‹ Le Livre de MormonChapitre 58 sur 135 · CHAPITRE YIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIIL

4 Voici, maintenant, les paroles qu'Amuleck prêcha au peuple du pays d'Ammonihan : Je suis Amuleck ; je suis le fils de Giddonahj fils d'ismaêl^ descendant d'Abinadi; ce même Abinadi qui interpréta l'écriture qui avait été tracée de la main de Dieu sur la muraille du temple. 11 descendait de NéphL fils de Léhi, qui sortit de Jérusalem, et qui descendait de Manassé, fils de Joseph vendu en Egypte par ses trères. Quant à moi, pai-mi ceux qui me connaissent, i'ai

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nne réputation assez considérable. J'ai nombre de parents et d'amis. J'ai acquis beaucoup de richesses par mon industrie. Après tout, je n'ai janfais beaucoup connu les voies du Seigneur, ni ses mystères , ni sa puissance merveilleuse. Mais, en disant cela, je me trompe, car n'ai-je pas vu ses mystères et sa puissance merveilleuse dans la conservation même de ce peuple. Cependant je m'étais endurci le cœur, sans vouloir écouter lorsque, maintes fois, j'étais appelé par le Seigneur. Je voyais ces choses , et je refusais de le re- ' connaître. Aussi continuai-je^ dans la perversité de mon cœur, à me révolter contre Dieu jusqu'à ce jour, qui était le quatrième de ce septième mois de la dixième année du règne des juges. Voici, copime j'étais à voyager pour voir un très proche parent, un ange du Seigneur m'apparut, et me dit : Amuleck, retourne à ta maison, car tu nourriras un prophète du Seigneur, un saint homme, choisi de Dieu, il a jeûné plusieurs jours à cause des pèches de ce peuple, et il est affamé. Tu le recevras dans ta maison , et tu le nourriras ; et il te bénira, toi et ta maison ; et la bénédiction du Seigneur demeurera sur toi et sur ta maison.

2 J'obéis à la voix de l'ange, et je retournai vers ma maison. Et comme j'y allais, je rencontrai l'homme dont l'ange m'avait dit: Tu le recevras dans ta maison. Et c'était celui-là même qui vient de vous parler touchant les choses de Dieu. L'ange m'avait dit : 11 est un homme saint. Je sais donc qvC'û est un homme saint, car un ange de Dieu l'a dit. De plus, je sais que les choses qu'il a témoignées sont vraies, car, je vous le dis, aussi vrai que Dieu vit, il m'a envoyé son ange pour me manifester ces choses; et il l'a fait, alors même qu'Aima, dont je vous parle, était dans ma maison ; car il a béni ma maison, il m'a béni, moi, mes femmes, mes enfants, mon père et mes parents, et même toute ma lamille ; et les bénédictions sont demeurées sur nous , selon ses paroles.

3 Quand Amuleck eut ainsi parlé, le peuple commença à être tout étonné, car il voyait qu'il y avait plus d'un témoin qui attestait, non-seulement les choses qui l'accusaient, mais aussi celles qui devaient arriver, d'après l'esprit de prophétie qui était en eux. Mais il y en avait quelques-uns qui voulaient les interroger, pensant, par des artifices subtils, les porter à se contredire dans leurs paroles, et trouver ainsi un témoignage contre eux, qui pût les faire livrer aux juges pour en être jugés selon la loi, être mis à mort ou jetés en prison, en raison du prétendu crime ou du faux témoignage qu'ils pouvaient produire contre eux. Et ces hommes qui cherchaient à les perdre étaient des juristes soldés ou établis par le peuple pour faire prévaloir la loi devant les juges,

