CURIEUX DE BRONZES D'AMEUBLEMENT
délabres Louis XVI, composés chacun de deux figures de femmes en bronze vert et supportant un cornet, d'où s'échappent trois branches portelumières en bronze doré. Adjugés 5,700 fr. à la Vente Fould, en 1882. Deux paires de bras d’appliques Louis XVI, ciselés par GOUTHIÈRE.— MOREAU DE LA TOUR (Paris ?), chenets Louis XIV, à personnages, flambeaux, bras, etc,
OLIDA (Paris), cartel Louis XVI, surmonté d’un buste d'empereur romain, adjugé 2,580 fr. à la Vente Fould, en 1882. — AUG. OZEN- FANT (Lille).
Brre DE PAGES (Paris), l'Oiseau envolé, pendule de FALCONET, en
bronze, décorée d'un bas-relief en bronze doré. — Bor J. Pichon (Paris), Cartels, feux, flambeaux. — PIET (Paris), aiguières et plats orientaux,
ciselés, gravés, damasquinés. — POUYER-QUERTIER (Rouen), lustres, flambeaux, bras d’applique, feux, girandoles des XVI et XVIHE s,
REINACH (Paris), deux chenets en bronze doré, figurant un Amour monté sur un Dragon, adjugé 600 lires à la Vente San Donato, en 1880. — EDM. ROGIERS (Belg.), sept plaques en cuivre ciselé, par CAFFIERI (?) marquées d'un GC couronné. Elles représentent : Jésus au jardin des Oliviers. Saint Pierre frappant Malchus de son glaive. Jésus devant Caïphe. Sainte Véronique allant au-devant de Jésus. La Descente de croix. La Résurrection et l’Ascension (H. 0,13. L. 0,40} — AD, DE ROTHSCHILD (Paris), garnitures de cheminée, flambeaux, girandoles, bras d’applique, feux, montures de vases, etc., des plus habiles maîtres ciseleurs du XVII Ss. — Raretés de diverses époques. — ROUSSEAU (Pithiviers), cartel Louis XV.
SAPIA (Paris), raretés. Pendule de St-Germain figurant l’enlèvement d'Europe et signée sur la base, au revers : SAINT-GERMAIN. Grand cartel de CAFFIERI, en bronze ciselé et doré à branches de laurier et larges rinceaux. Cadran signé : J. LEROY, A PARIS. — SCHEFER (Paris), lampes de mosquées; pièces diverses. — SGHMIDT (Paris), encrier italien du XVI s. avec armoiries. — M's DE SERS (Madon), appliques en bronze doré, provenant du boudoir de Mme Elisabeth. — SPITZER (Paris), magnifiques et nombreux spécimens, depuis le moyen âge jusqu’au XVIII s. — CH. STEIN (Paris), candélabres à figure de femme, en bronze, à patine verte. Candélabres en forme de cassolettes, en marbre blanc et bronze doré au mat, par GOUTHIÈRE.
TERRAL-CUSSAC (Paris), crochets d'opplique ; porte - montres Louis XVI. $
VAN HEDDEGHEM (Paris?), spécimens divers des XVIIe et XVII 5. — VAUTHIER-BRUNET ({Vitry-le-Francçois), belle série. Cuivres gravés et signés par SÉBASTIEN LECLERC (1656). Flambeaux girandoles, feux du XVII s. — Mis DE VOGUÉ (Paris), riches appliques Louis XVI, à trois lumières, avec têtes de cerf à la partie inférieure.
WERY-MENESSON (Reims), cuivres ciselés des XVe, XVIe et XVIIe s.
Css D'Y VON (Paris), garnitures de cheminées, pendules, bras, .e montures de vases, des plus fameux ciseleurs du XVIIIe s.
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Clé à chimères.
L'art de travailler le fer est un des plus anciens qu’aient pratiqués les hommes.En France, il trouva dans tous les temps de dignes interprètes, et c’est au moyen âge que furent exécutéslesouvrages les plus remarquables, façonnés en fer plein, par le seul travail du marteau. Après la chute de l'Empire romain, du Ve au VIe siècle, cet art tomba presque à néant; mais il fut relevé par les établissements monastiques comme tous les autres arts libéraux ou industriels. Les moines se mirent à exploiter des mines abandonnées, à établir des fourneaux et à former des forgerons. (Violet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française, du XI au XVI siècle, aux mots Grille, Heurtoir, Serrurerie.)
Les puissants cylindres, pour laminer le fer et le réduire en barres de toutes dimensions,
étaient inconnus autrefois: Avant de commen-
XVIe s. 2e : .
Coll. de M. Gaston Cer un travail, il fallait, avec des lopins de fer Le Breton. passés au feu, préparer les diverses pièces dont
on avait besoin, depuis les plus massives jusqu'aux plus menues. C'était alors un rude métier que celui de forgeron; mais dans ce dur labeur, il acquérait du moins une habileté de main que nos meilleurs ouvriers actuels ne sauraient avoir au même degré. Le fer, toujours rougi au bois et martelé sans cesse, avait une force de résistance qui s’est bien amoindrie par l'emploi du charbon de terre et surtout des procédés industriels, donnant instantanément au métal sa forme définitive.
Au XII siècle, l’art du forgeron s’est élevé à son apogée. IL nous reste divers spécimens des grands travaux de cette époque, tels que des penturesde porteset desgrilles de clôture d’une grande élégance. Toutes les brindilles, contournées et étampées, ysont reliées par des soudures ou des embrasses serrées à chaud. L'étampe est une pièce de fer aciéré servant de matrice pour obtenir des ornements en creux ou en relief. Jamais la lime, inconnue au moyen àge, ne venait rectifier les défauts du marteau.
