II. DÉVOTION ENVERS LA SAHTE VIERGE
de prédestination. Un vrai serviteur de Marie ne saurait périr.
Les pratiques de cette dévotion sont nombreuses. Il est des personnes pieuses qui, en se levant, et avant d'aller prendre leur repos, se mettent à genoux devant une image de Marie pour demander à cette bonne Mère sa bénédiction. D'autres récitent V Angélus trois fois par jour. Il en est qui, à tout instant.
invoquent Marie, surtout dans la tentation, en redisant ces courtes prières : 0 Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous, ou : Doux Cœur de Marie, soyez mon salut. Qui oserait se passer d'avoir sur soi, jour et nuit, une me'daille de la Sainte Vierge ? Les soldats chrétiens ne rougissent pas de s'en munir, sur le champ de bataille. Pour se rappeler le souvenir de Marie, il est bon d'avoir sa statue ou son image dans son appartement, ou sur sa table de travail. Saint Liguori récitait toujours un Ave Maria, en entendant sonner l'heure. Les Chartreux ont tous cette pratique. Le même saint Liguori a composé un livre pour les visites à la Sainte Vierge. 11 est très salutaire, en effet, d'aller tous les jours se jeter au pied d'un autel ou d'une statue de Marie, pour lui. dire avec confiance ses peines, ses tentations, et implorer son assislance. On peut, dans ses visites, déposer un bouquet de fleurs aux pieds des autels de Marie, ou faire brûler une lampe devant son ima^^'e. Le samedi est un jour consacré à la Sainte Vierge. Sainte Rose jeûnait ce jour-là. Saint Louis, en ce jour, nourrissait douze pauvres. Tous pourraient, le samedi, faire à Marie une consécration de leur personne et de tout ce qu'ils possèdent.
11 est bon de se préparer aux principales fêtes de la Sainte Vierge par une neuvaine de prières, et de célébrer ses fêtes par la réception des sacrements. Les pèlerinages aux sanctuaires de Marie sont aussi une source de grâce, pour ceux qui les fréquentent avec piété.
Point d'âme sincèrement chrétienne qui ne fasse partie de quelque confrérie ou congre'gation de la Sainte Vierge, et qui n'y trouve, avec des indulf^ences à gagner, un moyen puissant de persévérer dans le bien. Quelle jeune personne voudrait se priver de ce secours ? Entre ces confréries, il en est dlont nous devons dire un mot.
1° Le Rosaire. La confrérie du Rosaire a été établie par saint Dominique, comme la pratique de réciter le Rosaire^, qui se compose de quinze dizaines dWve
Maria, précédées chacune d'un Pater, et accompagnées chacune de la méditation d'un des quinze mystères suivants. Mystères joyeux ; TAnnonciation, la Visite à sainte Elisabeth, la Naissance de Notre- Seigneur, sa Présentation au temple, son Recouvrement au milieu des docteurs. Mystères douloureux : TA^onie au jardin des Oliviers, la Flaizellation, le Couronnement d'épines, le Portement de la Croix, le Crucifiement. Mystères glorieux : la Résurrection de Notre-Seigneur, son Ascension, la Descente du Saint- Esprit sur les apôtres, la mort et l'Assomption de la Sainte Vierge, son Couronnement dans le Ciel. Ceux qui ont leur nom inscrit dans les registres de cette confrérie, en récitant le rosaire une fois par semaine, même en le partageant, peuvent gagner une indulgence plénière le premier dimanche de chaque mois, et à toutes les fêtes de la Sainte Vierge, à la condition de se confesser, de communier, et de visiter la chapelle du rosaire. Le dimanche, cependant, si on a communié à cette chapelle, il n'est pas nécessaire de la visiter de nouveau. [Maurel, S. J .)
Il faut toutefois que le Rosaire ou le chapelet soient bénits par un prêtre ayant reçu un pouvoir spécial à cette fin. Sans être membre de la confrérie du Rosaire, mais en récitant au moins trois fois par semaine un chapelet bénit par un religieux Dominicain ou par un prêtre ayant reçu ce pouvoir, et en méditant en même temps les mystères du Rosaire, on gagne 100 jours d'indulgence à chaque Pater et à chaque Ave Maria, pourvu qu'on n'interrompe pas la récitation du chapelet.
Les prières du Rosaire révélées par la Sainte Vierge elle-même à son serviteur saint Dominique, sont des plus autorisées dans l'Eglise. Grégoire XVI a écrit que le Rosaire est le merveilleux instrument de la destruction du péchéf du recouvrement de la grâce et de la gloire de Dieu.
2° Le chapelet, on le sait, se compose de cinq dizaines d'Ave Maria, précédées chacune d'un Pater noster, et terminées par le Gloria Patri; quand on a appliqué au chapelet les indu^.gences -^ sainte
Brigitte, on peut gagner, en re'citant le chapelet de sainte Brigitte, une indulgence de 100 jours pour cha.q\ie Pater, AveetCredo, sans qu'il soit nécessaire de me'diter pendant cette re'citation ; aussi la plupart des personnes pieuses re'citent-elles leur chapelet tous les jours, et Ton ne saurait trop recommander cette pratique.
3° Le scapulaire. — La confrérie du scapulaire du Mont Carmel n'est pas moins répandue que celle du Rosaire. Pour en faire partie, il faut faire inscrire ses nom et prénoms sur les registres de la confrérie, recevoir le scapulaire du Mont Carmel d'un prêtre ayant le pouvoir de le donner, et le porter toujours. C'est la Sainte Vierge elle-même qui offrit ce saint habit à saint Simon Stock, Carme, en lui disant que celui qui en serait revêtu à la mort échapperait aux flammes éternelles, que ce scapulaire serait pour lui un signe de salut, une protection dans les périls et un gage de paix. Le grand pape Benoît XIV pense que tous doivent regarder cette vision comme vraie.
Dans une autre vision, la Sainte Vierge promit au pape Jean XXII de soulager et de délivrer au plus tôt du Purgatoire, surtout le samedi après la mort, les âmes de ceux qui auraient porté le scapulaire. C'est ce qu'on nomme l'indulgence sabbatine ; pour la gagner, il faut ;;arder la chasteté selon son état, réciter le petit oftlce de la Sainte Vierge, ou l'office canonial. Ceux qui ne savent pas lire doivent, à la place de l'office, observer tous les jeûnes de l'Eglise et faire abstinence les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine.
Qu'aucun des fidèles soucieux de son salut ne se prive de la protection de la Vierge que lui assure le scapulaire.
Scapulaire bleu. — Ce scapulaire est le plus riche en indulgences applicables aux défunts. Il fut révélé par Marie elle-même à la vénérable Ursule de Bénin» casa, fondatrice des Théatines à Naples. Ceux qui l'ont reçu d'un prêtre ayant le pouvoir de le donner et en sont revêtus peuvent gagner uo grand nombre d'indulgences plénières, toutes applicables aux âmes du Purgatoire, toutes les fois qu'i^ rftitent six Pater,