BEAUX-ARTS
LEINTURE
ARLAUD (Jacques-Antoine), né à Genève, en 1668, mort dans cette ville, en 1743. « Dès l’âge de vingt ans, dit Mariette, il vint à Paris, où, avec de la conduite, un peu de charlatanisme et du talent, il a trouvé moyen d’amasser plus de 40,000 écus. Il était principalement lié avec les étrangers qui venaient à Paris et faisait pour eux de petits portraits qui lui étaient chèrement payés. La partie de M. Arlaud était l'intelligence ; il savait rompre les couleurs à propos, et en cela, il suivait le plus qu'il pouvait Les principes du Titien et des autres coloristes. » (A becedario.)
Jacques-Antoine donna des lecons de peinture au duc d’'Orléans, qui le prit en amitié et Le logea au château de Saint-Cloud, « Les miniaturistes, disait le prince, n’ont fait jusqu'ici que des images ; Arlaud leur a appris à faire des portraits ; sa miniature s'exprime aussi fortement que la peinture à l'huile. » (Sennebier, Æistoire littéraire de Genève.)
Bexoîr ARLAUD (1719), frère de Jacques-Antoine et LOuIS-AIMÉ ArLAUD, né en 1752, ont fait aussi des miniatures admirables. Ce dernier se montra supérieur aux deux autres par la pureté de son dessin et l'expression de ses physionomies.
ARMANCOURT (Jean-Augustin Massavy d’). Portraitsen miniature et aux trois crayons. Membre de l’Académie de St-Luc, dès 1761. En 1776, il exposa des miniatures «qui ont été fort applaudies ». (Almanach historique.)
AuBry {Louis-François), né à Paris, en 1767, mort en cette ville Le 46 juin 4851. Miniature et dessin. Élève de Vincent, puis d'Isabey. Il prit part à presque toutes les expositions, depuis 1798 jusqu'en 1833. Après avoir obtenu plusieurs médailles, il fut décoré en 1832; l'année précédente, il avait exposé le portrait de la Reine Amélie.
En 1804, Louis-François exposa trois miniatures et un dessin, exécutés d’après nature, qui lui méritèrent des éloges. On lit dans'un compte rendu de l'Exposition de peinture, pour l’année 1804, Pasquino et Scapin au Museum : « Get Aubry, qui fait des figures si mignonnes et siressemblantes, ne charmerait-il pas tes yeux? Aubry fait beaucoup d'honneur à son maitre et limite parfaitement par la ressemblance et par le moelleux de son pinceau. On voit, dans ces figures, circuler le sang et briller les passions. » Voilà pour les miniatures, voici pour le dessin : «...C'est un dessin achevé par ses belles formes, par sa précision et son élégance. C’est un modèle de beauté, parce que toutesles parties sont bien dessinées et bien arrangées. » Aubry s’est acquis une bonne réputation, mais inférieure à celle d'Isabey. Dessin plus sec que celui du maître, carnations moins rosées.
Vente Jacob, 1862. — Tabatière d'or avec portrait de Napoléon I, signé : Augry. 560 fr.
Vente San-Donato, 1880. — Portrait de Joséphine, miniature ovale. 1,250 fr.
AUGUSTIN (Jean-Baptiste-Jacques), né à St-Dié (Vosges)en1759, mort du choléra à Paris en 1832. Portraits à l'huile, en miniature et en émail. Premier peintre en miniature de la chambre et du cabinet de Louis XVIII. Augustin étudia seul et se forma sans maître. Le livret de 1796 le qualifie d'élève de la nature et de la méditation. Ses portraits sont vivants, d’un fini extraordinaire, d’un coloris splendide; ils n’ont pas ce teint de lis et de roses des bergères de Boucher et de son école, et ses œuvres prennent rang parmi celles des plus grands peintres en miniature et en émail.
a Ge charmant peintre, dit M. Théodore Le Jeune, ne dut son talent qu'à lui-même. La perfection fut son partage. Ses portraits à l'huile sont aussi remarquables que ses portraits en miniature ou sur émail. Dans les uns comme dans les autres, il règne un
LA
dessin correct sans afféterie, une couleur riche et vigoureuse, un tour de pinceau léger et gracieux qui pourraient exciter l’envie de plus d’un artiste. (Guide de l'amateur de tableaux, Paris, 1863.)
Au Salon de 1796, Augustin exposa son propre portrait, œuvre admirable, dont il reçut les éloges les plus flatteurs. A cette occasion, on lit dans les Étrivières de Juvénal ou Satire sur les les tableaux exposés au Louvre l'an V :
Augustin tu t'es surpassé,
Ton portrait est peint comme un ange Et l'on peut dire à ta louange, Qu'Isabey seul t'a devancé.
Dans une autre brochure, Cantique du Salon, ou les Tableaux en vaudeville, on remarque ces huit vers, à propos du mème portrait :
Expression et vérité,
Accord de couleur, harmonie, Jean-Augustin, en vérité,
A l’ivoire, a donné la vie;
Il respire le sentiment.
Ce portrait que tout le monde aime; Pour peindre l'auteur dignement,
Je crois qu'il faut être lui-même.
Dans le Pausanias français (Salon de 1806), Le talent d'Auguslin est qualifié de miraculeux. Le même ouvrage renferme cette exclamation enthousiaste, à propos du portrait de Calamard, statuaire : « C'est la plus belle tête en miniature qui ait jamais été faite. »
« L'incontestable talent d’Augustin, dit M. Reiset, sa grande réputation ne le préservèrent pas des caprices de la mode. Ce fini surprenant, que l’on admirait tant de 1800 à 1820, finit par paraitre un peu froid aux yeux des amateurs qui, vers 1825, se prirent à préférer la touche plus large, plus vive de Saint et de Mme de Mirbel. » (Motice des dessins, cartons, pastels, minialures el émaux exposés au musée du Louvre), ® partie, Paris 1869.
Augustin a participé avec honneur aux diverses Expositions de 1791 à 1831. Il a formé bon nombre d'élèves distingués parmi lesquels on compte sa femme Me Augustin, Fontallard, le V' Henri Desfossez et la célèbre Mme de Mirbel.
Les plus beaux portraits en émail exécutés par le premier peintre en miniature de Louis XVIII sont ceux de Denon, de
Napoléon I, de Joséphine et de William Bentinck, gouverneur des Indes.
Vente de M°° de la B.,1864. — Mi Raucourt, miniature ovale, signée : AUGUSTIN, 1790. Bordure en or, à réverbère et à pois émaillés blancs. 1,160 fr.
Vente Allègre, 1872. — Mie Duthé, vue à mi-corps, vêtue de blanc, le sein découvert. Miniature ronde signée : AUGUSTIN 4794. 4,300 fr. — Portrait de Napoléon I, dans un cadre à réverbère en or, à filet d'émail bleu. 2,550 fr. — Grande boîte ronde en écaiile blonde, posée et galonnée d’or, surmontée du portrait de Mme Récamier, signé ; AUGUSTIN, 1801. 3,550 fr. — Cette boîte fut donnée à Brillat-Savarin par la belle Mme Récamier.
AUGUSTIN (M"°), femme et élève de Jean-Baptiste.
Elle cultiva le genre de son mari et fut médaillée en 1824; cette même année, elle exposa les portraits du jeune Lambert Massard et d’Abel de Pujol. Nous voyons figurer son nom pour la dernière fois au Salon de 1838,
« M Augustin, dit M. Théodore Le Jeune, reçut de son mari les premiers principes de la peinture, et plus d'une fois, dans la suite, elle fut chargée d'exécuter des répétitions pour les familles : écueil d'autant plus dangereux pour la bonne foi, que souvent la copiste exécuta les accessoires dans les ressemblances dues au pinceau de son mari. Sa touche est pourtant plus effilée, son pointillé moins régulier et sa couleur générale plus jJaunâtre. »
Baïzzy (Jacques), né à Graçay (Cher) vers 1629, mort à Paris le 2 septembre 1679. Fleurs et fruits en miniature. Artiste de talent, recu à l’Académie royale de peinture le 30 juin 1663. Son morceau de réception était un vase de fleurs peint sur vélin. En 1667, il obtint du Roi, un logement au Louvre, dans la galerie « des illustres », comme on disait alors. D’après le dictionnaire de Jal, Bailly faisait aussi des ouvrages « façon de la Chine ». En quoi consistaient ces ouvrages ? C’est ce que nous ignorons. Jacques Bailly était l’arrière-grand-père du fameux maire de Paris, mort si courageusement en 1793.
BaprisTE florissait sous Louis XVI. En 1790, le Journal de Paris publiait l'annonce suivante : « Le sieur Baptiste, peintre, rue St-Denis , à la Gerbe d'or, n° 381, fait les portraits en grand à l'huile; il peint aussi la miniature de trois quarts et de profil ; il prend six livres pour le profil et neuf livres, s’il est colorié,
pour le portrait en camée. Les portraits à l'huile et en mignature dépendent de la proportion dans laquelle on les désire; on ne peut en fixer le prix. Le sieur Baptiste a lieu d'espérer que les personnes qui lui feront l'honneur de s'adresser à lui seront satisfaites de la ressemblance. » (Page 1186.)
BATTonI (le chevalier Pompée), né à Lucques en 1708, mort à Rome en 1787. Histoire, portrait et miniature. Élève de G. Dominico Brugieri et de G. Dom Lombardi, Attiré jeune à Rome pour y étudier les maîtres, il se fixa dans cette ville des merveilles, où son talent le fit promptement remarquer. Il tint école, forma de bons élèves et rivalisa de réputation avec Raphaël Mengs, qui passait pour le premier peintre de son époque.
Battoni a fait, soit à l'huile, soit en miniature, les portraits d’une foule de personnages illustres dans les arts, la noblesse et le clergé. Ses portraits respirent la vie et l'intelligence; la beauté des attitudes s’y joint au charme du coloris. Suivant Mariette, ce grand artiste n'eut pas de maîtres; il étudia d’abord l’orfèvrerie. « Une tabatière ornée d'une miniature lui ayant été confiée, il s’avisa d'essayer de copier la miniature, et il y réussit si bien, que la copie surpassa l'original. »
Baupouin (Pierre-Antoine), né en 1723, mort en 1769. Gouaches. Sujets libres. Élève et gendre de Boucher. Artiste médiocre, qui chercha le succès dans les sujets érotiques, à une époque dissolue. Ses tableaux sans effet sont d’un dessin sec et d'une couleur grise. Grâce à son beau-père, il entra à l'Académie en 1763, comme peintre en miniature et présenta pour son morceau de réception Hypérides plaidant la cause de Phryné devant l'Aréopage. Le défenseur était représenté au moment où il découvre la courtisane pour la montrer nue à ses juges. Baudouin mourut jeune, épuisé par le travail et les plaisirs. On l’appelait le peintre des grâces, C'était un homme laborieux, dit Mariette, d’un caractère affable, aimé de son beau-père, avec lequel il travaillait. Il aurait dû s’en tenir aux scènes galantes, mais il eut le tort d'aborder trop souvent les sujets licencieux. Grimm écrit dans sa Correspondance : « Baudouin s’est fait un petit genre lascif et malhonnête, qui plait fort à notre jeunesse libertine. »
Diderot, avec son esprit humoristique, s'exprime ainsi, au sujet de Baudouin, dans son compte rendu des Salons de 1765 et 1767 :
« Bon garçon, qui a de la figure, de la douceur, de l'esprit, un peu libertin; mais qu'est-ce que cela me fait? Ma femme a ses
quarante-cinq ans passés, et il n’approchera pas de ma fille, n lui ni ses compositions. »
Il y avait au Salon une quantité de petits tableaux de Baudouin, et toutes les jeunes filles, après avoir promené leurs regards distraitssur quelques tableaux, finissaientleurstournées à l'endroit où l'on voyait la Paysanne querellée par sa mere et le Cueilleur de cerises; c'était pour cette travée qu’elles avaient réservé loute leur attention. On lit plutôt à un certain âge un ouvrage libre qu'un bon ouvrage, et on s'arrête plutôt devant un tableau ordurier que devant un bon tableau. Il y a même des vieillards qui sont punis de la continuité de leurs débauches par le goût stérile qu'ils en ont conservé. Quelques-uns de ces vieillards se trainent aussi, béquille en main, dos voûté, lunettes sur le nez, aux petites infamies de Baudouin. »
«Il y a aussi des miniatures et des portraits, de jolis portraits, et assez joliment peints : un Sylène porté par des satyres : durs, secs, rougeätres et Les satyres et Le sylène. Tout cela n’est pas absolument sans mérite; mais il y manque... comment diraije ce qu’il y manque? cela est difficile à dire et très essentiel à avoir, et malheureusement cela ne vient pas comme les champignons...Mais pourquoi est-ce que je suis si embarrassé? Jamaisles femmes ne me devineront. Il y eut une fois un professeur de l’Université qui tomba amoureux de la nièce d'un chanoine en lui apprenant le latin, il fit un enfant à son élève. Le chanoine s’en vengea cruellement. Est-ce que Baudouin aurait montré le latin, et fait un enfant à la nièce d’un chanoine? Et que Dieu, mon ami, vous ait en sa sainte garde ; et si ce n’est pas sa volonté de vous garantir des nièces de chanoine, qu'il vous garantisse au moins des oncles. »
Nous terminerons par une appréciation du célèbre critique, tout à fait favorable à Baudouin : « ...Sa Chaumière est encore mieux peinte et d’un meilleur effet que sa Crèche, peu s’en faut que ce ne soit une excellente chose, car c'en estune très bonne.»
En1764, Baudouin fut chargé de peindre, moyennant 1,200 liv., les six côtés d'une boîte à cage, destinée au Dauphin, fils de Louis XV. En voici les sujets : Les Grâces enchaînant l'Amour. Nymphe blessée par l'Amour, en cueillant une rose. Nymphe faisant une couronne de roses et l’Amour lui préparant les guirlandes. Nymphe regardant les caresses de deux pigeons. Un Amour, volant dans les ténèbres, les yeux bandés, laissant tomber d'une main des traits, et, de l’autre, son flambeau, dont il va incendier l'univers. La tabatière sur laquelle on monta ces gouaches fut payée à Tiron de Nanteuil 16,742 liv.
En 1766, l'artiste recut encore deux commandes royales et représenta, en miniature, le Roi à la bataille de Fontenoy, puis le Dauphin passanten revueson régimentau camp de Compiègne. La facture acquittée de Baudouin s'élève à 840 Liv. (Arch. nat., 013011, 013014.)
Vente Æ. V., 4872. — L'Épouse indiscrète, gouache (0,30 sur 0,27). 2,180 fr. — La Soirée des Tuileries, gouache (0,29 sur 0,24). 880 fr. — La Déclaration (0,29 sur 0,21). 355 fr. — L'Arrivée du mari (0,27 sur 0,21). 150 fr.
Baur (Henri), né en Suisse en 1777, peintre en émail et sur porcelaine. Il résidait à Paris, où il donnait des leçons particulières. En 1812,.il exposa, sous le nom de Dilh, Valentine de Milan sur porcelaine, d'après Richard, et, en 4819, un portrait de Louis XVIII, grandeur naturelle, également sur porcelaine.
Parmi ses portraits en émail, nous citerons ceux de M'° de Rambouillet, Salon de 1831, et de Mme de Nemours, d’après Largillière, Salon de 1834.
Baur (Guillaume), né à Strasbourg en 1600 ou 1610, mort à Vienne en 1640. Graveur à l’eau-forte et peintre en miniature. Il prit des leçons de son compatriote Brendel et voyagea en Italie. A Rome, il fut accueilli par le cardinal Bracciano, pour lequel il travailla pendant plusieurs années. Il séjourna à Naples, puis à Venise et de là se rendit à Vienne auprès de Ferdinand IIF, qui le prit à son service. C’est dans cette ville qu'il exécuta ses plus belles miniatures, toujours peintes à la gouache sur vélin.
L'Empereur lui fit aussi décorer des cabinets portatifs garnis d'ornements d'or, d'argent et de pierres dures. « Un de ces cabinets, dit Dargenville, fut offert par Ferdinand au cardinal Mazarin ».
Baur mourut jeune ; cependant, grâce à ses goûts laborieux, et à son travail facile, il laissa 250 planches gravées et un assez grand nombre de miniatures représentant divers sujets, tels que: la Vie du Christ et la suite de la Passion, — des paysages, des chasses, des combats, des marchés, des cavalcades, des processions, des marines, des vues de jardins et de palais, etc.
On remarque, chez Guillaume Baur, ses compositions savantes, la belle ordonnance de ses monuments d’architectureet la manière dont il a su grouper et faire mouvoir une infinité de personnages sur un vélin de petite dimension, souvent inférieure à six pouces carrés.
Vente Eugène Tondu, 1865. — Vue du quai de Venise, bordé de
palais ét animé de figures nombreuses. 552 fr. — Décapitation d'un saint personnage : 230 fr. — Le Baptême de saint Jean et le Christ partant pour la pêche miraculeuse ; les deux min. : 340 fr. — Vue d’un quai de Venise et le Départ d'une flotte; les deux pièces: 382 fr. — La Crèche et le Calvaire ; les deux min.: 305 fr. — Les places et colonnes Trajane et Antonine à Rome ; les deux vélins : 301 fr.
BERNARD (Samuel), né à Paris en 4615, mort dans cette villeen 1687. Peintre et graveur. Élève de Simon Vouet et père du fameux traitant Samuel Bernard, anobli par Louis XIV. Membre de l'Académie de peinture, lors de sa fondation, en 1648. Il exécuta à la gouache et en miniature des portraits, des paysages et des tableaux d'histoire. Salon de 1673. (Samuel Bernard, professeur.) « Un petit Jésus de miniature en ovale et un petit paysage en quarré. »
BLARENBERGHE (Louis Van), né à Lille en 1719. Marines, paysages avec figures ; scènes villageoises, peintes à l'huile et surtout à la gouache. Fils de Jacques-Guillaume Van Blarenberghe, peintre flamand, qui vint se fixer à Lille, où il mourut en 1742. Louis Blarenberghe est le plus grand peintre en miniature, à la gouache, du X VITE siècle ; il touche à la perfection, ses œuvres sont des merveilles de grâce, de finesse élégante. On sent que son imagination déborde; la composition, chez lui, est vive, féconde, abondante ; ses attitudes sont vraies, naturelles et son coloris des plus harmonieux. Blarenberghe vivait à Paris ; vers 1773, il fut envoyé à Brest comme peintre de la marine, mais son brevet n’est que du 13 janvier 1775 ; il avait emmené avec lui son fils Henri-Joseph, dans l’habileté duquel il trouvait un précieux auxiliaire. Louis Blarenberghe fit toutes les vues de la ville et du port de Brest. Ces vues sont admirables de vérité et d'effet. Elles doivent être conservées au ministère de la marine.
Depuis longtemps, l'artiste s'était conformé aux goûts de son époque en peignant, sur des éventails, sur des tabatières et bonbonnières et jusque sur le chaton des bagues, de véritables merveilles microscopiques qu’on payait déjà des prix élevés. En voyant ces noces de villages, ces fêtes militaires, ces paysages aux sites grandioses, animés par une infinité de personnages et contenus dans un espace parfois plus petit que l’ongle du pouce, on admire le talent avec lequel ce maître a pu réunir dans un cadre aussi restreint, toutes les qualités d'effet, de mouvement et
d'expression des plus grandes compositions. Louis Blarenberghe a fait aussi quelques beaux tableaux à l'huile.
Parmi les trente-sept tabatières fournies par le bijoutier £ageret, en 17714, à l'occasion du mariage du comte de Provence, nous en trouvons une ainsi facturée : « Une très grande boite carrée montée à cage et peinte en miniature, par Blarenberghe, sous cristaux. 2,000 Liv. » (Arch. Nat., 013031.)
Musée de Versailles. — Vingt-deux gouaches représentant des batailles du règne de Louis XV.
Vente Demidoff, 1863.— Boîte ronde, ornée du château de Bercy 7,465 fr. — Boîte d'or à deux miniatures, l’une dessus, l’autre dessous, figurant une salle d'opéra et un feu d'artifice sur l'eau, signées : VAN BLANBERGHE. 10,750 fr.
Vente Ve Clère, 1872. — Une danse de village, vélin monté en bague, signé : Van BLARENBERGHE. 1,410 fr.
Vente Allègre, 4872. — Boîte en or ciselé, enrichie de six miniatures sur vélin, offrant des scènes d'intérieurs et des sujets champêtres. Le médaillon du couvercle signé : V. BLARENBERGHE, 1767, représente la visite à la nourrice et se compose de neuf figures. 27,200 fr.— La Visite à la ferme et le Jeu du volant, miniatures carrées sur vélin. 3,350 fr. — La Foire de Saint-Germain, superbe miniature ovale sur vélin signée : VAN BLARENBERGHE, 1763. 30,100 fr.
Hôtel Drouot, 1878. — Scène champêtre à huit personnages, sur vélin monté en bague. 660 liv.
Vente Léopold Double, 1881. — Le Camp, tableau sur bois
(0,43 sur 0,16). 27,500 fr. — Le Transport du rocher qui sert de base à la statue de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg ; sur une boîte ovale, Louis XVI, en or guilloché, émaillé de rouge, 41,800 fr. — Scène champètre de quatorze figures, signée : VAN BLARENBERGUE ; sur une petite boîte oblongue, Louis XVI, en or guilloché, émaillé de vert. 43,000 fr. — Une fête de village, composée de plus de quatre-vingt figures, signée VAN BLAREN- BERGHE ; sur une boîte ronde Louis XVI, en or ciselé à perles en relief, et décorée de panneaux d'émail gris perle sur fond guilloché. 20,100 fr. — Le Retour du baptème et la Visite à la nourrice ; sur une boîte ovale en or guilloché. 30,000 fr.
BLARENBERGHE (Henri-Joseph Van), né à Lille en 1741, mort en 1893. Miniature à la gouache. Fils et élève de Louis Blarenberghe, doni il égala presque le talent. Doué d'une grande habileté de main, il parvint à s’assimiler, si bien le genre et la manière de son père, qu’il est difficile de distinguer les œuvres de chacun des deux artistes,
Henri-Joseph fut nommé maître de dessin des Enfants de France, en survivance d’un certain N. Sylvestre, qui vivaitencore à l'époque de la Révolution. Il est donc supposable que Blarenberghe remplit rarement les fonctions de sa charge. Quoi qu'il en soit, son titre lui valut de nombreux élèves parmi les familles aristocratiques, et ce fut à qui posséderait à la ville et à la cour quelque petit chef-d'œuvre des deux Blarenberghe. A la chute de la monarchie, ruinés par le nouveau régime, ils retournèrent à Lille. Henri-Joseph fut nommé conservateur du musée de peinture, et mourut le 4°" décembre 1826, honoré et regretté de ses concitoyens.
DE LA BolssiÈRE, « Damoiselle, » florissait à la fin du règne de Louis XIV. Elle a travaillé quelque temps pour les présents diplomatiques. Ses petits portraits de Louis XV enfant lui étaient payés 60 liv. et placés dans de riches boîtes en or, garnies de diamants.
38 mai 1715. — Une boite enrichie de 48 diamants ornée d’un portrait, par la Damoiselle de la Boissière, «donnée au Cte Baudry, envoyé de M. le Grand-Duc de Toscane. 5,772 Liv.»
18 septembre. Une boîte à portrait, sertie de 64 diamants offrant le portrait du Roi peint parla Damoiselle de la Boissière,et donnée au Cie deSt-Maurice, envoyé de l’Électeur de Cologne. 3,144 liv.
Dans les deux exemples suivants les portraits de l’enfant Roi sont encore de notre artiste.
41 mai 1717. — Une boîte à portrait, enrichie de 48 diamants pour le Ct£ Guicciardi, envoyé de Modène. 3,335 liv.
29 décembre 1717. Une boîte à portrait de 24 diamants roses, pour être donnée au sieur Hérens, à Vienne, intendant des médailles de S. M. Impériale, « en considération de la médaille d’or qu'il a envoyée au feu Roi Louis XIV. » (Arch. du Min. des Aff. étr. XV° Registre des Présents du Rot, 1714.)
Borssieu (Jean-Jacques de), né à Lyon en 1736, mort en 1810. Portrait et paysage. Destiné d’abord à la magistrature, il y renonça bientôt pour se livrer aux arts. Il étudia sous la direction de Frontier et s’appliqua beaucoup à imiter les paysages hollandais. En 1760, après avoir fait de rapides progrès, il vint à Paris, où il entretint d’amicales relations avec les artistes les plus en renom. Ayant eu la bonne fortune de trouver un protecteur dans la personne du duc de La Rochefoucauld, celui-ci l’emmena en Italie. De Boissieu mit ce voyage à profit pour compléter ses études.
De retour à Lyon, sa santé délicate le força de renoncer à la peinture à l'huile ; c'est alors qu'il s’adonna exclusivement au dessin et à la gravure. De Boissieu a fait de beaux dessins à la sanguine, à la pierre noire, à la plume lavés à l'encre de Chine. à la mine de plomb sur vélin. Il a signé parfois D. B.
Ce maitre a exécuté aussi, à la plume et au crayon, de ravissants dessus de boîtes; leur exquise finesse est telle, qu'on serait tenté de les attribuer à l’un des deux Blarenberghe.
Vente Jacquinot-Godard, 1859. — Dessin à la plume et colorié, par de Boissieu, sur une grande boîte en racine. 205 fr.
Vente Fould, 1882. — Scène d'intérieur à trois personnages, dessin signé : De Boissizu, 1769. 850 fr. — Tabatière oblongue, montée à cage, ornée d’un paysage à la mine de plomb de la plus grande finesse. (Deux groupes de figures.) 4.700 fr.
Borr (Charles), né à Stockholm vers 1663, mort à Paris Le 6 février 4727. Émail et miniature. Son père était francais et le mit en apprentissage chez un joaillier. L'enfant, très heureusement doué, fit de rapides progrès, puis il passa en Angleterre, où ses petits portraits en émail lui furent largement payés. De Londres, Boit se rendit à Vienne. Là, il peignit sur une plaque d’or de 48 pouces de haut sur 12 de large les portraits en émail de la famille impériale d'Autriche.
En 1715, il vint se fixer en France ; l'Académie de peinture lui ouvrit ses portes, deux ans plus tard. Le Régent lui commanda son portrait, celui de Louis XIV, puis celui du jeune Roi Louis XV. Ce dernier portrait fut livré au mois d'août 1718, ainsi que nous l'apprend le Mercure de France : « Le sieur Boit, fameux peintre en émail, membre de l’Académie royale, ayant été introduit par M. le duc d’Aumont au lever du Roy, eut l'honneur de présenter le portrait en émail qu'il avait de Sa Majesté. Il en fut recu très gracieusement. » Charles Boit obtint du Régent le logement, première faveur bienfôt suivie d’une pension.
Boz (Hans ou Jean), né à Malines en 1534, mort à Amsterdam en 4593. Graveur à l’eau-forte, peintre de paysages en détrempe et en miniature. Hans fit ses premières études dans sa ville natale. Dès l’âge de seize ans, il partit pour Heidelberg et travailla au palais de l'électeur palatin. Deux ans après, il revint à Malines où il se fit remarquer par ses beaux paysages ornés de figures, savamment conçus et exécutés avec beaucoup d'art. En 4582, la ville ayant été saccagée par les Espagnols, Bol se réfugia à Anvers dans un état de dénûment complet, Son talent lui
procura des ressources. Il peignit des miniatures qui furent très recherchées des amateurs. Après douze années de séjour à Anvers, fuyant de nouveaux troubles, il alla d’abord à Delft, puis à Mons; puis, en dernier lieu, à Amsterdam, où il mourut. D'habiles graveurs ont reproduit ses compositions.
Hôtel Drouot, 1862. — Deux miniatures gouachées sur vélin, datées de 1659 et figurant des vues de villes et de villages animées de personnages. 460 fr.
Boxe (Henry), né à Turo (Angleterre) en 1755, mort en 1834, peintre sur porcelaine, en minialure et en émail. Il débuta en 1771, dans la manufacture de porcelaine de Plymouth, et vint à Bristol, lorsque l'établissement y fut transféré. En 1778, il s'établit à Londres, où il peignit sur des bijoux des devises et autres ornements émaillés. La mode ayant changé, Bone s’occupa quelque temps de miniature, puis il entreprit avec succès la peinture artistique en émail. En 1794, la Fille endormie, émail d’après Reynolds, le fit avantageusement connaître. Il exécuta depuis de beaux portraits en ce genre, qui établirent sa réputation.
Vente Lecarpentier, 1865. — Portraits de John Norris et de John Down, 255 fr.
Bone (Henry -Pierre), fils et élève d'Henry Bone. Il a fait quelques tableaux à l'huile, mais il pratiqua surtout la peinture en émail.
BoquerT, «dessinateur, peintre et inspecteur général des Menus- Plaisirs du Roy, » a beaucoup travaillé pour Louis XV.
Il apparaît sur les comptes des Menus dès 1752 avec le titre de peintre et dessinateur et son nom se retrouve sans cesse jusque sous le règne de Louis XVI.
L’Almanach historique, Paris 1776, mentionne Bocquet, « dessinateur de costumes de théâtre, rue d'Orléans-St-Martin. » Ce doit être le même artiste dont le nom est diversement écrit avec ou sans c. Boquet n’était pas seulement un habile dessinateur, c'était encore un très bon miniaturiste.
Boquer (M'!) florissait dans la seconde moitié du XVIIT° siècle. L'Almanach historique.…., Paris, 1776, la cite comme peignant « le portrait et les fruits, rue St-Denis ». Si c'est la fille du précédent, elle ne demeurait pas avec son père: dans tous les cas, elle travâillait pour les Menus-Plaisirs en même temps que ce dernier en 4773, et présentait une note de 3,360 liv, dont voici le détail :
6 portraits ovales (en miniature), dont 4 du Dauphin et 2 dela Dauphine. 1,440 liv. Avoir peint et copié d'après Vanloo 4 portraits du Roi, en grand habit de l'Ordre du S'-Esprit. 1,920 liv. (Arch. Nat., 013043.)
Bornes (Joseph), né à Toulon, en 1773. Miniature et aquarelle. Après avoir fait ses premières études à l’académie de Toulon, il alla résider à Paris, où il devint élève d'Isabey. Bordes s’est acquis une certaine réputation, tout en restant inférieur à son maître comme coloriste et comme dessinateur. Il a remporté plusieurs médailles aux expositions de Lille et de Douai. Au nombre des portraits exécutés par Bordes, nous citerons ceux de Lafon, du Roi de Naples, de Louis-Philippe (4834), de Greuze, de Talma et du général Bertrand.
Bornier (Jacques), né à Genève en 1616, peintre en émail. Il était beau-frère de Petitot, et devint son collaborateur, après avoir été son maitre. Les progrès étonnants du disciple lui attirèrent une vogue immense; un fait curieux s’ensuivit : Ainsi que le fait observer M. Théodore Le Jeune, « contre l'ordinaire des imitateurs qui presque toujours sont les élèves du peintre copié, ce fut le propre maître de Petitot qui l’imita. » Les deux beauxfrères travaillérent longtemps en commun. « Bordier peignait les fonds, une partie des draperies et ébauchait les têtes, et Petitot revenait ensuite sur le tout qu'il mettait dans sa perfection. » (Mariette, Abecedarto.)
Vente Godefroy, 1791. — Portrait d'Antoine Vitré, imprimeur de Louis XIV, d'après Philippe de Champagne. 700 fr.
Vente S'-Martin, 1808. — Portrait de Vitré, émail, avec bordure en or à huit pans. 3,200 fr.
Vente San-Donato, 1880. — Portrait de Vitré, signé du chiffre de Bordier, avec la date 1651; sur une boîte octogone en or, émaillé de rubis, signée : Fossin. 11,500 fr.
BoreL, florissait sous Louis XVI. Dessin et miniature. En 17179, il exposait au Salon de la Correspondance : « Jupiter et To, mignature ; une étude de vieillard à Gouasse ; deux dessins cololoriés représentant des bacchantes. » Les quatre morceaux réunis valurent à l’auteur cette flatteuse appréciation : « Beaucoup de franchise et une grande pureté de dessin. » L'année suivante, Borel recevait ces nouveaux éloges: « La correction la plus scrupuleuse, jointe à beaucoup d'agrément fait toujours distinguer cet artiste. » (De la Blancherie, Vouvelles de la République des lettres et des arts.)
Me Boucer, qu'il ne faut pas confondre avec la jolie Marie Perdrigeon, femme de Fr. Boucher, florissait sur la fin du règne de Louis XV. Elle a fait beaucoup de pastiches d'après son homonyme, le peintre du Bien-aimé.
Le Catalogue raisonné des tableaux qui composent la collection de M. Lalive de Jully, Paris, 1769, cite : « les Forges de Vulcain, miniature agréable par M"° Boucher. »
L'année suivante, le Catalogue raisonné ‘d'un cabinet curieux en différents genres qui méritent l'attention des amateurs, rédigé par Pierre Rémy, nous décrit toute une série de petits sujets exécutés par notre artiste. En voici la nomenclature: Vénus couchée et endormie avec un Amour. — Léda. — Vénus couchée. — Une femme qui dort. — Une femme et un Amour, dans un paysage. — Une bergère endormie près d’un arbre; son berger la chatouille avec une paille. — Vénus qui montre à l'Amour une couronne de fleurs. — Diane sortie du bain et qui raccommode ses brodequins. — Bergère faisant une couronne de barbeaux à son berger. — Femme couchée sur un lit.
Bourpn, florissait à la fin du règne de Louis XIV. Il recevait des commandes du Ministère des Affaires étrangères, pour les présents diplomatiques. Au mois de décembre 1715, il exécute un portrait du jeune Roi pour orner une boîte à portrait enrichie de 22 roses et destinée à M. Buys, ambassadeur de Hollande. Le prix de cette boîte est de 14,839 liv.
En 1716, Bourdin fait plusieurs autres portraits de S. M. pour décorer de riches boîtes, dont l’une, de 3,199 liv., est remise au Mi Scotti, envoyé du duc de Parme, et l’autre, de 3,195 liv. avec 48 diamants, doit être donnée au «M de Mar) », envoyé extraordinaire de Gènes. (Arch. du Min. des Af. étr., XVe Registre des Présents du Roi.)
BourGoIN (F.) florissait à Paris dans la seconde moitié du XVIII siècle. Émail et miniature.
« Qu'est-ce que Bourgoin qui, dès 1764, dit M. Paul Mantz, est désigné comme agréé à l’Académie de St-Luc, où il expose à la fois des émaux et des miniatures, et qui, en 1778,se prend assez au sérieux pour faire annoncer dans le Journal de Paris, qu'il change de domicile. » (Les Miniaturistes au XVIII siècle. Voir l'Artiste, 1858.)