Se distinguer par la perfection de leurs œuvres, était la cons-
tante préoccupation de ces courageux artisans, et l’on en vit consacrer, sans compter, un temps infini à l'exécution d’un pupitre, ou d’une grille de chœur, qui avait demandé plus de mille passages au feu. À partir du XIVe siècle, l'industrie se fit sentir au détriment de l’art. Pour gagner du temps, et obtenir plus d'effet avec des moyens simplifiés, on remplaça les ornements en fer plein par des plaques de fer battu, découpées et modelées, puis les rivets tinrent lieu d’embrasses et même de soudures. Les forgerons de ce siècle et de ceux qui suivirent n'en montrèrent pas moins une étonnante facilité à assouplir le fer avec le marteau, au gré de leurs désirs.
Pupitre pliant, à parties dorées. XVI siècle. Coll. de M. Edm. Bonnañté.
Du XIIIe au XVIe siècle, les grilles, les pupitres, les pentures de portes, comme les landiers, les serrures, les loquets, les vertevelles ou verrous avec serrure à bosse, les heurtoirs, les coffrets et une foule d'autres ustensiles, rappellent, par leur décor, le style ogival dans ses différentes phases. Les serrures, posées en saillie sur la porte des meubles, étaient appelées serrures à bosse. Toutes les pièces de leur riche ornementation, féuillages, ogives, clochetons et jusqu'au cache-entrée, formé d'un animal fantastique ou d’un personnage en haut relief, étaient des ouvrages de forge, terminés par quelques coups de burin. (Jules Labarte, Histoire des arts industriels au moyen âge et pendant la Henaissance.) Avec le XVe siècle, les figurines en ronde-bosse se multi-: plient et l'emploi du burin devient plus fréquent.
Au XVIe siècle nous assistons au triomphe de l’art du serrurier dont une des merveilles, parmi les grandes pièces, est la grille de la galerie d’Apollon, au Louvre. L’œil reste enchanté devant ces rinceaux enroulés avec une élégance inouïe, mais tout cela est en tôle repoussée et rivée, et ne peut, comme œuvre de forge, soutenir la comparaison avec les beaux spécimens antérieurs. Les petits sujets de cette époque, traités de main de maitre, embellis par la gravure, la ciselure et la niellure, ne méritent pas moins notre admiration. Ce sont des coffrets chargés d’arabesques et de personnages en costume du temps et dont la magnifique serrure placée sous le couvercle, en remplit toute la surface ; ce sont des fermoirs d’escarcelle, des serrures, des clés, des cadres deglace, des étuis à ciseaux, des bonbonnières et tant d’autres menus objets ciselés par les émules des Cellini et des François Briot,.
« Les serrures surtout, dit M. J. Labarte, étaient alors portées à un tel degréde perfection et leur ornementation était d'un fini si achevé, qu’on les considérait comme des objets d'art; on les emportait d’un lieu à un autre comme on aurait pu faire de tout autre meuble précieux. » Les clés forgées, évidées, ciselées à l'instar de l’orfèvrerie, offrent peut-être encore plus d'intérêt. Sur les unes, la poignée ou anneau figure un pavillon, à quatre faces ajourées, séparé du panneton en forme de peigne, par une rosace à jour; sur d’autres, l'anneau représente deux chimères ailées, adossées, reposant sur un chapiteau corinthien, au bout d'une tige en trèfle. En dehors de ces deux types, on a fait aussi des clés décorées de rinceaux, de chiffres et d’armoiries.
Les types aux chimères adossées sont les
GS Us plus recherchés ; ils dépassent facilement
pavillon. un millier de francs, tandis que les modèles
Coll. de M.G.Le Breton, à peigne et à pavillon arrivent à peine à la moitié de ce prix. Le Bo Ad, de Rothschild
a payé une clé à chimères, aux armes des Strozzi, pièce hors ligne il est vrai,35,000 francs ; mais c’est là une exception motivée surtout par la fantaisie et l'immense fortune de l'acquéreur. . Après quelque temps d’accalmie, une sorte de renaissance se manifesta sous Louis XIIL. Elle produisit, d'après des composi-
tions, inspirées en partie du XVT° siècle, toutes sortes d'ouvrages dignes d’être recherchés, tout en étant moins parfaits que les précédents, au point de vue de la ciselure et de la gravure,
Mathurin Jousse, serrurier à la Flèche, fit paraître en 1627, le premier ouvrage publié en France sur la serrurerie : La Fidelle ouverture de l'art de serrurier. On y trouve de jolis modèles d’enseignes d’hôtelleries, d’armatures de puits, de serrures, d'entrées, de clés, heurtoirs, targettes, dans le style du XVI siècle, avec la manière de les fabriquer. Maitre Jousse recommande à lapprentif (sic) de s'assurer si ses forces correspondent à son désir « car s’il n’est robuste et de bonne complexion pour supporter la peine et le travail continuel, il sera sujet à plusieurs maladies comme douleurs des yeux, mal de tête, douleurs de jambes causées pour être toujours debout, auprès du feu, et par un labeur assidu. »
L'art du forgeron proprement dit, et celui du serrurier, furent pratiqués dans les Flandres,en Allemagne et en Suisse, d'une facon
Clé du XVIlesiècle. remarquable. Anvers, Bruges, Gand, Bâle, Collection De :
de M. G. Le Breton, Augsbourg et Nuremberg, se distinguèrent particulièrement. Thomas Rukers d'Augsbourg a sculpté en fer, avec un rare talent, des pommeaux de dague et d'épée, des statuettes et jusqu’à des meubles. Il est l’auteur d’un fauteuil offert à l'empereur Rodolphe IT, en 1574. et dont les délicates ciselures représentent des scènes historiques. Gottfried Leygebe, mort à Berlin, en 1683, laissa aussi une grande renommée par ses petits bas-reliefs et figurines, ses poignées, ses statues équestres d'assez grande dimension, taillées dans des blocs de fer, d’une exécution fine et précieuse.
Jusqu'à la fin du XVII: siècle, les serruriers, soutenus par l’aristocratie, eurent occasion d'exercer leur talent sur des grilles, des balcons, des rampes d'escalier d'une riche ornementation, puis sur des lustres, des lanternes, des ustensiles de cuisine, des pelles et pincettes, des feux, des fers à repasser, etc. Ils firent aussi pour enjoliver les portes des appartements, des serrures en cuivre ciselé et doré d’un bel effet. Tous les petits hôtels, petites maisons, folies et pavillons du siècle dernier, possédaient de ces serrures que les grands quincailliers de Paris refont aujourd’hui.
