J. DU TEIL
durée », écrivit son père, en prenant note de son décès; le second vint au monde le 31 janvier: le 22 avril, « il nous a délaissés, dit Joseph de Garidel, pour s'envoller au ciel, où Dieu nous face la grâce d'aborder et d'entrer par sa sainte miséricorde ! » Communications dues à l'obligeance de M. L. de Garidel.
(1) Histoire des guerres de Louis XV, par le général comte Pajol, t. vi pp. 23 et 24.
(2) Je me fais un devoir de remercier, en terminant, M. Tamizey de Larroque d'avoir bien voulu faire mention du journal d'Honoré du Teil dans sa récente publication sur: Deux livres de raison de l'Âgenais, suivis d'extraits d'autres registres domestiques et d'une liste récapitulative des livres de raison publiés et inédits, Paris, Picard, in-S", 1893, p. 135. C'est là un honneur auquel le Manosquin dont on vient de parler et son éditeur ne peuvent être que très sensibles.
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I. — 1571 et le 13 aoust entre sept et huict heures de nuit fut vue une comeste (2) en l'air rendant une fort grande clarté.
II. — 1572 et le 18 aoust furent à Paris célébrées les nopces du Roy de Navarre (3) avec Madame sœur du Roy (4), ung lundi.
(1) Ce fragment de quatre pages du livre de raison de la famille du Teil est tout ce qui reste d'un manuscrit plus considérable, car le texte de ce document commence, sans titre, en haut de la première page, écrite sur deux colonnes. Nous devons la communication de ce fragment à l'extrême obligeance de M. Gonzague de Rey, dont la mère, M™« de Rey, née de Garidel, descendait en ligne directe de Joseph de Garidel et de Suzanne du Teil, sa seconde femme ; il a bien voulu nous envoyer la copie intégrale du manuscrit qu'il possède et en autoriser la publication ; aussi tenons-nous à lui exprimer ici toute notre reconnaissance.
(2) Il s'agit sans doute d'un bolide, comme l'indique le peu de durée de ce météore, qui n'est signalé par aucun historien provençal.
(3) Henri, 1553 f 1610; roi de Navarre, 1572; de France, 1589.
(4) Marguerite de Valois, 1553 f 1613; son mariage fut cassé en 1599.
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III. — Le vendredi ensuyvant(l) fut en la dite ville blessé Monsieur TAdmiral (2) d'ung coup d'arquebusade en ung bras. Et le dimanche ensuyvant 24 dudit aoust s'esmeut la cruelle sédition à l'aube du jour, où ledit Admirai, comte de la Rochefoucault (3), et plusieurs autres de la Religion furent massacrés que fut cause des quatrièmes troubles en France.
Mémoire du sieur de Vauolause ^*^
Advenant le jour de Saint-Barthelleniy le sieur de la Molle (5) ce trouvant a Paris le feu roy Charles lenvoya en Provance vers Monsieur le comte de Tande (6) avecq une lettre que lui escrivoit sa Mageste de Créance laquelle estoit de faire tuer tous les huguenotz, mais au bout de la lettre le Roy escrivoit audict sieur comte par une postille luy commandant de ne croire ny faire par ce que ledict la Molle luy diroit. Cella mit bien en peyne ledict sieur comte pour estre la postille contrere a la créance que fut occasion que pour estre esclarcy bien au vray de l'intantion de sa Mageste il envoya a la cour le sieur Gantery (7) son secrétaire, lequel a son retour rapporta audict
(1) 22 août.
(2) Gaspard II de Coligny, 1517 f 1572; amiral de France, 1552.
(3) François III, comte de la Rochefoucauld, 1 1572.
(4) Nous intercalons ici une pièce importante comprise dans les nourelles acquisitions françaises de la Bibliothèque nationale, manuscrits, n» 1086, fol. 104 et 105; on peut voir que c'est d'après ce document que Nicolas-Claude Fabri de Peiresc et, après lui, Le Laboureur, Gaufridi et M. Gustave Lambert ont rédigé leur récit de la Saint-Barthélémy en Provence.
(5) Antoine de Boniface, seigneur de la Molle, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, assassiné à CoUobrières, en 1 577, ou plus vraisemblablement Joseph, son frère, favori du duc d'Alençon, exécuté en 1575.
(6) Honnorat de Savoie, comte de Sommerive, puis de Tende, 1538 f 1572; gouverneur de Provence, 1566.
