‹ Le livre des collectionneursChapitre 9 sur 94 · LISTE COMPLEMENTAIRE D'ÉBÉNISTES FRANÇAIS ET ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

LISTE COMPLEMENTAIRE D'ÉBÉNISTES FRANÇAIS ET ÉTRANGERS

ADAM, Jean (1657), menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv. par an.

ALTENSTETTER, David, orfèvre à Augsbourg, dans la première moitié du XVI° siècle, et auteur de beaux meubles artistiques.

Avri£, Étienne, établi à Paris, rue de Charenton, en 1774. Un meuble d'appui en acajou, provenant du palais de Saint-Cloud porte son estampille. Il est orné de bronzes ciselés et dorés, de plaques à deux figures en biscuit de Sèvres sur fond bleu et d’un dessus en porphyre rouge. En soulevant le porphyre, on lit : Avril.

BarsT, reçu maitre en 1785. Il a travaillé pour le mobilier de Fontainebleau.

BARTOLOMMEO DE PAOLA, habile marqueteur italien du XVI°siècle.

BAYER, Francois, installé rue du Vieux-Colombier en 1764. Il a signé une table à ouvrage du musée de Kensington, et dont la marqueterie représente un paysage et des vases de fleurs.

Beck, Sebald, ébéniste renommé, mort à Nuremberg en 1546. Un meuble de la collection de M. A. Demmin, orné de plaques d’aibâtre à dessins sculptés en bas-relief, présente le monogramme de ce maître, en lettres gothiques, à côté du millésime de 4540.

BeneIm, Hans-Wilhelm, ébéniste et sculpteur, né en 1570, mort à Nuremberg en 1619. Ila fait, pour l'hôtel de ville de cette cité, un lustre en bois sculpté et doré, daté : 1613. Beheim a publié aussi des dessins sur la sculpture et l'ébénisterie. (A. Demmin, Encyclopédie des arts plastiques.)

BENEMAN, Guillaume, fournisseur de la Couronne sous LouisX VI. Son nom est inscrit sur deux commodes en acajou, provenant du mobilier de Saint-Cloud, ornées de cuivres dorés, d’un médaillon en biscuit sur fond bleu et de plaques en porcelaine de Sèvres décorées de bouquets de fleurs. Sur une autre belle commode, en bois d'acajou et d'amarante, appartenant au palais de Fontainebleau, on trouve cette double estampille : G. Beneman — J, Stockel. On peut en induire que Stockel aurait été l'associé de Beneman, ou bien, qu’étant son premier ouvrier, il serait le véritable auteur du meuble sur lequel il était tout naturel qu'il joignit son nom à celui de son patron. Beneman n'a guère employé que l’acajou pour ses meubles, dont quelques-uns, réservés à sa riche clientèle, sont magistralement exécutés et méritent une place dans les grandes collections.

BERNARD. Cet ébéniste, sur lequelles renseignements font défaut, parait avoir eu cependant quelque célébrité, Son nom figure ainsi deux fois dans le catalogue de la riche collection Blondel de Gagny, rédigé par Pierre Rémy en 1776 : « Gommode de bois des Indes, faite par Bernard avec ornements de cuivre doré. — Serre-papier de bois violet, fait par Bernard, garni de plusieurs morceaux d’ancienne porcelaine de Saxe. » Nous voyons que Bernard garnissait ses meubles de «morceaux d’ancienne porcelaine de Saxe » ; c'étaient donc des ouvrages de prix. D'ailleurs, le fait seul d'avoir été distingué par Blondel de Gagny, classe notre ébéniste parmi les premiers de sa profession et le désigne à l'attention des curieux.

BonasrA, Barthélemy, né à Modène, mort en 1527; peintre d'histoire et portraitiste, qui avait, selon M. À. Demmin,une grande réputation pour les ouvrages de marqueterie,

BonpiN, rue Traversière, faubourg Saint-Antoine, cité ainsi

dans les Tablettes de Renommée, en 4772: « tient un des plus fameux magasins d’ébénisterie et fait des envois en province et chez l'étranger. »

BoupriLLeT, où GOUDRILLET, Philippe, menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv., de 1636 à 1638.

J.-B. Bouran», rue de Cléry, « menuisier en meubles» en 17717. (Abmanach Dauphin.) Son estampille se voit sur des marquises, des fauteuils, etc., sculptés, dorés, peints, appartenant au Mobilier national.

BrizARD, père, « menuisier en meubles » rue de Cléry, en 4777, fournisseur du Mobilier de la Couronne pour les chaises, fauteuils, canapés, etc.

Burs, ébéniste peu connu, qui florissait sous Louis XV. Ce maitre a signé une commode ornée de bronzes dorés, appartenant à M. de Meurville. Les panneaux, à sujets dorés sur fond noir, imitent le laque de Chine. Une commode du South-Kensington Museum offre aussi l’estampille de Burb.

CanaBas, Joseph, installé au faubourg Saint-Antoine en 1766. Il a mis son estampille sur une table d'architecture en bois de rose, portant un curieux mécanisme pour l'élévation de la table, (A. de Champeaux, Le Bois appliqué au mobilier.)

CaRLN, Martin, ébéniste de la cour de France en 1774 et l’un des plus habiles maîtres du règne de Louis XVE. « La production de Carlin est variée; mais, le plus souvent, il composait des meubles en ébène avec des panneaux en porcelaine de France, en laque de Chine ou en mosaïque de pierres dures, sur lesquels il posait des ornements en cuivre d'un grand goût. C'était l’un des fournisseurs ordinaires de Marie-Antoinette, qui lui demandait, pour offrir en cadeau ou pour son usage personnel, des tables à ouvrage, des chiffonniers, dont plusieurs nous ont été conservés et sont de petits chefs-d’œuvre. » (A. de Champeaux.)

CueviLLon, Jean, 1652 à 1661, menuisier en ébène de Mademoiselle, fille du duc d'Orléans, aux appointements de 70 Liv. par an. (Vouvelles Archives de l'art français, Paris, 1872.)

CHARDIN, « menuisier pour billards du Roi, » en 1777.

Cuéré, Benoist, fournisseur du ministère des affaires étrangères, pour les présents diplomatiques. Le 21 novembre 1744, il livre «un médaillier de bois d'amarante à compartiments, avec des ornements de bronze doré, d’or moulu, les tiroirs garnis de tablettes de velours vert avec de petits galons d'or au pourtour. » (Arch. du Min. des aff. étr., 24° Aegistre des présents du Roi.)

Cuoparr, « menuisier du Roi, pour des caisses de carosse, berlines, etc., » en 1777.

Cosson, rue du Faubourg-Saint-Antoine, cité, en 1772, dans l'Almanach général des marchands.

CRAMER, Guillaume, 1771. Il est l’auteur d’une commode en marqueterie d'amarante, de bois de rose et autres bois des Iles, ornée de bronzes ciselés et dorés. Cinq panneaux, dont un en avant-corps et deux sur les côtés, représentent des vases, des instruments de musique et un paysage avec personnages, qui est le sujet principal. Estampille de Cramer. (Musée du Mobilier national.)

CRESSENT, ébéniste du Régent Philippe d'Orléans, a laissé une grande réputation. Bien qu'élève du fameux André-Charles Boulle, il subit l'influence de la mode et négligea les incrustations de cuivre et d’écaille pour les marqueteries en bois des Iles. IL employait le « bois de Cayenne satiné couleur de cerise » ou couleur amarante. Ses meubles gracieux, aux formes contournées, présentent lestypes Les plus parfaits de l’ébénisterie française pendant la première moitié du XVIIIe siècle. Les panneaux de ses marqueteries figurent le plus souvent des enfants jouant avec des chiens et surtout avec des singes, sujets particuliers à la Régence et au commencement du règne de Louis XV. Quant aux encoignures en cuivre, il les ciselait dans la perfection, à l'exemple de son illustre maître, et montrait une préférence marquée pour les bustes de femmes ou de guerriers, bustes symbolisant parfois les Saisons ou les quatre parties du monde. (A. de Champeaux, Les Meubles, à l'Union centrale des arts décoratifs.)

Charles Blanc, dans son Zrésor de la curiosité, décrit quelques meubles devant faire partie d’une vente annoncée par Cressent pour le 45 janvier 1749, et dont celui-ci rédigea lui-même le catalogue. A l’occasion d’une seconde vente, faite en 1756, il prévient le public qu'étant vieux et presque aveugle, il va cesser de travailler.

Vente San Donato, 1880. Élégant bureau de dame, par Cressent. Ilest en bois de rose, de forme contournée, à abattant et quatre tiroirs intérieurs. La marqueterie de fleurs et les ornements de bronze doré sont exécutés dans la perfection. 12,500 fr.

DauTRicHE, Jacques, fournisseur de la Couronne sous LouisXV. Sa veuve exerçait encore rue du Faubourg-Saint-Antoine, en 1781. Une commode du Mobilier national, en marqueterie d'amarante et de bois de rose est signée : /. Dautriche.

L. CREsson. Signature relevée sur un fauteuil d'une bonne facture, en chène sculpté du temps de la Régence et appartenant au Ct® Ch. Lair.

Deranois, Louis, ébéniste estimé sous Louis XVI,

DELoRME, rue Tiquetonne, « un des plus habiles et des plus renommés pour les ouvrages de marqueterie ». (Tablettes royales de Renommée... Paris,1777. Supplément.) A la vente L. Double, en 1881, une très petite table à ouvrage,signée : Delorme ,a été adjugée 16,000 fr. Elle est en marqueterie Louis XV, sur fond de bois de rose, avec dessus de marbre blanc tarquin. Ce meuble, plus précieux encore par Le souvenir que par sa beauté même, a servi au Dauphin et provient de la vente de Mme Campan.

Dexrzor, Pierre, reçu maître en 1740, et dont les ouvrages méritent d'être cités. Commode au South-Kensington Museum.

DESGUERRES. Dans ses Mémoires, la Bnne d’Oberkirsch nous fait connaître ce célèbre marchand, qu'elle visita lors de son second voyage à Paris, le 25 mai 1784: « De l'hôtel Thélusson nous allâmes chez Desguerres, marchand ébéniste fameux, demeurant rue Saint-Honoré, pour y voir des meubles. On ne pouvait approcher de son magasin, tant il y avait du monde, la foule se pressait devant un buffet de salle à manger d'un travail admirable. Il devait être porté en Angleterre chez le duc de Northumberland. »

Desier. Un meuble vitrine Louis XV, adjugé 5,000 fr. à la vente Léopold Double, en 1881, nous donne une bonne opinion de ce maître ébéniste. Ce joli meuble, signé en toutes lettres : Desier, provient du château du Mis de Vilette, où il se trouvai placé dans la chambre occupée par Voltaire.

DesjarDins, Jean, 1636 à 1657, menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv. :

Dugois, ébéniste de talent. D'aprèsles Tablettes de Renommée…, Paris, 1792, il tenait, rue de Charenton, un fameux magasin d’ébénisterie et fabriquait aussi pour la province et pour l'étranger.

Duncer, Johann, né à Nuremberg en 1650, mort en 1793. Ébéniste renommé.

Durain, Adrien-Pierre, fournisseur du mobilier de la Couronne, sous Louis XVI. Le Musée du mobilier national conserve des chaises, des fauteuils sculptés, peints ou dorés, offrant l’estampille de Dupain.

DuPERRON, cité comme ébéniste sur les comptes des Menus- Plaisirs du roi Louis XV. D'après sesfournitures, ce maître devrait être classé parmi les tabletiers. En 1760, il présente un mémoire de 120liv. pour «deux boëtes de marqueterie, garnies chacune de cinq boëtes d'ivoire avec leurs charnières dorées d'or moulu, avec leurs flèches et contrats aussi d'ivoire de différentes couleurs assorties aux couleurs des boëtes. » (Arch. nat., 0! 3004.)

ECKEN, Veil, réputé à Strasbourg, en 1596.

ErIcOuRT, véritable artiste, très réputé sous Louis XVI. La Bnne d’Oberkirsch en parle ainsi dans ses Wémorres, à la date du 7 juin 1382: « Après un repas conjugal, je me rendis chez un ébéniste appelé Ericourt, qui faisait des meubles merveilleux. Il nous en montra de toutes les manières, j'y passai plus de deux heures, si bien que J'eus à peine le temps d’arriver pour l'Opéra avec Mme la Csse du Nord. »

ÉTIENNE, Georges, 1674 à 1677, ébéniste de la maison du Roi, à 60 Liv. par an.

EvALDE, rue Saint-Dominique. Il travailla au magnifique cabinet servant de coffre à bijoux à la jeune dauphine Marie-Antoinette, en 1770. (Arch. nat., 01 3027.)

EQUEMANT, Jean, 1638 à 1652, menuisier en ébène de la maison du Roi.

EYQUEMANT, Jacques, 1674 à 1677, ébéniste de la maison du Roi, aux appointements de 60 liv. par an.

FAVILLOT, « menuisier ordinaire du garde-meuble, » en 1777.

FLERCKMANN, rue du Faubourg-Saint-Antoine, cité, en 1772, dans l'Almanach général des Marchands.

FOLI0T, « menuisier ordinaire du garde-meuble du Roi », en 1777. 1 demeuraitrue de Cléry-Villeneuve.( A/manach Dauphin.)

FROMAGEOT, rue du Faubourg-Saint-Antoine, cité, en 1772, dans l'Almanach général des Marchands. W tenait « fabrique et magasin de toutes sortes de meubles précieux. »

Frosr, fournisseur des Menus-Plaisirs, en 1789. (Arch. nat., 0! 3085.)

GARBARD, à Paris, fournisseur des Menus-Plaisirs en 1779.

GARNIER, rue Neuve-des -Petits-Champs, cité, en 1772, parmi les bons ébénistes.

GaupRAU, fournisseur du Roi en 1764. Richelet le cite comme un des plus fameux ébénistes de son temps.

GET, Louis, ébéniste habile, qui florissait en 1766. On trouve sa marque sur une commode ornée de beaux cuivres, appartenant à M. Valpincon.

GINDON, rue du Faubourg-Saint-Antoine, cité, en 1772, dans l'Almanach général des Marchands.

GOLE, Pierre, artiste hollandais, mort à Paris en 1684. Il était « ébéniste du Roi » et travaillait pour Mazarin. Ce maitre, auteur de jolis cabinets en ébène avec incrustations d'ivoire, eut deux fils, Jacob et Corneille. Le premier fut graveur en tailledouce ; Corneille succéda à son père,

GOURDIN, « menuisier en meubles », rue de Cléry, en 1777. Fournisseur du mobilier de la Couronne,

GucréIsEN, Jacob, né à Cologne, où il publiait, en 1596, avec la collaboration de son ami Ecken Veit, un ouvrage de modèles sur l'ébénisterie, composé de vingt-quatre planches. Il exerça longtemps à Strasbourg.

Hepxer, Jacob, mort à Nuremberg en 1640, gendre de Schvanhard, dont il continua la manière. Dans la fabrication de ses cabinets, il a beaucoup employé les moulures guillochées.

HERMESSANT, rue Poissonnière, ébéniste des Menus-Plaisirs. Il touche, en1785, la somme de 2,442 liv. pour fournitures diverses.

HurNING, Hans, ébén. et graveur sur bois, à Nordlingen, 1461.

HorFrmanx, fournisseur des Menus-Plaisirs, en 4787.

JABODOT, ébéniste sous Louis XV. En 1758, il livre au duc de Bourgogne : « Une cassette avec tiroir dessous, plaquée en bois rose, violet et à fleurs, garnie en dedans de moire el petit galon d'argent, 120 liv. » (Arch. nat. 01 3002.)

JAcos. Plusieurs ébénistes de ce nom se sont distingués à Paris, depuis le règne de Louis XV, jusqu'à celui de Charles X. En 1785, Jacob, « menuisier en meubles, rue de Bourbon-Villeneuve, » remet aux Menus-Plaisirs, un mémoire de 2,148 liv. (K. 505.)

JAcoB, Georges, syndic de sa corporation en 1789, demeurait à cette époque « rue Meslée ». Les Tablettes de Renommée.…., Paris, 4791, le citent comme «un des plus habiles menuisiers et des plus renommés pour les lits, chaises, fauteuils, canapés, etc. » Est-ce le même qui habitait en 1785, la rue de Bourbon-Villeneuve? Nous l’ignorons. Ce qui n’est pas douteux, c’est qu'il eut plusieurs fils qui travaillèrent dans la maison paternelle avant de s'établir pour leur compte. Georges, devenu fournisseur de Ia Gonvention, fut chargé d'en renouveler le mobilier en 4793. Il exécuta cette commande sur les dessins des architectes Fontaine et Percier, qui arrivaient d'Italie.

JAcoB DESMALTER, fils de Georges, ébéniste de Napoléon Ie et des deux impératrices. Le garde-meuble est très riche en œuvres de ce maître; malgré le mauvais goût de l'époque, elles ont du moins le mérite de présenter, dans toutes leurs parties, un travail consciencieux et soigné. Fontaine et Percier lui donnèrent souvent des modèles. Des meubles de toutes sortes, armoires, commodes, bureaux, secrétaires à chiffonnier, gaïînes, tables de milieu, guéridons, consoles, elc:, réunis au Musée du Mobilier national sont estampillés : Jacob frères, rue Meslée, ou Jacob D., rue Meslée. Notre ébéniste employait habituellement l'acajou qu'il relevait de bronzes ciselés, dorés et au vert antique, parmi lesquels on remarque des figures égyptiennes ou des sujets relatifs à la gloire napoléonienne. Jacob Desmalter fit, pour

le Roi d'Espagne Charles IV, une bibliothèque et un cabinet dont on peut voir la reproduction dans les Artisans illustres, par Ed. Foucaud, Paris, 4841. Jacob compta parmi ses augustes clients l'empereur du Brésil don Pedro, et meubla son château de Rio-Janeiro. (L. Dussieux, Les Artistes francais à l'étranger, Paris, 1856.)

Vente San Donato, 1880. Grand meuble commode de Jacob, en acajou décoré d'ornements en bronze doré, offrant des chars antiques, des figures et des couronnes, 500 lires.

JEAN-NicoLas, 4647 à 1652, menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv. par an.

Josern. Ge nom se rencontre sur différents meubles Louis XV de première beauté, et notamment sur une commode appartenant à M. Ch. Stein. Le Musée de Kensington, à Londres, renferme une commode à pieds élevés, ornée de panneaux en vernis, imitant les laques de la Chine, signée : Joseph.

K£LANCK, Johan, mort à Francfort, en 1762. Il travailla pour le Roi d'Espagne.

KRAMMER, Gabriel, né à Genève, ébéniste et graveur au commencement du XVII: siècle.

R. Lacroix, ébéniste de la couronne sous Louis XVI. Une commode en bois de satiné, avec bronzes ciselés et dorés, est estampillée : À. Lacroix. (Musée du Mobilier national.)

La Fosse, établi à Paris, au faubourg Saint-Antoine, sous la Régence. Peut-être serait-il resté tout à fait inconnu sans ce passage des Mémoires de l'avocat Barbier : «Juin 1725. La femme de l’ébéniste La Fosse, âgée de 45 ans, qui était paralytique, se fait descendre dans la rue le jour de procession, se traine sur les mains jusque devant. le Saint-Sacrement et s'écrie : «Seigneur, tu « peux si tu le veux! puiselle se lève sur-le-champ et, au vu de «tout le monde, elle suit la procession et conduit le Saint-Sacre- «ment jusqu'à l’église, »

J.-P. LATRUILE florissait en 1737. Son nom se trouve sur une commode, à avant-corps Louis XV, conservée au Musée du Mobilier national. Elle est en marqueterie quadrillée de bois de rose et d'amarante, avec montants, entourages et entrées en bronze ciselé et doré.

LAVENNE, Nicolas, 1647 à 1632, menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv. par an.

LEBESGUE, Claude, ébéniste de talent qui exercçait à Paris en1771.

Le BRUN, artiste réputé sous Louis XIV. Nous lisons dans le Dictionnaire critique de Jal : « En 1676, André-Charles Boulle, maistre ébéniste du Roy, fit à Anthoine Le Brun, ébéniste qui

40 LES ÉPBÉNISTES.

avait de la célébrité, l'honneur d’être parrain d’un de ses enfants.»

J.-B. LELARGE, habile menuisier ébéniste, sous Louis XVI, On trouve son estampille sur des bergères et des fauteuils provenant du mobilier de Fontainebleau.

LeLeu, J.-François, fournisseur des châteaux royaux, établi rue Royale dès 1764, élu syndic de sa corporation en 1776. Son nom est inscrit sur une commode en marqueterie d'acajou et bois divers, provenant du mobilier de Versailles; elle est ornée de bronzes ciselés et dorés avec dessus de marbre griote. Une commode en bois de rose et d’amarante, de l’ancien mobilier des Tuileries, porte aussi, sous le marbre, l’estampille : J.-F, Leleu. Ce maître a meublé en partie le pavillon de Luciennes, appartenant à la Du Barry et qu’elle remplit d'œuvres d’art. On connait l'exigence de la G5se pour les belles choses; elle ne voulait que des pièces originales dont le type ne servit que pour elle.

Le Mic, rue du Faubourg-Saint-Antoine, cité, en 1772, dans l’Almanach général des Marchands.

LENOIR, « menuisier en meubles », rue de Cléry, en 1771, fournisseur royal.

LEvASSEUR, Étienne, reçu maître en 1766, fournisseur des châteaux royaux et du Petit-Trianon. « Il employait presque toujours l’acajou plein, qu’il divisait en panneaux encadrés de bronzes à moulures. » Une encoignure en acajou, avec ses bronzes ciselés et dorés, provenant du mobilier de Fontainebleau, est estampillée : £’. Levasseur. La mème signature se trouve sur une table en acajou ornée de bronzes. avec dessus de marbre blanc et galerie à jour à balustres. Cette table était autrefois aux Tuileries.

LieuTAUD, Balthazar, ébéniste distingué, dont la veuve exerçait, rue d'Enfer, en 1785. M. de Champeaux cite, de ce maître, la gaine en marqueterie garnie de ses bronzes, d’un grand régulateur de Robin, conservé au musée de Kensington.

Louis, menuisier ébéniste sous Napoléon It, Ge maitre a signé de son estampille deux fauteuils en bois noir et or, du palais de Fontainebleau. Ils sont couverts en tapisserie de Beauvais, à sujets militaires.

Macrer, rue Saint-Honoré, ébéniste des Menus-Plaisirs du Roi. De 1765 à 1771, il livre à la famille royale des bureaux, commodes, encoignures, des tables de quadrille (pour jouer à quatre) en bois de rose et violet, garnies de bronzes dorés d'or moulu. (Arch. nat., 0! 3011, 0! 3014, 0! 3047, etc.)

MaGGlouint, Joseph, ébéniste italien renommé, qui florissait à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XIXe. Dans l’Ais-

toire des Italiens, par César Cantu, 4861, il est fait mention des « meubles marquetés par Joseph Maggiolini de Parabiago, qui mourut en 1814, lesquels étaient très recherchés en Italie et au dehors. » La marque de ce maître esttrès curieuse. Nous l'avons vue sur un grand secrétaire, qui fait aujourd'hui partie du riche cabinet de Mme Jubinal de Saint-Albin. Cette marque, posée intérieurement sur l’abattant, représente un magasin d’ébénisterie avec le nom de l’auteur : Joseph Maggiolinr.

MANsION, établi rue du Faubourg-Saint-Antoine, reçu maître

P.-H. MEWESEN, ébéniste de talent qui a mis son estampille sur une grande commode Louis XVI, de la collection de M. Paul Eudel. Les cuivres, d’une bonne facture, forment une large bande de rinceaux à la partie supérieure.

MiGEoN, ébéniste des Menus-Plaisirs et de Mme de Pompadour, qui lui faisait mille écus de pension. En 1740, il fournit pour les Menus un bureau de musique de bois d’acajou à sept pupitres, garni de chandeliers dorés d’or moulu. Nous ne retrouvonsplus sonnom qu'en 1755, époque à laquelleil livre une table et un chiffonnier. (Arch. nat.,0'2985, 0! 2997.) Les ouvrages d’un fournisseur de Mme de Pompadour doivent avoir un grand attrait pour les collectionneurs; la marquise étail artiste, elle s’y connaissait et, tout en jetant l'or à pleines mains, elle ne s'adressait qu'à des gens d’un mérite reconnu.

MonTiGNY, ébéniste de talent sous Louis XVI. Le Supplément aux Tablettes royales de Renommée.… Paris, 1777, en parle ainsi: « un des plus renommés pour les meubles de marqueterie en écaille et argent ou ébène et cuivre, dans le genre des ouvrages du célèbre Boulle, dont on peut voir la collection au cabinet des médailles de Sa Majesté, au Louvre. Il est très important de ne confier ces sortes d'ouvrages pour les nettoyer ou les racommoder, qu'aux gens de l’art si on veut les conserver. » Montigny a réparé beaucoup de meubles de Boulle, sur lesquels il apposait son estampille.

Moreau, rue de l’Échelle, à Paris, fournisseur des Menus- Plaisirs du Roi, en 1785. Cette même année, il réclame 3,740 liv. pour guéridons, tables, chaises, fauteuils d’acajou, etc. (Arch. nat., K., 595.)

DE Moucny, Henry, 1680 à 4688, ébéniste de la maison du Roi, aux appointements de 60 liv. par an.

NocarTr, ébéniste parisien, cité une seule fois dans les comptes des Menus-Plaisirs. En 1773, il remet un petit mémoire s’élevant à 218 liv. (0°3043.)

OëBEN, Jean-François, mort vers 1766, ébéniste du Roi Louis XV. Il fit son apprentissage chez André-Ch. Boulle et fut le maître de Riesener, qui occupa chez iui les fonctions de premier garçon, c'est-à-dire de contre-maître.Oeben débuta par les meubles à incrustations de cuivre sur écaille, puis il se mit à la marqueterie de bois et devint un des plus grands ébénistes du XVIIIesiècle.

Le catalogue de la vente de Boucher, peintre du Roi, mentionne, en 1771 : « Un coquiller plaqué en bois de violette, par Oeben et garni en bronze doré par Caffiéri. » Pour les cuivres de ses commodes, bureaux, secrétaires, tables, encoignures, notre ébéniste s'adressait encore à Forestier, à Galien, à Gobert, les plus habiles ciseleurs et doreurs de son temps. Ce choix démontre qu'Oeben était lui-même un maître de premier ordre, et que l’expert Rémy avait raison de le qualifier de « fameux. » (Vente Gaignat, 1768.)

Dans les comptes des Menus-Plaisirs, nous ne rencontrons qu'une fois le nom d'Oeben; c’est en 1760. Il est cité comme logeant à l’Arsenal et sa fourniture de 156 Liv. se résume à une table de merisier avec des outils pour le duc de Bourgogne. (Arch. Nat.,0! 3004.) Un secrétaire et un chiffonnier du mobilier national offrent l’estampille : J. #. Oeben. Ils sont de style Louis XV, en marqueterie de bois de rose, d'amarante et de citronnier, enrichis de bronzes ciselés et dorés.

Oggen. On s'égare dans cette famille d'ébénistes en renom, dont deux au moins ont porté les prénoms de Jean-Francois. Aux Archives nationales, nous trouvons, parmi les artisans logés aux Gobelins, en 1755, « Oeben, ébéniste » ; puis, à une date postérieure qui doit être 1766, nous trouvons: « Oeben, ébéniste, a succédé à son frère ; il a pour apprenti Noël Mongée. » (Gobelins et Savonnerie, 21 cartons, 0! 2044.)

OEBEN, Simon, ébéniste peu connu, peut-être le neveu du grand Oeben, et dont la veuve, logée aux Gobelins, continuait à fabriquer en 1787.

OsTERMAYER, Hilaire, 1636 à 1657, menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv.

PanrTz, ébéniste allemand, très réputé à Cologne, dans la seconde moitié du XVIII: siècle.

PArRAT, Jean, fournisseur royal sous Louis XVI. Une commode et un secrétaire en marqueterie d’acajou et de bois noir, enrichis de bronzes dorés sont estampillés : /. Pafrat. (Palais de Fontainebleau.) Une table historique, du musée de Kensington, surmontée d’une plaque de Sèvres, porte Les estampilles de

Carlin et de Jean Pafrat. Cette table fut offerte, avec une autre signée de Garlin, par Marie-Antoinette, à lady Auckland, femme de l'ambassadeur d'Angleterre. (E. de Champeaux, Le legs Jones au South-Kensington Museum. Gaz. des Beaux-Arts, 4° mai 1883.)

J. PETiT, ébéniste recommandable, auteur de deux commodes Louis XVI à galerie, d'un beau galbe, appartenant à M. Paul Eudel. Elles sont en marqueterie de bois des Iles, d’un travail soigné et décorées de cuivres demi-fins.

Perir, Nicolas, établi au faubourg Saint-Antoine en 1761. Il a signé un régulateur orné de riches cuivres, appartenant au Conservatoire des Arts-et-Métiers. Le Musée de Kensington renferme des meubles de Nicolas Petit, soit en marqueterie, soit en ébène avec panneaux de laque doré sur fond noir et décorés de cuivres ciselés.

PeriT, Gilles, qui demeurait rue Princesse, a signé un bureau plat en bois de rose, du Musée de Kensington, et sur lequel on voit une marqueterie à fleurs et un riche encadrement en bronze ciselé.

PirreTri, Pierre, célèbre ébéniste italien, né en 1700. mort à Turin le 21 mai 4777. Nommé ébéniste du Roi Charles-Emmanuel IT, en 1731, il contribua aux embellissements du palais royal de Turin. Ses jolis meubles sont en marqueterie de bois exotiques, avec addition d'ivoire, de nacre et parfois de métaux.

PIoNNEZ, Pierre, reçu ébéniste en 1765, auteur de meubles précieux dont le Musée de Kensington possède un spécimen. C'est un petit secrétaire en bois d’amarante, soutenu par quatre pieds très élevés, et dont l’abattant est décoré d'une plaque en porcelaine de Sèvres représentant un bouquet de fleurs, bordé d’un nœud de rubans en cuivre ciselé.

POIRIER, ébéniste à Paris, sous Louis XV. Il figure une fois dans les comptes des Menus-Plaisirs, en 1754. (01 2995.)

Porrou, Philippe, marqueteur et menuisier en ébène du Roi, en 1683. Il a fait des meubles dans le genre de ceux d’André- Charles Boulle, mais avec moins de talent.

PoRTIER, «menuisier en meubles », rue de Bourbon, en 1777. Fournisseur du mobilier de la Couronne.

PRuDHON, cité ainsi dans l'A/manach Dauphin, de 1791 : «Artiste intelligent pour les objets de méchanisme, etc. »

Quicorre, 1647 à 1652, menuisier en ébène de la maison du Roi, aux appointements de 30 liv.

REUSE, « menuisier en meubles », rue de Cléry, en 4777. Fournisseur du mobilier de la Couronne,

Ln? LES ÉBÉNISTES.

RicuTEer, Charles, fournisseur royal sous Louis XVI, auteur de meubles admirables.

RIESENER, Jean-Henri, né à Gladbeck, près de Cologne en 1725, successeur de son maitre Oeben, dont il épousa la veuve en 1667. Reçu maitre l’année suivante, il se plaça immédiatement à la tête de ses confrères, par ses meubles élégants, d'une grande pureté de forme et traités dans leurs moindres détails avec un fini précieux. Pour ses bronzes, presque toujours « dorés d'or moulu », autrement dit à l’or mat, il n’en confiait l'exécution qu'à des modeleurs et ciseleurs d’un mérite reconnu, tels que Duplessis, Hervieux, Gallien, Gobert, Forestier, ete. N'oublions pas Gouthière, le plus célèbre de tous, auquel il s’adressa souvent et qui finit par être l’objet de ses préférences. Riesener a beaucoup travaillé pour les mobiliers de Versailles et de Trianon. Ses ouvrages, de plus en plus estimés, deviennent assez rares en France ; bon nombre sont allés embellir les collections étrangères.