Celles du pavillon de Luciennes étaient particulièrement jolies. On sait que la Du Barry n'y regardait pas avec l'argent de la France. Pour les moindres objets, elle faisait faire des modèles particuliers, qu'on avait soin de détruire après la livraison des commandes.
Marie de Médicis.
Médaillon repoussé en fer et argent, XVIe s, Collection A. M.-$.
Louis XVI fut un passionné de serrurerie; il s'était fait construire un atelier où il aimait à se reposer des soucis de la politique. Là, en compagnie du serrurier Gamain, il travaillait le fer avec la facilité d'un ouvrier consommé. Louis XVI a forgé des clés et des serrures qui méritent doublement d'être recherchées; elles sont marquées de deux L couronnés. Quelques-unes ont paru dans les ventes et ont atteint des prix très élevés. Gamain, comblé des bontés du Roi, trahit son maître à la Révolution ; il dénonça la fameuse armoire de fer qu'il avait été chargé d'exécuter et accusale Roïet la Reine d’avoir voulu l'empoisonner,
Mme de Genlis cite « les ouvrages de M. Nante, vrais chefsd'œuvre pour la mécanique et la beauté des ornements. »
Le faux luxe à bon marché a fait renoncer aux délicats travaux d'autrefois. Nos ouvriers, qui se font payer fort cher, n’ont plus cet acquis, cette surprenante facilité des anciens maitres serruriers ; ils arriveraient à l'obtenir si on leur en fournissait plus souvent l’occasion, s'ils usaient moins de la lime et davantage du marteau. Leur manière de procéder, dictée par l’économie et le désir d’applanir les difficultés, rend leurs ouvrages moins solides et leur donne une infériorité marquée sur ceux d’autrefois. Dans la magnifique grille du pare Monteaux, par exemple, les assemblages sont faits au moyen de tenons, de mortaises, de vis et de goupilles; c'est de la menuiserie en fer; moyen défectueux qui justifiera cet aphorisme : « Le temps n’épargne pas ce que l’on fait sans lui.»
M. Huby s’est fait un nom à Paris, par son talent à composer et à ciseler des clés. Actuellement à Rouen, M. Loquet [un nom prédestiné), serrurier, rue Socrate, répare les serrureries d'art ou exécute des répétitions sur d'anciens modèles, avec une supériorité depuis longtemps reconnue des amateurs normands.
À. Bérard, dans son Dictionnaire des artistes français du XTI au X VII siècle, donne une liste de quatre-vingt-six mairres serruriers ferronniers: elle commence par le fameux Biscornet auquel on doit les magnifiques pentures des portes de la cathédrale de Paris.
Parmi les serruriers de la maison du grand Roi, nous trouvons dans les Nouvelles archives de l'art français. Paris, 1879, les noms suivants : Jacques Dufeu, de 1674 à 1677 ; Isaac Manceau, de 1674 à 1675 ; Jean-Gabriel Luchet, de 1676 à 1683 ; Louis Lecomte, de 1680 à 1688; Jean de la Potelette, de 1683 à 1688; Alexandre Legrand, de 1683 à 1686 ;J. d’Aigremont, de 1683 à 1686.
D’après Abraham du Pradel, Boutet, Corneille, Lamotte et Roger, étaient réputés à Paris, en 1693.
Lamour de Nancy mérite d’être cité pour les belles grilles de la place Royale, qu'il fit dans cette ville en 1760, sur l’ordre du roi Stanislas.
Les statuts de la communauté des serruriers remontent au règne de Charles VI; ils furent confirmés par François Ier, en 1543, et par lettres patentes de Louis XIV, en 1650, et restèrent en vigueur jusqu'en 1789. Les serruriers de Paris, bons dessinateurs, ont montré de tout temps beaucoup de supériorité pour les ouvrages de goût, soit dans la délicatesse de la main-d'œuvre, soit dans la richesse de l’ornementation.
D'après les statuts : « Aucun maître, compagnon ou apprentif ne peut faire ouverture de serrure, de cabinets, coffres-forts ou autres portes, qu'en présence des personnes à qui la chose ou les lieux appartiennent, sous peine de punition corporelle, comme aussi de faire ou forger sur des moules de terre ou de cire, des clefs sans avoir la serrure et de fabriquer des ustensiles, machines, balanciers ou autres outils servant aux monnaies, sous peine de mort. L'apprentissage est de cinq ans et cinq ans de compagnonnage. Le brevet coûte 30 livres et la maîtrise 700. Patron Saint-Éloi. » (Almanach Dauphin. Paris 1771.)
En 1777, le Journal de Paris insère un article par lequel la Société libre d’'Emulation propose «la meilleure construction d’une serrure de combinaison » (n°151).
GEORGET paraît avoir très bien réussi dans le genre des fermetures à secret, fort en vogue sous Louis XVI. Les réclames suivantes feront apprécier son genre de talent. Journal de Paris, 4777 (n° 410) : « Le sieur Georget, maître serrurier rue des Précheurs, qui s'occupe depuis longtemps de faire des découvertes dans son art, vient d'imaginer une fermeture de portes construite de manière que l'entrée des clés n’est point du tout apparente; la forme de ces mêmes clés diffère entièrement de celles dont on se sert maintenant. Cette innovation est d'autant plus utile que les fausses clés, crochets ou rossignols, ne peuvent passer par l'ouverture que vient d'imaginer le sieur Georget. »
En 1778, le même journal annonce que le sieur Georget vient d'être honoré du suffrage de l’Académie royale des sciences, pour ses ingénieuses serrures de sûreté. « Cet artiste avait précédemment obtenu l’approbation de l’Académie d'architecture. Il a construit un coffre auquel il a adapté une de ses serrures : ce coffre est déposé chez M. le lieutenant de police et il a été reconnu qu'il était impossible de le crocheter avec un outil » (D:1078).