Les renseignements sur Bourgoin sont assez rares. Il travailla pour les Menus-Plaisirs, et fut chargé de faire deux portraits en émail de Louis XV. Voici la copie du reçu délivré par l'artiste
lors du règlement: « Pour le payement de deux portraits du Roy peints en émail sur or, que j'ai remis à M. de La Ferté intendant des Menus-Plaisirs du Roy, l’un en l’année 1762, l’autre en 1763, prix convenu à 18 louis pour chaque portrait, et pour avoir fourny les plaques sur lesquelles ils sont peints, un louis pour chaque. Total, 38 louis. » (Arch. Nat., 013007 et 0'3098.)
L’Almanach historique, Paris, 1776, mentionne notre artiste en ces termes: « Bourgoin adjoint à professeur de l’Académie de Saint-Luc, rue S'-Thomas du Louvre. Il peint aussi supérieurement la miniature et l'émail. »
Une vente célèbre, faite à Paris il y a douze ans, nous a révélé que Bourgoin avait quelques droits de se prendre au sérieux.
Vente Allègre, 1872. — Boîte ovale, en or de couleur, ciselé à fleurs et ornements rocailles, enrichie de médaillons émaillés en plein et finement peints par Bourgoin. Beau travail du temps de Louis XV. 10,200 fr.
BourGeois (Charles-Guillaume-Alexandre), né à Amiens en 1759, mort à Paris en 1832. Miniaturiste, graveur et chimiste. Ses petits portraits, de profil sur fond noir, sont d’un coloris et d’un dessin admirables. Les figures semblent prêtes à parler et les . moindres détails en sont exécutés avec une vérité saisissante.
Bourgeois a exposé un grand nombre de miniatures de 1800 à 1824. Comme chimiste, il perfectionna les couleurs et publia des mémoires sur les lois qui les régissent dans leurs diverses combinaisons.
Boze (Joseph), né à Martigues (Bouches-du-Rhône) vers 1746, mort en 18314. Portrait à l'huile, au pastel et en miniature. Après avoir étudié à Lyon, il vint à Paris, où il prit des leçons de la Tour. Son talent à saisir la ressemblance, joint à l’habileté de son pinceau, établirent sa réputation et lui valurent de brillants succès. Il fut appelé à faire les portraits de Louis XVI, de Marie- Antoinette, des enfants de France et des célébrités en tous genres.
En 1789, il exposa au Salon de la Correspondance un portrait d'homme peint en miniature. « Ge petit ouvrage a été admiré généralement. » La même année, l'artiste présenta le portrait de Vaucanson, pour lequel il reçut de nombreux éloges. (Nouvelles de la République des lettres et des arts. Paris. 1782.)
Ce maitre fit quelques tableaux historiques, notamment Napoléon à Marengo et la scène où Mirabeau lance sa fameuse apostrophe au Mis de Dreux-Brézé. Joseph Boze portait un noble
cœur. Il était bon, généreux, dévoué, Pendant les malheurs de la famille royale, il lui donna des preuves de son attachement, Lors du procès de Marie-Antoinette, il eut le courage de déposer en sa faveur et fut jeté en prison peu de temps après. La chute de Robespierre le sauva de l’échafaud et lui rendit sa liberté. Cette belle conduite lui conquit la faveur de Louis XVII, qui le nomma parmi ses peintres en titre.
Au Salon de 1791, il exposa un cadre de miniatures, avec plusieurs portraits à l'huile et au pastel, au nombre desquels figuraient ceux de Mirabeau et de Robespierre.
BRAGUSTIN, florissait à Paris dans la seconde moitié du XVIII siècle. Le catalogue de la Vente M. C..., Paris, 1860, cite Bragustin en ces termes : « Cet artiste, qui a été un des maitres de Hall, a très peu laissé de ses productions. » La première partie de cette assertion n’a aucun fondement. M. Frédérie Villot, le plus autorisé des biographes de Hall, s'exprime ainsi à propos de l’illustre Suédois : « On ne lui connaît pas de maitre; mais, lié intimement avec J. Vernet, Huber Robert, Greuze, Rosselin. Mne Lebrun, il dut recevoir de ces artistes habiles, sinon des leçons, du moins d'excellents conseils dont il sut profiter. Quant aux miniaturistes ses contemporains, avec lesquels, suivant les traditions de famille, il était en perpétuelle dissidence, il fuyait soigneusement leur société, et jamais il n’en prit aucun comme guide dans ses premiers essais. » (Hall, célèbre miniaturiste du XVIII siècle. Sa vie, ses œuvres, sa correspondance.., Paris, 1867.) Ce quin'est pas douteux, c’est que les miniatures de Bragustin sont très rares aujourd'hui.
Vente C., 1860. — La Coquette, miniature signée : Pragustin. 300 fr.
BReNDEL ou BRENTEL (Frédéric), né à Strasbourg en 1580, mort en 1651, miniaturiste et graveur, Histoire, sujets religieux, portrait, Certains auteurs le font naître en 1586, d’autres en 1596; mais, comme on le fait mourir «très vieux », nous penchons pour la première date de 1580, quiporte son maximum d'âge à soixante etonze ans. Il peignait surtout à la gouache et eut pour disciple le célèbre Guillaume Baur, dontil développa les dispositions. Brentel se fixa à Augsbourg, et obtint par son talent de puissantes protections. En 1638, il fut chargé de peindre sur vélin une prédication de saint Jean dans le bois, avec une ville en perspective. Plus tard, Guillaume, marquis de Bade, lui commanda les miniatures d’un manuserit intitulé : Officium B, Mariæ Virginis. Pü V,
Pont. Max, jussu editum, in 8, qu'il termina en 1647. Ce fut son chef-d'œuvre; il est aujourd'hui à la bibliothèque impériale de Vienne, Le prince de Conti, célèbre curieux en tous genres, l’acquit d’un chanoine au prix de 6,000 francs. L'ouvrage fut divisé en deux parties à la mort de la margrave de Bade. Les deux parties réunies renferment 470 pages et 40 miniatures admirables, dont les plus importantes sont d'habiles réductions tirées des œuvres d'Albert Dürer, de Lucas Giordano et des maitres de l'école flamande, tels que Rubens, Van Dyck, Breughel, Teniers, etc. Les œuvres de Brentel se recommandent par un dessin correct, un coloris chaud, une grande richesse de détails et un ensemble des plus soignés.
Brison (Mie) florissait sous Louis XV.
Nous trouvons son nom dans les Æegistres des Présents du Roi, de 1759 à 1761, aux Archives du Ministère des Affaires étrangères, Pendant ces trois années, elle exécute au moins douze portraits du Roi. Chacun d'eux lui est payé 200 livres ; la plupart sont montés sur des bracelets au milieu d'un cercle de diamants ; d'autres vont embellir des tabatières,
Le 19 juillet 1759, le Roi fait remettre « à la succession de M. de Bostuchef » une boite à portrait enrichie de 398 diamants, valant 20,766 liv.
Le 16 octobre 1761, une autre boite à portrait est offerte en « présent de S. M. à M. de Stanley, ministre d'Angleterre ».
Dans ces deux riches boîtes, l’image en miniature de Louis XV était de Mile Brison. On peut en conclure que cette artiste n'était pas sans mérite.
BRuCKMANN (Frédéric), artiste suédois qui florissait à Paris vers la fin du X VIT: siècle. Portrait en émail, en relief, Il a reproduit nombres de fois l'image du grand Roi, pour orner les boites à portrait que Louis XIV distribuait sans compter. Le 30 mars 1695, l'artiste reçoit 720liv. pour douze portraits émaillés en bas-relief à 60 liv. chacun. Voici une quittance du 20 novembre 1696 : « Reçu de M. de Pontchartrain 12 portraits émaillés en bas-relief par Frédéric Bruckmann, Suédois, à 60 liv. 720 liv. »
Le 28 août 1697 et le 10 juin 1678, 19 portraits de Bruckmann ne lui sort plus payés qu'à raison de 50 liv. chacun. Le 2 décembre de cette dernière année et le 4 avril 1699, il remet encore 19 portraits émaillés en bas-relief du Roi, qui lui sont comptés à l’ancien prix de 60 liv. (Arch. du Min. des Aff. étr.. XIe Registres des Présents du Roi, 4690 à 1699.)
A la date du 22 février 1716, nous trouvons la mention de « trois portraits en miniature peints par Bourmann », cotés ensemble à 300 liv. Nous pensons qu'il s'agit toujours de notre Suédois, dont le nom a été écorché comme cela arrive continuellement pour la plupart des noms propres. Aux Archives nationales, cet inconvénient est plus rare, parce qu'on y trouve le plus souvent les mémoires signés des fournisseurs.
Caper (M, née Joly), morte en 1801, peintre de portraits à l'huile, en miniature et en émail. Élève de Weyler. Son père occupait les fonctions de secrétaire de la maison de Condé,'et son mari était le chirurgien Cadet Gassicourt, surnommé le saigneur Cadet. Elle fit preuve d'un véritable talent qui lui valut, en 1787, le brevet de « peintre de la Reine ».
Le catalogue de vente du cabinet du duc d’Aumont (1782) mentionne divers ouvrages de M"° Cadet: « Trois tableaux de forme ovale représentant des têtes d'hommes, faites d'après nature, et le Petit Physicien, d'après Carle Vanloo, chacun dans leur cadre de bois sculpté et doré. — Deux boîtes d’écaille noire, ornées sur le dessus du portrait de Racine et de celui de Le Kain, avec cercles d’or. » Au Salon de 1791, elle a exposé divers portraits en émail parmi lesquels on cite comme le plus parfait celui de Necker.
CampanA, mort à Paris en 1786. Portraits, sujets en scène en miniature. « Peintre ordinaire du cabinet de la Reine » et qui mérita les faveurs de la cour par son élégant et gracieux pinceau. On est étonné de l'absence de renseignements sur un artiste aussi distingué, alors qu’une foule de miniaturistes de second ordre sontmentionnés dans les brochures du temps.M. Paul Mantz, dans son étude sur les Méniaturistes du XVIIIe siècle, écrit: « Les journaux nous apprennent en 1786 la mort du sieur Gampana, peintre ordinaire du cabinet de la Reine. »
Les T'ablettes de Renommée.…., Paris, 1791, citent Le Magniet et plus loin Fritche, tous deux élèves de «M. Campanas ». Comment le maître n'est-il pas cité lui-même dans l'A /manach historique … ou dans l’Almanach Dauphin, Paris, 1777, alors qu'il était dans toute la maturité de son talent.
Voici un renseignement inédit recueilli au Ministère des Affaires étrangères. Le 10 mai 1782, Campana livre un portrait de Marie-Antoinette pour être monté par Solle dans un médaillon entouré de vingt-six brillants, estimé 47,000 livres, sans compter le portrait payé à l'artiste 360 liv. Ce bijou est envoyé à la Dsse
de Sudermanie qui a représenté la Reine au baptème du prince de Suède duc de Smoland, dont $. M. à été l’une des marraines. (Registre des présents du Roi, n° 451.)
Campana ne s'élève pas à la hauteur de Hall ; son dessin est plus sec, plus arrêté que celui de l'illustre Suédois, et son coloris moins brillant; ses figures ont parfois le teint mat, parfois aussi elles sont rehaussées d’un rose vif qui sent le fard. Malgré cette infériorité, il a du charme, il sait plaire, et c’est beaucoup. Les miniatures de ce maitre, assez rares d’ailleurs, sont chaudement disputées dans les ventes.
Vente Eugène Tondu, 1865. — Grande et belle miniature attribuée à Campana : portrait de femme vêtue de blanc; bordure en bois sculpté et doré avec le chiffre en cheveux A. D. C. 1,633 fr.
Hôtel Drouot, A1 mai 1878. — Portrait de jeune femme, en corsage bleu; ses cheveux sont retenus par un ruban blanc. Cadre en bois sculpté et doré. 1,460 fr. Nous avons admiré cette miniature aux couleurs sobres, aux carnations mates, à la physionomie expressive et charmante.
Carer (Mie Marie-Gabrielle), née à Lyon, morte en 1827. Portrait, genre, pastel et miniature. Élève de Mme Vincent, « ci-devant Guyard. » Elle a exposé avec honneur aux divers Salons de Paris depuis 1791, jusqu'à l’époque de sa mort. M'° Capet a montré un réel talent dans ses petits portraits, qui cependant ont subi dans les ventes des écarts de prix considérables.
Vente Eug. Tondu, 1865. — Portrait de jeune femme, signé : M. G. CAPET L'AN 11 DE LA LIBERTÉ. 70 fr.
Verte Laperlier, 1867. — Portrait de femme en robe blanche, coiffée d’un chapeau de paille, signé : M. G. Carer, AN vi. 46 fr.
Hôtel Drouot, 1°* févr. 1877. — Portrait de la Ps$e de Caraman Chimay, miniature ronde sur ivoire, signée : M. G. Carer, 4791. 3,000 fr. Elle est assise, vêtue d’unerobe violette à raies blanches; un fichu à la Marie-Antoinette, noué derrière la taille, couvre ses épaules. On admire dans ce portrait une expression fine, une couleur chaude et vraie, une touche délicate. Mlle Capet mérite d'être classée parmi les meilleurs artistes de la fin du XVIII siècle.
CaRRIERA (Rose-Alba), appelée communément ROSALBA, née à Venise d’une famille distinguée, en 1675, morte en 1757. Pastel et miniature. Élève d'Antonio Lazzari, de Diamantini et d'Antonio Balestra. Elle voyagea en France et en Allemagne et reçut partout l'accueil le plus enthousiaste. Beaucoup d'artistes ont élé mécon-
nus de leur vivant ; la Rosalba, au contraire, eutle bonheur de voir, tant qu’elle vécut, sa réputation exaltée outre mesure. Sans cesse recherchée et fètée, comblée de présents et d’honneurs par les grands personnages, elle suffisait à peine à faire le portrait de tious ceux qui l'en priaient. Lorsqu'elle vint en France, elle fut nommée par acclamation membre de l’Académie de peinture.
Dix ans avant de mourir, elle eut le malheur de perdre la vue ; elle en ressentit un cruel chagrin, mais elle trouva des consolations dans l’exercice de la bienfaisance, et dans les nombreux témoignages de sympathie et de respect dont elle fut entourée. On admire, chez la Rosalba, un dessin noble et correct, un coloris doux, l'arrangement plein de charme de ses compositions.
Les catalogues de vente de Mariette, 1775 ; — de Blondel de Gagny, 1716 ; — du Mis de Ménars, 1782; — de Blondel d’Azincourt, 1783 ; — de la Mésangère, 1834, décrivent des miniatures, de la Rosalba. Quelques-uns de ses petits portraits sont des tableaux de genre.
CARTEAU, peintre de portraits en émail, florissait sous Louis XVI. Il a travaillé pour les Menus-Plaisirs. Son morceau capital est un portrait du Roi, exécuté d’après nature, sur une plaque de dix pouces de haut sur seize de large, représentant Louis XVI à cheval et armé. L'artiste en reçut 6,000 liv. sans compter 600liv. pour le cadre et 192 liv. pour la boîte. (Arch. Nat., 01 3053.) En 1779, Carteau réclame 1,180 livres pour quatre portraits du Roi et de la Reine. (0! 3056.)
CAZAUBON florissait à Paris dans la seconde moitié du règne de Louis XV. Portrait en miniature. Il a travaillé pour les Menus- Plaisirs pendant plusieurs années. Voici une liste de ses travaux, relevée sur divers mémoiressignés de sa main, classés aux dépenses imprévues.
Présents. — 1763. Cinq portraits du Roi, pour être montés en bagues. 1,500 livres. — Deux portraits de Mme Victoire, dont l’un pour bague et l’autre pour dessus de boîte. 600 livres. — Trois portraits représentant Mme Adélaïde, Me Sophie et Mme Louise, pour être enchàssés dans la même bague, à 500 livres l’un, en raison de la difficulté. — Deux portraits du Roi, pour dessus de boîte, 600 livres. — Cazaubon réclamait 300 livres par portrait, mais il ne lui en fut accordé que 240, prix maximum pour les bons miniaturistes de son temps.
4764. — Un portrait du Roi et trois portraits du Dauphin pour dessus de boîte, réglés à 960 livres. — 4765. Trois portraits du
Roi, deux de Mgr le Dauphin, un de Mme Victoire, deux de Mme Louise, un de Mne Sophie. — 1766. Deux portaits du Roi, trois de Mwe Victoire, un de Mme Louise, un de Mme Adélaïde (Arch. Nat., 0! 3007, 0! 3041, 0! 2014.)
1767. 43 juillet. — Livré à M. de la Ferté le portrait du Roi dans une grande boîte destinée à M. de Sainte-Foy.
4768. — Deux portraits de Mme Sophie, deux de Mme Victoire, un de Mne Louise, réglés à 1,200 livres. (Arch. Nat., 0! 3007, 0! 3041, 0! 3013, 0’ 3018.)
CuaruEr, Jacques, peintre en miniature du Roi, florissait dans la seconde moitié du XVIII s. Portraits, pastorales, sujets de la Fable, à l’aquarelle et en miniature. On Je croit élève de Boucher, dont il a fait beaucoup de copies et de pastiches. Charlier a peint aussi à l'huile, mais d'une manière faible et molle, tandis que ses aquarelles et ses miniatures sont ravissantes. Les boîtes de luxe qu'il a décorées se vendent fort cher et sont très recherchées dans le monde de la euriosité, Ses aquarelles se reconnaissent généralement à un pointillé épais, qui, vu à distance, est d’un bel effet.
Le Cte de Caylus, l’archéologue, avait un faible pour les œuvres de Charlier. Le Catalogue de son cabinet en compte plus de quatre-vingt-dix spécimens. D’après un mémoire de la collection du B°2 Ch. Davillier, Charlier fit pour le prince de Conti, à dater de 1772, douze grandes miniatures dont le prix total s'élevait à 14,400 livres ce qui les mettait à 1,200 livres chacune. À la vente du prince, en 4777, elles n'atteignirent pas la moitié de ce prix.
Charlier figure sur les comptes des Menus-Plaisirs. Voici son mémoire pour l’année 1749 : « Deux portraits en miniature d’une boite à deux tabacs, l’un représentant Mme Infante Don Philippe, en habit de cour et manteau royal, l’autre Mme Isabelle, aussi en habit de cour. 600 Liv. Un portrait dans une tabatière carrée représentant la jeune infante, Mwe Isabelle. 300 liv. — Dans une boîte à deux tabacs, 2 portraits représentant l'un Mme Infante Don Philippe, l’autre la jeune Infante, Mme Isabelle, 600 liv. — Deux portraits aussi dans une boîte à deux tabacs, l’un représentant Mme Tnfante, l’autre Mme Henriette, 600 Liv. — Autre portrait de Mme Infante, 300 liv. — Deux portraits en bracelet de Me Victoire et de Mme Louise. 600 liv. »
Ces bijoux furent distribués par le Roi ; suivant l’ordre indiqué ci-dessus, à Mn Louise, à Mme Sophie, à Mme de Ledde, à Madame, à Mie de Duras, à Mur de Beauvilliers, et à Mme Infante. (Arch. Nat., 0 2986.)
En 1773, l'artiste exécute un « tableau » pour une tabatière offerte à M. Félix intendant de la maison du Roi. (0! 3040.)
Charlier voulut faire une vente de ses œuvres en 1779 ; mais, n’en trouvant pas les prix suffisamment élevés, il la fit arrêter.
Les catalogues de vente Blondel de Gagny, 1776. — Prince de Conty 1711. — Charlier, 1779, mentionnent des miniatures de Charlier.
Vente Allègre, 4872. — Le Triomphe d'Amphitrite et la Toilette de Vénus; cadre Louis XV, en bois sculpté et doré. 6,850 fr.
Hôtel Drouot, 1878. — Scène de Bacchanale dans un pare, composée de 5 figures. Cadre de bois sculpté et doré. 700 fr.
Vente de la Béraudière, 1883. — Nymphe sortant du bain, miniature en hauteur, sur ivoire. 720 fr.
CuaATEAU (Damoiselle) florissait au commencement de la Régence de Philippe d'Orléans. En même temps que Mile de la Boissière, elle faisait des portraits du petit Roi Louis XV, pour être mis sur des tables de bracelet ou dans des boîtes à portrait. Chaque médaillon lui était payé 60 livres. — Le 23 avril 1717, une boite à portrait de 2,783 liv., enrichie de 56 diamants roses, avec portrait du Roi « par la damoiselle Château », fut remise de la part du Régent au M de la Batie, député d'Avignon. (Arch. du Min. des Aff. étr., A V® Registre des Présents du Roï.)
CuaATILLON (Louis de), né à Stt-Menehould en 1639, mort en 1734. — Peintre en émail, miniaturiste et graveur. « Il peignit par ordre du Roi, dit Mariette, différents portraits en émail dont la perfection justifia toujours le choix qu’on avait fait de lui. » Il était dessinateur de l’Académie des sciences ettravailla à la remarquable collection des plantes sur vélin, conservée au cabinet des estampes. Les émaux de Chatillon sont rares.
Un artiste qui a vécu quatre-vingt-quinze ans a dû beaucoup produire, et, tout en faisant la part des pièces disparues, il doit en rester qui passent inapercues.
Louis de Chatillon a peint en émail un grand nombre de portraits de Louis XIV, pour chacun desquels il recevait 120 liv., 229 liv. ou 300 liv., suivant la dimension. Ila fait aussi des portraits du petit Roi Louis XV.
Vente Cottin, 1752. — Très beau portrait de Louis XIV. 56 liv. — La PSse de Conti, première douairière. 39 liv. — La Reine Anne d'Angleterre. 20 liv. — Desjardins, sculpteur du roi, très beau portrait, 4180 Liv. — Louis XIV. 21 liv. — Monsieur, fils de Louis XIV. 78 Liv. — Marie-Anne Martinozzi, Psse de Conti.
481 liv. — Son Altesse royale, portrait monté en bague, accompagné de deux brillants. 456 liv. (Émaux.)
Par les soins de Montarsy et plus tard de Rondé, joailliers du Roi, ces émaux étaient montés dans de splendides boîtes à portrait et offerts aux ambassadeurs, chargés d’affaires, ete.
Parmi ces bijoux illustrés par Chatillon, nous citerons : une boîte à portrait de 12,090 liv. au duc de St-Albans, envoyé du Roi d'Angleterre (1698) ; une autre de 13,756 liv., donnée au Bo de Spart, ambassadeur de Suède, en 1717; une boîte de 31,039 liv. à l'abbé Dubois pour une mission secrète (1719); une boîte de 37,090 Liv. « pour l'ambassadeur de l'Empereur » (1719), etc. (Arch. du Min. des Aff. étr., Présents du Roi. Du XIe au XVII registre.)
CHÉRON (Henri), mort à Lyon en 1697. Habile peintre en émail, dont les œuvres sont peu répandues. Les renseignements font défaut sur cet artiste. On sait qu'il vécut un certain temps à Paris et qu’il alla mourir à Lyon, après avoir abandonné sa femme et ses enfants. Il eut cependant le mérite de pressentir et deseconderles étonnantesdispositionsdesa fille Élisabeth-Sophie.
Cnéron (Élisabeth-Sophie). Fille du peintre en émail Henri Chéron, née à Paris en 1648, morte en 1711. Histoire, portrait miniature, émail. Membre de l’Académie royale de peinture, en 4672, et de celle de Padoue en 1699, sous le nom de la muse Erato. Élisabeth-Sophie était merveilleusement douée ; fort instruite, bonne musicienne, elle connaissait Le latin et l'hébreu et cultivait la poésie avec succès. Fille d'un père protestant et d'une mère catholique, elle se convertit au catholicisme. Sa conversion, autant que son talent, lui valut une pension de Louis XIV. C'était, dit M. Siret, une des artistes les plus célèbres de la France. Elle excellait dans le portrait.
De nombreuses poésies ont été adressées à Mile Chéron; nous nous contenterons de citer ce madrigal :
La savante Chéron par de merveilleux traits, Imita la nature, anima les portraits;
Ses écrits sont gravés au Temple de Mémoire; Le Parnasse en nos jours n'a rien vu de plus beau Et cette femme illustre acquit autant de gloire, Par ses vers que par son pinceau.
Au nombre des portraits exécutés par Élisabeth Ghéron, nous citerons celui d'Henriette d'Angleterre, DS$e d'Orléans.
Caopowreckt (Daniel), né à Dantzick en 1726, mort à Berlin en 4801. — Miniature, émail, dessin et gravure. Il perdit son père de bonne heure et vint à Berlin, chez son oncle, pour y apprendre le commerce. « Ases heures de loisir, il peignait en miniature de petits sujets pour être mis dans des tabatières qu'il trafiquait à des marchands de Berlin. Son oncle lui fit aussi apprendre les procédés de la peinture en émail et lui fit exécuter un grand nombre de boëtes émaillées. »
Daniel renonça au commerce pour lequel il n’avait aucun goût et se livra tout entier aux beaux-arts. Il compléta ses études artistiques; en peu de temps, il fut cité comme un bon peintre de portraits en miniature, mais il abandonna ce genre, préférant s'occuper de dessins et de gravures. Chodowiecki a beaucoup travaillé; il a illustré une foule d'ouvrages, auxquels ses charmantes vignettes ont donné un grand prix.
Les CLoueT. — Trois artistes du nom de Clouet se sont rendus célèbres en France depuis la seconde moitié du XVe siècle jusque sous le règne de Henri HI. |
GLOUET (Jehan), peintre du duc de Bourgogne, résidait à Bruxelles en 1475; il travailla quelque temps pour Charles le Téméraire, et vint s'établir à Tours, où se trouvait le centre de la cour de France. En 1485, il eùt un fils, appelé aussi Jehan et plus familièrement Jehannet dont on fit, par contraction, Janet. Ce Jean IT Glouet, mort en 15414, et peintre de François I°", peignit non seulement des tableaux pour ce prince, mais encore des portraits à l'huile en miniature et aux trois crayons.
François CLouer, fils de Jean IF, lui succéda dans sa charge de peintre du Roi. Peut-être ne fut-il pas supérieur à son père, mais sa réputation s’éleva plus haut; malgré son prénom de François, il reçut aussi le surnom de Janet et se lia d'amitié avec Ronsard qui exalta dans ses vers, le talent de son ami. Dans une élégie d’une poésie charmante, Ronsard commence ainsi ;
Pein moy Janet, pein moy, je te supplie, Sur ce tableau, les beautez de ma mie De la façon que je te les dirai...
Le savant Muret a fait aussi de beaux vers sur notre artiste et a dit de lui : «Janet, peintre du Roy, homme sans controverse, premier en son art. » (G'° de Laborde, la Renaissance des arts à la cour de France.) François Clouet a peint, comme son père, beaucoup de portraits aux trois crayons et de petits portraits en
miniature à l'huile, désignés sous le nom de portraits à collerette. Pour les funérailles de François [ (4547) et de Henri II (1559), il moula les figures de ces deux princes et les reproduisit en cire, au naturel, et vêtues.
CLovio (don Giulio), né en Esclavonie vers 1498, mort à Rome en 4578. Il vint en Italie, à l’âge de dix-huit ans et fut accueilli par le cardinal Grimani, chez lequelil passa trois années à dessiner. C'est pendant ce temps que sa vocation se révéla par l’exécution de quelques médailles dessinées à la plume avec une finesse inouïe. S'étant fait religieux pour obéir à un vœu, il trouva l'oceasion de fréquenter le fameux miniaturiste Girolamo, dont il recut les leçons. Il peignit pour le cardinal Alexandre Farnèse un office de la Vierge, auquel il consacra neuf années. Le texte était écrit par l’habile calligraphe Monterchi,
Les miniatures de Glovio sont bordées d’encadrements gracieux dans le goût pur du XVI* siècle et d’où se détachent de petites figurines imitant les camées. Tous ses ouvrages sont d'un dessin irréprochable et d’un fini précieux. Ge célèbre artiste a laissé un grand nombre de portraits de la plus parfaite ressemblance. Il mourut octogénaire dans le palais Farnèse, où il vivait au milieu de l'abondance et des honneurs.
CozuiNs (Richard), né vers 1751, mort à Londres, 4831, peintre en miniature et en émail. Élève de J. Meyer. Contemporain de Cosway et de Schelley, il fut, comme ces artistes en vogue, très recherché des amateurs de petits portraits. En 1789, Collins obtint le titre de peintre en émail du Roi. Il a laissé quelques beaux portraits de la famille royale.
Samuel Collins, parent de Richard, s'acquit sous Georges II, une grande réputation,
CONSTANTIN (Abraham), né à Genève, en 1785. Peintre en émail et sur porcelaine du Roi Charles X. Après avoir étudié en Suisse, Constantin vint se perfectionner à Paris, où son talent le fit connaître. La manufacture de Sèvres, pour laquelle il travailla, possède la majeure partie de ses peintures sur porcelaine. Ce sont des portraits et reproductions d'après les grands maîtres. Abraham Constantin mérita deux médailles d'or (Salons de 4811 et de 1819) et fut décoré en 1898.
Ses principaux portraits en émail sont ceux de Mlle Mars, du Pce et de la Ps$e Eugène, — du Roi de Rome, du roi d'Espagne, du Roi de Sicile, de Louis XVIIT et d'Alexandre ; ces derniers, d'après Gérard.
Cooper (Samuel), né à Londres,en 1609, mort en 4670, portrait à l'huile et en miniature. Frère d'Alexandre Cooper et probablement son élève. Il vint en France, précédé d’une grande réputation et y fit de magnifiques portraits qui lui valurent le surnom de Petit Van Dyck. est l'auteur du seul portrait authentique d'Olivier Cromwell, qui s'était toujours opposé à ce que ses traits fussent reproduits. Samuel, choisi pour faire le portrait de lady Cromwell et de sa fille Élisabeth, en profita pour esquisser à la dérobée la tête remarquable du lord protecteur. Gelui-ci s’en aperçut et ne lui permit pas de terminer son ouvrage. L'artiste a refait plusieurs fois depuis, de mémoire, sans doute, le portrait de Cromwell, mais aucun n'approche de la beauté saisissante de l'original.
Vente Hamilton, 1882. — Le Cte de Sandwich, en habit brun et cravate de dentelle, signé : S. Cooper, 1659. (255 guinées) 6,683 fr. 79.
Cosway, Richard, né à Teverton en 1740, mort en 1821. — Fable, portrait à l'huile et en miniature. Son père, maitre d'école dans le Devonshire, voulut le dissuader de s’adonner aux arts ; mais son oncle, mieux inspiré, lui facilita les moyens de se rendre à Londres, pour y étudier à ses frais. Richard entra d'abord daus l'atelier de Hudson, puis chez Siphey, qui tenait une académie de dessin dans le Strandt. Livré à lui-même, ses premiers travaux reçurent un favorable accueil ; c'étaient des miniatures, acquises par les joailliers pour orner des tabatières, des bonbonnières, des boîtes à mouches, ete., bijoux charmants très goûtés au XVIIT siècle.
Cosway fit avec succès quelques tableaux galants à sujets mythologiques ; toutefois il s’appliqua surtout au portrait et fut bientôt le miniaturiste à la mode. Son atelier, véritable musée où tous les arts se donnaient la main, devint le rendez-vousdes célébrités de son temps. Les ouvrages de ce maître, lui ouvrirent les portes de l’Académie royale en 1771, et lui méritèrent le patronage du prince de Galles. Par malheur, l'habile artiste était vaniteux jusqu'au ridicule. Sa vieillesse, fut pénible. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-un ans, triste et affecté de voir s'enfuir la vogue qui lui était restée si longtemps fidèle.
Vente Fr. Villot Â875. — Jeune femme coiffée d’un chapeau bleu orné de plumes blanches, miniature ovale. 380 fr.
Vente Hamilton, 1882. — Une dame, en robe noire. 4,856 fr.
— Autre. 5,118 fr. — Une dame en robe blanche et rubans noirs. 3.675 fr.
Cosway (Marie, née Hapriep). Genre et portrait en miniature. Épouse de Richard Cosway ; elle fit preuve de talent, non seulement dans ses petits portraits en miniature, mais encore dans différents tableaux de genre, dont plusieurs furent gravés. Sa santé délicate l’obligea souvent de fuir le elimat de Londres, pour aller se rétablir au soleil du midi. En 1804, elle se retira à Lyon dans une maison religieuse dont elle devint la supérieure.
CoTeLce (Jean Il), né en 1645, mort à soixante-trois ans. le 24 septembre 1708. Fils de Jean I, peintre médiocre qui travaillait à Rome en 1670, où il prenait la qualité de « Pictor Parisiensis ». (Mariette.) Jean IT fut reçu à l’Académie sur une miniature représentant allégoriquement l'entrée du Roi et de la Reine dans Paris. D'après Jal, ce maître peignit l’histoire, le portrait à l'huile et en miniature, l’ornement et l'architecture. Il fit des tableaux pour les palais de Versailles et de Fontainebleau. (Dictionnaire critique.)
Counis (Salomon-Guillaume), né à Genève en 4785. Élève de Girodet et peintre de portraits en émail. Il a fait le portrait d'une foule de grands personnages et obtenu deux médailles d'or, l’une en 1812, l’autre en 1817.
Salon de 4812. —S. M. le roi de Westphalie, d’après Gérard.
Salon de 1819. — S.M., d'après Guérin. — Mne de Staël, d’après Gérard.— Trioson, d’après Girodet. — Tête de Christ, d'après Raphaël, émaux.
Salon de 1822. — Cadre d'émaux, renfermant le maréchal S., d'après Paulin Guérin.— Le maréchal L., d'après Gérard. — La duchesse de M., d’après Prud'hon. — Pygmalion et Galathée, d'après Girodet-Trioson. En 1819, à l’occasion de son portrait, Louis XVIIT adressa des félicitations à l'auteur.
Courrois (Nicolas-André), un des bons peintres en émail de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il fut agréé de l'Académie royale de peinture, en 1770. Ses jolis portraits, qui parurent aux Salons de 1771, 73, 75, 77, lui valurent de nombreux éloges.
Vente Eug. Tondu, 1865. — Portrait de femme, vue à mi-corps, signé : CouRTOIS. 150 fr.
Davin (Maxime), né à Ghälons-sur-Marne en 1798. Portrait en miniature. Élève de Mme de Mirbel. Il recut une éducation distinguée, fit son droit et fut nommé juge-suppléant au tribunal de Compiègne. Ayant exposé plusieurs fois, à Paris, comme ama-
teur, on le crut artiste de profession et il fut mandé aux Tuileries pour faire les portraits de la famille royale. Ce succès le décida à quitter la robe du magistrat pour s'adonner aux arts. Il avait épousé la fille de Carnot. Il vécut dans la haute société et eut pour clients une foule de notabilités. Maxime David remporta plusieurs médailles aux expositions de Paris et reçut la croix en 1851. Ses miniatures devaient coûter fort cher ; on assure qu'il fit en peu de temps une belle fortune.
Portraits exposés aux Salons de Paris. 1836. Le vice-amiral Rosamel, député de Toulon. — 1837. Le duc de Nemours. — 1838. La Reine Amélie. — 4840. Le Mi de Marzilles. — 1846. Lo Cte de Lasteyrie, député — 1847. Suliman Pacha, ambassadeur de Turquie. À. Barot, etc.