Un des plus beaux morceaux du maître est le magnifique secrétaire du cabinet de Louis XV à Versailles, placé aujourd'hui dans la grande salle des dessins français, au Louvre. Il est en marqueterie de bois des Indes et offre de nombreux attributs, entre autres ceux de la Royauté, de la Musique, de la Poésie lyrique, de la Poésie dramatique, de l’Astronomie, de la Guerre, de la Marine, etc. Au-dessus se trouve une pendule. A gauche, sur un des ornements en bois rapporté, on lit : Æiesener F.1769, à l'arsenal de Paris. Ge meuble était estimé 35,000 liv. Les bronzes, comme le reste du bureau, sont de style Louis XV. Leur beauté les avait fait attribuer à Philippe Caffiéri; d’après les termes du contrat de mariage de Riesener, ils ont été modelés par Duplessis et Winant et ciselés par Hervieux. (A. de Champeaux, Les Meubles à l'E‘xposihon rétrospective de l'Union centrale. Gaz. des B.-A., 1882. Voir sur Oeben et Riesener les documents communiqués et annotés par M. Ch. Serré. Nouvelles Archives de l’art français, Paris, 1878.)

Sans vouloir amoindrir le talent de notre artiste, nous devons dire que le meuble qu'il a signé et daté de 1769: à l’Arsenal de Paris, fut conçu et commencé dans l'atelier d'Oeben, puis terminé par Riesener deux ans après la mort de son patron. Il y a quelques années, ce superbe bureau a été copié par M. Dasson, avec le concours des sculpteurs Aubert et Dallier. La copie, aussi parfaite que l'original, figurait à l'exposition universelle de 1878, où elle fit l'admiration des amateurs. Nous avons eu la curiosité de marchander ce chef-d'œuvre; on nous l’a fait 90,000 fr. Il a ‘été acquis par lord Ashburton.

Vente San Donato, 1880. Chiffonnier à six tiroirs, avec grande corbeille de fleurs en marqueterie. Bronze de Gouthière et éntrée de serrure au chiffre des Biron. Sous le marbre, la signature de Riesener, 9,100 fr. — Table bureau en acajou à trois tiroirs avec galerie à balustres et bronzes dorés, 3,250 fr.

Vente Léopold Double, 1881. Deux encoignures Louis XVI, signées de Riesener, avec porte, tiroir et marbre blanc. Elles sont garnies d'ornements et de fleurs en cuivre doré, 3,200 fr. — Petite table oblongue, enrichie au pourtour de huit plaques en vieux Sèvres, pâte tendre, décorées de fleurs jetées, signée : J.-H, Riesener. 4,800 fr.— Petite table à ouvrage en acajou, dite tricoteuse, de forme rectangulaire, ayant appartenu à Marie- Antoinette, Pieds à cannelures d'étain, avec entre jambes supportant deux dauphins, signée : /.-H, Riesener. 6,100 fr. — Grande console Louis XVI, en acajou. La tablette supérieure, en marbre bleu turquin est encadrée d'une galerie en bronze doré ; signature de AÆiesener. 2,400 fr.

Vente Hamilton 1882. Commode Louis XVI, ciselée par Gouthière, ayant appartenu à Marie-Antoinette et signée : Æiesener fecit. 110,430 fr. — Secrétaire Louis XVI, avec ciselures de Gouthière, provenant du Petit-Trianon et signé de Æiesener 420,120 fr. — Table à écrire du même temps et des mêmes artistes, ayant également fait partie du mobilier de la Reine, à Trianon. 156,000 fr.

ROËNTGEN, David, né à Neuwied (Allemagne), oblint la maitrise à Paris, en 1780. C'était un artiste hors ligne ; il composait des meubles admirables et prenait le titre d’ « ébéniste méchanicien de la Reine. » La description d'une table chiffonnière, exposée par ce maître au Salon de la correspondance, en 1779, va donner une idée de la perfection de ses travaux. « Le dessus de cette table représente un groupe de bergers en marqueterie d’une façon tout à fait différente de celle dont on a fait usage jusqu’à présent. Toutes les figures sont très bien dessinées, les ombres et les nuances sont composées de petites pièces d’un bois fort dur et compact. Cette façon de marqueterie ressemble à la mosaïque en pierre et est travaillée de la même manière, de sorte que les ombres ne sont ni brûlées, ni gravées, ni broyées avec de la cire ou de la futée, comme on s’est vu obligé de les exprimer jusqu’à présent, mais solidement marquetées en petites pièces de bois duement nuancées. La justesse du dessin, le mérite de l’ensemble et la précision du contour, feraient croire qne c’est un ouvrage peint ou travaillé en matière beaucoup plus solide et compacte. Par cet exposé, on rend parfaitement l'effet de la sensation que cette table a faite et de l'examen qu’elle a produit, »

« L'auteur de cet ouvrage ayant eu l'honneur de présenter au Roi un secrétaire de son invention et dans le genre de cette table, Sa Majesté a bien voulu en faire l'acquisition pour le prix de 80,000 liv. et le placer dans son cabinet. » (De la Blancherie, Nouvelles de la République des Lettres et des Arts, Paris,1779.) Le 48 mars de la même année, David Roëntgen exposait encore « plusieurs meubles remarquables par leur marqueterie », et recevait de nouveaux éloges.

Divers meubles de David Roëntgen sont signés d’un R, parfois accompagné d'un chiffre et d’un numéro d'ordre.

A. Roussez, maître ébéniste établi à Paris au commencement du règne de Louis XV. En 1735, il travaille à la corbeille de Marie- Leczinska et figure sur les comptes des Menus-Plaisirs. (0! 2984.)

Roussez, ébéniste de talent, inscrit sur les comptes des Menus-Plaisirs, de 1785 à 1790. Ses fournitures se composent de consoles, secrétaires, bibliothèques, encoignures, tables à jeu, etc., presque toujours en acajou. Dans un de ses mémoires, daté de 1789, nous remarquons : « pour Mr le Dauphin, une table à écrire, en acajou. 60 liv. » (Ack. nat., 0! 3070 à 0! 3088.)

Rummer, né en 1748, ébéniste allemand et marqueteur de talent.

Ryswyck (D.-V.), habile marqueteur allemand du XVIIe siècle.

Le château de Sans-Souci renferme de beaux ouvrages de ce maître.

SAUNIER, Claude-Charles, fournisseur des chàäteaux royaux vers 1752. Une commode du palais de Fontainebleau, décorée de moulures et de ciselures en bronze doré,est marquée C.C'. Saunier.

Scumipr, ébéniste à Paris, sous Louis XVI. Il figure sur les comptes des Menus-P laisirs de 1786 à 1788. En 1787, il touche 3,246 liv. pour tables, guéridons, bibliothèques, etc. Sa dernière livraison est une table en acajou de 2,600 Liv. « Pour le cabinet de Physique des Enfants de France. » (Arch. nat., 0! 3078, 0! 3083.)

Scuneiper (Caspar). Estampille d’un guéridon ovale en acajou, orné de ses bronzes, de peintures en camaïeu, sous verre, et de médaillons en porcelaine de Sèvres. Ge joli meuble, conservé à Trianon, appartenait au palais de Saint-Cloud. Caspar Schneider, établi au faubourg Saint-Antoine, fut reçu maître en 1786.

SCHWANHARD, Hans, né vers 1550, mort à Nuremberg, en 1612. Il fit des meubles incrustés d'ivoire et inventa, dit-on, des bandes ondulées dont l'emploi fut souvent poussé jusqu’à l'abus.

__ F, SCHWERDFEGER, reçu maître en 1785. Il a signé le magnifique cabinet serre-bijoux de Marie-Antoinette, à Saint-Cloud.

En dehors des beaux cuivres ciselés et dorés d’or moulu de cet ouvrage horsligne,on admire des peintures signées : Degault,1787, et trois médaillons en biscuit de Sèvres, sur fond bleu : la Paix, la Guerre, l'Offrande à l’Amour. Le meuble est estampillé : F. Schwerdfeger Me ébénist. (sic). (Le Mobilier national à l'Expo siion des arts décoratifs, Paris, A. Quantin, 1882.)

SÉNÉ, Jean-Baptiste, établi à Paris sous Louis XVI. Deux fauteuils en bois sculpté, peint en gris, de l’ancien mobilier de Fontainebleau, sont marqués : /.-B. Séné.

STIENNON, Georges, 1680 à 1688, ébéniste de la maison du Roi, aux appointements de 60 liv. par an.

TEUXE, auteur d'un beau bureau Louis XV, à cylindre, appartenant à M. Paul Eudel. :

TiLLIARD, « menuisier en meubles », rue de Cléry, en 1777. Fournisseur du mobilier de la Couronne.

J.-B. Tuarp, habile maître de la fin du XVIIT* siècle.

Turor, Jean-Pierre, apprenti ébéniste aux Gobelins, en 1779.

Van Opsrar, Gilles, « maître menuisier ébeynier », renommé à Paris, en 14627. Ce devait être un parent du sculpteur Gérard Van Opstal.

Van Reypr, Hans, ébéniste de talent, réputé à Cologne au commencement du XVIE siècle.

WeswaL, d’origine allemande, établi à Paris, en 1774, et cité parmi les bons maîtres.

WEIsWEILER, Adam, établi au faubourg Saint-Antoine, reçu maitre en 4778. Ses meubles sont supérieurement exécutés. Une petite table du musée du Louvre, acquise à la vente du prince de Beauveau, porte son estampille.

L'Almanach Dauphin, Paris, 1789, cite parmi les magasins d’ébénisterie, « où l'on trouve ce qu'il y a de plus précieux en ce genre, » ceux de MM. :

ARNAULD frères, rue de la Monnaie.

Boucué, rue de la Verrerie.

Bouin, cloître Saint-Germain l’Auxerrois.

DAGUERRE, rue Saint-Honoré.

Ducnosai, rue de la Verrerie.

FOURNIER, grande rue du faubourg Saint-Antoine.

FLeury, rue des Saints-Pères.

HéricourT, faubourg Saint-Antoine.

LEBASTIER, rue Saint-Honoré.

L'EMPEREUR, rue de la Verrerie.

Lucer, rue de la Verrerie.

MANGuET, rue du Four-Saint-Germain.

Poussin, rue de la Verrerie.

PRESLE frères, rue Saint-Martin.

Ces négociants doivent-ils figurer parmi les maîtres ébénistes, ou n'étaient-ils simplement que des marchands de meubles ? c'est ce que nous ne saurions décider.

Vente L. Double, 1881. Grande bibliothèque Louis XIV, en bois noir, ornée de riches cuivres ciselés et dorés, à mascarons, ornements, têtes de femmes et de satyres. 17,100 fr. — Bureau plat, de forme contournée, en bois de rose et bois satiné, richement garni de chutes et d'encadrements rocailles en bronze ciselé et doré. Ce meuble a appartenu à Mesdames de France, filles de Louis XV et provient du château de Meudon. 38,000 fr.

Vente Hamilton, 1882. Commode d’ébène aux armes de France et au chiffre du comte d'Artois, 49,916 fr. — Commode Louis XV, ornée de bronzes dorés figurant des enfants et des oiseaux au milieu de branches de chêne. 462,490 fr. — Secrétaire de laque, enrichi de guirlandes ciselées par Gouthière. Sur la frise, des fleurs et des rubans entourent en haut relief, les lettres M. À. entrelacées. ( Marie-Antoinette.) 245,700 fr. — Cabinet d’ébène couvert de plaques de laque noir et or et sur le devant, encadré de guirlandes, un grand médaillon ciselé en bas-relief, le sacrifice d'Abraham. Aux angles, comme consoles, des Victoires. Les frises et les poignées, formées par des satyres, des enfants, des amours, des oiseaux et des fleurs en haut relief. 440,960 fr. — Un secrétaire semblable, mais portant dans la frise le monogramme de Marie-Antoinette entouré de feuillages de bronze superbement fouillés. 245,700 fr.

Vente Beurdeley, 1883. Cassone ou coffre de mariage marqueté et sculpté du XVI siècle. 4150 fr. — Grand cabinet Louis XIII, en ébène, fermant à deux portes et offrant des sujets mythologiques. 8,000 fr.

Vente de Gunzhourg, 1884. Commode en laque noir, rehaussé de dorure et de bronzes ciselés. 23,100 fr.

Vt D'ABOVILLE (Chât. de Rouville), table de toilette Louis XII, avec ses accessoires. Meubles de diverses époques. — ALBRESPY (Montauban.) — ED. ANDRÉ (Paris), meubles du XVIe s., cabinets, crédences, sièges. Quatre chaises à porteur du XVIIIe s. — MmeED. ANDRE (Mie Jacquemart), superbe atelier Renaissance, rempli de merveillesen tous genres, des XVe et XVIe s, — ANSARD (Clermont), meubles divers. — ARNOUX

(Orléans), panneaux italiens sculptés, la Mise au tomheau, Jésus et la Samaritaine, etc., XVIIe s. — CH. ARTHUR (Douai), bahuts et bois sculptés. — ARTIGOU (Viarmes), meubles de diverses époques. — A. ASSE- GOND (Bernay), idem.— ASSIRE (Rouen), bahuts, et autres meubles en bois sculpté, des XVe et XVIe s. — ASTIÉ (Chât. de Reneyri), meubles du XVIe s., ayant appartenu à Mme Du Barry. — DUC D’AUMALE (Chantilly), collection hors de pair. Cartonnier du duc de Choiseul, adjugé 144,690 fr. à la vente Halmilton, en 1882. — ED. AYNARD (Lyon), meubles divers. Panneaux de satin blanc brodé, provenant de la tenture exécutée pour Marie-Antoinette à Trianon, adjugés 16,500 lires à la vente San Donato, en 1880. —J.-ANT. BAMPS (Belc.), coffret en chêne du XVes., meubles, cadres, statuettes. -— Mne BARDON-VIGNAT (Orléans), secrétaire en marqueterie, XVIIe s. — GÉDÉON-BARIL (Amiens), meubles de diverses époques. — BASILE WSKI (Paris), collection hors de pair; raretés de toutes sortes. — Dr AUG. BAUDON ({Mouy), meubles de différentes époques. — Bon DE'BAYE (chât.‘de Baye) spécimens du moyen âge et de la Renaissance, — Ce A. DE BAUFFORT (Belg.), coffret de mariage du grand Condé,fen ébène, avec plaques et coins en vermeil. — Gt: DE BAUSSIER (Paris) ‘meubles divers. — ALB. DE BELLE- GARDE (Rouen), meubles gothiques et Renaissance. Bahuts, cabinets, panneaux sculptés. — AUG. DE BELLEYME (Paris), meubles Renaissance et autres. —-ÿBELLON (Beauvais), meubles divers. — BÉNARD- LE-CHEVALIER (Pont-l'Évèque) idem. —BENNER (Mulhouse), idem, Panneau sculpté : la bataille de Sempach. Berceau incrusté, de Jean Kæchlin, 1750. — GEORGES BERGER (Paris), meubles de diverses époques. — EM. BERNOUX (Orléans), bureau et crédence du XVIIe s. — BER- THAULT (Montdidier), spécimens divers. — BESSEVILLE FILS (Orléans), meubles Renaissance. — Vie DE BEUGHEMI(Belg.), meubles, statuettes. — BIDA (Mulhouse), coffre arabe du XVIe 8. Crédence Henri I, escabeaux, cadres byzantins, fauteuils florentins, etc. — GH. DE BILLY (Paris), consoles, tables des XVIIe et XVII s. — ESS. BLIGNY (Paris), stalles de chœur à trois places; armoires, buffets, dressoirs, statuettes des XVe et XVIe s. Collection peu nombreuse, mais très choisie. — EDM.BONNAFFÉ (Paris), coffres, armoires, dressoirs, tables, escabeaux, chaises, fauteuils, portes, cheminées, panneaux et boiseries diverses du moyen âge et de la Renaissance. Série de statuettes. Vierge en buis, du XIVe siècle, d'un grand caractère; près de son cou est une agrafe quadri- 1obée et sa main droite tient un livre, tandis que l'Enfant Jésus porte une colombe. Saint-Crépin, ayant près de lui deux jeunes disciples au travail. Coffre de mariage en cèdre gravé : scènes d'amour et de chasses, commencement du XVe s. Armoire en noyer, à deux vantaux finement sulptés, d'après Ducerceau.— Dr BONNAL (Nice). — BONNEMAIN (Toulouse), meubles de Boulle et autres. — BORTHON (Dijon). — BOSSARD (Lucerne), buffets suisses, dont un du XV{e s., en marqueterie, avec niche et dauphin en étain. — BOTMILIAN (Chât. de Montjoie), mobilier oriental. — BOUCHÉ (Douai), statueltes, groupes, Christ en buis, encadré.— BOU- CHE-LECOMTE (Douai), statuettes, bas-reliefs. — BOUILHET (Paris). meubles du XVII s.— G. BOURDON (Rouen), idem, — Gite DE BRA- NICKI (Chât. de Montrésor), meubles français et polonais.— Mme BRAU D- BOUVY (Bels.), coffret de mariage en bois de cèdre, représentant une scène de fiançailles. — BRETON (Paris), banquettedu XVIe s. Commodes table à ouvrage. Bureau Louis XV, ayant appartenu à la princesse de

Lamballe. — BRUÜUNEAU (Nancy), commode ayant appartenu à Mme de Pompadour, — DE BRUYN (Belg.), série de panneaux sculptés. — TH. BUFFETEAU, meubles de différentes époques. — BUNEL (Toulouse), —-BUREL (Rouen), bahuts et meubles divers du XVIe 8. — BUSSIÈRE DE NERCY (Melun), — BUTTE (Nancy), encoignures en vieux laque données par Louis XVI à M. Cotler, secrétaire d’ambassade.

Gsse DE CAMBIS-ALLAIS (Paris), meubles Renaissance et autres. — CAMPISTRON (Toulouse) — Vor CAPOUL (Toulouse), — Dr CASSAN (Albi). — CH. CASTI (Orléans), meubles Renaissance et autres. — L, GASTILLON (Louviers). — GHABAS (Châlons-sur-Saône), collection égyptienne. — Gte DE CHABRILLAN (Chât. de Thugny). — M. DE CHABRIÈRES-ARLES (Lyon), trône en noyer sculpté et incrusté d'érable, de Julien de Médicis, XVIe s. Adjugé 18,500 lires à la vente San Donato, en 1880. — CHAMBERT (Toulouse), types Renaissance et autres. = GHAMBOST (Lyon), idem. — Gte DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES (Belg.), cabinet enrichi de pierres dures, meubles incrustés d'ivoire etautres. — D'CGHIPAULT (Orléans), meuble vénitien du XVIe. — CHOUPPE (Orléans), coffres et meubles sculptés, — CHRÉ:- TIEN (Rouen), bahutsetcrédences, panneaux sculptés des XVe et XVe s. — AD. COLOMIËS (Toulouse), meubles divers. — COLON. V'e CLARY (Saint-Cyr-lez-Tours), idem, — Cte DE COMBETTES DU LUC (Rabastens), idem, — CORNÉLY (Tours), collection hollandaise ; costumes et meubles. — GORROYER (Paris), crédence Henri Il, en noyer sculpté; école lyonnaise. Autre, en chêne, de l’école bourguignonne. — ARTH.DE COSTE (Chât. d'Andas), meubles gothiques et Renaissance, — J. COURAJOD (Paris), très beau christ de bois peint du XIIe s8.; statue du XI, représentant, dit-on, un fils de saint Louis. —HENRI COUREL (Lizieux). — COURTONNE, nombreux ouvrages en bois sculpté. Bahuts, rétables, panneaux, statuettes, etc. — Vte DE COURTIVRON (Paris), lit de Justice en chêne sculpté, provenant du château d’Argentelles. Superbe travail gothique de la fin du XVe s. — Vsse DE COURVAL (Paris), raretés. — COUVET (Rouen), sièges en tapisserie au petit point. — ARM. DU CUREL (Paris), meubles de différentes époques. — PRINCE CZARTO- RYSKI (Paris), raretés. — DAGUERRE (Jonchery-sur-Vesle).— DAR- DEAU (Issoudun), coffre royal Louis XIV, décoré d’ornements en cuivre; on y remarque le soleil, les armes de France et de Navarre et un L couronné. — DARGENCE (Pont-l'Évèque). — ALEX. DELAHERCHE (Beauvais), importante collection gothique, Renaissance, Louis XIII; panpeaux, figurines, groupes, cadres, etc. — Mme DELAMOTTE (Pontl'Évêque). — DELATTRE (Cambrai), meubles, bas-reliefs, statues; pièces relatives à l'archevèché de Cambrai. — SJULES DELHEID (Belg.), groupes sculptés : Quatre sujets champêtres, avec animaux, par DELCOUR, de Liège, XVILe s. Le passage de la mer Rouge, par MELOTTE, de Liège, XVIIe s. — DEMARQUETTE (Harnes), archéologie mobilière de la Flandre. Bois sculptés. — AUG. DE MEUNYNCK (Lille), spécimens divers. — DENIS (Caen), chaise à porteur Louis XVI, avec attributs sur fond bleu. — DENISON (Anglet.), commode de BOULLE, aux armes et au chiffre C. À. du comte d'Artois, adjugée 730 guinées, à la vente Hamilton, en 1882. — DESCAMPS-CRESPEL (Lille), meubles de diverses époques. — A. DESMOTTES (Paris), bahuts, crédences, armoires, dressoirs, « cathedra » où chaise seigneuriale, fauteuils, escabeaux, etc. gothiques et Renaissance. Panneaux, bustes et statuettes pleins d'expression et

de finesse. Le mariage de la Vierge, groupe de 15 personnages, XVe s.

Saint Pierre tranchant l'oreille d'un soldat de la suite de Judas, 17 personnages, XVe s. Le Portement de croix, 11 personnages, XVe s. Évèque prèchant, 9 personnages. Le Couronnement d'épines, 3 personnages (travail allemand). Soufflet. Coffrets. Miroir sculpté, aux armes des Médicis; — JULES DESNOYERS (Paris), bas-relief représentant l'entrée de Jeauned'Arc à Vaucouleurs, XVIe s.— DIMPREOWALD (Abbeville). — FÉLIX DOISTEAU (Paris),meubles des XVII 5. et XVIIIe s. — GUST. DOL- FÜS (Mulhouse), meubles de diverses époques. — Mme DANIEL DOLFUS. (Mulhouse), bahuts, cabinets, commodes, cadres, berceau sculpté, des XVIe XVII, et XVIII: s. — LE DOYEN DE MOLLIENS (Molliens-Vidame). — À. DRUELLE (Douai). — HENRI DRUELLE (Douai), meubles divers. Bois sculptés. — HENRI DUBOSCAQ (Moreuil), meubles gothiques et Renaissance, dont un attribué à Jean Goujon: — CAMILLE DUNANT (Annecy) — DUPONT (Nancy), meubles du XVIIe s. — JULIEN DUPRESSOIR (Clermont), types divers: — DUPUY CHARLEMAGNE (Saumur), idem. — ALEX. DURAND (Le Havre), beau meuble en noyer Henri Il. — EUG. DUTUIT (Rouen), collection hors de pair. Pièces rarissimes. Statuette française en buis, représentant une femme de qualité vêtue d’un riche costume du XVIe s., avec deux larges nattes tombant sur ses épaules. Adjugée, en 1884, & la vente Fau, 21,050 fr. — Mne ISID. DUVETTE (Amiens).

F. ENGEL-GROS (Mulhouse), panneaux italiens sculptés, peints et dorés du XVIe s.— CH. EPHRUSSI (Paris), suite de meubles de diverses époques. — ETIENNE, meubles lyonnais du XVIe s, Autres, de l’école de Jean Goujon. Devants de coffres François Ier, Pied de lutrin Louis XIE. — PAUL EUDEL (Paris), bureau à cylindre Louis XV, signé TEUNE. — Commodes Louis XVI à galerie, dont une est signée 4, PETIT, Grande commode Louis XVI estampillée ; P. H. MEWESEN. Lit doré Louis XVI à colonnes cintrées, garni de son damas rouge. Cadres et bordures divers richement sculptés, XVIIe et XVITes.— EVENS (Condé-sur-l'Escaut), babuts gothiques et Renaissance. — FAYEL DESCHAMPS (Bels.), types divers. — D' FAUCHEUX (Douai), idem. — A. FAVIER (Douai), meubles gOthiques, Henrill, Louis XIE. Sièges et panneaux sculptés. — Mis FERRERO DELLA MARMORA |(ltalie), stipo en vieux laque du Japon, avec orne, ments de bronze doré, — F. FÉLIX (Belg.), cadre de glace sculpté par VERHAEGEN, de Malines, XVIIIe s.— Me FLORIVAL (Abbeville), divers. — FONTAINE (Lille) idem. Bois sculptés, — FORAY (Lyon), idem. — J -B. FOUCART (Valenciennes), id. — CH. FOUGART (Douai), — Bo DE FOUGÈRE (Fougère). — FOULC (Paris), bahuts, crédences, panneaux, cabinets d'ébène et ivoire ; portes, dont une.datée: 4548, et l'autre, 1526. L'éducation de sainte Anne, grand et superbe groupe en bois sculpté et peint du XVe s.; c’est le plus beau groupe de ce genre que nous connaissions, Cartonnier. Riche bureau dé la Régencée, — KARL FRANCK (Mulhouse), coffret de Nuremberg, à peinture sur fond d'or, ayant appartenu au bourgmestre T.-U. Schlumberger (1628-1635), Coffret en noyer, travail mulhousien du XVIIe s. — JULES FRÉSART (Belg.), collection de coffrets. Groupes, statuettes. Saint Georges. Fantassins et cavaliers en armure, Bois polychromés du XV°s. — ALB. FROMAGE (Darnétal), types divers. Bureau Louis XIV, en marqueterie de BOULLE, — GABORIT DE LA BROSSE (Poitiers), meubles de diverses époques. — GAILLARD DE LA DIONNERIE (Poitiers), idem. — LÉON GAR- RET (Amiens), idem, — PAUL GASNAULT (Paris), commodés, con-

soles, meubles de JACOB. — CH. GASNIER (Vimoutiers), bahuts, dont un du XVIe s.,à personnages. — GAU GAIN (Caen), divers. — GAUTIER (Paris), meubles. Stalle du XVe s., panneaux gothiques et Renaissance. — GAVET (Paris), meubles, panneaux, statuettes, groupes dont quelquesuns en bois peint et doré. Moyen âge et Renaissance. Raretés. — AUG. GÉ- NIN (Lyon), types curieux et rares de diverses époques. -— GENY (Nancÿ}, meubles lorrains gothiques et Renaissance. — AUG. GERGONNE (Bordeaux), chaise à porteur, ricnement décorée, aux armes du maréchal de Richelieu. —GERMON (Orléans), cabinet vénitien du XVIes.— HENRY GÉRUS (Pont-Audemer), meubles et panneaux sculptés. — L.-V.GESTA (Toulouse), spécimens gothiques et Renaissance. — AUG. GILLET (Arras), meubles Renaissance et autres. — GIRON DE BOISSET (Château de la Voult), divers. — CH. GIVELET (Reims), idem. — LÉONCE DE GLANVILLE (Rouen),meubles sculptés et dorés, couverts en tapisserie au petit point du XVII «8. — EDM. DE GONCOURT (Paris), un amoureux du XVIIe Ss., sur lequel il a écrit des ouvrages très estimés. Raretés. — GUST. GOUELLAIN (Rouen), meuble Henri IT, très finement sculpté. — Gte DE GOURGUES (Paris), mobilier du XVIIe s. — JULIEN GRÉAU (Paris). — HENRI GRELLOU (Paris), cabinet d'ébène, avec cariatides, XVIIe s. Deux meubles d’entre-deux en bois de rose et marqueterie, avec bronzes dorés dans le style de Bérain et figurant une guenon dansant sur la corde, entre deuxsinges musiciens. — L'ABBÉ GRIMOT (Isle-Adam), meubles et bois sculptés. — LÉON GUÉNARD (Amiens), meubles de diverses époques. — Gte R. DE GUERNE (Douai), ‘ idem. — GUÉROULT (Paris), grand fauteuil sculpté et doré aux armes et aux chiffres répétés de Louis XIV. — Dr GUÉROULT (Caudebec-en- Caux), spécimens gothiques et Renaissance. — GUITTON (Lyon), idem. — L.-TH. HABERT (Troyes). — DE HADDAT (Nancy), cabinet italien, sculpté en ébène. — TH. HANNART (Mulhouse), série de meubles italiens, hollandais, français, suisses, du XVIe au XVIII s. — HAZARD (Douai), divers. — Buue DE HOULLAY (Orléans), coffret de mariage du XVIes., en tissu soie et or, figurant l'histoire de Moïse, — HOURDEQUIN DE BEAUPRÉ (Montdidier), meubles, panneaux, statuettes, sièges du moyen âge et de la Renaissance. — HUBAINE (Clermont), meubles divers. — HYDÉE (Laon), idem. — HYRVOIX (Nantes),idem.— MAU- RICE ICHIER (Albi), idem. — HUG. IMBERT (Thouars), idem. — HIPP. D'IQUELON (Chât. de Sommesnil), mobilier des XVIIe et XVIIIe s. — Bo DE HIRSCH, raretés diverses. Grandes armoires de BOULLE acquises à la vente Hamilton, en 1882. — JAMARIN (Paris), types Renaissance et autres. Bas-reliefs, Louis XVI, d'un fini précieux.—Vss DEJANZÉ (Paris), rétable du XVIes. ayant appartenu à Philippe le Hardi,duce de Bourgogne. Cabinets,meubles de BOULLE, etc.—GLÉMENT JORDAN (Lyon). — L'ABBÉ JOUEN (Evreux), quantité de meubles et de bois sculptés. — JOURDAIN (Albi), mobilier varié. — Mme JUBINAL DE SAINT- ALBIN (Paris), ameublement de diverses époques, du XVIe au XVIIIe s.— JUSTROBE (Toulouse), mobilier Louis XVI et Directoire.— D: KALTEN- BACH (Dornach), XVIIIe s.— Mis DEKEROUARTZ (Guingamp), divers. -— Vie DE LA BARTHE (Chât. de Séjas), grand et beau cadre de glace Louis XIV, à fronton sculpté et doré. Commodes, secrétaires, toilettes du XVIIe s. Riche meuble de salon Louis XVI, composé de 12 fauteuils et 2 grands canapés couverts en tapisserie d'Aubusson, d'une rare conservation et figurant des chasses, des animaux, des enfants dans des paysages. — J, A. LABET (Bordeaux), types français et italiens. — LACOMBE