Georget continua ses pérfectionnements et fit paraître cette lettre dans le Journal de Paris, en 1783 (p. 1181) : «Je vous prie d'annoncer les nouvelles serrures de sûreté que j'ai imaginées. Les inventions en ce genre intéressent au moins les citoyens de la classe riche.
« La première de ces serrures est telle, que celui qui en aurait une seconde clé serait dans l'impossibilité de l'ouvrir ; la seconde serrure est disposée de manière qu'en y oubliant la clé, personne cependant ne peut ouvrir que celui quien a le secret. Il arrive de prendre les clés aux portes; j'en ai imaginé une que le maître seul de la serrure peut en retirer; j'ai aussi trouvé le
moyen de masquer les entrées des serrures de manière à ce qu’il soit impossible d’en tirer empreinte et de rendre nulle l'empreinte qu'on aurait tirée de la clé même.
« Enfin, je viens de construire un double verrou de sûreté dont la clé ne peut ouvrir qu'un seul; l’autre reste fermé si ce n’est pour le maitre de la clé. Ces serrures ont l'avantage de pouvoir se varier à l'infini, et en effet de toutes les serrure que je tiens, il n'y en a pas deux, quoique de la même espèce, que la même clé puise ouvrir. »
En 1783, Georget expose au Salon de la Correspondance « différentes serrures ou verroux dits de sûreté, perfectionnés d’après ses principes, approuvés par l'Académie des sciences. » (Vouv. de la Rép. des Lettres et des Arts.)
L'Almanach Dauphin... mentionne, parmi les plus habiles serruriers de Paris, en 1777 :
BRocaois, rue Saint-Guillaume, pour les fontaines du Roi.
CourBix, rue des Petits-Champs, renommé pour les ouvrages de goût, auteur du balcon de l'Opéra et de la magnifique rampe de l'escalier du Palais-Royal.
DEUMIER, rue du Carrousel, connu pour ses beaux travaux dans la salle de l'Opéra et par la belle grille de Saint-Germainl’'Auxerrois.
Doré, rue l’Evêque, un des plus renommés ; on lui doit la remarquable grille de Saint-Roch.
GAMAIN, rue des Mauvais-Garçons, serrurier de Ja Comédie- Française.
GIRARD, rue Bordet, auteur d’un superbe daiïs, regardé comme un chef-d'œuvre de l’art.
P£RÉ, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, un des plus renommés pour les ouvrages fins et délicats,
PuzIN, rue Neuve-Saint-Eustache, serrurier des bâtiments du Roi.
RocuE, rue Traversière-Saint-Honoré, serrurier de tous les bâtiments du Roi, très renommé pour les ouvrages précieux.
Supplément de 1177. — CAFFIN, serrurier ordinaire des Menus- Plaisirs et de l'Hôtel-de-Ville.
CaLrPrE, rue Dauphine, «serrurier-mécanicien, connu avantageusement pour nombre de serrures de sûreté et particulièrement renommé par celles qu'il vient de présenter à l'Académie sous le nom de calipiennes. Les avantages de ces nouvelles serrures sont incomparables à tout ce qui a été exécuté en ce genre, en ce que l'entrée se ferme naturellement en fermant la porte, ce qui annonce dès lors qu'aucun instrument quelconque, autre que la
vraie clé, n'y peut être introduit; mais ce qui surprendra davantage, c'est que l’auteur défie le plus habile artiste de faire une clé, fût-elle même calquée sur la clé originale, capable d'ouvrir cette serrure; mais l'auteur observe encore qu'elle est adaptée sans aucuns vis ni écrou apparents; et défie pareillement de la démonter sans briser la porte, si ce n’est toutefois en employant les moyens qu'il communiquera aux acquéreurs. Il résulte de l'énoncé ci-dessus que le propriétaire peut donner à sa propre clé la faculté d'ouvrir entre ses mains et la refuser entre les mains d'un étranger, ce qui paraïitrait un paradoxe si l’on n'était en état d’attester que l'exposé giît en fait et lui a mérité ies éloges et l'approbation de l’Académie des sciences et d’architecture. »
DESTRICHES, serrurier ordinaire du Roi.
DEUMIERS, serrurier de la ville de Paris.
Faizzer, rue du Chantre, « serrurier de l'école royale militaire et celui qui a imaginé et exécuté la superbe couche en fer, de feu M. Paris-Duverney, que possède maintenant M. le comte de la Blache. »
FEROUILLAT, Butte Saint-Roch, « connu par différentes pièces mécaniques et serrures à secret. »
GiraRb. « [l a exécuté et présenté à l’Académie un dais a quatre colonnes de guirlandes de fleurs et de pampres de vignes chargés de raisins, le tout travaillé si légèrement que cet ouvrage a été regardé comme un chef-d'œuvre de l’art, capable de prouver que le fer est susceptible de prendre toutes sortes de formes, sous la main d’un habile artiste (mort). »
OLIVIER, rue Feydeau, serrurier ordinaire de Mgr le duc d’Orléans, du duc de Penthièvre et autres princes et seigneurs de la cour.
Roce, auquel on doit les travaux de la salle de l'Opéra, de Versailles, du Colisée et de l'Hôtel royal des Monnaies.
4791. Tablettes de Renommée. — DumEr, serrurier du château des Tuileries; c'est probablement le même que Dumiers, cité en 4777, comme serrurier de la ville de Paris.
FAURE, serrurier du duc d'Orléans, a fait exécuter toute la serrurerie du château de Bordeaux.
GEorGET, hôtel de Mouy, inventeur d’une serrure et d’un verrou à secret, qui lui ont valu l'approbation de l'Académie des sciences.
GUYONNET, auteur de la superbe grille du prince de Salm.
Mie, « serrurier du jardin du Roi. » Il a fait la grille de l'École de médecine et le kiosque du labyrinthe au Jardin des Plantes.
