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CHAPITRE PREMIER

Le goût de la collection remonte fort loin ; chez tous Les peuples conquérants, il doit commencer avec la première conquête. Les collectionneurs grecs eurent cette bonne fortune de pouvoir rassembler sans le secours des autres nations, les plus purs chefsd'œuvre de l’art. Les Hellènes, passés maitres en tous genres, poussèrent les arts libéraux et industriels, aux extrêmes limites de la perfection. À mesure que les Romains s’agrandirent, le goût du luxe se développa chez eux jusqu'à l'excès. Les généraux pour donner plus d'éclat à leurs triomphes, enlevaient tous les trésors des peuples vaincus. Ils pillèrent d'abord pour l'État ; ils pillèrent bientôt pour leur propre compte, et l’on vit des chefs d'armée remplir leurs villas d'innombrables merveilles qu'ils s'étaient impudemment appropriées après la victoire. Les préteurs, ou gouverneurs de province, firent de même avec plus de cruauté encore, en s'adressant à des peuples soumis.

De tous les anciens collectionneurs, le plus passionné, le plus féroce et aussi le plus exécrable est certainement Verrès. « À une insatiable cupidité, il joignit une horrible dissolution de mœurs et une inflexible cruauté. Nommé préteur en Sicile, l'an 73, il se mit à piller avec une effronterie sans pareille. Pour posséder l'objet d'art qu'il convoitait, il employait des moyens violents et arbitraires. Toutes les cités, tous les temples et les particuliers eux-mêmes se virent à la discrétion de ce furieux. Quand il passait dans une ville, il ne manquait jamais de se faire apporter ce qu'il y avait de plus remarquable. Était-il invité à diner, il enlevait de chez son hôte les belles pièces

d'argenterie, ou bien il se contentait d'en détacher les morceaux les plus finement ciselés. Voyait-il une jolie bague au doigt de quelque convive, il faisait signe qu'on la lui passât pour mieux l’admirer, et se gardait bien de la rendre. Recevait-il une lettre, si l'empreinte lui paraissait belle, il lui en fallait le cachet. »

Rentré à Rome, gorgé des dépouilles de la Sicile, Verrès, accusé de concussions, dut passer en jugement et affronter la terrible éloquence de Cicéron. « Je nie, dit l’illustre orateur, que dans toute la Sicile, dans cette province si riche, si ancienne, parmi tant de cités et de familles opulentes, il y ait un seul vase d'argent, un seul bronze de Corinthe ou de Délos, une seule pierre précieuse, une seule perle, un seul ouvrage en or ou en ivoire, une seule statue de marbre, de bronze ou d'ivoire; je nie qu'il y ait une seule peinture, une seule tapisserie, que Verrès n'ait recherchée, qu'il n'ait examinée, et, quand l’objet ui a plu, qu'il n'ait enlevée. » Sur les conseils d'Hortensius, son défenseur, Verrès s’expatria sans attendre la fin du procès. Il n'en fut pas moins condamné à l'énorme restitution de cent millions de sesterces, c'est-à-dire, vingt millions de notre monnaie. Plus lard, cette somme fut réduite de moitié. Au bout de vingtneuf ans d’exil Verrès revint à Rome, où il retrouva sa chère collection. N’aurait-on pas dû la lui confisquer, comme conséquence de son scandaleux procès? Mais elle lui porta malheur. Par un juste retour des choses d'ici-bas, il trouva, lui aussi, un amateur inflexible qui convoitases richesses. Antoine, alors toutpuissant, lui fit demander ses bronzes de Corinthe. Tout en prévoyant le sort qui le menaçait, Verrès ne put se résoudre à s’en dessaisir. Son nom parut sur les listes de proscription, et l'insolent préteur fut mis à mort.

Après l’asservissement de la Grèce, les artistes furent envoyés à Rome, où l’art hellénique ne tarda pas à s'imposer. Cicéron ne pouvant nier la supériorité artistique des Grecs, voulut les abaisser en traitant avec mépris, leurs plus belles œuvres. « En vérité, disait-il, on ne saurait imaginer combien ces Grecs attachent d'importance à toutes ces choses que nous méprisons. Nos ancètres permettaient aux peuples tributaires de conserver ces objets d'art si frivoles à nos yeux afin qu'ils y trouvassent une consolation, un amusement dans leur esclavage. » Eh bien, quelques années plus tard, le dédaigneux Cicéron faisait acheter par quantités des tableaux el des statues à Athènes, où la misère était affreuse depuis le pillage de Sylla.

On connaît les anciens possesseurs de quelques chefs-d'œuvre parvenus jusqu'à nous. César, dont les jardins du Tibre qu'il

laissait librement visiter, étaient remplis de statues, comptait parmi celles-ci le Méléagre du Vatican etla Vénus de l’'Ermitage, Verrès nous a laissé le torse de l'Amour; Pollion, le Taureau Farnèse; Sallustre, le Faune à l'enfant, l'Hermaphrodite et le Vase Borghèse. Ges trois précieux ouvrages sont au Louvre. Enfin, Lucullus aimable gourmand, après avoir été grand général, eut en possession le Aémouleur, du palais Pitti.

