‹ Le Livre de MormonChapitre 29 sur 135 · JACOB. CH · texte numérisé non relu

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à la vigne pour y travailler. Et il arriva que le serviteur dit à son maître : Tenez, regardez là; voyez Tarbre. Et le seigneur regarda et vit l'arbre sur lequel avaient été gretfées les branches de l'olivier sauvage. 11 avait poussé , et commençait à porter du fruit. Et il vit que le truit était bon, semblable au fruit naturel. Alors il dit à son serviteur : Vous voyez ; les branches de l'arbre sauvage ont pris la sève de la racine, de sorte que, la racine étant vigoureuse, les branches sauvages ont produit du fruit franc ; et si nous n'avions pas greffe ces branches , l'arbre aurait péri. Aussi, J'amasserai une quantité des fruits de cet arbre, et je me les réserverai pour la saison.

11 Puis, le seigneur de la vigne dit au serviteur : Venez et allons dans les parties éloignées de la vigne pour voir si les branches naturelles de cet arbre n'ont pas aussi donné du fruit, afin que je puisse m'en amasser pour la saison. Et ils s'en furent où le maître avait caché les branches naturelles de l'arbre, et il dit du serviteur : Regardez-les. Et il vit que la première avait fourni beaucoup de fruit, et qu'il était également bon. Et il dit au serviteur: Prenez de ce fruit, et conservez-le pour la saison, afin que je me le garde ; car, difriL il y a longtemps que je le cultive, et il m'a porté quantité ae fruits.

42 Et il arriva que le serviteur dit à son maître : Pourquoi étes-vous venu planter ici cet arbre, ou cette branche de l'arbre P Car c'était l'endroit le plus maigre de la terre de votre vigne. Et le seigneur de la vigne lui répondit : Ne me conseillez point. Je savais que c'était une maigre partie du terrain, c'est ce qui me fit vous dire : Je l'ai cultivée depuis longtemps, et vous voyez qu'elle a fourni beaucoup de fruit.

13 Et le seigneur de la vigne dit à son serviteur : Regardez ici. Voyez, j'ai planté une autre branche de l'arbre, et vous savez que cette partie du terrain est encore plus maigre que la première, et voyez l'arbre, je le cultive depuis longtemps, et il m'a aussi donné beaucoup de fruit. Ainsi cueillez-les, et les gardez pour la saison, pour que je me les conserve à moi-même.

14 Et le seigneur de la vigne dit encore à son serviteur : Voici une autre branche que j'ai plantée. Je l'ai aussi cultivée, et elle m'a porté beaucoup de fruit. Puis, il dit au serviteur : Ici, c'est la dernière. Je l'ai plantée dans un bon terrain; je l'ai longtemps cultivée, et il n'y a qu'une partie de l'arbre qui ait porté du fruit franc, l'autre n'a donné oue du fruit sauvage ; et pourtant il a été cultivé à l'égal aes autres.

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45 Alors lé seigneur de la vigne dit au serviteui*: Coupez les branches qui n'ont point donné du bon fruits et jetez-les au leu. Mais le serviteur lui répondit : Taillons l'arbre, béchons-le à Tentour, et cultivons-le encore plus longtemps, et peut-être produira-t-il du bon fruit, que vous pourrez vous amasser et garder pour la saison. Et il advint que le seigneur de la vigne et le serviteur du seigneur cultivèrent tous les arbres plantés dans la vigne.

46 £t il y avait longtemps déjà, quand le seigneur de la vigne dit à son serviteur : Allons et descendons à la vigne pour y travailler de nouveaii. Car voici, le temps approche, et la fin viendra bientôt. 11 faut donc que je m'amasse du fruit pour la saison.

47 Et le seigneur de la vigne et son serviteur descendirent à la vigne ; et ils furent à l'arbre, dont ils avaient coupé les branches naturelles pour y greffer des branches sauvages, et voilà que toutes sortes de fruits encombraient l'arbre.

