CURIEUX D'AUTOGRAPHES
HENRI BORDIER (Paris), protestants. — GC. GUILBERT BORRO- MÉE (Milan), artistes. — L'ABBÉ BOSSUET (Paris), lettres sur Bossuet. BOUCHER DE MOLANDON, signatures et sceaux desgrands personnages contemporains de Jeanne d'Arc. Lettres d'hommes célèbres de l'Orléanais : S. de Bongars, G. de l'Aubespine, le chancelier de Morvillier évèque d'Orléans, le Père Petau, jésuite, Rob.-Jos. Pothier, Prevost de la Jannès, l'abbé de Rayrac, Hue de Miromesnil, de Malesherbes, etc. — BOUVRAIN (Paris), documents sur Paris — ARMAND BOUR- GEOIS (Pierry), documents signés de Lonis XIV et de Colbert. Lettres de Cuvier, de Gassendi, de Delille, etc. — FR. BOYER (Clermont-Ferrand), superbe collection de plus de cinq mille autographes de personnages célèbres de l'Auvergne, ou dignes de mémoire. — BROLEMANN (Paris{?]), conventionnels et littérateurs des XVIIIe et XIXe s. — BUHET (St-Étienne), divers. — PH. BURTY (Paris), collection générale. — Cte DE CAIX DE St-AYMOUR (Paris), idem. — Mis DE CHAN- TERAGC (Paris), idem. — Mis DE CLAPIERS (Marseille), lettres et documents sur la Provence. — ALEX. COHN (Berlin).
VICTOR DELATTRE. Lettres de Fénelon. — DERIARD (Rivede-Gier), académiciens, poètes et conventionnels. — ULRICH-RICH. DESAIX, lettres du général Desaix et documents sur l'Indre. — F. DIDOT (Paris), collection générale. — ENGEL (Dolfus), documents sur l'Alsace. — ALEX. DUMAS (Paris), collection générale. Académiciens. — PAUL EUDEL (Paris), divers. — Bo FEUILLET DE CON- GHES (Paris), la plus importante collection de Paris. Raretés en tous genres. — DE FITZ-JAMES, divers. — Mis DE FLERS (Cour-sur- Loire), souverains. Académiciens. — Mis DE GANAY (Paris), divers. — EDM. DE GONCOURT (Paris), collection générale. — GUIFFREY (Paris), artistes.
HOURDEQUIN DE BEAUPRÉ (Montdidier), Empereurs, Rois, évèques, généraux, écrivains. — ARSÈNE HOUSSAYE (Paris), divers. — Mue JUBINAL DE S'-ALBIN (Paris), divers, Révolution française. — RENÉ KERVILER (St-Nazaire), autographes et portraits des membres de l’Académie francaise depuis sa fondation (1633) jusqu'à nos jours. — GUILL. KUNZEL (Leipzig).
LACAILLE (Paris), grande collection générale. — EUG. DE LAN- NEAU (chât. de Burd), divers. Lettres de la famille royale d'Orléans. — DUC DE LAROCHEFOUCAULT-DOUDEAUVILLE (Paris), collection générale. — H. LECHARPENTIER (Pontoise), divers. — GEORGES LECOCAQ (Amiens), divers. — H.LE COURT (Deauville-sur- Mer), personnages des guerres de la République et de l'Empire. — JULES LEPETIT, personnages du XIXe s. — DE LESCURE (Paris), divers. — Dse DE LUYNES (Paris),collection générale. — A.-M.-S., divers. Personnages du seconu Empire. — Mne CHARLES LENORMANT (Paris), plus de deux cents lettres de Mme de Staël, adressées à Mme Récamier Correspondance de Benjamin Constant et de Mme Récamier. Nombreux volumes de lettres de Chateaubriand à Mme Récamier, de Charles Lenormant à sa femme, de François Lenormant à sa mère, de Montalembert et de Mgr Dupanloup à Mme Ch. Lenormant, etc. A ces précieux autographes vient s'ajouter une importaute collection générale. — Mme FRANÇOIS LENORMANT (Paris), divers. Collection générale. — MEAUME, lettres et documents sur la Lorraine. — CH. MEINERET (Dessau), divers. — MINORET, collection générale. — MOREAU (Paris), documents sur Diane de Poitiers et le château d'Anet. — Br TH. DE MOR-
GAN (Amiens), divers. — MORIN-PONS (Lyon), personnages du Dauphiné. — ALFR. MORRISON (Londres),la plus grande collection d’autographes d'Europe. Le Catalogue illustré, rédigé par M. Thibaudeau, sera prochainement publié. — MOULIN, Académie française, magistrats, maréchaux de France.