(7) Ou Gautery.
sieur comte la voUonte du Roy questoit de faire la tuerie de quelques huguenotz incontinant qu'il seroit arrive, et voulant ledict sieur comte mettre la volonté de sa Mageste en exécution, il s'en ala a Celoa (1); la ou pria le sieur comte de Carces (2) sen aler a Aix luy assurant que le landemain il lui envoyeroit les commissions pour envoyer par tout le pays pour exécuter l'intention de sa Mageste. Mais le landemain ledict sieur comte de Carces reçut d'autres nouvelles, car le cappitaine Beauchans (3) le vint advertir de la mort dudict sieur comte de Thende (4) et deux heures après Gantery son secrétaire ariva vers ledict sieur comte de Garces avec lesdictes commissions quil ne voulut mettre en exécution attandu quil navoit heu aulcung commandement de sa Majesté quy loccasionna denvoyer pardevers ycelle ledict sieur de la Molle pour recepvoir son intantion, et ayant ledict sieur comte attandu plus de vingt jours sans avoir nouvelles de sa Mageste ni dudict sieur de la Molle, il print resollution d'y envoyer le sieur de Vauclauze(o) que fit sy grande dilligence quil ariva a la cour le mesme jour que ledict sieur de la Molle en partoit avecq la vollonte du Roy, questoit tousiours de faire mourir les huguenotz ; ledict sieur de la Molle pressa fort ledict sieur de Vauclauze de ne parler poinct au Roy puis qu'il n'avoit charge de parler que de la tuerie des huguenotz dautant que sa Mageste luy avoit bien
(1) En septembre, le comte de Tende, malade à Salon, « y manda le prévôt de campagne 4e Senas, Aiguières, Lourmarin, Mériudol, Forcalquier,... où les protestants avaient leurs prêches libres pour les leur défendre, ce qui fut cause que plusieurs des leurs s'enfuirent à Lourmarin, Cadenet, Mérindol,la Coste... »
Louvet, 1. 1, p. 266.
(2) Jean de Pontevès, comte de Carces, 1512 1 1582, lieutenant en Provence;
puis grand sénéchal.
(3) Sans doute Joseph de Sade, seigneur de Beauchamp.
(4) Il mourut le 8 (alias 3) octobre en Avignon, où il était allé au devant do Madeleine de la Tour, sa seconde femme, t 1580.
(5) Christophe de Villeneuve, seigneur de Yauclause et de Bargemon, 1545 t 1615, chevalier de l'ordre du roi en 1570 ; voir manuscrits de Peiresc ; Le Laboureur, additions aux mémoires de Castelnau. édition de 1660, t. ii p. 15; Gaufridi, p. 546; Bougerel, Hommes illustrée de la Provence, p. 81.
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dict son intaiition et le persuada fort de sen retourner sans parler a personne ; aquoy ledict sieur de Vauclauze ne voulust antandre ; le jour mesme de la partanca dudict de la Molle, il parla au Roy a son disner et luy ayant dict toute la charge qu'il avoit dudict sieur comte de Garces, sa Mageste pour Ihors ne lui respondit aultre chose sinon quil avoit mande audict comte de Garces son antiere intantioa par ledict sieur de la Molle enquoy il ce remettoit et long jour après sa Mageste demanda au sieur de Vins (1) sy ledict de Vauclauze estoit party pour sen retourner quy luy respondit que non et quil ne feroit pas ceste faulte de sen aler sans recepvoir ses commandementz, et Ihors sa Mageste commanda audict sieur de Vins de le luy amener et le seoir venant le Roy souppant a la maison du sieur duMas,contrerooieur des postes, le sieur de Vins y ala avec ledict sieur de Vauclauze et ne fut quavecq disficulte dantrer dans la maison et antrant dans la salle ou le Roy souppoit l'huissier fit grande disficulte de laisser antrer ledict de Vauclauze, mais ledict sieur de Vins luy renconstre que la Roy lui vouloit parler et enfin il autra et ledict sieur de Vins le fit mettre soubz la cheminée. Le Roy souppant à la table du près du feu et de l'autre coste de la salle souppoit environ une vingtaine de famés bourgeoises de Paris, le Roy antretint fort longtemps ledict sieur de Vins auquel il demanda toubellement a laureilhe sil verroit poinct de ce seoir Vauclauze et Ihors ledict sieur de Vins luy respondit quil estoit la derrier et alhors sa Mageste demanda sil ce pouvoitfier de luy et quel homme cestoit quy luy respondit que sur son honneur il sy pouvoit fier comme de luy mesme, et Ihors le Roy fit appeler ledict Vauclauze et luy dict quil estoit bien aise du rapport que Ion luy avoit faict de luy et luy commanda et audict sieur de Vins de ce trouver tous deux demain de grand matlin dans sa chambre ce quilz firent et estant dans ladicte chambre sa Mageste s'adressant audict de Vauclauze luy dict telz motz dictez au comte de Garces que a peyne de sa vye et a vous aussy de nesvanter et tenir secret ce quil vouloit dire et cestoit que ledict comte de Garces ne mit poinct en exécution ny
(1) Hubert de la Garde, seigneur de Vins, f 1589, marié à Marguerite d'Agout, ftUe du comte de Sault.