CURIEUX DE MEUBLES ET DE BOIS SCULPTÉS. 5a

(Dijon), XVIIe s. — Mill: DE LACOMBE (Orléans), divers. — C. DE LACROIX (Mulhouse), divers. —JOS. LADONNE (Mougauzy), chaise à porteur Louis XV, décorée en camaïeu bleu. — Gte CH. LAIR (Paris), ameublement varié. — EM. LANGENSCHEID (Belg.), Meubles, statuettes, groupes. La Mise au tombeau, cinq figures. Descente de croix, sept figures. Une sainte, XVe $,, école flamande. — Mme LANGLOIS- DAGNET (Paris), petite bibliothèque en acajou sculpté, au chiffre de Marie-Antoinette et provenant du château de Compiègne. — LANIEL, meubles du XVIII: 8. et autres. — CH. LAPIERRE (Rouen), beaux types de meubles et bahuts sculptés du XVIe s. Grande salle avec tentures, armes et objets de toutes espèces, de provenance orientale. — Bo DE LAREINTY (Paris), meubles des XVIIe et XVIII s. Commodes, consoles, tables. Fauteuils et canapés, en tapisserie de Beauvais. — DE LAROCHE D'ESTILLAG (Agen). — Css AUG. DE LAS CASES (Paris), meubles de diverses époques. — ED. LASNON (Louviers), spécimens divers du XVe au XVII s. Grand lit gothique à colonnes. — LAURAND (aux Montils), bahuts, etc. — DE LAUTAR (Toulouse), meubles des XVII et XVIII s. — LE BART (Caen), bahuts gothiques et Renaissance. Sur un coffre du XVes.,sainte Catherine, saint Nicolas, sainte Barbe et un ermite. Panneaux sculptés. — Me LÉONIDE LEBLANC (Paris), bureau marqueté Louis XIII. Crédences etcabinetsitaliens du XVIIe 5. Meubles du XVIIe. — CHEV.LEBOUCQ DE TERNAS (Douai) divers. — GAST. LE BRETON (Rouen), bahuts, figurines, groupes, Anne de Bretagne et ses dames d'honneur, buffet Henri Il à deux corps, en noyer, représentant les quatre Vertus cardinales. Cabinet italien de la fin du XVI: s., en ébène, garni d’arabesques d'ivoire. Grand cabinet d'ébène, Louis XIII, offrantpour sujet: 10 Hercule couronné par Minerve et foulant aux pieds la Gloire, la Richesse et l'Amour. 20 Méléagre apportant la hure du sanglier à Atalante. Bibliothèque de BOULLE, torchères, consoles, meubles en tapisserie. — GEORGES ET JULES LECOCAQ (Amiens), meubles de diverses époques. — LECONTE (Douai), idem. — Me LE COURT (Pont-l'Evèque), idem. — LEGUAY (Olivet), bahuts. Grand panneau renfermant de nombreux sujets tirés du Nouveau Testament. — LE MATHAN (Albi). — Me LE MÉTAYER (Pont-l'Evèque). — LEMPEREUR (Lyon). — Me CH. LENORMANT (Paris), mobilier ayant appartenu à Mme Récamier. — Mue LEPEL-COINTET (abbaye de Jumièges), bahuts, crédences, dressoirs, sièges divers, statuettes et panneaux sculptés des XVe, XVIe et XVIIe 5, — Cte L. LEPIC (Paris), grande statue de soldat assis, XVes. — LÉOPOLLART (Douai), bahuts, etc. — LÉONCE LEROUX (Paris), meubles Renaissance et autres. Commode de Boulle en marqueterie de cuivre et d’étain sur écaille. — PAUL LEROUX (Fécamp). — A. DE LÉRUE (Rouen), bahuts, meubles sculptés. — ISIDORE LES- CART (Belg.), chevalier agenouillé, en armure, statuette. — LESOURD (Orléans), meubles Renaissance et autres. — LÉZIAN-LESTOUR- NELLE (Sainte-Foi-la-Grande-Gironde), meubles sculptés. Lit gothique du XVes. aux armes de Jean Cœur, archevèque de Bourges. — LIDEHARD (Caen). — LIÉGEARD (Douai). — C° DE LIMIER (Vannes). — CH. LIZÉ (Rouen), bahuts, crédences, grand cabinet Louis XIII, tables, cadres, etc., du XVe au XVIII 5. — LOCOGE-BLONDEAU (Douai). — LOMBARD DE BUFFIÈRES (Lyon), meubles, coffrets, chinoiseries. — LOTTIN DE LAVAL (Chût. des Trois-Vals), bahuts et meubles di- -vers, gothiques et Renaissance. Coffre attribué à Jean Goujon, offrant quatre cariatides en pied magistralement sculptées. Armoire à quatre vantaux, en

noyer, attribuée au mème maître. — LOYSEL (Thibouville-la-Rivière), variété de meubles seulptés.— Pc DE LUCINGE-FARCIGNY (Belle- Isle-en-Terre).— DELUXER (Nancy?),remarquable table dorée Louis XIV, — MABILE (Valenciennes), meubles sculptés. — MALFAIT (Belg.), rétable en chêne, du XIVe s., représentant six épisodes de la vie de la Vierge. Meubles, coffrets. — GABRIEL DE MAGNEVAL (Lyon), divers. — MAILLET DU BOULLAY (Paris), bahut Louis XII, à décor polychromé, figurant des saints et des saintes sous des arcatures. Meuble à quatre vantaux Renaissance, représentant des bas-reliefs à personnages dans le goût de Jean Goujon. Grande chaise seigreuriale dite « cathedra », aux chiffre et armes parlantes de Jacques Cœur. Porte provenant du château de Gaillon, aux armes du cardinal d'Amboise, Statuettes, panneaux, bordures. — V' DU MAISNIEL (Chât. de Villemont), meubles divers. — MAQUERON (Abbeville), idem — ERN. MARÉCHAL (Saint- Quentin), idem. — PAUL MARIN (Mulhouse), idem. — MARINI- HERBERT (Paris), meubles du XVI $. et autres. — BENJ. MARTIN (Toulouse), idem. — ERN. MARY (Châtillon-sur-Seine). — MASSE (Lille). — E. MASSENAT (Brives. — À. MASWIENS (Bele.), crédences, cabinets, cadres, meuble de salon recouvert en tapisserie de Beauvais, neuf pièces, — Vt® DE MATHAREL (chât. de Lagrangefort), meubles de différentes époques. Lit garni de soie blanche brodée d'or, dans lequel a couché François Ir, au château de Villeneuve (Puy-de-Dôme), en 1533. Il a coûté 10,000 fr. Au château d'Usson, près d’Issoire, le Vte de Matharel a formé un musée composé d'objets concernant la reine Marguerite, are femme de Henri IV, et qui résida à Usson de 1589 à 1604. — JEAN MAUREL (Bordeaux), meubles du XVII s. — À. MAURICE (Lille), bois sculptés, statuettes, groupes des XVe et XVIe s, — Saint Georges, saint Marc. Pèlerins demandant l'hospitalité. — A. M.-S., douze bahuts gothiques et Renaissance. Crédences, dressoirs, cabinets, sièges, bas-reliefs et meubles divers du XVe au XVIIE s. Série de cadres sculptés. — MENGIN (Bolbec), babhuts. Meubles Henri II et Henri II, Commode laquée Louis XV, ornée de cuivres élégants. — MENNECHET (Amiens), divers. — À. MERTENS (Belg.), série de groupes et statuettes du XIIIe au XVIe s. — Pce RICHARD DE METTERNICEH (Vienne), burcau d'apparat provenant du cabinet du duc de Choiseul, et dont le prince a refusé 300,000 fr. — MEURICE (Valenciennes), Christ au tombeau. La Cène. Mariage de la Vierge, basreliefs. — DE MEURVILLE (Paris), commode Louis XV, à sujets dorés, sur fond noir, signée : BURB. — E. MICHEZ (Belg.), lit sculpté de 1647. Sur le fronton, saint Michel terrassant le dragon. — ÉLIE DU MIRAL (Chât. du Miral). — P. MIRAULT (Paris), mobilier du XVII s. Commodes, guéridons, bonheur-du-jour, etc. — MOISSON (Paris), cabinet d'ébène, décoré à l'intérieur de peintures sur cuivre représentant l’histoire de l'Enfant prodigue. — MOLLET (Paris), meubles du XVII 8. — MOLLOY (Paris), divers. Saint Crépin en bois sculpté et peint du commencement du XVIe s. — GAST. DE MONNECOVE (Saint-Omer), meubles de diverses époques. — Gt: DE MONTGOMERY (Chât. de Fervacques), grand lit donné par Marie Leczinska au Ct Sarti, en 1743. Bureau à cylindre Louis XVI, de RIESENER. Canapé ayant appartenu à Marie-Antoinette. — DE MONTEAU (La Ferté-Fresnel). — Vte FERN. DE MONTESQUIEU (Chât. de Parnon). — MONTVALLAT (Paris), stalle à trois places et à dais, XVe s. Banc d'œuvre, XVIe s. Lit Louis XV, doré, dit à la polonaise. Panneaux, trumeaux, dessus de porte, etc. — MOREL (Arras). — Mme MORREN (Bels.), meuble à deux corps et à

quatre vantaux, figurant : Sirvs REx. ALEXANDER Macxus. Nixvs ET C. Ivuivs Czæsar. Fin du XVIes.— NADAR (Paris), chaises mongolfières, au chiffreC.D. Auraient-elles appartenu à Camille Desmoulins? — ALFR. NAEGELY (Mulhouse), meubles Renaissance et autres. — CH.-L.-AUG. NICAISE (Châlons-sur-Marne), meubles divers, bois sculptés. — F. DE NIEDER- HAUSERN-KŒCHLIN (Mulhouse), bahut : Judith et Holopherne.Cadres.— NOEL (Nancy), spécimens du XVIIEs. — D' NOELAS (Roanne). — NOLLET (Paris), lit du XVes. Meubles du XVI s. — OCHS-KŒCH- LIN (Mulhouse), buffet allemand du XVIe s. Cabinets en marqueterie, etc. —ODIOT (Paris), meubles divers. Un David attribué à Verocchio.— OUDIN (Amiens), meubles du XVIII s. — AUG. OZENFANT (Lille), meubles et bois sculptés, statuettes, groupes. — G. PAGEOT (Paris), meubles du XVIIL s. Fauteuils et canapé en tapisserie de Beauvais, à sujets champôtres. — E. PAIX (Douai). — D' PATAY (Orléans), tète de vierge, provenant du pignon d'une maison de la rue de Bourgogne, à Orléans. — PECQUE- REAU (Paris), meubles et panneaux sculptés. — Mme PELLETIER (Paris), cabinet Louis XIII, en ébène. Divers. — EM.-CONST. PERROT (Paris). — PETERKEN DEPOSCH (Belg.), scriban d’ébène, décoré de peintures attribuées à Breughel. Sujets mythologiques.—E. PEYRE (Paris), stalle gothique. Statuettes. Chaise seigneuriale. Petite porte Henri II. Série de bois sculptés. — PIGARD (Paris), grand meuble à deux corps et à fronton du XVILSs.; les quatre vantaux figurent les quatre Saisons. — Bon J. PI- CHON (Paris), mobilier du XVIIe s. Commode Louis XVI, d'une bonne facture, estampillée DEVÉ?— PIERRE (Orléans), crédence du XVe s. Saint Michel entre saint Pierre et saint Paul. Cabinets, bois sculptés. — HIPP. PIERRUGUES (Bordeaux), collection de meubles français, italiens, portugais, orientaux, du XVIe au XVIII: s.— PIERSON (Amiens).— Cte PIL- LET-WILL (Paris), rétables à sujets tirés de la Bible, XVIe s. —J. PIL- LION (Valenciennes), coffret aux armes de Philippell.— ABEL PILLON (Beauvais). — Dr PIOGEY (Paris), mobilier des XVIL et XVIII s. Riches commodes en marqueterie, garnies de leurs cuivres ciselés. Entrées de serrure en tètes de satyres,sur une commode Louis XIV. — EUG. PIOT (Paris), statuettes, bas-reliefs, coffrets, meubles divers, gothiques et Renaissance. Lit romain sculpté du commencement du XVIe s. Siège doré ayant appartenu à Léon X, etc., toutes pièces de choix. — Bo DE PITTEURS-HIEGAERTS D'ORDANGE (Belo.), bahuts, coffres de mariages, buffets, crédences, cabinets, tables, bancs, fauteuils, chaises, statuettes, groupes, etc., du XIVe au XVIF s. — PLANKART (Lille), meubles gothiques et Renaissance. Bois sculptés. — Vt® DES PLAS (Chât. des Clairets), meubles de diversrs époques. — PLATEL (Le Havre), idem, cheminée monumentale, en chône sculpté. — DE PLINVAL DE MAULE (Noisy-le-Roy). — Mme POLLET-MALLET (Amiens) meubles rares et curieux, dont quelques-uns ayant appartenu à Gresset. — Ct: CÉSAR DE PONTGIBAULT (chât. de Pontgibault), meubles gothiques et Renaissance. — EUG. POSWICK (Belg.). — POUYER- QUERTIER (Rouen), meubles sculptés, dorés, marquetés de diverses époques. — E. DE PRATÈRE (Belg.), lit en chêne sculpté du XVIIIe 8., etc. — PUAUX-WEISGERBER (Mulhouse), chaises historiques du XVII s. — DE PUYRAMOND (Amiens), objets de la Chine et du Japon. L. QUARRÉ (Lille) — ALFR. QUIGNON (Amiens). — A. RA- BELLEAU (Gien), bahut à deux corps Renaissance, etc. — RAVINET (Troyes). — JULES REBOUL (Paris), Bois sculptés. Statuettes et panneaux du XVes. — ERNEST REGNAULT (Joigny), meubles du XVE ,

XVIIIe 8. Série de petits meubles et d'objets variés de l'Orient. — REI- NACH (Paris), mobilier du XVIIe s. — Cte REVIGLIO DELLA ‘VENERIA {Italie), commode marquetée de bois variés, avec ornements d'ivoireet de nacre, par PIFFETL. Stipo, daté de1738, parlemème. —RIANT DE LARGENTAYE (Chât. de Largentaye). — RIDEL (Vimoutiers), statuettes de saints, quelques-unes peintes et dorées. Crédences Henri IL. Sur un bahut du XVIe s., les quatre Évangélistes ; sur un autre, Tobie et l'ange. — Mne RIESENER (Paris), commodes de Riesener en acajou, en bois de rose à marqueterie et bronzes ciselés. — Br DE RIVIÈRES (Gaillac), meubles gothiques et Renaissance. — L'ABBÉ ROBERT (Albi), types divers. — LOUIS ROBILLARD (Reims), idem. — ROBIN (Lyon), idem. — DE ROMILLY (Nimes), collection nombreuse et variée. Bureau d'ANDRÉ CHARLES BOULLE. — ROQUE (Lille), mobilier de l'Empire.— B°r AD. DE ROTHSCHILD (Paris), statuettes, meubles et bois sculptés des plus remarquables.Série de coffres de mariage italiens du XVIe s. Suite de salons complètement meublés dans le style du XVIII s. Ouvrages des grands ébénistes. — FAMILLE DE ROTHSCHILD. Raretés de toutes les époques. Secrétaire de RIESENER, 1790, au chiffre de Marie-Antoinette, adjugé 4,400 guinées à la vente Hamilton, en 1882. Commode de RIESENER, adjugée à la même vente, 4,090 guinées. — Gt DE ROUILLÉ (Belg.), cabinet d’écaille, avec incrustations de nacre, d'étain et de cuivre doré. Sur le fronton, le portrait de Charles II d'Espagne, entouré de l'inscription: CaroLUS II. D. G., HISPANARUM ET INDIARUM REX. Epoque Louis XIV. — ERN. DE ROZIÈRE (Pimpenault), panneaux, statuettes. Meubles français, italiens, flamands. — H. ROYDET (Dijon), types divers. — Be DE RUPHY (Chat. de Duingt), idem. — Mis EM. DE SAINT ANDRÉ Italie), armoire en marqueterie d'ivoire, de nacre et de métaux, par PIFFETTI. — Mise DE SAINT-CHAMANT (Couvron). — DE SAINT-CHARLES (Lyon), raretés. — SAINT-OLIVIER (Bourges). — DE SAINT-ÉTIENNE (Orléans), meubles du XVIIE s. — DE SAINT-MAUR (Toulouse), mobilier des XVIIe et XVIIE s. — DE SAINT-MAURICE (Lyon), meubles divers, chinoiseries. — VICTO- RIEN SARDOU (Marly-le-Roy). — SCHEFELS (Bele.), lit sculpté du XVII s. — Born SCHIKLER (Paris), raretés diverses. Saint François d’Assise, d'ALONSO CANO, superbe statuette, estimée plus de 40,000 francs, — SCITIVAUX (Nancy), cabinet Louis XII, etc. — EM. SCHNEG (Bordeaux), commodes, encoignures, consoles, tables, prie-Dieu, etc, du XVII s. — SLINGENEYER (Belg.), lit, armoire, et boiserie de chêne sculpté, avec incrustations de plaques d’ébène, XVIe s. — SCOTÉ (Clermont).— Bo R. et L. SELLIÈRE (Paris), raretés de diverses époques. — A. SICHEL (Paris), bahuts armoriés du XVe s. avec appliques en fer découpé. Meubles du XVII-s. HENRI SICHEL (Paris), meubles du XVIII s. Commode Louis XV, avec bronzes de CAFFIÉRI. — LÉON SLAES (Belg.), lit historique du XVIII s., en chêne sculpté et doré, dans lequel plusieurs souverains ont couché, eutre autres, Louis XVIII, en 1815. —SLINGENEYER (Belg.), coffret allemand du XVIes. en bois sculpté et polychromé, figurant le jugement de Salomon. — Mist CÉCILIA SO- LARO DEL BORGO lltalie), prie-Dieu en bois, incrusté d'ivoire, par PIFFETTI. — L. SOMZÉE (Belg.), grand cassone ou coffre de mariage en bois sculpté et doré, à panneaux peints, aux armes des Pazzi de Florence. Autre cassone, peint par BENOZZO GOZZOLI.— SPETZ (Mulhouse), bahuts, crédences, stalle, escabeaux, fauteuils, chaises, tables, cadres italiens et français de diverses époques. Support en bois doré et peint aux armes de

Sixte-Quint. — SPITZER (Paris), collection hors de pair. Raretés de toutes sortes. — F. SPRINGUEL (Bels.), statuettes, groupes. Scènes de la passion etautressujets. — CH. STEIN {l'aris), tables, dressoirs, crédences duXVles., grand siège cathedra, panneaux, statuettes. Table de BOULLE en marqueterie de cuivre et d’étain sur écaille.Commode Louis XV ,signéeJOSEPH. Encoignures Louis XVI ornées de riches cuivres, signées J.-H. RIESENER, Meubles en tapisserie de Beauvais et d'Aubusson.— STRAUSS (Paris).

EDM. TAIGNY (Paris). — Mi DE TALHOUET (chât. de Lude), spécimens du moyen âge et de la Renaissance. — Mis EM. TAPARELLI D'AZEGLIO (Italie), Stipo. Médaillier au chiffre de Charles-Emmanuel Hi, par PIFFETTI. Porte vase etsocle, ornés de bas-reliefs en ivoire, par lemême, Meubles divers marquetés d'ivoire gravé. — TERNINEK (Bois-Bernard), bahuts, bois sculptés. — DE THIERRY (Paris), bahuts, panneaux, statuettes. — THOMASSIN (Douai), meubles de BOULLE et autres. — Mis DE THUISY (Paris), série de meubles et de coffrets en laque et bois divers de l'Inde, de la Perse, du Japon, de la Chine et du Tonkin. Bois sculptés d'Orient, groupes français des XVe et XVIe 5, — TOLLIN (Paris), crédence gothique, scène de martyrs. Bahut du XVe s., à figures d'apôtres. Bahut Renaissance à cariatides et médaillons peints. La Tentation de saint Antoine, bas-relief, — Mne TOPENAS BRUNET (Paris), spécimens des XVII et XVIIIe s. — CG DE TRAMECOURT !Chät. de Givenchy-le-Noble), — Gt AUG. D'URSEL (Belg.), types variés. Petit guéridon garni de ses bronzes ciselés et dorés. Travail des Frères Moraves. Commencement du XVII <.— Dsse D'UZÈS (Paris). VAISSE (Troyes). — ERN. VALPINSON (Paris), cadres ilaliens et français des XVI et XVIIe s. Meubles du XVII s, — VAN HEDDEGHEM (Paris), mobilier Louis XIV. — VANDEN CORPUT (Belg.), série de meubles en chêne et en noyer sculpté du XIVe au XVII s. L'arbre de vie, en trois statuettes marquées de la main héraldique d'Anvers, XVe s. — Mille VANDER HELL (Lille). — CG VANDER CUISSE DE VERZIERS (Flers). — C'°J. VANDER STRATEN-PONTHOZ{Bels.), grand rétable composé de huit groupes en bois sculpté et doré et de volets formant six panneaux peints sur les deux faces, XV°s. — EUG. VAN HERCK (Belg.), meubles, statuettes, groupes des XV* et XVIe s. — Brne VAN LOO (Belg.), souflet en noyer, les faces sculptés en relief. — JULES VAN YSEN- DYCK (Belz) —ARM.VAN ZUYLEN (Bels.), crédences, cabinets, fauteuils, chaises du XVIeau XVIIE s. —VEHÉ(Albi), meubles de toutes sortes. —VENOT (Orléans), collection chinoise. —VERBECK (Belg.), série de bois sculptés du XVIF 5. — GEORG. VERLY (Feuguerolles), bahuts,crédences, meubles divers. — VIROT (Paris), mobilier du XVII s, — VOILLIARD (Dijon), — VOULOT (Epinal), meubles et bois sculptés. — VOLLIER- MET (Saint-Jean de Maurienne).

SIR RICHARD WALLACE {Anglet.), collection hors de pair. Super= bes meubles d'ébénisterie française des XVII et XVIII s. — DE WAREN- GHIEN (Douai), meubles divers.— WARMEZ (Montdidier.,idem.—DUG DE WESTMINSTER (Anglet.), colléction hors de pair. Meubles des grands ébénistes français. Petite table à écrire de RIESENER, provenant de

Trianon. Adjugée 150,000 fr. à la vente Hamilton, en 1882. — CH. WIG- NIER (Abbeville). — WOLFF (Bâle), crédences et armoires du XVIL s. — CS D'YVON (Paris), bahuts, crédences, dressoirs. Cassone d’une riche ornementation, aux armes rapportées de Colbert, XVI°s.—Commodes, consoles, tables encoignures, bonheur-du-jour des premiers ébénistes français du XVIII s. Meubles de tapisserie et cadres sculptés remarquables

L'art de l’orfèvrerie remonte à la plus haute antiquité. Les plus anciens peuples de l'Orient l'ont pratiquée à une époque où l'Europe était encore plongée dans la barbarie. Du temps des Pharaons, les orfèvres égyptiens montraient déjà une grande habileté. Il y a quelque vingt ans, on a découvert dans le tombeau de la reine Aah-hotep de nombreuses pièces d'orfèvrerie, diadème, bijoux, colliers, anneaux, chaînes, bracelets, etc., qui annoncent un art très perfectionné, Les Grecs, artistes inimitables en tous genres, passionnés pour le beau, amoureux de la ligne, composèrent une infinité d'objets d'or et d'argent, depuis les bijoux les plus minuscules et la série des vases composant la vaisselle de table, jusqu'à des statues colossales, où le travail du ciseleur, plus encore que la richesse du métal, faisait éclater l’admiration.

En Italie, Rome fut la dernière à exercer cette noble industrie. La partie méridionale de la péninsule, désignée sous le nom de Grande-Grèce, l'avait depuis longtemps devancée, Un autre petit état, l'Étrurie, eut le mérite de la priorité; sa civilisation paraît antérieure à celle de la Grèce; ses ouvrages d'art, ses bijoux, d’un grand goût, ont un caractère archaïque très prononcé et révèlent une origine orientale. Les généraux romains, en étalant dans leurs triomphes les trésors de la Grèce et de l'Asie, répandirent les germes d'un luxe effréné. La ville éternelle vit fleurir des orfèvres d’un rare mérite; mais il faut reconnaître que leurs plus parfaits modèles étaient l’œuvre des artistes grecs qui travaillaient dans ses murs. Du temps de Pompée, Ariston et Pasitélès jouissaient d'une grande réputation.

Sous les Empereurs, le luxe des métaux précieux alla toujours en augmentant, Caligula, Néron, Héliogabale, poussèrent la folie

Flambeau de Thomas Germain, Collection de M. le Bon J, Pichon.

jusqu’à prodiguer l'or et l'argent non seulement dans l'ameublement de leurs palais, mais encore pour en orner les portiques, les murs et les plafonds. L'art romain cultivé en Europe, dans toutes les contrées où ce grand peuple avait imposé sa domination, disparut au Ve siècle, à la chute de l'Empire. Au moyen âge, les beaux travaux qui nous occupent, éprouvèrent, comme les autres, une longue décadence. Constantinople, ville de luxe, refuge des derniers grands artistes, conserva les traditions de l'antiquité, en les laissant s’affaiblir toutefois, et le style byzantin se fit sentir en Europe, jusque vers le XITE siècle,

L'orfèvrerie suivit les fluctuations des arts et fut avec eux languissante ou prospère, progressive ou dégénérée, L'Église et la Royauté, furent les deux grandes sources qui l'alimentèrent de tout temps. Saint Éloi, élève d'Abbon, a laissé une réputation d'habileté et de probité qui a éclipsé celle de ses rivaux contemporains.

L'orfèvre de Clotaire IT et du roi Dagobert, l'homme illustre qui fut plus tardsaint Éloi, occupa l'évêché de Noyon, C'est alors qu'il fonda le monastère de Solignac, près de Limoges, « pour y réunir les moines habiles dans tous les arts, qui se chargèrent de perpéluer ces enseignements et de pratiquer les diverses industries artistiques relatives, principalement, à la production des objets du culte et de la liturgie. » De nombreuses abbayes de ce genre s'établirent en France, en Italie, en Suisse, en Angleterre, en Allemagne, pratiquant les lettres, les sciences et les arts, dont ils furent les gardiens aux époques de troubles et de dévastations qui semblaient devoir tout anéantir. (J. Labarte, Histoire des arts industriels au moyen âge et pendant la Renaïssance.)

Charlemagne favorisa les orfèvres et leur fit d'importantes commandes, Simple dans la vie habituelle, il déployait les jours d'apparat, d’après Eginhard, son historien, un luxe tout à fait royal. Son mobilier comptait un certain nombre de tables d'argent et une autre en or massif, figurant à la partie supérieure, l'image de la terre etdes planètes. Charlemagne donna beaucoup aux églises. Suivant une tradition, il aurait fait présent, à vingtquatre abbayes, de vingt-quatre reliqraires représentant chacun une lettre de l'alphabet. L'ancien abbaye de Conques (Aveyron) conserve un reliquaire en forme d'A, qui a ajouts été connu sous le nom d'A de Charlemagne.

Les idées religieuses poussaient les esprits à donner aux objets du culte catholique une grande magnificence. Le mouvement quelque temps arrêté, au commencement du X[e siècle, par les

craintes de la fin du monde, reprit peu à peu son impulsion. Le goût des somptueuses reliures ornées d’émaux et de pierreries tendit à s’accroitre et l’on fit des autels portatifs lamés d’or et d'argent d’une richesse inouïe. Limoges, Tours et Paris furent des centres importants de fabrication. En France, au XIVe siècle et pendant une partie du XVe, les guerres contre les Anglais et les dissensions intestines entravèrent le commerce de l’orfèvrerie. La Bourgogne, au contraire, était alors très florissante. Tous les ducs de la maison de Valois, Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire vivaient dans le luxe ; ils faisaient venir de Lille, de Bruges, de Bruxelles, et surtout de Gand, les vaisselles, les bijoux qu'ils étalaient sur leurs dressoirs, sur leurs tables et sur leurs vêtements. C'est ainsi que l’art flamand pénétra en France.

Au xue siècle, les Italiens abandonnent les traditions byzantines et font faire de grands progrès à l’orfèvrerie par leur façon d'appliquer les émaux. Au lieu des plaques d’émail incrustées, qui exigeaient d’épaisses feuilles de métal, et ne produisaient ni effet, ni perspective, ils eurent l’idée de fixer directement les émaux translucides sur les parties ornementées de leurs vases d'or ou d'argent. Les ciselures, ainsi recouvertes, produisirent des ombres qui donnèrent aux émaux l'aspect de fines peintures à reflets métalliques. La France adopta bientôt ces procédés.

Le XVe siècle marque l'apogée de l’orfèvrerie italienne; jamais, à aucune époque, elle n'eut pour interprètes autant d'artistes éminents. Pour n’en citer que quelques-uns, nous nommerons Philippo Brunelleschi, Lorenzo Ghiberti, Donatello, Jacopo della Guercia, Antonio del Pollaiuolo et Francesco Raibolini dit le Francia. La plupart de ces maîtres, hors de pair, exerçaient la peinture et la sculpture en même temps que le noble métier d’orfèvre. Ceux qui vécurent vers la fin de ce siècle s'éprirent de l'antiquité et négligèrent les scènes religieuses, pour les sujets tirés de Ja Fable. Benvenuto Cellini occupe le premier rang, au XVI° siècle; c'est, d’ailleurs, le seul qui puisse être comparé aux célébrités dont nous venons de parler. « Si les grands artistes consentirent à fournir des modèles à l’industrie, dit M. J. Labarte, aucun, si ce n’est Benvenuto Cellini, ne fit de l’orfèvrerie sa profession habituelle, »

Les merveilles exécutées par les Italiens donnèrent aux autres peuples l’idée de les imiter. En France, le cardinal d'Amboise et François It" concoururent à ce résultat ; le premier, en faisant venir à grands frais d'innombrables chefs-d'œuvre d’orfèvrerie italienne, pour son château de Gaïllon; le second, en attirant à

sa cour Gellini et Matteo del Nassaro. Le siècle de la Renaissance nous ramena aux compositions mythologiques. Depuis le XVe siècle, l'usage s'était répandu de porter au chapeau, ou bien au cou, suspendus à une chaine d'or, des médaillons, des camées, des bijoux, désignés sous le nom d’enseignes; les plus belles, ciselées sur or par Benvenuto, ou gravées sur pierres dures par Matteo, jouissaient d'une faveur particulière. L’enseigne eut un succès durable; l'inventaire de Gabrielle d’Estrées en remplit tout un chapitre, dit M. de Laborde. Trois d’entre elles sont estimées vingt-cinq mille écus. Nous nous bornerons à en citer deux : « 1599. Une grande enseigne faite en plume, toute de diamans, où il y en a un grand à jour au milieu, sur lequel est la peinture du Roy.….., prisée sept mille escus. » — «Une enseigne toute ronde, d’or, faite en façon de soleil, à laquelle y a une grosse pomme de diamant (en tout 58 diamants), estimée XI mille escus. » l

Sous Francois [er, les bijoux reçurent des chiffres, des inscriptions, des devises. Dans la suite, ils présentèrent un aspect bizarre, figurant des dauphins, des sirènes, des animaux étranges, des néréides toutes nues, des poissons fantastiques. Les perles les plus baroques furent utilisées avec un talent surprenant pour ces sortes de bijoux, dont l'or émaillé devint l’inévitable accompagnement. Les caprices de la mode ont amené la destruction presque totale des beaux bijoux de la Renaissance, et les rares spécimens échappés au naufrage ont acquis, de nos jours, une valeur considérable.

Le goût italien, en pénétrant en France, comme dans le reste de l'Europe, n'avait pas à nous apprendre les procédés du repoussé, de la gravure, de la niellure et de l’émaillerie, connus depuis longtemps, mais il les perfectionna. La damasquinerie fut aussi employée par les orfèvres, qui la portèrent, dans ce grand siècle, à sa plus haute perfection. On sait que ce délicat travail consiste à reproduire des dessins en filets d’or ou d'argent sur un métal moins brillant, comme le fer ou le bronze. Des coffrets, des cabinets, des vases, des toilettes, furent ainsi exécutés. Venise, et surtout Milan, étaient réputées pour ces sortes d'ouvrages. L'art de tailler les pierres dures en camées ou en intailles, conservé à Constantinople, nous parvint après la prise de cette capitale par Mahomet I1(1453). Avec les belles matières anciennes, le cristal de roche et les marbres les plus rares, on fit des vases précieux, que les orfèvres s’appliquèrent à enjoliver de riches montures.