Les marchands de curiosités se tenaient sur la voie sacrée et surtout aux Septa, près de la Villa Publica. Là, tout ce qui peut séduire les amateurs s'étalait à leurs regards. Tableaux, statues, terres cuites, ivoires sculptés ou incrustés d'or et d'argent, bronzes d'Egine illustrés par Myron, et bronzes de Délos par Polyelète, bronzes de Gorinthe, vases murrhins, tables de citre, toutes pièces d’un grand prix. Tapisseries de Babylone et d'Alexandrie à sujets fabuleux ou héroïques. On voyait encore des pièces d’argenterie authentiques de Gratianus, célèbre orfèvre romain; d'autres portant les noms d'Euphranor, de Calamis, de Bæthus, de Mys, de Pasitèle, de Posidonius, ete, des pierres gravées, ouvrages des plus illustres maîtres de Ja Grèce ; la riche verrerie d'Orient, les poteries de Cumes et dé Rhegium; des vases, aiguières, coupes de toutes sortes en jaspe, en ambre, en améthyste, en sardoine, en cristal de roche, ornés de fines intailles ou de délicieux bas-reliefs. C'était à réver, et, dans ce lieu plein de séductions, nombre d'amateurs trop enthousiates compromirent leur fortune (1).

Après la chute de l'Empire romain, l'art se réfugie en Orient et à Constantinople; ailleurs il semble disparaître, puis il pénètre dans les cloîtres où il reste enfermé pendant une partie du moyen-âge. Dans ces temps de troubles et de guerres intestines, le goût ne pouvait êlre tourné vers la curiosité. La nécessité d'emporter avec soi, sa fortune et ses effets précieux, fut aussi un obstacle aux ardeurs de la collection. Sauf quelques rares exceptions, les musées de ces époques lointaines consistaient dans les trésors des églises et les richesses multiples des abbayes.

Avec le XVIe siècle, surgit de tous côtés, en Italie, en France, en Allemagne, dans les Flandres, une pléïade de peintres, de sculpteurs, ciseleurs, architectes, ele... Leurs protecteurs Charles-Quint, Francois 1°", Léon X, les Médicis, commencent à

(4) Edm. Bonaffé : Les Collectionneurs de l'ancienne Rome. Paris, Aubry, 1867. Étude vraie sur les goûts, lesmœæurs et les bizarreries des collectionneurs de l'antiquité. En lisant ces attrayants récits, où nous avons puisé nos renseignements, on constate avec étonnement que si les temps ont changé, les amateurs sont toujours les mèmes.

former des galeries, mais c’est seulement au XVIIe siècle qu’apparaissent les collections particulières; au XVIIE, elles se multiplient et prennent un accroissement considérable.

Les Anglais, dit Ad. Thibaudeau, revendiquent l'honneur d'avoir possédé la première grande collection formée par un curieux qui ne fut ni pape, ni roi, ni prince : lord Arundel, de l'illustre maison des Howard. Il réunit une infinité destatues, basreliefs, tableaux, et objets divers, d'un rare mérite, qu’il faisait venir surtout de la Grèce et de l'Italie. Le fastueux duc de Buckingham collectionnait plutôt par vanité que par goût. Son titre de premier ministre lui donnait des relations dans toute l'Europe. Par les ambassadeurs, il recevait de France, d'Italie et de Hollande, des envois considérables de tableaux, de statues, de médailles, de pierres gravées, ete. Constantinople lui fournissait des antiquités de la Grèce et du Bas-Empire; cette collection, rassemblée à grand bruit, avait coûté fort cher et Le choix n’en était pas toujours heureux.

L'exemple donné par lord Arundel et le duc de Buckingham se propagea peu à peu, et les Anglais possèdent aujourd'hui des merveilles en tout genre, recueillies dans le monde entier. Chez ce grand peuple, Robert et Horace Walpole furent les plus célèbres curieux de leur temps. Nous nous étendrons davantage sur les amateurs français; à leurs noms, s’attachent ceux des experts qui ont dressé leurs catalogues, et ces ouvrages, à la fois historiques et biographiques, renferment de précieux renseignements sur les arts et la curiosité.

LE CARDINAL MazaRiN ouvre dignement la liste. Nous le classons avec intention parmi les collectionneurs français. N'est-ce pas en France, où s’est passée la moitié de sa vie, qu'il arassemblé cette étonnante collection dont une partie devait former le noyau des musées du Louvre. Mazarin était très connaisseur ; au besoin il prenait l’avis de quelques hommes spéciaux; pour les tableaux, par exemple, il appelait Mignara, et pour les bijoux, son joailler Lescot. En maintes circonstances le rusé ministre employa les subtilités de la diplomatie et fit jouer les ressorts de sa haute influence pour obtenir, aux meilleures conditions, des pièces hors ligne dont on refusait de se défaire.