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ne fisse poinct la tuerie des huguenotz suivant ce quil luy avoit mande par la Molle dautant quil avoit resoUu de faire une antreprinse de grande importance que sy on fesoit la tuerie en Provance cella pouroit destorner la sienne et tout soudain sa Mageste print derrier son chevet de lict six couteaulx de la longueur du bras fort tranchans car ils estoient six pour exécuter ladite antreprinse aux Thulleries, scavoir sa Mageste segondee de Monsieur de Fontaina son premier escuyer, Monsieur son frère segonde par ledict sieur do Vins et Monsieur de Guise segonde par le sieur de Vaux ayant descouvert cecy auJict de Vauclauze luy commanda a peyne de la vye de nen sonner mot ny le comte de Garces (1) aussy luy commandant en oultre de faire sy grande dilligence quil puisse attrappe, ledict la Molle ou bien qu'il fusse en Provence avant que la tuerie ce fisse, ce que ledict Vauclauze fit et estant arrive a Aix et ayant bien particullierement dict la vollonte du roy audict sieur comte il auroit congédie tous ceulx quil avoit envoyé quérir en attandant la vollonte de sa Mageste (2).
IV. — 1573 et le 4 novembre je ûz mon voyage en France et fiiz de retour au moys de raay ensuy vaut (3).
V. — 1574 et le 30 may jour de la Pentecoste mourut le Roy Charles neufviesme de ce nom (4).
(1) Gaspard de Saulx, maréchal de Tavannes, 1509 f 1573, avait été nommé gouverneur de Provence le 18 octobre, mais il ne prit jamais possession de cette
charge.
(2) Ce mémoire est empreint d'un grand caractère d'authenticité et de sincérité. En somme, bien que le comte de Tende et, après lui, le comte de Carces aient sauvé, par leurs patriotiques hésitations, la vie d'un grand nombre de huguenots, c'est grâce surtout à la prévoyance et à l'activité de Vauclause que la Provence n'eut pas de Saint-Barthélémy.
(3) A noter, le 11 juillet 1573, l'édit de pacification de Boulogne.
(4) Né le 27 juin 1550, « ce prince avoit reçu de la nature d'excellente» qualités et de grandes vertus qui furent altérées par une mauvaise éducation et les complaisances de sa mère pour toutes ses volontci ». De Thou, t. v, p. 47,
VI. -^ Audit an et le ^1 septembre mourut madame M^guerite de France (1), duschesse de Berry et de Savoye, 1^ Palax de la France et refuge des gens lettrés.
VII. — Un peu de jours auparavant vinrent nouvelles que le roy Henry 3 (2) estoit arrivé de Poloigne en la ville d& Lioij (3).
Et dô la peu de jours après vinct en Avignon où il fit long séjour.
Lettre du Cardinal de Lorraine ^^^
4 Madame ma ^œur Madame de Nemour^ (5) à Lyon.
Madi^me ma sœur. Soudain que j'ay esté en ceste ville je n'ay vowlu faillir de vous faire part de nos nouvelles. Le roy arriva ce XVIl™« et a passé fort heureusement avec toute la suitte de la cour hormis ung basteau de la royne de Nav^arre qui fut brisé en passant soubs le pont du Saint-Esprit de manière qu'a cinq cens pas de 1^ il enfonça en leau et vingt deux ou vingt troys pauvres officiers qui estoient dedans furent noyez avec Gondy (6) son premier maistre d'hoslel lequel n'a pas esté beaucoup regretté. Voila une nouvelle
(1) Marguerite de France, 1523t 1574, mariée en 1559 à Philibert-Emmanuel, duc dâ Savoie, 1528 t 1580.
(2) Henri III, 1551 t 1589; roi de Pologne, 1573; de France, 1574. (S) Le 5 septembre.
