DE RELIGION
(bienheureux Raymond de Capoue lui en fit le reproche : « Père, répondit-elle, si vous sentiez Icomme moi la puanteur qui sort de ces belles bouches, vous vomiriez tout ce que vous avez mangé. »
Tant qu'on vit en état de péché, on peut bien avoir des pratiques de dévotion ; cela est même très salutaire; mais on n'a pas vraiment la dévotion. Les autruches ne volent jamais ; les poules volent rarement et pesamment; les hirondelles souvent et rapidement. Les autruches sont l'image des pécheurs qui croupissent dans le mal. Les poules figurent les gens de bien, qui font parfois des actes de-dévouement à Dieu et qui vivent dans sa grâce, mais ne sont pas encore arrivés à la dévotion.
Les vrais dévots volent en Dieu, comme l'hirondelle, fréquemment et promptement. Ils ne se contentent pas d'observer de bon cœur ses commandements et d'éviter ce qui lui déplaît, ils font habituellement aussi de bonnes œuvres qui ne sont pas commandées. Ce ne sont plus des convalescents qui, relevant de maladie, commencent à marcher, mais des gens d'une santé vigoureuse qui travaillent énergiquement. Si l'amour de Dieu est comparé au feu, la dévotion en est la flamme. Si on le compare au lait, la dévotion en est la crème ; si à une pierre précieuse, la dévotion en est l'éclat. Ainsi parle saint François de Sales. La dévotion, c'est donc la perfection de l'amour de Dieu, c'est la vie sainte, dont tous les élus nous ont donné l'exemple, et que pratiquent aujourd'hui tous les vrais amis de Dieu.
La dévotion, dit saint Thomas, engendre par eifi^-méme principalement la joie de l'âme, ce qui est le plus grand bonheur de l'homme ici-bas,