‹ Le livre de tousChapitre 87 sur 196 · SOINS TEMPORELS · texte numérisé non relu

SOINS TEMPORELS

forte raison sont-ils coupables, les maris qui mal traiteraient leurs femmes, quand elles sont devenues mères. C'est aussi une négligence grave de! mettre dans le même lit que soi un petit enfanr au risque de l'étouffer, de le laisser languir danj la malpropreté, de le confier à d'autres enfanti incapables de le défendre du feu, de la dent des animaux, etc. C'est à la mère à nourrir elle-même son enfant". Si elle ne peut facilement remplir ci\ devoir que Blanche de Castille, mère de saint Louis, ne voulut confier à aucune autre, du moins est-ce un devoir sérieux de choisir une nourrice de bonne santé, surtout de bonnes mœurs. L'enfant, en effet, suce avec le lait les maladies et les vices de sa nourrice. Les parents sont obligés de donner à leurs enfants, même illégitimes, les aliments et les vêtements convenables, lors même que ces enfants auraient dissipé leur part; mais ils ne sont pas obligés de payer les dettes contractées sans nécessité par leurs enfants. S'ils abandonnaient leurs enfants, avant qu'ils fussent à même de se suffire, ils seraient bien coupables. Mais ils seraient bien imprudents s'ils se dessaisissaient de leur vivan t de tous leurs biens en faveur de leurs enfants; ils risqueraient de passer leur vieillesse dans la misère et dans les larmes.

Les maîtres pèchent aussi, en condamnant leurs serviteurs à des travaux au-dessus de leurs forces, en ne leur fournissant pas les aliments suffisants pour les soutenir, et en négligeant de leur payer le salaire convenu.

L'oiseau apprend à ses petits à briser l'enveloppe de la graine dont ils se nourrissent; les parents doivent fournir à leurs enfants un moyen d'existence; ils doivent, par conséquent, leur faire donner une instruction en rapport avec, leur condition, et les établir convenablement."

Refuser injustement une dot à un enfant qui veut embrasser un état, surtout l'état sacerdotal ou religieux, c'est une faute grave. Ils sont bien coupables les parents qui, par de folles dépenses de luxe de table ou de vêtements, par paresse, par incurie dans les affaires, par des entreprises téméraires, se ruinent et se rendent incapables d'établir leurs enfants.

Ils sont plus coupables encore ceux qui obligent, par menace ou autrement, un enfant à se choisir un genre de vie pour lequel il n'est pas fait, ou le détournent injustement du mariage, et surtout de la pratique du célibat, ou de l'état religieux. Quelque temps avant la révolution de 1789, un jeune homme alla se présenter au gardien d'un couvent de Capucins, le priant d'examiner sa vocation. Le religieux, trouvant en lui les dispositions voulues, lui donna une lettre pour un autre couvent où il pouvait être admis. Mais la famille et les parents du jeune homme font tant pour le détourner, qu'ils réussissent ; et le jeune homme part pour Paris, y étudie le droit et devient avocat. Ce jeune homme, c'est Maximilien Robespierre, qui fit couler tant de sang pendant la Révolution. Que ne s'est-il fait Capucin!

A Tudela, en Espagne, un homme fort riche avait un fils unique appelé à l'état religieux. Deux fois le fils entra au couvent, deux fois le père l'en retira malgré lui. Il lui persuada même de se marier. Le fils voulait se choisir une épouse et le père lui en imposa une autre, ce qui amena entre eux des divisions. A la suite d'une dispute, le fils tua son père et alla ensuite périr à la potence. Gomment expliquer la conduite de familles pourtantchrétiennes,dontlesmembres se consacraient au service de l'Eglise, dans les temps de foi, et qui n'ont plus d'enfants à donner au sanctuaire)

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