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DE LA TENTATION

Les occasions dangereuses sont une des plus abondantes sources de péché; mais ceux qui les évitent avec soin ne sont pas pour cela à l'abri de tout péril. La vie de l'homme est un combat. Tant

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Sotre-Seigneur tenté, nous apprend à combattre.

que nous sommes sur cette terre, notre âme est pareille à une barque lancée sur une mer orageuse. Pour elle, les vents succèdent aux vents, et le calme qui suit la tempête annonce une tempête nouvelle, jusqu'à ce que s'ouvre enfin devant nous le port tranquille de l'éternité. Tantôt, du souffle de sa fureur, le démon soulève contre nous les flots de la tentation; tantôt, les accents perfides du monde cherchent à nous enchanter, pour nous

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précipiter dans le gouffre vers lequel nous entraîne déjà le poids de la nature perverse.

Du reste, les passions, qu'une âme généreuse cherche à réprimer, sont pareilles à des animaux féroces, qui s'irritent contre les barrières dont on les environne. Un moment las ou assoupis, nos ennemis ne sont point pour cela vaincus; bientôt ils redresseront la tête avec plus d'audace et engageront avec plus de rage une nouvelle lutte, semblables à un lion qui trouve dans sa blessure une nouvelle fureur. Ne nous étonnons point des assauts que nous aurons à soutenir; le Seigneur multiplie nos combats, afin de multiplier nos mérites. Dans sa juste sagesse, il ne prépare la couronne qu'à ceux qui auront légitimement combattu. « Point de triomphe sans victoire, dit saint Augustin; point de victoire sans combat; et point de combat sans ennemis. » La tentation est le creuset qui purifie les âmes. C'est sur le champ de bataille que s'aguerrit le soldat. En face de l'ennemi, il est toujours sur ses gardes. Les tentations fortifient l'homme; elles lui imposent l'obligation de veiller sans cesse sur lui-même et de recourir à Dieu par une continuelle prière. Quand approche l'heure du combat, une âme généreuse, loin de s'effrayer, se réjouit du triomphe qu'on lui prépare. N'est-elle pas sûre, du reste, de l'assistance divine promise à tous ceux qui la réclament, et quand Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

Toutefois, la bonté du Seigneur qui nous assiste au moment même où il semble nous abandonner, ne doit point nous faire présumer de nos forces ni ralentir notre vigilance. Redisons-le encore : Dieu laisse livrés à leur faiblesse ceux qui, sans nécessité, restent engagés dans des occasions de chutes. Peut-on saisir des tisons que dévore la flammey sans voir ses vêtements consumés, dit

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