Davin (Mme, née Mirvault, Césarine-Henriette-Flore), née à Paris au XVIII siècle. Genre, portrait à l'huile et en miniature. Élève de Suvée, de David et d’Augustin. Mme Davin a beaucoup exposé de 4800 à 1819. Elle a obtenu une grande médaille en 1804 et une autre en 1814. Ses beaux travaux lui ont valu, à diverses reprises, les éloges des critiques d'art.
Salon de l'an IX. Portrait de Suvée, directeur des Beaux-Arts, à Rome. Un Enfant préférant les armes à tous objets de son éducation. (Miniature.) Le Mercure de France, tout en prenant Mme Davin pour un homme, lui adresse des éloges, à propos de ce dernier morceau. « Auber, Laurent, Dumont et Davin Mirvault ont de la finesse et beaucoup de précieux. Ge dernier s'est surpassé lui-même dans le portrait d’un enfant qui préfère les armes aux autres objets de son éducation. » (An X, tome XII.)
DeGauLr ou pk GAULT, peintre de petits sujets d'après l'antique et de portraits en imitation de camées, florissait à Paris dans la seconde moitié du XVIII siècle. Il est le novateur de ce genre particulier dans lequel il occupe le premier rang. Ses œuvres, justement estimées des amateurs, font partie des plus riches collections de miniatures et de tabatières.
L'Almanach historique, Paris, 1777, cite ce maitre en ces termes : «De Gault, peintre en plusieurs genres comme bas-reliefs, imitant l’agate-onyx, faits avec beaucoup de soin et d'un fini précieux. Il peint aussi la miniature et demeure rue Saint-Martin à la nouvelle France.» — «Degault, écrit M. Paul Mantz, fut un artiste de transition, de révolutionmême. Il avait débuté à l’'Académie de Saint-Luc en 1774, où il avait exposé entre autres quatre « bas-reliefsimitant l’onyx», genre nouveau qui fit bientôt à De-
gault une spécialité très distincte. « Ses ouvrages disent fort bien les Tablettes de Renommées, ornent les boëtes les plus précieuses.» Il y peignait des imitations de camées et y reproduisait de préférence des sujets antiques, des bacchantes, des mythologies. Il eut la passion de l’archaïsme, et bien des foisil a signé son nom en lettres grecques... (Les Miniaturistes au XVIII siècle, l’Artiste, 1858.)
Salon de la correspondance. 1782. — « Trois sujets dans la manière descaméesonyx, représentant l’un un combat delions, l'autre un coup de tonnerre, d’après Cochin ; le troisième, l’Aurore conduisant les chevaux du Soleil, imitant la sardoine onyx, d'après une pierre gravée du duc d'Orléans, par Degault. Cette nouvelle manière offre une ressemblance très agréable aux amateurs et a paru parfaite. »
4785. — « Cinq médaillons: un en sardoine onyx de trois couleurs représentant la force de l'Amour ; un autre représentant les têtes d’Agrippine, de Drusille et de Julie ; un autre représentant Homère ; un autre d’agate-onyx, représentant le repos d'Hercule, et un autre réprésentant une course antique, par M. Degault peintre. L'artiste est le premier qui se soit exercé dans le genre du camée. Les ouvrages dont nous rendons compte sont précieux par leur exécution et parfaitement conformes à la manière antique. »
4787. — Un tableau représentant un auteur dramatique donnant à des acteurs le ton d'une scène difficile, peint d’après l’antique à la manière du camée... — Un Bacchus et un petit Mercure peints d’après l'antique, de la même manière, par M. Degault. Ces morceaux, infiniment précieux pour les amateurs des pierres el des beaux sujets de l'antiquité, font beaucoup d'honneur à l'artiste; ce qui doit encore intéresser, c’est qu'ila créé ce genre dans lequel personne ne l'a surpassé. (De La Blancherie, Vouvelles de la République des Lettres et des Arts, années.1782-85 et 87)
Vente X... — Grande boîte d'or émaillée en bleu lapis. Médaillons ovales représentant des sujets ayant trait à l'amour, peints en grisaille sur ivoire. 3,750 fr.
DE Macuy ou DEmacuy (Pierre-Antoine), né vers 1722, mort en 4807. Paysages, architecture, ruines. Élève de Servandoni. L'Académie le reçut en 1758. De Machy n'est pas, à proprement parler un miniaturiste ; mais, comme la plupart des peintres du XVIIe siècle, il a su se conformer aux goûts de son époque, et a laissé quelques jolis dessus de tabatières.
En 1773, au mariage du Cte d'Artois, le bijoutier Joinville
fournit pour la corbeille de la princesse de Savoie une tabatière montée à cage, en or, avec tableau d'architecture par « de Machy », cotée à 1,800 liv. (Arch. Nat., 0! 3040.)
Le Catalogue de la Vente Duclos, 1795, fait mention d’une boîte carrée, en or, montée en cage, à six panneaux offrant des ruines et des sujets d'architecture, par « Demachy ».
Desrossez (Charles-Henri, V'e), né en 1764, au château deCappy (Oise). Ancien capitaine de cavalerie. Membre de l’Académie des beaux-arts de Florence, en 1808, et de celle du Val d’Arno, en 1809. Il eut pour maitre Hall, Greuze, Regnault et Augustin, « mais il ne s’attacha qu'au genre du dernier, dit M. Théodore Lejeune et il réussit assez bien à l’imiter. Ses miniatures paraissent cependant plus vagues et sa touche est plus cotonneuse. » (Guide de l'amateur de tableaux.) Pendant la captivité de la famille royale au temple, Desfossez fut chargé de faire les portraits du Roi, de la Reine et du Dauphin. Ces portraits furent placés dans une boîte à triple fond.
Drouais (Hubert), né à la Roque, Normandie, en 1699, mort à Paris en 1767. Portrait à l'huile, au pastel et en miniature. Il étudia d’abord chez un peintre médiocre de Rouen, puis il vint à Paris et travailla longtemps dans l'atelier de de Troy, où il exécuta au profit de son maître de nombreuses copies. Plus tard, Oudry, Nattier, Simon-Belle et J.-B. Van Loo, avec lesquels il s'était lié d'amitié, lui procurèrent des travaux.
L'Académie le reçut en 1730, sur les portraits du peintre Christophe et de Robert le Lorrain, sculpteur du Roi. Sa vogue comme miniaturiste lui fit un peu négliger la peinture à l'huile. On vante son coloris frais et brillant. Hubert Drouaisestle père du célèbre Francçois-Hubert Drouais peintre de Monsieur, membre de l’Académie et mort à peu près en même temps que Louis XV.
En 1738, le Mercure de France mentionne « plusieurs portraits en miniature, renfermés sous une glace et dans la même bordure, qui ont recu bien des applaudissements ».
Salon de ÂTM. — « Drouais académicien, Une bordure renfermant sous glace les portraits en miniature de Madame de France, du Vte et de la VS de Courtenier, de Mme Hery; de Mne de Courgy ; le portrait de l’auteur, etc. »
Drouais a encore exposé plusieurs cadres de miniatures aux Salons de 1745, 1746, 1753 et 1759.
Le nom de Drouais est cité plusieurs fois dans les comptes des Menus-Plaisirs. En 1749, nous le voyons fournir douze portraits
de la famille royale pour être distribués en présents, après avoir été montés sur des bagues, sur des bracelets et sur des tabatières. (Arch. Nat. 0:2986.)
En 1757, Drouais fils (François-Hubert), peintre ordinaire du Roi, réclame 3,000 liv. « pour les portraits en pied du duc de Berrv et du Ct® de Provence, tous deux dans le même tableau, jouant avec un chien ». Cinq années plus tard, la mème somme lui est accordée « pour les portraits de Monsieur, comte de Provence, et de Madame, dans le même tableau eten pied, jouant avec un bouc. » (013001, 013007.)
Ducuesxe (Jean-Baptiste-Joseph), connu sous le nom de Du- CHESNE DE GIsORS, né à Gisors (Eure) en 1770, mort à Paris en 1855. Portrait en miniature et en émail. Il apprit les éléments de la peinture, sous la direction de son père et vint achever ses études à Paris, dans l'atelier de Vincent. Peu à peu il se fit connaître par de ravissantes miniatures, rendues avec un charme inouiï et une grande perfection de détails. Sous la Restauration, il prit le nom de Duchesne des Argilliers et devint le peintre favori de la famille royale, dont il fit tous les portraits. Appelé dans plusieurs cours de l'Europe, notamment en Angleterre, il exécuta pour la reine Victoria une série d'émaux d'après William Ross. En 1840, il fut chargé de continuer la collection des émaux de Petitot du Louvre. Cette idée de reproduire d’une manière inaltérable les traits de nos grands hommes, Weyler l'avait eue sous Louis XVI, mais la mort l'avait arrêté au milieu de ses travaux. De l’aveu des artistes, Duchesne était seul capable d'entreprendre une pareille tâche ; il y développa toutes les ressources de son merveilleux talent et ne fut interrompu que par la Révolution de 1848. Ce maître était amoureux de son art; artiste consciencieux, toujours mécontent de lui, il travaillait lentement, retouchait beaucoup, et cherchait à idéaliser ses modèles. Il était le rival d’Augustin pour le fini et ne tombait jamais dans le métallique. Les petits portraits de Duchesne de Gisors sont excessivement rares. On n’en voit pas dans le commerce de la curiosié ; ils restent dans les familles pour lesquels ils ont été faits.
Salon de l'an XII. — Enfant emportant du raisin qu'il vient de dérober. C’est le portrait du fils de l’auteur. Cette miniature eut un grand succès et commença la réputation de l'artiste.
En 1819, il fit de Napoléon un très beau portrait en émail, et obtint une grande médaille d'honneur en 1824. Le chef-d'œuvre de Duchesne de Gisors est le portrait de la DS de Berry, exécuté en 1828. Il fut vendu 8,000 fr. en 1857.
Ducreux (Joseph), né à Nancy en 1737, mort en 1802. Portrait à l'huile, au pastel et en miniature. Élève de la Tour et de Greuze. Membre de l'Académie impériale de Vienne. Il excellait dans le pastel. En 1769, lorsque le mariage du Dauphin avec l’archiduchesse Marie-Antoinette fut décidé, il eut la bonne fortune d'être envoyé à Vienne pour faire le portrait de la future Dauphine. Après que la fille de Marie-Thérèse fut devenue Reine de France, elle nomma Ducreux son premier peintre et attacha sa femme à sa maison. La vogue de ce maître se prolongea jusque durant la Révolution, de sorte qu'il eut le privilège de peindre les royalistes les plus exaltés et les plus farouches républicains. (Charles Bianc, Æistoire des peintres de toutes les écoles.) Ducreux n’était pas un artiste hors ligne ; mais il saisissait parfaitement le caractère des physionomies et leur donnait de la fermeté en faisant sentir vivement les méplats. Au moment où Louis XVI allait marcher à l’échafaud, Ducreux le dessina à grands traits sur un papier gris rehaussé de blanc. « J'ai vu ce dessin, dit M. Charles Blanc, il donne froid; la figure épaisse et vulgaire du Roi est un peu relevée par une certaine dignité qui est ici la résignation du courage, mais les yeux rapetissés et fixes, les muscles relächés dela face expriment une sorte d’affaissement tranquille, qui n’a pu être saisi que par un peintre consommé dans l’art d'observer les physionomies et d’en découvrir le secret. »
« La petite-fille de Ducreux, Mile Gendron, possède à La Varenne, près Vendôme, de nombreux ouvrages de son père. Ge sont des pastels, des miniatures, des dessins sur papier de couleur et quelques peintures à l'huile. » (Charles Blanc.)
Sur l’un des deux bracelets offerts par Louis XVI à la Csse de Viri, femme de l'ambassadeur de Sardaigne, lors du mariage de la princesse de Piémont en 1775, se trouvait le portrait de la princesse, peint par Ducreux. (Arch. du Min. des AfF. étr., 45° Registre des présents du Roi n° 444.) Les comptes des Menus citent de notre artiste, en 1778, « dix portraits de Madame Clotilde, dont deux jouant de la guitare, » un portrait du Roïetun portrait de la Reine, cotés ensemble à 5,520 liv. La note ne dit pas la nature des portraits. (Arch. Nat., 013054.)
Du GuErNiER (Alexandre), chef d’une famille d'artistes de talent, qui tous furent peintres en miniature. Ruiné à la suite des guerres de religion, Alexandre I se retira d’abord en Angleterre, « Étant de retour en France, il se ressouvint qu'il sçavait un peu dessiner, et il se fit peintre en miniature, s'établit à Paris et y épousa Marie
Doffin, fille d’un peintre de Troyes, mais il mourut jeune. » (Mariette, Abecedario.)
Du GuerNier (Louis), mort le 17 janvier 4659. «Peintre du Roy et professeur à l’Académie royale de peinture.» C'est le plus célèbre de la famille ; il excella dans la miniature et fit des portraits ravissants. «Louis du Guernier, dit Mariette, travaillait de miniature, mais d’une manière différente de Hasse, lequel couchait du blanc sur son vélin, comme le faisaient Olivier et Cooper. Il dessinait beaucoup mieux et donnait une parfaite ressemblance à ses portraits. » (Abecedario.) Ge maitre illustra pour le duc de Guise un livre d'heures où se trouvaient représentées sous la figure de saintes, les plus jolies femmes de la cour.
Du Guernier (Alexandre IT). Mariette le nomme Alexis ; il était frère puiné de Louis et le précéda dans la tombe. Mort à Paris le 26 septembre 1652. Alexandre IL peignait le paysage en miniature et portait le titre de «peintre du Roy».
Du Guernier (Pierre), frère de Louis et mort à Paris le 26 octobre 1674, «àgé d'environ cinquante ans. » (Jal.) Il était peintre de portraits en miniature, sur vélin, selon Ja mode du temps et devait peindrebien certainement, ainsi que son frère, de ces beaux éventails très répandus à la cour brillante du Roi Louis XIV.
Duranp (L.), peintre en émail et sculpteur sur nacre, florissait sous Louis XV. C'était un artiste fort habile, et cependant les biographies ne donnent même pas son nom. Diderot en dit quelques mots à propos de l’Accordée de village de Greuze ; le laconisme du mordant critique peut passer pour un grand éloge. Nous citons textuellement : «Un homme riche qui voudrait avoir un beau morceau en émail, devrait faire exécuter ce tableau de Greuze par Durand, qui est habile, avec les couleurs que M. de Fontami a découvertes. Une bonne copie en émail est presque regardée comme un original, et cette sorte de peinture est particulièrement destinée à copier. » (Diderot, Salon de 1761.)
L'£ncyclopédie méthodique nous fournit de précieux rensëignements sur le double talent de l'artiste. Millin dans un savant article sur les émailleurs, y vante les portraits de Rouquet, ceux de Liotard et les compositions de Durand, puis il ajoute : «Je me fais l'honneur d’être l’ami de ce dernier, qui n’est pas moins estimable par l'honnêteté de ses mœurs, et la modestie de son caractère que par l’excellence de son talent. La postérité qui fera
cas de ses ouvrages en émail recherchera avec le plus grand empressement les morceaux qu'il a exécutés sur la nacre, et qui auront échappé à la barbarie de nos petits-maitres. Mais je crains bien que la plupart de ces bas-reliefs admirables, roulés brutalement sur des tables de marbre, qui égratignent et défigurent les plus belles têtes, les plus beaux contours, ne soient effacés et détruits, lorsque les amateurs en connaïitront la valeur qui n'est pas ignorée aujourd'hui, surtout des premiers artistes. C'est en lui voyant travailler un très beau morceau de peinture en émail, soit qu’on le considère par le sujet ou par le dessin, ou par la composition, ou par l'expression, ou même par le coloris, que j'écrivais ce que je détaillerai de la peinture en émail, après que j'aurai fait connaître en peu de mots le morceau de peinture dont il s’agit.
«C’est une plaque destinée à former le fond d'une tabatière d'homme, d’une forme ronde, et d'une grandeur qui passe un peu l'ordinaire. On voit sur le devant un grand amour de dixhuit ans, droit, l'air triomphant et satisfait, appuyé sur son arc, et montrant du doigt Hercule qui apprend à filer d'Omphale; cet amour semble dire à celui qui Le regarde, ces deux vers:
Qui que tu sois, voici ton maître, Il l’est, le fut, ou le doit être.
Ge morceau vu à l'œil nu fait un grand plaisir; mais, regardé à la loupe, c'est tout autre chose encore; on en est enchanté... »
Un petit émail d'une bonne facture, signé Durand, nous a donné quelque idée du talent de ce maître. Le sujet représente Arthémise pleurant devant le tombeau de Mausole. Un coloris chaud se joint à un fini précieux.
Nous terminons nos citations par cetintéressant passage, puisé dans les Notes d'un compilateur sur les sculpteurs et les sculptures en ivoire. Il s’agit d’un remarquable portrait-médaillon de Louis XV, exécuté en nacre, avec la signature: L. Durand. (Collection Jubinal.) « Je ne sache point d'image de Louis XV, dit M. Ph. de Chennevières, où le Roi bien-aimé apparaisse plus ravissant de noblesse et de beauté; c’est le type le plus exquis et le plus jeune, le plus fier, le plus adorable, le plus idéal de la beauté bourbonnienne. Et quelle grâce et quelle adresse dans l’ajustement du manteau et de l’armure ! Le talent consommé de l'artiste qui à coup sûr n’a point débuté par un tel chefd'œuvre, la richesse de ton et de reflets de la matière, tout concourt à faire de cette petite merveille « l’une des plus curieuses « curiosités de ce temps-là ». Voilà une admiration de bon aloi
L'enthousiasme d'un connaisseur est la meilleure consécration du talent ; c'en est la démonstration la plus vraie et la plus flatteuse.
Durand a travaillé pour le Ministère des Affaires étrangères. Le 15 juillet 1761, une boîte de 4,289 liv., ornée d’un portrait du Roi, signé : DurAN», coté à 488 liv., est remise à « la veuve de M. Le Bourcier, envoyé de la cour de Modène. » (XXX° Aegistre des présents du Roi.)
Duvi“son, peintre en miniature du Roi, florissait dans la première moitié du règne de Louis XV. Dès 1717, il exécute le portrait du duc d'Orléans, Régent, pour orner une table de bracelet, et reçoit 150 liv. (Présents du Roi, n° 44.) Nous retrouvons Duvigeon en 1749 sur les comptes des Menus-Plaisirs. Il réclame 900 liv. pour trois portraits du Roi, montés sur tabatières par les bijoutiers Sageret et L'Héritier. (Arch. Vat. 02986.)
A cette époque et jusque sous Louis XVI, les bons peintres en miniature avaient l'habitude de demander sur leurs mémoires, 300 livres par portrait, mais l'intendant des Menus les réduisait presque toujours à 240 livres.
ECMAN (Jean), né en 1641, mort à trente-six ans, le 16 juillet 1677. Reçu académicien « surun tableau en miniature du Parnasse qui fut offert par l'Académie à M. Dormoy, fils de Mgr Golbert. Ge tableau après la mort de M. Dormoy, a passé à M. de Blainville ». (Sujets des morceaux de réception des membres de l'ancienne Académie… Archives de l’art francais, t. IL, p. 368.)
Jal donne quelques renseignements sur Jean Ecman. € Il élait peintre de miniature, dit l’auteur du Dictionnaire critique, comme on l'était en ce temps-là, où les miniaturistes peignaient des sujets sur papier et peau de vélin, des ornements, des lettres ornées, et aussi des portraits, »
EpRridGe (Henri), né en Angleterre, en 1768. Miniature et dessin. Membre de l’Académie royale de Londres, où ilexposa pour la première fois en 1786 des portraits en miniature. Il fit ensuite des portraits aux crayons teintés sur papier et s’appliquait à finir les têtes, tandis que les autres parties étaient légèrement traitées. Edridge fut remarqué par Reynolds, dont il étudia la manière.
ENGLEREART (Georges), né en Angleterre au milieu du XVIIIe siècle. Portrait en miniature et en émail. Peintre en
miniature du Roi Georges III. Ses petits portraits en émail et sur ivoire étaient très estimés, De 1774 à 1812, il exposa souvent à l'Académie royale de Londres. Engleheart fut un des favorisés de la palette; il acquit, dit-on, une belle fortune par son talent.
FerrANn (Jacques-Philippe), né à Joigny le 95 janvier 1653, mort à Paris Le 5 janvier 1732. Portrait en miniature et en émail. Il était fils de Louis Ferrand, médecin de Louis XIII. Jacques- Philippe perdit son père de bonne heure et manifesta dès son jeune âge d'heureuses dispositions pour la peinture. Après avoir étudié le dessin dans l'atelier de Mignard, l'intelligent élève apprit à peindre en miniature chez Samuel Bernard. Plus tard, il se forma lui-même dans l’art de peindre en émail, genre dans lequel il acquit un talent hors ligne. En 1684, Ferrand obtint la place de valet de chambre du Roi Louis XIV, et le 7 mai 4590, il fut reçu membre de l'Académie. Son morceau de réception était «le portrait du Roi, entouré d'une bordure de cuivre doré en forme de trophée ».
Ferrand fit plusieurs voyages en Allemagne, en Angleterre et en Italie; partout il reçut un excellent accueil. Ge maître travailla pour les ‘présents diplomatiques. En 1703, il reçut 400 liv. d'un portrait en émail du Roi, pour garnir l’intérieur d’une boîte d’or, sertie de brillants. (Arch. du Min. des AfF, étr., XZ2e Registre des présents du Roi.)
FonTaLLARD (Jean-François-Gérard), né à Mézières en 1777, mort à Paris en 1858. Portrait en miniature et à l’aquarelle. Il étudia d’abord à l'Académie de Paris, puisil entra dans l'atelier d'Augustin. Sans parvenir à égaler son incomparable maitre, Fontallard a su cependant percer la foule des médiocrités et se faire une renommée de bon aloi. Ses ouvrages ont souvent figuré aux Salons, depuis l’an VI jusque sous le règne de Napoléon II. En 1814, il obtint une médaille d'or de 1r° classe.
Th. Le Jeune s'exprime ainsi sur Fontallard : « Ge doyen des peintres en miniature, qui, en 4858, était encore plein de santé et d’ardeur pour le travail, fut un des meilleurs élèves d'Augustin ; s'il avait eu un dessin un peu moins énergique et moins viril, si sa couleur eut été moins violacée, le maître et le disciple ne feraient qu'un. C'est la même manière, la même touche finie et savante, la même ordonnance et le même goût qui règnent dans leurs ouvrages. Aussi les productions de l'élève se vendent sans peine sous le nom de son maître, et, dans les dernières années
de sa vie, l’habile imitateur, malgré son grand âge, était encore accablé de commandes de la part des marchands qui le harcelaient sans cesse. » (Guide théorique el pralique de l'amateur de tableaux, Paris, Gidé, 1863.)
FRAGONARD (Jean-Honoré), né à Grasse (Provence) en 1732, mort en 14806. Un des plus charmants peintres du XVIII siècle, dont il eut la grâce et l'esprit. Il remporta le grand prix de Rome en 4752. Sept ans plus tard, à l'exposition de 1765, l'Académie le reçut par acclamation sur son tableau du Grand prêtre Corésus se sacrifiant pour sauver Callirhoé. Ses maîtres furent Chardin et Boucher. Il succéda à ce dernier dans la faveur publique et se vit recherché des grands seigneurs et des femmes à la mode.
« Fragonard a fait de tout, dit M. Charles Blanc, sujets historiques religieux et mythologiques, scènes familières, pastorales, décors, paysages, vignettes; le pastel, l’aquarelle, la gouache, l'encre de Chine, la sanguine, le crayon noir; des miniatures délicieuses, des gravures et des eaux-fortes d'une finesse exquise. » (Histoire des peintres de loutes les écoles.) On doit à Fragonard un grand nombre de miniatures, cependant il ne les signait pas et n’en a jamais exposé sous son nom. Peut-être a-til voulu les laisser attribuer à sa femme, dont les ouvrages ne sont pas sans mérite.
« Pour qui les a étudiées, les miniatures de Frago, ces têtes d'enfants aux grands yeux, ces jeunes filles qui viennent du pays de l'impossible et qui en ont la poésie mystérieuse, ces vives images moins peintes que rêvées, appartiennent à la fantaisie par l'incertitude de la forme, l'insouciance du contour, la vaquezza de l'exécution ; mais elles appartiennent à l'art par l'esprit du pinceau, la grâce des ajustements, la finesse du ton et surtout par le rayon lumineux qui anime les chairs et les rend souples, moelleuses, vivantes. Fragonard semble, du reste, avoir peint en se jouant ces petites têtes souriantes et claires; la plupart sont inachevées, il n’y faut voir que le délassement d'un pinceau qui se repose dans ces rapides ébauches d'ouvrages plus compliqués et plus cherchés. Le maitre a su cependant, sous la moindre de ces faciles miniatures, apposer le cachet toujours reconnu de son heureuse personnalité. (L’ARTISTE, 1858, les Miniaturistes au XVILIe siècle, par M Paul Mantz.)
« Une miniature de Fragonard, disent MM. de Goncourt, c'est l'exquis du joli, la merveille du petit art, une chose enchantée et qu'il ne faut comparer à rien dans le XVIIL® siècle, pour le fin et délicieux chatouillement du regard, qu’à une terre cuite de Clo-
dion. Placez à côté toutes les miniatures du temps, elles paliront, elles noirciront. Elles laisseront voir la peine de leur travail, leur petitesse, leur minceur. Les plus brillantes, les plus fraiches, les plus libres, celles qui auront le plus cherché la vie, celles qui auront le mieux échappé à la sécheresse du métier, à l'ingratitude du procédé, paraïîtront des miniatures et rien que des miniatures. »
Dans leur enthousiasme pour les miniatures de Fragonard, qu'ils placent bien au-dessus de toutes les autres, MM. de Goncourt auraient dû au moins faire une exception en faveur des petits chefs-d'œuvre de Hall, surnommé le Van Dyck de la miniature. M. Villot a trouvé la note plus juste dans l’appréciation qu'il fait de ces deux maïtres et dans la comparaison qu'il établit entre leurs talents si opposés et si extraordinaires.
« Fragonara s’est montré plein de grâce et de verve; mais, dans ses délicieuses improvisations, jamais il n’a pensé à la nature, à lutter avec la difficulté de la ressemblance ; sa fantaisie seule le guide, elle lui fait trouver au bout du pinceau des touches et des tons d'une grande fraicheur, du plus piquant effet. Finir lui est impossible, poursuivre un but, revenir sur un endroit pour approcher davantage du modèle, lui ferait perdre ses qualités ; aussi ne le tente-t-il pas. Son cercle est rétréei. Ses petits pierrots aux habits blancs, aux rubans bleus, ses jeunes filles aux cheveux blonds, en manches de chemise sont toujours les mêmes, car il les tire uniquement de son imagination. Il n’en est pas ainsi de Hall. La nature pose sans cesse devant lui pour représenter physiquement et moralement son modèle, il ne donne rien au hasard. Il fait vivre ses figures, leur donne un type individuel, il dissimule ses efforts sous les apparences de la facilité. » (Fr. Villot, Hall, célèbre miniaturiste du XVIIIe siècle, sa vie, ses œuvres..., Paris, 1867.)
Frémy (Mlle) florissait à Paris sous Louis XVI. Pastel et miniature. Élève de Mme Guyard. En 1783, elle exposa au Salon de la Correspondance le portrait d’un procureur et divers portraits en miniature, notamment celui de Mile Davril. « Plusieurs artistes, dit la Blancherie, trouvent dans le portrait du procureur une couleur vigoureuse et un dessin ferme qui méritent leurs éloges, et dans ces miniatures, une touche fraîche et une couleur vraie et piquante. »
FRIBOURG, né à Paris vers la fin du règne de Louis XV. Élève de Suvée. En 1806, il exposa son portrait, celui d'un général dé-
LES PEINTRES EN MINIATURE ET EN ÉMAIL, ET Dr
signé par l'initiale R et une étude de jeune fille, Salon de 1897, M": Béquerel, grande miniature.
Friteue florissait à Paris en 1791. Elève de Campana et « connu pour les sujets en scène, en miniature. » (Tablettes de Renomimée et du vrai mérite, Paris, 1791.)
Fuesset (Jean-Rodolphe), né à Zurich en 1709, mort en 1793. Issu d’une bonne famille d'artistes ; il eut d’abord pour maître le graveur Malchoir Fuessli ; puis il vint en France prendre des lecons de Loutherbourg, leminiaturiste. De retour à Zurich, Jean- Rodolphe fut appelé par la suite aux fonctions de sénateur. C'était un homme érudit, il a laissé un Dictionnaire des artistes, continué par son fils.
FuGer (Henri-Frédéric), né à Heilbronn (Souabe) en 1751, mort à Vienneen 1818. Histoire, portrait et miniature. Élève de Guibal et d'OEser. Se fixa à Vienne, après avoir vécu sept années en Italie. Membre de l’Académie des beaux-arts de Vienne en 1795 et directeur de la galerie impériale, en 4806.
Gamss (Philippe-Charles), XVIIT* siècle. Cité en 1776, dans le Journal de Paris, comme « peintre du Roï ». Au Salon de 1774, il exposa le portrait du sculpteur Van der Worst,
GarAND (Jean-Baptiste) florissait à Paris au XVIIIe siècle. Le fini fut la passion de Garand, dit M. Paul Mantz, « recu maitre en 1761, il prit une part active aux expositions organisées par l'Académie de St-Luc. Dessinateur et peintre, il y montrait, à côté de grands portraits crayonnés à la pierre noire, des miniatures précieusement achevées.. Les œuvres de Garand sont tout à fait rares, mais nous savons ce qu'il fut par une petite miniature sur vélin, qui a dû servir à décorer une bonbonnière. C'est le portrait à mi-corps d'une très jeune fille coiffée et poudrée comme une des héroïnes de Nattier et qui, comme elles, a la joue allumée de ces vives rougeurs qui ressemblent à du fard. » (Paul Mantz, L'ARTISTE, 1858, les Miniaturistes au XVIIIe siècle.)
En 1776, Garand figure dans l'Almanach historique. comme adjoint au professeur de l'Académie de St-Lue. Il fit les portraits de Sophie Arnould (1764), de Mme Favard et de Diderot. A propos de ce dernier portrait, qui bien certainement ne lui fut pas payé, voici comment l'en récompensa l’acerbe critique : «Je n’ai jamais été bien fait, écrit-il, que par un pauvre diable
appelé Garant qui m’attrapa comme il arrive à un sot qui dit un bon mot. Gelui qui voit mon portrait par Garant me voit. »
GENILLON florissait à Paris sous Louis XVI. Paysages, grands et petits, à l'huile, à la manière éludorique et en émail. Élève de Vernet. Genillon a peint de jolies petites vues d'Italie, pour orner des boîtes. Bon nombre de ces médaillons sont en peinture éludorique, genre plus connu sous le nom de fixé ou de sous-verre.
Salon de la Correspondance, 1781. — Un grand tableau représentant une vue du château Saint-Ange. — Une vue du pont Royal et des Tuileries, émail de 148 pouces sur 16. « A la grandeur du morceau, à la vivacité des couleurs, on l'avait pris pour un tableau à l'huile. »
Même Salon, 1782. — Deux petites vues desenvirons de Naples, l'une représentant le coucher du soleil, l’autre un clair de lune, dans le genre éludorique. « L'artiste a eu la satisfaction de recevoir en même temps à l'assemblée les éloges et les avis de M. Vernet, son maitre. »
Même Salon, 1783. — Deux paysages représentant, l’un le Sommeil de Chloé, l’autre le double Serment de Daphnis. « Ge paysagiste (M. Genillon), dit La Blancherie, déjà applaudi depuis plusieurs années, se soutient toujours avec plus d'avantage. Les ouvrages dont il est question, à la légèreté de la couleur réunissent une grande finesse de ton et des figures pleines d’intérèt. » (Nouvelles de la République des Lettres et des Arts.)
GrorpANo (Sophie), née à Turin en 1779, morte en 1829. Miniature et pastel. Elève du chevalier Maron et de sa femme Thérèse Mengs.
GONORE, florissait à Paris sous Louis XVI. Voici un artiste expéditif, cité dans les Tablettes royales de renommée, Paris, 1886. « M. Gonore peintre en miniature au Palais royal, fait des portraits de profil très ressemblants qui n’exigent pas trois minutes de séance.» C'était bien certainement un faiseur de silhouettes.
GoNaRb, florissait à Rouen, en 1777. Tableaux à l'huile, portraits au pastel et en miniature. (Ph. de Chennevières, Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux de l’ancienne France, Paris, 4850, t. IL.)
GRAINCOURT, florissait à Paris sous Louis XVI. « Peintre et
pensionnaire de Monseigneur le cardinal de Luynes. » En 1779, il expose au Salon de la Correspondance «un portrait du Roi » dessiné à la mine de plomb et fixé sur ivoire. « Get ouvrage a été remarqué à cause de son précieux fini. » — Un portrait de Stanislas, roi de Pologne, dessiné à la mine de plomb sur ivoire et une miniature du dernier évèque d'Amiens. « On a été satisfait de ces portraits. »
La même année, le portrait de Franklin, exécuté en miniature, vaut à l'auteur cette note de la Blancherie: « Le précieux fini fait reconnaitre et toujours applaudir M. Graincourt. » Il a fait aussi à la mine de plomb, sur vélin, une série de portraits de personnages célèbres parmi lesquels nous citerons Bertrand du Gueselin et Christine de Suède.
GROS florissait à Paris dans la seconde moitié du XVITT: siècle. « Excellent peintre de portraits en miniature. » (Almanach historique…, Paris, 1776.)
GUÉRIN (Jean), né à Strasbourg en 1760, mort à Obernay en 1836. Il étudia dans l'atelier de David, comme Isabey, et devint comme celui-ci un très habile miniaturiste. Maïs si leurs talents rivalisèrent, leurs destinées furent bien différentes. Tandis qu'Isabey, le peintre des Rois, vivait dans l'intimité des grands personnages de l’Europe, Guérin restait dans une sphère beaucoup plus modeste. Ses débuts cependant furent heureux. Sur la vue de quelques-unes de ses miniatures, Louis XVI et Marie-Antoinette l'admirent à faire leur portrait. Quelques années plus tard, l’artiste s’acquittait noblement. Étant de garde aux Tuileries, le 20 juin 1799, il protégea la famille royale au péril de sa vie, contre la fureur populaire.