48 £t le seigneur de la vigne goûta du fruit de chacune des espèces, disant : Il y a fort longtemps que nous cultivons cet arbre, et je m'en suis amassé beaucoup de fruit pour la saison. Mais voici qu'il porte une grande quantité de fruits, et il n'y en a pas un qui soit bon ; et toutes les espèces qu'il a produites ne sauraient rapporter le moindre profit, bien que nous y ayons mis tout notre travail. Et il m'afflige aujourd'hui de perdre cet arbre. Et il dit à son serviteur : Que ferons-nous de l'arbre, que je puisse encore en recueillir du bon fruit. Et le serviteur répondit à son maître : Vous avez greffé les branches de l'olivier sauvage, qui ont Dourri les racines, de sorte que, vivantes encore, vous voyez qu'elles sont toujours bonnes.

49 Et le seigneur lui répliqua : Cet arbre ne me rapporte aucun profit; et ses racines, non plus, ne sauraient me profiter, tant qu'elles ne donneront que du mauvais fruit. Cependant je sais que les racines en sont bonnes, c'est pourquoi je les ai conservées pour un dessein qui m'est propre. Et parce qu'elles étaient très vigoureuses, elles ont, jusqu'à ce moment, produit de bon fruit sur des branches sauvages ; mais voici que les branches sauvages ont crû et prévalu sur les racines ; et comme les branches sauvages l'ont emporté sur les racines, elles ont donné beaucoup de mauvais fruits. Et c'est parce qu'elles ont produit tant de mauvais fruits, que l'arbre commence à dépérir ; et bientôt il ne sera plus propre qu'à être jeté au feu, à moins que nous ne fassions quelque chose pour le conserver.

20 Après quoi , le seigneur de la vigne dit à son servi-

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tenr : Visitons les parties les plus éloignées de la vigne, et voyons si les branches naturelles ont aussi porté de mauvais fruits. Ils y descendirent donc , et ils virent que leurs fruits, ceux de la première, de la seconde et même ceux de la dernière branche avaient tous dégénéré. Et le fruit sauvage du dernier arbre avait tellement prévalu sur la partie qui avait donné du bon fruit, que la branche s'en était desséchée et était morte.

21 Le seigneur de la vigne en pleura d'affliction , et il ^ dit au serviteur : Qu'aurais-je pu taire de plus pour ma vi- ' gne P Je savais que tous les fruits en étaient dégénérés , à

Pexception de ceux-ci ; et voici maintenant que ceux-ci. qui naguère avaient produit du bon fruit, ont aussi dégénéré : voilà que tous les arbres de ma vigne ne sont plus propres

3u'à être coupés et jetés au feu, et voyez ce dernier arbre, ont la branche est desséchée, je l'ai planté dans un bon terrain, un terrain de choix, préférable h toutes les autres parties de ma vigne ; vous avez vu, aussi, que j'avais abattu tout ce qui gênait cette terre, pour l'y planter en remplacement, et partie de cet arbre avait donné du bon fruit, quand l'autre n'a produit que du fruit sauvage. £t comme je n'ai pas coupé et jeté au feu ses branches, elles ont pris le dessus sur la bonne branche , en sorte qu'elle s'est desséchée. Et vous voyez que, maintenant, malgré tous les soins que nous avons apportés à ma viene , ces arbres ont dégénéré, et ils ne produisent plus de bon fruit. J'avais l'espoir de les conserver pour m'en amasser les fruits pour la saison, mais voici qu'ils sont devenus semblables à l'oUvier sauvage, et ils ne sont plus bons qu'à être abattus et jetés au feu. Il m'est pourtant pénible de les perdre. Mais qu'aurais-je pu faire de plus dans ma vigne ? Ai-je ralenti mes mains à ne point la cultiver P Non; je l'ai cultivée, je l'ai bêchée à l'entour, je l'ai taillée, je l'ai engraissée de fumier, et presque toute la journée j'ai étendu ma main sur elle. Et voici que la fin approche. Et je suis dans l'affliction d'être contraint d'abattre tous les arbres de ma vigne, et de les jeter au feu pour être brûlés. Qui a pu corrompre ma vigne?