quand il y avait des procès ou des crimes à punir parmi le peuple. Ces juristes connaissaient toutes les subtilités artificieuses du peuple, sans quoi il n'eussent point été habiles dans leur profession. Ils se mirent donc à questionner Amuleck en vue de lui tendre des pièges, et le porter à se contredire. Mais ils ignor^ienl qu'Amuleck pût connaître leurs desseins. Quand ils eurent commencé aie questionner, lui, qui voyait leurs pensées, leur dit : Malheur à vous, génération artificieuse et perverse, vous, juristes hypocrites ; car vous posez les fondations de Satan, vous dressez des trappes et des pièges pour y faire tomber les saints de Dieu; vous tramez des complots pour pervertir les voies des justes, et vous attirez la colère de Dieu sur vos têtes , même jusqu'à rentière extermination de ce peuple : Mosiah, notre dernier roi, qui, prêt à quitter la royauté, n'ayant personne à qui la conférer, arrêta que ce peuple serait gouverné par sa propre voix, oui, il a fort bien dit que si le temps arrivait où la voix de ce peuple choisît l'iniquité, c'est-à-dire (jue si le temps venait où il tombât en trans^ressiof), il serait mûr pour la destruction. En ce moment, je vous le dis, le Seigneur juge vos iniquités ; aussi'vous crie-t-il, par la voix de ses anges : Repentez-vous , repentez-vous , car le royaume du ciel est proche. Oui, c'est bien à point, qu!il vous crie par la voix de ses anges : Je descendrai parmi mon peuple, l'jéquité et la justice dans les mains. Oui, et je vous le dis, si ce n'était pour les prières des justes, vous, maintenant dans ce pays , vous seriez visités par une entière destruction ; et ce ne serait pas par les eaux, ainsi qu'il en fut fait du peuple au temps de Noé, mais ce serait par la famine, la peste et l'épée. Et c'est aux prières des justes que vous aevez d'être épargnés : or, si vous les chassez d^entre vous, le Seigneur alors ne retiendra plus son bras ; mais dans son courroux, il se montrera contre vous, et vous serez frappés par la famine, par la peste et par l'épée; et le temps est proche, à moins que vous ne vous repentiez.

4 Après cela, le peuple s'irrita encore plus contre Amuleck, et il criait, disant : Cet homme offense nos lois qui sont justes, et nos savants juristes que nous avons choisis. Mais Amuleck, étendant sa main, leur cria encore plus fort : 0 vous, génération méchante et perverse, pourquoi Satan a-t-il une si grande domination sur vos cœurs ? pourquoi vous êtes-vous rendus ses sujets, et lui avez-vous laissé prendre le pouvoir de vous aveugler, au point de ne point comprendre les paroles qui vous ont été dites en toute vérité? Car, je vous le demande, ai-je offensé vos lois P Vous n'y comprenez rien ; vous dites que j'ai parlé contre vos

lois. Je n'en ai rien fait, mais j'ai parlé en faveur de vos lois, à votre condamnation. Et maintenant je vous déclare que déjà, par la perversité de vos juristes et l'injustice de vos juges, les fondements de la destruction de ce peuple sont posés.

5 Et quand Amuleck eut dit ces choses , le peuple cria de nouveau contre lui, disant : Nous savons maintenant que cet homme est un enfant du diable, car il nous a menti ; il a parlé contre nos lois, et il vient nous dire qu'il ne l'a pas lait. De plus il a outragé nos juristes et nos juges. Et les juristes portèrent le peuple à se rappeler ces choses pour s'en servir contre lui. 11 y en avait un parmi eux , nommé Zeezrom, qui était le plus acharné à accuser Amuleck et Aima ; et il était le plus habile et avait le plus d'affaires parmi ce peuple : le principal objet de ces juristes était le gain, et plus ils avaient d'affaires, plus ils gagnaient.

6 Les lois ^ie Mosiab réglaient que tous les juges recevraient des .émoluments, qji raison du temps qu'ils auraient été occupés à juger ceux qui étaient amenés à leur barre.