Parmi les plus célèbres orfèvres français du XVI° siècle, on

peut citer : Bénédict Ramel, auteur d’un portrait-médaillon en or de François Ie", et pour lequel il recut trois cents livres tournois, en 1538. Robert Mangot (+ 1556), orfèvre de François 1er et de Henri IL. Martin Lussault, orfèvre, suivant la cour; la sympathie que lui témoignait Catherine de Médicis ne l'empêcha pas d'être massacré à la Saint-Barthélemy. Claude Marcel, fournisseur de Catherine de Médicis, prévôt des marchands en 1570. Etienne de Laulne, Pierre Woæëiriot, auteurs de très beaux modèles pour l'orfèvrerie et la bijouterie. Claude de la Haye et François Desjardins, orfèvres de Charles IX. Jean de la Haye, fils du précédent, orfèvre de Henri IV et de Gabrielle

Gobelet de chasse de Louis XI, Collection de Mme Jubinal de Saint-Albin.

d'Estrées; c'est à ce maître qu'on doit en majeure partie la somptueuse vaisselle de cette célèbre favorite. Richard Toutin, artiste très réputé sous Charles IX, et qui fit pour ce prince une nef pesant trente-deux marcs ou seize livres,

Le style Renaissance se continua jusque sous Louis XIII, mais il perdit de sa grâce et prit des formes plus massives. C’est au X VIE siècle surtout, dit M.A. Darcel, que les jonchées de fleurs, ainsi que les animaux réels, écureuils, perroquets et oiseaux de toute espèce, colimaçons. etc., interviennent dans l’ornement. René de la Haye, Jean Gravet, Roberdet, « ouvrier inventif et industrieux », Merlin, les frères Masbraux, de Limoges, Roupert, de Metz, se distinguèrent sous Louis XIIT. Gédéon Légaré, orfèvre de Limoges, a gravé, en 1629, un Livre de feuilles d'orfévrerie, intéressant à consulter.

Sous Louis XIV, l’orfèvrerie visa au faste, à la grandeur. La vaisselle se multiplia et prit des proportions inusitées; on fit en argent massif des meubles, tables, coffres, cabinets, guéridons, des sièges, tabourets, fauteuils et canapés; des balustrades d'alcôve; des bordures de miroirs; des caisses d'orangers, etc. Alexis Loir, Dutheil, de Villiers et ses fils, Claude Ballin et Pierre Germain s'illustrèrent dans ces travaux remarquables, où la main-d'œuvre coûtait dix fois le prix de la valeur intrinsèque du métal. Ces ouvrages, susceptibles de traverser les siècles, n'eurent qu'une durée éphémère. Les prodigalités et les guerres incessantes du grand Roi ne tardèrent pas à les précipiter au creuset de la monnaie. Tout y passa. Louis XIV avait espéré en obtenir six millions, il en réalisa la moitié.

Dangeau et Saint-Simon nous apprennent que sur la fin de 1689, le Roi « se mit en faïence ». Il fit convertir meubles et vaisselle en argent monnayé, et contraignit ses sujets à l’imiter, sous peine d’une amende de six mille livres. L'édit somptuaire du 44 décembre 1689 limite le poids des objets d'or ou d'argent que chacun est autorisé à conserver. Ce fut un désastre pour l’orfèvrerie et un coup de fortune pour les faïenceries françaises.

Jean Pitan (+1675), orfèvre du Roi, est un des premiers qui ait exécuté ces présents si riches el si variés que Louis XIV offrait aux ambassadeurs étrangers et aux personnes de son entourage.

En 1676, Pierre Le Tessier de Montarsy succède à « feu Pitan » dans ses fonctions honorifiques, et jusqu’en 1714, le nom de ce célébre orfèvre est répété à l'infini sur les Aegistres des pierreries et présents du roi. Durant ce long espace de temps, il reste chargé de la haute fourniture de tous les joyaux et bijoux fournis à Sa Majesté soit pour son service personnel, soit pour les présents royaux. Au milieu de ces bijoux magnifiques, nous remarquons que les boîtes à portrait jouissent d’une faveur particulière et l'emportent en nombre et en valeur sur les autres présents.

Le style Louis XV ou rocaille, ennemi de la symétrie et des surfaces planes, recherche les courbes irrégulières, les formes baroques, et multiplie les aspérités. Bien avant la fin de ce règne, un peu après la mort de Mn° de Pompadour, on en revint à la correction; la découverte d'Herculanum frappa les esprits ; on emprunla aux vases de l'antiquité leur forme élégante, et l'on en composa avec les nœuds, les guirlandes et les amours, un style charmant désigné aujourd'hui sous le nom de Louis XVI. Quant aux orfèvresciseleurs, qui par leur talent occupent en France la première place dans ce siècle sceptique et frivole, ce sont Claude Ballin, le neveu; Thomas Germain, fils de Pierre ; Meissonnier ; Roettiers et Auguste.

Augsbourg et Nuremberg étaient, au XVIe siècle, les centres de fabrication de l'orfèvrerie allemande. Dresde, Cologne, Leipzig, Francfort-sur-le-Mein, eurent aussi d'excellents orfèvres. Les Allemands, disciples de Calvin, se sont appliqués de préférence à l’orfèvrerie profane ; mais il faut reconnaitre que la belle ordonnance de leurs compositions .ur donne souvent un grand caractère, qui devient parfois bizarre lorsque le corps de l'objet prend l'aspect d’un animal chimérique.

PCA Wenzel Zamnitzer (1508 + 1585); Christophe Zamnitzer,son neveu; Jonas Silber et Hans Pezolt (+ 1633), tous quatre de Nuremberg, ont ciselé en argent des plateaux, des aiguières, des surtout et des vidrecomes de toutes beautés. Mathias Walbaum, d’Augsbourg. enrichit de statuettes d'argent, en 1615, un superbe cabinet pour le duc de Poméranie. Théodore de Bry, né à Liége, en 4528, mort à Francfort-sur-le-Mein, en 1598, s'est distingué comme ciseleur, et plus encore comme graveur. Ses jolis dessins, très recherchés, ont servi de modèles aux orfèvres. Jean Collaert, graveur d'Anvers, né en 1540, a composé deux suites de modèles de bijoux dignes d’être cités.

Raimund Falz (+ 1703) résidait à Augsbourg; il est cité pour

Sucrière de Besnier.

Collection de M. de Montgermon

ses médaillons et bas-reliefs, destinés à décorer les cabinets. Johann Andras Thelot (+ 1734) a laissé à Augsbourg une très grande réputation. J.-M. Dinglinger conquit une célébrité peutètre plus grande encore, bien que discutable à cause de son genre de talent qui se complaisait dans les petites figures. Pendant son long séjour à Dresde, il ne cessa guère de travailler pour l'électeur de Saxe, Roi de Pologne. Il fit, pour ce prince, en figurines de cinq à six centimètres de haut, la cour du Grand Mogol, Aureng-Zeyb, à Delhy. Tous les petits personnages ciselés en ronde-bosse et polychromés en émail, indépendants l'un de l’autre, étaient représentés d’après les dessins et les relations des voyageurs.

L'Espagne, les Flandres, les Pays-Bas, l'Angleterre, eurent aussi des orfèvres distingués. Obligé de nous restreindre, nous renvoyons, à leur sujet, aux livres spéciaux.

Avant la Révolution, la corporation des orfèvres comprenait trois séries bien distinctes, celles des orf?vres, des béjoutiers et des joailliers. L’orfèvre proprement dit devait s'en tenir à fabriquer et vendre la vaisselle, les couverts, les meubles divers servant à l'ornementation des appartements, les tabatières d'argent, les boucles de souliers et un grand nombre d’autres petites pièces. L'orfevre-bijoulier fabriquait et vendait tous les bijoux d'or, même ceux qui étaient enrichis de diamants. L’orfèvre- Jjoaillier vendait et mettait en œuvre les diamants, les pierres précieuses et particulièrement les pierres fines. Les joailliers s’appelaient aussi metteurs en œuvre. L'apprentissage durait huit années ; le compagnonnage, habituellement de deux ans, n'était pas limité, parce que le nombre des maitres était fixé à trois cents. Le brevet coûtait 186 liv. et la maitrise 1,350. Patron, saint Éloi.

« La première obligation d'un maitre-orfèvre, quand il veut fabriquer, dit l'£ncyclopédie, est celle d’avoir un poinçon à lui particulier, qui s'appelle un poincon de maître. I doit être composé des lettres initiales de son nom, d'une devise à son choix, d'une fleur de lis couronnée et de deux petits ronds formant deux grains posés parallèlement, afin de faire observer continuellement au fabricant qu'il n'a que deux grains de remède dans l'emploi de ces matières. Il est tenu aussi de faire insculper ce poinçon, sur une planche de cuivre, déposée au greffe de la cour des monnaies et sur une autre déposée au bureau des orfèvres; ces deux insculpations sont de rigueur, afin d'y avoir recours au besoin, en cas de contravention de sa part, auquel eas on y procède par voie de comparaison et de rengrènement. L'orfèvre

doit appliquerle poinçon sur tous les ouvrages qu'il commence et prendre beaucoup de soin pour qu'il ne s’efface pas dans le cours de sa fabrication, afin que dans tous les temps, on puisse le reconnaitre. Quand ses ouvrages sont ébauchés au marteau seulement, il est obligé de les porter au bureau des orfèvres, pour en faire la déclaration au régisseur des droits du Roi, lequel applique sur les dites pièces, un poinçon qui s'appelle poinçon de charge. Par cette opération, le régisseur donne sa reconnaissance au contribuable de la déclaration qu'il a faite par devers lui, contenant sa soumission de rapporter ces mêmes pièces lorsqu'elles seront finies pour en acquitter le droit imposé sur les ouvrages d’or et d'argent et qui se prélève à raison du poids qu'ils se trouvent avoir lors de leur perfection.

« Cette seconde obligation remplie, il est forcé à une troisième plus importante encore pour le public, c'est celle de déposer à l'instant ces mêmes pièces brutes dans le bureau des gardesorfèvres en exercice. Les gardes-orfèvres, préposés pour faire l'essai de la matière de tous les ouvrages d’or et d'argent qui se fabriquent dans la capitale, remplissent scrupuleusement leur devoir à cet égard ; et après y avoir procédé tout de suite, s'ils ont trouvé les ouvrages au titre prescrit par les ordonnances, ils apposent leur poinçon dessus les dites pièces dans leur état, ce qui fait un troisième. Ce poinçon était précédemment, et jusqu'à l'époque de l'année 1784 avait toujours été, une lettre de l'alphabet couronnée qui changeait tous les ans au mois de juillet, terme fixe du renouvellement des gardes. Le motif du changement annuel de ce poinçon était d'indiquer l'exercice de chacun des gardes-orfèvres, afin qu'en cas de contravention de leur part (ce dont on n'a jamais vu d'exemple), la cour des monnaies pût reconnaître justement ceux contre lesquels elle aurait à sévir.

« Une nouvelle déclaration du Roi, rendue en l'année 1784 et registrée en la cour des monnaies, ordonne que la lettre P servira pour l'avenir de poinçon de contre-marque pour la ville de Paris et que le millésime annuel sera indiqué par deux chiffres qui se trouveront placés au-dessous de la couronne. Il esl essentiel d'ajouter que les ouvrages moulés sont sujets aux mêmes formalités que ceux dont on vient de rendre compte. Le poinçon des gardes-orfèvres, appelé de raison commune et de contremarque, est aussi insoulpé sur une planche de cuivre,déposée au greffe de la cour des monnaies, pour y avoir pareillement recours au besoin.

« Après l'essai fait des matières apportées au bureau par les fabricants, si elles ne sont point trouvées, savoir celles d'argent

au titre de 41 deniers 12 grains, au remède de deux grains de fin, celles d'or au titre de 20 karats 1/4 au remède de 14/4 pour les ouvrages ordinaires et pour les grandes pièces aussi en or, soit dans l'orfèvrerie, soit dans la fourbisserie ou toute autre partie, au titre de 22 karats 1/4, au remède d'un quart, les gardesorfèvres cassent et coupent en différentes places les ouvrages, afin d'ôter au fabricant tout moyen de les employer ailleurs, en observant de ne point défigurer la marque du régisseur,afin que le contribuable puisse se faire décharger de la soumission qu'il avait faite précédemment de rapporter ces mêmes ouvrages quand ils seraient finis. Dans cette dernière circonstance les gardes-orfèvres donnent au fabricant un bordereau qui leur indique le titre auquel s’est trouvé son or ou son argent, afin qu'il puisse le recharger en connaissance de cause, de la quantité nécessaire d’or ou d’argent fin, pour se trouver au titre ci-dessus annoncé.

« Toutes les précédentes obligations étant remplies de la part de l’orfèvre ou bijoutier, il achève en sûreté son ouvrage, le rapporte ensuite au bureau du Roi pour acquitter les droits; alors on lui décharge sa soumission, et le fermier ou régisseur pour le Roi applique sur ces mêmes pièces un 4° poinçon qui s'appelle justement et pour cela poincon de décharge. Gette dernière opération lui donne la liberté d'exposer en vente et de disposer comme bon lui semble de ses marchandises. » (Æncyclopédie méthodique. Arts et métiers, au mot Orfèvrerie.)

En résumé, nous voyons que (sauf divers ouvrages exécutés pour le Roi, aux Gobelins) l'orfèvrerie de Paris doit porter, jusqu'en 1789, quatre poinçons.

4° Le poënçon du maïtre, composé des lettres initiales de son nom et d’une devise, surmontées d'une fleur de lis couronnée.

2 Le porncon de charge du fermier, pour rappeler au fabricant ses obligations. C'est un A, timbré d'une couronne fermée.

3° Le poinçon de la maison commune, délivré par le garde-orfèvre en exercice, pour constater que la pièce d’or ou d’argent est au titre exigé par la loi. Depuis 1507, c'est une lettre de l’alphabet, couronnée, qui se renouvelle tous les vingt-trois ans (le J, V'U et le W étant supprimés). A partir de 1784, la lettre P est appelée à remplacer toutes les autres.

4° Le poincon de décharge, appliqué sur les ouvrages terminés, conformément à la loi, et dont la taxe a élé payée. Il représente une figure de profil, un chien, une tête d'oiseau, une couronne, une aiguière, etc.

Dans son 7raité de la yarantie des ouvrages d'or et d'argent,

Paris, 1825, B. L. Raïibaud donne les poinçons des communautés d’orfèvres, en 1786. En voici quelques-uns : Abbeville, une abeille. Amiens, une arbalète avec sa flèche. Angers, une raquette. Beauvais et Dieppe, un poisson. Besançon, une vrille. Brest, un navire. Cambrai, une têle de cheval. Clermont, un arbre. Grenoble, un dauphin. Le Hàävre, un drapeau. Lille, un oiseau volant. Limoges, une hotte. Lyon, une tête de lion. Mâcon, une main. Metz, un pgaon. Moulins, les ailes d'un moulin. Nantes, un sceptre. Nevers, «me bouteille. Paris, un P couronné. Pau, une vache. Rennes, un singe. Rouen, une branche avec quatre pommes. Toulouse, une truelle. Verdun, une fleur de lis, etc.

Ajoutons ces renseignements complémentaires, donnés par le Bon J. Pichon, dans son catalogue de vente de juin 1878 :

« Il y a eu au moins, depuis le règne de Philippe le Hardi, un poinçon destiné à faire connaitre l’auteur de chaque pièce d’orfèvrerie et le lieu de la fabrication ; mais cet usage paraît avoir subi quelques lacunes pour le second de ces poincons, dit de maison commune, qui servait à établir le titre de la pièce et était appliqué dans chaque ville par les gardes de l’orfèvrerie. En effet, Louis XII, dans son ordonnance du 12 décembre 1506, en prescrivant que tous les orfèvres aient nouveaux poinçons (ce qui indique qu'ils en avaient d’autres antérieurement) ordonne, sans parler de poinçon antérieur, ni rien dire dont on puisse en induire qu'il en existait, qu'il y ait un contrepoinçon dont les maitres jurés contremarqueraient les ouvrages des orfèvres et que ce contrepoint soit chaque année enregistré à la chambre des monnaies et empreint (ou insculpé) sur une table de cuivre.

« C’est ce poinçon, représentant une lettre de l’aphabet, changeant tous les ans, qui donne la possibilité d’'assigner à chaque pièce d’orfèvrerie, une date précise; mais chaque lettre revenant après 23 ans et le style ne changeant pas aussi souvent, ce n’est qu'à partir de 4672, date de l'établissement du droit de marque, que la date peut être indiquée d'une manière irrévocable. En effet, depuis cette époque, les poinçons des fermiers indiquant la série des années de leur bail, la lettre du poinçon de la maison commune ne peut s'appliquer qu'à l’année du bail où elle a été employée: ainsi l’'R qui avec les poinçons d’Étienne Baligny (1703-1713) désigne l'année 1710, indique 1757 avec ceux d'Eloi Brichard (1756-1762) et 1733 avec ceux d'Hubert Louvet (1732- 1737).

« Ce fut le 5 février 4506 (1507 nouveau style) que fut insculpé le premier A à la cour des monnaies, le B lui succéda le 40 dé-

cembre 1507, et cet usage dura jusqu'en 1783 (1) que le V ou plutôt l'U fut insculpé le 12 juillet. De 1784 à 1789, un poincon de maison commune, prétendu invariable fut donné à l’orfèvrerie de Paris; c'était un P changeant de forme tous les ans et portant les deux dernières lettres du millésime gravé en creux, entre la couronne et le P. »

Il est donc possible de retrouver le nom de l’orfèvre, d'après son poinçon particulier, et la date de la pièce, par le poinçon dela maison commune. Mais si Le problème peut être résolu, il offre de grandes difficultés. Le B°r Jérôme Pichon n'a pas craint d’entreprendre ce travail. Son ouvrage était assez avancé, il y une vingtaine d'années, pour être annoncé aux amateurs quil’attendent encore. Manque-t-il à l’auteur quelques documents importants? Trouve-t-il trop de lacunes qu'il cherche à combler? C’est ce que nous ignorons. Pour notre part, nous regrettons vivement l’absence d’un livre dont l'utilité s'impose aux curieux de bijouterie et d'orfèvrerie; nous en eussions fait profiter nos lecteurs.

Passons en revue les principaux orfèvres, bijoutiers, joailliers du XVIIE siècle, inscrits sur les Æegistres des présents du Roi, au ministère des Affaires étrangères ou dans les comptes des Menus- Plaisirs, classés aux Archives nalionales de 01 2984 à 01 3133.

ALLAIN, bijoutier, cité plusieurs fois sur les comptes des Menus de 1725 à 1749.

ARGAND, Gabriel, fournisseur des Menus en 1771. Il réclame 15,000 liv pour la montre de mariage de la CS d'Artois, avec la chaine, le cachet et la clé, enrichis de diamants (01 3031).

AUBER, joaillier du Roi Louis XVI. Au mariage du Cte d'Artois, sa fourniture en montres, tabatières, navettes, flacons, étuis, porte-crayons, s'élève à 424,565 liv.

AuGusTE, Robert-Joseph, orfèvre du Roï, chargé de la couronne du sacre, en 1775. L’or employé coûte 4,330 liv., et la facon 6,000. Pour la main-d'œuvre de onze couronnes de vermeil, dont trois de duc et huit de comte, 3,850 Liv. — Sur un second mémoire, relatif aux présents faits à la cathédrale de Reims, nous trouvons : une buire et son bassin. Deux burettes et leur bassin. Deux burettes et leur bassin en vermeil. Un ciboire d'or. 49,709 liv. — Façons de neuf bas-reliefs à sujets de la Passion

(1) « IH y a eu des irrégularités: ainsi l’X a été le poincon depuis le 20 juillet 4690 jusqu'au 15 octobre 1692; l'A a servi du 29 décembre 1740 au 9 mars 1742, etc. On ne peut donc établir les poinçons de chaque année seulement par le fait de l'insculpation de l’A en 1507; il a fallu dépouiller les registres de la cour des monnaies pour avoir les dates précises dechaque lettre. »

et de trois anges supportant la coupe, 15,000 liv. En tout, pour les présents, 37,238 liv. — En 1783, Auguste grave la plaque d'inscription pour mettre sur le cercueil de plomb de Mie d'Artois. « C’est le corps de très haute et puissante princesse N. de France, dite d'Angoulême, fille de Mer je comte d'Artois, morte à Choisy, le 23 juin 1783, âgée de cinq mois seize jours. » Il fournit aussi une couronne, 473 liv. — 1786. Une toilette en argent.

4787. Tasses et flacons pour recevoir le sang des sangliers à la fin de la chasse du Roi, avec les armes gravées, 1,649 liv, La même année, Auguste est encore chargé d'exécuter une couronne en vermeil et deux plaques d'inscription en argent, dont une pour mettre sur le cercueil de Mme Sophie, fille du Roi, et la seconde pour le cercueil renfermant les entrailles. La couronne en vermeil est déposée avec le corps. (Arch. nat. 01 3047, 01 3064, 01 3077, 01 3078.)

Robert Auguste, dont la réputation balança celle des Germain et des Claude Ballin, laissa un fils, Henri Auguste, né en 1759, qui s’éleva presque au niveau de son père.

BaLpuc, orfèvre sous Louis XV. En 1771, il exécute pour la chapelle de l'hôtel des Menus-Plaisirs, à Versailles, un calice, sa patène, deux burettes et une cuvette 558 liv.

BALMONT, bijoutier, cité à diverses reprises sur les comptes des Menus de 1747 à 1758.

Busnier, 1725, fournisseur des anneaux de mariage de Louis XV et de Marie Leczinska.

Bœnmer, joaillier sous Louis XVI. En 1776, il remet aux Menus un mémoire de 8,000 liv., pour une paire de girandoles en brillants.

Demay, bijoutier, mentionné, en 1761, sur les Registres des présents du Roi, et, en 1768, sur les comptes des Menus, cette dernière fois pour une tabatière à sujets d'opéra comique, offerte au roi de Danemark. 2,400 liv.

Draïs, bijoutier du Roi, place Dauphine, cité sur les comptes des Menus de 1770 à 1782. Les tabatières sont les bijoux dominants de ses mémoires.

DucrozLay. De 1355 à 1771, ses livraisons au ministère des Affaires étrangères consistent en bijoux, vaisselle et surtout en tabatières.

FaYoLLE, un des fournisseurs royaux au second mariage du Dauphin, en 1747, (Arch. nat. 01 2985.)

De LA FRENAYE, bijoutier. Sa participation dans la corbeille de la seconde Dauphine, en 1747, s'élève à 39,922 liv. Nous

le retrouvons aux Menus-Plaisirs en 1756, et une dernière fois en 1760, pour deux boites d'or, dont une de 1,208 liv., dite journée, ovale et guillochée. (Arch. nat, 0! 2099, 0! 2985.)

GAILLARD, Joaillier des Menus-Plaisirs. Nous lisons sur sa fac= ture, datée de 1768 : Un bracelet, avec le portrait de Mme Louise, pour Me de Lostanges, 2,851 Liv. — Un bracelet, avec le por« trait du Roi, pour la Gt de Noailles, 5,887 liv, = Un autre, avec le portrait de Mme Adélaïde, pour Mme de Durfort, 2,893 liv, — Deux bracelets, ornés des portraits de Mme Victoire, dont l’un pour la Ps de Chimay, et l'autre pour la Mise de Riant. 5,800 liv, Tous ces bijoux sont enrichis de brillants, En 1770, pour la corbeille de Marie-Antoinette, la fourniture de Gaillard est très im portante; nous y remarquons un éventail garni de diamants et d'émeraudes, et une riche boîte sertie de brillants estimée 20,746 Liv. = (Arch. nat. 0! 302.) Nous retrouvons Gaillard au mariage de la Gs*e de Provence, puis une dernière fois en 1775. (0! 3031.)

GaARAND, fournisseur des Menus, de 1762 à 1764, II livre une série de tabatières « garnies à la grecque », ornées des portraits du Roi, du Dauphin et de Mesdames.

GERMAIN, Thomas (1673 + 1748), fils de Pierre Germain, orfèvre du Roi et le plus habile des membres de sa famille, Un de ses confrères a dit de lui, dans l'£ncyclopédie : QIX fut le créateur de la belle orfévrerie, et ses ouvrages serviront éternellement de modèles à tous ses successeurs. » On s'explique ce jugement dicté par l'admiration, en voyant les dessins de la toilette, composée de trente-cinq pièces, que fit Germain pour Marie Leczinska, au commencement de son mariage. En 1729, il remet à M. de Maurepas, ministre des Affaires étrangères, dixhuit épées à poignées d'argent ciselé, pour être offertes à des officiers de marine. Ces épées valent 240 et 300 liv, chacune; la facon seule de notre artiste est de 450 liv., en dehors de ce qui concerne le fourbisseur. Parmi les présents envoyés au Grand Seigneur, en 1742, se trouvaient une table, « un pot à oille », douze soucoupes et douze cuillères à l4 turque, sculptées par Germain.

Gouers, bijoutier du Roi. Ses fournitures, en tabatières, boîtes à portrait et bijoux de toute sorte, pour la corbeille de Marie Leczinska, se montent à 69,140 liv. — Nous le suivons sur les Registres des présents du Roi de 4725 à 1736; il ÿ figure pour des sommes importantes.

HénpAULT, cité sur les comptes des Menus, de 4747 à 1754 et Presque toujours pour des tabatières livrées au Roi, au Dauphin,

à la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, à Mesdames de France.

DE LA HOGUETTE, fournisseur des Menus en 1753. Il livre neuf tabatières ornées des portraits du Roi et de Mme [nfante, pour des dons particuliers.

JACQMIN, joaillier du Roi et de la Couronne, mort aux galeries du Louvre en 1773. De 1762 à 1771, il exécute pour les Menus et surtout pour les Affaires étrangères, d'innombrables bijoux enrichis de diamants et plus beaux les uns que les autres. Ses mémoires à l'occasion des mariages de Marie-Antoinette (1770) et de laCse de Provence (1771) s'élèvent ensemble à 741,462 liv.

Le Braxc, père et fils, joailliers de la Dauphine Marie-Josèphe, cités sur les comptes des Menus de 1763 à 1766.

MarLLaRD, joaillier des Menus-Plaisirs sous Louis XVI. Voici quelques-unes de ses fournitures : 1778. Trois bracelets de vingtquatre brillants chacun, pour les gouvernantes de Mme Elisabeth. 7,200 liv. — 1779. Un passe-partout de Trianon garni de 1431 brillants, présenté à S. M. le 14 août 1774. 6,000 liv. — On voit que le règlement des factures subissait parfois de longs retards. — 1783. Une paire de bracelets de quarante brillants. 5,760 liv.

Meissonnier, Juste-Aurèle, d’origine piémontaise, orfèvre-ciseleur du Roi. Moins réservé que Claude Ballin et Thomas Germain, il se laissa entraîner à toutes les exagérations du style rocaille. Meissonnier trouve son excuse dans les exigences de l’époque et n’en reste pas moins un des premiers artistes de son temps. Le 45 octobre 1795, il fournit cinq épées à poignées d'or, ciselées, dont quatre à 1,500 Liv. et une à 4,000 liv. — Ces épées sont offertes à des gentilshommes polonais de la suite du Roi Stanislas, au mariage de Louis XV et de Marie Leczinska. (Présents du Roi, n° 427.)

NAvET, bijoutier, cité une fois en 1764, pour une tabatière d’or, émaillée, donnée « au sieur Mozart, musicien, par ordre du Roy. 1,800 liv. » (Arch. nat. 0! 3011.)

OurziLe, bijoutier du Roi. En 1786, il livre aux Menus une tabatière, pour le voyage de Cherbourg.

PETITIKAN, joaillier des Menus-Plaisirs, sous Louis XVI. Nous voyons sur sa facture de 1786, à l'occasion du voyage de Cherbourg, quatre tabatières émaillées en plumes de paon, enrichies de brillants. 41,300 liv. — 1787. Quatre médaillons à charnière, entourés chacun de vingt-six brillants, pesant 50 karats à 2920 Liv. 14,000 liv. Pour la facon et les étuis en roussette. 312 liv. — 1788. Quatre boucles de ceinture composées de soixante-douze brillants, offertes par S. M. à Mile de Matignon, le jour de son mariage avec M. de Montmorency. 24,012 liv.

RAvECHET, fournisseur des Menus de 4740 à 17514, et dont les mémoires ne mentionnent que des tabatières,

Ronpé, joaillier du Roi, souvent cité sur les comptes des Menus. En 1749, il livre vingt bracelets pour le Dauphin, la Dauphine, Mne Infante, Mmes Isabelle, Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, 70,099 liv.— (0: 2986). Pour avoir une idée de la multiplicité et de la richesse des joyaux exécutés par Rondé, il faut consulter les /egistres des présents du Roï; les tabatières et les boîtes à portrait y tiennent une place considérable depuis 171%, année de son entrée en fonctions, jusqu'en 1759.

RogTriers, Jacques (1707 1784), orfèvre du Roi, logé au Louvre et reçu à l'Académie comme graveur, le 2 octobre 1773. Comme Thomas Germain, comme Meissonnier et comme Auguste, il laissa une grande réputation. La vaisselle qu'il exécuta pour la Dauphine, en 1745, lui fit beaucoup d'honneur. Voici d’après les comptes des Menus-Plaisirs, quelques fournitures de notre artiste : 1747. Anneaux d’or et d'argent pour le second mariage du Dauphin. 70 liv. Une paire de flambeaux d'argent, ciselés, avec les armes etlalégende. 596 liv.— {A7ch. nat. 01 2985.)1753. Une boîte à éponge; un flacon et un couteau à lame et manche d'argent. 788 liv. — 1755. Une paire de flambeaux d'argent. 582 liv. Dans ce prix, la main-d'œuvre est comptée 200 liv.

En 1765, Roettiers s'était associé son fils et mettait sur ses factures « Roettiers père et fils orfèvres ordinaires du Roi. » L'année suivante, les deux associés réclament 1,529 iv. « pour un cœur surmonté d’une couronne, le tout en argent pour les funérailles de Mgr le Dauphin. » (0° 3011. 0! 3014.) En 1773, Roettiers fils signe RoeTriers De LATOUR, orfèvre du Roi. Il livre deux flacons pour recevoir le sang des sangliers à la chasse du Roï. 1,486 liv. — Sur un autre mémoire, ildemande 1,560 Liv. pour un pot à pâte, deux boîtes à éponge, une boîte à savonnette el divers raccommodages. (Arch. nat. 0! 3040, 0! 3044.)

Roucez, bijoutier du Roi, quai de l'Horloge. Ce maître habile paraît sur les comptes des Menus de 1763 à 1776 et seulement pour de légères fournitur:s.

SAGERET, fournisseur des Menus de 1640 à 1778. Le nombre et la variété de tabatières fabriquées par ce bijoutier, sont considérables.

SOLLE, bijoutier-Joaillier, dont le nom figure constamment sur les /egistres des présents du Roi, de 1776 à 1786. Il à livré un nombre infini de riches tabatières et de boîtes à portrait au ministère des Affaires étrangères, pour les présents diploma-

tiques. Comme exemple, nous citerons la boîte offerte en 1782,

au prince Doria, nonce du Pape, « à l'occasion des langes bénits qu'il a présentés pour Mgr le Dauphin. » Ge bijou orné de cent soixante-treize brillants, et du portrait de Louis XVI, par Sicardi, coûtait 29,090 Liv, (Présents du Roi, n° 451.)

TABLEAU DES PRINCIPAUX ORFÈVRES-BIJOUTIERS DE PARIS, SOUS LOUIS XVI, L'EMPIRE ET LA RESTAURATION, D'APRÈS LES ALMA- : NACHS DE L'ÉPOQUE.

(Almanach Dauphin où Tablettes royales du vrai mérite, Paris, 1777.)

AUGUSTE, rue de la Monnaie, connu pour tout ce qui concerne la vaisselle et les bijoux ciselés,

BarpuG, quai des orfèvres, Au Lion-d'Or, la vaisselle,

BALMONT, quai des Orfèvres, À la Tête-Noire, la vaisselle.

BaALzAC, rue Saint-Barthélemy, idem,

V'e BazzAG, Pont-au-Change, À a Justice, idem.

BEAULIEU, quai des Orfèvres, À l'Observatoire, élève et successeur du s' George, ci-devant renommé pour ses tabatières connues sous le nom de Georgettes, tient assortiment de bijoux de toute espèce, des plus à la mode et du meilleur goût.

