AUTRE SONNET DU MESME AUTHEUR
Je veux importuner à ce coup les neuf sœurs Et voire Apollon niesme, afin que je te face Un présent (mon la Croix) qui ressente leur grâce Et qui soit esmaillé de leurs plus riches fleurs.
Eslargissez moy donc vos divines faveurs,
O Phœbus, ô trouppeau qui errez sur Parnasse,
Et toy, douce Clion, qui jamais ne fus lasse
De m'avoir peint ces vers des plus braves couleurs.
C'est icy que je chante à la race Françoise
Le beau nom de la Croix qui de façon Grégeoise
A du los des François un bel œuvre entrepris.
Voire tel que si Dieu par sa bonté suprême
Daigne favoriser et luy et ses escrits
Des merveilles sera à bon droit la huictiesme.
Honoré du Teil, Provençal (l).
(1) On peut rapprocher ces sonnets du poëme inédit du même genre, découvert en tête de la table des sentences de la sénéchaussée de Forcalquier, année Î578, et publié par M. de Berluc-Perussis dans les Annales des Basses- Alpes, 3» livraison de 1889, pp. 163 et 164 :