G2 DE LA TENTATION
l'Esprit-Saint : et peut-on marcher sur des charbons ardents sans ressentir leurs brûlantes atteintes ?
Donc, si nous voulons triompher dans la lutte, il importe avant tout de nous soustraire au péril, en évitant les occasions dangereuses, dont nous avons traité plus haut, chapitre xxv.
Il est encore d'autres armes dont les saints nous ont appris à faire usage dans la lutte contre les ennemis du salut. Le grand athlète saint Jérôme s'était arraché aux séductions de Rome et avait fui loin du monde et de ses dangers. Au sein du désert, il se trouvait encore en face du démon et de sa propre nature, qui livrait à son âme généreuse les plus rudes assauts. Jérôme, alors, sans perdre courage, cherchait à triompher par l'abstinence, le jeûne et les austérités corporelles. En effet, selon la remarque de' saint Fran^ çois de Sales, le démon, voyant qu'on bat la chair, son alliée, craint et s'enfuit. A la pénitence, Jérôme unissait la prière. Tantôt se frappant la poitrine, il s'imaginait entendre le son de la trompette dernière, qui fera retentir par tout l'univers cette terrible parole : Morts, levez-vous; venez au jugement! Tantôt il se jetait aux pieds de Jésus en croix et les arrosait de ses larmes.
Il est écrit, en effet : Souvenez^vous de vos fins dernières et jamais vous ne pécherez ; demandez et vous recevrez; cherchez et vous trouverez; frappez et il vous sera ouvert.
Un signe de Croix suffit souvent pour mettre le démon en fuite ; c'est ce que disait saint Antoine à ses disciples, et c'est aussi ce qu'écrivait saint Jérôme à la vierge Démétriade. Une injure lancée à la face du démon qui, étant tout orgueil, craint fort d'être humilié, le fait reculer de honte. Va-t-en en arrière, Satan, lui dit-on, ne viens pas me conseiller le mal ! Ce que tu m'offres est coti-