Avec une patience extrême, une ténacité rare, un goût inné pour les belles choses et une fortune immense, il parvint à réunir toutes les splendeurs de l'industrie et des arts. Il avait rassemblé tout ce qu’on peut voir de plus riche et de plus beau en tableaux et statues des grands maîtres, en orfévrerie, bijoux, meubles, ferronnerie, curiosités de toute espèce et surtout en

tapisseries, pour lesquelles il avait une prédilection marquée. Son cabinet renfermait 676 tableaux, 350 statues ou bustes, « 21 cabinets d'ébène, d'ivoire, d'écaille, de mosaïques, ornés d'argent et de pierres dures et une grande quantité de tables en marbres de rapport, de miroirs de Venise, de lustres en cristal de roche, etc.» Les tapisseries, au nombre de 411 étaient estimées 632,000 livres, somme considérable pour l'époque. La bibliothèque n'avait pas moins de 50,000 volumes, sans compter 400 manuscrits, magnifiquement couverts par les premiers relieurs de Paris. Le cardinal se plaisail dans la contemplation de ces merveilles, et lorsque la mort l'obligea de s'en séparer, ses regrets furent poignants. On peut en juger par cette page des Mémorres de Brienne, son secrétaire :

«Je me promenais, dit-il, dans les appartements neufs de son palais. J'étais dans la petite galerie où l'on voyait une tapisserie toutenlaine qui représentait Scipion..….. Le cardinal n’enavait pas de plus belle. Je l’entendis venir au bruit que faisaient ses pantoufles qu'il trainait comme un homme fort languissant et qui sort d'une grande maladie. Je me cachai derrière la tapisserie, et je l'entendis qui disait : « Il faut quitter tout cela! » Il s’arrétait à chaque pas, car il état fort faible, et se tenait tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, et jetant les yeux sur l’objet qui lui frappait la vue, il disait du profond du cœur : « Il faut quitter tout « cela! » Et se tournant, il ajoutait : « Et encore cela! Que j'ai eu « de peine à acquérir ces choses! Puis-je les abandonner sans « regret?.... Je ne les verrai plus où je vais!» — Je fis un grand soupir que je ne pus retenir, et il m'entendil: «Qui est là? dit-il, «qui est là? — C'est moi, Monseigneur... — Approchez, « approchez », me dit-il d'un ton fort dolent. I était nu dans sa robe de chambre de camelot fourrée de pelit gris, et avait son bonnet de nuit sur la tête; il me dit : « Donnez-moi la main, je « suis bien faible; je n’en puis plus... » et revenant à sa pensée: « Voyez-vous, mon ami, ce beau tableau du Gorrège et encore «cette Vénus de Titien et cet incomparable déluge d'Antoine « Carrache, car je sais que vous aimez les tableaux et que vous « vous y connaissez très bien; ah! mon pauvre ami, il faut quitter « tout cela! Adieu, chers tableaux que j’aitant aimés et qui m'ont « tant coûté! »

« Jamais particulier n’assembla plus de statues, d'armes, de bas-reliefs et de tableaux. Qui ne sait que les plus belles tapisseries de Flandre et d'Espagne, d'Italie et de France, étaient dans ses appartements... Que de tables et de buffets de Florence, tous de pierres de couleur rapportées à la mosaïque! Que de

chenets et de brasiers d'argent, de lustres de cristal et d'orfévrerie! Combien de bras et de plaques de vermeil doré! Combien de cabinets de la Chine et d'ébène! Combien de miroirs garnis de plaques d'or et d'argent, d'écailles de tortues découpées et d'ivoire faconné par d'excellents sculpteurs! Combien de tapis de Perse, de Turquie et de la Savonnerie! En un mot, combien de richesses et de somptuosités amoncelées dans ses galeries, qu'on eût plutôt prises pour une foire que pour le garde meuble d'un cardinal et d’un ministre. » (Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne : Mémoires, Paris, Ponthieu, 1828.)

Sous Louis XIV, et pendant le XVIIT° siècle, le mot curieux était synonyme d’amateur, de collectionneur; ainsi on disait un curieux de tableaux, un curieux de livres, un curieux de tabatières. Du temps de Louis XIIT, les amateurs étaient des grippés. Dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale, intitulé les Francs grippez, on trouve : le grippé de fleurs, le grippé de médailles, etc. Il y eut alors, dit Ed. Fournier, le ballet des Grippez à la mode.

En 1699, le Livre Commode d'Abraham du Pradel, nous donne la liste des Fameux curieux des ouvrages magnifiques. Voici les principaux : Le duc d'Aumont; le duc de Saint-Simon, père de l’auteur des Mémoires ; le duc de Richelieu, père du maréchal; le Cheve' de Lorraine, l’équivoque ami de Monsieur; les Mis de Rieux, de Rhodes, d'Hauterive; les Ctes de lamarion, de Bartolet, de Rennes, de Morstein; le Be de Breteuil; les Gheve's de Nogent et de Semonville; les commandeurs de Gaults et d'Hautefeuille ; les présidents Lambert, Bretonvilliers, Dorieux et de la Proustière ; le conseiller Joly; Mendat; de Caumartin; le célèbre banquier Evrard Jabac; Belluchot ; Le Riche ; de Furetüière, frère de l’auteur du dictionnaire; de Creil; Bertin; les abbés Vétery, Dannecourt, de Rouillière, d’Apremont, Boizot et de la Roucherie ; enfin Francois Roger de Gaignières, le plus célèbre de tous.

Au XVIIT° siècle, le nombre des curieux, loin de diminuer, va toujours en augmentant. Nous passerons en revue quelques-uns des plus renommés.

