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L'ESPERANCE

tons le péché; qu'il nous donnera, si nous la lui demandons par la prière, la grâce de sortir du péché et de le servir; qu'il nous pardonnera nos péchés, si nous en faisons pénitence, car il nous a assuré lui-même qu'il nous promettait tout cela, comme il est manifeste par l'Evangile et par l'enseignement de l'Eglise.

C'est un devoir grave de faire des actes d'espéi'ance. Celui qui passerait un temps considérable

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L'entant prodigue repentant, son père l'accueille.

sans produire cet acte pécherait mortellement Mais la récitation du Noire Père suffit pour accom^ plir ce précepte. A plus forte raison est-ce un

cnmededésespérer. C'est se défierdelapuissance de Dieu ou de sa bonté, ou de sa fidélité à ses promesses, que de dire avec Caïn : Mon péché est trop grand pour que je puisse méritermon pardon. C'est par conséquent un crime, ^.e salut est même absolument impossible sans

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l'espérance, comme sans la foi. Comment, en effet, arriver au terme de notre vie qui est la vue de Dieu, si nous l'ignorons absolument? Et comment nous mettre en route vers ce terme, quand on la connu paT la foi, si on croit impossible de l'atteindre, et si l'espérance n'est pas là pour nous y faire tendre? Ajoutons que le désespoir enlève tout courage et livre l'âme, pieds et poings liés au démon. Le simple découragement lui-même est une faute légère, il est vrai, mais, capable d'enlever aux âmes l'énergie dont elles ont besoin.

Jamais soldat découragé remporta-t-il la victoire? Il faut donc nous souvenir du mot de saint Paul : Dieu est fidèle, il ne souffrira pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces et il nous accordera son assistance dans la tentation.

Saint Philippe de Néri alla un jour faire visite à une Sœur de Sainte-Marthe, appelée Scholastique, qui croyait être damnée. « Le paradis est à vous, lui dit-il. — Oh! impossible, mon Père. — C'est là votre folie. Voyons, pour qui Jésus-Christ est-il mort? — Pour les pécheurs. — Eh bien! vous êtes une grande pécheresse, donc Notre-Seigneur est mort pour vous sauver, et le ciel est à vous. » Ces paroles rendirent la paix à cette bonne âme.

Murmurer contre la Providence dans les maux de cette vie, c'est aussi manquer de confiance en cette Providence paternelle, qui ne laisse pas tomber un cheveu de nos têtes sans sa permission, et qui fait tout tourner au bien de ses élus. Qui ne sait que les biens de cette vie ne sont pas toujours devrais biens, dans Tordre du salut, et que Dieu ne s'est pas engagé à nous les donner toujours? Les malheurs de ce monde peuvent être pour nous et sont souvent, en réalité, des moyens ^e salut. Tout en demandant au ciel de nou^

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accorder les biens et d'écarter les maux temporels, si cela est utile à notre âme, restons en paix; si nos prières ne sont pas exaucées, c'est une preuve qu'il est meilleur pour nous d'être privés des biens et de subir les maux d'ici-bas.

Et quand l'adversité dure, disons comme le saint homme Job : Quand même le Seigneur me tuerait^ f espérerais encore en lui. Les coups qui partent d'une main paternelle ne peuvent être qu'au profit de celui qui les reçoit.

Le saint homme dont nous venons de citer les paroles, au moment même où on venait de lui apprendre la perte de tous ses troupeaux et la mort de tous ses enfants, se leva, déchira ses vêtements, se coupa les cheveux pour manifester sa grande douleur; puis, se prosternant à terre, il adora le Seigneur, et dit : Le Seigneur m'a tout ôté; tout est arrivé selon son bon plaisir. Que son nom soit béni! Et au milieu de ses grandes épreuves, aucune parole de murmure ne sortit de ses lèvres. Et quand sa femme elle-même lui faisait un crime de sa résignation et lui reprochait de ne pas murmurer, même au moment où il était couvert d'ulcères : « Vous parlez comme une femme insensée, lui disait-il. Si nous recevons les biens de la main de Dieu, pourquoi n'en recevrionsnous pas les maux pareillement? »

La souffrance nous rapproche de Dieu. Quand les matelots quittent le rivage, par un ciel serein, leur départ est une fête. Ils rient de tout, même de Dieu, même des larmes d'une mère, d'une épouse éplorée, peut-être même blasphèment-ils. Que la tempête éclate, et ils tombent à genoux et ils prient. Aussi, quand Fouquet, intendant de Louis XIV, fut envoyé en exil, sa mère, apprenant sa disgrâce, dit : « Je commence à reconnaître que Dieu aime mon fils, puisqu'il lui envoie des

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épreuves. » Henriette de France, femme de Charles l" d'Angleterre, qui fut décapité, remerciait tous les jours Dieu de ce qu'il l'avait faite chrétienne et reine malheureuse.

Une duchesse de Parme, accablée par la souffrance, s'entendant dire de demander à Notre- Seigneur d'alléger ses douleurs, répondit : «Oh! non, qu'il ne m'enlève pas la seule chose par laquelle je lui ressemble un peu. »

Saûl poursuivait David avec rage, il entra un jour se cacher dans une caverne où David était réfugié sans qu'il le sût. David aurait pu sans efforts le tuer; mais, dans son grand cœur, il se contenta de lui couper, sans qu'il s'en aperçût, une frange de son manteau royal, qu'il lui montra plus tard en lui disant : « J'aurais pu tout aussi bien vous enlever la vie. » Ainsi Dieu agit à notre égard, quand il nous frappe : il pourrait nous faire mourir, nous lui ayons donné souvent l'occasion de nous plonger dans l'enfer, il se contente de nous envoyer une épreuve ; et nous nous plaignons ! La souffrance nous éloigne du monde et de ses dangers. L'oiseau captif s'irrite contre sa cage; et pourtant elle le met à l'abri des filets de l'oiseleur, du plomb des chasseurs, de la rage de l'épervier, de la faim, de la soif, car son maître l'aime et lui donne tout à souhait. Et puis, ce temps si court de nos légères tribulations nous prépare un poids éternel de gloire. Les arbres dépouillés et chargés de glaçons en hiver, au printemps ne tardent pas de se couvrir de feuilles et de fleurs.

La présomption n'est pas un moindre crime que le désespoir. Ce fut le péché de saint Pierre qui, comptant sur ses forces et non sur le secours de Dieu, dit à Notre-Seigneur : « Quand même tous vous abandonneraient, moi je ne le ferai jamais. » Hélas! il tomba et renia jusqu'à trois fois son

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divinMaître. C'est pécher par présomption : l°que de compter aller au ciel sans le secours de Dieu; 2° que d'espérer être sauvé sans accomplir les commandements; 3° que d'attendre de Dieu un secours pour faire le mal ; 4° que d'offenser Dieu plus librement parce qu'il est miséricordieux.

Malheur à ceux qui, témérairement, s'exposent au danger de pécher, dans la pensée que la grâce les soutiendra, ils périront ; mais trois fois malheur à ceux qui vivent mal, en comptant de se convertir à la mort. Rien ne prépare une mort de réprouvé comme une vie passée dans Findifterence et le vice. Telle vie, telle mort !

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