7 IMaintenant , si un homme était débiteur d'un autre homme et se refusait à le payer , plainte en était portée devant le juge; et le juge, muni de l'autorité , envoyait des officiers pour faire comparaître le débiteur devant lui. 11 le juffeait en vertu de la loi, selon l'évidence des faits; et le débiteur était ainsi contraint à payer ce qu'il devait, ou à être dépouillé, ou il était chassé du pays, comme un voleur ou un brigand. Et le juge recevait ses honoraires selon l'emploi de son temps, une sénine d'or par jour, ou un sénum d'argent, qui est équivalent à une sénine d'or; c'était ce qui était fixé par la loi. Voici les noms et la valeur des différentes pièces d'or et d'argent, qui étaient données par les Néphites , car ils ne comptaient pas à la manière des Juifs de Jérusalem ; ils ne mesuraient pas non plus comme eux : mais ils changeaient leurs valeurs et leurs mesures à la volonté du peuple , selon les circonstances, dans chaaue génération Jusqaau règne des juges établis par le roi Mosîah, où le calcul fut ainsi fixé : Une sénine d'or, un séon d'or, un shum d'or, et un limnah d'or; un sénum d'argent, un amnor d'argent, un ezrom d'argent, et un onti d'argent. Un sénum d'argent équivalait à une sénine d'or, ainsi qu'à une mesure d'orge ou une mesure de toute espèce de grains. La valeur d'un séon d'or était deux fois la valeur d'une sénine ; et un shnm d'or était deux fois la valeur d'un séon ; un limnah d'or représentait la valeur de tous les autres. Un amnor d'argent était aussi grand que deux sénums; et un ezrom d'argent était aussi grand que quatre sénums; enfin

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un onti représentait Teosemble de tous les autres. Voici maintenant la valeur des plus petits nombres de leur calcul : Un shiblon est la moitié d'un sénum, donc un shiblum vaut une moitié d une mesure d'orge ; et un shiblum est la moitié d'un shiblon ; et un leah est la moitié d'un shiblum. Telle était leur manière de compter. Un antion d'or équivaut à trois shublons.

8 Ainsi, l'on voyait les juges et les juristes exciter le peuple à des émeutes, à toute espèce de troubles et de crimes, pour en avoir plus d'occupation et en tirer de l'argent pour les cas portés devant eux, car ils étaient payés selon qu'on les employait. C'est pour cela qu'ils excitèrent le peuple contre Aima et Amuleck. Et ce Zeezrom commença à questionner Amuleck, lui disant : Youdrez-vous répondre à quelques questions que je vais vous poser P Et il lui parlait ainsi, lui très versé dans les artifices de Satan, en vue de détruire le bien. Et Amulech lui répondit : Oui, si c'est selon l'Esprit du Seigneur qui est en moi, car je ne dirai rien de contraire à l'esprit du Seigneur. Alors Zeezrom lui dit : Voici six ontls d'argent, je vous les donnerai si vous niez l'existence d'un Etre suprême. Amuleck lui répliqua : 0 vous, enfant de Satan, pourquoi me tentez-vous ? Ne savezvous point que les justes ne succombent jamais à de telles tentations P Croyez-vous donc qu'il n'y a point de Dieu P Je vous dis que vous savez qu'il y a un Dieu ; mais vous aimez le lucre plus que lui. vous m'avez donc menti devant Dieu. Vous m'avez dit: Voici six ontis, qui sont une valeur considérable , je vous les donnerai ; mais vous aviez dans l'esprit de ne me les point donner. Vous vouliez seulement que je nie le Dieu vrai et vivant , pour avoir l'occasion de me perdre. Or, pour ce grand mal^ vous aurez votre récompense. Et Zeezrom lui dit : Vous dites qu'il y a un Dieu vrai et vivant P Et Amuleck lui répondit : Oui, il y a un Dieu vrai et vivant. Puis, Zeezrom ajouta: Y a-t-il plus d'un DieuP Et il répondit : Non. Zeezrom lui dit encore : Comment savez-vous ces choses? Un ange me les a fait connaître, répondit Amuleck. Et Zeezrom lui demanda encore : Quel est celui qui viendra P Est-ce le Fils de DieuP Et il lui répondit: Oui, ce sera le Fils de Dieu. Zeezrom lui dit enfin: Sauvera-t-il son peuple dans ses péchés P Et Amuleck lui répondit ; Je vous déclare qu'il ne le lera point^car il lui est impossible de renier sa parole.