NADAR (Paris), documents sur les ballons, — DUC DE NOAIL- LES (Paris), divers. — PRINCE D'ORANGE, correspondances littéraires de J.-J. Rousseau, de Voltaire, etc. — TR. H. PHÉLIPOT DE LA BÉNATIÈRE (Bois, ile de Ré), documents sur la Charente-Inférieure, — PIAT (Paris), littérateurs. — Bon J. PIGHON (Paris), divers. — Bo ROGER PORTALIS (Paris), artistes. — POTIQUET (Paris), divers. — Mis DE QUEUX DE S'-HILAIRE (Paris), musiciens. Grecs. — Mis DE ROCHAMBEAU (Thoré), divers. — À. ROUSSET (Lyon), divers. — Cte ROUSSY DE SALES (Chât. de Sales), divers. — Bon FERN. DE SCHICKLER (Paris), protestants. — GUST. SERVOIS (Paris), collection générale. — Vite DE SPOELBERG (Paris), littérateurs du XIXes. — AMBROÏSE TARDIEU (Herment, Puy-de-Dôme), documents sur l'Auvergne. — DUC DE LA TRÉMOILLE (Paris), divers. — Bon TRISTAN LAMBERT (Fontainebleau), divers. — PLA- TON DE WAXEL (St-Pétersbourg), savants. — CH. YRIARTE (Paris), divers.
Les timbres-poste furent adoptés à Londres en 1840. La France n’en fit usage qu’en 1849 et l'Allemagne en 1850. Presque aussitôt naquit la timbrophilie, pour se répandre partout où se trouvent des collectionneurs. Depuis longtemps Paris a sa Bourse aux timbres-poste, où
Ie Maunice, 4847. Mateurs et spéculateurs de tout âge, vien-
1 penny, rouge, nent échanger, acheter, vendre des timbres de
tous les pays.
Cette Bourse eut lieu longtemps sous les arbres des Tuileries, puis elle passa au Luxembourg : à présent, elle se tient en face de l'Élysée, au coin de l'avenue Gabrielle et de l'avenue de Marigny, le dimanche, de trois à cinq heures.
Sous le règne de Napoléon IIL, les curieux de timbres étaient innombrables. Dans tous les ménages, c'était la distraction pré-
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(1) Pour cette étude sur les timbres-poste, nous avons eu recours à diverses personnes compétentes et particulièrement au célèbre arbitre et marchand, M. Arthur Maury, qui, avec une courtoisie parfaite, a bien voulu nous fournir des notes et répondre à toutes nos questions,
férée des enfants, et bien des fois, ces collections enfantines furent continuées par les parents. Quoique réduite, la grande famille des timbrophiles forme encore des légions, réparties sur toute la surface du globe, sans excepter l'Océanie, et des plus lointaines contrées, le trafic se fait avec Paris. A côté des tièdes ou des sages, comme on voudra, quis'en tiennent, les uns aux échanges, les autres à de modestes achats, on rencontre d’ardents amateurs qui consacrent des sommes importantes à ce genre de collection. M. de Saulcy, membre de l'Institut, avait rassemblé une suite de timbres curieux et rares qu'on estimait cent mille francs. Elle vaudrait davantage aujourd'hui. M. Arthur de Rothschild a recueilli dans plus de cent volumes richement reliés une collection évaluée cent mille écus. Gelle du célèbre avocat anglais Philbrick ne vaut pas moins. Mais le cabinet le plus extraordinaire en ce genre appartient à M. de Ferrari, à Paris, et forme à lui seul une bibliothèque sous la direction de deux conservateurs chargés des échanges et du classement des timbres. Ce cabinet, installé rue de Varennes, a coûté quinze cent mille francs. Voilà quiétonnera bien du monde ! L’Angleterre, l'Allemagne, la Belgique, les États-Unis possèdent aussi d’intrépides timbrophiles.
Le prix d’un timbre varie en raison de sa rareté et de la difficulté de se le procurer ; c’est quand il n’a plus cours, qu’il commence à acquérir de la valeur. En France, en Belgique, en Amérique et ailleurs, on fabrique des timbres faux, qu’on a soin d’oblitérer pour éviter les poursuites. Le vulgaire est dupe de ces imitations, mais les amateurs sérieux ont un œil exercé qui leur permet en général de déjouer les contrefaçons (1).
