‹ Le Livre des 400 auteursChapitre 27 sur 41 · LES CHEVEUX · texte numérisé non relu

LES CHEVEUX

De grands cheveux sales, qui graissent le collet et les épaules, n'appar= tiennent qu'au prétendu philosophe , au rapin et au garçon tailleur. — Le soi-disant original est rasé comme un m.agot de la Chine.

Le bourru, le butor, le cordonnier en vieux, sont mal peignés, malpropres, hérissés ou ébouriffés. — Le danseur, le coiffeur, le niais et le lion ont les cheveux peignés , lissés , huilés, frisés tout autour de la tête et séparés en deux parties égales ou inégales, comme une poupée du Jotirnal des modes.

Le vieux so!dat, la culotte' de peau , le postillon et l'artiste dramatique se coiffent à la titus.

Le garçon perruquier, l'étudiant de première année , sont accommodés à \^ jeune France.

Les cheveux roides annoncent souvent l'entêtement; les cheveux plats, la patience ; les cheveux frisés indiquent presque toujours l'esprit et l'amour du plaisir.

La calvitie est ordinairement le signe d'une intelligence active — à moins cependant que l'homme chauve ne ramène ses cheveux de derrière sur le devant, ce qui dénote un esprit vulgaire et mesquin , — ou pis encore, à moins qu'il ne porte perruque, auquel cas il est irrévocablement classé parmi les rococos.

Les cheveux gris avant l'âge expriment la misanthropie, l'habitude des souffrances physiques ou morales, l'excès des travaux ou des plaisirs.

Quant aux cheveux abondants, qui ne blanchissent pas, ils sont le cachet d'un esprit au calme plat. C'est de ces tètes bienheureuses qu'il est dit dans l'Écriture : « Le royaume descieux leur appartient. »

On distingue encore le provincial, dont la race se perd tous les jours, au col de crinoline (cinq ans de durée).

Le fashionable emprisonne son cou dans un col de satin tiré à quatre épingles.

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