CHAPITRE Xllh
1 £t maintenant, comme je vous Tai dit, après que le roi Mosiah eut fait ces choses, il prit les plaques d^airain et tout ce qu'il avait en garde, et il les transmit à Aima, qui était le fils d'Alma ; oui, toutes choses, les annales et les interprètes, et il les lui remit, lui ordonnant de les garder et de les conserver; lui ordonnant aussi d'écrire une histoire du peuple, et de transmettre le tout de génération en génération, ainsi qu'il en avait été fait depuis le temps où Léhi quitta Jérusalem. Et Mosiah^ après avoir exécuté ces choses, envoya dans tout le pays, parpi tout le peuple, pour connaître sa volonté touchant celui qu'ils voulaient éhre pour leur roi. Et la voix du peuple se porta sur Aaron, fils de Mosiah. Cependant Aaron était parti pour le pays de Néphi, et le roi ne pouvait lui conférer le royaume. Et, de son côté, ni Aaron , ni aucun des autres fils de Mosiah ne voulaient se charger du royaume ; c'est pourquoi Mosiah enverra de nouveau au peuple les paroles suivantes qu'il avait fait écrire : 0 vous , mou peuple , ou mes frères, car je vous estime comme tels ^ je désire que vous preniez en considération l'affaire que vous êtes appelés à méditer. Vous désirez avoir un roi; mais je viens vous déclarer que celui à qui le royaume appartient de droit, a refusé de prendre le poids de la royauté. Si donc , un autre que lui était établi à sa place, je craindrais qi^'il ne s'élevât des contentions parmi vous. Et qui sait si mon fils, à qui le royaume appartient, n'en deviendrait pas irrité, et n'attirerait pas à lui une partie du peuple, ce qui vous entraînerait dans des guerres et des contentions sanglantes , qui pervertiraient Ta voie du Seigneur, et détruiraient un grand nombre d'âmes. Je vous dis donc : Soyons prudents, et examinons ces choses , car nous n'avons pas le droit de perdre mon fils, pas pluç que nous n'aurions le droit de perdre celui qui serait établi à sa place. Car si mon filfe revenait à l'orgueil et à la vanité, il révoquerait ses paroles et réclamerait son droit à la royauté : ce qui le porterait à commettre, lui aussi bien que son peuple, de nombreux péchés. Soyons donc prudents, prévoyons ces choses et faisons ce qui procurerait la paix au peuple. Je continuerai d'être votre roi durant le reste de ma vie ; inais nommons des juges qui rendront des arrêts selon nos lois; et nous arrangerons de nouveau les affaires de ce peuple, car uous établirons pour juges des hommes sages, qui jugeront selon les commandements de Dieu. Il vaut mieux
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que rhomme soit jugé par Dieu gue par rhomme , car les jugements de Dieu sont toujours justes, mais les jugements de l'homme ne le sont pas toujours. C'est pourquoi, s'il vous était possible d'avoir pour rois des hommes justes, qui établiraient les lois de Dieu, et jugeraient selon ses commandements ; si TOUS pouviez avoir des rois qui fissent pour ce peuple ce qu'a fait mon père Benjamin, je vous le dis, il serait bien alors que vous eussiez toujours des rois pour vous gouverner. Moi-même, j'ai travaillé de tout mon pouvoir et e toutes mes facultés à vous enseigner les commandements de Dieu, et à donner la paix au pays, afin qu'on n'y connût point la guerre, ni les contentions, qu'on n'y commît pas le vol, ni le pillage, ni le meurtre, ni aucune espèce d'iniquité. Et quiconque l'a commis, je l'ai puni selon les lois de nos pères.
2 Aussi, vous dis-je. comme les hommes ne sont pas tons justes, il n'est pas expéaient que vous ayez des rois pour vous gouverner. Car, combien un mauvais roi ne fait-il pas commettre d'iniquités! Oui, et (inelle destruction! Souvenezvous du roi Noah, de ses crimes, de ses abominations, et des crimes et des abominations de son peuple. Une grande destruction en a été la suite ; et à cause de leurs iniquités ils ont été asservis. Et si ce n'eût été l'intervention du très saee Créateur, par suite de leur sincère repentir, ils seraient infailliblement restés dans l'esclavage jus(][u'à ce jour. Mais il les a délivrés parce qu'ils se sont humiliés devant lui, et parce qu'ils l'ont constamment imploré pour qu'il les délivrât de Tesclavage. Et c'est ainsi que le Seigneur exerce son pouvoir, en toutes circonstances, parmi les enfants des hommes, tendant le bras de sa miséricorde vers ceux qui mettent leur confiance en lui.
3 Je vous dis encore, vous ne pouvez pas détrôner un roi inique à moins de sérieuses contentions, et d'une grande efiiusion de sang. 11 a ses amis qui. partagent ses iniquités, il a ses gardes à l'entour de lui, et il révoque les lois de ceux qui ont régné en justice avant lui. 11 foule aux pieds les commandements de Dieu, il fait de nouvelles lois, conformes à sa propre méchanceté, et il les. impose à son peuple; et quiconque n'y obéit pas, il le fait périr; et il envoie ses armées contre les rebelles, et s'il le peut^ il les détruit : c'est ainsi qu'un roi injuste pervertit les voies de la justice. Je vous le dis , il n'est pas expédient que de telles abominations s'accomplissent chez vous; c'est pourquoi vous vous choisirez des juges par la voix du peuple, afin d'en être jugés selon les lois de vos pères ; lois qui sont Justes pour leur avoir été données par le Seigneur.