BELLANGER, place Dauphine, connu pour les bijoux de fantaisie et à secret.

BLancneT, place du Chevalier-du-Guet, tient fabrique considérable de boucles d'argentsurnouveaux modèlesetpetitsbijoux d'or.

BourGuET le jeune, rue de l'Arbre-Sec, À la Tabatière-d'Or, pour la vaisselle et le bijou.

CERNEAU, Pont-Saint-Michel, À a Croix-de-Malte, connu pour les bijoux garnis, les cristaux, cailloux, etc.

CnABoT, rue Montmartre, À la Balance-d'Or, tient fabrique de boucles de toute espèce, sur de nouveaux modèles du meilleur goût, et dont il fait des envois en province et chez l'étranger.

GHARYEL, rue de l’Arbre-Sec, À l'Image-Saint-Louis, la vaisselle, etc.

CHATEL, rue des Arcis, privilégié, fabrique des tabatières en tous genres,

CoRBIN, rue Saint-André-des-Arts, pour tout ce qui concerne les bijoux de fantaisie et à secret,

COUTURIER, rue de la Ferronnerie, renommé pour tous les objets de mécanique, bijoux de fantaisie et à secret.

Darcuer, rue de la Ferronnerie, pour la vaisselle.

Daroux, quai Pelletier, À Saint-Louis, le bijou etboîites d'argent.

Degnte, quai Pelletier, À l'Écu-de-France, pour la vaisselle,

DE LA SALLE, place Dauphine, Au Médaïllon-d’Or, connu particulièrement pour tous les ouvrages de fantaisie et bagues à secret. En 1786, cet orfèvre est désigné dans les Zablettes royales... sous le nom DE LASSoLLe.

Derassu, rue de Gesvres, Au Louis-d'Or, pour la vaisselle.

DELION, rue Saint-Louis, Au Moulin-d'Or, pour les bagues à chiffres et à secret, agates et chiffres en cheveux, etc.

Deroussy père, rue de Gesvres, À l’Arbre-d'Or, pour la vaisselle,

Desmarais, rue Dauphine, À {a Frégate- Anglaise, tient fabrique de boucles d'argent sur nouveaux modèles.

DeviLe, DuarGuiS, DUCHESNE, DUTRY, GUÉRIN, Ve LE HENDRICK, MaAGiNEL, MICALLEF, MOREAU, PRION, VALLAT, VALLIÈRE, VANCOM- BERT, pour la vaisselle.

Durer, rue du Harlay, renommé pour les étuis, pommes de cannes, etc.

GAYET, rue Croix-des-Petits-Champs, orfèvre et coutelier ordinaire du Roi, tient assortiment des plus beaux couteaux et autres objets de coutellerie.

GERMAIN, au Carrousel, orfèvre, sculpteur du Roi,

Germain, le Romain, quai des Orfèvres, À la Garde-Royale, un des plus connus pour le bijou et la vaisselle.

GUÉRIN, au Pont-au-Change, À la Croix-de-Lorr aine; Méri- COURT, rue Saint-Louis, connus pour les boîtes d'argent.

MaAïLLARD, rue Saint-Honoré, à l'hôtel d’Aligre, renommé pour le dessin, la main-d'œuvre et la belle exécution des bijoux les plus délicats, comme bagues à chiffres, aiguilles de montres, etc.

MaRCAuULT, rue Saint-Louis, connu particulièrement pour le cachet d’or.

Porcxer le jeune, Pont-Notre-Dame, Au Vase-d’Or, connu pour tout ce qui concerne le bijou de fantaisie et à secret.

REGNAR»D, rue de l'Arbre-Sec, Au Renar-d'Or, « renommé pour le dessin et l'exécution de différents modèles de goût de son invention, pour la vaisselle, le bijou d'or et service de table. »

TiRoN DE NANTEUIL, place Dauphine, orfèvre-bijoutier du Roi.

Les orfèvres cuilléristes sont: ALLEN, rue Comtesse-d'Artois ; AN- THIAUME, rue Bertin-Poirée ; LANGLOIS, rue des Fossés-St-Germain.

GAIGNE, rue du Harlay, À l'Étoile-d'Or, joaillier, metteur en œuvre, perce les oreilles avec habileté.

Tablettes royales de Renommée… 1786. Bœnmer et BASSANGE, rue de Vendôme, joailliers ordinaires de la Reine et de la cour.

BouiLLé, fabricant de vaisselle, orfèvre ordinaire du duc d'Orléans.

BreTAU, rue Dauphine, pour le bijou.

CnaBoTru, rue Montmartre, tient fabrique et magasin assorti de boucles d'argent, dont il fait des envois en province.

CuéreT, quai des orfèvres, Au Christ-d’Or, connu par différents modèles de goût de son invention, tient un des plus fameux magasins et des mieux assortis en vaisselle plate et tout ce qui concerne le service de table.

CoLLINEAU, quai des Orfèvres, joaillier ordinaire du Cte d’Artois.

Corgy, renommé pour le bijou de fantaisie et à secret.

CornieR, joaillier ordinaire de Monsieur.

Drais, quai des Orfèvres, élève du sieur Ducrolay, bijoutier du Roi, tient assortiment de bijoux d'or, émaillés, garnis de diamants.

Dury, pour le service de table et ornements d'église.

Guy p’AmouRr, pour la vaisselle et le service de table,

JoLIvET, joaillier du duc d'Orléans.

MESNIER, rue Mauconseil, orfèvre-bijoutier du Roi, a été chargé d'un service en vermeil qu'il a fait exécuter sur des dessins pleins de goût et d’un fini précieux.

RENARD, renommé pour le dessin et l'exécution de différents modèles de goût de son invention, pour le bijou, la vaisselle, le service de table.

RIGAL, tient un des plus fameux magasins et des mieux assortis en vaisselle plate et ornements d'église.

Almanach du commerce de Paris, par J. de la Tynna, continué par S. Bottin, en 182. £mpire. 1804 à 1814. BIENNAIS, orfèvre de l'Empereur, rue Saint-Honoré, 283.

MARGUERITE, joaillier de la Couronne.

Niror (M.-E.) et fils, joailliers de l'Empereur et de l’'Impératrice,du Roi et de la Reine de Westphalie, place Vendôme, 15.

Picor, joaillier de Madame Mère.

PrrAUx, joaillier de l’Impératrice et de la Reine Hortense.

Joy, monteur de boîtes en or, rue Pavée-Saint-André-des-Arts.

Restauration. 1814 à 1830. DAUGNY FRÈRES, joailliers-bijoutiers de $. A. R. Monsieur, frère du Roi.

FRiése ET DEVILLERS, joailliers du Roi et de la Reine de Naples, rue du Bac.

GIBERT, joaillier de la duchesse d'Angoulème.

LECONTE, joaillier du duc de Berry.

MARGUERITE, joaillier de Monsieur.

MENIÈRE, joaillier du Roi et de la Couronne.

Barsr-MENIÈRE, joaillier du Roi et de la Couronne (4820).

Ourzie ET LeMonNE, bijoutiers du Roi et de la chambre du Roi (4822).

CauER, successeur de Biennais, orfèvre du Roi. 1824.

PRÉSENTS DU ROI

Les amateurs qui voudront approfondir l’étude de l'orfèvrerie, recourront à des ouvrages spéciaux (1), mais ce qu'ils ne sauraient trouver ailleurs que dans ce livre, c'est la liste des bijoux et présents divers, offerts par les Rois de France depuis 1662 jusqu’à la fin du règne de Louis XVI. Ces renseignements, puisés au ministère des Affaires étrangères n'avaient pas encore été communiqués ; ils offrent un véritable intérêt historique. On y trouvera les noms d’une foule de personnages de divers pays et dont la plupart ont joué un rôle à la cour de France, ou dans la diplomatie européenne.

Les présents se composent de parures, boucles d'oreilles, pendants, bracelets, nœuds, chaines, médailles, croix diverses, vaisselle d'argent, étoffes, etc. Quant aux boites à portrait, aux boîtes à mouches, lublettes, éventails, boucles de souliers et de ceintures, armes, boulons d'habit, bagues, cannes, nous en parlons incidemment et nous renvoyons pour les détails, aux notices qui les concernent.

Tous ces dons gracieux sont offerts aux membres de la famille royale, aux princes souverains et autres, aux familles titrées à l'occasion de mariages, de naissances, de baptêmes ; aux ambassadeurs, résidents, chargés d’affaires; aux signataires des traités de paix; aux envoyés, porteurs de félicitations ou de compliments de condoléances ; aux vainqueurs du Carrousel ; aux officiers venant annoncer le gain d’une bataille; aux capitaines de corsaires ayant fait des actions d'éclat, etc. (2).

(1) Voir : l'abbé Migne. Dictionnaire d'orfévrerie.— Paul Mantz. L'orfèvrerie française. Gaz. des B.-Arts. — Jules Labarte. Histoire des arts industriels au moyen âge et à l'époque de la Renaissance. — A. Darcel. Orfèvrerie, Joaillerie et bijouterie, excellente notice, dans le catalogue du Louvre. — P. Lacroixet F. Séré. Histoire de l’orfèvrerie.— Bon Ch, Davilliers. Histoire de l’orfèvrerie espagnole, — Ch. de Linas. L’orfèvrerie mérovingienne; enfin un ouvrage de M. Spire Blondel, qui doit paraître prochainement : Histoire des bijoux chez tous les peuples et à toutes les époques.

(2) Quant à l'orthographe très fantaisiste des noms propres, nous en laissons aux Registres toute la responsabilité. Le duc de Buckingham, par exemple, est appelé M. de Bouquinquan. Pour les noms les plus connus, comme celui-ci, nous n’avons pas hésité à rétablir l'orthographe, mais il en est d’autres que nous sentons fort mal écrits et que nous avons dû

Mai 1669. Envoyé au Roi d'Espagne, deux paires de pendants d'oreille, l’une de diamants et l’autre de toutes pierres, une montre avec son crochet, huit autres montres à boîtes d’or ; trois petits tableaux enrichis de pierreries, douze chapelets de différentes pierres fines et la cassette garnie d'or. 28,769 liv.

Septembre. Envoyé à la DS d’York, un présent de pierreries, parfums, rubans, etc., s'élevant à 23,730 liv.

Octobre 1664. Au sieur Roberti, nonce du Pape, un service de vaisselle d'argent. 41,573 liv.

1665. Envoyé à la Reine de Suède, un présent de rubans, parfums, « ustensiles de femmes », montres d'or, pierreries et bijoux. 47,019 Liv, — Un présent semblable est expédié à la Reine de Danemarck et coûte 16,182 liv,

18 mai, Envoyé à la Reine d'Angleterre, un carrosse de velours noir en broderie d'or, et six harnais. 142,887 liv.

22 août. À l’ambassadeur du grand Maître de Malte, un service de vaisselle d'argent. 6,036 liv.

1666. Envoyé à chacun des Rois de Suède et de Norwège, une toilette de vermeil, parfums, rubans, montres, bijoux, etce., ensemble.23,338liv.— À M. Metz, chancelier de l'évèque de Spire, un service de vaisselle d'argent, 2,400 liv.

26 février, Au grand chancelier de Suède, deux services de vaisselle, l’un en argent, l’autre en vermeil. 30,869 liv.

23 mars, À Mn:° l'électrice de Brandebourg, un meuble de velours et brocart d’or et d'argent, un grand miroir, un chandelier, une table, et deux guéridons d'argent: une tenture de tapisserie de Psyché en six pièces valant 45,525 liv., le tout revenant à 62,189 liv.

22 mai. À l'ambassadeur de Savoie, un service de vaisselle d'argent. 5,891 Liv.

5 octobre 1666. Au Mis Bagliani, résident de la république de Gênes, un service de vaisselle d'argent. 3,996 liv.

1667. Aux médiateurs de Suède, deux boîtes à portrait, serties de diamants, valant ensemble 15,480 liv.

. 28 septembre 1667. A l'abbé Rospigliosi, une croix de diamants. 12,700 liv,

1 juin 1668. Au S' Guestorf, envoyé du duc de Saxe, un service de vaisselle d'argent. 2,520 liv. — Au S' Can, autre envoyé, un service de 2,534 liv.

9 juin 1668. Au S' Liverlo, chancelier de l'électeur de Cologne,

conserver faute de pouvoir les rectifier. Les N, les u et les v, faits de la même manière, ont encore été une cause d'embarras pour nous,

un service de vaisselle d'argent, 2,555 liv. — Au Sr Jodoci, envoyé de l'électeur de Mayence, un service de vaisselle d'argent. — Au S'Spanheim, palatin, un service de 2,490 Liv. — Au S' Bayet, envoyé de l'électeur de Brandebourg, un service de vaisselle d’argent. 2,485 liv. —— A l'électeur de Brandebourg, une épée à garde d'or, enrichie de diamants, avec le porte-épée de même garniture. 28,000 iv.

G juillet 1668. Au S' Francioti, nonce extraordinaire du pape, une croix de diamants. 8,000 liv.

7 juillet 4668. Aux officiers du régiment des gardes suisses licenciées, des chaînes d'or. 11,259 liv.

1er avril 1669, Envoyé par la Reine à l'Impératrice d'Allemagne, un présent composé de diverses étoffes, rubans, dentelles, et d'une table de bracelet de huit diamants, avec le portrait de la Reine. 7,322 liv.

25 mat 1669. Envoyé en Angleterre un présent de parfums, revenant à 3,600 liv.

G juillet 1669. À l'occasion du baptême de la princesse de Portugal, pour la Reine, une paire de pendants. 15,150 Liv, — A la jeune princesse, une croix de diamants. 7,000 liv. — À l'évêque qui a fait le baptème, une croix de diamants. 4,640 liv. — À la gouvernante, une croix. 5,700 Liv. — A la nourrice, une croix. 1,600 liv.

1669, Au duc de Buckingham, un baudrier garni de diamants. 16,958 liv.

29 octobre 1670, Au S' Gabel, résident du Roi de Danemark, un service de vaisselle d'argent. 4,007 liv.

Décembre 1670. Envoyé à lx Reine de Pologne,un présent composé d’une toilette en vermeil, de douze montres à boîtes d’or, dont une enrichie de diamants; de rubans, dentelles, parfums, bijoux et autres galanteries, 34,379 liv.

97 mars 1671. Au S' Morosini, ambassadeur de Venise, une chaine d'or, 6,000 Liv, — Au S' Marquesini, son secrétaire, une chaine d'or de 4,506 Liv.

24 juillet. À M. Pietro Bargellini, nonce du Pape, un buffet de vaisselle d'argent. 8,994 liv, — A M, Peronetti, auditeur du nonce, une chaîne d’or, 1,500 liv.

45 octobre. Au Mi d'Oliani, envoyé du due de Savoie, pour faire des compliments de condoléances sur la mort du duc d'Anjou, un service de vaisselle d'argent. 2,285 Liv,

45 avril. A l'ambassadrice de Savoie, un bracelet de perles et diamants. 5,300 liv.

18 février 4672. Au S' Turietta, résident d'Espagne, une bague d'un diamant. 2,322 liv. — Le lendemain il reçoit encore un service de vaisselle d'argent. 3,960 liv.

22 avril. Au B°r Dekbla, résident du roi de Suède, un service de vaisselle d'argent. 3,997 liv.

25 avril. Au Mis de la Rouere, résident de Gênes, un service de vaisselle d'argent. 3,990 liv.

Juillet. Envoyé à M. l'évêque de Munster une croix de diamants. 16,400 liv.

10 septembre. À M. l'électeur de Cologne, une croix de douze diamants. 26,120 liv. — A M. l'évêque de Strasbourg, une croix de diamants. 8,120 liv.

8 décembre. Au Cte d'Ossery, envoyé du Roi d'Angleterre, au sujet de la mort du duc d'Anjou, une table de bracelet. 16,000 liv.

30 mars 1673. À la D$e de Cadanal, un bracelet de perles et diamants. 14,599 liv.

11 avril. À M. Stratmann, envoyé de Brandebourg, « au lieu d’un buffet d'argent », remis en argent comptant. 6,000 liv.

20 avril. Au Ct de Tot, ambassadeur de Suède, une chaine d'or de 4,500 liv. 30,000 liv. espèces, « en échange d’un buffet de vaisselle d'argent. » ([4®r volume des présents du Roi.)

47 mai. À la signora Molina, une table de bracelet de diamants. 1,870 Liv. — Au Cte de Sundertand, ambassadeur d’Angleterre, une boîte à portrait de 17,000 liv., et à la C$$e de Sunderland, une table de bracelet de 9,770 liv.

20 juillet. Au cardinal Nerli, nonce du Pape, un service de vaisselle d'argent. 10,099 liv. — Au $' Angello Ferratini, auditeur du nonce, une chaîne d’or. 1,500 liv.

91 mai. Au Mis de Saint-Maurice, ambassadeur du duc de Savoie, un service en vermeil, 15,255 liv.

26 novembre. Au S' Micheli, ambassadeur de Venise, une chaine d'or. 6,000 liv.

8 décembre. Envoyé à M. l'abbé de Saint-Gal, un riche ornement d'église, de brocart d’or et d'argent, brodé et chamarré d'or, avec les armes du Roi. 8,099 liv.

9 mars 1674. Au S' Dousset, envoyé de Cologne, un service de vaisselle d'argent. 3,981 liv. — Donné pendant la campagne de 4674, à un envoyé de M. de Montbelliard, une chaîne d'or.

30 avril. À M. de Wingens, envoyé de Munster, un service d'argenterie. 4,001 liv.

30 juillet. Au Cte Randzau, résident du Roi de Danemark, un service d’argenterie. 4,000 Liv.

20 décembre. Au S' Vintimille, capitaine corse, une chaîne d'or. 1,200 liv.

25 juillet. À la DS de Portsmouth, une paire de pendants de 18,060 liv.—A la Dsse de Gadanal, unepairede pendants d'oreilles, en brillants. 46,620 liv.

7 août. À Mme Lokard, femme de l'ambassadeur d'Angleterre, une table de bracelet de perles et diamants. 40,960 liv.

8 novembre. Au M5 de Salvago, résident de la République de Gênes, un service d’argenterie. 3,997 liv.

4 janvier 1676. Au S' Mayercrone, envoyé de Danemark, un service de vaisselle d'argent. 4,020 liv.

23 mars 16176. Au Roi de Pologne, une croix de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, de cent sept diamants, dont cinq gros et cent deux petits. 30,540 Liv. — A la princesse, fille du Roi de Pologne, à l'occasion de son baptème, pour avoir été tenue sur les fonts, au nom du Roi, une boîte à portrait. 15,100 liv. — A la gouvernante de la princesse, une croix de cinq gros diamants. 4,832 liv.

9 avril. De la part de la Reine, à la fille puinée du Roi de Pologne, une boîte à portrait. 9,668 liv. — A la gouvernante, une table de bracelet. 3,200 liv. — Deux mois plus tard, de nouveaux présents sont envoyés en Pologne; pour le Roi, c’est un manteau et un habit de chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, de 4,695 liv.; puis un carrosse de velours cramoisi liseré d’or, avec six harnais, de 20,936 liv.— L'envoidestiné à la Reine consiste en un meuble de brocart d’or et d'argent, une table, deux guéridons, un brasier à douze branches, un grand miroir à bordure d’argent, deux chenets, une grille avec les pincettes, pelle et tenailles ; le tout en argent ciselé. 59,989 liv.

21 juillet. Au Sr Duarto Ribeyro, envoyé du Roi de Portugal, un service de vaisselle d'argent. 4,005 liv.

25 juillet. Au $S' Justiniani, ambassadeur de Venise, une chaîne d'or. 6,000 liv.

10 août. À M. Graffendal, une chaîne d’or. 6,000 liv.

6 mars 1677. Au Bo Meyer, Bavarois, un service de vaisselle d'argent. 5,031 Liv.

24 mars. Donné de Ia part de la Reine, à l'archevêque d'Embrun, une boîte à portrait de 4,200 liv., et une croix de diamants de 5,000 liv.

3 mai. Au Cit de Sunderland, une table de bracelet de 13,500 Liv.

19 mai.Donné à la Mise d’'Entragues, par Mile de Blois, un miroir à bordure d'argent et quatre plaques garnies d'argent. 3,027 liv.

22 juin. Offert par la Reine, au Ce de Gramont, qui vient annoncer la prise de la citadelle de Cambrai, une table de bracelet, de diamants. 6,000 Liv.

40 août. Envoyé au Mis de Béthune, ambassadeur à Varsovie, douze fusils ornés d’or et d’argent, huit paires de pistolets, douze écharpes d’or et d'argent, douze médailles d'or du Roi, douze montres et huit boîtes à portrait. 17,221 Liv.

4er avril 1678. Au Bon de Boude, résident de Suède, un service de vaisselle d'argent, 4,033 liv.

18 jun. Au capitaine Honnorat, commandant un brüûlot de S. M.,et qui a mis le feu à un vaisseau d’Espagne attaché au môle de Barcelone, une chaine d’or. 1,200 Liv.

24 juin. Au capitaine Germain Gémius, de Gênes, une chaine d’or. 2,000 liv.

Août. Au Mal de La Feuillade, une table de bracelet. 5,166 liv. — Au Mis Dangeau, une épée d’or. 809 Liv. — A Mme de Savoie, un collier de perles. 42,000 liv. — A la Ge de Saint-Vallier, à l’occasion de son mariage, une paire de pendants de perles et diamants. 4,000 liv.

Octobre. À un médecin anglais, qui a donné des remèdes au duc du Maine, une gratification de 4,400 liv. — Au Chev. de Vendôme, une croix de chevalier de Malte. 5,741 liv.

De 1678, à 1688, les députés de Genève, Fabryet, Lecet, Tremblay, Chapeau-Rouge, de la Rue et Lefort, reçoivent chacun une médaille d’or de 4,500 Liv.

20 janvier 1679. Aux officiers du régiment piémontais, des boîtes à portrait et des chaînes d’or. 21,064 liv.

47 avrul, À Augustin Staphini, organiste de M. de Bavière, une chaîne d’or. 4,000 liv.— À Mme de Lunebourg Zel, une boîte à portrait. 2,140 liv. et une paire de pendants. 40,080 liv.

49 juillet. À M. le nonce du Pape, médiateur de la paix de Nimègue, une croix de diamants. 9,425 liv. ; à son auditeur, une chaîne d’or.

Août. Au Mis Contarini, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait. 3,000 liv. et une chaîne d’or. 6,000 liv. — A Mademoiselle, fille de Monsieur, frère du Roi, en considération de son mariage avec le Roi d'Espagne, une parure de diamants et un collier de perles. 141,033 liv.

48 octobre. Aux B° de Pletemberg et Schemisin, envoyés de l’évêque de Munster, chacun un service de vaisselle d’argent, valant ensemble 6,002 liv.

Novembre. A Mie d'Orléans, une chaloupe garnie de damas cramoisi avec frange et crépine d’or. 6,725 liv.— A Mgr Le Tellier, chancelier, une tenture de tapisserie des Gobelins à fleurs de lis et un tapis de même ouvrage. 9,900 liv. — Au sieur Manders, envoyé extraordinaire de Brandebourg, un service de vaisselle d'argent. 9,000 liv.

3 décembre 1679. Envoyé au Mis de Béthune, ambassadeur en Pologne, pour être distribué, suivant l’ordre du Roi, un service de vaisselle d'argent doré. 24,208 liv.

4680. Mariage du grand dauphin, fils unique de' Louis XIV, avec la princesse Marie-Anne-Chrisline de Bavière. Envoyé à Munich, aux trois commissaires qui ont signé les articles du contrat, trois boîtes à portrait, de diamants, valant ensemble. 146,101 liv. — Autres présents pour être distribués en Bavière : A la Gsse Porcia, une boite à portrait, de diamants. 6,120 Liv. — Au Br de Rechberg, grand chambellan, une boîte à portrait, de diamants. 6,000 liv. — A la gouvernante des filles, une agrafe de manteau. 4,000 liv. — À la première fille d'honneur, douze boutons et douze gances de diamants. 3,300 Liv. — A la seconde fille d'honneur, deux attaches de manches. 3,300 liv. — A la troisième, une paire de pendants d'oreilles. 3,000 liv. — A la quatrième, douze boutons et douze gances. 2,600 liv.

À un ministre surintendant de la conduite, une boîte à portrait. 4,267 liv.— Au Mis d'Harancourt, capitaine des gardes, une boîte à portrait. 4,600 liv.— Aulieutenant des gardes, une boîte à portrait,1,550 liv.—Au cornette, une boîte à portrait.1,550 liv.— Au Mis d'Epinchal,une boite de 4,860liv.— À deuxofficiers de la compagnie du Mis d’Epinchal, chacun une chaîne d'or de 1,200 Liv. — A six gentilshommes, chacun une bague. 9,150 liv. — À deux gentilshommes servants, une chaîne d’or. 1,800 liv.— La parure de la Dauphine vaut 395,965 liv. — Le courrier Lainé n’est pas oublié, il reçoit une chaîne d’or de 500 liv.

Janvier. Au chevalier de Lorraine, une table de bracelet de diamants. 7,422 liv.— Au duc de Vendôme, une table de bracelet de diamants. 5,712 liv. — A la princesse de Conti, un collier de vingt-sept perles. 71,600 liv.

Février. À MM. Bardeloben et Schneider, envoyés du prince d'Anhast Zerbst, des chaînes d’or de 1,500 liv. — A la Dsse d’Auray (Pays-Bas), une table de bracelet, de diamants. 3,874 Liv. — A la gouvernante de la fille de la Dsse d'Auray, une montre d'or enrichie de diamants. 1,500 liv.— Au due de Vendôme, pour prix d'une course de tête, au carrousel du Roi, une table de bracelet.

Juin. Au sieur Pornet, maître charpentier de Rochefori, une médaille d’or.220 liv.—Au duc de Vendôme pour prix d’une cours de bague,une table de bracelet de diamants. 4,920 liv. — Au sieur Balati, envoyé du duc de Hanovre, en argent comptant, 3,300 liv.

Juillet. À la DS de Portsmouth, une paire de pendants de diamants. 32,000 liv.; à son écuyer, une chaîne d’or. 1,500 liv.

42 octobre. A la Dauphine, une toilette de vermeil ainsi composée : un miroir, deux carrés, deux gantières, trois boîtes à mouches, un aspergès, deux petites soucoupes, deux tasses couvertes, un pot à pâte, les coins, anneaux, crochets, boucles et autres pièces pour la garniture d’une cassette avec les armes et chiffres de la Dauphine. 6,800 liv.

20 novembre. À Mie de Nantes, un collier de trente-cinq perles rondes. 13,750 liv.

1680. Au colonel Churchill, envoyé du duc d'York, un portrait du Roi, enrichi de diamants. 6,900 liv.

Février 4681. Envoyé aux Rois de Siam et du Tonkin, des présents composés de miroirs, pendules, brocarts d’or et d'argent, draps et autres étoffes, tapis de la Savonnerie, cristaux, etc. 24,312 Liv.

30 mars. À M. l'évêque de Malaga, une croix de diamants. 5,932 liv.

98 juin. À l’abbaye de Saint-Martin de Tournay, un riche ornement d'église, de brocart d’or et d'argent, chamarré et brodé, avec les armes du Roi. 41,649 liv.

9 août. Au Mis de La Varenne, une table de bracelet. 4,600 liv.

25 septembre. À M. l'évèque Daconia, envoyé de M. de Mantoue, une croix de diamants. 3,360 liv.

20 décembre. Envoyé au duc de Zel, un ceinturon de 29 diamants. 25,178 liv. et vingt-quatre gros boutons de diamants. 49,524 liv.

Janvier 4682. À Don Carlos Antonio del Castillo, envoyé d’Espagne, une boîte de 5,136 Liv. et de la part de la Reine, une table de bracelet de 4,220 liv.

93 février. À M. Spanheim, envoyé de Brandebourg, en argent comptant. 4,000 liv.

Mars. Donné à l'ambassadeur du Maroc et à « Aggi Atali, gouverneur de Salé,» des présents de pistolets, fusils, montres, pendules, horloges, bagues, chandeliers de cristal, tapis de la Savonnerie, riches étoffes de brocart à fond d'or et d'argent, 36,642 liv. |

7 mars. Ausieur abbé de Gondi, président de Florence, un service de vaisselle d'argent. 4,027 liv.

Juin. À Mie Bontemps, à l’occasion de son mariage, une paire

de pendants. 41,241 liv. — A une musicienne italienne qui demeure chez le maréchal de Bellefont, une table de bracelet. 3,190 liv.

Juillet. À Mie de Gontaut, fille d'honneur de Mme Ia Dauphine, une parure de diamants, composée d'une paire de boucles d'oreilles, une paire de pendants, deux attaches de manche, deux nœuds à une busquière etune boîte à portrait, sertis de diamants. 5,996 liv.— A Mlle de Génac, une parure de même. 5,871 liv.

Septembre. Pour quatre ministres de Danemark, des tentures des Gobelins et de la Savonnerie. 52,34 liv.

Novembre. À la nièce de l’évêque de Munster, une paire de boucles, enrichies de neuf brillants. 9,190 liv. — Au sieur Rivaldini, professeur de l’Académie de Padoue, une chaine d'or.

1682. Au duc du Maine, une table de bracelet. 1,466 liv.

21 janvier 4683. À la bru de M. Dacquin, premier médecin de S. M., une paire de pendants d'oreilles, à l’occasion de son mariage. 12,990 liv.

Février. Au sieur Hovart, une table de bracelet. 10,000 liv. — Au Cte de Mansfeld, envoyé d'Allemagne, une boîte à portrait. 5,900 liv.

30 mai. À Mie de Soubise, en considération de son mariage avec le duc de Ribeyra, grand de Portugal, une paire de pendants d'oreilles. 47,399 liv.

3 octobre. Envoyé à l’électrice de Brandebourg, une toilette d'argent de 48,609 liv. et deux tentures des Mois de la fabrique des Gobelins, de 60,000 liv.

99 décembre. A la nourrice, femme de chambre de feu la Reine, une croix de diamants. 6,775 liv.

10 mars 1684. Au Cte de Chiverny, s’en allant en Allemagne, une table de bracelet. 2,164 liv.

20 mars.A Mademoiselle, en faveur de son mariage avec M. le duc de Savoie, une parure de diamants. 65,880 liv.

Juillet, À l'ambassadeur d'Alger et à sa suite, des présents de tapisserie, fusils, pistolets, sabres, montres, pendules, médailles, brocarts d'or et d'argent, draps écarlate, etc. 15,721 liv.

95 février 1684. Envoyé au Roi de Siam, des miroirs, girandoles, chandeliers, bas de soie couleur de feu, brodés d’or, huit chapeaux de castor, deux cordons d'or et trente-deux paires de gants, brocarts d'or et d'argent, draps écarlate et autres, pistolets, fusils, horloges à répétition et à équation, pendules, montres, tables, consoles dorées, bureaux et guéridons en mar-

queterie, deux habits complets, composés de justaucorps, veste et culotte en broderie d’or, deux cravates et deux paires de manchettes en point de France et en passement d'Angleterre, deux nœuds d'épaule, deux nœuds d'épée, quatre ceintures, des portraits du Roi et de la famille royale et quinze estampes des conquêtes du Roi, par Vander Meulen. 35,675 liv.

Décembre. Au Mis Marini, envoyé de Gênes, un service de vaisselle d'argent. 4,092 liv. — A Mme de Mer, femme du premier valet de chambre du Roi, en considération de son mariage, un collier de perles. 46,600 liv.

22 mars 1686. À Mile... , nièce de Mme de Maintenon, en considération de son mariage avec le Mis de Caylus, uh collier de perles. 28,800 liv.

27 mai. Au Ge de Brionne, qui a remporté le 4er prix du carrousel, un présent de 7,000 liv.

44 janvier 1687. À Mlle de Ribert, petite-fille du premier président du parlement de Paris, et à l’occasion de son mariage, une paire de pendants d'oreilles. 14,995 liv.