La ComTEssE DE VERRUE (Jeanne d'Albert de Luynes) était une curieuse enthousiaste; elle employait les largesses de son géné-

reux amant Victor-Amédée, duc de Savoie, à recueillir des tableaux et des livres de prix (1). Cette charmante pécheresse était appelée Dame de voluplé, surnom qu'elle consacra, en faisant elle-même son épitaphe :

Ci-git dans une paix profonde Cette dame de volupté,

Qui pour plus grande sûreté Fit son paradis en ce monde.

Elle mourut en 1736, à l’âge de 66 ans, laissant des legs nombreux à ses serviteurs et à ses amis. Sa vente eut lieu l’année suivante, et n'exigea pas moins de vingt-quatre vacations.

PIERRE DE CROZAT avait la plus belle collection qu'un amateur ait pu rassembler, surtout en ce qui concerne les dessins. Pendant près de soixante ans, il ne se vendit pas un cabinet en Europe, sans qu'il n’en fit acheter les plus beaux morceaux. Sa vente eut lieu en 1741. Le catalogue rédigé par Mariette, en est intéressant. « Ge célèbre cabinet renfermait d'innombrables richesses : des tableaux des grands maitres, des marbres et bronzes rares, de merveilleux modèles en terre cuite, les livres de choix qui traitent des arts, une collection magnifique de pierres gravées et dix-neuf mille dessins. » Crozat était d'un naturel aimable et obligeant. A l'opposé de Mariette, il se plaisait à faire les honneurs de sa collection aux amateurs et aux artistes.

D’après Saint-Simon, LE MaRécuaAL D'ESsrRéEs, celui qui fut promu en 1703, était un singulier amateur. « Ce qu'il amassa de livres rares et curieux, d'étoffes, de porcelaines, de diamants, de bijoux, de curiosités précieuses de toute sorte ne peut se nombrer, sans en avoir jamais su user. Il avait cinquante-deux mille volumes, qui, toute sa vie, restèrent emballés. Il en était de même de tout le reste. Il allait toujours brocantant. Il se souvint d'un buste de Jupiter Ammon, d'un marbre unique, et de la première antiquité qu'il avait vu quelque part autrefois, bien fâché de l'avoir manqué, et mit ses gens en campagne pour le rechercher. L'un d'eux lui demanda ce qu'il lui donnerait pour le lui faire avoir, il lui promit mille écus. L'autre se mit à rire et lui promit de le lui livrer pour rien, ni pour achat

(1) Elle était fille du duc de Luynes et de sa seconde femme, qui était aussi sa tante, sœur de père et de mère de la fameuse duchesse de Chevreuse. Le nombre d'enfants de ce second lit du duc de Luynes, quin'était pas riche, l'avait engagé à se défaire de ses filles comme il avait pu. La plupart étaient belles, celle-ci l'était fort et fut mariée toute jeune en Piémont en 1683, etn'avait pas {4 ans quand elle y alla. (Saint-Simon, Mémoires.)

ni pour sa peine, et lui dit qu'il était dans son magasin, où surle-champ il le mena et le lui montra. On ne tarirait pas sur les contes à en raconter nisur ses distractions. »

QUENTIN DE LORANGÈRE est cité parmi les curieux de premier ordre. Sa collection fut vendue le 2 mars 174%. Le catalogue rédigé par le savant expert Gersaint est un livre d'art. « On y trouve entre autres morceaux curieux, deux charmantes préfaces sur le goût en matière de tableaux et d’estampes ; une biographie de Watteau, la première qui ait élé publiée sur ce maitre, d'autant plus précieuse que Gersaint y parle de Watteau comme d'un homme dont il fut l'ami. Cette biographie, suivie de deux notices sur Lancret et Pater, est écrite dans notre belle langue du XVITe siècle, qui déjà se perdait alors. Ge catalogue renferme aussi un abrégé de la vie de Callot et une description de son œuvre avec l'indication de tous les morceaux rares, tirés des plus célèbres cabinets, les œuvres de la Belle, de Sébastien Leclerc, de la Fage, de Bernard Picard et les Coypel, avec des notices sur ces divers maîtres ; enfin une table alphabétique des artistes dont les ouvrages sont mentionnés dans la collection Lorangère, avec des notes courtes et substantielles sur leur mérite. C'est, en un mot, le meilleur catalogue qui ait jamais été fait. Il devient très rare. » (Charles Blanc, Zrésor de la curiosité, Paris, 1857.)

ANTOINE DE LA ROQUE, né à Marseille en 1672, forma, avec une fortune modique, un cabinet de tableaux, dessins, estampes, bronzes, pierres gravées, et curiosités diverses. Son catalogue de vente écrit par Gersaint en 1745, offre des documents pleins d'intérêt.

AUGRAN DE FONSPERTUIS était un curieux en tous genres. C'est encore Gersaint qui fit son catalogue de vente, en 4748. On y remarque une foule de renseignements pour tout ce qui a trait aux bijoux, émaux, meubles, laques de Chine et du Japon, à la porcelaine, aux tableaux et aux estampes.

PASQUIER, député du commerce de Rouen, possédait un fort beau cabinet de tableaux, portraits en émail, bronzes, terres cuites, etc.., dont la vente eut lieu à Paris, en 1755. Le catalogue est de Pierre Remy, expert. Parmi les tableaux, nous nous contenterons de citer un Corrège : Jupiler métamorphosé en cygne, amoureux de Léda. 1 provenait de la galerie de la reine Christine de Suède, et fut acquis par le roi de Prusse, pour 21,060 liv.