Les ventes de timbres-poste, à l'hôtel Drouot, n’ont pas réussi. Pour qu’elles aient chance de succès, il faudrait qu’elles fussent précédées de catalogues distribués aux intéressés. Dans l’incertitude, le plus simple est de s'adresser à quelque négociant notoirement connu, comme M.Arthur Maury, habitué aux transactions de ce genre et auprès duquel on peut trouver toute satis-
(4) Le nombre des marchands de timbres, à Paris, dépasse cent cinquante, bien que le Bottin n’en mentionne que huit; certains d’entre eux peu connus d'ailleurs, n’ont aucune prétention au prixMonthyon et pratiquent la fraude sans vergogne ; ce sont eux qui alimentent les débits de tabac, de ces enveloppes remplies de timbres faux ou sans valeur. Les naïfs s’y laissent prendre et n’ont que ce qu'ils méritent, car ils devraient savoir qu'on n’achète jamais un objet non garanti sans l'avoir vu. Pourquoi ne pas s'adresser à d’honnèêtes marchands, qui vendent à desprix raisonnables, fixés d'avance sur des catalogues imprimés,
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faction. Diverses collections ont été de la sorte cédées avantageusement moyennant vingt, trente et quarante mille francs. M. Maury se charge aussi des expertises taxées comme suit : De 1 à 5 timbres, 50 centimes. Chaque timbre en plus 8 centimes. Les relations de ce négociant expert s'étendent dans les diverses parties du monde, et il débite chaque année plusieurs mil'ions de timbres provenant de tous les points du globe desservis par la poste.
Avant d'être classés dans l'album, les timbres doivent être débarrassés des papiers auxquels ils adhèrent, Le meilleur moyen est de les laisser dix minutes dans l’eau, puis, une fois détachés, de les sécher entre des feuilles de papier buvard blanc, ou simplement de papier à filtrer. Les papiers buvards de couleur déteignent. Quelques timbres comme ceux de Russie, de Cachemire et les anciens du Hanovre, ne peuvent supporter le contact direct de l’eau sans s’altérer. On les décolle en les posant sur un papier buvard mouillé. L'opération est un peu plus longue, mais le résultat est le même; l'humidité détruit l'effet de la gomme.
Les amateurs sont divisés sur la manière de poser les timbres dans l’album. Les uns, les colient en plein, d'autres les posent à charnière. Le collage en plein retire au livre bien du charme en faisant goder les pages ; son plus grave inconvénient est d’empêcher le change ou le remplacement, avantage que doit toujours se ménager le curieux. En somme, la majorité adopte le collage à charnière ; de cette façon, on peut soulever le timbre, examiner par transparence le grain du papier et enfin le détacher si besoin en est. Rien n’est plus facile à employer que ces petites charnières en papier gommé. Pour éviter que les timbres ne viennent à se soulever, on pose la charnière de manière que le pli soit en bas. Comme une gravure, comme un beau livre, un timbre doit conserver toutes ses marges ; il faut donc se garder de les couper. Les dentelures doivent être respectées.
Les amateurs feront bien de profiter du bas prix des timbres en circulation, pour s’en faire, pendant qu'il en est temps, une collection aussi complète que possible; tous sont appelés à se raréfier, puisque leur usage est subordonné à l'existence du gouvernement qui les a émis.
Il y a quelques années, une exposition de timbres eut lieu à Vienne avec un certain éclat. Elle devait réussir ; son but philanthropique était de venir en aide aux anciens employés de la poste. Une semblable exposition à Paris ne manquerait pas d'intérêt et serait d'autant plus remarquable que les matériaux abondent. En attendant, nous engageons les curieux de timbres
à aller visiter à l'hôtel des Monnaies, le mardi et le vendredi, de midià trois heures, lasuperbe collection qu'on y a rassemblée.C'est quand il n’a plus cours que le timbre commence à acquérir de la valeur, surtout s'il a duré peu de temps. Ainsi, le premier timbre émis en Angleterre (1840)est le penny noir ; il a été très employé et vaut aujourd'hui 0,20 ; un timbre tout semblable, mais portant en haut les lettres V. R. (Victoria Regina) et qui a très peu servi, est coté à 150 fr.