« En 1789, J. Guérin entreprit une suite de portrails d’après les députés à l'Assemblée nationale. Ces portraits gravés en manière noire par Fiesinger devaient faire concurrence au recueil de Desjabin. Ge sont des portraits ovales (hauts de neuf centimètres environ); et il est présumable que, soit à cause de la concurrence, soit pour quelque autre motif, le travail fut abandonné par le dessinateur et par le graveur, une fois les premières livraisons publiées. Voici les portraits que nous trouvons à la Bibliothèque impériale : Fezensac de Montesquiou, — J. Pétion, — Mirabeau, — Malouet, — La Rochefoucault, duc de Liancourt, — Duc de La Rochefoucault, — les frères Lameth, — Lafayette, — Henri Jessé, — Freteau, — comte de Glermont- Tonnerre, — À,Beauharnais, — Thouret, — Sieyès, — Robes-
pierre, — J. Rewbel, — P.-L. Rœderer, — Barère. » (F, Reiset, Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés au Louvre.) Guérin exposa pour la première fois au Salon en 4798, et débuta par le portrait de Kléber, son chef-d'œuvre, miniature admirable pleine d'énergie, et dont l’étonnante beauté suffirait à illustrer un artiste.
L'année suivante, Fiesinger gravait d’après ce maître les portraits de divers généraux de la République : Kléber, — Gouvion-St-Cyr, — Sainte-Suzanne, — Bernadotte, — Desaix, — Bonaparte. Nous lisons dans le compte rendu du Salon de 1804 (Pasquino et Scapin au museum) : « (Guérin Jean). Regarde cette jolie miniature, ce noble portrait. Il est bien frappant, cette miniature témoigne un grand talent. » Au Salon de 4814, il recoit ces observations flatteuses : « On pourra dire de nos jours comme Voltaire des trois Bernards :
Dans ce pays trois Guérins sont connus,
car j'en vois un troisième sur le livret. Ce dernier peint la miniature. Un nom illustré par un autre dans le même art semble imposer des obligations, M. Guérin (Jean) paraît vouloir les acquitter avec honneur. » (Moniteur, 18 décembre 1814, p. 1385.) Jean Guérin ne dut pas s’en tenir au portrait, il nous paraît avoir exécuté de ravissantes miniatures à sujets, tirés de la Fable ou de l'Histoire.
HAL, Pierre-Adolphe, né à Stockholm, en 1736, mort en 1793. Portrait à l'huile, au pastel, en miniature et en émail. Le plus grand peintre de portraits en miniature du X VIIT siècle. Personne ne sut rendre avec autant de supériorité, la suprême légèreté d'exécution, la transparence des ombres, la vigueur des tons et l'harmonie des couleurs. Ges qualités le firent surnommer par quelques auteurs le Van Dyck de la miniature. Le père de Hall était médecin du Roï et fut anobli en 1743. Espérant trouver dans son fils un successeur, il lui fit donner une bonne éducation ; mais, à l’âge de dix-neuf ans, celui-ci abandonna ses études médicales pour se livrer à la peinture.
Il passa en France, en 1760. Le talent dont il fit preuve ne tarda pas à établir sa réputation. En 1769, l’Académie royale l’accueillit comme agréé et Louis XV le nomma peintre de son cabinet. Hall était devenu le peintre à la mode, les plus grandes dames assiégeaient son.atelier, mais l'artiste ne travaillait qu'à ses heures; la chasse et la musique lui faisaient manquer bien
des séances, ce qui ne l'empéchait pas d'arriver au chiffre incroyable de soixante à quatre-vingts portraits par an.
En 1784, lorsque Gustave HI vint à Paris, il posa plusieurs fois devant Hall, dont il appréciait le mérite etlui promit de le mettre à la tête de ses musées, s’il se décidait à rentrer en Suède. Hall devait se souvenir un jour de cette promesse. Il avait épousé Mlle Gobin, fille d'un riche négociant, ruiné plus tard dans des spéculations malheureuses, aux approches de la Révolution. A cetteépoque, Hallvoyait disparaître, avec l'émigration, ses meilleurs clients, etbientôt à l'abondance succéda la gène, presque la misère.
Dans sa détresse, les bienveillantes paroles du Roi lui revinrent à l'esprit et il résolut de retourner dans son
pays.
Mie Duthé, émail de Hall. Il partit en 1791, décidé à Coll. de M. Gast. Le Breton. voyager lentement par la
Belgique, courant au-devant du travail pour venir en aide à sa famille restée à Paris. En route, il eut la douleur d'apprendre la mort tragique de Gustave IT, son protecteur, et mourut lui-même à Liège, en 1793, d'une attaque d’apoplexie survenue à la suite d'une longue maladie, au moment où on le croyait rétabli. Hall à peint un grand nombre d'émaux et les considérait comme supérieurs à ses miniatures. Chose bizarre, malgré d’actives recherches, on n’avait pu en découvrir aucun lorsqu’en 4874, un de nos amis, M. Gaston Le Breton, vint nous consulter sur un ravissant portrait de jeune femme signé : HALL, Suépois, 1785, et parfaitement authentique. Une pareille trouvaille est une de ces bonnes fortunes qui datent dans la vie d'un collectionneur.
D'après les notes manuscrites de Hall, nous voyons qu'il gagnait de vingt à vingt-cinq mille livres par an. Selon la dimension du portrait, ses prix étaient les suivants :
40 louis 240 liv. 25 louis 600 liv.
Ce dernier prix comportait plusieurs figures. (Fréd. Villot, Hall, sa vie, ses œuvres, sa correspondance, Paris, 1867.)
Le grand artiste a travaillé pour es Menus-Plaisirs. En 1767, il exécute « trois portraits en miniature de Messeigneurs les enfants de France, lesquels portraits sont destinés pour une boîte dont les Princes font présent à Mme la Csse de Marsan, par ordre du Roy. 1,200 liv. » (Arch. Nat. 013018.)
En 4771, Hall, qualifié « peintre de Mgr le Cte de Provence », livre aux Menus, pour 20 louis (480 Liv.), un portrait au pastel du Dauphin. (0 13033.) Sur sa facture de 1777, Hall s’intitule « peintre du Roi » et réclame 240 liv. pour un portrait en miniature de Louis XVI. (01 3053.)
ïn 4786, ce maitre reçoit 1,200 liv. en paiement de cinq portraits du Roi « pour des présents à faire par S. M. à cause de son voyage à Cherbourg ». Un de ces portraits devait être offert au Duc d'Harcourt, gouverneur général de Normandie. (013076 et 01 3085.)
Parmi les plus beaux portraits d'hommes peints par Hall, nous citerons celui du Dauphin, qui fut remis à la jeune Dauphine Marie-Antoinette dès son arrivée à Strasbourg, en 4770. Il est marqué 411 louis (2,664 liv.) et la boîte d’or sur laquelle on le plaça, au milieu de 70 gros brillants, valait 75,678 liv. (Arch. du Min. des Aff. étr., Présents du Roi, 1738-1771, n° 462.) Lors du mariage du comte de Provence, en 1774, dans la parure envoyée à la princesse de Savoie, se trouvait le portrait du prince, peint par Hall, entouré de seize gros diamants formant bracelet. Le bijou coûtait 15,552 liv. (Même Æegistre, n° 462.)
Ajoutons à cette notice quelques appréciations tirées du Mercure de France, octobre 1769. « Tous les portraits de M. Hall nouvellement agréé sont de la plus grande beauté ; ils sont traités d’une tout autre manière que celle que les peintres en miniature ont coutume d'employer; on n'y voit point la fatigue du pointillé; rien de gêné, rien de laborieux, la touche est libre et la manière large comme celle d'un peintre d'histoire ; ses têtes sont aussi correctement dessinées et ses étoffes rendues avec autant de goût que de facilité. M. Hall, très jeune encore, montre les plus grands talents dans un âge où les autres ne donnent encore que des espérances et peut être regardé comme le Van Dyck de la miniature. »
Octobre 1775 — « ...Les miniatures de M. Hall se font surtout remarquer par la franchise de la touche; ses draperies, largement traitées, font valoir avec beaucoup d'avantage le pointillé des chairs. Ces miniatures étaient renfermées dans une bordure
sculptée en bois par M. Boutry (ou Bourry) et qui a été remarquée par la légèrete des ornements et de la délicatesse de la main d'œuvre. MM. Hall et Weiler nous ont aussi fait voir plusieurs têtes en pastel de grandeur naturelle. Le portrait en pastel de M. Robert, peintre du Roi, peint par M. Hallest d'une ressemblance et d’une magie incroyables. Il est, ainsi que celui de cet artiste, peint d'après lui-même, comparable à tout ce que nous avons vu de mieux en ce genre. »
Octobre 1771. — « M. Hall a fixé l'attention de ceux qui aiment à trouver dans la miniature les grâces du dessin, la franchise du pinceau et cette délicatesse de touche qui, en réduisant l’objet, lui prête de nouveaux charmes. Ses têtes en pastel, grandes comme nature, sont largement peintes et touchées avec énergie. »
Septembre 1783. — « M. Hall est toujours un peintre admirable et supérieur dans ses miniatures et ses portraits en émail. »
En compulsant les livrets du Salon, nous y voyons régulièrement figurer des émaux de Hall à côté de ses autres portraits. — Salon de 1773... Une tête d'émail et plusieurs portraits sous le mêmenuméro.— Salon de 1775... Plusieurs portraits en pastel, en émail et en miniature sous le même numéro. — Salon de 17717. Portrait d'après Van Dyck, en émail. Portrait d'après nature, en émail. — Salon de 1779. M. Hall, agréé. Plusieurs études et portraits en huile, en pastel, en émail et en miniature sous le même numéro.
Vente Allègre, 1872. — Portrait du comte d'Artois, 1,720 fr. — Portrait de Mlle Ledoux, élève de Greuze. 3,000 fr. — Mie Dugazon. 1,810 fr. — Sophie Arnould, dans un médaillon en or, 2,120 fr. — Mne Hall, sasœur et sa fille, belle miniature signée : Hall, 4776. {0,11 sur 0,09.) Pix -neuf mille francs.
Vente Léop. Double, 1881. — Portrait en pied de Mie de St-Aubin, dans le rôle de Babet, signé : Hazr, 1789; grande miniature gouachée, dans un cadre en bois sculpté et doré, surmonté d’un écusson. 4,900 fr.
De tels prix doivent faire multiplier les recherches. Espérons que la découverte de M. Gaston Le Breton ne sera pas un fait isolé et qu’on retrouvera des pastels et des émaux du célèbre artiste qui considérait ses émaux comme supérieurs à ses minialures.
HaLLé (Noël), né à Parisen 1711, mort en 1781. Histoire et miniature. Membre de l’Académie de peinture en 1748, professeur en 1755 et recteur l’année même de sa mort, Les miniatures de
Hallé nous sont inconnues; voici le jugement qu’en porte M. Paul Mantz . « Noël Hallé fit aussi de la miniature et là comme ailleurs, ce fade inventeur de grandes machines resta médiocre. » (Les Miniaturistes au XVIIIe siècle.)
Hans (Louis VANDER-BRUGHEN), mort à Paris, le 6 août 1658, à l'âge de quarante-trois ans. Reçu membre de la primitive Académie, comme peintre en miniature. L'acte d'inhumation le dit « Louys Hans, bourgeois de Paris et peintre ordinaire du Roy ». Quarante prêtres assistèrent à son enterrement, ce qui prouve, observe Jal, que s’il n’était pas un artiste considérable par le talent, il s'était cependant acquis une certaine fortune, »
D'après Félibien, Louis Hans était en vogue à la cour, pour ses portraits en miniature. (£ntretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes.)
H£ere (Lucas de), né à Gand en 1534, mort en 1584. Histoire, portrait, miniature. Artiste célèbre. archéologue et littérateur. Il exécutait le portrait avec une facilité prodigieuse et se contentait parfois d’une seule séance. Il fit en France, pour Catherine de Médicis, des dessins de tapisseries, puis il se rendit en Angleterre, où l’attendait la faveur de la cour.
C'est à Lucas de Heere, à Van Clève, à Anthony More et à quelques autres peintres italiens et flamands qu'on doit les petits portraits des règnes d'Édouard VI, de Marie Tudor etd’Élisabeth.
Hensius (Jean-Ernest), XVIII siècle. Genre portrait et miniature.
Il travailla longtemps à Weimar et à Rudolstadt et vint s'établir à Paris, où il fut nommé « peintre de Mesdames de France », filles de Louis XV. Bonne réputation de second ordre; talent correct, soigné, laborieux, mais privé de cette touche magistrale qui caractérise les artistes supérieurs. Heinsius doit s'incliner devant les grands noms de Hall, de Sicardi, de Dumont, d’Augustin, d'Isabey, de Périn, de Duchesne de Gisors, de Saint, de Mne de Mirbel, etc.
En 1782, il exposa au Salon de la Correspondance, organisé par La Blancherie à Paris, les portraits en miniature de la Bone d'Espagnac et du Chev. d'Espagnac son fils. Hensius dut s'en tirer à merveille, si nous en jugeons par cette flatteuse appréciation : « Un grand talent caractérise le pinceau de cet artiste. » (Nouv. de la Rép. des Lettres et des Arts.)
HÉNAULT, florissait à Paris sous Louis XV. Artiste peu connu
et de mince valeur. Écoutons à son sujet, les observations de M. Paul Mantz: « Hénault apparaît en 1752, à l'exposition de l’Académie de Saint-Luc, où il avait envoyé deux paysages peints « à gouasse dans le goût du pastel », ce qui, soit dit en passant, est une étrange manière de peindre. Il nous reste de cet artiste ignoré une petite composition galante qui porte la date de 1775. (Cabinet de M. Dablin.) Au milieu d’un jardin, dont les arbres sont empruntés à la palette la plus romanesque, une jeune femme sans crainte de froisser le pompeux étalage de ses paniers, s'est assise sur le socle inoccupé d'une statue. Auprès d'elle est un paquet, ou plutôt un entassement de lettres d'amour qu'elle semble relire une à une, tandis qu'un jeune cavalier la presse dans ses bras ajoutant ainsi au texte des billets relns un commentaire persuasif. Le coloris de Hénault est d’une fausseté choquante ; les personnages vètus de rose font un étrange effet dans ce paysage bleuâtre: mais les costumes qui semblent avoir été dessinés par Baudouin ou Moreau le jeune sont très exacts, très coquets, très curieux ; l'exécution est d’une main attentive et soigneuse. Au temps que devait lui coûter un pareil travail, Hénault ne doit pas avoir fait plus de cinq à six miniatures dans sa vie. » (Les Miniaturistes au XVIIE siècle.)
HicriaRb (Nicolas), né à Londres en 1547, mort en 1619. Un des plus habiles peintres en miniature des règnes d'Élisabeth et de Jacques [. Il débuta comme apprenti chez un orfèvre ; puis, ayant étudié les œuvres d'Holbein, il se mit à peindre en miniature sans abandonner son premier métier. Le talent dont il fit preuve lui valut d'être nommé orfèvre, graveur et peintre en miniature de la Reine Elisabeth. Hilliard conserva ses fonctions sous Jacques 1, qui lui accorda même le privilège exclusif de peindre et de graver «l’image royale » ({he royal image). (Samuel Redgrave, Catalogue of the special exhibition of portrait miniatures on loan atthe South Kensington Museum, London, 1865.)
Les miniatures d'Hilliard, remplies de minutieux détails, selon le faire de l'époque, sont très estimées, surtout des amateurs anglais.
Vente Northwick, 1859. — Portrait de lady Jane Grey, en noir et couverte de bijoux. 3.250 fr.
Vente Hamilton, 1882. — Jacques 1 en habit lilas, brodé d'or. Cadre émaillé, orné de l'écusson royal en diamants. (2,200 guinées.) 57,750 fr.
Hoix, florissait à Paris, sous Louis XVI. Pastel et miniature.
Membre de l’Académie royale de Toulouse et de l'Académie des arts et belles-lettres de Dijon. En 1779, Hoin exposait au Salon de la Correspondance son portrait en miniature. « Il a paru bien peint et ressemblant. » La même année, à propos d'un petit portrait de femme, d’une bonne facture, la Blancherie écrivait : « L'artiste ne montre pas moins de talent dans ce nouveau genre que dans celui du pastel. »
Hozsein (Hans) le jeune, né à Augsbourg en 1498, mort à Londres en 1334. Peintre, sculpteur, graveur, architecte, Élève de son père Hans Holbein le vieux. Il fit deux séjours à Bâle, et reçuten 4520 le titre de citoyen de cette ville, titre qu'il ajoutait parfois à son nom. Il fut l'ami d'Érasme, dont il peignit les traits avec un rare talent ; l’auteur reconnaissant le célébra dans ses écrits. Sur les conseils du poète, Holbein passa en Angleterre. On ditqu'il y fut aussi poussé par le désir de s'éloigner de sa femme, mégère intraitable auprès de laquelle il ne trouvait aucun repos.
En arrivant à Londres, il descendit chez le grand chancelier, sir Thomas More, qui le prit en affection et le présenta au Roi. Henri VIII le nomma son premier peintre et le combla d'honneurs. Holbein fit plusieurs voyages sur le continent, soit pour ses propres affaires, soit comme envoyé du Roi; mais il revint toujours en Angleterre, où il mourut de la peste à l’âge de cinquante-six ans. Ce maître, également supérieur dans tous les arts plastiques, a laissé des miniatures grandes comme un écu de six livres ; ce sont des chefs-d'œuvre de finesse et de coloris ; elles appartiennent à l'aristocratie anglaise, qui les conserve précieusement sans jamais s’en dessaisir. A l'exception de lord Buccleugh, dont la collection en renferme, dit-on, quatorze, c'est par unités qu'on les compte dans les plus riches cabinets. (Eug. Piot, le Cabinet de l'amateur, année 1862. £xposilion de: amateurs anglais au musée de Kensington.)
On admire chez Holbein beaucoup d'imagination et de fini, $es portraits, aux carnations vives, sont pleins d'expression et de vérité; mais on reproche de la raideur aux plis de ses vêtements.
Hoxe (Nathaniel), né à Dublin en 1730, mort à Londres en 1784. Portrait à l'huile, en miniature et en émail. Arrivé de bonne heure en Angleterre, il séjourna dans plusieurs villes, notamment à York, et s'établit à Londres où son talent le fit remarquer. Howe fut un des membres fondateurs de l’Académie royale, et devint, à la mort de Zincke, le plus habile représentant de la peinture en émail.
Hoskins (John), florissait à Londres sous le règne de Charles I. Il commença par peindre à l'huile, puis s’occupa de miniature, genre dans lequel il obtint beaucoup de succès. Ses petits portraits sont signés du monogramme !. H.
Walpole a écrit dans ses Anecdotes sur la peinture: « Hoskins, quoique surpassé par son élève Cooper le jeune, n’en est pas moins un excellent peintre. Ses têtes sont faites avec une grande vérité; mais ses carnations manquent de nuances et de variétés de teintes. Je possède de lui une tête du sergent Maynard, très bonne, quoiqu’elle ne soit pas exempte de ces défauts, et une autre représentant lord Falkland et qui exprime mieux que les gravures ordinaires sa tristesse patriotique. »
John Hoskins eut un fils qui porta aussi le prénom de John et s’adonna au même art. On sait peu de chose sur sa vie et ses ouvrages. Il signait : [. H., en lettres séparées.
Huauzr (Jean-Pierre et Ami), nés à Châtellerault, XVII siècle. Artistes habiles ; ils étaient protestants et abandonnèrent leur patrie pour se soustraire aux indignes traitements dont on accablait leurs coreligionnaires. Retirés à Genève en 1671, avec leur père, ancien orfèvre à Châtellerault, ils se firent une réputation comme peintres en émail. « En 1686, ils se rendirent à Berlin et furent pensionnés par l'Electeur. On montre, dans Je château royal, des ouvrages qui leur font honneur, entre autres une famille de Darius, d’après Le Brun. Quelques-uns de leurs portraits ont été gravés. Ils retournèrent à Genève en 1700. » (L. Dussieux, les Artistes français à l'étranger.)
HuBerT florissait à Paris sous les règes de Louis XV et de Louis XVI. Émail. En 1753, Hubert était déjà cité comme habile dans l’art de peindre en émail. Nous le voyons figurer « parmi les plus connus d'entre les artistes qui y excellent », (A/manach des Beaux-Arts, Duchesne, Paris 1753.) Vingt-trois ans plus tard, en 4776, nous retrouvons son nom dans l'A /manach historique.
Humpurey (Osias), né à Honiton, en 1742, mort en 1810. Il étudia dans l'atelier de Shiphey et prit des leçons du célèbre miniaturiste Samuel Collins. Après avoir travaillé quelque temps à Bath. il vint résider à Londres. Ses belles miniatures, très admirées, lui méritèrent la protection du Roi. En 1773, Humpbrey voyagea en Italie ; à son retour, quatre années plus tard, il aborda sans succès la grande peinture, puis il passa aux Indes, Revenu dans sa patrie, Osias y trouva de nombreuses com-
mandes, mais sa santé était délabrée et il eut le malheur de perdre la vue.
HURTER, né à Schaffouse, vers le milieu du XVIIE siècle, un des bons peintres en émail de la Suisse. Il s'établit en Angleterre vers 4710 et y séjourna environ quinze années. Ses petits portraits, d’un riche coloris et d'une grande vérité d'expression étaient très estimés ; ils se vendaient fort cher.
En 1785, Hurter vint en France, où il passa au moins deux ans. Ce maitre fit pour la grande Catherine de Russie quinze miniatures en émail dont voici le détail avec les prix, d’après une note trouvée dans les papiers du B° Grimm. — Charles I (diam., six pouces). 3,000 liv. — Henriette, sa femme. 3,000 liv. — Charles E, en plus petitet plusjeune., 480 liv. — Henriette, idem. 480 liv. —H. Grotius, d'après Van Dyck. 720 liv. — Capitaine Coock. 480 liv. — Ariane abandonnée, d'après Angelica Kaufmann. 960 liv. — Le prince de Galles. 480 liv. — Miss Palmer. 480 liv. — Vénus, d’après nature. 1,200 liv. — L'Hiver, d'après Rosalba. 480 liv. — Angelica Kaufmann. 960 liv. — L’Infant Cardinal, d'après Rubens. 600 liv. — Henri IV, d’après Porbus. 720 Liv. — La Vierge du Guide. 600 liv.— Le reçu, délivré à Paris, est daté du 30 mai 1787. (Nouv. Arch. de l'art francais, A880-81, p. 329. Documents communiqués et annotés par M. J.-J. Guiffrey.)
Isagey (Jean-Baptiste), né à Nancy en 1767, mort à Paris en 1855. Aquarelle, sépia, portraits en miniature.
Miniaturiste fameux, dont la vie fut un long triomphe. Homme aimable, bien élevé, d’un physique heureux, il vécut dans l’intimité de ses plus illustres modèles. Pendant plus d’un demi-siècle, depuis la fin du règne de Louis XVI, jusqu’au règne de Louis- Philippe, son pinceau merveilleux à reproduit toutes les célébrités de son temps. Marie-Antoinette et ses enfants, les plus farouches républicains, les plus jolies femmes du Directoire, les membres du Congrès de Vienne, les plus grands personnages et presque tous les souverains de l'Europe, ont posé tour à tour devant lui et l'ont honoré de leur amitié. Avant d’être le peintre des rois, Isabey eut des commencements difficiles. Il a laissé sur sa vie des notes intéressantes, auxquelles nous ferons quelques emprunts. Jean-Baptiste va nous dire comment il sut se tirer d'affaire pendant les premières années de son séjour à Paris.
« Je résolus, écrit il, d'imiter l'exemple de quelques condisciples qui se créaient, par des occupations accessoires, de modestes ressources. J’entrai tout de suite en relations avec un
tabletier qui me commanda des couvercles de tabatières. C'étaient pour la plupart des copies de Vanloo ou de Boucher. Chaque médaillon m'était payé six à huit francs, sans l’ivoire. Comme il était encore de mode, à cette époque, de porter des boutons de la grandeur d’une pièce de cinq franes, sur lesquels on peignait en camaieu des amours, des fleurs, des paysages, je me livrais à ce travail mercantile. Chaque sujet m'était payé douze sols. Je fis aussi quelques pastels pour un marchand de tableaux qui avait sa boutique sous la colonnade du Louvre. » (MÉLANGES, É'tudes littéraires et artistiques, par Edm. Taigny, Paris, 1869.)
En dehors de ces petits travaux, Isabey s'était fait une clientèle parmi les bourgeois de la rue Saint-Denis. Il allait souvent à Versaillesavec un de ses camaradesd’atelier,quile menait chezson père, attaché à la maison du marquis de Sérent. Le bonhomme le recommanda au marquis, chargé par la Reine de faire faire les portraits des ducs d'Angoulème et de Berry; ces miniatures devaient être montées sur des tabatières et offertes à la duchesse d'Angoulême, à l’occasion de sa fête. Le jeune artiste sortit de cette épreuve à son honneur. La Reine le complimenta et lui fit exécuter divers portraits; il vint alors s'établir à Versailles, où il fut appelé « le petit peintre de la cour ».
Isabey se maria pendant la Terreur. Epris de la douceur et des charmes de Me de Saliennes, fille d'un vieillard aveugle, il résolut d'en faire sa femme et vit ses vœux exaucés. Quelques années après, l'artiste exposait au Salon un tableau intitulé /a Barque, dont l'effet fut immense. Isabey s'était représenté dans un bateau au milieu de sa jeune et charmante famille. Lorsque Mme Campan eut fondé sa maison d'éducation à Saint-Germain, il fut chargé de la classe de dessin et compta parmi ses élèves la jeune Hortense de Beauharnais. Ce fut, comme il le dit luimême, le point de départ de son intimité avec le premier consul.
Sous l'Empire, Isabey devint dessinateur du cabinet de S. M., peintre des cérémonies et des relations extérieures et le suprême ordonnateur des réjouissances publiques et des fêtes données aux Tuileries. Il ajouta à ces fonctions, lors du rétablissement de la noblesse par Napoléon, celle de dessinateur du sceau des titres. Une grande partie des blasons composés par Isabey sont dus à l'inspiration propre de l'Empereur, entre autres celui de Masséna qui porte en attribut, une victoire ailée. (£'dm. Taigny.)
Après l'abdication de Napoléon, Isabey accompagna l’ambassade française à Vienne, comme peintre du Congrès. Plus tard, il exécuta le portrait de Louis XVIIT, puis ceux du duc et de la duchesse de Berry, mais sans titre officiel. Charles X le nomma
dessinateur de son cabinet et officier de la légion d'honneur. Sous le règne de Louis-Philippe, il remplit les fonctions de conservateur des musées royaux. Napoléon III lui accorda une pension de six mille francs et le fit commandeur, en 1854. Isabey mourut l’année suivante, à l’âge de quatre-vingt-huit ans.
Les miniatures d’Isabey les plus appréciées des collectionneurs datent du Directoire, point de départ de sa grande vogue. Ce sont ces portraits d’incroyables et de muscadins représentés avec la coiffure dite à oreilles de chien et le menton dissimulé dans une énorme cravate ; ce sont ces portraits de femmes à la mode, comme Mme Tallien et autres, en costume impudique, le sein découvert, la robe à l’antique, entr'ouverte sur le côté, laissant voir toute la jambe enveloppée d’un provocant maillot couleur de chair, les pieds nus, chaussés de cothurnes et ornés de bagues à l’orteil.
« La pureté du dessin, dit M. Charles Blanc, était le côté fort de Jean-Baptiste Isabey ; c'était le bienfait de son éducation chez David et par là seulement il l’'emportait sur tous ses rivaux. Aussi aimait-il à crayonner plus encore peut-être qu'à peindre. » (Histoire des peintres de toutes les Écoles, Paris, Renouard, 1863.)
Isabey a exposé aux Salons de Paris depuis 1793 jusqu’ en 1841. Ses ouvrages sont décrits dans le Dictionnaire général des artistes de l'École française, par E. Bellier de la Chavignerie et Louis Auvray, Paris, Renouard, 1882.
Vente de Me de la B., 1884. — Portrait de la reine Hortense, miniature signée : IsABEY, 1805. La bordure en or émaillé, enrichie de perles fines, forme médaillon et contient une mèche de cheveux. 1,500 fr.
JAGQUES (Nicolas), né à Jarville, près Nancy, en 1789, mort en 4844. Élève de David et d'Isabey, traita largement la miniature et s'éleva au niveau des bons maîtres en ce genre. Son dessin est pur et sa couleur vraie. C’est sur le portrait qu'il fit du Roi Léopold de Belgique, alors prince de Saxe-Cobourg, que la fille aînée de Louis-Philippe décida du choix de son époux. Jacques remporta deux médailles l’une en 1810, l’autre en 1817. Ses portraits ne paraissent presque jamais dans les ventes ; ils sont restés dans les grandes familles pour lesquels ils ont été faits.
« Les œuvres de ce maître, dit M. Théodore le Jeune, sontclassées sur le même rang que celles d'Isabey et de Saint, quoiqu'elles s’en distinguent essentiellement et avec avantage. » Gette Opinion n'est pas admise par tout le monde ; un de nos amis, M. de Pommayrac, le célèbre peintre en miniature, nous affir-
mait que Me de Mirbel, Isabey, Saint et Augustin étaient bien supérieurs à Jacques. Nous regrettons de ne pouvoir participer au débat; nous avons souvent admiré les ouvrages des quatre grands artistes dont nous venons de parler, mais ceux de Nicolas Jacques nous sont inconnus. Il a exposé à Paris, depuis 4804 jusqu'en 1840.
Portraits : Napoléon", Joséphine et tous les membres de la famille impériale, — la Reine Hortense et ses enfants, — le grandduc de Bade et la grande-duchesse Stéphanie, — le prince Oscar de Suède, —le prince Léopoldde Saxe-Cobourg,— M. et Mne de Lavalette (ces deux miniatures ont été données aux Anglais qui ont sauvé M. de Lavalette en 1815), — le duc d'Orléans (Louis-Philippe) et toute sa famille ; ces divers portraits ont été montés sur un grand coffre de malachite de l’orfèvre Mellerio. (J. Dussieux, les Artistes français à l'étranger.) — L'auteur, — le frère de l’auteur au milieu de sa famille, — Cuvier, — Chérubini, — Mile Dupuis, des Français, — Mile Mars — Rachel, — Benjamin Constant.
Vente Nicolas Jacques, 1844. — Portrait du duc d'Orléans (depuis Louis-Philippe) acheté pour le Roi. 1,200 fr.
Jupun florissait à Paris sous Louis XVI. — Un de ces nombreux artistes comme le XVIII siècle en a tant produit. Si l’on en juge par quelques citations flatteuses, Judlin n’était pas sans mérite : « Il avait pour lui l'autorité des textes: Blin de Saimore le complimentait dans le Journalde Paris. I recevait une pension du Roi d'Angleterre ; il était «avantageusement connu dans plusieurs cours de l'Europe ». En 1792, il invitait Wille et ses amis à un souper dont le bon graveur a consigné dans ses mémoires l'émouvant souvenir. Enfin la Révolution s'étant tout à fait accentuée, Judlin avait au Salon de 1793 les Droits de l'homme et toutes les allégories de la saison. Voilà ce que disaient les livres, et en présenee de ces faits, l'imagination aurait pu rêver et croire à un talent quelconque. Malheureusement pour Judlin, une de ses miniatures a échappé au naufrage ; c'est un portrait de femme avec la date de 1785. Couleur et dessin, tout fait supposer chez lui la plus parfaite inexpérience. Ce Judlin est un barbare, et si vous le voulez bien, nous n’en parlerons plus. » (Paul Mantz, les Miniaturistes au X VIIE siècle.)
Si l'on en croit les Tablettes de Renommée.…, Paris 1791, ce maitre avait « particulièrement l’art de donner beaucoup de no-
blesse à ses portraits et de les présenter sous différents costumes sans rien altérer de la ressemblance ».
Kawz (Charles-Chrétien) né à Plauen (Saxe) en 1738. Émail. Élève de Hesse et de Kimly. A ses débuts, il exposa plusieurs fois des miniatures au Salon de la Correspondance. Le portrait « d’un jeune homme » lui valut, en 4780, cet encouragement de la Blancherie : « Nous avons annoncé les heureuses dispositions de l'artiste pour ce genre de peinture ; on a remarqué que dans ce nouveau portrait il avait profité des observations critiques qui lui avaient été faites d'après les autres. »
Kanz a laissé, comme peintre en émail, une bonne réputation et eut l'honneur de compter parmi ses clients, l'Empereur Alexandre. Au Salon de 1808, Kanz apparait avec des portraits, des sujets et une tête d'étude, peints en émail.
Vente Lenoir, 1874. — Jeune fille en robe blanche et ceinture rouge, le sein découvert, les cheveux retenus par un ruban bleu; grand médaillon en émail. 400 fr. — La même année, un portrait de jeune femme, de Kanz, n’est monté qu’à 445 fr.
Kawz, fils de Charles-Chrétien, florissait à Paris sous le règne de Louis-Philippe. Émail. Après avoir étudié sous la direction de son père, il prit part à diverses expositions. En 1836, il exposait plusieurs portraits et sujets en émail. Cette même année, Alfred de Musset écrivait dans son compte rendu du Salon : « ...M. Kanz doit à son père l'héritage d'un vrai talent. IL devra, je n'en doute pas, à sa rare persévérance de se faire un nom dans l’art de Petitot. » L'année suivante, Kanz présentait deux émaux, le portrait d'Alfred de Mussetet un sujet, d’après Beaume.
KunNGsrTEeT (Claude-Gustave), appelé Clinchetet ou Clinchetel dans la plupart des catalogues du XVII siècle, né à Riga (Livonié) en 1657, mort à Paris en 1734. Miniatures, petits dessins, sujets libres.
« Homme sans mœurs et sans pudeur, qui remplit Paris de miniatures obscènes et qui s’est fait un grand nom qu'il ne méritait pas, car Ôtez-lui une certaine propreté de pinceau, il ne lui resterait presque rien. Il avait peu ou, pour mieux dire, point d'invention. » (Mariette, Archives de l'art français.) Après avoir étudié quelque temps la peinture, Klingstet embrassa la carrière
.des armes, servit en Suède et en France; puis, à l’âge de trentetrois ans, il abandonna l'état militaire, laissant la réputation d’un brave soldat, et vint habiter Paris, où il fut présenté au duc d'Orléans. Il exécuta pour ce prince aux mœurs dissolues une foule de petits dessins licencieux. Klingstet ne paraît pas avoir
fait beaucoup de portraits, cependant il en a laissé. Voltaire a écrit :
Cesse Bouillon de vanter davantage
Ce Clinchetet qui peignit tes attraits.
Un meilleur peintre, avec de plus beaux traits
Dans tous nos cœurs à tracé ton image.