À propos des nouveaux perfectionnements de la serrurerie appliqués aux fermetures à secret, Mercier écrivait, en 4782 :
« La filouterie, fille du libertinage, étant devenue très ingénieuse, ons’estmis àcontrebalancerl’industrieuse friponnerie, et il a fallu avoir recours à des serrures compliquées qui sont aujourd'hui des prodiges de méchanisme. D'un seul coup de clef on imprime le mouvement à une multitude de pènes qui s'élançant tous en même temps et dans tous les sens, font tout à la fois douze ou quinze fermetures et même davantage.
« L'auteur de la serrure ne peut lui-même l’ouvrirs’il n’a pas la clef; tous les crochets mus par des mains adroïtes n'y feraient rien. Telle serrure punit la main qui ose la toucher; telle autre n'offre qu'un vide apparent et trompe l'œil le plus subtil; ici il faut faire jouer un ressort imperceptible et indevinable.
«Les anciens ne faisaient usage ni de fermetures ni de cadenas. La Grece, si fameuse par la protection de tous les arts, n’avait que des serrures de bois. Comme le natüraliste reconnait un animal, à l'inspection d’une de ses dents, la politique pourrait juger des mœurs politiques et privées par la conformation des serrures; plus elles seront compliquées, plus la ruse et l'arüfice domineront sur ces peuples. Les nations simples ont des serrures de bois; un loquet est toute la fermeture de la moitié de la Suisse et de la Savoye; ce même loquet est l'unique gardien des boutiques de Constantinople.
«.. La licencieuse estampe du verrou, multipliée sur nos quais, tient à des mœurs déjà corrompues. Ainsi l'aspect d'un verrou éclaire un observateur, ainsi le plus vertueux des hommes serait celui qui habiterait une maison de verre... Les peuples sans verrou possèdent les femmes les plus chastes. On sent bien que je ne parle pas des pays où la polygamie foule aux pieds la première loi de la nature...
« On admire à Paris la rampe de la chaire de l'église de Saint- Roch, la balustrade du chœur de Saint-Germain-l’Auxerrois et la grille du Palais. » (Tableau de Paris.)
Allons aux Archives nationales et feuilletons les comptes des Menus-Plaisirs du Roi :
GAMAIN, serrurier à Versailles, exécute, en 1747, divers travaux pour le château.
En 1765, GAMaIN jeune reçoit 83 liv. 6 sous, notamment « pour avoir fourni le cadenas à serrure d’un petit coffre destiné à renfermer les outils de Mgr le Dauphin et pour avoir arrêté les rateliers et accroché les outils de Mgr le Dauphin. »
RossIGNoz, serrurier. du Roi, apparait en 1749, époque à
laquelle il réclame 616 liv. pour ses fournitures au théâtre de Fontainebleau.
Poucer, serrurier des Menus, touche 460 liv., en 1766 (0! 3015).
LECLERC, serrurier des Menus, recoit 437 Liv., en 1758 (0! 3002).
Vépy, serrurier du Roi, a beaucoup travaillé pour la cour, depuis 1747 jusqu’en 1773. En 1750, il remet un mémoire de 59,266 liv. «pour travaux exécutés à l’occasion des préparatifs des couches de Mme la Dauphine, en réjouissance de la naissance d'un Dauphin » (0: 2987). L'année suivante, Védy présente un nouveau mémoire de 68, 057 liv. « pour ouvrages faits à l’occasion de la naissance du duc de Bourgogne » (0! 2989). A toutes les fètes, nous retrouvons notre maître serrurier. En 1770, le mariage du Dauphin avec Marie-Antoinette lui procure la commande des travaux de serrurerie pour les salles de bal et le théâtre de Versailles. Dans sa joie Védy fait monter sa facture à 401,835 liv., mais nous devons ajouter qu'elle est réduite à 72,905 liv.
MARGUERITE, serrurier ordinaire du Roi, paraît être le successeur de Védy. Il conserve ses fonctions jusqu'à la Révolution et reçoit d'importantes commandes.
Le MERLE, serrurier à Fontainebleau, figure sur Les comptes des Menus, en 1783 et en 1784. Ses mémoires offrent peu d’importance.
VirmAux, serrurier à Fontainebleau, cité sur les comptes des Menus, de 1788 à 1791, pour de légères fournitures.
AuGÉ, serrurier des Menus-Plaisirs, en 1790.
Vente Milani, 1883. Heurtoir formé de lézards et de branchages entrelacés, XVe siècle, 600 fr. — Autre, figurant un dauphin et un animal chimérique, XVe siècle, 1,200 fr. — Heurtoir du XV° siècle : deux dauphins soutenant un mascaron. 960 fr. — Serrure de coffre gothique et de forme rectangulaire, ornée de saints personnages, sous des arcades. 6,000 fr.
Vente Fau, 1884. Clé gothique, à rosaces accolées et fleurons, XVe siècle. 400 fr. — Clé en fer et cuivre, avec tête en forme de château fort. 3,600 fr. — Clé du XVI! siècle, oiseaux fantastiques et rinceaux sur un chapiteau corinthien. 200 fr. — Clé du XVIe siècle, cariatides ailées et chapiteau corinthien. 605 fr. — Grande clé, représentant des oiseaux fantastiques sur un chapiteau corinthien ; canon en forme de croix, XVIe siècle. 4,200 fr. — Clé Louis XIV, rosace découpée et tête quadrangulaire ajourée surmontée d’une tête de satyre en ronde-bosse. Chef-d’œuvre de maitrise. 2,100 fr. — Série de clés du XVIIe siècle, à chiffres,
couronnes, rinceaux et ornements divers, de 150 à 400 fr, — Clé Louis XVI, en acier ciselé et damasquiné d’or; l’anneau, ovale, découpé à jour, présente les lettres J et G enlacées. 4, 500 fr.
MM. ANTICQ (Paris), clés, serrures; superbe marteau de porte Renaissance. — ARMAND (Paris), heurtoirs, divers.
