‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 19 sur 71 · LA NONNE · texte numérisé non relu

LA NONNE

J'étais sur une haute montagne — et je regardais le Rhin profond : — je vis voguer une barque, - où trois comtes étaient à boire.

« Le plus jeune des trois, — qui étaient assis dans la barque, — m'offrit tout à coup à boire — du vin frais dans son verre.

« Pourquoi m'invites-tu à boire? — pourquoi m'offres-tu du vin? — Je suis une pauvre fille, — et toi, un riche comte.

« Et, bien que je ne sois pas riche, — je suis pourtant pleine d'honneur. — Je veux entrer dans un cloître, — je veux me faire nonne.

« Que tire-t-il de son doigt ? — Un anneau d'or rouge. » — « Prends cet anneau, ma belle, ma charmante, — et porte-le après ma mort. »

« Que puis-je faire de cet anneau, — si je n'ose le porter? » — « Eh bien, dis que tu l'as trouvé — quelque part dans l'herbe verte. »

« Eh ! pourquoi donc mentirais-je ? — Cela ne me conviendrait guère. — J'aimerais bien mieux dire — que le jeune comte est mon mari. »

Trois mois s'étaient écoulés, — quand le comte, une triste nuit, rêva — que sa belle chérie — s'était enfermée dans un cloître.

« Debout, debout, brave écuyer, — selle-nous un cheval pour toi et pour moi ; — nous allons chevau-

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