CHAPITRE XIII
NOS DEVOIRS ENVERS l'ÉGLISE
Il y a dans l'Eglise, comme dans toute société, des chefs qui la gouvernent et des sujets qui obéissent. Les chefs de l'Eglise sont les pasteurs, f c'est-à-dire le Pape elles évêques. Les sujets sont les fidèles. Or, les fidèles doivent à leurs pasteurs amour, respect et obéissance. Que d'âmes qui ne connaissent pas l'Eglise et qui, à cause de cette ignorance, n'iront pas au ciel ! Dieu nous a fait la grâce d'être catholiques. Quelle ingratitude ne serait-ce pas de ne pas aimer cette Eglise, qui nous mène au Paradis, comme par la main, qui nous prodigue tant de bienfaits !
A notre entrée dans la vie, elle nous a faits enfants de Dieu ; c'est elle qui nous instruit de la
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iloctrine divine, qui nous relève après nos chutes, nous console dans nos douleurs, nous fortifie dans les luttes de la dernière agonie. Gomment donc ne pas l'aimer? M. Frémiot, président du parlement de Bourgogne, devenu veuf, prenait ses petits enfants sur ses genoux et leur parlait avec une telle foi des douleurs et des joies de l'Eglise, qu'ils en versaient des larmes. A seize ans, sa fille, M""^ de Chantai, qui devint plus tard fondatrice de la Visitation, ne pouvait voir sans pleurer les églises ruinées par les protestants. Quand donc tous les parents inspireront-ils à leurs enfants ce même amour de l'Eglise?
Procurons l'exaltation de l'Eglise. Quand il s'agit d'elle, tout chrétien est soldat et doit la défendre. Sainte Catherine était l'humble fille d un teinturier de Sienne. Elle consacra sa vie à procurer la prospérité de l'Eglise. Elle ne craignit pas, dans ce but, d'aborder les rois de l'Europe, les cardinaux, les Souverains Pontifes euxmêmes et décida le Pape à quitter Avignon pour retourner à Rome. Si nous ne pouvons faire autant qu'elle, du moins nous pouvons prier. Que votre règne arrive, ô mon Dieu ! Nous pouvons contribuer à l'éclat des cérémonies de l'Eglise et orner les autels. Madeleine répandit sur les pieds de Jésus un parfum de grand prix; et, à cause de cela, elle est louée par toute la terre et dans tous les siècles. Nous pouvons travailler pour l'œuvre de la Propagation de la Foi, pour celle du Denier de Saint-Pierre et mener une vie sainte, car ce qui fait la gloire de l'Eglise, c'est la vie pure de ses enfants, comme la vie déréglée de quelquesuns fait sa honte.
Avec l'amour, nous devons le respect aux pasteurs de l'Eglise. Ils sont les envoyés de Dieu, ses ministres, les ambassadeurs de Jésus-Christ.
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Le Pape surtout, Vicaire de Dieu ici-bas, Père de la grande famille chiétienne, a droit à notre vénération. Nous devons aussi respecter le caractère sacré du prêtre, fût-il même indigne de l'honneur auquel il est élevé. L'impératrice, femme de l'empereur Maxime, voulut recevoir à sa table l'illustre évêque de Tours, saint Martin. Pendant le repas, elle se tint debout par respect, servant elle-même l'évêque ; et après, elle recueillit, comme des reliques, les miettes de pain qu'il avait touchées. Ne faisons jamais chœur avec ceux qui dénigrent les ministres de l'Eglise. « Si un prêtre tombait, disait le grand empereur Constantin, je le couvrirais de mon manteau, pour cacher sa faute à tous les yeux. » Le libérateur de l'Irlande, Daniel O'Connelf, ne se présenta jamais à la cour d'Angleterre sans avoir avec lui un prêtre qui l'accompagnait partout. Dans les repas politiques, il le faisait asseoir à la place d'honneur et ne s'asseyait point lui-même que le prêtre n'eût béni la table, même en présence des prolestants.
Au respect, nous devons joindre l'obéissance à l'Eglise. Point de pouvoir qui ne vienne de Dieu, dit saint Paul, et celui qui résiste au pouvoir résiste à Cordre établi par Dieu; et il encourt la damnation. Mais point de pouvoir si clairement, si directement établi par Dieu, que celui de l'Eglise. Comme mon Père m'a envoyé, je vom envoie, a dit Jésus-Christ. Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous méprise me méprise. Si quelqu'un n'écoute pas l't^glise, regardez-le comme un païen et un publicain. Sur qui s'étend ce pouvoir ? Sur les nations chrétiennes. Le roi/aw/te qui ne vous servira pas périra, a dit le Seigneur. L'Afrique, en abandonnant l'Eglise, est tombée dans la barbarie.
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Napoléon I" voulut faire la guerre à l'Eglise et fut e:xcommunié. Il dit dans sa colère : « Le Pape croit-il que rexcomniunicalion fera tomber les armes des mains de mes soldats ? » Quelque temps après, il entreprend, avec six cent mille hommes, la campagne de Moscou. Les Russes fuient devant son armée ; il ne peut pas combattre ; et ses soldats, transis de froid, laissent tomber leurs armes et tombent avec elles, glacés par la mort; c'est à peine si quelques dizaines de mille de ces hommes revoient leur patrie.
L'empire de TEglise s'étend sur chacune des âmes baptisées, c'est-à-dire sur plus de deux cent millions de catholiques, et même sur les hérétiques et les schismatiques. Malheur à qui secouerait le joug si doux de cette divine autorité!
Cette obéissance consiste à accepter l'enseignement de l'Eglise qui n'est pas autre que celui de Dieu, de Jésus-Christ lui-même, puisque l'Eglise ne peut, de par la volonté et l'assistance divines, rien retrancher ni ajouter au dépôt sacré de la vérité qu'elle a reçu de Jésus-Christ. Cet enseignement de l'Eglise nous est connu par notre catéchisme qu'il faudrait lire tous les jours dans les veillées du soir; c'est celui que prêche notre prêtre, que prêchent tous les prêtres voisins, tous les évêques en communion avec le Pape. 11 est facile de nous en assurer. Nous sommes donc certains par là de ce que l'Eglise enseigne. Il ne reste qu'à soumettre à cet enseignement notre esprit et notre cœur; il n'est pas permis d'y rien retrancher ni d'y rien ajouter.
Cette obéissance consiste, en second lieu, à obéir aux lois de l'Eglise. La société civile a le droit de faire des lois, un préfet peut porter des édits dans son département; contester ce droit à l'^^lise. ce serait folie et révolte contre Dieu