Le peintre de Philippe d'Orléans a décoré une infinité de boîtes et de tabatières qui eurent du succès. Presque tous ses ouvrages sont à l'encre de Chine, avec les carnations teintées. Ses figures manquent parfois d'expression et son dessin est inégal. A l’époque de sa vogue, il eut recours, dit-on, à Bernard Picard le jeune et à quelques autres artistes dans le besoin, dont il récompensait fort mal Les services ; il leur faisait préparer toutes sortes de petits sujets qu'il terminait ensuite. Il mourut misérable à l’âge de soixante-dix-sept ans. « Le XVIIIe siècle, dans son enthousiasme facile, dit M. Paul Mantz, le surnomma le Raphaël des tabatières, associant ainsi le nom le plus pur de l’art à celui d’un homme dont l'œuvre ne fut ni chaste ni même correcte. »
Vente Lenoir, 1874. — L'indiscret, quatre figures. 75 fr. — Moine et jeune fille. 70 fr. — Groupe de trois figures dans un intérieur, 416 fr. — Groupe de trois figures. 480 fr. — Le marchand de bijoux. 162 fr.
KauGer florissait à Paris sous Louis XVI. Émail.
Il est cité dans l'A/manach historique. de 1776 avec cette mention : « peint très bien l'histoire sur émail. » L'année suivante, il figure ainsi, dans le supplément de l’Almanach Dauphin... : « CREUTGER, peintre en émail. Ge célèbre artiste est particulièrement renommé pour la figure et l'ornement en bas-relief, »
KuGLer (Louise Bourbon, veuve WeyLer, Mt), florissait à Paris à la fin du XVIII siècle. Portrait en émail.
Après la mort de Weyler, Louise Bourdon, devenue Mme Kugler, résolut de continuer l'œuvre interrompue de son premier mari, dontles leçons lui furent très profitables. De 4802 à 1812, elle exposa aux Salons de Paris un grand nombre de portraits d'hommes célèbres ; mais il faut reconnaître que ses émaux sont bien inférieurs à ceux de Jean-Baptiste Weyler.
LAGRENÉE (Anthelme-Francois), né à Paris en 1775, mort du choléra en 1832. Histoire, genre, portrait à l'huile, à l’aquarelle et
en miniature, camées. Fils de Lagrenée ainé ; élève de Vincent. Enlevé à ses études en 1793, pour le service militaire, il ne reprit le pinceau que vers 1798. Il voyagea en Russie ; fut bien reçu de l'Empereur Alexandre et fit pour ce souverain divers portraits. À son retour en France, Lagrenée se livra particulièrement à la miniature. Comme Degault, il a fait beaucoup de petits portraits imitant des camées antiques.
LAFRENSEN (Nicolas), plus connu sous le nom francisé de La- VREINCE, né à Stockholm en 1737, mort dans cette ville en 1807. Gouache, dessin colorié, miniature. Peintre de sujets galants à la façon de Baudouin, dont il a continué le genre avec moins de licence. Nicolas étudia dans l'atelier de son père, et fit, vers l’âge de trente ans, un premier voyage en France. A son retour, en 4773, il fut nommé membre'de l’Académie royale de Stockholm et peintre en miniature de la cour de Suède.
L'année suivante, Lavreince révint à Paris et s’y fixa jusqu'aux approches de la tourmente révolutionnaire ; mais, en 1794, il rentra définitivement dans sa patrie, où il mena, selon son habitude, une existence calme et retirée. Les œuvres de Lavreince, après avoir été longtemps délaissées, comme toutes celles des petits maîtres du X VIILe siècle, sont devenues l’objetd’un engouement excessif. Ses gouaches, ses dessins coloriés et surtout ses miniatures, montées ordinairement sur des boîtes de luxe, paraissent rarement dans les ventes.
Parmi les gouaches et dessins coloriés exécutés par Lavreince, nous citerons les suivants: La Consolation de l’absence, l’Heureux moment, l'Innocence en danger, le Roman dangereux, le Billet doux, l’École de danse, les Apprêts du ballet, le Retour trop précipité, la Confidence, l’Ane bâté, le Savetier et le financier, le Mari battu et content, la Jument du compère Pierre, la Balançoire mystérieuse, les Deux Cages, les Nymphes scrupuleuses, le Déjeuner anglais, la Leçon interrompue, les Deux Jeux. Au nombre des compositions historiques, n’oublions pas le Bal masqué, donné par la cour de France au Roi Gustave IIT, en 1771 ; la Du Barry y figure en Dalécarlienne.
Vente Dulac, 1778. — Femme endormie sur un sopha dans un boudoir. 220 liv.
Vente Jacquinot Godart, 4859. — La Promenade dans les bois, sur une tabatière ronde en écaille. 490 fr.
Vente X., 1860. — La Collation dans un pare. 505 fr. — La Promenade dans un parc. 550 fr.
Vente Soret, 1863. — Le Colin Maillard assis, composé de
quinze figures dans un parc ; miniature ronde sur ivoire, montée sur une tabatière en poudre d'écaille, incrustée et galonnée d'or. 2,610 fr.
Vente Æ. V., 1872. — La Conversation dans un parc (0,32 sur 0,24). 2,500 fr. — L'Innocence en danger (0,28 sur 0,21). 581 fr, — Le Billet doux (0,28 sur 0,21). 500 fr. — Jeune femme endormie (0,28 sur 21). 510 fr. — Le Lever (0,22 sur 0,17). 550 fr. — La Leçon (0,17 sur 0,14). 190 fr. — La Séduction (0,47 sur 0,14). 190 fr., gouaches. — La Promenade. 320 fr. — Les Jeunes Musiciennes (0,16 sur 0,13). 235 fr., aquarelles légèrement gouachées.
Le Movyne, XVIIL siècle. — Il donnait des lecons de dessin à Paris en 1776. Nousavons vu une ravissante miniature signée Le Moyne. L'exécution en est excellente ; c'est un portrait de jeune femme debout, les mains cachées dans un manchon et rappelant certain portrait de Mme Vigée-Lebrun. Il y avait, au XVIIIe siècle, toute une légion de peintres en miniature, d’un réel talent ; parmi eux quelques-uns seulement ont percé, tandis que d’autres, très recommandables, sont restés ignorés. Sans en rechercher les diverses causes, nous dirons seulement que les peintres dont la clientèle se résumait à la bourgeoisie devaient falalement laisser moins de traces que ceux qui travaillaient pour la cour, les grands personnages et les célébrités diverses.
Lens, Bernard, le vieux, né à Londres, 1759, mort en 4795. Gravure, émail. Il a laissé une bonne réputation, mais ses émaux ne sont guère connus aujourd'hui.
Lens, Bernard, le jeune, fils du précédent, né à Londres en 1680, mort en 1740. Il travaillait surtout à la gouache et à l'aquarelle et fit de belles copies d’après Rubens, Van Dyck et autres maitres. Il eut l'honneur de professer le dessin à deux princesses et au duc de Cumberland. Lens Bernard le jeune aurait eu deux fils qui se seraient distingués comme peintres en miniature.
Lens (A.-B.). On trouve parfois la signature A. B. L. Il est probable que ce chiffre est celui d’un fils de Lens Bernard le jeune.
Lens (Peter). Get artiste est peut-être l’autre fils de Bernard Lens, cité plus haut. On rencontre des miniatures dans le genre des précédentes, signées : P. L., ou par exception P. LENS.
Le TELLER florissait à Paris en 1777. L'Almanach historique nous donne son adresse quai de Conti, le cite comme peintre en émail et ajoute : «il peint aussi le portrait. » Par cette phrase obscure, en veut entendre vraisemblablement le portrait à l'huile. |
En 4775, Le Tellier est inscrit sur les comptes des Menus-Plaisirs pour cinq portraits de la Reine Marie-Antoinette, remis aux bijoutiers Drais et Gaillard, chargés de les monter sur de riches tabatières. Le « portrait original qui a servi à la copie des autres » est payé à l'artiste quinze louis, ou 360 liv. Chaque répétition lui est comptée dix louis. (Arch. Nat. 0! 3048.)
LioraARD (Jean-Etienne), né à Genève en 1702, mort dans cette ville en 1790. Pastel, miniature, émail. Surnommé le peintre turc. Son père le destinait au commerce, mais il dut céder aux sollicitations de son fils, dont la vocation pour la peinture se manifestait avec ardeur. Jean-Étienne commença par dessiner, puis à peindre en miniature et en émail, « et ce fut alors, dit Mariette qu'ayant copié une peinture en émail de Petitot, il la rendit si parfaitement, que peu s’en fallut que la copie n'égalât l'original. » (Abecedario, Archives de l’art français.) Liotard voyagea beaucoup en Europe. Il visita d’abord la France et séjourna quelques années à Paris pour se perfectionner. Étant à Rome en 1736, il y fit, au pastel, les portraits de divers grands personnages, à la tête desquels nous citerons le Pape.
Sur les conseils de quelques Anglais, Liotard partit avec eux pour Constantinople, en 1738. Au bout de quatre ans, il revint par l'Autriche et s’arrêta à Vienne. Sa longue barbe et son costume oriental, qu'il conserva depuis, attirèrent sur lui lacuriosité. Il exécuta les portraits de François I, de Marie-Thérèse et de la famille impériale. En peu de temps, la cour et la ville lui donnèrent beaucoup d'ouvrage et de ducats. » De retour à Paris, il fut moins heureux; on estima ses pastels pour ce qu’ils valaient. « On les trouva secs et faits avec peine : la couleur tirait presque toujours sur celle du pain d'épice ; de plus, ses têtes étaient plates et sans rondeur. » (Mariette.) L'Académie royale refusa de lui ouvrir ses portes et il se rejeta sur l’Académie de St-Luc.
Arrivé en Angleterre avec de puissantes recommandations, il peignit la princesse de Galles et ses deux fils et devintassez populaire, ajoute M. Samuel Redgrave, pour rendre Reynoldsjaloux (1).
(1) Catalogue of the special exhibition of portrait miniatures on loan at the South Kensington Museum, 1765, p. 265. ;
Cette assertation est peu vraisemblable. Le grand Reynolds était trop au-dessus de notre artiste pour qu'une idée de rivalité pût exister entre eux. Mariette n'en dit rien; il observe même que Liotard, à Londres, « eut moins de travail qu'il l'aurait voulu, » Étant en Hollande, il épousa la fille d'un négociant français, établi à Amsterdam. En 1776, il se retira définitivement dans sa patrie et mourut à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Liotard a beaucoup produit, surtout des pastels; peut-être les fit-il mieux dans son âge mür. En 1802, Bruun Neergard, à propos des artistes génevois, citait « Liotard, le meilleur peintre au pastel dont on peut voir deux tableaux chez M. Tronchin des Délices, qui sont des chefs-d'œuvre ».
La louange doit être exagérée; de son côté, Mariette a-t-il été un peu sévère? Quoi qu’il en soit, n'oublions pas que les jugements de ce dernier font autorité, parce qu'ils émanent d’un profond connaisseur au jugement sain et droit.
Liotard à travaillé pour les Menus-Plaisirs. En 1749, il exécute plusieurs portraits de Louis XV, en miniature et au pastel. En 1752, son mémoire est ainsi formulé :
Un portrait en pastel de feu Madame, toile de 12. 360 Liv. — Un portrait en pastel de Madame Infante, toile de 12. 360 liv. — Un portrait original, en pastel de Madame Infante, toile, de 12. 800 Liv. — Un portrait de Madame Victoire pour boîte. 300 liv. — Un portrait de Mgr le Dauphin, pour boîte. 300 liv. — Une copie à l'huile de la plus jeune princesse, fille de Madame Infante. 390 Liv. (Arch./Vat. 0'2991.) L'artiste reparaît une dernière fois en 1757, sur les comptes des Menus, avec les portraits de Mesdames Henriette et Adélaïde. (013000.)
Louis florissait à Paris dans la seconde moitié du règne de Louis XV. Il eut l'honneur de travailler pour les Menus et de peindre la famille royale. En 1758, il exécute cinq portraits du Roi et de Mesdames et trois portraits des princes, réglés ensemble à 4,920 liv. L'année suivante, il reçoit 960 liv. pour quatre portraits du Roi.
En 1770, Louis fait un portrait pour bracelet, de Mme Sophie.
Nous retrouvons pour la dernière fois ce maître en 1773. Il touche 600 liv. en paiement de « six morceaux de peinture représentant des chasses en miniature pour une boîte de chasse. » (Arch Nat. 013018, 013023, 013029, 013040 ,)
Lucan (Marguerite, Css de) florissait vers la fin du XVIIF° siècle. Ce fut surtout une copiste, mais elle déploya une grande habileté
dans ce genre subalterne. Elle fit beaucoup de miniatures remarquables d'après Hoskins, les deux Olivier et Samuel Cooper. Son ouvrage capital est une illustration de Shakspeare, avec des copies de portraits, des monuments, des devises héraldiques, des fleurs, des oiseaux, etc. L'ouvrage en cinq volumes est conservé à Althorps.
Massé (Jean-Baptiste), né à Paris en 1688, mort en 1767. Il étudia le dessin chez Jouvenet et apprit de Chatillon la gravure et la peinture en émail, mais il abandonna bientôt l'émail pour la gouache et la miniature. Quoique protestant, il fut reçu à l’Académie en 1717 et il devint bientôt un des miniaturistes les plus recherchés de son temps. Dans la scène VI de l’/ndiscret, comédie en un acte, représentée en 1725 au Théâtre français, Voltaire fait dire à l’un des personnages :
Regarde ce portrait, mon cher ami Clitandre, Ça, dis-moi, si tu vis jamais de tes deux yeux Rien de plus agréable et de plus précieux ; C'est Massé qui l’a peint; c’est tout dire...
Les petits portraits se mettaient alors dans des boîtes plates, fermant à charnière. Le nombre de boîtes à portrait ornées par notre artiste est considérable. Voltaire le cite encore à ce sujet dans des vers adressés au maréchal de Richelieu. (Voir /es Boîtes à portrait.) Massé consacra de longues années à dessiner et graver les peintures de Le Brun, dans le plafond de la galerie de Versailles. Ge travail, commencé en 1723, et terminé seulement trente ans plus tard, fut onéreux pour l’auteur, qui n’y trouva pas la récompense de ses peines. Le Roi le dédommagea un peu en achetant ses dessins 10,000 livres.
Mariette, juge éclairé, parfois sévère, apprécie de la sorte le talent de ce maître : « On ne disputera pas à Massé d’avoir eu un pinceau soigné, ni même de n'avoir pas été assez correct dan son dessin. Mais tout ce qu'il a fait est froid et manque de verve. On ne trouve point dans ses teintes ni dans sa touche cette frai. cheur et cette facilité qui brillent dans les ouvrages de la Rosalba, quoique, de son propre aveu, ilait pris cette habile fille pour son modèle. Son travail est peiné ; c’est celui d'un homme qui ne connaît point assez la grande manière, qui ne la sent point, et qui, n’osant prendre un plus haut vol, se renferme dans le cercle étroit de la propreté. Et c'est bien là ce à quoi il faut s'attacher quand on veut plaire à la multitude et surtout aux gens du
monde. » (Abecedario, t. III, p. 279.) Parmi les nombreux portraits du maitre, nous citerons celui de la CS de Verrue, Jeanne d'Albert de Luynes, en Diane chasseresse.
Les Mémoires secrets relatent en ces termes la mort de J.-B. Massé, 5 octobre 1767 : « Le fameux Massé, si renommé pour la miniature, est mort ces jours-ci, âgé de près de quatre-vingts ans. Il était peintre du Roy, garde des plans ettableaux de Sa Majesté.»
Passons aux documents inédits. En consultant les Aegistres des présents du Roi, au Ministère des Affaires étrangères, nous voyons que notre artiste a fourni, de 1720 à 4742, un grand nombre de portraits de Louis XV pour être montés sur de riches boîtes d'or destinées aux ambassadeurs, envoyés, chargés d’affaires, etc. La boîte, donnée le 6 avril 1720 à lord Stair, ambassadeur d'Angleterre, était ornée d’un portrait de Massé et sertie de cinquante-trois brillants ; elle coûtait 49,805 liv.
Massé eut l'honneur de voir figurer un portrait de sa main sur la plus splendide boîte qui soit inscrite parmi les dons royaux. Ge somptueux bijou, enrichi de quarante-deux brillants et de quinze diamantsroses, fut remis Le 29 mars 1720 au Mis Scotti; il s'élevait au chiffreincroyable de129,852 liv. (X VZ1° Registre, n° 46.)
MaugerT (Mne) florissait dans la seconde moitié du règne de Louis XV. En 4760, elle exécute deux portraits du Roi, dont un d'après Liotard et l’autre « d’après un tableau à l'huile, en buste ». Les deux miniatures destinées à être montées sur des tabatières lui sont payées 240 liv. (Arch. Nat. 013096.) C'est le prix accordé aux bons miniaturistes, et nous devons en induire que Mme Maubert n'était pas sans talent.
MATTHEU (Jean-Adam), né à Stralsund vers 1698, mort à Paris en 1733. Émail. On ignore l’époque de son arrivée en France. Il était logé dans les galeries du Louvre, honneur réservé aux artistes hors ligne. Le 22 mai 1753, il obtenait du Roi les « poinçons nécessaires pour marquer les bijoux » sur lesquels il appliquait ses ornements. Il avait sollicité cette faveur, dit Jal, pour échapper aux « recherches de la communauté des orfèvres », à cause des ouvrages qu’il exécutait sur les métaux. Cemaitre obtint, en outre, le titre de peintre orfèvre du Roi, mais il ne profita guère de son privilège, car il mourut la même année. (Dictionnaire critique.)
Mathieu doit compter parmi ces habiles artistes qui enrichissaient d'émaux précieux les belles tabatières du temps de
Louis XV ; œuvres charmantes, dont les auteurs sont restés trop souvent inconnus.
MEYER (Jeremiah), né à Tubingen en 1728, mort à Kew, en 1789. Miniature et émail. — Arrivé en Angleterre dès l’âge de quatorze ans, il prit des leçons de Zincke. Il étudia la manière de Reynolds et devint un artiste distingué, entouré de considération et d'honneurs. Meyer fut peintre en miniature de la Reine, peintre en émail de George IT et membre fondateur de l'Académie royale de Londres.
Mir8eL (Lizinska-Aimée-Zoé Rue, dame de), née à Cherbourg en 4796, morte à Paris en 1849. Portrait à l’aquarelle et en miniature.
Douée pour la peinture de dispositions extraordinaires, elle entra à l’âge de dix-huit ans dans l'atelier d’Augustin; ses progrès furent rapides. Les grâces de sa personne et le charme de son esprit lui attirèrent les prévenances de Louis XVII, qui la nomma peintre de son cabinet. Plus tard, Charles X lui accorda la même faveur. En 1893, Mlle Rue epousa M. Brisseau de Mirbel, professeur au jardin des plantes. A l’époque de son mariage, la vogue de Mne de Mirbel commençait à s'établir solidement, mais elle devait s’augmenter encore au point de ne pouvoir satisfaire aux nombreuses demandes de l'aristocratie et de la haute finance, ses clients habituels. Sous le règne de Louis-Philippe, elle conquit définitivement le sceptre de la miniature et le conserva jusqu'à sa mort. Saint, son unique rival, lui disputa quelques lauriers.
Me de Mirbel avait le don précieux de saisir la ressemblance sous son côté le plus favorable et le plus frappant. Dans ses premiers portraits, elle multiplie les détails chatoyants et pousse le fini jusqu'à la mollesse ; sur les conseils d'artistes distingués, elle remédia à ces défauts par plus de sobriété dans les accessoires, par des méplats mie ux accusés et en évitant dans certains endroits le poli de l’ivoire : elle arriva ainsi à cette fermeté rare et à cette liberté de main qui marquent ses miniatures au coin de la supériorité. Quelques critiques lui reprochent d’abuser parfois des tons violacés.
Me de Mirbel mourut à l’âge de cinquante-cinq ans, laissant une grande réputation que la postérité ratifiera, parce que, dans ses dernières œuvres surtout, à un travail consciencieux se joint le sentiment le plus pur de l’art.
En consultant les livrets du Salon, depuis 1819 jusqu'en 1849, on aura une idée des portraits exposés par la grande artiste et
trop souvent indiqués par des lettres initiales. Nous citerons quelques noms écrits en toutes lettres : Louis XVIII, — Louis- Philippe, — le due d'Orléans, — le Ce de Paris, — Fanny Essler, — Mue Guizot, — la Bnue Nathaniel de Rothschild, — le général Gourgaud, — MM. Le Normant, — Maurice d'Argout, — Em. de Girardin, etc.
Vente Allègre, 1872. — Deux jeunes filles, d’après Greuze, esquisses sur ivoire. 205 fr.— la DS de Berry, de face, vêtue de blanc, signé : L. pe M. (Lizinska de Mirbel). 450 fr. — Waiter Scott et Cooper, les deux, 500 fr.
MoxrpeTiT florissait à Paris, sous les règnes de Louis XV et de Louis XVE. I s'est distingué dans un genre particulier connu sous le nom de sous-verre ou de fixé, et qualifié, à l'époque, de peinture éludorique. En 1779, il expose au Salon de la Correspondance un tableau de fleurs allégoriques sur l'heureux accouchement de la Reine. « Ge tableau, dit La Blancherie, est peint en la manière éludorique, fixé à la glace, ce qui le rend inaltérable.. Le secret de la peinture éludorique, c’est-à-dire à l'huile et à l’eau, dont M. de Montpetit est l'auteur, consiste à n’employer que l'huile absolument nécessaire pour attacher lacouleur, à exclure toutes sortes de vernis et à y suppléer par un cristal qu'il rend adhérent à ses tableaux par le moyen d’un très léger mordant passé à un certain degré de chaleur. Sa manière est de peindre à travers l’eau, afin d’avoir sous les yeux l'effet que doit produire le brillant du cristal et de travailler en conséquence. » (Vouvelles de la République des lettres et des arts.) Deux années plus tard, La Blancherie écrit encore : « Le genre éludorique, qui est en possession de plaire, a mérité à son estimable auteur, dans le portrait de femme et les miniatures, sous le N° 13, les suffrages publics et on a rappelé le grand ouvrage que l'on voyait chez lui pendant le dernier Salon, le plus beau des morceaux en ce genre. »
Noustrouvons plusieurs foislenom de Montpetit sur les comptes des Menus-Plaisirs.
En 1767, il livre « un portrait de feu Mgr le Dauphin pour M. le V® de Choiseul, ambassadeur à Naples. » Sa demande de 300 liv. est réduite à 240. (Arch. Nat., 013016.) Vers la fin de 4770, il exécute, au prix de 480 liv., deux portraits du Roi, dont il n’est payé qu’en 1773. En 1787, il reçoit 1,509 Liv. « pour un tableau allégorique, à l'occasion de la naissance de Madame Royale, qu'il a eu l’honneur de présenter au Roi et qui présentement est placé au petit Trianon ». (013080.)
Montpetit figure aussi sur les /egistres des présents du Roi, au Ministère des Affaires étrangères. Dès 1759, il fait trois portraits du Roi, dont un de 360 liv. pour tabatière et deux autres peints à l'huile, sous glace, chacun de 240 liv. Notre artiste eut l’honneur de voir ses ouvrages s'étaler sur de magnifiques boites destinées aux présents diplomatiques. Le février 1760, une boîte à portrait de chez Jacqmin, sertie de 338 diamants sur laquelle on a mis un de portraits de Montpelit est offerte à M. Sottomayer, ambassadeur d'Espagne. Elle coûte 30,283 liv. — Au mois de mars suivant, le Bo « Deformet », commissaire du Roi de Sardaigne, recoit une boite carrée en or de couleur, à figures flamandes, gravée à fleurs, enrichie de diamants et garnie d'un portraits, par Montpetit, «en manière éludorique. » La boîte, faite par Ducrolay, est cotée à 10, 230 Liv. — (40° /egistre, n° 439.)
Moreau (Jean-Michel), connu sous le nom de Moreau le jeune, né à Paris en 1741, mort en 1814. Dessinateur et graveur. Moreau le jeune, qualifié ainsi pour le distinguer de son frère ainé (Louis Gabriel), conserva son surnom même après la mort de ce dernier. Jean Michel eut pour maître Louis le Lorrain, avec lequel il voyagea en Russie, dès l’âge de dix-sept ans ; l’année suivante, en 1759, l'élève rentrait seul en France, après avoir eu à déplorer la mort de son maître. Avant d'arriver à la célébrité, Moreau le jeune eut des moments difficiles à passer et dut lutter souvent contre la misère. C'est probablement à cette époque de sa vie qu'il se mit à faire des miniatures. Elles sont faciles à reconnaître. Ge sont de petits paysages où l’on trouve souvent un bouleau à écorce blanche ; on y voit des personnages, seigneurs, paysans, et parfois des pêcheurs et un cours d’eau. Notre artiste cherchait encore sa voie ; il la trouva en négligeant la peinture pour entrer chez l'habile graveur Lebas, auprès duquel il travailla beaucoup. En 1770, il fut nommé dessinateur des Menus-Plaisirs en remplacement de Cochin. La réputation de Moreau grandit d'année en année et ne tarda pas à devenir européenne. « Ainsi que le dittrès légitimement Mme Carle Vernet, l'annonce de figures de Moreau le jeune suffisait dans toute l’Europe pour recommander un livre et en assurer le débit. » (Motice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés au Louvre, 2 partie.)
« Son talent ne se bornait pas à traduire les ouvrages des autres, il savait aussi dessiner des sujets de sa composition, sujets de modes, costumes, fêtes, vignettes de tout genre. Il
héritait du royaume de Cochin. » Ghez les deux artistes, « l'esprit, l'invention, la fécondité étaient les mêmes, » mais l’un était vieux, tandis que l’autre joignait à l’ardeur de la jeunesse la maturité du talent. T'Académie l’accueillit en 4789. L'œuvre de Moreau est considérable. Parmi les ouvrages ornés de ses vignettes, nous citerons : les œuvres de Voltaire et de Rousseau, de Marmontel, de Saint-Lambert, de Raynal, de Gessner, les métamorphoses d'Ovide, le Télémaque, l'Histoire de la maison de Bourbon, l'Histoire de Marie-Thérèse, les A-propos de société de M. de Laujon, les Ghansons de M. de la Borde, les monuments du costume physique et moral du XVIII siècle, 23 pièces, 1776-1783. Moreau le jeune travaillait encore en 1810. On s’arrachait ses productions, où dominait l’école de David, mais elles sont bien inférieures sous tous les rapports, aux beaux travaux du Moreau des règnes de Louis XV et de Louis XVI,
Mosnier (Jean-Laurent) florissait sous Louis XVI. Portrait à l'huile et en miniature. L’Almanach historique, Paris, 1776, le cite en ces termes : « Mosnier, rue du Petit-Bourbon, peint la miniature ; il vient de peindre la Reine, d’après nature. » En 4775, il remit aux Menus-Plaisirs, quatre portraits en miniature de Marie-Antoinette, dont le paiement se fit longtemps attendre. Quatre années plus tard, nous trouvons une lettre de Mosnier réclamant avec instance auprès de l’intendant des Menus, le Mal duc de Duras, la somme de 960 liv. montant des quatre portraits de la Reine. Nous constatons que l'artiste est beaucoup plus fort en peinture qu'en orthographe. (Arch. Nat. 03054.)
Mosnier fut reçu à l'Académie royale le 31 mai 1788, sur les portraits de Bridan et Lagrénée. Le dernier est à l’école des Beaux-Arts. Une miniature de notre collection nous permet de juger notre académicien de la manière la plus favorable ; elle représente un délicieux portrait de femme, assise, en robe de soie mauve décolletée, avec un nœud vert au corsage et des plumes dans les cheveux. La tête regarde de face, la main droite tient une plume, et la gauche une lettre, sur laquelle on lit: N'écrivez plus et venez. Ge portrait séduisant est presque un tableau de genre. On n’y sent pas l'effort; la robe et les accessoires sont gouachés, et l’ensemble, bien que d’une grande finesse, est largement traité.
Les miniatures de Mosnier sont rares. Nous n’en avons vu passer que deux à l'hôtel Drouot, et chacune d'elles a dépassé un peu le prix de 1,000 francs.
Musso, qualifié « peintre du Roi» sur les comptes des
Menus-Plaisirs, exécuteen 1773 « un portrait du Gte d'Artois pour mettre sur la boîte donnée à l'ambassadeur de Sardaigne ». Le -prix demandé est de trois cents livres. (Arch. Nat. 013042.\ L’année suivante, Musson fit un portrait de Marie-Antoinette qui inspira au Mercure, ce gracieux quatrain :
Le voilà ce portrait, cette image fidelle,
De l’objet que vos yeux sont jaloux d'admirer ; Français, si la nature est encore plus belle, N’en accusez point l’art, il ne peut l’égaler.
Le nom de Musson figure aussi sur les Aegistres des présents du Roi au Ministère des Affaires étrangères. Pendant les années 1773-74-75, il est inscrit pour trois portraits du Roi, qui lui sont payés à raison de 240 liv. chacun.
Longtempsaprès,en1791, les Tablettes de Renommée.… parlent de notre miniaturiste en ces termes : « Get artiste a fait plusieurs portraits à la cour, pour la famille royale et a eu l’art de l'amuser souvent par son caractère naïf et facétieux. »
Quelle était la valeur réelle du talent de Musson ? Nous ne saurions le dire, mais sa grande supériorité, le genre dans lequel il ne trouvait guère de rivaux, c'était la plaisanterie, dans tout ce qu’elle peut offrir de comique et d’imprévu. Impossible de trouver un farceur plus désopilant. Aux bals masqués, il faisait fureur ; on l’attendait avec impatience ; par ses gestes, ses lazzis, son aplomb, il faisait rire la salle entière et tenait tête à tout le monde. On dit même que, sur un ordre secret du Roi, qui voulait éloigner la Reine des bals masqués de l’opéra, Musson l’interpella sous son domino avec une audace inouïe.
Sous le Consulat, où la mode était aux mystifications, Musson occupait le premier rang avec Legras et Thiessé, parmi les mystificateurs en renom.
Nixon (James), né en 1741, mort à Teverton en 1812. Élève puis membre de l’Académie royale de Londres, il exposa pour la première fois en 1772. Nixon fit le portrait de divers acteurs en renom dans leur costume de théâtre et devint peintre en miniature du prince Régent. Ge maitre a laissé quelques tableaux à l'huile, dont on parle peu ; il excella surtout comme miniaturiste. à
NoiRETERRE (Mlle de) florissait à Paris, vers la fin du XVIIIe siècle. Peintre de l’Académie des Arts de Londres. Nous avons vu de cet habile miniaturiste un portrait d'homme d’une bonne
facture; il est représenté de trois quarts à gauche et signé : Voireterre, 1787. La physionomie, pleine d'expression, semble vivante; le dessin est assez ferme, Le coloris agréable: les cheveux qu'on a craint derendre secs, manquent peut-être de fini. En somme, cette œuvre soignée révèle chezson auteur un talent distingué. Mile de Noireterre, inconnue aujourd'hui de la plupart des collectionneurs, à su conquérir sous Louis XVI une certaine renommée. A cette époque, les membres de l’Académie de peinture et de sculpture, participaient seuls aux expositions du Louvre. Bon nombre d'artistes de talent se trouvaient ainsi privés de publicité; ils se rejetaient soit à l’Académie de St-Luc, soit au Salon de la Correspondance, dont le compte rendu était fait par de La Blancherie, dans le journal : VNouvelles de la République des lettres et des arts. C’est dans ce Salon, refuge des médiocrités et des célébrités de second ordre, aspirant à s'élever, que se présenta Mlle de Noireterre.
Salon de la Correspondance, 1786. — Différents portraits d'hommes et de femmes, peints en miniature par Mie de Noireterre. « Cette artiste doit être distinguée parmi la foule des peintres de son genre. Ses portraits fort ressemblants offrent beaucoup d'harmonie et un faire facile et agréable. C’est pour la première fois qu’elle paraît au Salon. »
Même Salon, 1786. — Deux portraits, l’un de M. Lecauchois, avocat au parlement de Rouen, l’autre de la fille Salmon. « Ces portraits ont fait La plus vive sensation, tant par l'exactitude de la ressemblance, que par l'intérêt qu'inspirent les personnages qu'ils représentent. On s’est empressé de considérer lestraits du défenseur généreux et éloquent de l'innocence, trop souvent abandonnée dans les conditions inférieures. Mais un sentiment plus vif encore a fixé les yeux des spectateurs sur le portrait de l’infortunée que le malheur seul pouvait tirer de l’obscurité et qui jouit à présent d'une célébrité qu'elle à trop achetée. »
Même Salon, 1787. — Portrait du brave Lucot. «Mlie de Noireterre est connue par le mérite de ses productions. On a pu juger ce portrait d’après nature et il a été trouvé aussi ressemblant que bien fait. »
En 1791, Mie de Noireterre est citée dans Les Z'ablettes de Renommée comme donnant à ses portraits « beaucoup de ressemblance et de vérité ».
OrLey (Richard Van), né à Bruxelles en 1663, mortle 6 juin1732. Dessin à l’encre de Chine, gouache, miniature et gravure. Elève de son oncle, religieux récollet, artiste detalent. «Nous connais-
sons, dit M. Charles Blanc, des miniatures de Richard Van Orley. Ce qui y manque le plus, c’est l'esprit; mais nous ne croyons pas qu'il soit possible de pousser plus loin le soin scrupuleux de l’exécution et les caresses minutieuses du pinceau. Richard aimait à traiter des sujets empruntés à la mythologie, et pourle sentiment de la poésie antique, il est exactement à la hauteur des Coypel. Il a dessiné au crayon et peint à la gouache de nombreuses vignettes, dont les libraires de son temps ont illustré leurs livres ; il a lui-même gravé quelques estampes, d’après Rubens et d’après son frère...» Parmi les compositions de Jean Van Orley, gravées par Richard, on cite une suite de vingt-huit sujets, tirés du Nouveau Testament.
Hôtel Drouot, 1862.— Miniature à sujet mythologique : signée R. V. OrLey. 830 fr. — Autre miniature à sujet également tiré de la Fable. 2,130 fr.
Vente Odiot, 1869. — Invocation à Vénus. (Vélin.) 4,090 fr.
OuviER (Isaac), né à Londres en 1556, mort en 1617. Histoire, portrait à l'huile et en miniature.
Élève d'Hilliard, puis du peintre italien Zucchero. Isaac eut beaucoup de succès surtout comme portraitiste. Il compta parmi ses clientsles plusillustres personnages de l'Angleterre, tels que la Reine Élisabeth, Marie Stuart, Philippe Sidney, homme d'État et bon général ; Benjamin Johnson, plus connu sous le nom de Ben Johnson, célèbre poète dramatique, etc.
Les miniatures d'Isaac Olivier dénotent une grande facilité ; elles sont d’un dessin correct, d'une couleur agréable, d'une grande profusion de détails et d'une exécution fine et soignée, mais allant jusqu’à la sécheresse. Cette minutieuse recherche des plus petits détails était tout à fait dans le goût de l’époque.
