SA CERTITUDE
pas entière, si l'Eglise n'en gardait fidèlement le dépôt.
Les pauvres, les ignorants surtout, n'auraient, sans l'Eglise, aucun moyen de connaître sûrement ce que Dieu a dit, n'ayant ni loisir ni instruction suffisante pour le découvrir. Le Dieu des petits comme des grands a mis sa puissance au service de tous; et au profit de tous, il assiste l'Eglise et la préserve de toute erreur. Par miséricorde pour les pécheurs, le Dieu qui a seul le pouvoir de remettre les péchés, a confié ce pouvoir au prêtre; et, par pitié pour les âmes simples, lui qui, par nature, est exempt de toute erreur et de tout mensonge, en a aussi exempté l'Eglise et le Souverain Pontife en particulier. J'ai prié pour toi, a-t-il dit à Pierre, le chef de l'Eglise, afin que ta foi ne puisse pas faillir. Affermis tes frères.
Et, en vertu de cette parole, l'âme de tout fidèle, même celle d'un petit enfant, est en paix sur les graves intérêts de l'éternité. Elle peut faire ce raisonnement: Je n'ai pas une grande science, il est VTai, mais je sais que la parole de Dieu ne me trompe pas. Je sais que l'Eglise ne peut pas me tromper, puisque Dieu est avec elle, comme il le lui a promis. Je crois ce qu'enseigne l'Eglise, je crois ce catéchisme que m'apprend mon pasteur. G'estle mêmequ'on enseigne dans toute la France, c'est le même qu'enseignent les évêques, c'est le même qu'enseigne le Pape, c'est le même qu'apprennent et croient tous les fidèles de l'univers. Je suis dans la vérité. Je crois, en effet, avec tous les saints d'aujourd'hui, avec tous les grands docteurs et tous les martyrs d'autrefois. Je crois enfin ce que Dieu a dit, ce que Dieu a prouvé par des miracles; l'Eglise ne peut pas me dire autre chose. J'aime mieux être dans cette
compagnie qu'en celle des libertins et de tous les impies de tous les temps.
Et cette âme d'enfant, avec ce seul catéchisme élémentaire, en sait plus sur les vérités les plus importantes, que n'en ont su les philosophes tant vantés de l'antiquité, plus que n'en savent aujourd'hui même les prétendus savants qui, ne sachant pas croire, flottent à tout vent de doctrine, comme un vaisseau sans pilote.
Quelque certaine que soit notre foi, si nous voulons garder ce trésor, fuyons la société des impies, dont les discours pourraient nous le ravir. Ne lisons aucun écrit qui puisse altérer en nous la foi, et surtout ayons une bonne conscience. C'est une vie coupable qui fait tous les hérétiques et tous les impies. Bouguer était un savant incrédule du xvni* siècle. Après sa mort, d'Alembert put dire: « Nous venons de perdre la meilleure tête de l'Académie. » Or, dans les entretiens qu'il eut avant la fin de sa carrière, avec le P . La Berthonie, entretiens qui préparèrent sa conversion, il lui dit: « Je n'ai jamais été incrédule, mon père^que parce que j'étais corrompu. Allons au plus pressé; mon cœur a plus grand besoin d'être guéri que mon esprit. »