‹ Le livre de tousChapitre 20 sur 196 · CRÉATEUR DU CIEL · texte numérisé non relu

CRÉATEUR DU CIEL

(lent les anges gardiens. Au moment où ce jeune homme était envoyé par son père sur une terre lointaine, pour y recouvrer une somme considérable prêtée à Gabélus, l'ange Raphaël se présenta, sous une forme humaine, pour l'accompagner et lui indiquer la route, et il promit à son père de le ramener sain et sauf. Sur les bords du fleuve du Tigre, non seulement l'ange préserva Tobie de l'atteinte d'un monstrueux poisson, mais il sut trouver, dans le fiel de ce monstre, un remède pour guérir son père aveugle. 11 prépara au jeune Tobie un mariage béni du ciel avec Sara, fille de Raguel, les délivrant tous deux des poursuites du démon. Il recouvra lui-même l'argent prêté à Gabélus ; puis ramena Tobie à son père qui, sous l'influence du remède indiqué, recouvra la vue, et s'écria : « Que pourrons-nous offrir à votre guide qui soit en rapport avec les services qu'il nous a rendus? »

C'est là la question que doit se poser toute âme chrétienne à l'égard de son ange gardien. Saint Bernard y répond par ces paroles qui nous tracent tous nos devoirs envers ce fidèle ami : « Offrons-lui respect pour sa présence. Gomment oseriez-vous faire devant lui ce que vous n'oseriez faire devant moi? Offrons-lui reconnaissance pour sa bienveillance, et confiance en son assistance. » Donc, dans toutes nos tentations invoquons-le avec amour et avec la certitude d'être exaucés.

Elle avait cette confiance en son ange gardien, la bienheureuse Jeanne d'Orviéto, qui plus tard entra dans l'Ordre de Saint-Dominique. Elle était devenue orpheline toute jeune, et, une personne vertueuse la plaignant de la perte de ses parents, 3lle lui montra l'image de son ange gardien : :< Voilà, dit-elle^ celui qui me servira de père et

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de mère; il m'aimera encore plus que mes bons parents que le ciel m'a enlevés. »

Pendant que les bons anges, par leur fidélité, méritaient leur béatitude infinie, un certain nombre d'autres anges, sous la conduite de Lucifer, furent infidèles à Dieu. Malgré leur intelligence sublime et les dons dont ils étaient enrichis, ils péchèrent; et Dieu les précipita du ciel. Ayant perdu dès lors les biens surnaturels dont le Créateur les avait dotés, ils conservent néanmoins leur intelligence naturelle, dont ils se servent pour faire la guerre à Dieu. Ils abhorrent la justice qui les a punis et s'efforcent de ruiner la gloire de Dieu dans les âmes des hommes qu'ils cherchent à perdre, ne voulant pas, dans leur noire jalousie, que ces âmes possèdent les trônes dont ils ont été bannis eux-mêmes.

Les démons ont eu, de tout temps, une action fatale sur les hommes. Les infidèles et quelquefois les. impies eux-mêmes en conviennent. Les sauvages redoutent les génies malfaisants. Pour se préserver de leurs attaques, ils honorent le démon par des pratiques aussi ridicules que dégradantes. La plupart des tentations viennent des démons. Malheur à ceux qui obéissent aux suggestions de ces ennemis de notre salut ! Trois fois malheur à ceux qui se font le suppôt de Satan, en cherchant comme lui à faire la guerre à Dieu, à la religion, à l'Eglise, aux âmes qu'ils perdent par le scandale!

Le lot qui les attend, c'est l'étanc: brûlant de soufre et de feu où Dieu a plongé les anges rebelles. Donc, soyez sobres et veillez, car votre ennemi le démon rôde sans cesse autour de vous, cherchant à vous dévorer. Fuyez l'oisiveté ; car pour un démon qui tente un homme qui travaille, il y en a cent qui poursuivent celui qui vit oisif.

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