BASILEWSKI (Paris), collection hors ligne. Ferronneries admirables de toutes les époques. — Gte LÉOP. DE BEAUFFORT (Belg.), série de clés des XVe et XVI s. — DE BEAUMONT (Paris), coffrets. — EDM. BONNAFFÉ (Paris), pupitre pliant, à parties dorées, XVIe s.; grille espagnole en fer forgé, avec attaches en cuivre. Verrous Louis XII, François ler, Henri I. — EUG. BRÉAUTÉ (Vernon). Divers. — BRIS- MONTIER (Laon), idem. — TH. BUREAU (Belg.), serrures de coffres, entrées de serrures, serrures à verrou, pentures, loquets de fenêtres à ressort, clés, marteaux de porte, heurtoirs, équerres et croisillons de fenêtres, etc., provenant des maisons d'Anvers, de Bruges et surtout de Gand, du XIV au XVIF 8.
M. CHABRIÈRES-ARLES (Lyon), variétés — COMPAGNON (Clermont-Ferrand), belle collection de ferronnerie du moyen âge et de lu Renaissauce. — ARTH. DE COSTE (chât. d'Andas), clés, serrures, ferronneries des XVe XVIe et XVIIe s. — Pc CZARTORISKI (Paris), curiosités polonaises.
ALEX. DELAHERCHE (Beauvais), belle collection. Bas-reliefs, étuis gravés, heurtoirs, verrous, clés, serrures, etc., du XVe au XVII 8, — A. DESMOTTES (Paris), clés, serrures, heurtoirs, coffrets, étrilles, chenets, des XV° et XVIe s. — EUG. DUTUIT (Rouen), pièces diverses, hors ligne. Coffrets damasquinés du XVI°S., clés, serrures, etc. — Css° DZIA- LINSKA (Paris), porte en fer gravé, avec sa serrure.
FAU (Paris), collection remarquable. — PAUL FAVRAY (Paris) clés, serrures. — JULES FRÉSART (Bels.), coffrets allemands et flamands du XV°et du XVI° s. — EDM. FOULC (Paris), clés à chimères, à daupains, à fleurs de lis, à couronnes. Coffret en fer, marqué de quatre A sur le couvercle, chiffre d'Anne de France, dame de Beaujeu, régente pendant la minorité de Charles VIT. Marteau de porte, du XVI: s., sirène et deux petits faunes.
MAURICE GAUTIER (Paris), heurtoirs, coffrets, clés, serrures. — Vor GAY (Paris), serrures gothiques, dont une provenant de l'hôtel de Jacques Cœur, à Bourges, XV° s.; bras de lumière allemands, XVe s.; suite de clés, depuis l’époque gallo-romaine et mérovingienne, jusqu'au XVE s.; grille, coffrets. — Li. V. GESTA (Toulouse\, collection de serrurerie d'art. — GIRAUD (Paris), clés, — L. DE GLANVILLE (Rouen), belle ferronnerie.
HERZ (Paris), série de pièces rares. Clés et serrures des XV°, XVI et XVILIes. Serrure François [Ir avec la salamandre et la couronne. Clés de chambellan, clés papales. Panneau de grille et serrure provenant du palais de Lanciotto Malatesta, seigneur de Rimini, mari de Françoise de Rimini, morte en 1389. Bénitiers, drageoirs, heurtoirs, boutons, loqueteaux, clous, entrées, targettes, etc,
AMIRAL JAURES (Paris), série de clous, à tête en fer, forgés ou repoussés, provenant des anciennes portes de Madrid, Grenade, Tolède, Cordoue, etc. — Mme JUBINAL DE SAINT-ALBIN (Paris), magnifique collection de clés et d’une infinité de précieux objets de vitrine en fer poli, gravé, ciselé, damasquiné.
LAFITTE (Paris), collection de mouchettes des XVIIe et XVIIIe s. — CH. LAMBIN (Paris), divers. — GAST. LE BRETON (Rouen), suite de pièces délicatement ciselées, des XVI°, XVI et XVIIL s. Clés à peigne et à pavillon repercé à jour, à chimères ailées, à fleurons, à palmettes, à couronne. Étuis à ciseaux, tire-bouchon décoré d'amours pressant du raisin, drageoir, cachets, briquet, etc. — L'ABBÉ LE CHÊNETIER (Paris) clé double, ciselée, gravée, portant l'inscription : F#. V. de l’Isle-Adam, XVIes. — LECHEVALIER-CHEVIGNARD (Paris), verrou en fer repoussé, aux armes de Montmorency, provenant du château d’'Ecouen, XVI s. — J. N. LEIRENS (Belg.), nombreuse collection de ferronnerie flamaude..Loquet de porte à menotte, d'Audenarde, XV° s. Marteau de porte daté de 1585. Loquets aux initiales A. T., provenant de l'habitation d'Antoine Triest, 7° évèque de Gand. Deux guichets du Béguinage de Gand, XVis et XVII s., etc. — ISID. LESCART (Belg.), landiers aux armes de l’abbaye de Liessies, une hure de sanglier traversée par une crosse d’abbé, XVIe 5. — LE SECQ DES TOURNELLES (Paris), série considérable de pièces précieuses et d'objets de vitrines de la plus grande beauté. Collections de clés, de serrures, de verrous, de cachets, de râpes, etc. Plusieurs clés, adjugées, à la vente Fau, en 1884, au-delà de 3,000 et de 4,000 fr. chacune. — LÉZIAN-LESTOURNELLE (Ste-Foi-la-Grande-Gironde), ferronneries diverses. — LICHTENFELDER (?), serrures, marteaux de portes, etc., fabriqués à Strasbourg, aux XVII° et XVII s. — LIGER (Paris), clés. serrures, marteaux de porte du moyen âge et de la Renaissance. — Cte THIERRI DE LIMBURG-STIRUM (Belg.), série d'ouvrages en fer des XVI et XVII: s. Clés. — E. LIPPENS (Belg.), cadre de glace forgé et doré. Il est formé de fleurs et de rinceaux et présente un écusson où l’on voit un marteau comme meuble héraldique. Légende : Finis coronat opus. Fabricando Fabri finius, 1666. Chef-d'æuvre de maitrise. — CH. LIZÉ (Rouen), intéressante collection. — LOCQUET (Rouen), très belle collection renfermant de nombreux spécimens du moyen âge, de la Renaissance et du XVII s.; serrures gothiques et à personnages ; clés à peigue et à pavillon, clés à chimères, du XVIe s.; étuis gravées, entrées, targettes, marteaux et loquets de porte. Curieuses plaques de cheminées normandes, dont une gothique ressemblant à un devant de coffre.
