DE LA VERTU DE RELIGION
La religion est une vertu qui nous porte à rendre à Dieu le culte d'adoration qui lui est dû, et auquel il a seul droit. N'est-il pas seul, en effet, notre Créateur et par conséquent notre souverain Maître, à l'égard duquel nous devons reconnaître et manifester notre absolue dépendance et soumission?
Nous avons déjà dit, au chapitre I" de ce livre, que la religion est nécessaire à l'homme, à la famille, à la société ; il nous reste à faire connaître les principaux actes de cette vertu et les péchés qui lui sont contraires.
Un des principaux actes de religion, c'est la
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prière, dont nous traiterons dans la troisième partie de ce livre, chapitre xvii.
Vient ensuite la dévotion, qui est un acte par lequel l'homme se dévoue au service de Dieu, avec une volonté prête à faire avec empressement tout ce qui est agréable à ce bon Maître.
Quand Moïse fut sur le point d'introduire le peuple de Dieu dans la terre promise, toutes sortes de bruits circulaient dans le camp d'Israël. I-^'s uns disaient que cette terre terrible dévorait ses habitants ; les autres que les hommes, dont elle était peuplée, étant d'une taille prodigieuse, mangeaient les autres comme des sauterelles. Heureusement, les Israélites ne les crurent pas, mais ils écoutèrent Galeb et Josué. Les mondains répandent toutes sortes de calomnies contre la dévotion. Ils ne la connaissent pas ; mais, comme Galeb et Josué, les saints, qui l'ont explorée, nous disent que c'est une terre où coulent le lait et le miel.
Le mot dévotion signifie dévouement. La mère qui ne vit quS pour ses enfants est dévouée à ses enfants. Le fils qui aime ses parents et cherche en tout à leur plaire est un enfant dévoué. L'âme qui ne vit que pour Dieu évite tout ce qu'il défend, accomplit généreusement tout ce qu'elle sait lui plaire, est dévouée à Dieu ou vraiment dévote. La dévotion, c'est la perfection de l'amour de Dieu.
Elle suppose au moins l'état de grâce; et si on vit dans le péché mortel, on ne peut se flatter de pratiquer la dévotion. Quand sainte Catherine de Sienne se rendit à Avignon, auprès du Souverain Pontife, de grandes dames, dont la vie était coupable, cherchèrent à plaire à la Sainte par des airs et des paroles de dévotion. Elles l'entouraient de respect; et Catherine détournait la tête. Le