JE CROIS EN DIEU
Le bon sens universel a appris à tous les hommes civilisés et sauvages, danstous les temps, qu'il n'y a point de maison qui n'ait été construite par des ouvriers, point d'horloge sans horloger; point d'effet sans cause; point de monde par conséquent, point d'hommes, point de créatures sans Créateur. Le nom de Dieu est écrit par
toute la terre, et les cieux racontent sa gloire. Sa puissance éclate à chaque pas, autour de nous : le brin d'herbe, l'humble fleur que nous foulons aux pieds nous la prêchent.
La Providence divine se manifeste par l'ordre admirable établi dans le monde. Dans ce vaste ouvrage, rien ne se choque : chaque astre, chaque étoile a sa place et parcourt régulièrement sa carrière sans s'en écarter jamais; le jour succède à la nuit, et la nuit au jour ; les saisons succèdent aux saisons et versent tour à tour sur la terre des bienfaits; le ciel, la terre, les mers, tout paye à l'homme son tribut et fournit à ses besoins. Il n'y a que l'insensé qui ne sache pas voir Dieu et sa Providence à travers ses œuvres. Çicéron, tout païen qu'il était, a écrit :
« Lorsque vous examinez une grande maison, lors même que vous n'en voyez pas l'architecte sous vos yeux, vous vient-il jamais à la pensée qu'elle est l'ouvrage des souris et des belettes ? Gomment pouvez-vous donc croire sérieusement que tant de magnificence, tant de variété, d'harmonie dans les corps célestes, dans la vaste étendue de la mer et de la terre, etc., n'est que le pur effet du hasard? » « Si quelqu'un était porté à croire, dit-il encore, que tout ce que nous considérons n'est que le produit du hasard, je ne comprends pas pourquoi il ne prétendrait pas> aussi, qu'en jetant çà et là une grande quantité de lettres , elles s'arangeraient de telle sorte qu'elles parviendraient à former les Annales d'Ennius. »
Quand un corps s'agite, que ses bras et ses mains agissent, vous dites : Cet homme est vivant; et vous prendriez pour fou celui qui soutiendrait le contraire; plus égaré encore est celui qui, à la vue des œuvres merveilleuses de la création, ne sait pas reconnaître le Dieu vivant qui les opère.
Napoléon était sur son rocher de Sainte-Hélène. Le général Bertrand lui ayant dit un jour sur un ton inconvenant : « Qu'est-ce que Dieu? L'avezvous vu pour y croire? — Napoléon répondit : Sur le champ de bataille, quand vous aviez besoin d'un trait de génie, pourquoi, vous, le premier, me cherchiez-vous de la voix et du regard? Pourquoi s'écriait-on de toutes parts : Où est l'empereur? Que signifiait ce cri, sinon que vous croyiez en mon génie? Mes victoires vous ont fait croire en moi, l'univers me fait croire en Dieu. Qu'est-ce que la plus belle manœuvre, auprès du mouvement des astres ? »
Ce Dieu qui a donné à tous les êtres toutes les perfections que nous admirons en eux a donc plus de perfections que tous ensemble ; car personne ne donne ce qu'il n'a pas. Il est éternel, tout-puissant, indépendant, gouvernant tout par sa providence, immuable, ne changeant jamais, sage, juste, bon, saint, connaissant tout, incapable de tromper ou de manquer à ses promesses. C'est ainsi qu'il s'est révélé à nous et c'est ainsi que la raison nous le fait connaître.
Il n'y a qu'un seul Dieu, c'est encore Une vérité que la raison a fait connaître aux sages païens eux-mêmes. S'il y avait plusieurs dieux, l'un n'aurait pas la puissance de l'autre. Ni les uns ni les autres ne seraient tout-puissants. De même, ni les uns ni le*; autres ne seraient infinis. Il manquerait à l'un co que l'autre aurait. Gomment Dieu serait-iU'Etresupicnie, s'il avait un égal qui ne dépendît pas de lui ?