MAILLET DU BOULLAY (Paris), clés de diverses époques. Grande serrure gothique, flamande, avec sa clé. — MALFAIT (Belg), coffrets, serrures, verrous, heurtoirs, pentures, fragments de grilles, cadres, bouquets et épis de faitage des XV°, XVI° et XVII s. — MARYE (Paris), instruments de cuisine des XVI° et XVII s. — A. M.-S., instruments de cuisine, clés, râpes à tabac, objets de vitrine. — A.-G. MOREAU (Paris), collection des plus remarquables, Elle a figuré à l'exposition de l'Union centrale des Beaux-Arts de 1880, et se trouvait répartie dans vingt-quatre vitrines. Clés égyptienues et gallo-romaines; entrées de serrures, heurtoirs, loquets, verrous, clés, grils de cuisine, crémaillères, landiers. Un motif des grilles de Vérone, XVII: s., etc.
LE CHi: E. DE LA NÈVE DE RODEN (Belg.), nombreuses ferronneries flamandes, martelées, ciselées, gravées, du XV° au XVILSs.
Mie DE OQUENDO (Paris), serrures; plus de quarante clés, du XVIe au XVIII: s,
EMILE PEYRE (Paris), spécimens variés du XIIe au XVII s.; très belles serrures gothiques et Renaissance; lutrin du XVe s. Conte-cœur de cheminée, à la salamandre et aux armes de France, signé : MAURE CLÉRON. — PIET-LATAUDRIE (Niort), divers. — Vor PIÉTON, ainé (Le Havre), variétés. — Vie DE PONTON D'AMÉCOURT (Paris), pièces diverses. — EUG. FOSWICK (Bels.), clés.
QUEYROY (Paris), curieuse série de clés, de serrures et de verrous. Serrure à bandes découpées aux monogrammes du Cbrist et de la Vierge. Verrou formé de la lettre F. couronnée (François Ier, château de Chambord), autre, composé d'un H surmonté d'une couronne (château de Blois). Verrou au chiffre répété de Henri HI et de Louise de Lorraine, sa femme.
E. ROGIERS (Belg.), coffrets en fer forgé et gravé. — Mme ROSEM- BERG (Paris), pièces diverses. — Bo AD. DE ROTHSCHILD (Paris), petite clé à chimères, ciselée, découpée à jour, d’un admirable travail, provenant du palais des Strozzi, acquise au prix de 35,000 fr. Cette mwerveille est attribuée, par le baron, à BENVENUTO CELLINI. — B°r ALPH. DE ROTHSCHILD (Paris), raretés. Clés d’or armoriées et émaillées, ayant appartenu, dit-on, à Charles-Quint.
A. SEGARD (Paris), soufflet Renaissance, en fer repoussé, orné d'une fleur de liss — SOUBEYRE (Paris), croix de clocher. Girouette figurant une chimère, XVIe s. Potence en fer forgé et doré, XVIIe s. — SPITZER ‘Paris), collection hors de pair. Merveilleuse serrure en forme de triptyque; au milieu, la Résurrection; à gauche, le Paradis ; à droite, l'enfer, où se débattent les damnés. Plus de cinquante clés pouvant être considérées, chacune, comme un chef-d'œuvre de maîtrise. — CH. STEIN (Paris), pièces diverses : ravissantes clés du XVIes.
EUG. VAN HERCK (Bels.), coffrets, dont un allemand, en fer gravé, représentant l'Astronomie, la Sagesse et l'Éloquence, XVIe s. — VAN ZUYLEN (Belg.), série de clés des XVe, XVIe et XVIIe s. — VAN DEN BOGAERDEN (Pays-Bas), ferronneries diverses. — GUST. VER- MEERSCH (Belg.), serrures, coffrets, verrous, heurtoirs, marteaux de portes, etc., des XVe et XVIe s.: enseigne de serrurier, en fer battu, surmontée d'un griffon tenant une clé. Grande enseigne de brasseur, ornée de fleurs ; un pendentif porte en sautoir un épi de blé, des ustensiles de brasserie et les initiales U. B. L. — VOLANT (Belg.), coffrets des XVe et XVIe s. — Born KR. DE VRIERE (Bels.), clés du XVIe 8.
Les peuples de l’antiquité employaient, pour mesurer le temps, le gnomon, la clepsydre et le sablier. Le gnomon est le cadran solaire, Six cents ans avant l'ère chrétienne, on en voyait un dans le temple de Jérusalem.
De l'Asie, il passa en Grèce, puis en Italie et dans les Gaules. La clepsydre estune horloge à eau. L'eau, placée dans un récipient, tombe goutte à goutte, et son niveau marque les heures sur un cadran gradué. L'usage s'en répandit en Occident jusqu’au XVes, Le barreau d'Athènes et celui de Rome
‘ se servaient de la clepsydre pour limiter le temps qu'on accordait aux orateurs, Il y
NE , avait trois parts égales, l'une Pendule Louis XV, en bronze ciselé et
doré. Coll. de M. Paul Eudel. pour l'accusateur, — une autre pour le défenseur, —
la troisième pour l'accusé. Le sablier répandu encore dans nos campagnes, est le plus imparfait de tous les systèmes.