22 Alors le serviteur dit à son maître : Ne serait-ce pas la hauteur de votre vigne PNe serait-ce pas que les branches ont trop pris le dessus sur les racines, qui sont bonnes ? Et parce que les branches ont surchargé les racines , voyez , c'est pour cela qu'elles ont crû plus vite que la racine ne prenait de vigueur. Estrce que ce ne serait pas là la cause qui a corromçu les arbres de votre vigne ?

23 Et le seigneur de la vigne dît à son serviteur : Allons,

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abattons les arbres, et jetons-les au feu pour qu'ils n'encombrent point la terre de ma vigne , car n'ai-je pas tout fait, et qu'aurais-je pu faire de plus pour ma vigne P Mais le serviteur dit à son seigneur : Epargnez-les encore un peu de lemps. Et le seigneur lui répondit : Oui, je les épargnerai encore un peu de temps ; c^r il m'afflige d'avoir à perdre les arbres de ma vigne. Ainsi, prenons des branches de ceux que j'ai plantés dans les endroits les plus éloignés de ma vigne, greifons-les sur l'arbre dont elles proviennent ; puis, coupons de l'arbre les branches dont le fruit est le plus amer, et grefl'ons-y les branches naturelles de l'arbre. Et je ferai ceci afin que l'arbre ne périsse pas ; et peulrêtre pourrai-je me conserver ses racines, peur le but que je me propose. Et voici, les racines des oranches naturelles de l'arbre que j'ai planté où il m'a plu sont encore vives ; c'est pourquoi, pour me les conserver pour mon but. je prendrai des branches de cet arbre, et je les grefferai. Oui, je grefferai les branches de leur arbre paternel pour m'en conserver la racine, afin que. lorsqu'elles auront gagné de la force, elles puissent, peut^tre, m'apporter de bons fruits, dont j'aurais à me glorifier.

24 Et ils prirent des rejetons de l'arbre naturel, qui était devenu sauvage, et ils en greffèrent tes arbres naturels, qui aussi étaient devenus sauvages. Et ils prirent également des rejetons des arbres naturels , devenus sauvages , dont ils greffèrent l'arbre paternel. Et le seigneur de la vigne dit an serviteur : N'^irrachez point des arbres les branches sau- ▼ âges, si ce n'est celles qui portent les fruits les plus amers; e^ vous grefferez sur ces arbres, selon ce que je vous ai enseigné. Et nous -cultiverons encore les arbres de la vigne, DOns en taillerons les branches, nous en arracherons celles [Oi sont à maturité, prêtes à périr, et nous les jetterons au eu. Et je fais ceci dans l'espoir que les racines reprendront de la lorce, parce qu'elles sont vigoureuses; et qu'en en changeant les branches , les bonnes pourront prédominer sur les mauvaises. Et comme j'aurai conservé les branches naturelles, ainsi que leurs racines, et que j'y aurai encore greffé les branches naturelles dans leur arbre paternel, et que l'aurai conservé les racines de leur arbre paternel, peut-être les arbres de ma vigne pourront-ils porter de nouveau du bon fruit. Alors je pourrais encore trouver de la joie dans le fruit de ma vigne, et peut-être pourrais-je me réjouir extrêmement d'avoir conservé les racines et les branches du premier arbre. Ainsi, allez, appelez des serviteurs afin que nous travaillions diligemment à préparer, dans ma vigne, le moyen d'avoir encore du fruit naturel, qui est bon et le plus