LE Duc DE TALLARD, gouverneur de la Franche-Comté, avait un cabinet des plus variés. Sa vente après décès remonte à 1756. Le catalogue est de Glomy et Remy, experts.

ManamMe DE Pompanour, celte toute-puissante maitresse de Louis XV, qui gouverna la France pendant vingt ans, mérite aussi le titre de curieuse. Elle aimait les arts et les cultivait avec quelque talent. Guay lui donna longtemps des leçons de gravure. Elle mourut en 1764, laissant à son frère, le marquis de Ménars et de Marigny, ce qu’elle possédait, à l'exception de ses pierres gravées par Guay, léguées au Roi par testament.

DE JULIENNE, membre honoraire de l'Académie de peinture, avait formé à Paris, rue des Gobelins, une riche collection de tableaux, dessins, estampes et curiosités diverses. Le catalogue de la vente, faite en 1367, est de Juliot et Pierre Remy.

PIERRE-JEAN MARIETTE, contrôleur général de la chancellerie de France, et membre honoraire de l'Académie de peinture, doit être cité comme l’un des plus illustres collectionneurs de son siècle. Son érudition en ce qui touche les arts était prodigieuse ; il connaissait toutes les écoles et tous les genres de curiosités.

-Ses études au collège des Jésuites avaient été très brillantes. Après la mort de son père, il résolut de voyager et partit pour l'Allemagne, au commencement de 1717. Arrivé à Vienne, le prince Eugène le reçut à bras ouverts et lui fit confier la mission de classer les estampes du cabinet de l'empereur Charles VE. Ce travail, savamment executé,servit de base, un siècle plus tard, au grand ouvrage d'Adam Bartsch. Mariette visita ensuite l’Italie, se lia d'amitié avec les meilleurs artistes, et revint en France, où il fit des catalogues manuscrits et publia divers ouvrages. Il rectifia l'A bcedario d'Orlandi, en le chargeant de notes et de corrections. Ces notes, sans cesse consultées par les amateurs, ont paru en 1862, dans les Archives de l'Art Français.

« Bien qu'aimable et poli comme on l'était au XVIIIe siècle, dit M. Charles Blanc, Mariette n'ouvrait pas facilement son cabinet, et jaloux de l'espèce de monopole qu'ilexercait comme critique en fait d'art, il tenait à distance les faiseurs de catalogues et les demandeurs de renseignements. Helle et Glomy, quand ils publièrent l'œuvre de Rembrandt, rédigé par Gersaint ; Jombert, quand il voulut dresser le catalogue de La Belle, ne purent obtenir de Mariette ni qu'il les aidat de ses lumières, ni nême qu'il leur montrât sa collection. » {7résor de la curiosité.)

Le célèbre curieux mourut à l'âge de quatre-vingts ans, laissant un cabinet des plus riches, augmenté encore d’une infinité de dons. Mariette avait adopté une marque qu'il mettait sur ses estampes et sur ses dessins. Elle a pour les amateurs un prix inestimable. Les uns la recherchent par souvenir, les autres parce qu'ils y trouvent une infaillible recommandation,

LE COMTÉ DB CAYLus était un collectionneur érudit. Après quelques années de service militaire, il abandonna la carrière des armes pour l'étude des lettres, des arts et de l'archéologie, Il visita l'Italie, Constantinople, la Grèce et les côtes de l’Asie- Mineure. Au retour de ses voyages, Caylus fit paraitre sur l’antiquité divers ouvreges, dont il exécuta lui-même les planches. Sa maison offrait l’aspect d’un musée antique; une grande statue égyptienne semblait en garder l'entrée; « des médailles, des curiosités de l'Amérique et de la Chine étaient appendues le long des murs de son escalier. Ses appartements étaient à la fois un Olympe, un temple, un sénat, un champ de Mars; de tous côtés on était entouré de dieux, de prètres, de magistrats, d’orateurs, de soldats exhumés de l'Egypte, de l'Etrurie, de l'Italie et de la Gaule... » Le comte de Caylus fit un noble usage de sa fortune; il secourut beaucoup d'artistes indigents, et fonda des prix à l'Académie de peinture et à celle des inscriptions et belleslettres, dont il faisait partie. Son caractère laissait à désirer, si l’on en juge par cette épitaphe de Diderot :

Ci-gît un antiquaire, acariâtre et brusque.

Oh! qu'il est bien logé dans cette cruche étrusque!

RANDON DE BoIssET, amateur érudit, possédait des richesses en tableaux, dessins, estampes, marbres, bronzes, terres cuites. Sa bibliothèque était double; l'une, formée des plus belles éditions, somptueusement reliées, ne s'ouvrait presque jamais; l'autre, remplie d'éditions plus communes, était consacrée aux lecteurs. La vente eut lieu en 1777, avec catalogue de Pierre Rémy et G.-F. Julliot.

LE PRINCE DE CONTI, grand prieur de France, avait une collection considérable et des plus variées; mais on lui a reproché de ne l'avoir pas suffisamment épurée. Un amateur a récemment appelé le prince de Conti le cardinal Fesch de son temps, achetant de toutes mains, et tenant plutôt à la quantité qu'àla qualité. La vente, faite en 1777, produisit 1,086,233 livres 6 sous.

