‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 61 sur 71 · LA FILLE DU VOÏVODE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU VOÏVODE

« Quand je suis venue le long du ravin, — j'ai fait partir trois loups, — qui hurlaient comme pour un bon butin — et avaient la langue ensanglantée.

« Quand je suis arrivée à la lisière des pins, — j'ai entendu trois corbeaux crier. — Ils criaient : Eh! les petits, vous allez joliment — vous régaler d'une fraîche lippée.

« Quand je suis arrivée au lac gelé, — j'ai trouvé un garçon ; — sur la neige glacée — d'une profonde blessure avait coulé tout son sang.

« Dans la froide neige fleurit petite rose rouge. — Tu as bien compris maintenant : — longue est la route et profonde la forêt : — ton chéri ne viendra jamais. »

La chanson est finie, la vieille partie, — la flamme du foyer éteinte; — la jeune fille reste assise et ne dit mot ; — ses joues sont bien pâles.

Et plus fort au dehors siffle le vent, — et plus fort crient les corbeaux. — Trois jours plus tard, — le voïvode enterrait son enfant.

Geibel.

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