‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 18 sur 71 · LE FILS DE MUSICIEN · texte numérisé non relu

LE FILS DE MUSICIEN

Quand j'étais petit garçon, — je restais couché dans mon berceau ; — mais, quand je devins un peu plus grand, — je me promenai en pleine rue.

Voilà que je rencontrai la fille du roi ; — elle se promenait aussi en pleine rue. — « Entre, entre! petit fils de musicien ; — joue-moi un petit air. »

Un quart d'heure s'était à peine passé — que le roi vint et entra. — « Coquin! voleur ! petit fils de musicien ! — Que fais-tu auprès de ma fille? — Il y a en France une potence dressée ; — tu y seras pendu, vaurien! »

Trois jours pleins s'étaient à peine passés, — que je dus monter à l'échelle : — « Ah ! rendez-moi mon violon! — Je veux en jouer un peu. »

Je raclai par-ci, je raclai par-là, — je raclai sur toutes les quatre cordes, — je jouai un joli chant de mort ; — le roi se mit à pleurer.

« Descends, descends ! petit fils de musicien ! — Ma fille t'appartiendra. — Il y a en Autriche un château bâti, — tu y seras roi. »

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