Le puc DE LAVALLIÈRE (Louis-César de la Beaume le Blanc) recherchait particulièrement les livres. IL achetait en bloc les collections célèbres; sa bibliothèque était incomparable. On y remarquait des manuscrits d'Honoré d'Urfé, le missel du duc de Bedfort, orné de cinq mille miniatures ou lettres peintes, la Guirlande de Julie, chef-d'œuvre de la galanterie, écrit par l'habile calligraphe Jarry. On sait que cet ouvrage fut offert par le duc de Montausier à M"° de Rambouillet, « cette fière beauté, »

LES COLLECTIONNEURS D'AUTREFOIS, Il

dont il obtint la main quatre ans après. Une autre rareté de ce cabinet, était un /ecueil de poésies des troubadours, manuscrit sur vélin du XIV° siècle; il contenait les poésies de cent dix-sept trouvères, avec des notes biographiques sur quelques-uns d’entre eux.

Le marouiS DE MÉNARS ET DE MARIGNY (Abel-François Poisson) exerça longtemps la charge de directeur des bâtiments royaux. Il eut l'esprit de se faire aimer des artistes et montra un goût très éclairé pour les arts, dont il fit une étude sérieuse. Son cabinet, augmenté de l'héritage de sa sœur, la marquise de Pompadour, était fort beau. On y voyait nombre de tableaux de maîtres anciens et modernes; des émaux de Petitot et de Rouquet ; les bustes en marbre de Louis XV, de Trudaine, de Voltaire, du maréchal de Saxe et de Montesquieu. Les médaillons en terre cuite du Pien-aimé, de Rameau, de Boucher, de Chardin et de Vanloo; le portrait médaillon de Louis XV, exécuté de profil en cire, par Mérard, en 1771. Des vases de marbre serpentin, de granit noir, gris, vert; des statueltes en bronze; au moins quinze miniatures de Portail, des dessins, des estampes, des porcelaines de la Chine, du Japon et de Sèvres; des feux, des flambeaux, des meubles rares, des commodes en marqueterie de Boulle; des tabatières peintes par Klingstet, la Rosalba, Baudouin, Pérignon et Blarenberghe. Le catalogue de cette riche collection, rédigé en 1782, par Bazan et Joullain, experts, est illustré de deux belles vignettes : la première offre l'image du marquis de Ménars, couronnée par des génies et entourée des Arts en larmes; la seconde, gravée par M"° de Pompadour ellemême, représente un bas-relief en ivoire, composé d'enfants dans des branches.

Le puc p'AUMONT, 1° gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Louis XV, possédait peu de tableaux et de statues, mais il avait un mobilier splendide. On admirait chez lui des cabinets incrustés de cuivre et d'étain sur fond d’écaille, avec champs en bois d'ébène, œuvres du célèbre ébéniste André-Charles Boulle ; des colonnes, des vases, coupes, urnes, trépieds en granit rose, en porphyre, en marbres de diverses espèces, de la première beauté. Ces pièces étaient montées en bronze ciselé et doré par Pierre Gouthière, le plus fameux ciseleur que la France ait produit ; un choix de porcelaines de Chine et du Japon, de Saxe, de Sèvres et de diverses manufactures françaises ; des pendules de Robin, de Ferdinand Berthoud, de Millot, horlogers du Roi, des bras d’applique en bronze ciselé et doré, de Philippe Caffieri; des baromètres de Thoré et de Rolandy; une foule de bijoux;

de boîtes, bonbonnières, tabatières, avec des émaux de M"° Aglaé Cadet, et des miniatures signées de Hall et de Charlier. (Catalogue des effets précieux qui composent le cabinet de feu M. le duc d'Aumont, par P.-F. Julliot fils et A.-J. Paillet. Paris, 1782.)

LE BARON DENON (Dominique Vivant) était un fin connaisseur. Il fréquenta dans sa jeunesse Boucher, Caylus, d'Azincourt, et puisa chez eux des goûts d'art et de collection qu'il conserva toute sa vie. Sa liaison avec le premier consul lui valut la place de directeur général des musées. Son riche cabinet, dans lequel il avait mis toute sa fortune, fut vendu en 1826, un an après sa mort, Denon a laissé, comme graveur à l’eau-forte, une bonne réputation (1).

(1) Les amateurs qui voudront plus de détails, pourront consulter les ouvrages suivants : La Gazette des Beaux-Arts (voir les Tables). Le Trésor de la curiosité, par Ch. Blanc, Paris, Renouard, 4858. Les collectionneurs de l'ancienne Rome, par Edm. Bonnaflé, Paris, Aubry. Les Collectionneurs de l'ancienne France, du même auteur. Les Amateurs d'autrefois, par Clément de Ris, Paris, Plon, 1877. Les Cataloques de ventes du xviue siècle (on les trouve en partie à la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu). Enfin le grand dictionnaire de Larousse aux mots : Amateurs et Collectionneurs.

