LES BOHÉMIENS
Le gendarme chevauche vers le bois, — armé de son sabre et de sa carabine. — Il cherche les vagabonds, — mais il n'en a pas encore trouvé ; — le gendarme les cherche bien.
Là-bas sous le hêtre reposent — un homme, deux femmes et un enfant. — Leur peau est brune et cuivrée; — assurément, ce sont des bohémiens! — Le gendarme presse son cheval.
« Je vous attrape donc enfin, vauriens ! — Suivezmoi sur-le-champ — à la ville, au bureau du prévôt,
— noire engeance de voleurs ! » — crie aussitôt le gendarme.
L'homme saisit son fusil, — les joues rouges de colère. — Deux coups partent, deux balles sifflent...
— Un seul homme est tombé : — le bohémien nage dans son sang.
Les brunes femmes se lamentent à grands cris — et s'arrachent les cheveux. — « Malheur à toi, assassin ! — Que la malédiction de l'enfer t'écrase ! »
— Le gendarme ne se trouble pas pour cela.
Il les laisse crier et maudire, — il les attache à son cheval — pour les conduire à la prévôté. — L'enfant court auprès en pleurant, — les pieds ensanglantés.
Le gendarme en prend pitié, — il n'a pas besoin du sang de l'enfant. — D'un air compatissant il en-