TITRE
Horloge normande, aux armes des Goyon-Matignon, XVE s. Collection de M. Maillet du Boullay.
auteurs, des connaissances étendues en mathématiques, en mécanique et en astronomie.
Les règnes de Henri IV et de Louis XIII voient peu à peu s’éteindre les derniers reflets de la Renaissance des arts en Europe. Les montres et les petites horloges perdirent de leur élégance ; elles ne furent plus que de pâles imitations des beaux modèles du siècle précédent. Toutefois, l'horlogerie proprement dite était loin d’être en décadence; si l’art restait en arrière, elle continuait, guidée par la science, sa marche progressive. Galilée venait d'inventer le pendule; Christian Huyghens, savant mathématicien hollandais, eut l’idée de l'appliquer aux horloges pour en régler le mouvement (1657). Quelque temps après, il adapta aux montres un ressort spirale dont l'avantage fut de rendre plus égales les oscillations du balancier. D'après l'encyclopédie, le docteur Hooke, Huyghens et l'abbé d’Hautefeuille se disputent l'honneur d’avoir inventé le balancier.
Sous Louis XIV, André-Charles BouLLe et son école donnèrent aux pendules d'appartement une forme majestueuse ; la boîte, destinée à recevoir le mouvement, était en marqueterie de cuivre sur ébène ou sur écaille, accompagnée de ‘riche motifs en cuivre ciselé, tels que rinceaux, figurines, sujets mythologiques. La pendule se présente sous deux aspects différents; elle surmonte une gaîne élevée et fait corps avec la base, ou bien elle est mobile et repose sur une console d’applique. Dans ce dernier cas, elle est dite de forme religieuse et présente, avec de notables modifications toutefois, l'aspect architectural de la Renaisssance. Pourquoi ce nom de religieuse? nous n’en trouvohs nulle part l'explication.
Boulle n’est pas l'inventeur du genre auquel il donna son nom; mais il le porta du moins à son plus haut degré de perfection. Avant d'avoir des imitateurs, il eut des concurrents parmi ses confrères. Ges maitreshabilesétaientalors : Isaac SOMER, ébéniste du Roi, en 1680 ; Anthoïine LE BRUN, homme de talent etami d'André Charles, le Hollandais OPPENoRD, auteur de meubles splendides pour les châteaux royaux.
soleil, ou la différence de son retour au méridien Le temps que le soleil met à passer d'un midi à l'autre, s'appelle le temps vrai; les vingt-quatre beures, marquées par la pendule pour figurer le même temps, représentent le temps moyen. La différence entre çes deux espèces d'heures indique l’équation.
Dominique Gucci, aux Gobelins, et Le FÈvRE, rue Saint-Denis, eités avec Boulle comme travaillant « par excellence aux meubles et autres ouvrages de marqueterie. »
J. BÉRAIN (1634-1711), « dessinateur ordinaire de la chambre et du cabinet du roi Louis XIV ». Il a laissé des modèles de pendules, en bois incrusté, orné de cuivres ciselés.
MaRoT (1689-1702), architecte de Guillaume IT, roi d’Angleterre. Il composait aussi des modèles de pendules dans le même goût. L’Æncyclopédie des Beaux-Arts plastiques de M. A Demmin, en offre divers spécimens.
Le genre Boulle, modifié selon les goûts de l'époque, se continua jusque vers la fin du règne de Louis XV. André Charles eut d'abord quatre fils, qui, sans avoir le talent de leur père, « s’inspirèrent du même idéal et reproduisirent longtemps les mêmes modèles » (Paul Mantz).
Quand MarTiN eut inventé son fameux vernis, le genre Boulle se vit délaissé peu à peu et la marqueterie fut remplacée par des peintures vernies connues sous le nom de vernis Martin. Du temps de Louis XV et de Louis XVI, les ciseleurs bronziers ont exécuté des cartels et des boîtes de pendules très recherchés des collectionneurs. Les belles pièces de ce genre sont devenues des objets de haute curiosité et atteignent dans les ventes des prix considérables, Parmi les plus fameux maîtres ciseleurs-doreurs et « fondeurs-cizeleurs-racheveurs » qui ont travaillé pour l'horlogerie au XVIIIe siècle, il convient de citer : JACQUESs et Paizrppe 11 Carrier, DUPLESSIS, GOBERT, BERNARD, PRIEUR, GAL- LIEN, FORESTIER, THOMIRE, OSMOND, SAINT-GERMAIN, et le fameux Gourmière, le maître par excellence. DELAFOSsSE, habile dessinateur sous Louis XVI, a composé des modèles de garnitures de cheminées, flambeaux, candélabres, pendules et des cartels remarquables. Nous renvoyons pour les détails, aux Cüiseleursbronziers.