La variété des collections est infinie, suivant la fortune, le goût, le caractère et la bizarrerie des individus. Certains amateurs sont spécialistes; ils recherchent tout ce qui a trait à une localité; parfois se restreignent-ils à un genre, comme la céramique, les livres, les autographes, les monnaies, la verrerie. Et dans un seul genre, que de divisions? Nous avons l'amateur de céramique qui accueille toutes les poteries, faïences et porcelaines, d'où qu'elles viennent, pourvu qu’elles offrent de l’intérêt; nous avons l'amateur de faïences, dont le cabinet ne reçoit aucune porcelaine; puis l’amateur de faïences italiennes, françaises ou allemandes; enfin, le curieux de faïences de Marseille, de Strasbourg, de Nevers, de Delft ou de Rouen. Il en est de même pour les porcelaines. D'autres sont œuvristes; ils s'attachent à posséder l'œuvre complète d’un maître. Quelques-uns, épris de tel ou tel personnage, comme Marie-Antoinette, Louis XVI, Louis XVII, Napoléon, ont cherché à rassembler la collection complète de leurs portraits, obtenus par la gravure ou la lithographie. D’autres enfin, et c'est la grande majorité, sont éclectiques; ils admirent ce qui est admirable et recueillent les pièces de choix dans tous les genres, sans s'inquiéter si elles complètent une série ou forment un tout parfaitement homogène. Les belles choses n’ontpas besoin de pendant ; on le remplace par une autre rareté, et puis, un beau désordre est un effet de l’art.

« Tous les genres de collections sont possibles, dit M. Feuillet de Conches, peut-être quelques-unes d'entre elles pourraient-elles bien ne pas valoir le temps qu'elles ont coûté. Encore, pour le dire en passant, vient-il un jour où les objets les plus indifférents empruntent de circonstances inattendues un certain intérêt, »

Les collectionneurs ont rendu de grands services aux lettres, aux sciences et aux arts. L'histoire de la céramique n’eût offert

aucun intérèt sans les innombrables pièces signées et datées qui ont servi de jalons pour apprécier le talent des artistes décorateurs et comprendre le caractère de chaque fabricalïon. A l’aide des collections d'autographes, on a appris à mieux connaître les personnages de chaque époque, et l'on a pu rectifier des erreurs historiques. Les collections de dessins, de tableaux, de gravures, de miniatures, ont été d’un grand secours pour écrire l'histoire des peintres et des graveurs, et ont permis de donner leur œuvre complète. Si tant de livres rares et curieux, de manuscrits, de reliures, de parchemins, ont été arrachés à la destruction, provenant de l'abandon ou du comptoir de l'épicier, on le doit aux bibliophiles, voire même aux bibliomanes, qui, en faisant monter les prix, ont arrêté le mal. Les plus savants ouvrages sur les monnaies, les médailles, les jetons, ne peuvent se faire qu'avec le concours des curieux de numismatique. Les marques et monogrammes relevés sur les tapisseries, apportent un puissant intérêt à l'étude des tapisseries tissées.

Les poinçons des orfèvres permettent de retrouver leurs noms, mais c'est là un problème souvent difficile à résoudre. Quand nous admirons les superbes collections d’orfèvrerie du baron Jérôme Pichon et de M. Paul Eudel, nous devons à ces érudits de pouvoir apprécier et comparer les œuvres des Louis Loir, des Jacques Baillin, des Thomas Germain, des Auguste, etc. Que de petits maitres, que d'artisans habiles seraient oubliés ou restés inconnus, sans l'œil investigateur des curieux qui, armés d’une loupe, ont découvert sur une foule d'objets charmants en métal, en verre, en pierre tendre ou dure, en bois, en ivoire, en nacre, en écaille, des monogrammes ou des signatures, avec lesquels ils ont pu reconstituer toute une biographie. Et ces meubles marquetés du XVIIE siècle, d'un prix si élevé dès qu'ils portent l’estampille de quelque fournisseur royal, qui donc à appris à les reconnaitre? Ge sont les collectionneurs, en soulevant les marbres et relevant les marques inscrites en creux dans le bois, point de départ de travaux intéressants sur la matière. Disons-le à l'honneur des collectionneurs, c’est à eux qu'on doit la plupart de ces remarquables travaux faits sur l’art et la curiosité, depuis un demi-siècle.

Au nombre des amateurs qui se distinguent par leur érudition, l'étendue de leurs connaissances pratiques ou l'importance de leurs collections, nous citerons :

En France, MM. le Be d’Albenas, Édouard André, Armand Anticq, Arosa, Jules Audéoud, duc d'Aumale, hors de pair, Georges Bal, Basilewski, hors de pair, Aug. de Belleyme, Dr Bel-