Mais il ne suffit pas de savoir l'existence de Dieu, que la raison nous démontre clairement : il faut, de plus, croire que Dieu existe, parce qu'il s'est manifesté aux hommes, ses enfants, et leur a révélé sa nature, ses perfeclions, ses droits
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sacrés. Ecoute, ô Israël, disait Moïse au peuple juif, le Seigneur noire Dieu est le seul Seigneur ; el Dîeu, par la bouche du même prophète, nous dit : Sachez que je suis seul Dieu, et qu'il n'y a "point d'autre Dieu que moi.
Ce seul Dieu est un esprit, c'est-à-dire une intelligence dégagée de toute matière comme les anges, et infiniment plus parfaitequ'eux. Son divin Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a révélé sa nature dans l'Evangile. C'est donc une erreur de se représenter Dieu avec une tête, des yeux, des oreilles, des pieds et des mains comme nous. Il est là et nous ne le voyons pas. Nos mains ne peuvent le saisir, pas plus que l'ange gardien qui nous accompagne. Si on le représente sous la forme d'un vieillard, c'est pour nous faire comprendre son éternité. Si on lui donne des yeux, des oreilles, des mains, c'est pour nous montrer qu'il voit, qu'il entend, qu'il fait tout.
Deux infâmes vieillards de Babylone, qui exerçaient pourtant les fonctions de juges, conçurent une honteuse passion pour Suzanne, filled'Helcias, et épouse d'un homme riche, nommé Joakim. Ils s'introduisent auprès d'elle, lorsqu'elle était seule dans son jardin et lui proposent le mal, la menaçant, si elle résiste à leurs désirs, de l'accuser d'adultère et de la condamner. « Personne ne vous voit, » osent-ils lui dire. Suzanne gémit et dit: « Je suis entourée de pièges de toutes parts. Faire le mal, c'est pour moi la mort ; ne pas le faire, c'est tomber entre vos mains; mais plutôt que de pécher en présence de mon Dieu, j'aime mieux être livrée innocente à votre vengeance. » Et cela dit, elle poussa un cri. Les vieillards crient à leur tour. On accourt; ils l'accusent; on la traîne devant leur tribunal ; et ils ne rougissent pas de la condamner à mourir.
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Mais au moment où on la conduisait au supplice, Daniel arrête la foule, qui, d'après la loi juive, avait le droit de suspendre l'exécution d'un arrêt de mort; il proteste que Suzanne est innocente, on la ramène au tribunal ; et là, Daniel, interrogeant séparément les deux vieillards, surprend leurs contradictions et leurs mensonges, les convainc de calomnie et ils subissent la mort. Pensons que Dieu nous voit, et nous ne pécherons jamais.
En un seul Dieu, il y a trois Personnes réellement distintes. Le soleil qui éclaire les corps a la chaleur, la lumière, la forme ronde; mais il n'y a qu'un soleil. Dieu, le soleil des intelligences, a trois Personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Nous les nommons en faisant le signe de la Croix. Ces trois Personnes ont la même nature ; et cependant, le Père n'est pas le Fils, le Fils n'est pas le Saint-Esprit. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; néanmoins, il n'y a pas trois dieux, mais en un seul Dieu trois propriétés divines vraiment distinctes, que nous appelons Personnes.
Nous trouvons en notre âme quelque chose de semblable; nous n'avons^qu'une âme, et dans cette âme trois propriétés distinctes : 1° la mémoire, qui fait que nous nous souvenons du temps passé; 2° l'intelligence, par laquelle nous raisonnons, nous connaissons le bien; 3° la volonté par laquelle nous désirons et recherchons certaines choses, tandis que nous en repoussons d'autres. C'est ainsi que nous sommes faits à l'image de Dieu. Les troisPersonnesdivines sont égales en toutes choses, n'ayant qu'une seule et même nature.
Nous confessons cette vérité par le signe de la Croix, que nous faisons en nous levant, en nous couchant et au commencement de nos principales actions. Ce signe sacré nous rappelle, avec l'unité