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CHAPITRE IX

Le second commandement prescrit le respect du nom du Seigneur, ce nom que toute bouche devrait louer; ce nom adorable de Dieu, que le savant Newton ne pouvait entendre prononcer sans be âécouvï-îr; ce Triom de Jésus qui fait fléchir fout genou au Ciel, sur la terre et dans les Enfers. Ce n'est pas bien de prononcer ce nom trois fois saint inutilement, à tout propos, surtout dans la colère. Mais rien n'est plus horrible que le blasphème, qui est une parole, ou un acte injurieux à Dieu ou aux saints.

C'est un blasphème qui ruine en même temps la foi que de dire que Dieu n'est pas juste, qu'il nous abandonne, etc. Proférer le nom du bon Dieu, eu la faisant précéder du mot sacré, pris

dans le sens de maudit, c'est en soi un blasphèmo. C'en est un autre, que de parler mal de la sain! : Vierge et des saints. Grincer des dints contre le Ciel, c'est un blasphème enaction, tout aussi grave qu'un blasphème en paroles. Maudire les créatures qui n'ont pas un rapport direct avec Dieu, et sans l'intention de s'attaquer à Dieu, ce serait une faute contre la charité, si on maudissait son semblable ; tnais ce n'est pas un blasphème. C'en est un de maudire les choses saintes, les jours saints. Les paroles grossières ne sont pas des péchés, mais elles dénotent une mauvaise éducation.

Rien n'attire sur l'homme la malédiction divine comme le blasphème. La Vierge est venue ellemême nous l'apprendre de nos jours sur la montagne de la Salette. Et comment en serait-il autrement? C'est en face que le pécheur lance l'insulte au Dieu trois fois saint, qu'il devrait bénir, car il tient tout de lui. Et ce crime, il le commet sans y être poussé par l'intérêt ni par l'attrait du plaisir, à pure perte, par conséquent.

Le blasphémateur s'excuse quelquefois en disant qu'il n'a pas l'intention d'offenser Dieu; mais quelle valeur a cette excuse, quand, sachant qu'il a l'habitude de proférer des paroles qui sont dignes des démons, qui déchirent les oreilles chrétiennes, qui scandalisent les âmes, il ne fait aucun effort pour s'en corriger?Il mérite donc un châtiment en rapport avec la gravité de son crime. Deux Israélites se prirent de querelle et l'un d'eux blasphéma. Le peuple fut saisi d'horreur en l'entendant, et Moïse consulta Dieu : « Conduisez le blasphémateur hors du camp, répondit le Seigneur, et que tout le peuple le lapide. » La stitence fut exécutée.

• Sennachérib. assiège Jérusalem et il écrit ay

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roi Ezéchias une lettre pleine de blasphèmes contre le vrai Dieu. Et le Seigneur envoie son ange qui frappe 185 000 hommes de larmée assyrienne avec leur général. Sennachérib prend la fuite ; et, en entrant dans le temple de ses faux dieux, il trouve ses fils armés de poignards qu'ils enfoncent dans le sein de leur père.

Saint Grégoire de Tours rapporte qu'un certain Jean, de la ville de Poitiers, à la suite d'un blasphème, devint sourd-muet et périt misérablement, après avoir perdu l'esprit. C^est le blasphème qui appesantit tant le bras de mon Fils, a dit Notre- Dame de la Salette. Et le prophète Isaïe attribue tous les malheurs des juifs à leurs blasphèmes. C'est pour épargner à leurs peuples les maux qu'attire un tel crime, que des rois ont souvent puni rigoureusement les blasphémateurs.

Saint Louis leur faisait percer la langue. Ses successeurs imitèrent sa juste sévérité. Et qu'on ne se plaigne pas de cette rigueur; on a fait dans notre siècle des lois pour protéger les animaux qu'on mène à la boucherie, pourquoi n'y en auraitil pas pour protéger l'honneur de Dieu? Certes, les païens eux-mêmes n'épargnaient pas ceux qui blasphémaient leurs faux dieux et Socrate mourut pour avoir été accusé de ce prétendu crime. Nabuchodonosor, ce roi infidèle, porta un décret ordonnant qu'on mît à mort le blasphémateur et qu'on renversât sa maison. Si personne ne défend l'honneur de Dieu, il saura assez se venger luimême ; et s'il ne le fait en ce monde, il le fera dans l'autre. Celui qui maudit Dieu entendra cette sentence : Retirez-vous, maudits, allez au feu éternel. Allez blasphémer avec les démons puisque vous ne m'avez pas béni avec les saints.

Celui donc qui ne renoncerait pas à cette criminelle habitude serait bien à plaindre; mais

quand on y a renoncé par une vraie contrition et un ferme propos sincère, si le blasphème échappe sans qu'on le remarque parfaitement, il n'y a plus alors faute grave; mais aussitôt qu'on s'est aperçu de ce malheur, il faut le déplorer et prendre des moyens pour l'éviter à l'avenir; si on ne faisait rien pour se corriger, évidemment on serait coupable.

Mais quels sont ces moyens? 1° Pour quelquesuns, qui ne peuvent se passer d'une locution grossière, il est bon qu'ils en aient une à leur service, qui revienne fréquemment, dans les moments d'impatience, parole pourtant qui n'offense personne, et qui serve à préserver de l'horrible blasphème; 2° se condamner à donner cinq centimes aux pauvres, chaque fois qu'on s'oublie; 3° faire un acte de contrition aussitôt après avoir blasphémé, ou baiser la terre le soir, lorsqu'on est seul, autant de fois qu'on a eu ce malheur, en promettant de se corriger.

Notons, en finissant, que c'est un devoir pour les parents, les maîtres, les chefs d'atelier, de proscrirele blasphème deleurs maisons. Se réjouir d'entendre blasphémer, c'est se rendre aussi coupable que le blasphémateur lui-même. Et les vrais chrétiens, quand ils sont témoins de cet outrage, fait au nom saint et terrible du Seigneur, disent intérieurement en réparation : Que le nom du Seigneur soit béni! ou encore ; Gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit. C'est ainsi que faisait, après sa conversion, l'illustre Marceau, commandant de vaisseau.

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