Écoutons l'opinion d’Horace Walpole : « Ce que j'estime le plus dans ma collection, dit l’auteur des Anecdotes sur la peinture, ce sont les portraits des personnages éminents et particulièrement les miniatures et les émaux qui, autant quej'en puis juger, sont supérieurs à ceux des autres collections. Ceux d’Isaac ct de Pierre Olivier sont les meilleurs qui existent. Pour lesminiatures, genre dans lequel excellait Olivier, nous pouvons défier toutes les nations de citer un plus grand maître, à moins d’excepter un petit nombre des plus illustres productions d'Holbein... Peter, frère d'Olivier, a seul approché de la perfection de celui-ci. »
En parlant du portrait de lady Lucy Percy, nièce de lady Digby, peint par Isaac, « c'est peut-être, dit Walpole, la plus belle et la plus parfaite miniature qui soit au monde. »
Ouvier (Peter), né à Londres en 1601, mort vers 1654. IL fut élève de son frère Isaac, dont il égala presque le talent. Les miniatures des deux Olivier sont sujettes à être confondues, non seulement parce qu'on y trouve le même faire correct et minutieux, mais encore parce que les deux frères ont souvent signé : Ouivier. Le chef-d'œuvre de Pierre Olivier est le portrait de sa femme ; il appartient au duc de Portland.
Vente Hamillon, 1882. — Lady Digby, d’après Van Dyck. (280 guinées) 7,350 fr.
Oupry, florissait à Paris sous la Régence, Le 95 février 1749, une magnifique boîte, renfermant le portrait du Roi peint en émail par Oudry, est remise à l'abbé Dubois « pour donner à M. L. C. A., comme il est dit au Journal du dit jour, f018, art. 7». (Arch. du Min. des Aff. étr., X VZZ Registre des présents du Roi, n° 416.)
PaRANT (Louis Bertin), né à Mer (Indre) en 1768, mort en 1851. Histoire, genre, portrait, miniature, imitation de camée, de sardoine, d'agate, de cornaline, de jaspe vert, etc. Élève de Jean Leroy. Denon, directeur des musées apprécia le talent de Parant et le désigna au choix du premier Consul pour peindre deux tabatières que celui-ci désirait offrir à ses collègues. Cette faveur, d’ailleurs méritée, fut une bonne fortune pour l'artiste et lui valut de nombreuses commandes sous le Consulat et l'Empire. Parant a fait à Sèvres quelques beaux travaux ; il a peint entre autres, par ordre de l'Empereur, une table représentant les grands capitaines grecs et romains (1812). IL a pris part à diverses expositions du Louvre, de 1801 à 1834. Les amateurs de miniatures recherchent ses portraits et petits sujets sur pierre et sur ivoire imitant les camées antiques.
À propos du Salon de 1806, nous lisons dans le Journal de l'Empire (13 novembre) : « M. Parant imite sur la toile et sur l'ivoire, le relief et les couches nuancées de la sardoine, de l'onyx, et ces petits ouvrages, employés en bijoux, le disputent à la pierre fine. »
ParroceL (Miles), XVIII siècle. Filles du peintre d'histoire François Parrocel. Elles étaient quatre sœurs et appartenaient à cette nombreuse famille d'artistes peintres et graveurs, renommés depuis le règne de Louis XIV.
Nous lisons dans l’A/manach historique, Paris, 1776.
Mie PARROCEL, l’ainée, rue Saint-Benoît, peintre en miniature.
Son talent l'a portée à peindre l’histoire naturelle et surtout les oiseaux et les insectes. On voit chez elle un cabinet d'oiseaux et d'insectes très bien composé.
Mie TuéRèse PARROCEL peint le portrait en miniature avec succès, rue de Bourbon.
Mie MARIE PARROCEL fait le portrait à l’huile et au pastel. Il est
une quatrième qui s'applique aussi à cultiver cet art charmant dont elles paraissent avoir hérité de leur aïeul.
Pasquier (Pierre), né à Villefranche (Rhône), mort en 1806.
Portrait à l'huile, au pastel, en miniature et en émail. Membre de l’Académie royale de peinture et l’un des plus habiles peintres en émail du règne de Louis X VE. Il parait avoir beaucoup produit et l’on est étonné de la rareté de ses œuvres aujourd’hui. Le Louvre, si riche en beaux émaux, n’en possède pas de ce maître. Pour notre part, nous n'en avons jamais vu, ni chez les marchands, ni à l'Hôtel des ventes, ni dans les collections particulières que nous avons été à même de visiter.
Laissons parler les critiques du temps. Mercure de France, janvier 1769 : « Le sieur Pasquier, agréé de l’Académie royale de peinture, a peint en émail le portrait du Roi de Danemark. On ne peut porter à un plus haut degré la ressemblance, la vérité et la vivacité des traits qui animent la peinture. Ge portrait est d’ailleurs rendu avec des couleurs vives et fondues avec beaucoup d'art. Ce qu'il y a d'étonnant, c’est que ce portrait a été fait de mémoire. Le Roi et toute la cour, les amateurs et les connaisseurs qui ont vu ce chef-d'œuvre de l’art, en ont été universellement frappés et satisfaits. »
Mercure, 1781. « On y voit avec plaisir le portrait du Roi en émail, par M. Pasquier ; celui de Mme Sophie de France, lequel unit, avec beaucoup de vérité, des détails très intéressants ; celui de M. le Ctt de Vergennes, dont les accessoires laissent cependant beaucoup à désirer. »
Mercure, 1783 : « On remarque les portraits en miniature et en émail de M. Pasquier, renommé par la finesse et les grâces de son pinceau et par son talent à saisir la ressemblance. »
Si nous consultons les livrets du Salon, de 1769 à 1783, nous y trouvons une foule de portraits en émail et en miniature. Citons parmi les émaux, Louis XV, Louis XVI, le Roi de Danemark, la Dauphine, la Ge d'Artois avec les attributs de Gérès, Charles I, d’après Van Dyck, le docteur de Saint-Léger, le Ce et la Csse du Nord, Mme de Saint-Clément, Mlle Rayeck, peintre et pensionnaire du Roi de Pologne, etc.
De 1777 à 1780, Pasquier exécute des portraits du Roi, pour orner les riches tabatières diplomatiques. Parmi les personnages qui reçoivent ces précieux bijoux, auxquels notre artiste a mis la main, nous remarquons : M. de Vergennes, fils de l’ambassadeur, pour avoir apporté la nouvelle du traité conclua vec les cantons suisses (1777); MM. Dean et Lee, députés américains, qui ont signé en 1778, le traité d'alliance entre le Roi et les États- Unis; M. de Guayta, chanoine d’Aix-la-Chapelle, pour avoir apporté, au nom de son chapitre, des reliques à la Reine (1778).
La plusriche de ces tabatières fut envoyée à l'amiral espagnol Don Louis Cordova, en témoignage de satisfaction pour avoir concouru aux opérations de l’armée navale combinée dans la Manche. Ce bijou coûtait 22,512 liv. (Arch. du Min. des Aff. étr., Présents du Roi, 1779.)
PENEL florissait à Paris vers le milieu du XVIIIe siècle. Artiste de talent dont le nom est cité dans les comptes des Menus-Plaisirs. En 1749, il remet deux portraits de Mne la Dauphine et six portraits de Mne Infante, destinés à être montés sur tabatières.
Sur son mémoire, il réclame 300 liv. par portrait, mais on dut le réduire à 240 liv., prix généralement adopté pour les bons miniaturistes de l'époque. (Arch. Nat. 012986).
Passor, XIXe siècle. — Artiste sans talent ; ses portraits révèlent un pinceau monotone, inhabile et mou. Par une faveur non justifiée, Passot est devenu peintre en miniature de Napoléon HIT. On assure qu'un protecteur anonyme prélevait sur le prix de chaque portrait une somme importante (100 fr. sur 300).
PETIToT (Jean), né à Genève en 1607, mort à Vevey en 1691, le plus célèbre et le plus fécond des peintres en émail. Sa famille, d’origine française, était venue se fixer à Genève pour y pratiquer en paix la religion réformée; c’est dans cette ville que Jean Petitot apprit les éléments d’un art encore en enfance et qu'il devait élever à son apogée. Il était metteur en œuvre chez un bijoutier ; son travail consistait à peindre en émail, sur des bijoux, des ornements et des fleurs.
Pierre Bordier fut son guide, mais le maître ne tarda pas à être éclipsé par l'élève. Connaïssant à fond son métier, Jean résolut de venir chercher fortune en France. Quelques auteurs le font d'abord aller en Italie, le fait est contesté ; quoi qu'il en soit, ayant eu connaissance des encouragements réservés par Charles I aux artistes, il se rendit à Londres. On pense qu'il fut
accompagné dans ce voyage par Pierre Bordier ; ce qui est hors de doute, c'est que Jacques Bordier parent de Pierre et futur beau-frère de Petitot, travailla aussi pour la cour d'Angleterre avant 1640. Petitot s'adressa à l’orfèvre du Roï, qui lui confia des bagues et autres bijoux à émailler. Le Roi, enthousiasmé, fit venir l'artiste pour le féliciter ; il l’'engagea à perfectionner son art et lui proposa d'essayer de copier des figures afin d'arriver au portrait. Pour l'aider dans cette nouvelle voie, Charles I le mit en rapport avec Van Dyck, son premier peintre et le génevois Turquet de Mayern, son médecin, chimiste renommé. La tâche était ardue. Petitot, ornemaniste habile, n'avait aucune notion du portrait; une difficulté plus grande encore se présentait, la palette de l'émailleur, alors très incomplète, manquait de plusieurs tons indispensables pour obtenir la gamme des chairs. Mayern trouva les émaux ; Van Dyck apprit à son élève à dessiner une tête, à rendre la vérité des chairs, et l'expression de la physionomie. La docilité, la patience et le talent de Petitot triomphèrent ; il parvint à copier ses modèles avec une vérité poussée jusqu'au scrupule. Un portrait de Charles I, d’après Van Dyck, fut reproduit en émail dans la perfection ; d’autres portraits de Ja famille royale, du même maître, attirèrent à notre artiste de nombreux clients parmi l'aristocratie anglaise. Le grand Van Dyck put.constater, avant de mourir, l'immense succès de son prodigieux élève.
A l'époque des guerres civiles, qui devaient aboutir à la mort tragique de Charles I, Petitot, repassa en France, où sa réputation l'avait devancé. La Reine mère et Mazarin lui firent bon accueil. Un peu plus tard Louis XIV le gratifiait d'une pension et d’un logement au Louvre. La cour et la ville assiégèrent l’atelier du grand artiste, dont la vogue et le talent durèrent plus d’un demisiècle. Quelques-uns ont prétendu que le talent de Petitot, arrivé à son apogée en Angleterre, s’élait amoindri en France. La vérité est qu'il a conservé jusqu’à la fin de sa longue carrière toute la plénitude de ses moyens. Agé de plus de quatre-vingts ans, il faisait le portrait de Jean Sobieski, Roi de Pologne ; puis après, celui de la Reine; ce dernier morceau «n'avait guère plus d’étendue qu’un de nos écus de six livres et cela seul le fit regarder comme un prodige de l’art ». (Mariette.) En 1651, Petitot prit pour femme Marguerite Guper, de Blois ; vers le même temps, Jacques Bordier épousa Madeleine Cuper, sœur de Marguerite, et les deux beaux-frères formèrent une association que la mort seule rompit quelque trente ans plus tard.
Dans leurs travaux communs, Jacques ébauchait les têtes, pei-
gnait les fonds et une partie des draperies, Jean revenait sur le tout et finissait l'ouvrage dans sa perfection. La révocation de Védit de Nantes (1685) troubla les dernières années de Petitot, protestant sincère ; enfermé au fort l'Evêèque et contraint d’abjurer pour obtenir sa liberté, il put enfin regagner sa patrie, et déclara n'avoir cédé qu’à la force. Petitot, dans sa longue carrière, a peint un nombre considérable de portraits; malheureusement beaucoup ont été détruits ; les uns par un vil intérêt, pour en retirer l'or sur lequel ils étatents peints, d’autres, montés en bracelets, selon la mode du temps, se sont trouvés détériorés par l'usage, le frottement et le manque de soins. Mariette ne croit pas que Petitot se soit jamais hasardé à peindre d’après nature ; son genre de travail ne le permettait guère; il copiait ses portraits d’après des tableaux de maîtres, et ses œuvres sont plus ou moins parfaites, selon le degré de perfection des modèles ; ainsi tous ses émaux d’après Van Dyck sont des merveilles ; d’autres portraits, exécutés en France d’après Philippe de Champagne, Le Brun, Mignard, Nanteuil, sont également admirables.
Petitot a souvent répété la figure du grand Roi. Ges beaux émaux étaient montés par Montarsy, dans de riches boîtes à portrait, réservées pour les présents diplomatiques. D'après le XIe Registre des Présents du Roi, n° M0, le 3 février 1698, Montarsy achète neuf portraits en émail de $. M., savoir huit de Petitot père, un à 330 liv., sept à 220 liv., et un par Petitot fils, à 440 liv. — Le 8 août de la même année, Petitot père fournit encore à Montarsy trois portraits du Roi, à raison de G L (150 liv.) la pièce. — À la date du 40 mai 1699, nous trouvons une nouvelle livraison de quatre portraits de Louis XIV, pour lesquels notre artiste reçoit 600 liv.
Hôtel Drouot, 1868. — Mazarin, sur une boîte d’écaille doublée d'or. 3,040 fr. — Mme de Sévigné. 480 fr. — Mme de Grignan. 405 fr. — Me de Montespan. 705.— Mme de Chevreuse. 1,160fr.
Vente Allègre, 1872. — Perrault. 2,000 fr. — Turenne, monture en or. 3,800 fr.
Vente Hamilton, 4882. — Louis XIV, dans un cadre d’or ciselé, avec couronne et amours. 4,785 fr. — Marie-Thérèse, dans un cadre semblable, 1,863 fr. — J.-B. Lulli. 2,126 fr. — J.-B. Golbert, vêtu de noir, avec collerette de dentelle et l’ordre du S'- Esprit. (230 guinées) 6,037 fr. 50, — Le duc de Bourgogne. (650 guinées) 17,042 fr. 50.
Périn (Louis-Lié), peintre de portraits àl’huile et en miniature, né à Reims en 1753, mort en 4817. Fils d’un fabricant d'étoffes,
mais artiste par vocation, il abandonna, malgré son père, l'industrie pour les beaux-arts. A l’âge de vingt-six ans, en 1778, Louis partit pour Paris et entra dans l'atelier de Lemonnier, sous la direction duquel il fit de bonnes études. Ses goûts le portaient vers la grande peinture; la nécessité l'obligea de s’en tenir au portrait, Il fit pour vivre des miniatures, genre dans lequel il parvint à exceller ; il étudia la manière de Hall et prit des leçons de Sicardi, au prix de 24 liv. chacune. Houdon et le peintre Rosselyn lui donnèrent d’utiles conseils ; celui-ci lui fit reproduire en miniature plusieurs de ses portraits. Périn avait une brosse savante et hardie, Pendant la Révolution, beaucoup de célébrités posèrent devant lui.
En 1799, voyant sa santé ébranlée, sa fortune presque anéantie par la chute du papier-monnaie, il retourna à Reims et y fonda une manufacture de laine. L'artiste industriel ne renonça pas à son art; il continua de peindre des portraits à l'huile et en miniature; mais, par un excès de modestie, il refusa de prendre part aux expositions de Paris, où il ne manquait pas de venir cependant pour admirer les ouvrages des autres. Le Louvre possède des miniatures de Périn, offertes par son fils. Ge sont des œuvres délicates, qui classent leur auteur parmi les premiers maitres du genre,
Prorr (John), né à Winchester en 1732, mort en 1803. Il débuta comme clerc chez un procureur ; puis, attiré par l'attrait de la peinture, ilentra dans l'atelier de Richard Wilson, Plott travailla quelque temps en commun avec Nathaniel Hone. Dans la suite, il se fit remarquer par ses beaux ouvrages en émail, à l'aquarelle et parfois à l'huile, Sa première exposition, à l'Académie royale, date de 1777.
PommayrAc (Pierre-Paul de), né à Porto-Rico de parents français, en 1810, mort à Paris, en 1880, élève du B° Gros et de Mre de Mirbel. Il vint de bonne heure en France, pour y faire ses études ets'adonna à la miniature, genre dans lequel il obtint un grand succès,
Rappelé dans sa famille, il fit les portraits des personnes distinguées de Porto-Rico. En 1834, Paul de Pommayrac se fixa définitivement en France et entra chez Mme de Mirbel. L'intelligent élève fut d'abord chargé de copier les portraits dont on demandait plusieurs exemplaires, car la grande artiste ne se copiait pas. Plus tard elle eut une maladie d’yeux et dut renoncer momentanément à la peinture ; pendant ce temps, elle faisait faire ses portraits par Pommayrac, qu'elle dirigeait de ses conseils
et signait le portrait comme si elle l'eût exécuté elle-même. Son prix habituel était de 4,500 fr., sur lesquels elle en abandonnait 300 à son élève. La réputation de Pommayrac grandit de jour en jour. Il fut envoyé à Madrid par M. de Valdegamas pour reproduire les traits de la Reine Isabelle. Pendant son séjour en Espagne, le Roi François d'Assise lui fit faire secrètement son portrait.
A la suite de l'exposition de 1855, l'Impératrice, ayant remarqué les magnifiques miniatures de l'artiste, prit elle-même son nom et le fit venir aux Tuileries. Peu après, il fut nommé peintre du cabinet. Il peignit avec une habileté consommée les portraits de l'Empereur, de l’Impératrice et du Prince impérial. Parmi les plus belles miniatures du maître, nous citerons deux portraits de l'Impératrice : l'un, dans un rôle d’une pièce d’Octave Feuillet, la Zoilette de la Marquise, l'autre, en robe d’apparat, avec le diadème sur la tête. Ce dernier, beaucoup plus important comme dimension, a été gravé par Danguin, élève d'Henriquel-Dupont. Paul de Pommayrac a fait aussi des portraits à l'huile et des ta bleaux de genre, dont plusieurs ont été acquis par leRoï de Portugal et l'Empereur Napoléon II. Au nombre des portraits en miniature exécutés par Paul de Pommayrac, nous ne devons pas oublier ceux de Paganini, de Berlioz, de Desbœufs, statuaire, d'Henry Berthoud et de Dantan jeune.
PREvOsT florissait à Paris sous Louis XV. En 1762, il se qualifie : « peintre du cabinet de S. M. » Son mémoire présenté aux Menus comprend : Un grand portrait du Roi ordonné par Me de Pompadour. 1,000 liv. — Deux petits portraits du Roi, grandeur de boîte « pour les peintres en miniature. 400 liv. » (Arch. Nat. 013007 et 013099).
PrevosrT (M"°) florissait en 1776. A cette date, l’'Almanach historique. en parle en ces termes : « Madame Prevost, épouse de M. Prevost l’ainé (peintre) peint la miniature, rue St-Martin, avec succes. »
Prun'nox (Pierre-Paul), né à Cluny (Saône-et-Loire) en 1758, mort à Paris en 1823. Peintre d'histoire et de portraits à l'huile, fils d’un maçon, dont il était le treizième enfant, élève de Devosges, à Dijon, il alla étudier à Rome, après avoir remporté le grand prix de peinture fondé par les états de Bourgogne. C'est à son retour à Paris que, pauvre et ignoré, il dut faire pour vivre des dessins de vignettes, des adresses de marchands, des
en-tête de lettres, des dessins au pastel et en miniature. Vers 1794, Prud’hon fit pour M. Didot aîné, les illustrations de Daphnis et Chloé et de Gentil Bernard. À dater de cette époque, la fortune du grand artiste alla toujours en s’améliorant. Il obtint un logement au Louvre, fut décoré en 1808, nommé professeur de peinture de l’Impératrice Marie-Louise, et enfin membre de l’Institut. Un sot mariage, contracté à dix-neuf ans, le rendit malheureux toute sa vie.
Prud’hon ne fut pas, à proprement parler, un peintre en miniature, mais nous avons cru devoir le mentionner ici parce qu'il laissa quelques œuvres en ce genre, exécutées, nousl'avons dit, avant le temps de sa prospérité.
Pugos florissait à Paris au XVIII siècle. Membre de l'Académie de S'-Luc et de l’Académie royale de Toulouse, cité comme peignant très bien la miniature. L'A/manach historique en parle favorablement à diverses reprises. Nous lisons: « M. Pujos, ce peintre qui se fait toujours admirer par la ressemblance frappante avec laquelle il rend les portraits des hommes célèbres, vient de mettre au jour celui de M. le comte de Buffon et de M. d’Alembert. » Plus loin, nouveaux éloges: « Le peintre en miniature (M. Pujos) qui nous a le premier frappé à l’exposition de tableaux de l’Académie de S'-Luc est celui qui se plait à célébrer les artistes ; cette raison et la perfection de son talent nous ont ramené plusieurs fois à ses portraits dessinés. La manière spirituelle et précieuse avec laquelle ils étaient rendus nous a fait partager le plaisir qu’ils inspiraient,. »
QuaGLrA (Ferdinand), né à Plaisance en 1780. Portrait à l'huile eten miniature. Artiste de talent qui s'établit à Paris en 1805 et devint le protégé de l’Impératrice. Ses principaux portraits sont ceux de Napoléon I, de Joséphine, de la grande Dsse de Wurzbourg, du duc d'Abrantès, du duc et de la duchesse de Berry, de la Reine de Suède et de Norwège : Citons encore le portrait du Roi d'Angleterre, miniature exécutée dans le genre historique.
Vente Laperlier, 4865. — Napoléon I. 65 fr.
RAEBURN (Henry), né en 1756, à Stockbrudge, actuellement un faubourg d’Edimbourg, mort en 1823. Portrait à l'huile et en miniature. Élève d’un bon peintre de portraits d'Édimbourg, David Martin, qu’il surpassa. Il voyagea trois années en Italie et revint se fixer dans sa ville natale, où il reçut un excellent
accueil. Les plus nobles Écossais posèrent devant lui et sa renommée éclipsa bientôt celle de son ancien maître. En 1899, lorsque George IV visita l'Écosse, Raeburn fut créé chevalier et nommé portraitiste du Roi, en Écosse. Son goût pour les arts s'était manifesté dès son enfance. Entré à l’âge de quinze ans chez un Joaillier, il fit avec succès de charmantes miniatures pour orner les tabatières et les boîtes de luxe. Les portraits de ce maitre se recommandent par la beauté de l'expression et la vigueur du coloris.
RaPHAËL BAcu1, appelé communément RAphAËL, peintre des Menus-Plaisirs, florissait sous Louis XV. De 1762 à 1764, il livre aux Menus quinze portraits du Roi, du Dauphin, de Mme Victoire et de Mme Adélaïde. Chacune de ses miniatures lui est payée 240 livres. Une exception est faite pour un portrait de Mme Adélaïde représentant une Sainte au désert, figure entière d'environ six pouces de hauteur. L'artiste reçoit pour ce dernier morceau 384 liv. (Arch. Nat. 013007, 013009.)
RICHARDIÈRE (Richard Masson, sieur de La), florissait à Paris en 4620. D’après Félibien, ce maître « était recherché pour les portraits en miniature ». Le 20 mai 1619, il épousa Marguerite Yvon, dont il eut huit enfants, du 20 mars 1613 au 14 f6vrier 4695. Dans tous leurs actes baptistères, notre miniaturiste est dit «Richard Masson, S' de La Richardière, peintre et vallet de chambre du Roy ». (/al.)
ROUQUET (André), né à Genève en 1763, mort fou à Paris en 1759. Émail. Artiste distingué. Il fit dans sa jeunesse un court séjour à Paris et passa en Angleterre, où il resta, dit-on, trente années. Ses beaux travaux lui acquirent la faveur de la cour et de la haute aristocratie. En 1750, il revint en France, qu'il ne devait plus quitter, et fut reçu, quoique protestant, à l'Académie royale, sur l’ordre du Roi, le 23 février 1754. Il excellait dans son art,et Lafont de Saint-Yenne a dit de lui: «Je dois un tribut de louanges bien méritées au sieur Rouquet peintre en émail, qui nous a exposé des chosesexcellentes dans un genre de peinture où il est sirare de réussir, par l'extrême difficulté de la préparation des couleurs...; la beauté des portraits qui ont paru de lui au Salon de 1753 à fait augurer qu'il remplacera le célèbre Petitot, appelé le Raphaël des peintres en émail. » (Senliments sur quelques ouvrages de peinture.)
Mariette rend justice au talent de Rouquet, mais il dépeint ce
maître comme un homme « peu communicatif et d'un caractère qui ne le rendait pas fort aimable dans la société. Il était plus que caustique, et dans bien des occasions il ne savait ménager personne. » (Abecedario, t. V, p. 52.)
Rouquet a écrit divers ouvrages, entre autres l'État des arts en Angleterre, Paris, 1755, dans lequel il fait grand éloge de son contemporain Zincke. Ainsi que ce dernier, notre artiste possédait certains procédés dont il garda le secret et mourut sans laisser d'élèves. En 1753, Grimm écrivait dans sa Correspondance : « M. Rouquet, génevois, peintre en émail, est surprenant dans ses petits portraits. » ( T. I, p. 70.)
Rouquet figure parmi les artistes qui ont eu l'honneur de travailler pour les Menus-Plaisirs. En 1754, il remet pour S. M. trois portraits du Roi et deux du Dauphin. Chacun d'eux lui est compté à 480 liv. (Arch. Nat. 012996.)
Le 38° Registre des présents du Roi (n° 437, année 1757) mentionne une tabatière d’or, émaillée, enrichie de diamants, ornée du portrait du Roi, par Rouquet, «pourle grand général de Pologne. 12,465 liv. » (4rch. du Min. des Aff. étr.)
Les émaux de Rouquet sont presque aussi rares que ceux de Hall, et quelques-uns pourraient avoir été signés d’un R.
Rouvier florissait sous Louis XVI. Grâce au Salon de la Correspondance organisé par la Blancherie, nous trouvons sur Rouvier quelques renseignements. En 1779, il expose deux portraits en miniature représentant l’un une femme en négligé, l’autre un jeune garçon qui joue du violon. « On a trouvé dans ces ouvrages un coloris charmant et des grâces infinies. »
Arrivons en 1782 et laissons parler La Blancherie : « Get artiste (Rouvier), dont les ouvrages intéressèrent en 4780, ne dément point l'espérance qu'on avait conçue. Il joint à la ressemblance de la couleur et de l'agrément. » (Nouv, de la Républ. des Lettres et des Arts.)
Hôtel Drouot, 1873. — Portrait de jeune femme en robe de soie rose, décolletée, signé : ROUVIER, 1782. 420 fr.
SAINT (Daniel), né à S'-LÔ, en 1778, mort en cette ville en 1847. Ila beaucoup exposé aux Salons de Paris, depuis 4806 jusqu'en 1839, ets’est montré, par la perfection de ses petits portraits, le digne rival d'Isabey et de Mme de Mirbel. Tous les critiques d'art sont unanimes pour faire l'éloge du célèbre artiste. Le /ournal de l'Empire dit, en 1808 : « Je crois qu'il faut placer en première ligne M, Saint, Ses minialures me semblent ce qu'on a
exposé de mieux en ce genre depuis que M. Isabey, enchainé par d’autres devoirs, ne parait plus dans la lice. Get artiste n'aurait pas mieux peint, mieux dessiné, colorié plus vigoureusement le portrait d’une dame en robe de velours et en shall bleu... » Le même journal dit encore en 1813 (9 février) € M. Saint traite la miniature dans la grande manière introduite par M. Isabey et aussi bien que M. Isabey lui-même. »
Hôtel Drouot, 1861. — L. Napoléon, roi de Hollande, 280 fr.
Hôtel Drouot, 1862. — La Dame au chapeau bleu. 255 fr. — Jeune fille dans un parc. 955 fr. — Jeune femme assise près d'une fenêtre donnant sur la campagne. 1,970 fr.
Vente Eug. Tondu,1865.— Joséphine, miniature signée : SAINT, 1808, sur une boîte d'’écaille, galonnée d’or. 251 fr.
Vente Allègre, 1872.— Jeune femme, vue à mi-corps, vêtue de blanc, les genoux couverts d’un cachemire ; coiffure blanche garnie de roses. 2,400 fr.
SAVIGNAC (Lioux de) florissait à Paris dans la seconde moitié du XVIIT siècle. Gouache, miniature.
Ses petits sujets à personnages rappellent ceux des deux Blarenberghe et méritent d’être recherchés; ils sont bien composés, d’une exécution habile, mais ils n'offrent pas le fini et la perfection inimitable qui caractérisent les œuvres des deux grands maîtres du genre.
Les amateurs devront y faire attention et ne pas oublier qu’une miniature de Savignac vaut quinze ou vingt fois moins qu'une autre du même genre exécutée par Louis Van Blarenberghe ou par son fils Henri-Joseph. Une erreur pourrait coûter cher à l'acheteur trop confiant quis’en rapporterait à une fausse signature ou aux paroles suspectes de certains marchands. Disons toutefois que quelques beaux morceaux de ce maître, montés sur de riches boîtes, atteignent, à l'occasion, des prix élevés.
Vente X., 4863. — La tempête, d'après Vernet, sur une boite ovale Louis XVI, en or. 1,660 fr.
Vente Roux, 1868. — Le Pont-Neuf et la Samaritaine, fixé, monté sur une boîte, en poudre d’écaille rouge, galonnée d'or. Époque Louis XVI. 260 fr.
Vente Ed. Fould, 1869. — Six miniatures gouachées, offrant des paysages avec figures, sur une boîte montée à cage. 4,575 fr.
SEvIN (Pierre-Paul), né à Tournon vers 1650. Dans un acte du temps, il est qualifié ainsi : « Messire Pierre-Paul Seuin, peintre ordinaire du Roy. » Il fut nommé peintre de la ville de Lyon,
mais les échevins durent le révoquer pour cause d'insuffisance et le remplacèrent par Mignard. Sevin a fait beaucoup de dessins reproduits par la gravure et ayant trait au royaume de Siam. Il a représenté entre autres l'audience donnée par Louis XIV aux ambassadeurs siamois, en 1688. (/al.) Parmi les ouvrages de ce maître, il faut encore citer quelques belles miniatures sur vélin, entre autres, Turenne à cheval, en costume de guerre, accompagné d’un génie tenant des drapeaux; le triomphe d'Amphitrite et quelques copies très soignées, d’après Paul Véronèse. Toutes sont signées : ?. Seuin et datées.
Vente E'scudier, 1882. — Quatre grandes miniatures sur vélin, signées P.-P. SEUIN, 1677, d'après Paul Véronèse: La Cène, les Noces de Cana, etc. 6,000 fr. — Suivant une note explicative, ces belles copies auraient été commandées, par Louis XIV, pour Mne de Montespan.
SicARDI, mort sous le premier Empire, un des meilleurs miniaturistes de la fin du XVIII: siècle. Les livres en parlent peu, mais ses ouvrages répandus dans les collections témoignent de son gracieux talent et viennent réparer l'indifférence ou l'oubli des chroniqueurs. Son nom ne figure ni sur l’Almanach historique ni sur l’'Almanach dauphin. Reçu à l'Académie de Bordeaux en 4774, nous le trouvons occupé, neuf années plus tard, au Ministère des Affaires étrangères pour les présents diplomatiques.
De tous les peintres en miniature de Louis XVI, et il y en eut beaucoup, c’estlui qui a le plus répété la figure du Roi, sans parler des autres portraits de la famille royale, tous destinés à être montés en médaillons, en bracelets, sur tabatières ou dans des boîtes à portrait. Ces jolies petites peintures lui étaient payées fort cher; il recevait 360 liv. pour chacune d'elles ; nous voyons même plusieurs exceptions à 450 liv. Hall est le seul qui ait reçu parfois davantage.
Ouvrons les Æegistres des présents du Roi et faisons quelques citalions concernant notre artiste.
7 mars 1781. — Fourni par Solle, bijoutier du Roi, une tabatière émaillée en citron, à bordure verte et perlée, enrichie de cent trente-quatre brillants, avec le portrait de S. M. par Sicardi. 6,580 liv.; offerte à M. Tronchin, médecin, enrécompense des soins qu'il a donnés en diverses occasions pour le service de la cour et particulièrement pour l’inoculation du Roi, en 1774.
30 avril 1783. — Livré par Solle une boîte à portrait, sertie de trois cent soixante et onze brillants, ornée du portrait du Roi par Sicardi. 24,830 liv.; envoyée au comte O’Reilli, « capitaine
général de l’Andalousie, pour avoir procuré aux forces de terre et de mer de S. M. qui furent employées, en 1783, dans l'étendue de ce gouvernement, les approvisionnements et autres secours nécessaires à l'exécution des opérations auxquelles elles étaient destinées. »
27 janvier 1784. — Fourni par Solle une tabatière ronde, émaillée prunes de Monsieur, enrichie de brillants, avec le portrait du Roi, par Sicardi. 42,360 liv.; remise en présent de congé à M. de Storer, ministre de la cour de Londres auprès de S. M.
Sicardi s’est plu à mettre en scène certains personnages de l’ancienne comédie italienne tels que Pierrot, Arlequin et Colombine. Il vivait encore au commencement de l’Empire et prit part au Salon de 1804, où il exposa : Un cadre de miniatures. Deux portraits dessinés, Arlequin égoïste, Pierrot avec son fils, dans la cuisine de Colombine, A cette occasion, nous lisons dans les Tablettes impartiales sur les expositions de l'an XIIT (1804) : « M. Sicardi ne sort point de la famille des Gilles, puisqu'il peint si bien Arlequin et son rival. Je ne sortirai point de leur société pour louer ses tableaux, qui ressemblent aux facéties de cet aimable Arlequin, lesquelles, quoique répétées, plaisent toujours par leur gentillesse. »
Vente Allègre, 1872. — Portrait de jeune femme en bacchante, dans un cadre en or gravé bordé de cailloux du Rhin sertis en argent. 4,510fr. — Groupe de deux figures, signé : Sicardi, 17176. Pierrot tient, sur un plat, une saucisse que Colombine semble convoiter. 6,020 fr.
Vente Lenoir, 1874. — Jeune femme vue à mi-corps, s'appuyant près de la statue de l'Amour. 4,300 fr.
Hôtel Drouot, 1% février 1877. — Portrait du duc de Normandie, depuis Louis XVIT. Costume nankin et collerette plissée avec le cordon bleu et la plaque du St-Esprit. 520 fr.
SOIRON (François), né à Genève en 1755, mort à Paris en 1813. Peintre de fleurs et de portraits en émail. Établi à Paris, il prit part à diverses expositions de 1800 à 1810, et se fit connaitre par de beaux travaux qui lui valurent, en 1808, une médaille d’or de première classe. Ses portraits de Denon, de Pierre le Grand, de Napoléon et de Joséphine sont remarquables.
Soiron a laissé un fils, Philippe Soiron, peintre sur porcelaine qui fit, pour la DS$t de Berry, les peintures d’un service à sujet, de chasses et de paysages.
Vente Allègre, 1872. — Portrait de Pierre le Grand, exécuté à Paris en 1809 par Soiron père. 3,000 fr.