Mars. À la maréchale de La Mothe, gouvernante des Enfants de France, en l'honneur du baptême de Mgr le duc de Bourgogne, une agrafe de diamants. 25,740 liv.

5 mat 1687. Au sieur Girolamo Venier, ambassadeur, une boîte à portrait de 2,930 liv. avec une chaine et une médaille d'or de 6,000 liv.

22 juin. Au sieur Monverot de Sève, une table de bracelet avec portrait de Monseigneur. 4,096 liv.

2 août. À la Csse de Maiïlly, en considération de son mariage, une paire de pendants de diamants et deux boucles d'oreilles. 17,395 Liv.

2 septembre. Aux envoyés de Tripoli, des médailles et des chaînes d’or. 5,214 liv.

4687. Aux ambassadeurs de Moscovie, des boîtes à portrait, des tentures des Gobelins, des fusils, pistolets, pendules à répétion, horloges, montres d’or, vestes de brocart d’or et d'argent. 52,753 liv.

Février 1788. À Mile de Rosambault, en considération de son mariage avec M. Le Pelletier, fils du contrôleur général, un collier de trente-une perles. 24,000 liv. — Au colonel Molondin, envoyé des cantons suisses, une chaîne d’or. 1806 liv.

3 avril. Au Ct® de Furstemberg, une table de bracelet de neuf brillants. 5,060 liv.

4er août. Au Mis de la Rouere, envoyé extraordinaire de la République de Gênes, un service de vaisselle d'argent. 4,179 liv.

Octobre. À Mie de Villeroy, en considération de son mariage avec le Cte Delprado, gentilhomme portugais, une croix et un coulant de diamants. 145,040 liv.

Mars 1689. À Mie de Fourcy, petite-fille du chancelier Boucherat, à l’occasion de son mariage avec M. de Launac, un collier de trente-une perles. 46,300 liv. — A la Mise de Châtillon, en l'honneur de ce que le Roi a tenu un de ses enfants sur les fonts de baptème, un bracelet de perles et diamants. 6,144 liv.

Mai 1691. Au sieur Massé, cosme de galère, une chaîne et une médaille d’or, 500 liv.

11 novembre. À Mie d’Allègre, en faveur de son mariage avec le Mis de Barbézieux, secrétaire d'État, un présent de 14,000 liv.

42 décembre. Au grand doyen de Padenborn, une croix d'évêque, en diamants. 40,709 liv.

16 février 1692. A Mile de Blois, en considération de son mariage avec le duc de Chartres, quatre parures; une de diamants, une de rubis, une de saphirs, une de topazes. Par exception, les prix ne sont pas marqués.

20 mars À Mlle de Charolais, à l’occasion de son mariage avec le duc du Maine, une parure de diamants. 192,554 liv.; une autre parure de toutes pièces. 83,704 liv.

23 août. Au cardinal Rogioski, une croix d'évêque, en diamants. 40,415 liv.

28 août. Remis à M. de Ponchartrain pour donner, selon les ordres du Roi, une table de bracelet. 9,990 Liv.

18 novembre. À la bru de M. Dacquin, premier médecin de S. M., une croix avec son coulant. 5,300 Liv.

28 janvier1693. A la bru de M.Bontemps.premier valet dechambre de S.M., une croix de diamants avec son coulant. 6,890 Liv.

3 février. À la bru de M. du Harlay, premier président du parlement de Paris, deux pendeloques de diamants. 16,936 liv.

21 mars. Au sieur Ducasse, capitaine de vaisseau, une chaîne d'or. 4,000 liv.

45 avril. À Mile de Palaiseau, à l’occasion de son mariage avec le Mis de Pomponne, une croix avec son coulant. 43,900 liv.

12 mai. À Mike de Soubise, en considération de son mariage, avec Don Alphonse de Vas Concellos, Gt de Calhetar, grand de Portugal, un collier de perles. 30,000 liv.

22 mai 1694. À M. Venier, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait de 3,470 Liv. et une chaine d'or. 6,000 liv.

99 juillet. À un matelot de Dunkerque qui a fait une action d'éclat dans le combat donné par M. Bart, une médaille d’or. 417 Liv. — C'est du fameux Jean Bart dont il est question ici.

29 janvier. À Mit de Vernille, à l’occasion de son mariage avec le président Lepelletier, un collier de perles. 43,500 liv.

Avril. Envoyéau Cte d'Avaux, ambassadeur de France en Suède, pour donner à...., une paire de pendants d'oreilles. 4,528 liv.

Septembre. À la DS de Lanti, une croix et un coulant de diamants. 8,340 Liv. — À Mn° Erizzo, femme de l'ambassadeur de Venise, en considération de ce que le Roi a tenu un de ses enfants sur les fonts de baptême, une croix de diamants.

3 mars 1696. Au cardinal Cavallerini, nonce en France, un service de vaisselle d'argent. 18,500 liv.

30 novembre. Au sieur Porrée, capitaine corsaire de Saint- Malo, un portrait du Roi, en émail, enrichi de diamants. 254 liv.

8 novembre 1697. Au Cie de Cely, fils de M. de Harlay, plénipotentiaire de la paix de Ryswick, pour avoir apporté les articles de paix entre l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande et la France, une boîte à portrait et un nœud de diamants. 9,090 liv. et 2,910 liv. comptant. Dans sa comédie Des mots à la mode, Boursault nous apprend que le nœud de diamants, dont les femmes ornaient leur corsage, s'appelait alors un tâtez-y.

Un beau nœud de brillants, dont le sein est saisi, S'appelle un bout-en-train ou bien un tâtez-y,

Et les habiles gens en étymologie

Trouvent que ces deux mots ont beaucoup d'énergie.

20 novembre. À la princesse de Savoie, en l'honneur de son mariage avec le duc de Bourgogne, une parure de diamants de 220,400 liv. augmentée de huit attaches, cotées par Montarsy, 78,520 liv.

24 avril 1698. À Mile d'Aubigné, nièce de Mme de Maintenon, en raison de son mariage avec le Cte d'Ayen, fils du maréchal de Noailles, une parure de diamants, fournie par Montarsy, composée de : une paire de boucles d'oreilles. 5,818 liv. — Une paire de pendants. 16,500 liv.— Une grande attache. 17,800liv.—Deux attaches de manches. — 11,200 liv.— Seizeboutons de manches. 42,117 Liv.— Trente-deux boutonnières. 7,405 liv.— Un nœud de devise. 4,440 liv. — Total 78,520 liv. (XIe Registre des Présents).

42 octobre. À Mademoiselle, en considération de son mariage avec le duc de Lorraine, une parure de diamants. 86,141 liv.

26 décembre. À la DSse de Lorraine, une table de bracelet. 4,750 liv. Envoyé, en outre, un meuble de 80,000. liv. — A la Dsse de Bourgogne, deux diamants. 4,000 liv.

24 janvier 1699. À M. Erizzo, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait. 3,332 liv.; une chaine et une médaille d’or. 6,000 liv.

Septembre 1700. A la DSs° de Bourgogne, un collier de perles. 113,000 Liv. ; en plus, trente-huit diamants. 142,050 liv.

Au cardinal Delfino, nonce, une croix d’évêque de six diamants. 21,650 liv.

Décembre. Au Roi d'Espagne, une toison d’ér, enrichie de diamants.22,487 liv.—Au chevalier de la Paillerie,une table de bracelet. 4,015 liv.

Mars 1701. A la DSe de Bourgogne, un collier de perles. 144,000 liv. — Aux sieurs Mallet et Masson, maitres constructeurs de vaisseaux, au port de Rochefort, deux médailles d'or. 264 liv.

4er août. Au duc de Berri, une toison d'or, enrichie de diamants. 24,030 liv.

45 mars. À M. Pizani, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait. 4,592 liv.; une chaine et une médaille. 6,000 liv.

29 mars 1703. Au Mis de Bellemare, vice-roi de Messine, une croix de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. 143,490 liv.

23 avril. Au Prince de Vaudemont, gouverneur du Milanais, une table de bracelet. 13,836 liv.

6 juin. À un maitre d'équipage du vaisseau commandé par le chevalier de Saint-Pothecour, qui a pris un vaisseau de guerre anglais, une médaille d’or. 138 liv.

Juin 1704. Envoyé à la dame d’honneur de la Dsse de Lorraine, une paire de boucles d'oreilles, en l'honneur de ce que S. M. a tenu sur les fonts de baptême le prince de Lorraine. 8,606 liv.

45 juillet. A l'envoyé de Tripoli, une chaîne et une médaille d’or. 4,424 liv.

43 septembre. Remis par le Roi, à la DS® de Bourgogne, une parure composée de pendants d’aigues-marines et de deux cent vingt-neuf chatons de pierres de couleur. 31,537 liv.

41 octobre. Au Mis de Villefranche, député du Comtat d'Avignon, une chaîne et une médaille d'or. 2,014 liv.

10 novembre. Envoyé à la Reine d'Espagne, une table de bracelet de diamants avec le portrait du Roi. 11,330 liv.

Mars 1705. Au marquis Rinuccini, un médailler de l'Histoire du Roi, de deux cent quatre-vingt médailles, dont sept d'or et les autres d’argent. 2,374 liv. — Au Mis de Bedemar, viceroi de Sicile, une croix de l’Ordre du Saint-Esprit, garnie de diamants. 45,499 liv.

6 juin. À M. le nonce extraordinaire, Lorenzo Fieschi, un

médailler de l'Histoire du Roi, composé de quatre-vingt-six médailles d’or et cent quatre-vingt-quinze d'argent. 12,065 liv. — À M. de Beauveau, un médailler composé de sept médailles d'or et deux cent soixante-seize médailles d'argent. 3,993 liv.

3 octobre. À M. de la Jamaïque, envoyé extraordinaire, cent cinquante médailles de l'Histoire du Roi, dont quarante d’or et cent six d'argent. 6,036 liv.

17 décembre. Au Ct° d’Aguilar, capitaine des gardes du Roi d’Espagne, un médailler de l'Histoire du Roi. 6,007 liv.

Mai 1706. Au Ct* de Nassau, une table de bracelet. 6,330 liv. — Au S' Fruguet, capitaine de navire de Saint-Malo, une médaille et une chaîne d’or. 224 liv.

Juin. Au sieur Ducoudray, autre capitaine de navire 46 Saint- Malo, une médaille d’or. 230 liv. — Au chef des sauvages, à Benaquis (Canada), pour lors à Paris, une chaîne et une médaille d'or. 218 liv.

Août. Au Bo de Lorenci, à l’occasion du baptême de son fils, une table de bracelet. 1,470 liv.— Au cardinal nonce Gonalni, un service de vaisselle d'argent. 49,075 liv.

Septembre. À l'électeur de Cologne, une croix de diamants. 29.950 liv.

26 février 1707. Au sieur de Lenoncourt, envoyé extraordinaire de Lorraine, un médailler de l'Histoire du Roi. 3,259 liv.

410 avril. À M. Strozzi, un médaillier de l'Histoire du Roi. 3,329 liv.

Août. Au Mis de Montaigu, député du Comtat d'Avignon, une chaîne et une médaille d’or. 2,031 liv.

4 octobre. Au Mis Panciatici, envoyé extraordinaire de Toscane, un médailler de l'Histoire du Roi. 3,391 liv.

Janvier 1708. Au capitaine Laigle, une médaille d’or. 161 liv. — À M. Tiepolo, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait. 4,578 liv.; une chaîne et une médaille d’or. 6,680 liv.

9 juin. Au Bo de l'Hérode, un service de vaisselle d'argent. 2.491 liv.

43 août. Au Cte de Trussi, un médaillier de l'Histoire du Roi. 3,966 liv.

10 mai 1709. Au sieur Chapelle, maître constructeur de vaisseaux à Toulon, une médaille d’or. 480 liv.

Juin. À Don Augustin de Robletz, capitaine général des îles Canaries, en considération de ce qu'il a fait un présent au Roi, une table de bracelet de quatre diamants. 2,076 liv. — Au sieur Levasseur, capitaine d’un navire marchand de la Rochelle, une médaille d’or. 326 liv.

41 octobre. Au Ct° Gentile, envoyé de Gênes, un médaillier de l'Histoire du Roï. 3,812 liv.

4 avril 1710. Au Cl de Beauveau, envoyé extraordinaire de Lorraine, deux cent quatre-vingt-trois médailles de l'Histoire du Roi. 3,292 liv.

A juin. Envoyé au M5 de Vaudreuil, lieutenant au Canada, quarante médailles d'argent, représentant la famille royale, pour faire présent à des sauvages. 574 Liv.

5 juillet. À Mlle d'Orléans, en considération de son mariage avecle duc de Berry, une attache de trente-un brillants.46,290 liv.; un collier de trente-une perles. 17,740 liv.; une bague d’un beau rubis d'Orient. 9,760 liv.

16 août. Au sieur Barnières, capitaine corsaire à la Martinique, une médaille d’or de la famille royale. 131 liv.

A septembre. Au sieur Laubessy, un médaillier. 3,298 liv.

31 décembre. Donné à la P5s d'York, un bracelet de perles et de diamants. 8,500 liv.

45 mars 1TIA. Au sieur Foscari, provéditeur de la République de Venise, résidant en Flandre, une table de bracelet. 4,600 1liv.

28 septembre. Au sieur Besnard, capitaine d’un navire marchand de la Rochelle, en considération de ce qu'il a enlevé un corsaire anglais à l’abordage, une médaille d'or, représentant la famille royale.

24 octobre. Au Mis Sforza Soligni, envoyé extraordinaire de Parme, pour faire des compliments de condoléances sur la mort de Monseigneur, un médaillier de deux cent quatre-vingt-sept médailles, en partie de l'Histoire du Roi. 3,071 liv.

2 novembre. Au sieur Justiniani, envoyé de la Reine douairière d'Espagne, pour présenter des compliments de condoléances sur la mort de Monseigneur, un médaillier de cent soixante médailles. 1,952 liv.

15 janvier 1712, À M. Cusani, évêque de Parme, nonce extraordinaire, un service de vaisselle d'argent. 42,370 liv.

3 février. Au sieur d’Albizi, envoyé extraordinaire de Toscane, un médaillier de l'Histoire du Roi. 3,355 liv.

Aer avril. Au sieur Gubervilliers, envoyé extraordinaire de Lorraine, un médaillier de l'Histoire du Roi.

71 mai. Au Mis de Montero, envoyé de la Reine douairière d'Espagne, cent cinquante médailles, dont sept d’or et cent quarante-trois d’argent. 2,247 liv.

12 septembre. Au sieur Augier, capitaine particulier de Marseille, en l'honneur de ce qu'il a sauvé son bâtiment richement chargé en se défendant avec une fermeté peu commune contre

un corsaire ennemi qui l'avait abordé, une médaille d’or, «représentant la récompense de la marine. » 203 liv.

4er décembre. Donné par le Roi à Mwe de Metternich « étrangère » une paire de pendants d'oreilles. 40,000 liv.

Janvier 4713. Au chevalier de Gondi, envoyé extraordinaire de Toscane, deux cent quatre-vingt-sept médailles de l'Histoire du Roi. 3,309 liv. — Au capitaine Mathieu Cardon de Dunkerque, une médaille d'or. 495 liv.

411 février. À Don Alexandre Albano,neveu du Pape Clément XI, une table de bracelet de quatre diamants. 9,192 liv.

42 mai. Au sieur Larinus, capitaine corsaire, de Dunkerque, une médaille d’or. 295 liv.

6 août. A milord Shaftesbury, ambassadeur extraordinaire d'Angleterre, à l'occasion de la paix, une table de bracelet, enrichie de douze brillants. 38,270 liv.

40 avril 1714. À Mile Despratz « étrangère » une table de bracelet de quatre brillants. 6,914 liv. — Au B° d'Henten, premier ministre du Roi de Prusse, une table de bracelet de quatre diamants, avec le portrait de S. M. 7,354 Liv. — Au Mis de Craon, envoyé extraordinaire de Lorraine, une table de bracelet de quatre diamants. 3,486 Liv.

22 jun. Au S' Goslinga, ambassadeur extraordinaire des États (Pays-Bas), un médaillier de deux cent quarante médailles de l'Histoire du Roi, dont quatre-vingt-treize d'or et cent quarante-sept d'argént. 12,315 Liv.

14 août. Envoyé à la Reine de Portugal, en considération de ce que le Roi a tenu l’Infante sur les fonts de baptême, une paire de boucles d’oreilles de deux diamants. 15,507 Liv. — A l’Infante, une attache de douze diamants, avec une aigrette. 7,300 liv. — À l’évêque qui a fait la cérémonie, une croix de diamants. 5,059 liv. — A la gouvernante de l’Infante, une paire de boucles d'oreilles de deux brillants. 5,050 liv.

Novembre. Envoyé par le duc de Saint-Aignan, à la Reine d’Espagne,passant sur les terres de France,s'en allant en Espagne, lespierreries et les bijoux ci-après : une table de bracelet, offrant le portrait du Roi, enrichi de quatre gros brillants. 48,376 liv. — Une montre d’or, avec deux diamants. 2,318 liv. — Quatreétuis d’or, à ciseaux, couteaux, cure-dents et autres pièces.3,044 liv. — Trois boîtes d’or à mettre des mouches. 6,040 liv.— Une tablette d'or. 1,200 liv. — Un agenda d’or. 200 liv.— Huit tabatières d’or et d’écaille. 6,625 liv.— Une cuvette d'or, garnie de soucoupe, gobelet, flacons et entonnoir. 1,000 liv.— Un nécessaire composé de cuillère, tasse et soucoupe, le tout en or. 600 liv. — Deux flacons

d'or. 360 Liv. — Deux autres de cristal de roche, garnis d’or. 495 liv. — Quatre corbeilles d’or et d’argent, avec leurs sacs en taffetas de couleur. 722 liv. Total 66,119 liv.

48 février 1715. Au Bo «d'Halnevick, » envoyé de Wurtemberg, une table de bracelet ornée du portrait du Roi et de cinq diamants. 3,014 liv. — Au Cte Durazzo, envoyé de Gênes, une table de bracelet de diamants, avec le portrait du Roi. 4,674 liv.

30 avril et 22 mai. Envoyé au Cte du Luc, ambassadeur en Suisse, pour être distribuées aux députés des cantons catholiques, qui ont renouvelé l'alliance avec le Roi, cent médailles d’or avec leurs chaînes et trente-deux médailles d'argent. 87,239 liv.

12 mai. Au CO de Lusace, fils du Roi de Pologne, électeur de Saxe, une épée enrichie de diamants. 75,536 Liv. — Au Ct de Kos, palatin de Livonie, gouverneur du Ce de Lusace, une table de bracelet de diamants. 16,550 liv. — Au B°r d'Haguen, conseiller d'État du Roi de Pologne, second gouverneur, une {table de bracelet. 10,387 liv.

41 juillet. À M. Boquer, Palatin, une table de bracelet de quatre diamants. 3,314 liv.

6 août. À Mlle de Mesmes, fille du premier président, en considération de son mariage avec le Cl° de Lautrec, une paire de boucles d'oreilles de quatre diamants ; y compris les pendeloques. 18,499 liv.

À Méhémet Riza, ambassadeur du Schah de Perse et aux personnes de sa suite, des étoffes d'or et d'argent, des draps écarlate et de diverses couleurs, des fusils, pistolets, montres, chaines, tapis de la Savonnerie. 23,436 liv.

18 novembre, Au Mis de Craon, envoyé extraordinaire de Lorraine, une table de bracelet, de quatre diamants, 3,433 liv.

28 juillet 1716. Au Ce Pighetti, envoyé de Parme, qui est depuis trente années en France, un portrait du Roi de 150 liv. et 6,000 Liv. en espèces, « au lieu d'un service de vaisselle d’argent. »

6 août. Envoyé en Espagne, pour l'Infante que M. de Saint- Aignan, ambassadeur de France, a tenue sur les fonts de baptème au nom de $S. M., une croix de l'Ordre du Saint-Esprit, enrichie de diamants. 24,958 liv. — Pour la gouvernante de l'Infante, une boîte à portrait. 7,585 liv.

20 août. Au Mi de Villeron, président et député de la noblesse du Comtat Venaissin, une table de bracelet de quatre diamants. b,086 liv.

43 décembre. Au fils du Cte de Ribeyra, ambassadeur de Portugal, en l'honneur de ce que S. M. l’a tenu sur les fonts de

baptême, avec la Dsse de Berry une aigrette de dix brillants- 10,970 liv.

7 juillet 1717. Donné au sieur Pitt, Anglais, par gratification et pour le voyage qu'il a fait en France, à l'occasion du gros diamant qu'il a vendu au Roi, une table de bracelet de 8,819 liv. — Elle est enrichie de quatre diamants, avec le portrait du Régent peint en miniature par Duvigeon. Il s'agit du merveilleux diamant, un des plus beaux du monde, acquis par la France sous la Régence de Philippe d'Orléans et connu sous le nom de Æégent. Trouvé et dérobé par un employé de la mine de Partoul, à quarante-cinq lieues sud de Golconde, ce joyau fut cédé pour 312,000 francs au grand-père de William Pitt, qui commandait à Madras le fort Saint-Georges. Rentré en Europe, Pitt vendit son diamant au Régent pour le prix, dit-on, de 3,375,000 francs. D'après Saint-Simon, Pitt, après avoir vainement cherché dans toutes les cours de l'Europe à se défaire de son brillant, aurait fini par traiter avec la France, pour deux millions. « On lui paya l'intérêt jusqu’à ce qu’on püût lui donner le capital, et, en attendant on déposa pour deux millions de pierreries en gage.» Le Régent pesait brut 410 karats; la taille, qui dura deux ans, réussit dans la perfection, tout en le réduisant à 136 karats 10/14. (L. Dieulafait, Diamants et pierres précieuses.)

48 septembre. À Mme de Ribeyra, en considération de ce que Madame et le duc d'Orléans, Régent, ont tenu l’un de ses enfants sur les fonts de baptême, un joyau de huit diamants, un saphir et quatre rubis. 5,426 liv.

4er avril 4818. À Mile de La Vrillière, en faveur de son mariage avec le Cte de Maurepas, secrétaire d'Etat, une paire de boucles d'oreilles, avec des pendeloques de brillants. 43,900 liv.

27 juillet. Donné à Giberto, navigateur de Monaco, pour les services qu'il a rendus aux négociants français dans le Levant, une médaille d'or représentant d'un côté, S. M., et de l’autre le duc d'Orléans, Régent. 298 liv.

6 août. Au sieur Barrois, envoyé de Savoie, une table de bracelet de quatre diamants. 3,754 liv.

40 octobre. Donné à... Suédois, en considération de ce qu'il a fait un portrait de $. M. en émail, d'une grandeur extraordipaire, une chaîne d’or avec sa médaille. 4,275 liv. — Ce Suédois anonyme ne peut être que Charles Boit. (Voir : Les peintres en mimatures et en émail.)

20 octobre. Au chevalier d'Orléans, s’en allant à Malte, six médailles d'or représentant d’un côté S. M., et de l’autre le duc d'Orléans. 4,521 liv.

26 décembre. Donné au sieur Arouet, « en considération d’une tragédie qu'il a faite sur le sujet d'OEdipe, une médaille d'or, représentant, d’un côté S. M., et de l’autre le duc d'Orléans, Régent. 675 liv. — Voltaire avait alors vingt-quatre ans.

45 janvier 1719. A la Dsse de la Ferté, une table de bracelet de quatre diamants brillants. 5,760 liv.

28 janvier 1720. A Mie de Valois, lle du duc d'Orléans, Régent, en considération de son mariage avec M. de Modène, un collier de trente-quatre perles et dix-sept brillants. 471,630 liv.

45 décembre. À Mie de Mesmes, fille du premier président, un collier de perles. 3,030 liv. — Une croix de cinq brillants. 19,000 Liv.

1721. Présents du Roi, à l'occasion de son mariage projeté avec la princesse Marie-Anne- Victoire, Infante d'Espagne. Les présents furent donnés et reçus, mais on sait que ce mariage préparé par le duc d'Orléans, Régent, fut rompu quelques années plus tard, par le duc de Bourbon. La jeune Infante, fille de Philippe V, arrivée en France dès l’âge de quatre ans, vécut quelques années à Paris, où elle devait régner, puis elle fut reconduite en Espagne, sous prétexte que l'intérêt de la monarchie ne pouvait remettre à une si longue échéance l'attente d’un héritier.

A la princesse, une parure de diamants composée de quatre attaches pour le devant du corps, un nœud de derrière, douze boutons, dix-huit gances, une aigrette, un collier et une paire de boucles d'oreilles. 455,590 liv. — Au Mis de la Mina, ambassadeur extraordinaire d’Espagne, une boite à portrait garnie de diamants, 15,278 liv., — A la De de Montellano, chargée de la conduite, une riche boîte à portraitsertie de gros diamants. 35,225 liv. FR AL Es une boîte à portrait. 27,797 liv. — A... . une boite à portrait. 48,665 liv, — Au duc de Liria, chargé de présents pour Mie d'Orléans, une épée garnie de diamants. 8,525 Liv. — À Me de la Gouardra, sous-gouvernante, une boîte à portrait. 9,272 liv. — Au majordome major de la Reine douairière, à Bayonne, une boîte à portrait. 9,272liv.— A Mme Marin, première femme de chambre, une boîte à portrait, 7,540 liv. — Au Mis de Sainte-Croix, chargé defaire l'échange, une bague d’un diamant. 30,050 liv. — A l’aumônier, au Père de Lambrusselles, confesseur de la Pse des Asturies, au chapelain, au second commandant des gardes, au clerc de la chapelle, au contrôleur de la maison de la Reine, à la duègne des caméristes, au trésorier, aux quatre exempts, etc.,des baguesserties d’un diamant plus ou moins gros, selon l'importance des personnages. 41,983 liv. — Aux quatre caméristes, deux paires de boucles d'oreilleset deux boîtes à portrait.

41,744 liv. — Au commandant des gardes, une boite à portrait. 3,457 liv. — Au médecin, une boîte à portrait. 4,500 liv. — A la berceuse, une bague et une croix de diamants. 1,837 liv. — A deux filles de garde-robe, deux croix de diamants. 2,274 liv. Le montant des présentss’'élève à 374,134 liv. (Ministère des Aff. étr. Àegistre des présents du Roi. 1699-1752, n° 461.)

29 avril 1791. À Mme de Feuquières, gouvernante du Cte de la Marche, fils du prince de Condé, un bracelet de diamants, en l'honneur de ce que le Roi et Madame ont tenu le jeune prince sur les fonts de baptême. 5,800 Liv.

16 décembre. Offert par le Roi, à Mile de Montpensier, fille du Régent, en l'honneur de son mariage avec le prince des Asturies, une parure ainsi composée : Une grande attache pour le devant du corps, de 45 diamants, 67,162 liv. — Quatre attaches de robe, de cent soixante-quatre diamants roses. 24,050 liv. — Douze boutons de quatre-vingt-seize diamants. 13,120 Jiv. — Vingt-quatre gances de deux cent quarante diamants. 22,290 liv. — Un nœud de derrière, de vingt-neuf roses. 3,360 liv. — Une boucle de ceinture de huit brillants. 10,000 liv. — Une paire de boucles d'oreilles de nuit, de quatre brillants. 142,000 liv. — Un étui en chagrin noir, pour la dite parure. 150 Liv. Total 452,062 liv.

2 juin 1722. À Mie de La Vrillière, fille du secrétaire d’ État, et à l’occasion de son mariage, une croix de neuf brillants, fournie par Rondé. 41,500 lv.

10 septembre. Acheté par Rondé, de Mme la Psse de Conti, la douairière, et par ordre du duc d'Orléans, Régent, un collier de perles. 120,000 liv. — On ne s’étonnera pas de voir des gentilshommes vendre les bijoux qu'ils recevaient du Roi, quand des membres de la famille royale en donnaient eux-mêmes l'exemple. Dans ces sortes d'affaires, le bijoutier n’était qu’intermédiaire et la pièce rentrait au dépôt. Là, selon les circonstances, elle était démontée, transformée ou remise en parfait état.

8 février 1723. À Mile d'Orléans, fille du Régent, en considération de son mariage avec Don Carlos, Infant d'Espagne, une parure comme suit : Une grande attache de trente-quatre diamants et sept pierres de couleur. 49,520 Liv. — Quatre autres attaches de chacune trente brillants et sept pierres de couleur. 48,183 liv. — Douze boutons, de chacun sept diamants et une pierre de couleur ; vingt-quatre gances, chacune de sept diamants et trois pierres de couleur. 35,298 liv. — Un nœud de derrière de vingt diamants et treize pierres de couleur. 2,235 liv. — Une paire de boucles d'oreilles, de deux rubis ; la paire de pendants de deux diamants, deux rubis, deux saphirs, deux topazes et

deux émeraudes. 15,718 liv. — Un étui de chagrin noir à charnières et crochets d'argent. 200 liv. — Total 151,349 liv.

1725. Présents faits à l’occasion du mariage du Roi avec la princesse Marie Leczinska, fille de Stanislas, Ror de Pologne.

A la princesse Marie Leczinska, une parure de diamants composée de : une grande attache pour le devant du corps, une paire de boucles d'oreilles et une paire de pendants, deux grandes attaches de manchon», douze gances, douze boutons, un nœud de derrière et une cassette pour renfermer la parure. 262,940 liv. — Un collier de perles. 120,000 liv. — Une table de bracelet, de diamants. 34,670 liv. — Au Roi Stanislas, une croix de Saint- Esprit garnie de diamants. 88,050 Liv. — A M. de Merzerek, grand maréchal du Roi Stanislas, une boîte à portrait, sertie de diamants. 11,000 liv. — A la Reine de Pologne, une tabatière d'ambre, donnée par la jeune Reine Marie. 1, 200 liv. — Une autre de 300 Liv. à la Maréchaie de Bouflers. — A Mme de Morizinska, sous-gouvernante de la princesse de Pologne, une table de bracelet. 145,000 liv. — A la Cs$e de Linange, dame d’honneur de la Reine de Pologne, une paire de boucles d'oreilles. 10,000 liv.— À Mis de Vautigni, Rindal et Regnier « demoiselles de la princesse de Pologne », trois paires de boucles d'oreilles. 13,200 liv.— A la princesse Kourakin, une boite à portrait. 9,450 liv. — Miles Dark, Baur et Studouska, demoiselles d'honneur de la Reine de Pologne ; MM. Sbanchi et Scarchesli, gentilshommes de la Reine; Biber, secrétaire du Roi Stanislas ; Boncourt, son écuyer, et l’abbé Lubieski, son aumonier, recoivent des bagues de 2,000 à 4,000 liv.—Celle de M. Bichiny, grand chambellan, vaut 9,000 liv. — À MM. Tellembi de Molski, Ouminski, Chabanne, Moremont, Desmaret, Bilherbecque, Dandelot, Banski, gentilshommes polonais, neuf épées d'or. 13,682 Liv. — Au père Golomoski, jésuite polonais, confesseur de la maison du Roi Stanislas, des livres. 2,000 liv. — Au Ce Tarlo, une croix de Saint-Esprit. 27,370 liv. -- A lord Walgrave, une boite à portrait. 40,350 liv. — Il nous reste à mentionner les présents faits au quatre princes de Bavière, venus en France pour le mariage du Roi. A l'électeur de Cologne, une bague d'un diamant. 40,040 liv. — Au prince électeur de Bavière, une épée garnie de diamants. 40,040 liv. — Au duc Ferdinand, une agrafe de chapeau. 39,520 liv. — A l'électeur de Ratisbonne, une boucle de manchon. 40,150 liv.

30 ganvier 1726. Au Ctt de Morville, envoyé extraordinaire de Lorraine, un service de vaisselle d'argent de chez Besnier, orfèvre du Roi. 6,200 liv.