Dans le style Louis XVI proprement dit, nous remarquons les pendules ornementales et celles à sujets, soit en bronze doré, soit en marbre ou en albâtre, rehaussés de bronzes dorés « d'or moulu. » Les premières ont souvent la forme d’une lyre ou d'un cippe, surmonté d'un vase à guirlandes. Quant aux pendules à sujets, elles représentent les Grâces, des Vénus, des Nymphes, des Amours, compositions gracieuses dont les auteurs se nomment Borzor, CLonion, LA Rue, Fazcower, etc. Ges pendules, destinées à orner les tablettes de cheminées, étaient accompagnées de vases et de flambeaux de même style et formaient la pièce principale d’un tout homogène. N'oublions pas les pendules à
fleurs et figurines en relief de Sèvres et de Saxe ou en faïence de Rouen, de Strasbourg, de Delft, etc., à décor rocaille. Les premières surtout ont une grande valeur.
Pendule Louis XVI. Cadrans émaillés par Coteau. Collection de M. Ch. Stein.
LES MONTRES. — Le règne de Charles VIT fut marqué par l'invention du ressort spiral, appelé grand ressort. Il consiste en une lame d'acier enroulée dans un barillet ou tambour ; elle produit, ense détendant par sa force élastique, l'effet d’un rouage. Ce nouveau ressort pouvant se placer dans un espace très restreint conduisit à l’invention des petites horloges portatives et, peu après, à celle des montres. Les premières montres
parurent dans la seconde moitié du XV° siècle, plutôt vers la fin. Leur forme a varié selon les époques, suivant le goût et la fantaisie des artistes. Sous Louis XII, dans les commencements de leur apparition, elles étaient volumineuses, très épaisses et presque sphériques. En 1500, Peters Hele fabriquait, à Nuremberg, des montres qui avaient la forme d’un œuf et auxquelles on donnait le nom d'œufs de Nuremberg.
Sous Henri Il, Charles IX, Henri HE et même Henri IV, on donna aux montres la forme ovale, octogone, hexagone et rectangulaire ; la forme d'une croix de Malte ou d'une croix latine, d'une olive, d'un gland, d'une coquille, d'une tête de mort, d'une tulipe, ete. L'exécution de ces petites pièces offrait, au point de vue de l’art et du goût, le modèle de la perfection. Les boîtes, rarement en or, étaient en cristal de roche taillé à facettes, ou en vermeil, ou en argent, ou même en cuivre doré, gravé, ciselé, émaillé. Les plus petites montres se firent sous CharlesIX. Ces ravissants bijoux, non moins précieux qu'utiles, coûtaient un prix énorme; ils étaient faits pour les grandes dames et les riches seigneurs. Les prélats et les abbesses recherchaient les montres en croix latine ou en croix de Malte, et les portaient au cou.
Veut-on avoir une idée de ces petits chefs-d'œuvre de la Renaissance? On peut consulter le savant ouvrage de M. Pierre Dubois sur la collection d'horlogerie du prince Soltykoff. De fines gravures sont jointes à l'explication détaillée des pièces. Citons brièvement les plus beaux spécimens : Petite montre couverte de délicates ciselures à sujets religieux, signée JAMES VAN- BROFF, qui vivait sous Henri II.— Montre dans une boite en cristal de roche par Conran Kreiser, horloger à Strasbourg, vers la fin du XVI siècle. — Montre de l’époque de Charles IX, de la forme d’un coquillage, en cristal deroche.— Montre ovale, d’une grande valeur artistique, parlarichesse de sesdessins ciselés et burinés. Le principal motif représente Esther, agenouillée devant Assuérus, demandant la grâce de Mardochée. Elle porte la signature de Jacques Dupuicr, maître orologier à Blois, sous Henri Il.— Montre en cristal de roche, à cinq pans arrondis, par HÉLISOT, horloger à Dijon, sous Henri II.— Montre en ambre, en forme de bouton de pavot. Cette curieuse pièce, d'un prix considérable, a dû appartenir à quelque grande dame du temps de Charles IX. — Petite montre, en cristal de roche, formant huit pans. Cadran en or gravé en champlevé. Elle est signée : DocrEuR DuCHEMIN, horloger de la ville de Rouen, sous Charles IX. — Montre octogone, enchâssée dans du cristal de roche taillé à facettes, signée : MEL-
cn10R ADAM, horloger à Paris. sous Henri [II.— Montre ovale de la fabrique de Blois; belle gravure en champlevé. Signature : Isaac Forrarr.— Montre octogone, en cristal deroche. Sujets d'animaux, Signature : JEAN Jaco8s (horloger à Harlem en 1560), — Petite montre,en forme d'olive tronquée, par HENR1 BÉRAUD DE SEDAN, — Montre ovale, ornée de deux charmants sujets : Diane et ses Nymphes au bain et Actéon changé en cerf, signée : PIERRE Cowser. Epoque de Henri II.— Une autre montre deJacques Jocry, à Paris, représente une tête humaine décharnée, On sait que ce funèbre emblème, très répandu dans les monastères, était particulièrement recherché de Henri HIT.