9 Alors Zeezrom s'adressa au peuple : Voyez, et rappelezvous ces choses, car il dit qu'il n'y a qu'un Dieu; cependant il dit que le Fils de Dieu viendra, mais qu'il ne sauvera pas son%peuple: comme s'il avait l'autorité de commandera

Dieu ! Âmuleck lui répondit : Vous avez menti , en disant que j'ai parlé comme si j'avais l'autorité de commander à Dieu, lorsque je déclarais qu'il ne sauverait pas son peuple dans ses péchés. Et je vous le dis encore : Il ne peut le sauver dans ses péchés , car je ne puis nier sa parole ; n'a-t-il pas dit : Rien d'impur n'héritera du royaume du ciel. Donc, comment poirr riez-vous être sauvés, si vous n'héritez point du royaume du ciel ? C'est pourquoi vous ne pouvez pas être sauvés dans vos péchés. Or, Zeezrom lui dit encore : Le Fils de Dieu est-il le vrai Père Eternel? Amuleck répondit : Oui, il est le vrai Père Eternel du ciel et de la terre, et de toutes les choses qui y existent. 11 est le commencement et la fin, le premier et le dernier; et il viendra dans le monde racheter son peuple ; il prendra sur lui les transgressions de ceux qui auront cru en son nom , et ce sont ceux-là qui auront la vie éternelle ; et pour aucun autre il n'y aura de salut. C'est pouniuoi les méchants resteront comme s'il n'y avait point de rédemption, si ce n'est qu'il les délivrera des liens de la mort: oui^ le jour viendra où tous ressusciteront de la mort. Ils se tiendront devant Pieu pour être jugés selon leurs œuvres.

i 0 Maintenant, il y a une mort qui est appelée la mort temporelle ; et c'est la mort du Christ qui dénouera les liens de cette mort temporelle , pour que tous soient ressuscites de cette mort temporelle. L'esprit et le corps seront réunis de nouveau dans leurs formes parfaites : membres et jointures seront restaurés à leurs formes propres, exactement comme nous le sommes en ce jour ; et nous serons conduits devant Dieu, connaissant comme nous connaissons en cô moment, et avec une lumineuse et frappante réminiscence de tous nos péchés. Cette restauration viendra sur tous les hommes, jeunes et vieux, esclaves et libres, mâles et femelles, sur les méchants conmie sur les justes. Pas un seul de leurs cheveux ne sera perdu , mais toutes choses seront restaurées à leurs formes parfaites, comme elles sont maintenant, ou dans le corps ; et ils seront cités et amenés à la barre de Christ le Fils, de Dieu le Père et du Saint-Esprit, qui est le Dieu Eternel , pour être jugés selon leurs œuvres, bonnes ou mauvaises.

1 1 Maintenant , je viens de vous parler touchant la mort du corps mortel , et la résurrection de ce corps mortel. Je vous dis que ce corps mortel ressuscitera en un corps immortel, c'est-à-dire, il passera de la mort, même de la première mort,à lavie,pour neplusmourir: l'esprit s'unissantaucorps pour ne plus jamais être désunis, le tout devenant, ainsi, spirituel et immortel , pour ne plus connaître la corruption.

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42 Quand Amuleck eut achevé de parler, le peuple recommença à être étonné, et Zeezrom trembla. £t c'est tout ce que j'ai écrit des paroles d' Amuleck

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