Terroux (Mile), néeen1759, florissait à Genève en 4780. Émail. Falconet en parle ainsi dans ses (Œuvres, t. IV, p. 281: «Mile Terroux, fille de M. Terroux l’ainé, citoyen de Genève et horloger, peint en émail avec un succès qui, par sa rapidité, me parait surprenant. Ou la pratique de cette sorte de peinture peut s'acquérir en quinze mois, ou cette artiste y a fait d’étonnants progrès. Son premier ouvrage en ce genre est comme de raison d'une assez faible écolière, c’est-à-dire pour l'émail ; car, avant de l’entreprendre, elle dessinait déjà, mais ses dernières productions montrent un talent décidé, qui s’achemine à la perfection. Que cette demoiselle continue l'exercice et l'étude, et Genève pourra la compter au nombre des artistes distingués qu’elle aura produits. »
THouroN (Jacques), né à Genève en 1737, mort à Paris vers 1790. Après avoir fait de bonnes études à Genève, il vint se fixer à Paris, prit part à diverses expositions et se rendit bientôt célèbre par ses belles peintures en émail.
Sénebier écrivait en 1786 du vivant même de l'artiste « Thouron (Jacques), né en 1737, s’est fait connaître à Genève et surtout à Paris par la beauté de ses portraits en émail. Il a su donner à ce genre de peinture la chaleur et la vie que l'huile seule s'était réservée. Aussi ses portraits qui intéressent par la correction du dessin et le choix des attitudes, se font surtout remarquer par l'âme qu'il y fait renfermer et le grand effet qu'il sait leur faire produire. (Histoire littéraire de Genève, t. IL.)
Le Pausanias français, compte rendu du Salon de 1806, donne certains renseignements sur lesquels nous aurons à faire quelques observations. Nous copions: « Un seul artiste, sous Louis XVI, avait ressuscité l’art de peindre sur émail ; il se nommait Touron, et ses essais furent des coups de maître (il ne faut pas en juger sur une bacchante peinte en émail, d’après un tableau de Mme Lebrun et qu’on voit dans le cadre des Petitot ; c’est le plus médiocre des ouvrages de Touron). Une injustice qu'il essuya de la part d’un des premiers princes du sang (c'était le Gt d'Artois) précipita au tombeau cet artiste infortuné. Il mourut de chagrin à la fleur de l’âge en perdant à la fois sa gloire et sa fortune. »
Comment Chaussard, l’auteur du Pausanias, a-t-il pu dire que
sous Louis XVI un seul artiste avait ressuscité la peinture en émail. Il y avait à Paris, à côté de Fhabile génevois Thouron, des artistes émailleurs d’un grand mérite, tels que Garteau, Vassal, Courtois, Jacques de Mailly, Mme Cadet, Pasquier, Weyler
et enfin l'’illustre Hall, le plus grand peintre de portraits en miniature et en émail de son temps. La seconde assertion du Pausanias est aussi peu fondée que la première; l'émail de Thouron, exécuté d’après le tableau de Mme Lebrun, loin d'être à dédaigner mérite des éloges. Quant au fait ayant précipité la mort de Thouron, nous dirons avec M. Fr. Reiset : « Nous ne possédons aucun renseignement qui nous permette soit de contester, soit de confirmer. Nous devions donc rapporter purement et simplement l’allégation de Chaussard. » {Votice des dessins, cartons, ete., exposés au Louvre.)
Hôtel Drouot, 1863. — Portrait de Me Lebrun, dans un très joli cadre Louis XVI, en bois sculpté et doré. 4,505 fr.
Vente Allègre, 1872. — Boîte d’écaille doublée d’or, de chez Vachette, surmontée du portrait de Garrick. 3,020 fr.
Hôtel Drouot, 1873. — Portrait de jeune femme, la main gauche sur la poitrine. 300 fr.
VALLAYER-COSTER (Anne), femme du peintre de genre CosTER. Portrait, genre, fleurs et fruits à l'huile et en miniature. Artiste distinguée, reçue membre de l’Académie royale de peinture, en 1770. Elle triomphait dans l'imitation des fleurs et des fruits et s'y montra l'émule de Gérard Van Spaëndonck. Nous lisons dans le Mercure de 1773 : « Les tableaux de fleurs et de fruits de Mie Vallayer sont d’un coloris fini et d’une touche précieuse ; ils plairont généralement aux artistes par l'intelligence avec laquelle chaque objetest groupé pour recevoir la lumière et produire le meilleur effet possible. Le portrait de Mme B., peint de celte manière, a un caractère de vérité et même de naïveté qui fait honneur à son pinceau et annonce que cette artiste ne se refusera point à peindre le sentiment au milieu même des objets inanimés qui remplissent son atelier. «Le Mercure dit encore, en 4783: « Mme Vallayer-Coster se montre une digne rivale de la nature dans la représentation des fleurs et des fruits qu'elle peint avec autant de fraicheur que de vérité. » Mile Vallayer s’est aussi occupée de miniature, mais accidentellement; les catalogues du Louvre n’en mentionnent aucune. Nous avons vu d’elle de jolis dessus de boîtes peints, soit à l'huile, soit à la gouache ; ils sont en petit nombre, la vogue de ses grands tableaux a dû lui faire négliger le genre secondaire de la miniature.
Hôtel Drouot, 1867. — Vase de fleurs, miniature ronde signée : VALLAYER-COSTER, 1778. 110 fr.
Van DAËL (Jean-François), né à Anvers en 1764, mort à Paris
en 4840. Il peignait les fleurs et les fruits avec une rare perfection et se montra presque l’égal de Van Spaëndonck. Van Daël passa la plus grande partie de sa vie en France, où il arriva dès 1796. Ce maitre a laissé de jolis dessus de tabatières, très appréciés des curieux de miniatures.
Van Os (Pierre-Gérard), né à La Haye en 1776. Paysage, genre fleurs et fruits, à l'huile et en miniature. Élève de son père J.-J, Van Os. Les petits sujets de fleurs et de fruits, exécutés par Pierre Gérard pour orner les tabatières, sont recherchés des amateurs.
Hôtel Drouot, 1867. — Miniature ronde, à l'huile, montée sur une boîte d'écaille et représentant des fleurs et des fruits, 150 fr.
Van Poz (Christian), né à Berkenrode, près de Haarlem le 44 mars 1752, mort à Paris le 21 mai 1813. Fleurs à l'huile et en miniature. Il étudia à Anvers, où il fit beaucoup de peinture de décor. Étant venu à Paris en 1782, il y obtint un légitime succès pour son talent à peindre les arabesques ornées de fleurs, de fruits et d'oiseaux. Van Pol peignit souvent en ce genre, notamment à Bellevue, à Chantilly et à St-Cloud, en compagnie de son illustre ami Van Daël, qui lui donna d'excellents conseils. Notre artiste était surtout renommé pour ses jolis dessus de tabatière. «Il y en a de si beaux, dans le nombre desquels on en cite surtout un, qu'il vendit peu de temps avant sa mort, que si par hasard son nom ne s’y trouvait pas, on pourrait facilement être tenté de les attribuer à des noms beaucoup plus célèbres que le sien. Sans les surhoîtes, Van Pol aurait peut-être été bien plus loin dans son art; il aurait alors eu le temps nécessaire pour faire un plus grand nombre d'études, unique moyen de perfectionner son talent. » (T. G. Brunn-Neergaare. Moniteur, 20 août 1813.) Les Gobelins lui demandèrent plusieurs cartons de fleurs et de fruits. Van Pol a laissé quelques bons tableaux à l'huile; il peignait bien à l’aquarelle et mieux encore à la gouache. On lui reproche d’avoir trop sacrifié aux détails. C’était un bon camarade et un artiste modeste : « Je cherche toujours, disait-il, à Van Daël, à mieux faire mes roses, mais tout en cherchant, je ne vois que trop que les vôtres approchent infiniment plus de la perfection que les miennes. » Van Pol signait parfois ses petites gouaches : V. P.
Vente Lecarpentier, 1866. — Médaillon de fleurs signé : VAN Poz, 1792, sur une boîte en écaille blonde, 120 fr.
VAN SPAËNDONCK (Gérard), né à Tilborg, Hollande, en 1746, mort à Paris en 1822. Fleurs et fruits à l'huile et en miniature.
Cetartiste, quoiquené en Hollande, peut être classé dans l'école française, parce que c’est en France, où son talent se développa, qu'il passa la majeure partie de sa vie. Arrivé à Paris à l’âge de vingt-quatre ans, il obtint, gràce à quelques amitiés, la survivance de peintre en miniature du Roi, en 1774.
C'était l'époque par excellence de la miniature, que ce galant XVIIT siècle ; on la voyait s'étaler sur une foule de délicieux bijoux tels que bagues, bracelets, médaillons, tabatières, bonbonnières, boîtes à mouches, éventails, etc., et sur ces ravissants carnets de bal appelés souvenirs d'amitié, souvenirs parfois plus tendres, ornés de bergerades ou d’un portrait de femme et de chiffres entrelacés.
Au milieu d'artistes distingués, Van Spaëndonck, intelligent et laborieux, ne tarda pas à conquérir le premier rang dans le genre qu’il avait adopté : les fleurs et les fruits. Ses dessus de boîte peints à l'aquarelle, à la gouache où à la manière éludorique (sous verre) étaient rendus avec tant de fraicheur et de vérité, que c'était à qui posséderait, à la cour, une tabatière de ce charmant maitre.
Encouragé par l'accueil fait à ses premiers travaux, il aborda la peinture à l'huile et s’y fit connaître d’une manière aussi avantageuse. [Il y développa ses facultés d'entente de la com position et du coloris, trop à l’étroit dans le cadre restreint de la miniature. Son pinceau délicat, harmonieux, sut rendre avec une rare perfection le coloris des roses et le velouté des fruits. L'Académie l’accueillit en 4781. En 1793, il fat nommé administrateur et professeur d'iconographie au jardin des plantes, puis membre de l'Institut lors de sa création. Van Spaëndonck mourut en 1822, laissant d'unanimes regrets. Il joignait aux agréments de l'esprit un grand fond de douceur et de bienveillance.
Mercure de France, 1783. — « M. Van Spaëndonck n’a point d'émule dans l’art de peindre les fleurs, les plantes, les fruits, ni dans la manière de les grouper dans de beaux vases. On ne peut le comparer qu à Van Huysum, ou plutôt qu'à la nature qu'il rend dans toute sa fraîcheur, son éclat, sa vivacité . »
Hôtel Drouot, 1862. — Bouquets de fleurs dans une corbeilles Autre sujet de même genre, fixé. 305 fr. — Trois miniature. gouachées, vases et bouquets de fleurs. 505 fr.
Hôtel Drouot, 1867. — Fixé, de même genre.75 fr. — Bouquet de fleurs dans un vase. 178 fr. — Autre, sur vélin, monté sur une boîte d'écaille doublée d’or, 222 fr.
Vente Jacquinot-(rodard, 4859. — Tabatière en écaille, ornée dessus et dessous de bouquets de fleurs dans des vases. 910 fr.
VASsSAL florissait à Paris, comme peintre en émail, du temps de Louis XV et de Louis XVI. L'Almanach historique nous apprend qu'il demeuraitrue du Harlay. En1770, année du mariage du futur Louis XVI, Vassal livre aux Menus-Plaisirs deux portraits du Roi pour présents. Ils ne devaient pas être en émail, n'étant cotés chacun qu’à 240 liv. (Arch. Nat. 01 3029.)
VÉNEVAULT (Nicolas), peintre en miniature, florissait sous Louis XV. Portrait et genre historique.
L'Académie le reçut le 26 août 1752. C'était un bon peintre dont les œuvresétaient loin de passer inaperçues. Il reçut denombreux éloges des critiques d'art de son temps; un seul toutefois, Diderot, lui lança plusieurs boutades. Pour juger l'artiste, laissons parler ses contemporains :
1753. « M. Vénevault, qui a poussé l’art de la miniature très loin, a exposé plusieurs portraits dignes d’éloges. » (Bo Grimm, Correspondance.)
Mercure de France, 1755. « L'art de la miniature s’embellit et devient un grand talent dans les mains de M. Vénevault. »
Mercure.…, Octobre 1757. « Les talents de M. Vénevault pour la miniature, sont bien rares ; ce genre dans ses mains n’est point un petit genre. On ne lui reprochera pas de pointiller ; il a de la touche. »
Mercure... Octobre 1763. « Les amateurs de la miniature, genre dans lequel M, Vénevault s'est à juste titre acquis une grande réputation, ont lieu d’être satisfaits des ouvrages de cet artiste. M. Vénevault a attiré la curiosité de tout le monde sur une composition dans laquelle on voit un homme connu dans la littérature, qui, sous son habit ordinaire d'abbé, fait une lecture à une jolie femme, sa parente. Le contraste des deux physionomies et le mérite de l'expression caractéristique ont fait chercher ce morceau parmi les grandes et sérieuses beautés qui frappent les regards, et on l’a vu avec le même plaisir qu'une petite pièce agréable, après la représentation des grands drames héroïques. »
En 1767, Vénevault exposa, comme morceau de réception à l'Académie de Dijon, l’'Apothéose du prince de Condé. Ce morceau, loué par le Mercure, recut de Diderot un tout autre accueil. Après la description du sujet, le mordant critique s'écrie : « Froide et mauvaise miniature, mauvais salmis qui n’en vaut pas un de bécasses. »
Vénevault a travaillé pour les Menus-Plaisirs. Nous trouvons cette quittance de sa main : «J'ai reçu de M. le M5 de Lostanges, la somme de dix-huit louis d’or pour deux portraits de Mme Adélaïde, en miniature, en l’année 1735. La quittance que j'avais donnée alors ayant été perdue, j'en fais une seconde pour servir en cas que la première ne se retrouve pas.A Paris, ce 17 avril 1764. Vénevault. » (Arch. Nat. 03014.) Le talent de ce maitre a été mis aussi à contribution pour les présents diplomatiques. En voici quelques exemples tirés des Archives du Ministère des affaires étrangères.
28 mars 1763.— Remis à M. le Bailly de Solar, ambassadeurde Sardaigne à Paris, une tabatière ronde, montée à cage, en laque rouge, avec le portrait du Roi, par Vénevault, ornée de quatre) cent quarante-un brillants. 23,901 Liv. (Présents du Roi, N° 441.,
93 novembre 1767. — Au nombre des présents offerts à l'occasion du baptème de l'Infant de Portugal, nommé par Louis XV, nous remarquons une tabatière gravée à paysages, garnie de diamants blancs, d'émeraudes et de rubis. Elle coûte 7,200 liv. sans le portrait du Roi peint par Vénevault, coté à 348 Liv. Sur la précédente boîte, le portrait ne compte que pour 300 liv., et il est supposable que les 48 liv. qui dépassent ici sont le prix du cercle d’or que devait fournir le bijoutier pour ajuster le portrait à la boîte. (Présents du Roi, 1738 à 1771, N° 462.)
Vernet (Jules) florissait à Paris dans la première moitié du XIX: siècle. Portrait à l'huile, à aquarelle et en miniature. Il a beaucoup exposé depuis la fin de l'Empire jusqu’en 1842. Une belle miniature de notre collection, représentant la M'° de Croy, en 1826, nous permet de juger Vernet très favorablement ; elle porte un grand chapeau, à la Paméla, garni de dentelles blanches, une collerette plissée et une robe de velours rouge. La physionomie paraît vivante, l’ensemble est d’une bonne facture et présente, à côté des plus minutieux détails, des parties largement traitées.
Jules Vernet occupe un rang honorable parmi les bons peintres, en miniature de second ordre; il arrive après les sommités du genre, telles qu'Isabey, Augustin, Duchesne de Gisors, Saint et Me de Mirbel.
VERSELN (Jacques), né à Paris en 1648, mort en 1718, peintre au pastel et en miniature. Il fut reçu à l’Académie de peinture et de sculpture comme peintre miniaturiste le 7 janvier 1687. Son morceau de réception était un portrait en miniature de Louis XIV, d'après un tableau original de Le Brun. (Jal.)
VEsTiIER (Antoine), né à Avallon en 1740, mort au commencement du XIX° siècle. Portrait à l'huile et en miniature. Il a laissé de charmants petits portraits, mais d'une couleur un peu grise ; par cela même, ils font peu d'effet et n’offrent aux yeux qu'une aimable monotonie. Vestier fut reçu à l'Académie le 30 septembre 4786, sur les portraits à l'huile de MM. Doyen et Brenet.
« L’académicien Vestier qui, dans ses portraits de grandeur naturelle, rendait si bien les étoffes, dit M. Paul Mantz, se donna quelque peine pour devenir miniaturiste, et tout en lui tenant compte de son effort, je le constate sans l'admirer. Je le trouve insuffisant dans son petit portrait d'homme en habit rouge (1776), et plus encore dans la petite tête de femme qui porte la même date et qui appartient aussi à M. Dablin. Les chairs y sont jaunes, non seulement parce que Vestier n’a pas su se mettre en garde contre les trahisons de l’ivoire, mais aussi parce que son coloris est sans éclat et sans franchise. » (L'Artiste, 1858.)
En 1782, Vestier expose au Salon de la Correspondance deux portraits de femme peints en miniature. « Ces petits morceaux, ayant un mérite peu commun, ont été remarqués par une touche douce et agréable, un coloris brillant et la correction du dessin. » (La Blancherie.) La même année, à propos de nouveaux portraits, le critique dit encore : «Ces miniatures offrent un talent décidé tant pour la couleur que pour l'exécution. » Ou La Blancherie est un flatteur, ou le coloris brillant dont il parle a disparu avec les'années. Jal, dans son Dictionnaire critique, donne sur Vestier et sa famille d'assez longs renseignements, mais il est dans l’erreur en disant qu'il n'a commencé à peindre en miniature qu'en 1798.
Hôtel Drouot, 1861. — Louis XVI, à vingt et un ans. 102 fr. — Me Favart. 154 fr. — Latude. 57 fr.
Vente de Hardenbrock, 1872. — Portrait de jeune femme, vue à mi-corps, le sein découvert. Signé : VESTIER, 1784. 150 fr.
Vente Allègre, 1872. — Bnne de Mouchy, en costume de bal fvélin). 700 fr.
VINCENT (François-Élie), né à Genève. S'étant fixé à Paris, il fut reçu à l’Académie de S'-Luc en 1756, et eut l'honneur de peindre « presque toute la famille royale ». (A/manach historique.) En 1780, il prenait le titre de « peintre de Mesdames de France et de Mgr le duc de Penthièvre ».
En feuilletant les comptes des Menus-Plaisirs, nous trouvons parmi les fournisseurs royaux, de 1749 à 1766, le miniaturiste Vincent, mais toujours sans prénom. Ce doit être Francçois-Élie.
Il exécute différents portraits du Roi, du Dauphin, de Mme Sophie, de M"° Louise, du duc de Bourgogne, pour bracelets ettabatières. Plusieurs de ses miniatures ont été faites d’après Rollin et Liotard. Elles lui étaient payées chacune 240 liv. (Arch. Nat. 02986, 013002, 03014.)
VioLer florissait à Paris sous Louis XVI. «Pendant que la Reine se faisait peindre par Hall, dit M. Paul Mantz, le Roi, moins heureux, eut recours au pinceau de Violet, un assez pauvre homme que l’A/manach des Muses de 1771 honore déjà d’un fade quatrain et qui prenait volontiers le titre de membre de l’Académie de Lille, en Flandre.
« IL a décoré du portrait de Louis XVI une tabatière qui serait à elle seule un joyau splendide {cabinet de M. Dablin), mais la peinture est assez faible. On y sent un immense effort. Les chairs ont des tons vineux d'un aspect désagréable : le type du modèle est respecté, toutefois il semble avoir été étudié à l’aide d’un verre grossissant, tant les lignes sont exagérées, tant les particularités sont écrites. Le menton est énorme, le front tout à fait fuyant. C’est l'effigie de Louis XVI, sans doute, mais c'en est aussi la caricature. Nous ne savons si un zèle aussi excessif caractérise les autres portraits de Violet et notamment celui du cousin Jacques, qu'on sait avoir été gravé par Jonxis en 1786. Nous avons vu passer dans les ventes publiques quelques miniatures signées de ce nom; elles sont pauvres et sans accent.» (Les Miniaturistes du XVII siècle. L'ARTISTE, 1858.)
Notre collection renferme un portrait d'après lequel Violet doit être jugé plus favorablement, c'est celui de la Mise de Tourzel, gouvernante des enfants de France sous Louis XVI. La physionomie n’a rien de heurté etne manque pas d'expression, les plis de la robe sont naturels, la collerette blanche est bien tuyautée, l’ensemble est agréable, mais il n'offre rien de saillant, et nous reconnaissons avec M. Paul Mantz que la peinture de Violet est froide et sans accent. |
Cet artiste publia en 1788 un 7raité élémentaire pour peindre en miniature. Voici les vers mis au bas du portrait de Mme Violet, fait par son mari. (Almanach des Muses, Paris, 1731.)
Tout enchante ici le regard,
Et le modèle et la peinture:
L'une est le chef-d'œuvre de l’art, L'autre celui de la nature.
Qu'aurait-on pu dire de mieux pour un portrait de Hall, d'Isabey ou d’Augustin ?
WeLrer florissait à Paris sur la fin du règne de Louis XV. Ce maître figure sur les Æegistres des présents du Roi de 1770 à 1775. Il a fait un grand nombre de portraits du Roi, pour être montés sur destabatières d'une valeur considérable, destinées aux présents diplomatiques. I en fut beaucoup distribué parmi les personnes qui accompagnèrent de Vienne à Strasbourg la jeune Dauphine Marie-Antoinette. La boîte remise à cette occasion au Prince de Paar coûtait 25,989 liv. On y admirait le portrait de Louis XV entouré de palmes et surmonté d’une couronne en diamants.
Le médaillon de Louis XVI qui surmontait la fameuse tabatière de 29,940 liv. offerte en 4775 au Cte de Viri, ambassadeur du Roi de Sardaigne, était, comme le précédent, de la main de Welper. Chacune de ses miniatures lui était payée 240 liv. Une fois, cependant, nous voyons un portrait de Louis XV coté à 300 Liv. (Arch. du Min. des aff. étr., N°5 440 à 444.)
WEyLeR (Jean-Baptiste), né à Strasbourg vers 1745, mort à Paris en 1791. Portraits au pastel, en miniature et en émail. Agréé à l'Académie en 4775, reçu académicien quatre années plustard. Il présenta pour son morceau de réception, le portrait en émail de M. d’Angivilliers, surintendant des beaux-arts. Cette œuvre admirable fait partie de la collection des émaux du Louvre.
Weyler s'est livré surtout à la peinture en émail: il entreprit de reproduire par ses procédés inaltérables, les portraits des grands hommes, au nombre desquels nous citerons ceux de Gustave-Adolphe, de Turenne, de Catinat, de Crillon, de Ruyter, de Philippe de Champagne, du prince de Luxembourg, de De Troy, de La Fayette, etc. Par malheur, la mort de l'artiste interrompit trop tôt ce beau travail.
En 1778, Weyler remet aux Menus-Plaisirs « trois portraits (du Roi) en miniature d’après nature, à raison de onze louis d’or chaque ». Il est réglé à 720 liv. (Arch. Nat. 013054.)
Vente Eug. Tondu, 1865.— Portrait du Cte d’Angivilliers, portrait semblable à celui du Louvre, mais sur ivoire. 60 fr.
Vente Lecarpentier, 1866. — Portrait d'homme, émail signé : Weyler. 470 fr.
Vente Allègre, 1872. — Portrait de Paul Potter, par Weyler, dans un cadre en bois sculpté et doré. 2,050 fr,
XAvERY (Mile) florissait à Paris sous Louis XV. Les comptes des Menus-Plaisirs de l’année 1767 nous apprennent qu'elle a exécuté « deux portraits des enfants de France, les aînés, en miniature pour une boite qui a été donnée à M. le grand maître des cérémonies de l'ordre du St-Esprit ». (Arch. Nat. 013017.)
Un Francis XAvERY peignait avec talent la feuille d’éventail en 1763, ainsi que le prouve le bel éventail signé et daté de la collection Vannier.
Zaxcre (Chrétien-Frédéric), né en 1684, mort en 1767, à Lambeth, aujourd'hui comprise dans l’enceinte de Londres. Peintre en émail de premier ordre. On a dit qu'il était né à Dresde, mais André Rouquet, son contemporain, le qualifie de Suédois, et en fait le plus grand éloge. Il travaillait avec une étonnante facilité, se jouant des difficultés qu'il surmontait.
Habituellement les ouvrages des peintres en émail, ne sont que des copies exécutées d'après les tableaux des maîtres, quelquefois d’après les leurs. Petitot, Bordier, Weyler et bien d'autres ne faisaient pas autrement. Zincke, au contraire, fit la plupart de ses portraits directement, d'après nature. Arrivé en Angleterre en 1706, il prit des leçons de Charles Boit, peintre du Roi et devint le plus fameux peintre en émail de son temps. Sa vogue fut immense. Protégé par George Il, par la Reine, nommé peintre du cabinet du prince Frédéric, Zincke se vit débordé de commandes, au point de n'y pouvoir suffire, malgré toute son activité. Sa vue, déjà affaiblie par le travail, baissa tout à fait, en 1746, et vers cette époque, il cessa de travailler.
« Comme Petitot, dit Rouquet, M. Zincke a aussi possédé des manœuvres et des substances qui lui étaient particulières et sans lesquelles ses portraits n'auraient jamais eu cette liberté de pinceau, cette fraicheur, cet empâtement qui leur donnent l'effet de la nature et qui font le mérite principal de ses ouvrages... » (De l'élat des arts en Angleterre, Paris, 1755.) En 1737, Zincke passa quelque temps en Allemagne et revint en Angleterre, qu'il ne quitta plus. Ce maître eut le tort de garder pour lui ses procédés et mourut sans former d'élèves.
MM. C'te DE ABINGDON {Anglet.), Louis XIV, par Periror. Css de Lucan, par R. Cosway. Csse de Abingdon, par J.-S. Smart, 1777. Will. Hall, second Vte Gage (1711841791), émail, signé : S.C.1770. (SamuEL Coins.) — H. E. ACTON (Anglet.), Edw. Acton, en 1810, et Mme Escalon, fille du Cte d'Albon, en 1820, par Dux. — SAMU EL ADDINGTON ({Anglet.), Richard Cromwell, vélin, signé : S. C. 1649. (SamueL Cooper.) Thomas May, le Cte de Pembroke et le Cte de Carnarvon, par le même. Elisabeth, Mrs. Holland, Nic. Harbon, par Nic. Hirciarn. Mrs. Robinson, actrice (1758 + 1800) et ladies, par R. Cosway. Mrs. Lennox, en Diane, par Luke Surivax. — ALDRIDGE
(Anglet), Emily Oglivie, en 1800, émail, par H. Boxe. — J. H. AN- DERDON, (Anglet), lady Hamilton, l'amie de Nelson, par R. Cosway. Génér. Pasquale de Paoli, émail, par H. P. Bone. Nathaniel Hone, émail, signé : Serpse NATH. HOxE pinxir. Portrait du peintre John Russel, signé : HENRY Boxe Æ. 36. rvxir 1761. — ED. ANDRÉ (Paris), émaux de Penror. Suite de miniatures des meilleurs maîtres du XVIII s. Portraits de FRAGONARD, Fète de village, par Van BLARENBERGHE. Deux ravissantes vues du petit Trianon, par le même. Portrait de jeune femme coiffée d'un fichu, le sein découvert, ravissant émail dans le faire de Hazz. — HON. MRS. AR- BUTHNOT (Anglet.),Dsse d’Ancaster, miniature de SPENCER, signée : G.S. 1756. Autre exemplaire, signé: G. S., sans date, — HON. W. ASHLEY (Anglet.), Sarah Jennings, Dsse de Marlborough, émail, par Cu. Boir. Charles 1. Henriette-Marie, sa femme, émaux, par I. F.C. Hurrer. John Churchill, le grand duc de Marlborough (16504-11722), émail par Zincke; portraits divers, du même, George II (1713841820), par SamueL Corus, miniatures diverses etportraits de famille, par S. Cooper, Naru. Dixon, Joux BoGce, Nic. Hir- LIARD, R. Cosway, ete. — HON. ASHLEY G. PONSOMBY (Anglet.), H. Fr. lady Duncannon (+4-1821), par R. Cosway. Miniatures, par ANDRÉ et Naru, Pumer, Ozias Humpurey, R. BoweRr, l’anonyme Raw. F. Nar. 1795, Émaux, par Liorarn, Burcu, C. Borr. — DUC D'AUMALE (Chantilly), Louis XIV. Claire de Maillé, le grand Condé, etc., par Periror. Collection considérable. — LORD AVELAND (Anglet.), lady Carteret, émail par Zixcke. Sir Gilbert Heatheote. Elisab. Heatheote, par R. Cosway. Émail de H. Boxe.
GERM. BAPST (Paris), miniatures de Duronr, de Van SPAENDONCK, ete. — BARDIN (Paris), miniatures de prix. — Pe DE BAUVEAU, portraits à collerette etautres. — REV.JAMES BECK (Anglet.), portraits par G. ExccenEarr, R. Cosway, etc. —CGte F. DE BELLANGER (Paris), Joseph Bonaparte, grand émail, par Le Gay. — JOHN BERNERS, (Anglet.), Olivier Cromwell, par $S. Cooper. Portrait de lady, signé : N. H. 1759. (NATHANIEL HONE.)
Me F.BICHOFSHEIM (Paris). —DUC DE BISACCIA (Paris), portraits de Louis XV, de Louis XVI et des membres de la famille royale. Miniatures de Saviexac et autres. — Mme LÉON BLAZY (Paris), portrait d'Helvétius, signé : MAROLLES, 1750. — ÉVARISTE BLONDEL (Paris), Bonaparte, 1er consul, peint en imitation de camée, sur fond rouge de cornaline, par J.-J, ne GauLr. Miniature d'Isasey, etc. — BLONDEL DE LAROUGERY (Olivet), miniatures du XVIes., Guise, le Balafré. Le duc de Joyeuse. Philippe II, ete. — REV. P.E. BOISSIER (Anglet.), Anne d'Autriche. Le grand Condé. Mazarin. Le duc d'Enghein, par Perrror. — G. BONNOR ({Anglet.), Marie-Antoinette, par Sicarpi, 1788. Jérôme Bonaparte. Mme Récamier, par Isasey. Portraits, par J. Suarr, 1760. Sau- VAGE, FRAGonARD, HALL, LE TELLIER, 1770. Biczy, 1784. Boquer, 1789. F. AUTISSIER, Pt, Paris 1822. Émaux de Periror, de Zincke, de Courrois. — LORD BOSTON (Anglet.), Elisabeth Claypole, la fille préférée de Cromwell, portrait signé: S. C. 1653. (SamueL Cooper.) Miniatures diverses. Émaux de Zwcke et de Periror. — Mme JULte DE BOURGE. — C. BOWYEN (Anglet.), émaux et miniatures. — BRETAGNE (Nancy), Anne d'Autriche. Louis XIV. Le duc de Bourgogne, par PETITOT. — BRISSARD (Reims). — DUC DE BUCCLEUCH (Anglet.), Frances, Dsse de Richmond. Frances, Bone Dudley. Lady Mary Fairfax. SirJohn Maynard. Nell Gwynne, actrice à Drury Lane, en 1668, par SAmuEL Cooper. Christophe Monk, second duc d’Albemarle, signé : N. D. 1667. (Naru. Dixon.)
Louise-Renée de Kerhouël (1651411722), créée Dsse de Portsmouth, par Charles If, du mème. Catherine d'Aragon, femme de Henri VIN, (4148341536), par Haxs Horse. Thomas lord Seymour de Sudeley, par le même. Mis de Montespan, par Beausrux. Robert Devereux, Cte d’Essex (4156741601), signé : I. H. (Joxu Hoskixs). Amiral Churchill (1653417410), émail, par Cu. Borr. Lady Shirley. Ed. Seymour, duc de Sommerset, par Nic. Hiccianp. Horace Walpole, Cl d'Orford 71741797), émail, par W. Prewerr. Louis XVI, par AuGusrix. Sir Robert Walpole, Cte d’Orford (16764-11745), et autres émaux, par Zincke, etc. — BUREL (Lyon). — PH. BURTY (Paris), miniatures persanes. Raretés.
Css DE CALEDON (Anglet), Barbara Villiers, Dsse de Cleveland, signé : S. C. 1664. (Samuez Cooper.) Louis XIV, jeune, par Periror. Portraits par T. FLarman, T. Forster, Davin LoGGax, R. Cosway, Mrs. MEE, Mrs. Brave, etc. — H. POLE CAREW D'ANTONY (Anglet.), portraits de famille et autres, par BerxarD LExs. — DE GAROGY (Nancy{?}), émaux et miniatures. — G.B. CARRUTHERS (Anglet.), Mme Saltire, dame d'honneur de la Reine, par Sicarpr. Mme de La Villette, par le même. Marie-Antoinette, par Mme Varcayer-CosrTer, 1782. Csse Du Barry, par Le TELLIER, 1769. Dsse d'Angoulême, par Duuowr, 1816. Rosalie Dugazon, par AUGusTiN, 1795, Série de portraits par NarT. HoxE, A. Pcimer, R.Cosway, H. SPicER, FORSTER, Mrs. Mer, Mrs. ReyxoLps, SAINT, etc. — Mme CASSIN (Paris). — Cte DE CHABOT (Paris), Psse de Lamballe. Dsse d’Angoulème, par (CamPana. Portraits divers. — EDW. CHENEY (Anglet.), Richard Cromwell, signé: S. C., 1647. (Samuez Cooper). Le grand Condé, par Periror. Samuel Butler, par Pierre Ozivier (?). Le prince Charles-Édouard (1172041788), par La Ro- SALBA, etc. — KR. G. CLARKE (Anglet), Richard Cromwell, par S. Cooper. Mrs. Cromwell, sigué : A. H. en monogramme (A. HERTOCKS). Thomas More, émail, par H. Boxe, William lord Russel, émail, par le même, d’après WissiG, etc. — EMILIUS CLAYTON (Anglet.), Dr Hinchliffe, émail signé: N. H. 1758. (Naru. HoxE). Portraits, par SamuEL Cooper, Pierre Ouvier, etc. — AL. COURTIN (Valenciennes). — LORD CRÉ- MORNE (Anglet), miniatures diverses. Nombreuse collection de portraits en émail, par Periror père et fils; I. A. SERRE, 1754; PRIEUR; JON Hexr: Hurter ; I. F. C. Hunter; H. Sricer; LioTarD, ; ZiNCKE, etc. Parmi les Petitot, nous citerons : Anne, (se de Bedford; le duc d'Orléans, régent ; James, duc d’York, Mme Savigny; la Psse de Bernonville. « Petitot le vieux, par luy-mème. » « Petitot, fait par luy-mème, âgé de trente trois ans, 1685. » « Petitot a fait ce portrait, qui est sa femme, à Paris en janvier 1690, » — HON. ROBERT CURZON (Anglet.), portraits de famille, dont un signé : J. S. 1762, (J. Smart). —FÉRAL GUSSAC (Paris), deux figures dans un parc, groupe signé : Héxaucr, 1715. Bouquets de fleurs signés : G. VAN SPAENDONCK. — Pte CZARTORISKI (Paris, Rois, Reines et personnages historiques polonais.