‘Depuis l'unité italienne, certains timbres des petits États disparus étaient très recherchés ; un marchand de Paris s'étant rendu acquéreur de tout ce qui restait dans les magasins des postes italiennes, il s’en suivit une baisse considérable. Cependant quelques timbres qu'on n'a pas retrouvés ont acquis de hauts prix Justifiés par leur rareté. Ainsi, Toscane, 1850, avec lion, brique, 60 crazie, vaut 120 fr. neuf, et 75 fr. oblitéré. — Toscane, 1860, avec croix, 3 lire, jaune, varie entre 150 et 200 fr., oblitéré. —NAPLES, armorié, bleu, vaut 300 à 400 fr. neuf, et 120 fr. oblitéré ; — avec croix, 50 fr. neuf; 20 fr. oblitéré.
Les timbres neufs valent bien plus cher que lestimbresoblitérés, non à cause de leur valeur intrinsèque, mais comme rareté, puisqu'on retrouve les oblitérés sur les vieilles correspondances, tandis que les timbres neufs n’ont été conservés que par hasard. Cet avantage les fait coter en moyenne au double des autres ; parfois l'écart est considérable, comme dans le FRANCE, 1849, 45 cent. vert, qui passe de 0,75 oblitéré, à 30 et même 40 fr. neuf.
Il y a des raretés toutes récentes résultant des surcharges, au moyen desquelles, dans les colonies surtout, on improvise des timbres, en imprimant sur des timbres insuffisants le chiffre complémentaire de la valeur qu'on veut leur donner. On a vendu Nlle CALÉDONIE, timbre actuel de 35 cent. chiffre noir, 25 en surcharge, 10 à 20 fr. — Tarri, de même, 25 sur le 45 c., 40 à 50 fr. — SAINT- VINCENT, 4 pence sur 1 shilling. 30 fr., etc.
Voici quelques-uns des timbres les plus chers et les plus rares avec les prix approximatifs, pouvant varier dans une certaine mesure, suivant le nombre et le caprice des acquéreurs. Les deux Post-Office de L'ILE MAURICE, année 1847, 1 penny rouge et deux pence, bleu, valent ensemble, de 1,500 fr. à 2,000 fr. — Les Hawaï de la première émission, le 2, le 5 et le 13 cent. bleus, avec des chiffres entourés d'ornements iypographes, sont cotés chacun de 500 à 1,000 fr. et même au delà. — Les deux timbres de L'ILE DE LA RÉUNION, 4852, Le 15 c. et le 30 c. azurés, ensemble, 1,000 fr. — Le timbre de la GUYANE ANGLAISE, 1856, 4 cents, bleu,
de 300 à 1,000 fr. — Les quatre timbres enveloppe de PRUSSE, 4852, 1,500 fr. — Certains timbres de CaBouz n'ont pas de prix bien établi; les amateurs en ont payé 100, 209 et 300 fr.
lapièce. Ces prix exorbitants ne s'appliquent qu'à des timbres d’une insigne rareté et qu'on ne rencontre presque jamais dans le commerce. Que le hasard en fasse tomber une dizaine de chaque type sur le marché, et les prix s’affaisseront immédiatement ; mais cette hypothèse n'a guère de chances de se réaliser.
Sans posséder de ces pièces rarissimes, les amateurs peuvent
former de très intéres-
Hawaii santes collections rien postage qu'avec les timbres actuellement en usage, dont quelques-uns deviendront rares à leur tour et qui tous augmenteront de valeur à GUYANE ANGLAISE 1856. Hawaï, 1852. TESUrS que les émissions
4 cents, bleu. 13 cents, bleu. disparaitront.
Les ouvrages à consulter sont nombreux ; nous recommandons les suivants : Le Catalogue descriptif de tous les timbres-poste, cartes-poste, ete., et le journal, le Collectionneur de timbres-poste, Lous deux publiés par Arthur Maury (80, rue Saint-Lazare). L’Ami des timbres, par Ch. Roussin, le journal 7imbre-poste et le Catalogue de J.-B. Moens. Parmi les journaux et catalogues publiés en langues étrangères, il nous suffira de citer {he Philatelist Record, de Londres, et der Philatelist, de Dresde.
Quant aux albums avec des cases indiquant la place de chaque timbre, ils sont depuis longtemps en vogue; un éditeur de Paris en écoule, année moyenne, 25,000 exemplaires de différents genres dont le plus connu est l'A/bum universel des timbres-poste.
Prix des timbres les plus remarquables d'une collection vendue en 1872. — Acores, 1858,3reis, surcharge noire, neuf, 60 fr. — BELGIQUE, 1849 (épaulettes) 10 cent.et20cent. chaque, neuf,40 fr. — Brésir, 1844, chiffres penchés, 180 reis, obl. 95 fr.; — le