‹ Le livre de raison de noble Honoré Du Teil (1571-1586) [microform]Chapitre 8 sur 14 · A MONSIEUR DE LA CROIX · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE LA CROIX

Sonnet (1).

Que n*ai-je la faveur de la Muse amiable, Pour façonner un vers bravement compassé ? Que n'ay-je le sçavoir de ceux du temps passé, Dont on verra l'honneur à tout jamais durable ?

Que n'ay-je à mon vouloir un esprit tout semblable ? Que ne m'a le destin ce bon-heur pourchassé ? En cent mille papiers j'eusse desja tracé De tes perfections la louange admirable.

Ton esprit clair-voyant, et ton bon jugement Me fourniroient assez matière et argument, Mais par sur tout ta grâce à la France descrlre.

Je trouverois en toy mille et mille raisons. Dont je pourrois encor embellir mes chansons. Si j'eusse esté doué du sçavoir de bien dire.

(1) Ces vers sont imprimés dans l'édition que Rigoley de Juvigny donna de La Croix du Maine et de du Verdier aux pages cm et civ du tome ii. Il n'est pas sans intérêt de rapporter ici l'article que La Croix du Maine consacra à notre sonnettiste : « Honoré du Teil, natif de Manosque en Provence, homme fort heureux à composer en vers français et pour écrire en prose. Il a écrit plusieurs fort beaux et élégants sonnets sur plusieurs diverses matières, lesquelles il n'a encore fait imprimer, et, entre autres, il en a écrit quelques-uns en ma faveur, dont je lui suis fort redevable et obligé pour une ei grande amitié qu'il me porte. Il florit en Provence, cette année 1584. » (Voir p. 378 du t. I de l'édition précitée.)

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