DAVOUST (Orléans), — MRS. VESEY DAWSON (Angl.), miniatures anglaises des XVIIe et XVIIC s. — DELAHERCHE (Beauvais), portraits à collerette et autres, des XVIe et XVII s. — HENRIOT DE- LAMOTTE (Reims. — HENRI DELMOTTE, Fr.-Jos. Béghin, célèbre orfèvre gantois, signé J.-J, pe GAuT, 1778 — Cte DE DERBY (Anglet.), Frances Howard, Csse d'Essex et de Somerset. Élisabeth, Reine de Bohême; Robert, Cte d'Essex, par Isaac Orivier. Mrs. Mary Beale, élève de Peter Lely, par S. Coover. Élisabeth. Sir Francis Drake, par Nic. HiLtaBp. Lady Granville; Sir Robert Walpole, Cte d'Orford, émaux, par ZiNCKkE. Anne d'Autriche, par Perirot. James, septième Ct° de Derby, émail, par
H. Boxe. Lord Napier, par SPENCER, signé : G. S. F. 1746. Henriette d’Angleterre, par F. Hosxixs, etc. — DESMOULINS (Reims). — DES VARENNES (Amiens. — DUC DE DEVONSHIRE (Anglet), Élisabeth Cécile, fille du Cte de Salisbury, par $S. Coorer. Olivier Cromwell, dessin à la plume, teinté de brun, du même. Bridget Cromwell, fille du protecteur, du même. Édouard VI, signé : P. O. (Pixrre Ouvrier), etc. — FIR- MIN-DIDOT (Paris), miniatures de manuscrits. — G. DIGBY WING- FIELD DIGBEY (Anglet), portraits de famille, par les deux OLIvtER, SAMUEL Cooper et autres. — Mme DITTE (Paris), gouaches de Ha. Bnne Michaux, fille de Hall. Enfant. Hall, par lui-même, etc. — FÉLIX DOISTAU (Paris), dessins, pastels et miniatures. — DUBOIS (Paris). — SIR GEORGE DUCKETT, Bt. (Anglet.), portraits de famille par Ozias HumPnrey, J. S. Corcey et autres. — G. DUPLESSIS (Paris). — ALEX. DURAND {Le Havre). — DURLACHER (Anglet.), Thomas lord Coventry (+ 1639), par Barraazar GErBier. Mme de Sévigné, par PEriror. Marie-Antoinette, par Dumonr, ete. — Gss® DZIALYNSKA (Paris), portraits à collerette et autres.
LORD EGERTON DE TATTON (Anglet.) Miss Egerton, miniature de NaTu. HoxE, signée : N. H. 1759. (V’'N, lié à l'H). Portraits de famille, par R. Cosway, dont un signé: R. C. Napoléon, par Isarey (?). — ISAAC FALCKE (Anglet), portraits en émail. Robert Bloomfield, le poète (1776+1823), par H. Boxe. — FANART (Reims) — HENRY FARRER (Anglet), Olivier Cromwell, par S. Cooper (?). Horace Walpole, émail, par Ziwcxe. George, prince de Galles, par Sicaror. Dsse de Kent. Psse Charlotte de Belgique, par W. C. Ross. — LADY FELLOWS (Anglet.), Richard Cromwell. Charles I. Henriette-Marie, sa femme, miniatures, par S. Cooper, signées : $S. OC. — FEUILLET DE CONCHES (Paris), miniatures de Jean Fouquet, peintre de Louis XI — LORD FITZHAR- DINGE (Anglet) Cromwell. Marie Fairfax, depuis Dsse de Buckingham, par S. Cooper. Le Rév. Hon. Ch. James Fox (1748+1806). Charles 1,émaux, par H. Bot. Lady Arabella Stuart, par Jonx Hosxins. Louis XIV. Mazarin, par Periror. Edm. Spencer, le poète. Elisabeth Spencer, lady Hunsdon, par Nic. Hizrarp, etc. — Mrs. FORD (Anglet), Cath. Morrice, par Bern. Lens, signé: B. L. Paul Henry Ouvry, par R. Coswav. Sir Arscott O. Molesworth, signé: J. S. 1809. (J. Smanr). — HENRY FORGÈS Paris). Portraits de la famille de Montesquieu. — Mme DE FOU- GÈRES (Orléans), la Toilette. Le Petit Lever, gouaches, par LAVREINCE. — Me FRÉMYN (Paris).
Csse DE GANAY (Paris), — PAUL GASNAULT (Paris), Vénus et l'Amour, miniature de Cnaruier. La Csse de Provence, émail. — Mme DE GAULLARD D'ALLAINES (Suèvres) — Mn GILLION (Orléans). — L. GOLDSCHMIDT (Paris), miniatures de HaALz et autres. — ED. DE GONCOURT (Paris), gouaches et miniatures des plus habiles maîtres français du XVIIIe s. Très belle et très importante collection. — Cte DE GOSFORD ({Anglet.), Louis XIV. Anne d'Autriche. Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans. Henriette d'Angleterre et autres émaux, par Periror. Sir Francis Drake, par Joux Hoskins. Génér. Ch. Fleetwood, par S. Cooper, signé: S. C. 1656. Newton (164241727), émail, par CH. Borr. George Villiers, duc de Buckingham (+ 1628), par Isaac Ocivier. Lady Rawlings et autres portraits sur vélin, du même. Deux portraits de Sir J. Bernard, émaux, par ZiNCKE. Lady Bernard, miniature signée: S.S. (S. Saezzy.) Mrs. A. Bernard, par Bervarp Lexs (B. L.). — GROUT (Paris), série de fleurs par Van SPAENDONCK, VAN Por, Van Da, etc., minia-
tures de FraGoxarD et autres maitres du XVIIIe s. — Cte GRÉGOIRE DE GSIRORS (Anglet), Saint-Simon (1617541755), par Narrier. Bernardin de St-Pierre (1731741814), par Vesrien. Le colonel Labédoyère, par IsABEY, etc.
HAMONICG {Moncontour). — CG. HAMPDEN TURNER (Angjiet.), vingt-deux portraits ébauchés et finis, sur ivoire et sur papier, par Osras Huupurey. — HÉDOU Rouen), miniatures du XVIIe s. — E. HÉ- DOUIN (Paris) — MICHEL HEINE (Paris), souaches de BLAREN- BERGHE. Miniatures de Sicarpi, HALL, DUMONT, Isagey, AUGUSTIN, etc. — JOHN HENDERSON, F. S. A. (Anglet), Css de Grignan, par PEtiror. George Keate, Esq. en 1733. Horace Walpole (1711741797), émaux, par Wizuiam PRewErT. — LORD HENNIKER (Anglet), portraits de famille et autres par G. ENGLEnEART, HOLMES, Mrs. GREEN, etc. — Mme HER- BELIN (Paris), Mlle Constauce Mayer, par Prun'Hox, etc. — HON. R. GC. HERBERT (Anglet) portraits de Ta. FLATMAN et autres. — J. HEYWOOD HAWKINS (Auglet.) collection importante, Alicia, femme de Thomas More, par Haxs Hosex. Portrait de lady, signé : & ANNO ÆTATIS SUÆ 23, » par le même. La femme de David Teniers, par BALTHAZAR GERBIER, en 1627. David Teniers, signé : B. G. 1627. Henry Frédéric, prince de Galles, signé : B. G., du même. Th. Flatman (16331688), par lui-même. Francis Howard, femme de Robert Devereux Cte d'Essex, par Perer OLivier (?). André Marvell, miniature à l’huile par S. Cooper. Thomas Wentworth, Cte de Strafford, signé : J. H. (Joux Hosks), etc. —GARNIER HILDEWIER (Paris), collection de maîtres français du XVII s. — Bon DE HIRSCH (Paris), collection remarquable, — SIR W. HOLBURNE, Bt. (Anglet), général Oakes, par H. Enrince. T. Tuberville Needham (1113411781), d'après Reynolds, par le même, Thomas Cussans, par Osias HumPurey. George, prince de Galles, depuis George IV, par R. Cosway. Hon. Ch. Manners Sutton, archevèque de Cantorbéry, par H. Boxe. Capit. John Jervis (17344-1823), émail, par H. Sricer. Miss C. Fawcett, l'actrice, par A. E. CHaLoN. Émaux de Borr. Série de portraits par T. Forsrer, Mrs. Cosway, Miss CHARLOTTE JONES, ABRAHAM DaniEL et autres. — KR. S. HOLFORD (Anglet), Sir Nic. Poyntz, par Hozseix. William Lenthall (159141€82), par S. Coorer, Louis XIV. Le grand Dauphin. Duchesse de Longueville. Marie de Rabutin Chantal, Mise de Sévigné. OCsse d'Olonne, en Diane, émaux, par Perror. Ce dernier portrait est dans un superbe cadre d'or émaillé en relief, ouvrage de Gilles Légaré. Mrs. Claypole, par Cu. Borr. Adam Cowley, le poète, par Zixcke. Maria Walpole, Csse de Waldegrave, par R. Coswar. — HOLLINGWORTH MAGNIAG (Anglet), Elisabeth, fille de James | par Isaac OLIVIER. Gaspard de Coligny (1516415172), par le même. Catherine d'Aragon. Henri VII, par Horse. Nicolas Hilliard, par lui-même, signé : N. H. 1550. Darnley, Cte de Lennox (1560). Lady Arabella Stuart, par le même. Famille royale de France, sous Louis XVI, par divers maîtres. — LORD HOUGHTON (Anglet), Olivier Cromwell, profil par S. Cooper. Mrs. Crewe, miniature signée : O. H. (Ozras Humrarey). — PH. HENRY HOWARD (Anglet), Thomas Howard, 3 duc de Norfolk, par HoLex. Th. Howard, 4e duc de Norfolk (1536+1572), par Antonio More. Henry Frédéric, Cte d'Arundel (1608+1652), par S. Cooper. Frances Scudamore, émail, par Zincke. H. Howard, 6e duc de Norfolk (41684), par Tu. FLatmax. Sir Wilfred Lawson, Bt., par R. Cosway, etc. — KR. H. HURST (Anglet.), miniatures de Janvis SPexcer (J. S.), de R. Cosway et autres.
SIR CH. ISHAM, Bt. (Anglet.), sir Justinian Isham, 2e Bt. (41674).
signé : S. C. 1653 (S. Cooper). Sir Edm. Isham, Bt. (41772), émail par ZINCKE, Charles I, par Periror (?). — Mme JANIN (Paris), Mise de La Grange, par Ha, etc. — JOSSE (Paris), collection remarquable. Miniatures de HALL, de BLARENBERGHE et autres maîtres de premier ordre.
A. KEIGHTLEY (Anglet), miniatures de Ta. Lawrence, de T. HarGreAves, etc. — REV. W. A. W. KEPPEL (Anglet.), Csse de Westmoreland, par R. Cosway. Laura Keppel, femme de G. F., 2° lord Southampton, par J. Wriçur. Portraits divers. — MISS KER (Angjlet.), portraits de famille par A. PLIMER.
DAVID LAING (Anglet), Anne de Clèves, 4e femme de Henry VII, portrait signé: H. H. (Haxs HozBen), miniatures par Joux Brown, 1785; Jonx Kay, 1784; etc. — AMIRAL SIR G. LAMBERT K. C.B. (Anglet.), Sir John Lambert, Bt. Miss Lambert, émaux par Zincxe. — Mise DELA LONDE (Paris), Hall, par lui-même, etc. — LA PERSONNE- BAZIN (Festieux). —G. A. LARBY (Anglet), Nathaniel Hone, émail, par lui-môme. Colon. Nisbert, émail attribué à Nat. Hoxe. — Mme RENÉ LATOUR (Pithiviers), Napoléon I, par IsaBey, miniature montée sur une tabatière de bois; don de Louis, Roi de Hollande, au Dr Latour, son médecin. — LEA (Anglet), portraits, par R. Cosway, HorACE HOxE, Ozras Huwrarey, etc. — GAST. LE BRETON (Rouen), Mile Duthé (?). Jeune femme au sein découvert, coiffée d'un fichu, avec deux roses dans les cheveux ; émail signé : Hall, et au dos : HALL Suépois, 1785. Rarissime. Miniature de Blarenberghe : Fête de village. — CH. LECLERE (Reims). — FRÉD. LE CONTE (Paris), miniatures diverses. — LORD LEIGH (Anglet.), miniatures, par R. Cosway, Tu. FLarman et autres ; portraits en émail, par G. SPENCER, etc. — LÉVY-CRÉMIEUX (Paris), miniatures de Hazz, Dumont, HEinsius, BLARENBERGHE, FRAGONARD, AUGUSmin, etc. — Cte DE LUCAN (Anglet.), émail signé : H. Boxe. Portraits, par G. EnGLengarT, R. Cosway et autres. — C. H. LUXMORE (Anglet), Washington, par Anpré PLimer, signé : A. P., 1785. Portraits divers, dont un signé : IL. S., 1779. (J. Suarr), — LORD LYVEDEN (Anglet.), William, 5e Mis Lansdown, émail, par H. Bone, d'après Reynolds. Portraits par R. Taorgurx et autres.
C.F.MANNING (Auglet.), portraits de famille, par H. Boxe, Sruwpr, etc. — DUDLEY COUTTS MARJORIBANKS, M.P. (Anglet.), Sarah Malcolm,!émail signé : N. H. 1750 (Naru. Hoxe). Marie Robinson, actrice, par R. Cosway, en 1781. Sophie, Gsse d'Oxford, morte en 1797,par le même. Mrs. Fitzherbert, signé au dos : Rs Cosway R. A. PriMarIUS PICTOR SERENISSIMI WALLIÆ PRINCIPIS PINXIT, 1788. À. Marjoribanks, en 1802. Georgiana Lautour, en 1198, par Mrs. Mer. Lady Pitt, signé : Monrviorer. Napoléon, étant jeune, par Isagey. Portrait de lady, émail de Jarvis SPENCER, signé : I. S. 1153. — DUC DE MARLBOROUGH (Anglet.), Henry Wriothesly, Cte de Southamp. ton, par P. Ouvier. Anne, Csse de Sunderland, seconde fille du grand-duc de Marlborough et son second fils Ch. Spencer, par Bernarp Lens. Gertrude, Dsse de Bedfort, par Horace Howe, Henriette, fille du grand Marlborough, par Zincke. Série de portraits par S. Suezcy, Cu. Borr et de nombreux maîtres anonymes. — Mme MATHIEU (Paris), J.-B. Claude Oudiot, par Isagey. — JOHN MEADE (Anglet), Sir Richard Mead, Bt., émail, par Zincke. Portraits, par Horace Hone, Samuez Cooper et autres. — A. M.-S., duc du Maine, vélin, par Periror. Marie-Thèrèse, femme de Louis XIV, du même. Portrait de Hall, par lui-même. Mile de Grammont (?), la « tante Adolphine », tante de Hall, du même. Ch. Alex. de Caloune ; l’acteur La Rive; la Dsse de Polignac, par Dumoxr, Marie-Thérèse d'Autriche,
par Duocreux. Mlle Dervieux, par Heixsius (2); la Mise de Tourzel, signé : VioLeT. Le Cte de Provence enfant, dounant la pâture à des oiseaux, signé : Du- BOURG, FECiT. Dangeau (?), émail signé: JEAN FRiperiCH ARDIN, 1715, Fleurs par Van Por, Van SPAENDoOxCK, etc. Csse d'Ars, née de Bondy, signé: N.HeinoLorr,1786. Portraits divers, par SAUVAGE, Cu. CHATILLON, THOURON, SAVIGNAC, ISABEY, G. Héxarp, 4781; Boquer, 1186; etc. — Vie DES MÉLOIZES (Bourges). — WILL.MEYER(Auglet.) lalille de laReine Caroline, par ZiNcke. W, Meyer. Mrs. Robinson, l'actrice. William Haylez, le poète. Le général Lawrence. Lady Bolingbroke et autres portraits, par JerEMIAR MEYEr. David Garrick, l'acteur, par DaniEL Daxce. — WILL, MEYRICK (Anolet.), lord Wimbleton, par Peter Onvier, signé : P. O. Miniatures et émaux, par Ricuarp Cos- WAY, NATHANIEL Hoxe, Ozias Hümuprey et autres. — JOHN MITCHELL (Anglet.), Louis-Philippe (1773+1850), peint en émail, vers 14800, par WiLLram- Essex. Mrs. Ludlam, par G. Sauxoers. MUe Sontag, depuis Csse Rossi, par A.-E. Cuarox. 1829. Mme Grisi, dans « Norma», par le même, en 1836. Lord Charles Churchill et divers portraits de famille, du même artiste. — G. DE MONTBRISON (Montauban), portraits historiques des XVIe et XVIT°s. — SIR GRAHAM MONTGOMERY, Bt. M. P. (Anglet.), portraits de famille et autres, par Ricuarb Cosway. — E. F. MOORE (Anglet.), portraits de famille datés de 1702 à 1705, par T. Forster. George Tate, signé: G.H.1811 (GEorGE HayTER). — W. CG. MORELAND (Anglet). — Vss DE MOREL.- VINDÉ (Paris), Charles I. Henriette-Marie, sa femme, par Joux Hosxixs (?). Portraits de famille, par R. Cosway. — Bor DE MORGAN (Amiens). — H. MORGANE VANE (Anglet), Barbara Villiers, Dss® de Cleveland, par Mrs. Rose. Day, vers 1790, par A. Puimer. Portraits divers. —DUC DE MORNY (Paris), miniatures de Hazc, Isagey, etc. — WILLIAM MOSE- LEY (Anglet), Charles-Quint, Henri VII, Anne de Boleyn, par HOLBEIN. Portrait de gentleman avec l'inscription : AxO Dxi. 1628. Æraris SU #1. (Nic. HizziarD{?].) - MULHBAKER (Paris), grand portrait de femme assise dans un parc, la main gauche appuyée sur un vase, par Hazz. — PRINCE MU- RAT (Paris). — JOHN MYERS (Anglet.), Mme de Maintenon(1635+1719), ouvrage anonymesur vélin. Voltaire, par BAupouix. Mme Victoire,par LEBrun(?). David Wilkie, R. A. signé : T.F.
JOHN M. NAPIER (Auglet.), lady Lilford, par W. Ross. Lord Ed. Fitzgerald (17634-11798), par T. IARGREAvEs. Divers membres de la famille Clayton, portraits signés : A. P. 1586 (Axpré PLimer). — LADY DORO- THY NEVILL (Anglet.), Hon. Mrs. Walpole, signé : N. H,. (NarTH. HOXE). Hon. G. H. Nevill, 1783. Hon. Catherine Nevill, par R. Cosway. Portraits divers du XVIIe s. — COLON. NORTH, M. P. (Anglet.), Charles I, par Sauvez Cooper. Dubley, 3e Lord North, en armure. Frances, sa femme, portraits signés : {. H. (Joux Hosxixs). Lady Montagu, Lady North, par N. Hicciarp. Sophie Coutts, Suzanne Coutts. G. A, 3e Cte de Guilford. Marie Csse de Guilford. Sophie et Frances Coutts, par R. Cosway. Éléonore, Vsse Tyrconnel, 1709, par Ricurer. Frédéric, 2e Cte de Guilford, 1753,par PompEI0. — NURRY (Blois), miniatures et émaux.
OULMANN, miniatures indiennes. — MISS OUVRY (Anglet.).
FÉLIX PANHARD (Paris), série magnifique, augmentée de la belle collection de M. Vincent. St-Just, par Sauvage. Charlotte Corday. Desaugiers, par PÉRiN. Sophie Arnould. Mme de Flavacourt. Csse de La Serre, belle-sœur de Hall. Mme Hall. Mne d'Estrade. Louise Hall, Adolphine Hall, Adolphe Hall, enfants du peintre. Mise d'Orville. Psse de Lamballe, duc d'Enghein. Mme Maldaw. Mme de Gobin, etc., miniatures, par HAL. Mme Sartige et sa fille. Louis XVIII, le duc d’Yorck, par AUGUSTIN.
Louis Bonaparte, Mn: Pajou, par Sainr. Enfants, par FraGonarp. Fleurs, par Boizcy, Vax Daëz, Van SPaëxpoxck. Dsse d'Orléans, par Soirox. Boucher, par Drouais. Réunion dans un parc. Le Remède. Les Grâces et l'Amour, la Mariée de village, par LavreINcE. Mile Lange, Mme de St-Phar, par Dumonr.Condorcet, grisaille signée : Bréa. Dsse de Berry. Dsse d'Abrantès, par Isagey, etc.
W. PILLIPS (Anglet), Milton, par Samuez Cooper. Divers. — CH. POLHILL (Anglet), génér. Henry Ireton, par SamueLz Cooper, signé : S. C. 1649. David Polhill, émail, par Zincke. Richard Cromwell, par Joux Hoskixs jeune, signé : J. H. 1659. Olivier Cromwell, émail d’après $S. Cooper. A. PONCELET (Douai), très intéressante collection. — HON. GERALD PONSOMBY (Anglet.), sir Ch. Kent, Bt., signé : A. P. 1786 (ANTONIO PELLEGRINI). George, prince Régent, depuis George IV, par R. Coswaye Lord Hutchinson, 1805, signé : E. (G. ExccenrarT), Cte Beauchamps, du même. Génér. Hon. Ed. Pyndar Lygon. C. B. K. S. W. signé : I. S. Jun. 1806 (Joan. Smart, le jeune). Gorge Bowles, Esq., émail, par Hexrt Boxe. — HENRI PORGÈS (Paris), série de miniatures des meilleurs maîtres français du XVIIIe s. — Csse POURTALES (Paris), miniatures diverses. Mme Renouard de Bussière, par Hazr, etc. — J.-V. PANHARD (chât. de Monceaux). -- Dr PATAY (Orléans), miniatures du XVIIe 5. — PERCY DOYLE, C. B. (Anglet.), Camille Desmoulins (1765411794), par AuGusrix. Mrs. Fitzherbert (1715641837), signé : A. P. (Axpré PLimer). Personnages français et anglais, par divers maîtres anonymes. — PERRIN (Paris. — PERRIN (Reims). — Me PIERRE (Orléans). —PRINGLE (Anglet.), Mie de La Vallière, par Periror. Tmhoas Corneille, par Mme A. Bouizzer, née Lambert. Portraits divers.
Mis DE RANCOUGNE (Herbault). — VICTOR RATIER (Bourges). — PAUL RATOUIS (St-Jean-le-Blanc), Ninon de l'Enclos, par PEriToT. — LORD REDESDALE (Anglet), John Mitford, 3° Bon Redesdale (+ 1830) ; Frances, lady Redesdale, émaux, par HENRY BONE. — ERNEST REGNAULT (Joigny), miniatures, par Van SPaëxooncx, Dumoxr et autres maîtres français du XVIIe s. Ravissant portrait de femme signé : AUGuS- TIN, 1797. — Gite DE REISET (Paris. — DUC DE RICHMOND (Anglet.), Barbara Villiers, Dsse de Cleveland, par RicuarD Gi8sox. Charles IT, par S. Cooper, signé : S. C. 1665. Charles IT, en armure, par Perrror. Gentilhomme, 1713, par D. Lecrerc. Csse de W estmoreland, signé: W. Sir Pinxt. 1787. Ch. de Lennon, par Luxe Suizivax. Lady, par A. Decarour. Marie Dsse de Richmond, signé : Rous. Cosway R. A. 1789. Lady Paget, par W. Eccey. Caroline Élisab. Dsse d'Argyll, par Mrs. Mer. George, quatrième duc de Richmond, par R. Rocnarp.. George, cinquième Cte de Jersey, par W. C. Ross. Portraits divers, par S. Cooper, OziAs HUMPHREY, BERNARD ARTAUD, Cu. Bour, J. Smart et autres. — GEORGE RICHMOND, A. KR. A. (Anglet.), portraits, par G. ENGLEuEART ; Tu. Heapuy, 1815; G. Ricamoxp, etc. — ROBILLARD (Reims), Talleyrand, signé: Dupois. Portrait de femme signé : Taouesny, 1786. Miniatures de PÉRiN et autres. — Mis DE RO- CHAMBEAU (Thoré), siège de Yorktown, par les forces combinées de la France et de l'Amérique et Reddition de Yorktown, 1781, gouaches, par VAN BLARENBERGHE. — LADY MARY ROSS (Anglet.), portraits de famille et autres par Wir. Ross; ANTHONY STEWART, etc. — Bon AD. DE ROTHSCHILD (Paris), miniatures des meilleurs maîtres français du XVIIe s. — DUC DE RUTLAND (Anglet) portraits des XVIe et XVIIe s. Rachel, femme de W. lord Rusell, par S. Cooper (?;. Dsse de Somerset, émail signé : S. 16. Marie Isabelle, Dsse de Rutland, 1782, Lord Robert Manners, capitaine de la Résolution, par R. Cosway.
Bo DE St-GENIÈS (Paris), miniatures de Lournergoure, de Sau- VAGE, de Mme ViGée-LeBrux, etc. — CG. SACKVILLE BALE (Anglet.), Jane Seymour, 83e femme de Henry VIN, par Horse. La reine Marie d'Angleterre, par le même. Élisabeth, par Nic, Hiciaro. Lord Hunsdon, par le même, avec l'inscription : ANo. Dxr. 1605. Marie Stuart, du même. Inscription : ANO Dxt 1579, M. R. Henry Wriothesley, Cte de Southampton, signé : [. O. 1616. (Isaac Orivier.) Richard, 3e Cte de Dorset, du mème. Ed. Waller, poète {1605+41687), par S. Coorër. William, duc de Hamilton, par le même. Louis XIV, par Periror. Portraits, par RicHarpsoN. — Cte DE SHAFTESBURY, K. G. (Anglet.}, portraits, par HozseiN, Nic. HicLiARD, OLivier, SAMUEL Cooper, Tu. FLATMAN, Periror. Lady Arabella, Stuart, signé : L. H. (Joux Hosxixs.) Lady Forshall, du même. Th. Eiver Esq. Anthony Ashley, 3e Cte de Shaftesbury, émaux, par Zincke. Cropley Ashley, 6e Cte de Shaftesbury, par R. Cosway. Lady Marie Anne Stuart, du mème. Anne, Gsse de Shaftesbury, idem. Hon. Anthony Ashley. Lady Ashley, miniatures, par W. Ross. — MISS CATHERINE SHEIL (Anglet.), divers membres de la famille Collet, émaux, par ZINCkE. — LADY SHELLEY (Anglet), Sir John Shelley. Lady Marguerite Shelly, émaux par Zincke. Sir John Shelley, 1809, par G. Hayrer. Frances, lady Shelley, 4809, par Saunoers. John Villiers Shelly, 1809, par A. SrewarT. Duc de Wellington, par G. R. Warp. — SIR JOHN SIMÉON, Bt. M. P. (Anglet.), émaux de Zincke. John Cornwall, Esq.; Mrs. Cornwall, émaux signés : N. H. 1761. (Naru. Hoxe). Sir G. Baker, Bt. ; Jane, sa femme, émaux, par Hexry Boxe. Capit. Marshall, par Ozras HumpgreY (?). — S. R. SOLLY (Anglet.), Sarah Jennings, Dsst de Marlborough, vélin, signé : P.L. John Hampden, signé: S. C. (Samuez Cooper.) Portraits divers, — TH. SOMERS COCKS (Anglet.), Csse de Shipbrooke (+ 1821), signé : S.C. James Glade, Vernon, Esq., signé: F.(G. Engleheart.) — RÉV. WALTER SNEYD (Anglet.), Fanny lady Bellasyse, signé : S. C. (SamueLz Cooper.) — Cte SPEN- CER, K. G.(Anglet.),SirJohn Boling Hatton, signé: L.1525. (Lucas De HEERE.) Holbein, Calvin. Henry VI, par Haxs Hozseix. Htte Boyle, Csse de Rochester. John Hampden, par S. Cooper. Louis XIV. Richelieu, par Permror. John Carteret, Cte Granville. Lady Anne Churchill. Lady R. Russell, émaux, par Cu. Boir. Lady G. Spencer, 1783, par Oz14s Huwpurey. Sir Godf. Kneller (1464841723), signé : B. L.1724.(BennarD LExs.) Sarah Jennings, Dsse de Marlborough. John Churchill, 3e duc de Marlborough, émaux, par Zincke. Charles I, d'après Van Dyck, émail, par Joux Prorr. Frances Worseley, Csse Granville, émail, par Atkmanx. Portraits de famille et autres par W. H CRAFT, CosWway, NATHANIEL HONE, HENRY PiErCE Bone, W. Essex, etc. — J. BANKS STANHOPE, M. P. (Anglet.)}, Louis XIV, par Periror. John Gay, poète, mort en 1688, par Pierre Bonpier, Mme Murat, signé : Hummer, 1808, etc. — P. STEWART (Auglet.), portraits, par Naru. Hone, Dance, ete. — WW. B. STOPFORD (Anglet), gentleman, par S. Cooper. Génér. Sackville, XVII s., par Ricurer. Sarah Jennings, Dsse de Marlborough. Lady Shannon. Mrs. Sambrooke. Lady Elisabeth Germaine. Elisabeth, Dsse de Dorset, émaux, par Zincke. Lady Charlotte Duncombe, par R. Cosway.
MISS TALBOT {Anglet.), Ben Jonson (15744-16317), signé : P. O. 1623, (PIERRE Ouivier.) Richard Cromwell, vélin, signé : S. C. 1664 (SamueL Cooper). Marie Fairfax, femme de George Villiers, duc de Buckingham, par S. Cooper. Portrait de femme, par la Rosazga. — LORD TAUN- TON (Anglet), Anne d'Autriche, Mme de Montespan. Marie de Rohan Montbazon, Dsse de Chevreuse. Mrs, Jame Middleton, « une des beautés de
la cour de Charles II et la maîtresse du Cte de Grammont, » émaux, par Perrror. L. Cary, 2 Vte Falkland (1610+1643), par J. Kosxios. Prsses Henrielte, Marie, Anne, filles de Charles 1, Nel Gwynne. Lady Denham, portraits en émail, par H. P. Boxe. — FRÉD. TAYLER (Anglet.), portraits de famille, par Mrs. M£E; ANDRÉ PLINIER, NATHANIEL PLINIER, etc. — RÉV. MONTAGNE TAYLOR (Anglet), portraits de famille, par J. Smart et Mrs. Mec. — Bon DE THÉIS (Paris), miniatures françaises du XVIIIe s. Le Mal de Saxe, par Mme Caper. — A. TRANCHEPAIN (Rouen), portraits historiques et autres du XVII s. et du commencement du XIXe. — CG. HAMPDEN TURNER (Anglet.), série de portraits sur ivoire et sur papier, par OziAs HUMPHREY.
‘ RÉV. W. VERNON HARCOURT (Anglet), portraits historiques du XVIes. Lady Marie Sidney, Csse de Pembroke, par Nic. HizLiarn. — MRS. VESEY DAWSON (Anglet.)}, portraits historiques et autres, par BerNarp Lexs, $S. SHeLLEy, R. Cosway, etc. — CH. VILLIERS BAYLY (Anglet.)}, W. duc de Gloucester, par BErnarn Lens. Portraits divers. — LADY SOPHIE DES VŒUX (Anglet.), Anne de Danemark. James 1, d'Angleterre, par Isaac Ouvier. Reine Élisabeth; inscription : ANo. Dai. 1564. Æraris suÆ 25. (Nic. Hizciarn.) Henry Fréd., Pce de Galles, signée : P. 0. 1626. (Pierre Orivier.) Lady Arabella Stuart, du même. Louis XIV. Mme de Sévigné. Mme de Montespan. Dsse de Montpensier. Henriette d'Angleterre. Dsse de Fontanges. Dsse de La Vallière. Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, émaux, par Periror. CS5e Cowper, émail, signé : N. J.1750. (Naru. Hoxe.) Dsse de Brissac, par Camwpanxa. Portraits, par Zwcke, HALL, NATTIER, etc.
HON. Mrs. FRÉD. WALPOLE (Anglet, portraits de Lady, signé : P. Eurarp. 1707. Horace, 3° lord Walpole (1678+1757.) Marie M. Lombard, sa femme, émaux, par ZiNCKkE, G. Walpole, 3° Cte d’Orford, 1751, par Liorarp. Miss F. Felton, 1802, par G. ExGrenEarr, Miss Laure Walpole, 1849, par W. Ross. — Cte DE WARWICK {Anglet.), Robert, Lord Brooke, signé $S. C. (Samuez Cooper), Cromwell, du même. Louis XIV. Le grand Dauphin, émaux, par Periror. Lord W. Brooke et Marie Lady Brooke, sa femme, émaux, par Zincke. Portraits signés: G. S. 11750, (G. SPENCER.) — LORD WHARNCLIFFE (Anglet.)}, Anne de Danemark, par Nic. Hiziarp. Lady Hunsdon signé : I. O. (Isaac Orivier.) Lady Arabella Stuart, par le même. Cte de Carnarvon, signé : I. H. (Joux Hosxis.) Sir Harry Capell, Lady Capell. Elisab. Capell, Csse de Carnarvon, 1657, par R. Gigsox, Lady Franklin, du même. Charles II, en armure, signé : S. C. 1667. (SamuEL Cooper.) Hortense, Dss de Mazarin, par BEaugnux. Joseph Addison, émail, par Zixcke. John, Cte de Bute, signé : N. H. 1766. (l'N, lié à l'H. Narm. Hone.) Psse de Lamballe, par Hazc. Marie-Antoinette, à l'âge de quinze ans, par Drouais. — MISS WEBB (Anglet.), Samuel Butler, (1612+4-1680), par Perer LeLy (?). Philippe IV, émail, par Periror, William, duc de Hamilton, signé G. [ Marguerite, Dsse de Newcastle, par ZINCKkE. Portrait de gentleman, émail, signé R. (Rouquer{?]). William Pitt, {1er Cte de Chatam (1708+1778). Thomas Grey, poète (1471641771), émaux, sans nom d'auteur. — RÉV. Dr WELLESLEY (Anglet.), Jane Seymour, femme de Henry VIN, par Hocsewx. Dr Th. Willis, célèbre physicien du XVII «8, par Davin LoGGax. Ph. Otway, vélin, signé : R. White, 1680. — MISS WILSON (Anglet), Henry VII. Elisabeth. Marie Stuart, attribués à Nic. HiLLIARD.
RÉV. J. YELLOLY (Anglet.), portraits de la famille Samuel Tyssen, par ZiNcKkE et J. Smart.