15 décembre. Au Ote Landy, envoyé du duc de Parme, un

service de vaisselles d’argent, fourni par Besnier. 7,000 liv.

40 avril1727. Donné par la Reine, à Mme de Buzeval, un panier à ouvrage, une boite d’or et un équipage de tablier. 4, 680 liv. — Au contrôleur général, une tabatière d'or avec le portrait de la Reine. 2,400 liv. — A la DS$e de Ventatour, une petite boîte à deux tabacs. 650 liv.

30 juin. Au B° de Montigny, envoyé extraordinaire du duc de Wurtemberg, un service de vaisselle d'argent, de chez Gouers. 6,000 Liv.

24 septembre. À M. Pérat, pour avoir accouché $, M., une montre d'or, d'Angleterre. 4,650 liv.

28 janvier 1728. Donné par la Reine, à Mlle de Hesse, un panier à ouvrage de nacre garni d'or, une montre à répétition avec chaine et cachet, enrichis debrillants et de cornalines. 2,800 liv. — Poinçon de Gouers.

22 août. À Mile d'Angivilliers, en faveur de son mariage avec le Président de Maisons, une paire de boucles d'oreilles composée de deux grands brillants, détendue et parfaits. 13,000 liv. — Poinçon de Rondé.

10 février 1729. À la gouvernante du jeune prince de Bavière, une paire de boucles d'oreilles, enrichies chacune d’un brillant. 8,000 liv.

3 mai. À Mme d’Aguesseau, belle-fille du chancelier, en considération de son mariage avec M. d’Aguesseau, une paire de boucles d'oreilles, d’un diamant chacune. 44,000 liv. — Poinçon de Rondé.

10 novembre. Acheté de Germain, orfèvre du Roi, six épées d'argent, pour être distribuées à des officiers de marine. 4,443 Liv.

4er avril 1730. Envoyé à la princesse de Sardaigne, en considération de ee que le Roi a tenu sur les fonts de baptême la princesse, sa fille, une tabatière d'or, garnie de diamants.9,307 liv. — Un étui de pièces, en or, serti de brillants. 9,307 Liv. — Un étui de jaspe garni d'or,enrichi de diamants. 4,008 liv. — Le portrait du Roi en miniature, par Ducanel, 450 liv.— A la gouvernante de la jeune princesse, une paire de boucles d'oreilles. 7,210 liv.

30 septembre. Au nonce, une croix d'évèque, sertie de brillants. 45,431 liv.

29 octobre. Au fils du Mis Gualterio, une table de bracelet

, enrichie de diamants, posés en bordure autour du portrait du Roi, par Ducanel. 4,340 liv. — Fournitures de Gouers.

Octobre 1731. À la Css de Bondé, Suédoise, une paire de boucles d'oreilles. 10,000 liv. — Poinçon de Gouers.

45 octobre 1732. À M" Portail, une paire de boucles d'oreilles. 49,500 liv. — Poinçon de Gouers.

24 décembre 1736. À M" Trevigno, une agrafe de diamants. 6,035 liv. Poinçon de Rondé.

45 septembre 1737. À Mme Dostun, en l'honneur de ce que le Dauphin a tenu un de ses enfants sur les fonts de baptème, une table de bracelet. 4,070 liv.

Mai 1738. À M. Detei, ci-devant nonce du Pape, une croix d'évèque, enrichie de quatre-vingt-neuf brillants. 44,215 liv. — Pour son auditeur, six médailles d’or, de l'Histoire du Roi, 1,509 liv.

43 septembre 1739. Au Ce de Schulembourg, envoyé extraordinaire du Roi de Danemark, une suite de soixante-six médailles de l'Histoire du Roi et du Royaume de France. 5,672 liv.

16 mars 1740. Au Mis de la Mina, ambassadeur d'Espagne, une croix de l'Ordre du Saint-Esprit, enrichie de cinquante-trois brillants. 47,039 liv. — A son secrétaire, une médaille d'or. 665 liv.

13 juillet A7. À Me de Breteuil, fille du ministre et secrétaire d'Etat, en considération de son mariage avec le Mi de Clermont-Tonnerre, une paire de pendants d'oreilles, 21,500 liv.

44 juillet. À Mie Le Pelletier, fille du premier président du Parlement de Paris, à l’occasion de son mariage avec le Cte de Montmorency, une paire de boucles d'oreilles, avec nœuds et pendeloques en brillants. 148,451 Liv.

9 juillet 1742. Envoyé au Sultan, deux grands miroirs de quinze pieds de haut sur huit de large; les bordures en bronze ciselé et doré, d’or moulu, fondues et ciselées par Caffieri, représentant les attributs de l’Empire ottoman, des trophées d'armes et Les richesses de la mer. 24,982 liv. — Huit grands arbres en argent sculpté par Ballin, orfèvre du Roi; ils figurent quatre palmiers et quatre lauriers garnis de leurs feuilles, graines et fruits portant chacun quatre grosses bougies. 46,321 liv. — Dans ce chiffre, Ballin compte sa facon pour 12,090 liv. — Au grand vizir, un pot à oille avec sa cuvette, par Germain, crfèvre du Roi. 4,695 liv., y compris la façon de 1,500 liv. — Un divan, composé de dix-huit coussins sur fond ponceau, en satin double et or.5, 400 liv. — Une pièce de drap écarlate, etc. — A l'ambassadeur de la Porte, une bague d'un diamant. 10,598 liv.; des tapis, brasiers, tabatières, un couvert d’or, dans son étui de roussette, une lunette d'opéra. 18,917 Liv. — Des présents de moindre importance sont offerts au nombreux personnel de l'ambassade. Le total des présents à l’occasion de l'ambassade de la Porte ottomane en France, s'élève à 237,960 liv.

6 août. À Mie Amelot, fille du ministre et secrétaire d'État «en

considération de son mariage avec le Mis de la Force, fils du duc de ce nom, » un collier formé de deux cent dix-neuf brillants. 19,911 liv.

47 septembre. À la PS$e d'Ardore, ambassadrice de Naples, dont le fils aété tenu par S. M. sur les fonts de baptême, une table de bracelet enrichie de brillants, avec le portrait du Roï par Le Brun. 11,998 liv. — Fournitures de Rondé.

20 novembre. Au Ct® Poniatowski, cinquante-huit médailles d'or de l'Histoire du Roi. 11,587 Liv. — Le médaillier en bois d'amarante, par Benoist Chéré. 240 liv. (24° f'egistre. Présents du Roi. 1742. N° 493.)

45 août 1743. À M. Crescentii, nonce, une croix pastorale, composée de quatre-vingt-onze brillants. 13,998 liv. — A son auditeur, une chaine et une médaille d'or. 4597 Liv.

A7 février 1144. À Mme de Maupeou, la jeune, une paire de boucles d'oreilles, fournie par Rondé. 20,094 liv.

55 avril. À M. Lersner, premier magistrat de Francfort, un service de vaisselle d'argent. 6,000 liv.

8 octobre. Au sieur d'Escoville, officier prussien, envoyé pour porter la nouvelle de la prise de Prague, un présent de 6,000 liv. en espèces.

4745. Présents du Roi aux personnes nommées par la cour d'E'spagne pour accompagner l'Infante Marie-Thérèse-Antoinette venant en France épouser le Dauphin : A la D$$® de Medina Cæli, grande camériste, une boîte à portrait garnie de diamants. 20,243 liv.— Au Mis de Soleyra, grand écuyer, une boîte à portrait garnie de diamants. 45,435 liv.—AMneConock, dame d'honneur, une boîte à portrait, 15,120 liv.—Au Ct°de Montijo, grand majordome major, une bague d'un diamant. 20,0001iv. — A J.-Bt® Le Gende, secrétaire de la chambre, une bague. 9, 200 liv. — Au Cte d’Anglesola, majordome et grand écuyer, une bague. 6,800 liv. — A l'alcade de cour, une bague. 6,000 liv. — Au Mis de la Solana, majordome, une bague, 6,000 liv. — À Don André Garcia et Don Francois-Léon y Torrès, maréchaux des logis; à Don Manuel Martinez et Don François Diaz, chapelains, quatre bagues. 8,420 liv.— A la Dsse de la Mirandole, une croix et un coulant de diamants. 43,181 liv. — A la Dss° de Medina Sidonia, une appliquede col de trois pièces, avec la pendeloque enrichie de diamants. 12,998 liv. __ À Dona Paule d'Elizade, dame d’atours, une grande paire de boucles d'oreilles et pendeloques de diamants. 13,191 liv. — A trois caméristes, trois tables de bracelet. 5,191 liv.-— Au premier médecin de la chambre, une tabatière d'or, garnie de diamants. 4,830 liv. — Au trésorier, une boîte de mème genre. 4,511 Liv. —

Au premier officier de la secrétairerie, une tabatière émaillée de fleurs naturelles et deburgau. 1,600 liv. — A Don Joseph Sedena, chef de fourrière et maréchal des logis, une tabatière garnie de petits diamants, avec figures ciselées. 41,500 liv.—A Don Augustin Justiniano, écuyer de camp, une tabatière émaillée de vert, à fleurs. 1,380liv.—A Don Joseph Paramonts, autre écuyer de camp, une tabatière d’or. 1,370 liv. — Aux deux exempts des gardes du corps et au chef des hallebardiers, trois tabatières d’or, gravées. 3,180 Liv. — A Don Aug. de Mier y Iberan, fourrier de l'écurie du Roi, une tabatière d’or à mosaïque, émaillée. 4,000 liv. — Au premier officier de main, une tabatière d’or, ciselée à parquet.

4,000 Liv. — A Don Manuel-Dominique Quijade, chef de tapisserie, une tabatière tournée, ciselée en point de Hongrie à rosette. 940 liv. — À Don Manuel de Santa Colonia, ayant charge des lits, une tabatière d’or, à fond d'étoffe, à bouquets détachés. 790 liv. — À Don Ferdinand Cano, chef de paneterie, au caissier de la trésorerie, àun aide del’apothicairerie royale, troistabatières d’or, gravées et ciselées. 2,480 Liv. — Trois tabatières, faisant partie des présents surnuméraires pour des cas imprévus ou des personnes oubliées. 6,480 liv.— Au premier chirurgien, Don Gabriel Beniso de Alonzo Lopez, contrôleur, à un autre et à vingt-cinq officiers subalternes, des cannes à béquilles et à pommes d’or. 9,900 Liv. — Huit étuis d'or, gravés et ciselés ; six porte-crayons d’or, seize tire-bouchons. 3,760 liv. — (Présents du Roi. 1699 à 1752. N° 641.)

Le jour du mariage, le duc de Richelieu présenta de la part de L. M., à la Dauphine,un superbe cabinet de velours cramoisi brodé d’or, sur une table de marqueterie avec un pied doré et sculpté rempli de bijoux, que cette princesse distribua à la cour. Le cabinet coùta 13,745 liv.

Corbeille de la Dauphine Marie-Thérèse-Antoinette. — Vingthuit boîtes ou tabatières. 32,548 liv. — Six boîtes à mouches. 2,812 liv. — Trois tablettes. 2,520 liv. — Treize montres. 13,838 liv. — Six paniers à ouvrage. 5,096 Liv. — Six étuis de pièces. 6,050 Liv. — Douze étuis à cure-dents. 3,528 liv. — Quarante-deux étuis à ciseaux. 672 liv. — Une paire de ciseaux. 988 liv. — Trois couteaux. 1,290 liv. — Douze flacons. 3,566 liv. — Cinq chaines d’or. 768 liv. — Trente-six éventails. 3,855 liv. Une écuelle d’ancien laque. 9,800 liv. — Bijoux fournis par le premier gentilhomme de la chambre. 30,000 liv. — Total. 125,493

Parmi cette masse de bijoux, quelques-uns seulement restèrent à l'Infante, les autres furent immédiatement distribués. Parure

de la Dauphine : Une pièce de corps, deux épaulettes, quatre attaches, un nœud de derrière, un collier, une paire de boucles d'oreilles, deux aigrettes et une table de bracelet. 584,255 liv.

20 novembre 1745. À M. Diedo, noble vénitien, sénateur de Venise, ambassadeur par intérim depuis la mort de M. Gornaro, une suite de vingt-deux médailles d'or de l'Histoire du Roï, avec une cassette de velours. 5,615 liv. — En plus, une tabatière d'or, ciselée, enrichie de diamants au bec et au pourtour, avec le portrait du Roi. 3,440 liv.

8 juillet 1746. Envoyé à la cour de Naples, pour le baptème de la dernière princesse des Deux-Siciles, une aigrette, une table de bracelet, une croix pastorale et une croix à la dévote, enrichies de brillants. 30,427 liv.

27 juillet. Au Ct de Woronzoff, quatre-vingt-dix médailles d'or et un médaillier. 40,506 liv.

45 octobre. Au prince de Campo Florido, ambassadeur extraordinaire du Roi d'Espagne, une croix de Saint-Esprit, garnie de quatre-vingt-un brillants. 17,885 liv. —- Au secrétaire du prince, une médaille d'or, garnie de sa chaîne. 1,759 liv. — (Présents du Roi. 1738 à 1771. N° 462.)

4747. Second mariage du Dauphin. Présents aux personnes nommées par la cour de Dresde, pour accompagner en France Marre-Joséphine de Saxe, fille d’Auguste, Roi de Pologne : Au prince Lubomirski, général d'artillerie, une grande boîte à portrait garnie de diamants. 11,574 liv. — A La Csse de Martinitz, aya ou gouvernante, une boîte à portrait. 8,101 liv. — A la CSse Pépendouska, dame d'honneur, une paire de boucles d'oreilles à girandoles et pendants. 8,257 liv. — A la Bnne de Tatemberg (peutêtre Stahremberg), dame d'honneur, une table de bracelet à portrait du Roi, gravé en relief sur une sardoine onyx. 8,024liv. — Au Cte Zboinski (sic), chambellan, une bague d’un seul diamant, 4,800 liv. — Au Bo de Schomberg, gentilhomme de la chambre, une tabatière d'or enrichie de diamants. 4,200 liv. — Au B° de Schomberg, grand maître de cuisine, un brillant. 5,000 liv. —- Au Cte de Bratouski, gentilhomme de la chambre, une tabatière d’or, ciselée, garnie de diamants. 3,797 liv. — Au Cte de Boze, chambellan, une tabatière d’or, ciselée, ornée de diamants avec le portrait du Roi. 4,621 liv.

En plus, pour les officiers et personnages de second ordre, une foule de présents dits surnuméraires, composés de tablettes, bagues, montres, tabatières, médailles, étuis de pièces, étuis à cure-dents, porte-crayons et tire-bouchons en or. Dès le mois de décembre 1746, le duc de Richelieu, ambassadeur extraordinaire

du Roi à la cour de Dresde, é‘it chargé de donner, aux trois commissaires devant signer le contrat, trois boites à portrait estimées ensemble 23,947 liv. — On lui remit encore, pour les offrir en arrivant, au nom de $S. M., deux magnifiques brillants, dont l’un valait 40,000 liv. et l’autre 60,000.— Le Registre se tait sur le nom des destinataires. (Présents du Roi. 4699 à 1752. N° 461.)

Corbeille de la Dauphine : Une parure complète comprenant tabatière, boîte à mouches, panier, etc. 30,600 liv. — Trente-six tabatières. 41,856 liv. — Vingt-une montres. 18,664 liv. — Onze chaînes de montres. 2,068 liv. — Vingt-deux étuis. 13,158 Liv. — Douze flacons. 13,158 liv. — Six paniers. 6,492 liv. — Dix boîtes à mouches. 9,056 liv. — Trois tablettes. 2,724 liv. — Trentecinq éventails. 3,891 liv. — Neuf tire-bouchons. 850 liv. — Douze porte-crayons. 1,056 liv. — Une écritoire. 262 liv. — Une . plume sans fin. 144 liv. — Un couteau d'or émaillé, garni de diamants. 600 liv. — La dite corbeille, y compris les raccommodages des boîtes et taxations du trésor, 140,670 liv.

La Dauphine arriva à Strasbourg le 27 janvier 1747; elle logea dans le palais du cardinal de Rohan, coucha le 31 à Vesoul, et fut à Choisy le 8 février. « Madame la Dauphine reçut à Corbeil les présents du Roi et fut très fâchée de ne pas y trouver le portrait de S.M.» Le Dauphinnese maria pas en pourpoint «mais avec un habit en manteau, comme le jour des processions. » Le soir, à Versailles, on joua l'opéra de Persée. Il y eut bal paré le lendemain. Il y eut aussi un projet de loterie ainsi conçu :

50 lots à 7 louis. 9,600 Liv. — 400 lots à 10 louis. 88, 000 NN: = 100 lots à 43 louis. 36,000 liv. — 50 lots à 20 louis. 24,000 Liv. — 2lots à 50 louis. 2,400 liv. — Total : 602 lots, 160. 000 liv. — (Arch. nat. 0! 3232.) Cette loterie resta-t-elle à l’état de projet? Les comptes n’en disent rien.

Distribution des présents : La dame d'honneur, Ms de Rubempré, de Fodoas, de Tessé, de Lorges, un étui de côté. La dame d’atours, une montre et un flacon émaillés, Mes du Roure, de Pons, de Champagne, MM. de Mirepoix, de Bayeux, de Muy fils, de la Vigne, médecin, deux huissiers et M. Morin, maréchal des logis, des montres d'or, à répétion, émaillées. Mmes de Gaumont et de Belfond, la première femme de chambre, le chevalier d'honneur, le premier écuyer, le Gte de Loos, ambassadeur, la Csse de Loos et son fils, MM. de Richelieu etde Maillebois, le Ctedela Motte, le duc de Fleury, le maréchal de Saxe, l'abbé de Saint-Cyr, le maitre d'hôtelordinaire, le chef de brigade, un exempt, l'aumônier du Roi, M. de Brancas, un écuyer du Boi, M. Bolduc, M. Evin, chirurgien, le led du Roi, des tabatières d'or, gravées, ise

404 L'ORF*VRERIE. PRÉSENTS DU ROI.

lées, émaillées, à brillants; des boîtes de laque ou en cornaline. Me de Rohan, un sac à ouvrage, une navette d'or, une boîte à mouches assortissante. Mme de Pompadour, une boîte à mouches émaillée et une boîte de laque. Les quatre femmes de voyage, quatre boîtes à mouches. Les huit menins du Dauphin, quatre boîtes et quatre montres. L'échevin, premier commis au contrôle général, un étui et un tire-bouchon d'or. Le chapelain, M. Boitet, maréchal des logis, deux valets de chambre du Roi, deux valets de garde-robe, le lieutenant des gardes de la porte, des flacons d'or. Le clerc de chapelle, les huit femmes de chambre, la fille de?garde-robe de la chambre, des porte-crayons d'or. MM. Fleury et Cornu, prévôts de l'Hôtel, trois garcons de la chambre de la Dauphine, des étuis d’or. M. Dufour, un étui à cure-dents. Le fourrier des Cent-Suisses, un tire-bouchon d’or. = Il est resté pour la Dauphine cinq beaux sacs et cinq navettes, une boîte à rouge émaillée, une petite boîte de laque, cinq flacons de cristal de roche, un étui à ciseaux d’or, un porte-crayon d’or, huit tire-bouchons d’or. On n’a trouvé pour Mmes de Fontevrault qu'une tabatière, etrien pour Madame Louise. Madame Victoire reeut une paire de ciseaux d’or, et Madame Sophie, un couteau d’or et un éventail. Il manquait des tabatières pour le maréchal de Noailles, le duc de Lauraguais, le grand veneur de Strasbourg, M. Binet, les intendants des Menus, M. Bouilhac, premier médecin. Toutes ces omissions ont été réparées. (Arch. nat. 013252.)

43 mai 1747. À la GC de Gollombrano, dame d'honneur de la Reine des Deux-Siciles, une table de bracelet entourée de dix-huit brillants. 5,945 liv.

71 mai 1749. À M. de Vanhoey, ambassadeur de Hollande, soixante-dix médailles. 14,102 liv.

40 octobre. À la Mise de Leyde et à Me de Gonzalès, deux tables de bracelet, composées chacune d’un portrait de $S. M. enrichie de diamants. 9,103 liv.

6 avril1750. A l'Infante d'Espagne, D‘ de Savoie, une aigrette de diamants. 35,179 liv.

Avril 1751. Envoyé au Roi de Danemark, des glaces exécutées à la manufacture royale de Saint-Gobain. 24,576 liv.

2 février 1152. Au Bon d’Assebourg, ministre de l'électeur de Cologne, un diamant de 22,500 liv. (probablement monté en bague).

7 juillet. Etat des bijoux offerts par le Roi, à l'occasion du baptême de la jeune Infante de Parme, qui doit être tenue sur les fonts au nom de S. M. — La jeune princesse, une aigrette de deux cent quatre-vingt-deux brillants. 15,082 liv.— Mme de Gonzalès, gouvernante, une croix à la dévote de trente-neuf brillants.

5.833 liv. — Le prélat officiant, une croix pastorale de quatrevingt-trois brillants. 1,945 Liv. — La Mise de Leyde, représentant la Reine, un grand bracelet de soixante -douze diamants. 7,900 liv. — Mne de Linati, sous-gouvernante, un moyen bracelet de quatre-vingt-un brillants, plus petits. 4,618 liv. — Me de Sissa, attachée à l'éducation des enfants de L. A. R., une bague d’un brillant. 3, 030 liv. — Mme de Saint-Secondo, dame du palais, une bague d’un brillant. 2,430 liv. — Le Cte de Narbonne, gentilhomme de la chambre, une tabatière d’or, avec un bec composé de quarante-huit brillants. 2,015 liv. — Le Gte Peyroli, majordome, une tabatière d’or avec un bec orné de trente diamants. 1,533 liv. — Fournitures de Rondé (Présents du Roi. 1752. N° 435.)

23 juillet 4753. Offert par S. M., à la Reine d'Espagne, un nécessaire en porcelaine de Vincennes, garni d’or. 4,523 liv. —

22 octobre. A l’archiduchesse Marie-Charlotte, dont le Roi a été le parrain, une aigrette de diamants et de petites girandoles. 19,485 liv.— Travail de Jacqmin «joaillier de M"° de Pompadour. »

Le bourgogne et surtout le champagne Sillery, figurent au nombre des présents du Roi et furent toujours très goûtés dans la diplomatie.

16 avril 1754. Pour vins de Bourgogne et de Champagne envoyés par S. M., à l'Impératrice Reine, au Roi de Danemark, au Ote de Kaunitz, au Gt® de Molck, au B° de Bernstorff, au Ct d’Hen, à MM. de Berkentin, de Gram, de Holstein. 65,155 liv.

20 septembre. A la C%* de Sartirane, une table de bracelet, composée du portrait du Roi,entouré de seize brillants. 412,346 liv. — Poinçon de Rondé.

Mars 1755. À M. de Ruvigny de Cosne, secrétaire de l’ambassade du Ct° d’Albemarle, une médaille d’or, avec sa chaine. 1,580 liv.

1757. Remis par le Mis de l’Hopital, ambassedeur ‘en Russie, au Cte de Woronzow, chancelier de l'Impératrice, un médaillier composé de cent cinquante médailles d’or. 29,986 liv.

Ce présent est en dehors de ceux qu'avait emportés le Mis de l'Hopital en quittant la France. A propos de ce personnage et de son ambassade, le duc de Luynes s'exprime ainsi dans le XV° volume de ses Mémoires : « Le Roi lui donna 450,000 livres par an et outre cela 200,000 liv. pour les frais de voyage et d'équipage. outre les sommes que le Roi donne à M. de l'Hopital, et dont je viens de parler, il y a encore l’article des présents, montres et autres choses semblables. L'intention de M. de Rouillé était qu'on n’en achetät que pour 20,000 liv. ; mais cela ira au moins à

30,000; et M. le maréchal de Belle-Isle croitquecen’est pas encore assez, d'autant plus que la cour de Russie est très magnifique et que l’on est dans l'usage de faire venir de France tout ce qu'il y a de plus beau et de plus riche. Lorsque le maréchal de Belle- Isle alla à Francfort, on lui donna pour 150,000 liv. de présents à faire. il me disait encore hier qu'indépendamment de cette somme, sa dépense en quatorze mois avait monté à 1,750,000 iv.»

Voici la liste des présents, inscrits au 18 mars 1757, et remis au Mis de l'Hopital, en partant pour Saint-Pétersbourg ; elle n’est pas sans intérêt et appartient, d'ailleurs, à l'histoire des us et coutumes diplomatiques.

Fourniture de Ducrollay : Une boîte d’or émaillée à deux tabacs. 4,080 liv. — Uneboite d'or à coquille. 768 liv. — Une boîte ovale, guillochée,624 liv.— Uneboîte émaillée, vertet bleu. 9601iv.— Une boite d'or,ovale, pour femme.720liv. — Une navette d'or de couleur.480 liv. — Unflacon d’or. 3001iv. — Un autre plus petit. 200 liv. — Un étui d'or émaillé. 600 liv. — Un étui d’or de couleur. 360 1iv.— Un couteau émaillé. 300 liv. — Un couteau d'or de couleur. 336 liv. — Une cave à deux flacons. 264 liv.— Deux flacons avec leurs étuis. 312 liv. — Un éventail d'or, garni de deux brillants. 1,960 liv. — Fourniture d'Herbaull : Une tabatière de cornaline. 4,500 liv. — Une boîte d’or de couleur. 1.200 liv. — Deux navettes 1,560 liv. — Deux étuis. 840 liv. — Fourniture de Garand : Deux étuis d'or. 576 liv. — Deux navettes. 984 liv. — Deux boîtes émaillées, pour femme. 1,560 liv. — Une boite ovale, en or de couleur. 800 liv. —.Une boîte de chasse. 830 liv. — Fourniture de Dutertre : Une montre avec sa chaîne d'or, de couleur. 4,500 liv. — Une autre pour homme, émaillée à figures et sa chaîne pareille. 4,600 Liv. — Fourniture de Lazare-Duvaux : Service et pièces diverses, en porcelaine de Sèvres. 8,320 liv. — Total, 30,534 liv. — (Présents du Roi. 1756 à 1757. N° 437.)

5 février. Au Br de Van Eyck envoyé extraordinaire de l’électeur de Bavière, un médaillier garni de quatre-vingt-dix médailles d'or. 46,595 liv.

12 janvier 1758. À M. de Béteieff, envoyé de Russie, un diamant de 9,600 liv.

22 mars. À la CS$e de Monzone, pour lui tenir lieu d’un présent que S. M. aurait accordé à son mari, comme ministre plénipotentiaire du duc de Wurtemberg, 6,000 liv. au porteur.

2 février 1759. Au grand écuyer du Roi de Danemarck, un pot à oille, deux terrines, trois plats et deux cuillères d'argent. 7,533 liv.

15 avril. Au nonce Gualtieri, une croix pectorale, en brillants. 19,080 liv.

1760. Présent du Roi à la Reine d'Espagne, de deux bracelets en perles et diamants et de deux cadenas composés de magnifiques brillants. 290,000 liv. — Le Roi offre à l'Infante Isabelle, à l’occasion de son mariage, un assortiment de bijoux fournis par Jacqmin joaillier de la couronne. Ils consistent en une montre, offrant le portrait du Roi, un étui de pièces, un flacon, etc., le tout en or, émaillé en rouge et garni de diamants; une aigrette à palmes ; un ruban de tête; une bague d'un gros diamant, une paire de boucles d'oreilles, à fleurs, et six boutons de compère. 265,727 liv.

49 novembre. À M. Colloredo, l'Histoire du Roi, composée de quatre-vingt-dix médailles d’or. 18,116 iv. — Un tapis et unetenture de tapisserie de basse lisse, représentant des fruits, des plantes et des animaux, d’après Desportes. 34,832 liv.

Avril 1762. A la Css de Stahremberg, à l’occasion du baptème de son fils, dont S. M. est le parrain, une aigrette à nœud en rosette et sultane, composée de deux cent quarante et un brillants. 15,997 liv.

19 juillet 1763. Au duc de Nivernais, un service de vaisselle d'argent. 96,000 liv.—Gette vaisselle lui avait été prêtée pour son ambassade d'Angleterre et le ministre lui annonça par une lettre du 19 juillet 4763, que le Roi lui en faisait présent.

Septembre 1764. Donné par la Dauphine à la CSe de Stahremberg, un cercle de bracelet formé de seize gros brillants autour du portrait de la Dauphine. 10,332 liv.

Juillet 14765. Mariage de l’infante Louise-Marie-Thérèse de Parme avec le prince des Asturies. Présent du Roi : Un assortiment de bijoux d'or, émaillés en bleu, garnis de trois mille sept cent dix-neuf brillants, employés dans la montre, la chaîne, la clé, l’étui de pièces, garni de ses pièces, avec chaîne et cassolettes, la tabatière surmontée du portrait du Roi, la boîte à mouches, le flacon et l’étui à cure-dents. 88,581 liv. En plus, une aigrette à palmes, composée de cent seize brillants. 50,363 liv. — Présent du Dauphin: Un gros diamant blanc, en losange, monté en bague et pesant trente-sept grains. 28,955 liv. — Présent de la Dauphine : Un ruban de tête et fontange de cinq cent quatorze brillants. 50,573 liv. — Présent de Madame Adélaïde : Une paire de boucles d'oreilles, à fleurs, de cent vingtquatre brillants. 21,187 liv. — Présent de Mesdamés : Sept boutons de compère, enrichis de cent dix-neuf brillants. 45,306 liv.

Avril 1766. À M. Colonna Pamphili, nonce, une croix pectorale de cent trente-sept brillants. 44,146 liv.

Avril 1767. À l'Infant de Portugal, à l'occasion de son bap-

tême, une cocarde servant de ganse de chapeau, composée de quatre-vingt-treize diamants, tant bleus que couleur de rose. 83,231 liv. — Au seigneur qui doit représenter le Roi, au baptème de l’Infant, une boîte à portrait, à guirlandes, sertie de trois cent six brillants. 19,693 liv. — A l’évèque qui baptisera l'Infant, une croix pectorale, garnie, avec son coulant, de cent seize diamants. 14,307 liv. — À la gouvernante, une paire de boucles d'oreilles. 7,446 liv. Fourniture de Jacqmin.

Juillet 1769. A l'Infant duc de Parme, en l'honneur de son mariage, une aigrette à palmes. 40,000 liv. — A l’'Infante, une parure comprenant une paire de bouclés d'oreilles, avec pendeloques et fleurons, un coulant et une grande croix en diamants jaunes, blancs et rubis. 120,000 liv.

14 février 1770. Remis au Chev. de Saint-Priest, ambassadeur de France à Constantinople, un lot de bijoux pour présents, composé de tabatières, boîtes à portrait, montres, bagues, étuis, tablettes, etc., fournis par Jacqmin, bijoutier du Roi. 76,359 liv. (Présents du Roi, 1762-1773. N° 441.)

1770. Mariage du Dauphin. Le petit-fils de Louis XV épouse Marie-Antoinette. De Strasbourg à Compiègne, le voyage de la jeune archiduchesse fut un long triomphe. Sur tout le parcours, à Nancy, à Châlons, à Soissons, et jusqu'à Compiègne même, toutes les populations environnantes vinrent au-devant d'elle, l’acclamer sur son passage. Nature charmante et enjouée, elle était faite pour régner sur la France ; bonne, comme la bonne Joséphine, elle sut comme elle se faire aimer; peu à peu cependant, l'envie et la haine s’acharnèrent à sa perte, et la Révolution la fit monter sur l’échafaud. Le mariage eut lieu à Versailles. La Dauphine reçut une corbeille magnifique, renfermant, comme les précédentes, des tabatières, des éventails, des montres, des étuis, couteaux, ciseaux, flacons, navettes, souvenirs, boîtes à mouches, ete. Gaillard et Sageret apportèrent leurs plus beaux bijoux, dont la plupart furent distribués, selon l'usage, aux personnes de la cour. La boîte d’or réservée à la Dauphine, ornée de son chiffre en diamants, coûtait 20,746 liv., et le coffre à bijoux, plus de 22,000. C'était un cabinet de six pieds de long sur trois pieds et demi de haut, couvert en partie de velours cramoisi, magnifiquement brodé. La broderie des cinq panneaux se montait à 8,000 liv., et la sculpture faite par Bocciardi à 4,445 liv. L'ébéniste Évalde en avait fourni le corps, et Gouthière les cuivres ciselés. Le plus riche des éventails offrait sur la monture des brillants et des émeraudes. La montre et la chaîne garnies de diamants valaient 14,000 liv.

