REMARQUES GÉNÉRALES
L'homme qui rit toujours est un^ot, — celui qui ne rit jamais est une bêle.
L'homme affairé regarde sans voir, -—l'oisif voit sans regarder, — le flâneur voit et regarde.
Ne flâne pas ou ne sait pas flâner celui qui marche vile , celui qui bâille dans la rue, celui qui passe à côté d'une jolie femme sans la regarder, devant un étalage ou d'un saltimbanque, sans s'arrêter.
Un sot se promène, il ne flâne jamais.
Un homme bête flâne quelquefois, — un homme d'esprit flâne souvent.
Le vrai flâneur va dans un sens jusqu'à ce qu'une voiture qui passe devant lui, un embarras quelconque, un étalage qui fait le com d'une rue, une poussée, un coup de coude lui imprime une autre direction. D'accidents en accidents, de poussée en poussée, il va, vient, revient et se trouve ou très-loin ou très-près de chez lui , suivant la volonté du hasard.
On flâne hors de chez soi , dans un lieu public, seul ou en compagnie d'un autre flâneur seulement. — L'homme qui croit flâner dans sa maison se trompe, il ne fait que muser.
Le musard est celui qui dit : « Je m'en vais, je m'en vais, » et qui rcr tient toujours son interlocuteur par un bouton de son habit.
Le musard babille et ne pense pas , le flâneur pense beaucoup et parle peu.
Le musard est la charge du flâneur, il dégoûterait de la flânerie.
Vous en avez assez pour aujourd'hui... Bonsoir.
Reprenons l'homme par le haut... Un mot encore sur sa coiffure.