Pendant la décadence romaine, et une partie du moyen âge, les sciences et les arts se réfugièrent à Constantinople, en Égypte, en Arabie, en Perse et dans presque toute l'Asie centrale. Parmi les présents offerts à Charlemagne parle calife Aroun-al-Raschid, se trouvait une clepsydre à rouage ; elle était d’airain damasquiné d'or; les heures sonnaient au moyen de boules tombant sur un timbre. Douze fenêtres s’ouvraient et laissaient passer des cavaliers armés de pied en cap, qui rentraient après quelques évolutions; cette horloge passait pour une merveille. Peu de temps après, Pacificius, archevêque de Vérone, en fit une bien supérieure, marquant, avec les heures, le quantième du mois, les jours de la semaine, les phases de la lune, etc., maïs ce n'était encore qu'une clepsydre perfectionnée ; il lui manquait le poids
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moteur et l’'échappement. Le véritable art de l'horlogerie date du X* siècle, on le doit au moine Gerbert; le premier, il appliqua le poids moteur aux horloges et inventa, croit-on, le mécanisme admirable qu’on nomme échappement.
Gerbert, né en Auvergne, avait commencé par garder les troupeaux; il devint moine de l’ordre de Saint-Benoît et s’appliqua particulièrement à la mécanique. Sa vaste intelligence et son goût pour l'étude le firent remarquer; il fut successivement précepteur de Robert I, roi de France, d'Othon III, empereur d'Allemagne, puis archevêque de Varenne, et mourut pape sous le nom de Sylvestre If, en 1003, L’échappement a été appliqué jusqu'à la fin du XVIT° siècle. Quant au poids, il est encore d'un usage général pour les grosses horloges.
Dès 1120, le rouage de la sonnerie était connu. A cette date, on trouve dans les Usages de l'Ordre de Citeaux, la recommandation au sacristain de régler l'horloge de manière à ce qu’elle sonne et l’éveille avant les matines. Bien avant cette époque, on avait des veilleurs de nuit chargés d'annoncer les heures, Cet usage s’est conservé longtemps en Allemagne, en Hollande, en Angleterre. En 1324, Wallingford, abbé du monastère de Saint-Aban (Angleterre), exécuta pour son couvent une admirable horloge à sonnerie; elle indiquait le quantième du mois, le cours des planètes, les heures des marées, ete... Vingt ans plus tard, Jacques de Dondis composa une horloge plus parfaite encore; placée au sommet de la tour du château de Padoue, sa ville natale, elle excita partout l’émulation. L'élan était donné ; dans les grandes villes de l'Europe, dans les monastères, dans les châteaux, on vit de ces belles horloges dont le carillon faisait entendre, nuit et jour, le bruit des heures et des quarts.
Parmi les curieuses horloges du XIV siècle, on cite celle de la cathédrale de Dijon, que Philippe le Hardi enleva à la ville de Courtray, après la bataille de Rosbecq. La sonnerie se faisait au moyen de deux automates homme et femme, qui, munis chacun d'un marteau, frappaient les heures sur une cloche. Ges automales s'appelaient des /aquemarts du nom de leur inventeur. Il existait autrefois des horlogers célèbres du nom de Jacques Marck et de /acquemart.
La première grande horloge qu’ait possédée Paris fut construite sous Charles V, en 1370, pour Henri de Vic. Deux siècles plus tard, elle devait donner le signal de la Saint-Barthélemy. En 1380, Jean de Jouvence terminait, pour le château de Montargis, une horloge non moins remarquable.
À la fin du XIIIe siècle, on fit pour les appartements des hor-
loges de petite dimension. Les anciens inventaires en mentionnent quelques-unes. Sous Louis XI, elles étaient tout à fait portatives; leur volume s'était réduit, grâce à l'invention du ressort spirale qui remplaça l’action du poids moteur employé jusqu’alors. Carovage ou Garovogius, horloger de Louis XI et de la ville de Paris, est considéré comme l'inventeur des horloges portatives, à sonnerie et à réveil. Vers le même temps, Jean de Paris exécutait pour le Roi une horloge également portative et à sonnerie, dont le monarque se faisait suivre dans ses voyages. «À Jehan de Paris orlogeur 16 liv. 10 deniers tournois ordonnez au mois de mars 1480, pour une orloge ou il y a ung cadran et qui sonne les heures... laquelle le dit seigneur (Louis XI) a fait acheter de lui pour porter par tous les lieux où il va. (Archives. Dict. de Jal.)
Le XVI: siècle marque l'apogée de l'horlogerie, au point de vue de l'art. La plus remarquable des merveilleuses horloges de la Renaissance, est celle de Strasbourg, construiteen 1573, par Conrad Dasypodius. Les fêtes de l’année et les solennités de l'Église y étaient représentées par des images allégoriques. Divers cadrans marquaient les heures, les jours de la semaine, le quantième du mois, les signes du zodiaque, les phases de la lune, le lever et le coucher du soleil, etc. Pour annoncer les heures, deux anges sonnaient de la trompette et faisaient entendre un concert harmonieux; une fois l'heure tintée, un coq battant ses ailes avec bruit faisait entendre par deux fois son chant naturel, puis une foule d’automates, jusqu’alors invisibles, exécutaientune évolution. En 1598, Nicolas Lyppius de Bâle fit, pour l’hôtel de Lyon, une horloge aussi curieuse que celle de Strasbourg; elle était moins compliquée que cette dernière, mais d’une exécution plus soignée. En dehors des grosses horloges, placées en haut des monuments publics, il se fit de gracieux petits modèles où l’art de l’orfèvre et la science de l'horloger rivalisèrent de talent et de goût. Tandis que le mouvement est d’un mécanisme admirable, la boîte, en cuivre, en argent ou en or, rappelle l'architecture de la Renaissance. C'est le plus souvent un petit monument rectangulaire soutenu aux angles par des colonnettes ou des cariatides, et surmonté d’un dôme habituellement découpé à jour. Rien n’est beau comme ces jolies pièces décorées de sujets et d’ornements divers, ciselés, gravés, niellés et damasquinés avec une rare perfection. Beaucoup de ces petites pendules qu'on posait sur les tables ou sur les cabinets, étaient à équation (1) et nécessitaient, de la part de leurs
(1) L'équation est cette partie de l'horlogerie qui indique les variations du
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