« Les montres de petit volume sont nées en France, dit M. Pierre Dubois, elles s’y sont perfectionnées plus que partout ailleurs. Sans doute, on a fait des montres à Nuremberg et dans d’autres parties de l'Allemagne dès l’époque de Charles-Quint, mais le nombre en est très restreint, j'en ai acquis la certitude en visitant les collections publiques et particulières de l’Europe, notamment celles de l'Autriche et de la Prusse, dans lesquelles on trouve une grande quantité de montres françaises de toutes formes, simples ou compliquées et fort peu de montres autrichiennes ou prussiennes..…. Le cas est différent quand il s'agit d'horloges; celles-ci sont bien originaires de l'Allemagne, et il s’en est fabriqué dans ce pays, depuis le XVe siècle jusqu’au XVIe inclusivement, une quantité considérable, Les artistes français n’en ont établi relativement qu’un petit nombre, mais elles sont plus gracieuses et plus coquettes en général, que celles des Allemands. » Le nom de Myrmécides, trouvé sur un assez grand nombre de montres en forme de croix latine, a fait supposer que cet horloger en était l'inventeur. Le succès de ces diverses montres, commencé sous François [°", se prolongea jusque sous le règne de Louis XIV; à cette époque, elles étaient lourdes, gravées d'une manière sèche et incorrecte et n'offraient plus rien de leur perfection primitive,
Au XVIT siècle, l'horlogerie proprement dite fut en progrès, mais l’art s'amoindrit ; l'éclat dont il avait brillé au siècle précédent ne présenta plus que de pâles reflets. Les beaux modèles exécutés sous les Valois furent copiés avec une désolante médiocrité; toutefois quelques artistes conservèrent jusqu’au temps de la Fronde les belles traditions de la Renaissance. « Sous Louis XII, dit M. Pierre Dubois, la partie purement mécanique s’améliora sous certains rapports, mais la forme extérieure, l'élégance et la pureté du dessin, la vigueur de la ciselure et de la gravure dégénérèrent rapidement. » Les premières montres à
répétition qu'on ait vues en France furent envoyées à Louis XIV par Charles IT. Les Anglais Barlow, Quare et Tompion, se disputent l'honneur de les avoir inventées (1676). Vers le même temps, le savant français de Camus inventa les montres à six roues et à secondes. Ces montres, paraît-il, étaient très recherchées pour la nuit ou pour voyager en voiture. De Camus fit, le premier, des montres qui marchaient un an, sans être remontées.
Sully fut pensionné du Roi et mourut en 4728, Comme son maitre Gretton, il laissa une grande réputation. À la suite de Sully, il convient de citer, chez les Anglais, Ellicot, Graham, Harisson, Thomas Mudge et Arnold. Graham inventa l’échappement dit à cylindre. Les échappements à cylindres ont subi diverses modifications ; on les fit d'abord en cuivre, mais comme ils s'usaient trop vite, on remplaça le cuivre par l'acier.
Ferdinand Berthoud eut l'heureuse idée de substituer à l'acier les pierres fines d'une grande dureté, telles que le rubis. Les pierres fines furent employées non seulement dans la composition des échappements à cylindres, mais encore dans toutes les montres, pour diminuer l'usure produite par le frottement des pivots des diverses roues, en les faisant porter sur des pierres dures. Il faut se mettre en garde contre une foule de montres qui sont vendues comme étant montées sur rubis et dans lesquelles les pierres ne sont que des objets de parade, sans aucune utilité. Autrefois, alors qu'on ne pouvait exercer une profession sans avoir reçu la maîtrise, une telle fraude n'eut pas été possible. Les inspecteurs chargés de visiter les pièces fabriquées ou en cours de fabrication, auraient brisé la montre, et le fabricant se serait vu condamner à une forte amende.