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4 II n'arrive pas souvent que la voix du peuple veuille des choses contraires à la justice, mais il arrive souvent que la moindre partie du peuple veut ce qui n'est pas juste. Aussi devez-vous observer ceci, et l'avoir pour loi, de faire toutes vos affaires par la voix du peuple. Et si le temps vient où la voix du peuple choisit l'iniquité, c'est alors le temps où les jugements de Dieu tomberont sur vous; c'est alors qu'il vous visitera par de terribles destructions, de même quHl a déjà, dans le passé, visité ce pays. Mais si vous vous choisissez des juges, et qu'ils n'exercent point la justice conformément à la loi établie, vous les ferez juger par un plus haut juge ; et si vos plus hauts juges ne rendent pas des jugements justes , vous réunirez un petit nombre de vos juges inférieurs, et il leur sera donné de juger vos plus hauts juges, selon la voix du peuple. Et ces choses, je vous les ordonne dans la crainte de Dieu ; et je vous commande de le faire et de n'avoir point de roi, afin que si le peuple pèche et tombe dans l'iniquité, il réponde de ses fautes sur sa propre tête.
5 Car, sachez-le, les péchés d'un grand nombre de peuples ont été causés par la perversité de leurs rois - et leurs péchés sont retombés sur la tête de leurs rois. Je désire donc que, désormais ^ cette inégalité n'existe plus dans ce pays, particulièrement parmi mon peuple actuel , mais je désire que cette terre soit une terre de liberté ; et que chaque homme jouisse également de ses droits et de ses privilèges aussi longtemps qu'il plaira à Dieu de nous laisser vivre, et de nous faire posséder le pays; oui, aussi longtemps que quelque^ membres de notre postérité y demeureront. Le roi Mosiah ]eur écrivit beaucoup d'autres choses, leur dévoilant les épreuves et les tourments d'un roi juste, les peines d'esprit qu'il endure pour son peuple, ainsi que tous les murmures d'un peuple mécontent à regard de son roi. 11 leur expliqua tout cela. Et il ajouta que ces choses ne devaient point exister, mais que les fardeaux doivent peser sur le peuple entier, et que chacun doit en supporter sa part. 11 leur expliqua encore les inconvénients quMIs auraient à souffrir en ayant à leur tête un roi injuste : Ses iniquités et ses abominations, les guerres et les contentions, les effusions de sang , les vols , le pillage , la luxure , et toute espèce de méchancetés , qui ne sauraient être énumérées^ syoutant que ces choses ne doivent point exister, étant expressément contraires aux commandements de Dieu.
6 Et quand le roi Mosiah eut fait répandre ces choses parmi le peuple, celui-ci, convaincu de leur vérité, cessa de vouloir un roi ; et il devint très passionné pour que tout
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homme pût avoir une égale participation à toutes les affaires du pays. Et chacun manifesta la volonté qu'il avait de répondre de ses propres péchés. Puis, ils se réunirent en différents corps partout dans le pays pour choisir des hommes qui auraient à les juger selon la loi qui leur avait été donnée. Et ils étaient fort joyeux de leur liberté ; ils croissaient en amour pour Mosiah , qu'ils estimaient plus que tout autre homme, car ils ne le reprdaient pas comme un tyran qui ne cherche qu'à s'enrichir par un lucre qui corrompt l'âme. Il n'extorquait point leurs biens, il ne se plaisait point à répandre le san^, mais il avait établi la paix dans tout le pays, il avait délivré son peuple de toute servitude; aussi ils l'estimaient excessivement, même outre mesure. Ainsi, ils établirent des jugés pour les gouverner, ou pour les juger en vertu de la loi, et Us le firent dans tout le pays.
7 Âlma fut nommé le premier Grand-Juge. 11 était aussi Grand-Prêtre, son père lui ayant conféré cet office, et lui ayant donné le soin de toutes les al^ires de l'Eglise, il marcha dans les voies du Seigneur , gardant ses commandements. 11 rendait des jugements justes, et une paix complète régna dans le pays. Ainsi commença le règne des juges dans le pays de Zarahemla, parmi tout le peuple qui s'a^H pelait les Néphites, Aima étant le premier et le juge en chef. Et alors mourut son père, âgé de quatre-vingt-deux ans, et qui avait vécu pour accomj^ir les conunandements de Dieu.
8 Peu après mourut Mosiah, dans la trente-troisième année de son règne, à l'âge de soixante-trois ans; ce qui faisait une période de cinq cent neuf ans depuis que Lébi avait quitté Jérusalem. Ainsi finit le règne des rois sur le peuple de Néphi ; et ainsi finirent les jours d'Alma, le fondateur de l'Eglise.