LE JEUNE ROI ET LA PASTOURELLE JQ
les trompettes ! — Chacun s'efforça pour le mieux :
— sire Goldmar les défit tous.
Le roi se tenait à son balcon — entouré de dames
:t de seigneurs ; — il fit mander sire Goldmar, — 'étoile et la fleur de la chevalerie.
Alors s'avança le héros des combats, — la houette à la main, — et suivi de son agneau blanc — ntaché par un ruban rose.
Le roi dit : « Je te récompense — non par un jeu ni une bagatelle, — je te donne ma couronne — par la main de la plus belle des reines. »
Il dit et écarta — le voile de la reine : — sire Goldmar d'aucun regard — ne voulut la contempler.
« Nulle reine ne me séduira, — ni l'éclat d'aucune couronne, — j'aspire de toute mon âme — à la pastourelle du vallon.
« Je veux lui porter en cadeau — l'agneau et la houlette. — Que Dieu vous ait en sa garde ! — • Je descends au vallon. »
Alors l'appelle une voix si limpide — qu'il lui semble tout à coup — que les oiseaux chantent à la source, — que les fleurs s'épanouissent dans la vallée.
Il lève les yeux : — la pastourelle est devant lui,
— revêtue d'une riche parure, — la brillante couronne à la main :
« Sois le bienvenu, mauvaise tête, — dans la maison de mon père. — Parle! veux-tu encore aller
— là-bas dans la verte vallée ?
« Prends donc d'abord la couronne, — que tu m'as laissée en gage. — Je te paye avec intérêts : — elle commande maintenant à deux royaumes. »
Uhland.