‹ Le Livre des 400 auteursChapitre 31 sur 41 · LA CANNE · texte numérisé non relu

LA CANNE

Le rotin est provincial, — le jonc est perruque, — la canne noueuse est faubourienne, — la grosse canne est commune, — la grande est compagnon du devoir, — la trop petite est bête , — la canne à pêche, à flageolet, à parapluie, est stupide.

Une pomme ornée de pierreries est maniérée , — une tête de coquille est disgracieuse, — une longue pomme est rococo, — une pomme sculptée en manière de tête est de mauvais goût, — une pomme à tabatière, à musique, à sifflet, à lorgnette, est commis-voyageur. ., Le gamin qui fait l'homme traîne sa canne sur le pavé; — le paysan qui singe le Monsieur fait faire à son bâton autant d'enjambées qu'il en

fait lui-même ; — le flâneur frotte le pommeau de sa canne à sa bouche,

à sa joue, à son menton ; — l'homme joyeux tient sa canne par le milieu et tape du pommeau le creux de son autre main ; — l'homme triste et réfléchi la porte collée perpendiculairement à sa jambe ; — le distrait frappe tout ce qu'il rencontre, sans excepter les jambes des passants ; — l'étudiant la fait tourner en moulinet au nez de tout le monde j — le rentier la porte sous le bras;— le musard la tient des deux mains sur son dos, et le mouchard la pend à un bouton de son habit.

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