(4) Il nous a paru intéressant de reproduire ici cette lettre, qui a trait au ■i^our de la cour à Avignon elj »ui affaires de Prorence. (Bibl nat, fonda français, »» 3159, fol. 198 et 200). — Charles de Guise, 1525 f 1574, cardinal d© Lorrainje, 1555.
(5) Anne d'Esté, comtesse de Gisors, 1531 f 1Ç07, qui, veuve de François dt Lorraine, duc de Guise, 1519t 1563, épousa ^^ secondes noces, 1566, Jacques de Savoie, duc de Genevois et dje Nemours, 1531 f 1585.
(6) Sans doute Jean de Gondi, t 1574, chanoine de Saint-Paul de Lyon et abbé de Saint-Hilaire et de Chaumes.
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succeàsïdn pour Monsieur le Marêschal de Rétîiz (!), car il l'âVoit faict de longtemps son héritier. Toute la vaisselle dârgetit et bâtteï-ie de cuisine de ladicte dame est eiicores au fond du Rosne. Monseigneur le Cardinal d'Armaignac (2) se mect en tout dèbvoîr de bien recepvoir la cour et nous faire la meilleure che^e qu'il est possible. Nous avons eu nouvelles de ï*rovènce que Monsieur lemaïèschàl de idethz a si bien et doucement traiCté avec ceùlx du pays qu'ayant trouvé leurs volontés fort disposées à se rertiectre en l'ôbeiséance du ïïoy, il noiis donne espérance de voir en bref tout le pays reduict qui seroit ung grand aàvantage pour tous les lietix circonvoisîns. Dieu veuille quil liy soit point trompé et que les affaires luy succèdent aussy heureusement qu'elles en prennent le Chemin. Le siège de Livron (3) est résolu. Monsieur le Marêschal de Bellegarde (4) y sera an ployé avec les forcés qu'il petist avoir pardeca. On baille à Monsieur le duc d'Usez (5) qiiâttre mil hâfquebusiers et ce qui avoil este amasse pour Monsieur le Marêschal de Rethz. Je croy qu'il fera de bons et grands services au roy et le tiens pour ung bien habile homme. Aussi lesdicts mareschaux le goustent fort et ont bien délibéré de s'en servir. On prépare toutes choses nécessaires pour aller assiéger Beaucaire. Le Roy ayant recouvert en ceste ville qnèlsques canons et des pouldres et munitions du costé de Marseilles mais d'autant que le Marêschal d'Anvillè(6) faict esfat de veiiir secourir ceste place comme luy ésîànt de bien grande iriapôrtâncô on veult rendre ledict sieur d'Usez si fort qu'il le pUissô coinbattre si Toccasion s'en présente car il n'a que troys à quàttre mil hommes de pied et envi-
(1) Albert de Gondi, maréchal de Retz, 1522 f 1602, avait été nommé gouverneur de Provence et amiral des mers du Levant le 6 juillet.
(2) Georges d'Armagnac, 1501 t 1 585 ; archevêque d'Avignon et tt>4égat, 1577; cardinal dès 1544.
(3) Ce siège, commencé le 17 décembre, fut levé le 20 janvier suivant.
(4) Roger de Saint-Lary de Bellegarde, 1 1579 ; inàréchal de France, 1574.
(5) Jacques de Crussol, baron d'Assier, puis duc d'Uzès, 1540 + 1584. (6)^enri I, seigiieur de Damville, puis duc de Motitttorency, f 1614;
maréchal de Fraiice, 1566; connétable, 1593.
ron douze cens chevaux qui n'est pas ce me semble pour tenir longtemps les villes qu'il a de présent à sa dévotion. Voila ce que je vous puis mander de Testât des affaires lesquelles sacheminans toujours de bien en mieux par la présence du Roy nous font regretter que nous n'avons faict ce voyage il y a ung mois. Joinct que nous ne manquons point pardeça de danses et de voltes. La Royne sest trouve ung peu mal d'ung rheume qui luy prist sur leau en venant pardeca mais à présent elle s'en porte bien. Je vous prie me mander si vous ferez long séjour à Lyon car je vous promects de vous escripre toutes les sepmaines pour le moins durant que vous y serez. Mais vous m'excuserez si je ne vous escripts toujours de ma main. Ce pendant après m'estre recommandé bien humblement à votre bonne grâce je priray Dieu, Madame ma sœur, vous donner bonne et longue vye. D'Avignon ce XX«»e novembre 1574 (1).