Sous Louis XIV, les montres d'un usage journalier ressemblaient à une boule aplatie ; elles étaient en or, en argent, en cuivre, gravées, ciselées ou unies ; d'autres, plus riches, offraient extérieurement et intérieurement de fines peintures en émail représentant des paysages, des sujets religieux ou mythologiques d'après les maîtres italiens et français. Les cadrans en or ou en argent étaient gravés avec soin. Dès la fin du règne de Louis XITE, on avait commencé à décorer les montres de fleurs émaillées, d'après les procédés inaugurés, en 1632, par Toutin, orfèvre de Châteaudun., Nommons parmi les plus habiles émailleurs de l’école de Toutin :
MorLiÈRE, d'Orléans. Il travaillait à Blois, où il se fit une bonne réputation à peindre des bagues et des boîtes de montre.
RoBErT VAUQUIER, de Blois, élève de Morlière. Robert surpassa
son maitre; ses œuvres serecommandent par la pureté du dessin et la richesse du coloris. Il mourut en 1670.
Un autre artiste de Blois, PIERRE CRARTIER, rendait les fleurs avec talent.
Les frères HüAULT, Jean Pierre et Ami, émigrés après la révocation de l’Edit de Nantes, ont travaillé en commun sur de jolies montres décorées de paysages et de sujets tirés de l’histoire ou de la fable. Ces maîtres signaient leurs œuvres, mais ils eurent bien peu d’imitateurs.
MassarT a signé une Sainte-Famille, sur une grosse montre Louis XIV, et Darzzy, un sujet champêtre, sur une gracieuse montre: Louis XV.
Après le règne de Louis XIV, l'horlogerie française était placée vis-à-vis de l'Angleterre à un degré très marqué d'infériorité. Pour y remédier, le régent Philippe d'Orléans fit venir de Londres des horlogers de mérite dont le plus célèbre était Sully. On leur adjoignit Lebon et Gaudron. Ils établirent à Versailles une manufacture d’horlogerie, d’où sortirent d'excellents élèves.
Au XVIIIe siècle, les belles montres furent très répandues. Sur les boîtes, œuvres des peintres en émail, des ciseleurs et des orfèvres, s'étalaient des sujets peints ou ciselés, souvent accompagnés d’une profusion de diamants ; les cadrans étaient entourés d’un rang serré de perles fines et les aiguilles parsemées de petites roses. Ce luxe, où l’art occupe une place importante, explique l'engouement des collectionneurs pour ces précieux objets. Malheureusement, ils sont presque toujours anonymes. Si l’on veut des noms, on les trouve chez ies peintres en émail du temps. Sous Louis XV, c'étaient Aubert, Conniot, Hubert, Taunay, Mile Duplessis, Le Sueur, Le Bel, de Mailly, Durand, etc. A ces artistes viennent se joindre, dès la fin de ce règne, Bourgoin, Vassal, Miroglio, Bornet, Krüdger, Trainel, Le Tellier, etc. C’est bien certainement parmi ces maitres qu'il faut chercher les auteurs des émaux qui décorent les montres et les tabatières du XVIII siècle. Au nombre des meilleurs ciseleurs, on peut citer :
HavER, « un des plus célèbres, pour la figure et les animaux. »
Hurrer, « un des plus habiles graveurs et ciseleurs pour la figure et Les fleurs de relief, sur les boîtes de montres d’or de couleur et autres bijoux précieux. »
LAURENT, «pour les bijoux d'or de couleur et renommé pour les animaux et figures en relief. »
MicneL, très habile « pour la figure et le fini de l'ornement. »
PEZAI, figuriste de la plus grande force.
DENIZE, ciseleur et émailleur.
GALLARD, connu pour bien traiter les fleurs.
GÉérarD De Bècux, ivrogne et ciseleur incomparable, auquel on doit une masse de petits chefs-d’œuvre. Tous les bijoux, toutes les tabatières, toutes les montres, ciselés de bergerades ou de sujets mythologiques, sont invariablement attribués à Gérard de Bèche. C’est une idée bien naturelle, d’ailleurs, d'attribuer un ouvrage sans nom d'auteur au plus habile maître du genre.
