‹ Le Livre de MormonChapitre 65 sur 135 · SI64 ALUA. CB. XV · texte numérisé non relu

SI64 ALUA. CB. XV

8 Ammon, après avoir entendu ces choses, revint trouver, accompagné d'Alma, le peuple d'Anti-Néphi-Léhi, qui était campé dans le désert ; et leur en donna connaissance. Puis, Aima leur raconta sa conversion, ainsi que celle d'Ammon, d'Aaron et de ses frères. Ce fut pour eux un grand sujet de joie. Après quoi, ils partirent pour la terre de Jershon , et en prirent possession ; et les Néphites les appelèrent le peuple d'Ammon, nom par lequel ils furent désormais distingués. Et ils s'unirent au peuple de Néphi , et furent , comme eux , comptés au nombre des membres de l'Eglise de Dieu. Et, comme eux, ils se montrèrent zélés envers Dieu et envers les hommes, car ils étaient parfaitement honnêtes et justes en toutes choses ; et ils furent inébranlables, même jusqu'à la fin, dans leur foi en Christ. Us avaient en horreur l'effusion du sang de leurs frères, et jamais on ne put leur persuader de prendre les armes contre eux. Jamais ils ne regardèrent la mort avec terreur, tant ils avaient d'espérance et de foi dans le Christ et la résurrection. Aussi , la mort étaitrclle sans aiguillon pour eux, le Christ en ayant eu la victoire. C'est pour cela qu'ils étaient disposés à souffrir, de leurs frères, la mort la plus pénible et la plus aff^reuse, plutôt que de prendre l'épée ou le cimeterre pour les en frapper. C'est ainsi qu'on les voyait un peuple zélé , bien-aimé et hautement favorisé de Dieu.

9 Et après que le peuple d'Ammon se fut établi au pays de Jershon, et qu'il y eut organisé une Eglise, sous la protection des armées des Néphites placées à l'entour du pays de Jershon^Bt sur les bords du pays de Zarahemla, il arriva que les armées Lamanites avaient poursuivi leurs frères dans le désert. 11 y eut une bataille épouvantable, telle qu'on n'en vit jamais de pareille dans le pays, parmi tout le peuple, depuis le temps où Léhi quitta Jérusalem. Des dizaines de mille de Lamanites y furent tués et dispersés. Il fut aussi fait un grand carnage du peuple de Néphi ; toutefois , les Lamanites furent culbutés et chassés, et le peuple de Néphi put revenir en son pays. Mais ce fut un temps de deuil et de lamentations parmi tout le peuple de Néphi : les cris des veiTves pleurant leurs maris, les pères leurs fils, les filles leurs frères, le frère le père ; partout retentissaient des cris de désolation pour les parents morts. C'était un vrai temps de deuil, temps solennel déjeunes et de prières. Ainsi finit la quinzième année du règne des juees sur le peuple de Néphi. Et tel est le récit d'Ammon et de ses frères ; tels lurent leurs voyages dans le pays de Néphi, leurs souffrances, leurs maux, leurs afflictions, leur joie inexprimable , la ré

ception et la sûreté des frères dans le pays de Jershon. £t maintenant, puisse le Seigneur, le Rédempteur du genre humain, bénir leurs âmes à l'éternité.

40 Tel est le récit des guerres et des dissensions parmi les Néphites, et aussi des guerres entre les Néphites et, les Lamanites * et ainsi finit la quinzième année du règne des juges. Et de la première à la quinzième, bien des milliers d'hommes périrent^ des scènes affreuses d'effusion de sang eurent lieu; bien des milliers furent ensevelis dans la terre, pendant que les corps de milliers d'autres , entassés en monceaux sur sa surface , tombent en poussière ; et beaucoup de milliers d'autres pleurent la perte de leurs parents, craignant, selon la parole du Seigneur, de les voir engloutis dans un état de misères sans fin ; pendant que des milliers d'autres pleurent, à la vérité, la perte de leurs parents, mais ils se réjouissent, tressaillant de joie, d'espoir, et même en ont la connaissance, d'après la promesse qu'en a faite le Seigneur, qu'ils sont exaltés à la main droite de Dieu, dans un état de bonheur éternel.

