ses délices dans de telles abominations, comment pouvons-nous espérer oue Dieu voudra détourner de nous la main de sa justice. Voici, mon âme crie : Malheur à ce peuple î Venez en jugement, ô Seigneur, et cachez leurs péchés, leurs iniquités et leurs abominations de devant votre face. Mon fils, il y a beaucoup de veuves avec leurs filles qui restent à Sherrizah ; et cette partie des provisions qui n'avait pas été emportée par les Lamanites, la été par l'armée de Zénéphi , qui a laissé ces personnes errer partout pour trouver de la nourriture ; et beaucoup de vieilles femmes tombent et meurent sur la route. L'armée qui est avec moi est faible ; les troupes Lamanites sont entre moi et Sherrizah, et tous ceux qui s'étaient enfuis à l'armée d'Aaron, sont tombés victimes de leur abominable brutalité. 0 dépravation de mon peuple! Ils sont sans frein et sans miséricorde. Voici, je ne suis qu'un homme, je n'ai que la force d'un homme, et je ne puis plus les faire obéir à mes commandements. Ils sont devenus forts dans leur perversité ; ils sont tous comme des brutes, n'épargnant personne, ni jeunes ni vieux, et ils mettent leur joie en toutes choses, excepté ce qui est bien. Et les souffrances de nos femmes et de nos enfants sur toute l'étendue du pays surpassent tout ce que l'homme peut raconter ou peut écrire.
4 Et maintenant, mon fils, je ne veux pas vous entretenir plus longtemps de ces horribles scènes. Vous connaissez la méchanceté de ce peuple ; vous savez qu'ils sont sans sentiment et sans principes ; et leurs iniquités dépassent celle, des Lamanites. Voici, mon fils, je ne puis les recommande* àDieu,de crainte qu'il ne me frappe. Mais je te recommande