L'Exposition universelle de 1867 était très riche en montres ciselées et émaillées des règnes de Louis XV et de Louis XVI. La magnifique collection de Mme d’Argeville s’y fit particulièrement remarquer. Parmi les sujets traités, nous mentionnerons les suivants : Mars et Vénus — Vénus au bain — Vénus et Adonis — la Toilette de Vénus --— Flore assise à côté de l'Amour — Vénus et Enée — Enée et Didon — Sacrifice d'Iphigénie — Mort de Cléopâtre — Combat d’un Lapithe et d’un Centaure — Sainte- Famille — Mariage de la Vierge -— Berger aux genoux d’une bergère — Berger jouant de la flûte près d’une bergère — Berger faisant jouer de la flûte à une bergère — Atelier de peinture — Scène de buveurs.
Quant aux horlogers qui ont exécuté les mouvements de ces jolies montres, les voici tels qu'ils sont inscrits. Style Louis XV : AGERON A PARIS. — J. B. BAILLON, A PARIS. — FRANÇOIS BELLIAN, Paris. — BouveL, PARIS. — CoLarb, PARIS. — DurALGA, PARIS. — Du TERTRE, PARIS, — P. FLOURNOY. — GAUDRON, A PARIS. — GIRAUD, PARIS, — GODDELAINE A PARIS. — GOSSELIN, A PARIS, — HAMILTON, LONDON. — HERBAULT, PARIS. — PIERRE JAR, BLOIS. — AMY-JEAN JAQUET. — ANTOINE JOLY, PARIS. -— LEPAUTE, PARIS. — LÉPINE, A PARIS. — JULIEN LE RoOY, PARIS. — LESANCHEUR, HOR- LOGER DU Rot, A PARIS. — MAIRE, HORLOGER DE LA REINE À NANCY. — MASSAN, Paris. — MAsson, PARIS. — BALTAZAR MARTINOT, A PARIS. — MERCIER, Paris. — Morrer, PARIS. — J. PANIER A PARIS. — FRANÇOIS RICHARD. — ROMILLY, A PARIS. — TERROT — THUILIER. — VERDIER, A PARIS.
Style Louis XVI : FRANGÇOIS BAILLON, A CHOUDENS. — FRANÇOIS BÉCHART. — BERTHOUD, PARIS. — DUTERTRE,A PARIS. — E. JACQUES, A PARIS. — JODiN, A PARIS. — LÉPINE A PARIS. — MALET, PARIS .— Maussions À METZ. — MaAUSssoN À PARIS. — ROBIN, HORLOGER DU Ror. — Micez VIEUX.
Quand Voltaire se retira à Ferney, il établit dans la contrée une fabrique d’horlogerie dont le succès fut rapide. Les montres qu’on y fabriquait étaient ornées d'un médaillon en émail représentant soit un buste de jeune femme, soit un sujet pastoral. Ge
genre,accompagné de perles d'acier, fut en faveursous Louis XVI. N'’en déplaise à quelques enthousiastes et à messieurs les marchands de curiosités, ces montres n'ont pas une grande valeur, malgré leur séduisant aspect. Cela tient d’abord à ce qu'elles sont moins riches, moins soignées, et puisau médaillon fait à la grosse et sans aucun mérite. Au contraire, dans les montres des époques précédentes, les émaux confiés à des mains plus habiles sont traités avec soin. On a fait sous l’Empire des montres émaillées, représentant de grandes femmes assez mal peintes; elles rappellent une époque de décadence et n’ont qu'un intérêt relatif.
Pendant le XVIIIe siècle, au mariage des princes et princesses, à la cour de France, les montres ont fait partie des bijoux de la corbeille ; quelques-uns de ces bijoux, parmi les plus riches, ainsi que nous l'avons déjà observé, restaient à la princesse, tandis que les autres étaient offerts aux personnages de la cour.
En 1745, dans la corbeille de la Dauphine Marie-Thérèse- Antoinette, infante d'Espagne, nous trouvons treize montres s’élevant au prix de 43,838 liv. — Deux années plus tard, au second mariage du Dauphin, avec Marie-Josèphe de Saxe, celle-ci recoit vingt et une montres cotées 18,664 livres. Elles sont distribuées à deux huissiers, à la dame d’atours, à M"‘ du Roure, de Pons, de Champagne, à M. deBayeux, à MM. de Mirepoix, de Coigny, de Muy fils, à M. de la Vigne, médecin, etc.
La corbeille de Marie-Antoinette, en 1770, ne compte pas moins de trente-deux montres. Parmi les destinataires, nous remarquons : la Mise de Duras, la Gsse de Noailles, les ducs d'Aumont et de Villequier, le Vte de Boisgelin, le Chier de Monteil, MM. Hébert, de Clavignac, de la Roche-Aymon, etc.
