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DEVOIRS DES ENFANTS

par des paroles ou par des signes, s'ils contristaient, jusqu'à les faire pleurer, les auteurs de leurs jours, s'ils les traitaient durement, s'emportaient jusqu'à lever la main contre eux ou jusqu'à les frapper, s'ils disaient du mal grave d'eux, s'ils se portaient comme accusateurs contre eux devant un tribunal, s'ils refusaient de les voir dans leur maladie ou leur vieillesse, les abandonnant sans leur fournir le nécessaire, s'ils les empêchaient injustement de faire leur testament, surtout s'ils n'avaient pas soin de leur procurer les secours de la religion à leurs derniers moments, s'ils ne leur faisaient pas rendre à leur mort les devoirs funèbres, selon leur condition, s'ils ne priaient point pour eux après la mort et n'exécutaient pas leur dernière volonté.

En regard de l'ingratitude et de la dureté de quelques enfants de nos jours, plaçons quelques passages de nos Saints Livres. Rien de plus admirable que la conduite de Joseph à l'égard de Jacob, son père, dont il fut dans l'enfance le fils préféré. Devenu plus tard l'intendant du roi d'Egypte, loin d'oubher son père qui était pasteur de troupeaux, il demanda avec empressement de ses nouvelles, lui envoya de riches présents, le fit amener auprès de lui sur les chars de l'Etat, alla à sa rencontre, l'embrassa tendrement en versant des larmes, le présenta au roi, lui assigna les meilleures contrées du pays, le visita souvent, accourut auprès de son lit de mort et lui ferma les yeux en répandant des pleurs abondants. Puis, il se jeta sur le corps de son père,J couvrit son visage de baisers, le fit embaumei et alla le déposer lui-même dans le tombeau d( ses ancêtres, en la terre de Chanaan. — En ui temps de famine, Noémi avait quitté la terre di Juda pour se rendre dans celle de Moab, ave<

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son mari et ses deux fils. Devenue veuve sur la terre étrangère, elle y maria ses deux enfanls, avec deuxfemmesmoabites, dont lune se nommait Orpha, et l'autre Ruth. Au bout de neuf à dix ans, la pauvre veuve, ayant perdu ses deux fils, songea à retourner dans sa patrie. Ses deux belles-filles l'accompagnaient. Noémi les priant de ne pas la suivre plus longtemps, les embrassa pour leur faire ses adieux. Toutes deux se mirent à pleurer : « Retournez, mes filles, dit Noémi ; je n'ai plus de fils que je puisse vous donner, n'insistez pas, mes enfants, votre douleur augmente la mienne. La main du Seigneur s'est appesantie sur moi. » Et ses deux belles-filles pleurent et redoublent leurs cris.

Orpha, cependant, embrasse encore une fois Noémi et la quitte; mais Ruth s'attache à sa belle-mère, qui cherche en vain à lui persuader de suivre Orpha. « Pourquoi me contraindre à vous quitter? dit Ruth. Partout où vous irez, je vous suivrai ; je demeurerai là où vous vous arrêterez vous-même. Votre peuple sera mon peuple, votre Dieu sera mon Dieu. Je mourrai sur la terre qui recueillera vos restes; et j'y trouverai mon tombeau. » Noémi, vaincue par la tendresse de Ruth, remmena avec elle; Ruth alla glaner pour la nourrir : elle lui portait, tous les soirs, avec les grains qu'elle avait recueillis, une partie de la nourriture qu'elle recevait en aumône. Un tel dévouement méritait une récompense. La récompense de Ruth fut grande : elle a mérité d'être une des aïeules du saint roi David, et par conséquent de Notre-Seigneur.

Si les gendres et les belles-filles avaient toujours les sentiments de cette Moabite, quelle paix régnerait dans les familles, où siège la discorde !

Le crime de celui qui trahirait sa patrie ne

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