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précieux de tous les fruits. Ainsi, allons^ travaillons de toutes nos forces une dernière fois. Car voici, la fin approche, et c'est ici la dernière fois que je taillerai ma vigne. Greffez les branches; commencez par les dernières pour qu'elles soient les premières, et que les premières soient les dernières. Bêchez à l'entour des arbres, vieux et jeunes, premier et dernier, dernier et premier^ et que tous soient encore cultivés une dernière fois. Ainsi , bêchez à l'entour, taillez-les , engraissez4es encore une fois, pour la dernière fois, car la fin approche. Et s'il arrive que ces dernières greffes prospèrent et apportent du fruit naturel, faites en sorte qu'elles puissent croître en toute liberté. Et à mesure qu'elles commenceront à pousser, vous éclaircirez les branches au fruit amer, en raison de la force et de la grandeur des bonnes. Et vous n'enlèverez pas les mauvaises d'un seul coup, dans la crainte que les racines ne soient trop fortes pour la greffe, et que celle-ci ne périsse , et qu'ainsi je ne perde les arbres de ma vigne. Car il m'affligerait de perdre les arbres de ma vigne. En conséquence, vous éclaircirez les mauvais à mesure que les bons croîtront, afin que la racine et le sonunet soient égaux en force , que le bon prédomine sur le mauvais, et qu'après le mauvais puisse être abattu et jeté au feu, afin qu'il n'encombre point la terre de ma vigne. Et de cette manière j'extirperai le mauvais de ma vigne. Et je grefferai encore les branches de l'arbre naturel sur l'arbre naturel ; et les branches naturelles de l'arbre, je les grefferai sur les branches naturelles de l'arbre; et ainsi, je les réunirai plus étroitement, en vue de leur faire porter le fruit naturel, et pour qu'elles ne torment (|u'une seule branche. Et les mauvaises seront rejetées, oui, même hors de toute la terre de ma vigne ; car voici, je ne taillerai plus ma vigne que cette dernière fois.

25 Et le seigneur de la vigne envoya son serviteur , qui alla et fit selon son commandement. Il emmena d'autres serviteurs, mais en petit nombre. Et le seigneur de la vigne leur dit : Allez , travaillez dans la vigne ; mettez-y toutes vos forces, car, je le déclare , c'est la dernière fois que je cultiverai ma vigne. La fin est proche, et la saison vient bientôt. Et si vous travaillez avec moi de toutes vos forces, vous trouverez votre joie dans 4e fruit que je m'amasserai pour le temps qui viendra bientôt.

26 Et les serviteurs allèrent et travaillèrent de toutes leurs forces ; et le seigneur de la vigne travaillait aussi avec eux: et ils obéissaient, en toutes choses , aux commandements du seigneur de la vigne. Et il commençait à paraître, de nouveau, du fruit naturel. Les branches naturelles com-

mençaieilt à croître et à prospérer. Et les branches sauvages commençaient à être enlevées et rejetées ; et ils rendaient égales la racine et la tête, en raison de la vigueur de l'arbre, ils travaillèrent de la sorte en toute diligence, selon les commandements du seigneur de la vigne, jusqu'à ce que les mauvaises branches eussent été mises hors de la vigne, et qu'il ne restât plus au seigneur que les seuls arbres aonnant du fruit naturel; et ils devinrent tous d'une lûême espèce, portant tous le même fruit. Et le seigneur de la vigne se conserva, ainsi, le fruit naturel qui lui avait été le plus précieux dès le commencement.

27 Et quand le seigneur de la Vigne eut vu que son fruit était bon, et que sa vigne n'était plus dégénérée ^ il appela ses serviteurs et leur dit : Voici, nous avons cultivé ma vigne cette dernière fois, le faisant selon ma volonté, et vous le voyez , j'ai conservé le fruit naturel , qui est bon même comme il était au commencement. Et vous êtes bénis. Car, parce que vous avez été pleins de zèle, travaillant dans ma vigne^ gardant mes commandements, vous m'avez reproduit le fruit naturel, en sorte que ma vigne n'est plus dégénérée, et que le mauvais en est extirpé. Aussi, vous vous réjouirez avec moi dans le fruit de ma vigne. Car pour longtemps je m'amasserai du fruit de ma vigne pour la saison qui viendra bientôt. Et c'est pour la dernière fois que j'ai cultivé ma vigne, que je l'ai taillée, que je l'ai bêchée à l'entbur, et que je l'ai engraissée. Mais je vais m'amasser de son fruit pour longtemps, selon ce que j'ai dit. Et quand le temps viendra que de mauvais fruits croîtront encore daas ma vigne, alors je ferai cueillir le bon et le mauvais ; et je me garderai le bon, et le mauvais, je le refoulerai dans sa propre place. Et la saison et la fin étant venues, je ferai brûler ma vigne par le feu.

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