Madame je vous baise très humblement les mains et aussi à Monsieur de Nemours sil vous plait, le roy vient davoir nouvelles que le Mareschal de Danvilie qui estoit venu à Nismes doibt aller demain a Beauquer cote que Belloy (2) luy avoit dict, on dict que lamiral (3) yra la le trouver, Dieu nous doit une bonne pais, le roy a faict sejonrdni les Pasques et aussi esté nous escripre a la confrairie des Battus ieudi se fera ung servisse et samedi en huit ionrs(4) le seoir la pourcession ou nous tous nous préparons fort, le Mareschal de Retz anvoie la Verrière (S) icy et promet avoir bien tost tout entre ses mains. Je vous manderei tout, madame, si monsieur le cardinal d'Est (6) est encores la, je vous supplie que je lui baise très humblemant les mains, je lattans en grande dévotion et ay ung regret
(1) Toute la première partie de la lettre est de la main du secrétaire du Cardinal ; la seconde partie est autog^raphe. {") Gentilhomme picard et maître d'hôtel du roi. (Bibl. nat., ms. fr. 15903.)
(3) Mot douteux.
(4) Le 4 décembre, Louvet, t. i, p. 286.
(5) Sans doute Jean de Castellane, seigneur de la Verdière. Cette lettre a été écrite au moment où le Maréchal de Retz quittait Àix pour aller assiéger Riez.
(6) Louis d'Esté, 1538 f 1586; archevêque d'Auch ; cardinal, 1561.
incoiable de ne vous veoir icy et Monsieur votre mari, je croy quil sera malaisé que nous puissions arriver a Lion avant Noël. Monsieur le Légat nous feste fort et dimanche se faict la feste a toutes les dames davignon, tenez moy en votre bonne grâce et je n'oublirei rien de vos affaires et guérissez bien tost Monsieur de Nemours. Votre très humble frère : Charles de Lorraine (1).
Vin. — En la dicte année 1574 et le 18e jour de décembre logèrent en ceste ville troys mille suisses, durant huit jours, qui reprinrent Riez et Puymoisson (2).
IX. — 1575 et le onziesme jour de février, jour de vendredy, entre une heure après midi et deux, mourut et passa de cette vie fascheuse à une autre meilleure mon très cher et très honoré père Monsieur Maître Mathurin du Teil, advocat en la présente ville (3), au grand regret des prin-
(1) On sait que le cardinal de Lorraine mourut le 26 décembre des suites d'un refroidissement qu'il avait pris, le 4, à la procession des Battus.
(2) Sous la régence de Catherine de Médicis, Thaddée de Baschi, seigneur de Stoublon, t 1579, et Timothée du Mas de llsle, son beau-frère, s'étaient emparés de Riez, le 5 juillet 1574, et de Puimoisson le 8; Riez retomba au pouvoir des catholiques le 4 décembre, et Puimoisson fut repris à la même époque. Après ce fait d'armes, le maréchal de Retz vint en Avignon voir le roi, qui faisait assiéger le Livron ; Louvet, t. I, p. 288.
(3) Mathurin de Tillia (du Teil), fils atné de noble Jean de Tillia et de Jeanne Aloat, dut naître vers 1508; l'un des avocats les plus distingués de Manosque, il fut quatre fois premier consul de cette ville en 1540, 1545, 1565 et 1571; Forcalquier, dont son père avait été viguier en 1512, lui donna une marque toute particulière de confiance en l'appelant à exercer, en 1 562- 1563, la charge de lieutenant principal de la sénéchaussée, abandonnée par son titulaire que les troubles religieux tenaient éloigné. Veuf en premières noces de Madeleine de Tributiis, qu'il avait épousée, par contrat passé devant Gautier, notaire à Aix, le 17 octobre 1539, il se remaria avec Anne de Sallomoniis, le 30 avril 1559, suivant acte reçu par Aloaty, notaire à Manosque. Honoré du Teil, issu du premier lit, est des enfants de Mathurin le seul qui ait laissé postérité.
cipaux de la dite ville, de tous ses parents et amis et généralement de tous les gens de bien et de vertu.
X. — Audit an et sur le milieu dudit mois de février, le roy Henry 3 espousa Madame de Vaudemont (1).
XL — 1576 et le jour des Roys je fus esleu (2) par les consuls de la présente ville pour un des administrateurs d'icelle et exerçai en ladite année la charge de procureur du pays joinct.