Pour le mariage du comte de Provence, voici le résultat denos recherches : Mue de Valentinois, une montre émaillée, à fond de tableau, garnie d’un cercle de roses de Hollande. 2,400liv. — Le C& de Duras, une montre d'or, de Lépine, émaillée sertie de diamants. 3,400 liv. — M. de la Touche, une montre d'or sertie de diamants, 4,610 liv. — M. de Monteil, une montre de 900 liv.
En 1773, la montre de la Cs$e d'Artois coûte 6,039 liv. sans compter la clé et le cachet valant ensemble 1,261 liv. — La chaine de la montre et celle de l’étui s'élèvent à 46,350 liv. L'étui de côté, en or, enrichi de brillants, d'émeraudes et de rubis, est de 19,042 Liv. Les autres montres sont ainsi réparties : Le Mal de Richelieu, une montre d’or, garnie de diamants, 6,039 liv. — M. Le Coutelier, écuyer du Roi, une montre d’or de couleur, à répétition, dans un étui faux, 700 liv.— M. Tortillière, premier valet de chambre du prince, une montre à répétition, garnie de
diamants, 1,180 liv. — M. de Lugny, premier valet de garderobe, une montre d'or à répétition, 700 liv. — M. de la Grange et le Chier de Bailly, chacun une montre d'or de couleur, à répétition, 700 liv. — M. l'Intendant d'Orléans, une montre à répétition, à cercle, aiguilles et bouton de diamants, boite en or de couleur, dans son étui faux, cordon, clé et cachet. 4,150 liv. — M. Bourdon, dentiste, une montre d’or à répétition, la boîte et les aiguilles serties de diamants. 4,080 liv. — Mme de Bourbon-Busset, dame d’atours de la princesse, une montre d’or, enrichie de diamants, 2,000 liv. — Mme de Roquemont, première femme de chambre, une montre et une chaine, 1,050 liv. (Arch. Nat. 0! 3252. — 01 3253. — 01 3027. — 0! 3029. — 0! 3031. — 0' 3040.)
En 1774, tous les médecins du Roi reçoivent chacun un bijou, consistant en une montre ou une tabatière. C'est l’année de la mort de Louis XV, et ces dons gracieux expriment, à n’en pas douter, un témoignage de gratitude pour les soins donnés au Roi, pendant sa dernière maladie. MM. Lieutaud, de la Bordère, de la Saône et Richard, sont inscrits pour des tabatières d’or de couleur, ciselées, émaillées; les docteurs Portal, Depré et Jauberthou ont des montres en or de couleur, àrépétition, avec aiguilles et boutons de diamants, et une chaîne, estimées 1,030 liv., 1,200 liv., et 1,400 Liv. (Arch. nat. 0! 3045.)
La montre figure assez rarement au nombre des présents diplomatiques. Le 10 août 1677, le ministre des affaires étrangères envoie au Mis de Béthune, ambassadeur en Pologne, une série d'objets de prix pour être distribués, suivant l’ordre du Roi; on y trouve douze montres à boîtes d’or, valant seulement 2,102 liv. Ces petits présents étaient désignés sousle nom de présents surnuméraires. Les autres pièces se composaient de boîtes à portrait, de médailles d’or, à l'effigie du Roi, d’écharpes d'or et d'argent, de fusils et de pistolets. (Arch. du Min. des Aff, étr. Ar volume des présents du Roi, n° 402.)
On fait remonter à Louis XI les premiers statuts de la corporation des horlogers. Nul ne pouvait se livrer au commerce sans avoir obtenu la maîtrise (c’est-à-dire le titre de maître). Pour y arriver, il fallait huit années d'apprentissage et l'exécution du chef-d'œuvre. Avant de s'établir, on devait encore verser 900 livres.
Chaque année, le jour de la Saint-Eloi, patron de la communauté, celle-ci nommait ses prud'hommes, ses syndics et ses gardes visiteurs. Les prud'hommes, chargés de rendre la justice, vidaient les différends entre les maitres, les compagnons et les
apprentis. Les syndics veiflaient aux intérêts de la communauté. Les gardes visiteurs s’assuraient de la bonne exécution des produits. A tout heure du jour et de la nuit, ils pouvaient se présenter dans les ateliers; après l'inspection, leur devoir était de se saisir des pièces défectueuses, ce qui entrainait pour le délinquant une amende plus ou moins forte au profit de la société. Ces statuts garantirent de la cupidité et excitèrent de nobles rivalités.