LES ROSES PEINTES
JE sais un petit buisson de noisetiers, — qui s'incline vers la terre; — je sais une jolie jeune fille, — ■ qui m'appartiendra.
« l'appartenir ! cela ne sera point, — à moins que tu ne m'apportes trois roses, — qui aient fleuri dans l'année — entre le Mardi Gras et Pâques. »
Le cavalier s'élança à cheval, — il chevaucha par monts et par vaux, — il chevaucha par monts et par vaux, — et ne trouva pas la plus petite rose.
Il arriva devant la porte d'un peintre : — « Peintre, es-tu chez toi? — Si tu es chez toi, sors-en, — et peins-moi trois petites roses. »
Le peintre était un habile homme, — il peignit trois petites roses; — il les peignit en peu de temps. — trois petites roses toutes petites.
Et, quand le cavalier vit les petites roses, — il se mit à rire tout bas : — « Je sais une jolie jeune fille, — que je rendrai heureuse avec cela! »
Et quand la jeune fille vit les petites roses, — elle se mit à pleurer tout bas : — « J'ai dit une parole par plaisanterie; — je pensais que tu n'en trouvera pas. »
« Si tu as dit une parole par plaisanterie, — tu me la tiendras au sérieux. — Ainsi je suis à toi, tu es à moi; — laisse-toi mener par le bon Dieu. — et qu'il lui plaise de nous garder ! »