1 1 Nous voyons, ainsi, combien est grande l'inégalité de l'homme , par le péché , la transgression , et le pouvoir du diable , qui surprend le cœur des hommes par la trame de ses plans artificieux. Nous voyons encore la nécessité pour l'homme de travailler sans relâche et en toute diligence à la vigne du Seigneur. Nous voyons, enfin , la grande source de deuil et de joie ; deuil, à cause de la mort et de la destruction parmi les hommes, et joie, à cause de la lumière du Christ qui donne la vie. Oh! aue je voudrais être un ange!

Sue je voudrais satisfaire le oésir de mon cœur, d'aller et e parler avec la trompette de Dieu , avec une voix à taire trembler la terre, criant le repentir à tout peuple! Oui, je déclarerais à tout homme , comme avec une voix de tonnerre, le repentir et le plan de la rédemption, pour qu'il ait à se repentir et à venir à notre Dieu, pour qu'il n'y ait plus de douleurs sur la surface de la terre. Mais voici, je ne suis qu'un homme , et je pèche dans mon désir même, car je devrais me contenter des choses que le Seigneur m'a assignées. Je ne devrais point exciter mes désirs contre les décrets immuables d'un Dieu juste. Ne sais-je pas qu'il accorde aux hommes, selon ce qu'ils désirent, soit ce qui conduit à la mort, soit ce qui conduit à la vie ; oui. il accorde aux hommes, selon leur volonté, le salut ou la destruction ; oui, je sais que tout homme a, (levant lui, le bien et le mal. Celui qui ne distingue point le bien du mal n'est point blâmable , mais celui qui connaît ce qui est bien et ce qui est mal, à celui-là il est donné, selon ce qu'il désire, selon qu'il

désire le bien ou le mal, la vie ou la mort, la joie de la conscience ou son remords.

1 2 Puisque je sais ces choses, pourquoi désirerais-je plus que d'accomplir l'œuvre à laquelle je suis appelé ? Pourquoi désirerais-je être un ange pour parler à tous les bouts de la terre P Le Seigneur n'accorde-t-il pas à toutes Içs nations des hommes de la même nation et de la même langue pour enseigner sa parole ? Oui , ne leur donne-t-il pas dans sa sagesse tout ce qu'il voit leur être convenable ? C'est pourquoi, le Seigneur conseille, dans sa sagesse, ce qui est juste et vrai. Je sais ce que le Seigneur m'a commandé, et je m'en glorifie, sans tirer vanité de moi-même ; je me glorifie dans ce que le Seigneur m'a commandé. Oui, et voici ma gloire, que, peut-être, je serai dans les mains de Dieu, un instrument pour amener quelque âme au repentir ; c'est là ma joie. Quand je vois beaucoup de mes frères portés au vrai repentir, venant au Seigneur, leur Dieu, mon àme alors est remplie d'allégresse, et je me souviens de ce que le Seigneur a fait pour moi : qu'il a exaucé mes prières , qu'il m'a tendu le bras de sa miséricorde. Je me souviens aussi de la captivité de mes pères , que le Seigneur a délivrés de l'esclavage, et que par eux il a établi son Eglise. Oui, c'est le Seieneur Dieu, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, qui les a tirés de l'esclavage ; oui , je me suis toujours souvenu de la captivité de mes pères, et ce même Dieu qui les a délivrés des mains des Egyptiens, a délivré nos frères de l'esclavage; ce même Dieu a établi son Eglise parmi eux; c'est aussi ce même Dieu qui m'a appelé, d'un saint appel pour prêcher la parole à ce peuple , et qui m'a donné les succès qui me remplissent de joie. Mais, ce n'est pas mon seul succès qui fait ma joie, je la trouve encore plus dans le succès de mes frères, qui sont allés au pays de Néphi. Ils ont beaucoup travaillé, ils ont recueilli de nombreux fruits, et combien sera grande leur récompense! En ce moment, où je pense au succès de mes frères, mon àme en est ravie au point de se séparer de mon corps , pour ainsi dire, si grande est ma joie.

13 Maintenant, puisse Dieu leur accorder de s'asseoir dans son royaume, avec tous ceux qui sont le fruit de leurs travauît. pour n'en plus sortir, et le louer à toujours. Et puisse Dieu accorder qu'il en soit ainsi, selon mesDaroles! Amen.

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