‹ Le livre de tousChapitre 12 sur 196 · SA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

SA NÉCESSITÉ

à notre vie. Rien de plus nécessaire que la foi. Impossible d'élever une maison en l'air et de faire produire des fruits à l'arbre détaché de sa racine. Impossible aussi d'élever l'édifice de notre sanctification, de faire produire à nos âmes des fruits de salut sans la foi, qui est le fondement et la racine de la vie chrétienne. Ecoutons sur ce sujet le Dieu qui ne trompe pas. Il nous fait dire par saint Paul : Saiis la foi, il est impossible de plaire à Dieu; et celui qui veut s'approcher de son Créateur doit d'abord croire qu'il existe. Celui qui croira sera sauvé, a dit Notre-Seigneur; et celui qui ne croira pas sera condamné. Si vous ne croyez pas en moi, vous mourrez dans votre péché. Celui qui ne croit pas est déjà condamné.

C'est par la foi que le ciel nous est acquis. Celui qui n'a pas la foi renonce au ciel de luimême, en insultant Dieu dont il n'accepte pas la parole. Si un enfant auquel on apprend les lettres prenait Tenvie de contester avec son maître et de soutenir que la première lettre de l'alphabet n'est pas un a, le maître le renverrait avec indignation ; mais si Dieu, qui commande au Ciel, daigne nous instruire lui-même, l'homme qui, dans soq fo^ orgueil, ne veut pas accepter son enseignement, mérite d'être chassé de sa face.

Ce même homme, en effet, ne sait ordinairement que ce que d'autres lui ont appris. Il est si docile à d'autres hommes dans toutes les sciences humaines, et même dans tous les arts ; et le voilà qui se fait rebelle contre Dieu seul. Quel monstrueux orgueil ! Il outrage Dieu, celui qui, dans la débauche, tue la raison que Dieu lui a donnée; il est encore plus coupable, celui qui repousse la foi que Dieu lui apporte pour son salut ; par là, il se condamne lui-même à une perte éternelle. De là, comprenons le malheur des infidèles et lo

malheur plus grand encore de ceux qui, ayant reçu l'instruction religieuse, nient de parti "pris les vérités de la religion ou en doutent volontairement.

Sans la foi, point d'espérance, point d'amour surnaturel de Dieu ni du prochain, point de vertus capables de mériter le ciel. L'œuvre du salut est ruinée dans sa base.

Perdre la foi, c'est donc tout perdre ; et l'homme qui a un peu de sens, doit, par conséquent, tenir à la foi plus qu'à tout autre bien. Soyez prudents comme des serpents, a dit Notre-Seigneur; et saint Jean Chrysostome dit que la prudence du serpent consiste à sacrifier tout le reste de son corps pour sauver sa tête. Notre tête, ce qu'il y a de plus important en nous, ajoute le saint docteur, c'est notre foi. Pour la conserver, il faut donc, s'il en est besoin, sacrifier tout le reste. Perdons tout plutôt que de perdre la foi. Que les parents la transmettent à leurs enfants comme le plus précieux héritage. Les enfants sont assez riches, en effet, s'ils possèdent ce trésor. Avec lui on peut acheter le ciel.

Napoléon s'entretenant avec M""^ de Montesquiou, au sujet de Bernadotte, un de ses soldats, qui était devenu roi de Suède: « Voilà une grande fortune pour lui, dit-il. — Oui, mais il y a un fameux revers à la médaille, » répondit M™^ de Montesquiou. En effet, Bernadotte avait dû, pour monter sur le trône, abjurer le catholicisme. « C'est vrai, dit Napoléon, et moi qui passe pour ambitieux, je ne renoncerais pas à ma foi pour toutes les couronnes. » Confiant à M™* de Montesquiou l'éducation de son fils unique, qu'il avait fait roi de Rome : «Madame, dit-il, vous en ferez un bon chrétien. » Quelqu'un qui était là se mit à sourire. « Je sais ce que je dis, reprit Napoléon.

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