liol, Ce de la Béraudière, G. Berger, Ferd. Bischoffsheim, Esson, ville Bligny, Edm. Bonnaffé, Burat, Ph. Burty, Const. Carapanos- Gte Costa de Beauregard, Louis Courajod, Vs* de Courval, Emile Cussac, prince Czartoryski, le regretté B% Charles Davillier, dont les ouvrages font autorité dans le monde de la curiosité, Br Dejean, Alex. Delaherche, Aug. Demmin, Aug. Demeunynck, Aimé Desmottes, Félix Doisteau, M"° Daniel Dolfus, Ferd, Dreyfus, Gust. Dreyfus, Dupont-Auberville, Aug. Dutuit, Eugène Dutuit, hors de pair, CS Dzyalinska, Ch. Ephrussi, Paul Eudel, Fau, A. Favier, Csse de Flaux, Ct de Ganay, Garnier Hildewier, Paul Gasnault, Victor Gay, Em. Glück père, Edm. de Goncourt, Louis Gonse, Gust. Gouellain, Albert Goupil, Grandidier, M'e Grandjean, Julien Gréau, Vt® de Greffulhe, Grout, Th. Hannart, Michel Heine, Be de Hirsch, Hourdequin de Beaupré, Vte de Janzé, M"° Jubinal de Saint-Albin, Eug. Keller, Cte Ch. Lair, Gaston Le Breton, Gust. et Georges Lecoq, Léonce Leroux, Fréd. Le Conte, Lévy-Crémieux, de Liesville, Ch. Lizé, Lottin de Laval, Maillet du Boullay, Émile Massenat, Vte des Méloizes, Michelin, de Montgermon, Ad. Moreau, Ch.-L.-A. Nicaise, Nollet, F. Panhard, E. Peyre, R.-T. Phélipot de la Bénalière, Bo Jérôme Pichon, Dr Piogey, Eug. Piot, A. Poncelet, Vte de Ponton d'Amécourt, Henry Porgès, L. Quarré, O0. Rayet, Ridel, Riggs, hors de pair, Mis de Rochambeau, de Romilly, Bons Alphonse, Edmond, Adolphe, Gustave de Rothschild, et Banc Nathaniel, hors de pair, Ernest de Rozière, Schefer, BR, et S. Seillière, Sichel, Mme Sluis, Spetz, Fréd. Spitzer, hors de pair ; Charles Stein, Strauss, Edm. Taigny, Mis de Thuisy, Jules Vallet, Mis de Vogué, D' Vincenot, Wasset, Csse d’Yvon, etc.

En Angleterre, MM. le Ctt de Abingdon, $S. Addington, esq., C.-S. Bale, esq., Barker, Misde Bath, Rév.James Beck, Chr. Beckett Denison, duc de Buccleuch, G.-H. Bohn, G. Bonnor, lord Boston, Mis de Breadalbane, Css de Caledon, sir H. IL. Campbell, C.-B. Carruthers, Cte de Chesterfield, due de Cleveland, 0.-E. Coope, esq., Gte de Craven, lord Cremorne, Hon. Robert Curzon, Ut de Derbv, duc de Devonshire, sir Dudley Coutts Marjoribanks, lord Elgin, Isaac Falcke, E. Falkener, Vie Falmouth, Georges Field, lord Fitzhardinge, C.-D. Fortuum, Andrew Fountaine, esq., A.-W. Franks, J.-D. Gardner, esq., Ce de Gosford, duc de Hamilton, F. Heywood Hawkins, John Henderson, T.-W. Holburne, Bt, R.-S. Holford, M. P.. William Holford, Hollingworth Magniac, Ph. Howard, esq., L. Husch, Payne Knight, Mis de Londonderry, Cte de Lonsdale, duc de Marlborough, G.-0. Morgan, M. P., G.- H. Morland, Robert Napier, Narford, A. Nesbitt, Percy Doyle,

C.-B., Henry P. Pope, C.-W. Reynolds, duc de Richmond, Be Lionel de Rothschild, Cte de Shaftesbury, M.-T. Smith, M. P., Cte Spencer, J.-B. Stanhope, M. P., John Stewart, S.-X. Sutherland, esq., lord Talbot, lord Taunton, lady Sophie Des Vœux, Cte de Warwick, R.-S. White, esq., etc.

En Belgique, MM. Ant. Bamps, Cte Albert de Beauffort, Csse de Beissel de Gymnich, Léon Berlemont, Colson, J. Dubost, Henri Evenepoel, Frédéric Fétis, Bo Ch. de Fierland, Jules Frésart, B de Gericke, Joseph Gielen, Cte Goethals, Mme Leroy, Isid. Descart, Ch. Ligny, Cte Th. de Limburg-Stirum, J. Loudon, M. Malfait, Minard, Cte de Marnix, Ferd. Maskens, G. Montefiore, Paul Morrey, Ctes de Nédonchel, Chever E. de Nève de Roden, A. Neyt, B L. de Pitteurs-Hiegaerts d'Ordange, Ctes d'Oultremont, Ern. Osterrieth, Eug. Poswick, Mme Powis de Tenbossche, Mis de Rodes, Csst de Spangen, CttS Stratey- Ponthoz, Stuers, Terme, Vanden Corput, Hermann Van Duyse, Eug. Van Herck, F. Van de Welde, Armand Van Zuylen, Gustav. Vermeersch, Arm. Verreyt, B% de Vinck de Deux-Orp.

En Hollande, MM. Vanden Bogaerden, A.-J. Enschedé, Van der Kellen, A. Willet.

En Allemagne, MM. B® de Bibra, Hannemann, Lanna, Lœve, Karl-Ant. Milani, Muller, Pikkers, W. Seibt, Stern, Wittmann.

Cette liste, incomplète, n'est ici qu’un aperçu rapide; un nombre considérable d'amateurs, parmi les plus dignes de ce nom, n'y figure pas; toutefois, dans le cours de cet ouvrage, nous aurons occasion de réparer bien des omissions, en citant les possesseurs d'une foule de pièces remarquables.

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