Les évêques de Limoges et de Chartres, la DS de Villars, la D de Pecquigny, la Mi de Duras, la VS de Choiseul, la Ce de Noailles, les CS de Pons et de Saint-Florentin reçoivent des tabatières. Celle de M. de Saint-Florentin vaut 3,000 liv. ; elle est à huit pans, avec les milieux ciselés, d'après l'antique, par le fameux Debêche. Des montres d'or à répétition, enrichies de diamants et d'émaux sont distribuées à la GSe de Noailles, à la Mie de Duras, aux ducs d’Aumont et de Villequier, au Vt de Boisgelin, au Ghev. de Monteil, à MM. Hébert, de Chavignac, de la Roche-Aymon. M. de la Ferventerie, lieutenant des gardes du corps, et M. Deynet, maître d'hôtel, ont des étuis d’or. Bien d'autres personnes, dont nous n’avons pu déchiffrer les noms, viennent s'ajouter à cette liste. (Arch. nat. 01 3027.)

Montant des mémoires présentés par les bijoutiers :

Gaillard. 66,560 Liv. ; Sageret. 66,736 liv. ; Duchesne. 5,700 HV: Drais. 4,800 liv.; Poirier. 4,800 lLiv.; Franclieu. 4,500 liv.; Roucel. 4,420 liv.

Nous avons dit combien était riche la boîte au chiffre de la Dauphine, et que celle-ci trouva dans sa corbeille le jour de ses noces; celle que le Roi lui avait envoyée à Vienne la surpassait infiniment en magnificence. C'était une grande boîte d'or, surmontée du portrait du Dauphin, peint par Hall et entouré d’un cercle de soixante-dix gros diamants. Elle coûtait le prix incroyable de 75,678 liv., sans le portrait, payé en dehors 2,664 liv.

Les présents faits aux grands officiers qui accompagnèrent l'archiduchesse à Strasbourg et aux autres personnes de sa suite furent également splendides. En voici le détail : au prince de Paar, qui à fait les fonctions de grand maitre de poste, une boîte surmontée du portrait du Roi, entouré de diamants. 25,989 liv. — Au prince de Stahremberg, une bague d’un brillant. 40,000 liv. — A la CS de Paar, grande maîtresse, un grand nœud d'estomac composé de douze cent soixante-deux diamants, tant gros que moyens et menus, dans un étui en roussette verte garni d'argent. 26,107 liv. — Aux Csses de Transmandorif et de Kollowrach, dames de cour; de Windisgratz et de Paar, dames de ville, quatre bracelets, composés chacun de seize gros diamants autour du portrait du Roi. 30,768 liv. — Aux Di Stock et de Pesth, demoisellesde chambre, ouKammerdienerin, deux aigrettes en diamants, fournies, l’une en barbeau, et l’autre en sultane. 4,833 liv. — A M. de Walkiers, secrétaire du cabinet et chargé de signer l'acte de remise, une tabatière d'or, ovale, cintrée, émaillée à fleurs mélées de cartels à figures

en bas-relief, avec un cercle de vingt gros diamants eristallins autour du portrait du Roi et douze diamants dans la bordure. 7,495 liv. — A M. Jean-Michel de Mayer, qui a rempli les fonctions de son père de conseiller aulique et trésorier de L. M. I., une tabatière d'or, à huit pans, ciselée et gravée, émaillée en rouge, avec figures en diamants autour du portrait du Roi. 6,000 liv. — Au secrétaire du prince de Stahremberg, une tabatière d’or, carrée, gravée, ciselée, émaillée, avec sujets de Vernet, et portrait du Roi, entouré d'un cadre à la grecque, de soixante-quatorze diamants, dont douze plus gros formant les agrafes. 6,000 1iv. — Au B°r de Layser, premier exempt et lieut.colonel de L. M. [., une tabatière d’or émaillée en bleu usé, gravée et ciselée, avec un cercle en diamants autour du portrait du Roi. 4,000 Liv. — Au second exempt, ayant le caractère d’un capitaine de cavalerie, une tabatière d'or ovale, la boîte, le dessus et le dessous émaillés en plein. Le portrait en dedans, peint par Welper. 3,936 Liv. — À M. de Gherpie, gouverneur des pages, une bague montée à l'antique, composée de neuf diamants blancs, celui du milieu valant 1,800 liv., les huit autres, la façon et l’étui. 4,242 liv. — Aux trois pages de cour, trois montres à répétition. 7,200 liv. — Au $' Jean-Georges Zinner,premier fourrier dela chambre,une bague,montée à l'antique, composée de onze diamants, le plus gros au milieu. 2,041 liv. — Deux bagues de même genre, aux deux officiers ou commis des finances. 4,023 liv.— A M. J.-B. Kollmann, premier médecin du corps, une bague. 4,003 liv.— Au Cte Schafstach, une boite à portrait. 17,447 liv. — Aux Ctés de Windisgratz, de Paar, de Stahremberg, de Staray, de Trautmandorff, de Dietrichtein et au prince de Lambert, chambellans, sept tabatières de différentes formes et grandeurs, toutes en or, émaillées de diverses couleurs et garnies de diamants, avec le portrait du Roi, par Welper. 57,487 liv. — À Mme de Weyrotter, dame de chambre ou Kammerfrau,un assortiment de bijoux composé d'une montre avec sa chaine, l’étui de pièces garni de ses pièces, y compris sa chaîne et les deux cassolettes, avec boutons en diamants, la tabatière et la navette assortissantes ; le tout en or, avec fruits de cornaline gravés imitant des cerises, tiges et feuilles émaillées en vert. 7,000 liv.

Aux sieurs Antoine Faucheron et Wilhelm Dupont, valets de chambre, deux tabatières d'or, émaillées à figures. 3,600 Liv. — A six des treize gardes nobles, six montres gravées et ciselées en or de couleur, avec chaines d’or assortissantes. 3,000 Liv. — Au chapelain de la cour, à l'huissier de la chambre, au fourrier

et au contrôleur, « quatre bagues de quatre diamants, faisant ensemble seize diamants et quatre diamants au « milieu » des dites. 5,000 liv. — A la fille de garde-robe, un cœur avec un petit nœud au-dessus,en diamants. 1,560 liv. — Au sieur Mathieu Hadre, maître tapissier, une bague. 903 liv. — Aux écrivains de cour, aux garçons de lachambre, au premier marguillier de cour, àda Dis, blanchisseuse, à l'inspecteur des cuisines, aux deux chefs de cuisine, aux deux chefs rôtisseurs, aux trois confituriers, aux deux chefs pâtissiers, au tonnelier, au chef de vaisselle, au courrier de cabinet, aux deux couvreurs de tables, à quatre officiers des postes, à l'officier de cave ou sommelier, aux treize maitres de poste, au seilier, au chef vaguemestre, des tabatières d’or de 400 à 4,200 liv. — Aux dix cuisiniers, aux sept sous-vaguemestres et au maréchal, des montres d'or de 200 à 240 liv. — La totalité des présents, fournis par Jacqmin, s'élève à 379,371 liv. — (Présents du Roi. 1762 à 1773. N° 441.)

Citer les fournisseurs, à l’occasion de cet auguste hymen, c’est nommer les marchands et fabricants les plus accrédités de l’époque. Rœættiers fournit les deux anneaux, et Guédon, brodeur, deux poignées de cierges brodées en argent sur velours blanc. Delanoue et Buffault, livrent chacun un poêle de drap d'argent « les deux bouts très beaux. » Pinon, « valet de chambre, horloger du Roi» ,recoit uneimportantecommande;nous yremarquons deux pendules allégoriques. L'une représente la Paix et l'Abondance; l'autre figure l'Alliance de la France et de l'Empire, couronnée par l'Hymen et l'Amour. Ravoisie, fourbisseur du Roi, exécute pour le Dauphin deux épées à poignée d’or, ciselées, pour 6,600 liv., puis deux épées d'argent pour les gentilshommes de la manche et huit autres épées pour les suisses des appartements. Bourgeois grave un cachet d'or de 430 liv., aux armes du Dauphin. Lescuyer, panacher ordinaire du Roi, fait un bouquet de plumes blanches à deux rangs, « tout ce qu'il y a de plus beau pour la toque de cérémonie du mariage de Mgr le Dauphin. » Le prix est de 300 liv., mais la facture complète de Lescuyer s'élève à 22,502 Liv. — Delaporte, gantier parfumeur, réclame 5,778 liv. pour des gants de toute sorte, dits « à grand garçon, à grande fille, à femme, à cadet», et cent pots de rouge fin. Védy, serrurier du Roi, entreprend les travaux des salles de bal d'Opéra et à Versailles. Notrelle, perruquier ordinaire des Menus- Plaisirs, est chargé des barbes, boucles et perruque, des artistes qui viennent jouer devant la cour. Sur son mémoire de fournitures, nous voyons figurer Mis Rosalie, Dubois et Duchénois, puis, dans le corps de ballet, Vestris, Daubreval, Mit Dupérey,

la Prairie, Dervieux et Guimard. Dès 1769, en vue du mariage du Dauphin, il y eut un projet de marier cent jeunes filles, avec une dot de 2,000 liv. Prière était adressée à S. M. « de déclarer qu'elle voudrait bien faire tenir au nom de Mgr le Dauphin et de Mn° la Dauphine, les enfants mâles qui naïîtraient dans l’année des dits mariages, avec une pension viagère de 400 liv. (Arch. nat. 013252.) Le manuscrit ne dit pas si le projet fut mis à exécution.

1774. Mariage du Cte de Provence. Etat des présents distribués aunom du Roi, pour le compte des A ffaires étrangères, à l'occasion de la demande solennelle de Mn la CSse de Provence par le Bon de Choiseul, ambassadeur de S. M. auprès du Roi de Sardaigne. A la Csse de Provence, une parure de perles, consistant en un collier à trois rangs, avec sa chute et les deux glands en bas, le tout com posé de cinquante-neuf perles. Au milieu du collier estune agrafe ou rosette, où pend un trèfle avec sa pendeloque, les trois pièces enrichies de gros diamants. Sept boutons de compère, d’une très grosse et belle perle plate au milieu de chacun, avec un entourage de diamants choisis à chaque bouton. Une paire de boucles d’oreilles en corbeille, d’une très belle et grosse perle plate au milieu, chacune entourée de diamants, le reste en diamants et perles de choix. Deux bracelets à cinq rangs composés ensemble de cent quatre-vingt grosses perles de belle eau avec cinquante diamants cristallins, formant deux barrières en diamants. La dite parure 76,000 liv. — Le portrait du Cte de Provence, peint par Hall, entouré de seize gros diamants de la première eau. 15,552 liv.

Au cardinal de Lances, grand aumônier de $S. M. Sarde, une tenture des Gobelins, en haute lisse, représentant quatre des Mois de l’année {les quatre pièces offrant un total de 48 pieds 9 pouces). 17,780 liv. — Au Ct° de Lascaris, ministre et secrétaire d'état des Affaires étrangères, un service de porcelaine de Sèvres en bleu céleste, fleurs et oiseaux, pour une table de trente couverts. 15,330 liv.— Au chevalier Raïiberti, premier officier des Affaires étrangères, une grande tabatière d’or, ronde, la bâte émaillée d’une seule pièce à guirlandes de fleurs, fruits et vases, la plaque de dessous, d’une seule pièce à fleurs et fruits avec le portrait du Roi par Welper, et entourée d’un cercle de diamants choisis. 7,000 liv. — Au majordome, un service de vaisselle d'argent. 7,839 liv. — A l'intendant, une tabatière d’or, carrée, gravée, émaillée fond vert,avec cartels peints en émail.2,000 liv.— Le contrôleur de là bouche,le premier commis au contrôle, l’exempt des cent suisses et le concierge recoivent des tabatières de 750 à

4,200 liv, — Présents de réserve en montres, chaînes, bagues ct tabatières. 5,776 liv.

4771. Présents remis au duc de Saint-Megrin, pour étre distribués sur la route, à l’arrivée de la princesse. Au grand maitre, ou commissaire à la remise, une boîte à portrait offrant, avec le portrait du Roi, une couronne tout en diamants. 26,090 liv.— A la Csse Ogliani, dame d'honneur, une grande boîte à portrait, avec un nœud au-dessus tout en diamants et le portrait du Roiï au milieu. 25,691 liv. — A la dame d’atours, un bracelet, garni de seize brillants. 12,692 liv. — Aux dames du palais, deux garnitures, chacune de sept boutons de compère à rosettes, festonnés en diamants, 12,000 liv. — Aux deux premiers écuyers, dont un faisant fonction de chevalier d'honneur, deux tabatières d’or, émaillées, représentant à la partie supérieure, un cercle de gros diamants autour du portrait du Roi. 44,000 liv. — Au majordome, une montre d'or à répétition, toute garnie en brillants, avec chaine d’or à l'anglaise et une coquille en diamants des deux côtés. 9,000 liv. — Au maître des cérémonies, une tabatière d’or émaillée en bleu opaque, avec médaillons et ornementsen or de relief, garnie d’un cercle de diamants autour du portrait du Roi. 8,000 Liv. — A l’aumônier, une tabatière d’or de couleur, avec un cercle de diamants autour du portrait du Roi et des médaillons sous glace. 6,080 liv. — A l'un des deux gentilshommes de la bouche : Dans un étui, un couteau à lame d'acier, le manche de jaspe enrichi d’or émaillé ; une cuillère et une fourchette, en or, aussi émaillés avec du jaspe; un petit nécessaire de jaspe monté de même avec un bouton de diamants, garni en dedans de ses pièces en or, d'une salière et d'une poivrière de jaspe assortissantes. 1,909 liv. Une tabatière montée à cage garnie d'or. 4,438 Liv. — A l’autre gentilhomme de la bouche, une montre d'or, à répétition, sertie de diamants, avec une chaîne à l’anglaise. 3,000 liv. — Au secrétaire du cabinet, une bague d’un dia mant, seul, pesant vingt-cinq grains. 5,000 liv. — Au médecin, une bague d’un diamant seul, pesant vingt-deux grains. 3,800 liv. — À six pages, six montres à répélition avec cercles, aiguilles et boutons de diamants, la chaîne et la clé en or. 8,000 liv. — Au chirurgien, une montre à cuvette en jaspe, garnie en or, avec une tabatière en jaspe assortissante. 1,496 liv.— A l'apothicaire, une tabatière d’or, carrée, émaillée en bas-reliefs, par Aubert. 4,200 Liv. — Aux quatre femmes, quatre bagues d'un diamant, montées à l’antique. 8.000 liv. — A la coifleuse, un breloquet (composé d’une chaîne d’or enrichie de quelques diamants, émeraudes et rubis) où pend un étui de pièces en jaspeet or garni de

toutes ses pièces. 1,448 liv. — Aux deux valets de chambre, deux tabatières d'or, émaillées, avec médaillons, 3,600 liv. — Au lieutenant des gardes du corps, une tabatière d'or émaillée en gris, avec le portrait du Roi, entouré d'un cercle de vingt-huit diamants. 4,800 liv. — Aux deux maréchaux des logis, deux bagues composées chacune d'un diamant cristallin monté à l'antique. 7,200 liv. — Aux quatre brigadiers des gardes du corps, quatre épées damasquinées d’or, avec poignées tout en or. 2,400 liv. — Aux quarante-six gardes du corps, quarante-six épées en argent doré et surdoré. 13,713 liv. — Aux deux huissiers de la chambre, aux deux garçons de la chambre, au chapelain, au clerc de chapelle, aux contrôleurs, au tapissier, aux deux porteurs, au chef sommelier, au chef de cuisine, aux douze officiers de la maison, au tailleur, à la couturière, aux deux courriers de cabinet, etc., des bagues, des montres, des étuis à cure-dents et surtout des tabatières. Total général 362,091 liv. (Minist. des aff. étr. Présents du Roi. 1738 à 1771. N° 462.)

Les comptes des Menus-Plaisirs du Roi, aux Archives nahonales, vont compléter nos renseignements.

De la Roue, miroitier, fournit le cabinet des bijoux de la Csse de Provence. Ce beau meuble, composé de quarante-huit tiroirs, est garni de satin bleu et galonné d’or brodé. Il revient à 46,500 liv., y compris la sculpture, les cuivres, les ferrures, etc. Les broderies d'or coûtent à elles seules 9,000 liv. — La facture du joaillier Gaillard, réglée à 43,023 liv., décrit des tabatières, des montres, des navettes, etc., entre autres « un étui avec sa chaine, garnis en brillants, au nombre de deux mille cinq cent trente-trois, et deux cent vingt et une roses de Hollande, ledit étui garni de couteaux, ciseaux, tablettes, porte-crayons, demipieds et autres effets à l'usage de Mme la CSÿ de Provence ». 28,117 liv., y compris l’étui de roussette, monté en or, de 36 Liv. — Le mémoire de Sageret s'élève à 62,476 liv., et comprend trente-sept tabatières, treize montres de 420 à 1,500 liv., quinze étuis à cure-dents de 200 à 480 liv., des flacons, des portecrayons, ete.; le tout en or gravé, ciselé, émaillé, orné de portraits, de sujets d'enfants, de scènes flamandes ou pastorales. En plus, « un breloquet composé d’une chaine à sept branches, à trophée d'or de couleur, d’un couteau à deux lames, d'une paire de ciseaux, d'un étui à cure-dents, d’un flacon, d'un portecrayon, d'un dez, le tout en or de couleur, dans des étuis d'ivoire garnis d’or, avec des boutons de diamants. 2,200 Liv. » — L'Épine, horloger du Roi, exécute, pour 4,400 liv., deux montres d'or, à répétition, dont une se remontant sans clé, gravée d'une

figure représentant l'offrande de l'Amour à l'Amitié,— Le Loutre, horloger, apporte à la corbeille six montres valant ensemble 6,400 liv., la plupart à répétition, en or de couleur, avec boutons, aiguilles et cercles ornés de diamants. — Mignan réclame 246 liv. pour vingt-quatre cordons de montres de 20 à 419 liv. la pièce. — Ravoisier fait payer 2,200 liv. l'épée du comte de Provence. La toque de cérémonie, livrée par l'Écuyer, supporte un panache à deux rangs de vingt-huit branches de plumes blanches, « tout ce qu’il y a de plus beau ». Le prix est coté à 300 liv., comme il l'était l'année précédente pour le Dauphin, comme il le sera en 1773 pour le comte d'Artois.

Les autres fournisseurs sont Védy, serrurier; Arault, arquebusier; Pinon, valet de chambre, horloger du Roi; Macret, ébéniste; Vaugeois, tabletier; Roettiers, père et fils, orfèvres ; Guédon, brodeur. Ajoutons, parmi les peintres en miniature : Courtois, Vassal, Louis, Vincent de Montpetit, Krantzinger, Hall, et Mile Nivelon. Comme toujours, les présents furent nombreux et variés, mais nous n'en trouvons de mentionnés qu'un petit nombre. Nous citerons : une boite d’or à huit pans et à tableau d'émail, pour Mme de Caumont. 1,350 liv. — Une boîte, en or de couleur, à fond de tableau, pour M. de Muy. 1,430 liv. — Une navette, émaillée, à fond de tableau, pour M®° de Beaumont. 900 liv. — Une montre émaillée, à fond de tableau, garnie d’un cercle de roses de Hollande, pour Mne de Valentinois. 2,400 liv. — Une autre, de Lépine, horloger du Roi, pour le Cte de Duras. 3,400 Liv. — Une montre de 1,610 liv. à M. de la Touche; une autre, de 900 Liv. à M. de Monteil. (Arch. nat., 01 3031, 0! 3033.)

1773. Mariage du comte d'Artois. Présents de S. M., envoyés à Pont-de-Beauvoisin, pour être distribués aux personnes de la cour de Sardaigne. — Au ministre des affaires étrangères, une boîte à portrait à grandes palmes, fleurs el rubans, garnie de six cent quatre-vingt-huit brillants, avec le portrait du Roi. 45,826 liv. — Au Cte de La Marmora, ambassadeur, trois pièces en tapisserie de la tenture de l'Iliade, un grand sopha et huit fauteuils. 10,218 liv. En plus, une boîte à portrait enrichie de diamants et renfermant le portrait du Roi, par Welper. 20,000 liv. — Au grand maître de la maison du Roi de Sardaigne, un service de porcelaine de Sèvres, à guirlandes et ornements rehaussés d’or. 12,936 liv. En outre, une boite à portrait, sertie de six cent dixneuf brillants. 11,467 liv. — Au secrétaire du grand maître, une tabatière à huit pans, en or émaillé, représentant des marines. 2,000 liv. — Au majordome, une boite octogone à fond et cuvette émaillés en grisaille représentant des arabesques, avec

cercles et bordures en très beaux diamants, le portrait du Roi au-dessus. 9,200 liv. — Au secrétaire du cabinet du Roi, une boîte ovale à fond d’émail bleu, le dessus et le bec en diamants; en plus, une bague d'un beau brillant entouré de huit autres et montée à l'antique. 7,920 liv. — Aux quatre écuyers, quatre riches tabatières. 27,000 liv. — Au grand aumônier, deux pièces de tapisserie des Mois de l’année, Juin et Novembre. 7,666 liv. Une croix pastorale de cent quatorze brillants et pierres violettes, la monture en or ciselé. 6,525 liv. — A la dame d’honneur, deux bracelets, composés de six brillants chacun, et dans l’un desquels se trouve le portrait du Roi. 25,240 liv. — A la dame d’atours, un bracelet de seize brillants, avec le portrait du Roi. 12,740 liv. — À deux dames du palais, deux garnitures de sept boutons de compère, pour chacune, « en diamants festonnés à jour. » 42,000 liv. — Au lieutenant des gardes du corps, une boîte émaillée fond bleu, avec des cartels peints, le portrait du Roi au-dessus, dans un entourage de brillants. 4,350 liv. — Aux deux gentilshommes de la bouche, deux bagues montées à l'antique, offrant chacune un diamant entouré de huit gros brillants alternés de huit petits. 6,000 liv. — A deux maréchaux des logis, deux boîtes ovales, en or, offrant à la partie supérieure un cercle de brillants autour d'un cartel. 7,200 liv. — Au sous-gouverneur des pages, une boîte carrée à coins rentrés; fond d’émail bleu azur, avec cartel en grisaille. 4,800 liv. — Au premier page, une montre à répétition émaillée en grisaille transparente, avec crochet et cachet en or de couleur, deux cercles, aiguilles et poussoir en diamants. 2,250 liv. — À cinq pages, cinq montres à répétition, avec aiguilles, bouton, cercle et poussoir en diamants. 6,000 liv. — Aux quatre brigadiers des gardes du corps, quatre épées d'acier damasquinées en or, avec les poignées tout en fils d'or; les lames dorées et surdorées, dans un fourreau de galuchat. 2,400 liv.

Aux quarante-six gardes du corps, quarante-six épées d'argent doré et surdoré, la poignée massive également en argent doré et surdoré, avec lame de même dans un étui de galuchat. 13,340liv. — À l’aumônier, une tabatière. 5,000 liv. — Au chapelain, une montre à répétition à aiguilles et boutons de diamants. 1,100 liv. — Au clerc de chapelle, une tabatière en or de couleur. 600 liv. — Au médecin et au chirurgien de la cour de Turin, deux tabatières en or, émaillées, avec cartels ciselés en bas-relief. 2,400 liv. et 1,050 liv. — A la coiffeuse, une montre. 1,448 liv. — Au valet de chambre, une boîte d'or. 470 Liv. — A l'adjudant du

garde-meuble, à deux huissiers, à deux garçons de la chambre, à l'écrivain de l’intendance, six montres. 2,119 liv.— Au capitaine de bagages, une tabatière en or de couleur. 600 liv. — Au tapissier et à son aide, au fourrier et au maître d'écurie, au chef de cuisine, au maître de table, au pourvoyeur, au chef de crédence, au chef de sommellerie, aux chefs de vaisselle et de fruiterie, aux deux adjudants de cuisine, des montres en or de couleur et gravées. 4,800 Liv. — A un officier de la cour, une boîte en or de couleur. — A une femme de chambre, une montre. 4,000 liv. — À une autre femme de chambre, une bague composée de one brillants, le plus gros au milieu. 720 liv. — Au secrétaire du commissaire du Roi, une bague ornée d’un gros brillant, entouré de douze autres. 1,474 liv. (Présents du Roi. 1713. M0 442.)

Laissons les Archives du ministère des Affaires étrangères pour aller consulter aux Archives nationales les comptes des Menus- Plaisirs, et passons en revue les personnes gratifiées des présents du Roi, à la cour de France.

L'ambassadeur de Sardaigne, une boîte ovale émaillée avec tableaux. 2,300 liv. — L'ambassadeur de France, à Turin, une boîte carrée à pans, fond aventurine avec médaillons d’or, en basrelief, 4,850 liv, — Le maréchal de Richelieu, une montre d'or garnie de diamants, 6,039 liv. — Le duc de Fronsac, une boîte ovale à tableaux. 2,490 liv. — Le duc de la Vrillière, une boîte carrée à pans, avec tableaux en émail. 3,300 liv. — Le Mi de Chabrillant, premier écuyer de la princesse, une boîte de chasse, en miniature. 920 liv. — Les gentilshommes de la Manche: M. de Ja Billarderie, une boîte de chasse en navette, à fond d’aventurine. 4,050 liv. — Le chevalier de Monteil, une boîte ronde émaillée, « vieux laque ». 750 liv. — Le V!° de Coetlosquet, une boîte émaillée à rubans. 800 liv, — Les sous-gouverneurs : le Ct° de Fougières, une boîte carrée, fond rouge, en laque et camaïeu. 2,000 liv. — Le Ct° de Montbel, une boîte ovale, émaillée en bleu, à tableaux. 2,000 Liv, — L'abbé Gaston, sous-précepteur, une boîte à pans de jaspe sanguin. 800 liv. — L'abbé de Montagnac, aumônier du Roi, une boite ronde, émaillée en bleu. 780 liv. — L'abbé Solon, chapelain du Roi, un flacon d’or. 309 liv. -— L'abbé Bégor, clerc de chapelle, un porte-crayon. 120 liv. — M. Tortillière,premier valet de chambre du prince, une montre à répétition, garnie de diamants. 4,180 Liv. —M. de Lugey, premier valet de garde-robe, une montre d'or. 700 liv. — M. Mesnard de Chouzy, secrétaire des commandements du prince, une boîte émaillée en gris, avec tableaux d'émail. 4,800 liv. — M. de la Touche, inten-

dant des Menus, une boîte carrée, à tableaux d’émail. 4,000 liv. — M. Hébert, une boîte carrée, à pans, émaillée en gris, avec tableaux, 1,800 Liv. — M. de Fontanieu, intendant du gardemeuble, une boîte ovale, à tableaux de ports de mer. 1,800 liv. — M. Hénin, maître d'hôtel du Roi, une boîte d’or, en baignoire émaillée, avec un cartel. 4,050 liv. — M. Belurgey, commis au contrôle général, une boîte à fond rouge, avec miniature dessus et guirlande en or. 440 liv.— M. Guénard, un porte-crayon. 190 liv. — M. de Lassaigne, premier médecin, une boîte ovale, en or de couleur. 720 liv. — M. de la Marque, premier chirurgien, une boîte en baignoire, à fond satiné, en or de couleur. 680 liv.— M. Le Coutelier, écuyer du Roi, une montre d’or, à répétition. 700 liv. — M. de la Grange et le chevalier de Bailly, chacun une montre d'or de couleur, à répétition, de 700 liv. — MM. Trinquant et de Georges, huissiers du Roi, le premier une boîte de 660 Liv. ; le second, un étui de 300 liv. — Hollande et de la Barrière, valets de chambre du Roi, chacun un étui d’or de 490 liv. — Bazire, portemanteau, Pasquier et Morlet, garçons de la chambre, Grau et Barbery, valets de garde-robe, chacun un étui d’or de 190 Liv. — MM. Boullène de Montval et de Vismes, maréchaux des logis, le premier un étui d’or de 380 liv.; le second, un étui d’or de 330 liv. — La CSs° de Forcalquier, dame d'honneur, une boîte émaillée à tableaux de Boucher. 3,000 Liv. — Mn° de Bourbon-Busset, dame d’atours, une montre d'or, enrichie de diamants. 2,000 liv. — Mme de Roquemont, première femme de chambre de la princesse, une montre avec sa chaîne. {,050 liv. — Les femmes de chambre et les filles de garde-robe reçoivent des étuis de 190 liv. et des portecrayons de 72liv.— L'intendant de Lyon, une baignoire, émaillée en lapis, avec médaillon et fond de petit grain d’orge. 4,050 liv. — L'intendant de Moulins, une boîte en baignoire, à grains d'orge, émaillée en bleu. — L'intendant d'Orléans, une montre à répétition, en or de couleur, avec cercles, aiguilles et bouton sertis de diamants. 4,150 Liv. — L'intendant de Paris, une taba- . tière du même prix. —M. de Monville, une boîte d’écaille, piquée, à pans. 4,200 liv. — Tous ces bijoux sont de chez Aubert. Les trois tabatières dont nous allons parler proviennent de chez l’orfèvre-bijoutier Joinville. M. l'évêque de Limoges, précepteur, une tabatière carrée, montée à cage, en or, avec tableaux d’architecture, par de Machi. 1,800 liv. — M. de la Ferté, intendant des Menus, une tabatière ovale avec tableau d'émail. 4,800 liv. — M. Félix, intendant général de la maison du Roi, une boîte ovale, avec tableau peint en miniature par Charlier. 1,200 liv.

Il nous reste à citer quelques dons gracieux ainsi répartis :

M. Bourdon, dentiste, une montre à répétition, à bouton et aiguilles en diamants. 1,080 liv. — Le chevalier de Villeneuve, gentilhomme de la Manche, une grande boîte ronde, émaillée en gris. 960 liv. — M. de Baylion (id.), une boîte en baignoire, à bordure d'émail. 840 Liv. — M. de Pèqueux, huissier du Roi, une boite de chasse. 648 Liv. — M. Fraveaux {?), sous-intendant, une boîte d'or, ovale, à personnages flamands. 1,080 fiv, — L'abhé d'Argentré, lecteur, une boite ovale en laque. 830 liv. — Une autre tabatière sans destination de 552 liv. — A cette fourniture de 6,000 liv., faite par Gallanty, bijoutier à Versailles, il faut ajouter 4,080 liv. pour deux tabatières remises à des exempts de police. Une autre boîte de chez Teniers est aussi « pour un exempt de police. » Elle est facturée à 40 louis ou 960 liv.

Nous savions que Louis XVI était amateur de tour et un passionné deserrurerie, mais nousignorions que sonfrère, le Gte d’Artois, voulut, pendant quelque temps du moins, marcher sur ses traces. Le mémoire suivant, du sieur Pasquier, ne nous laisse aucun doute à cet égard. Les goûts du jeune prince ne s’en tenaient pas au tour et à la ferronnerie ; ils s’étendaient à l’horlogerie et à l’orfèvrerie. Résumé du mémoire des fournitures faites à « Mgr le Gt d'Artois pour son laboratoire » : Étau de fer poli, établi en bois, enclume d'acier poli, limes, râpes; outils de serrurier, meule montée doublée de plomb. Outils d'horlogerie ; étau d'acier, archet, pince, tenaille, marteau, bigorne. Tour en l'air; outils, instruments pour la main, etc. Soufflet de forge à deux vents, mandrins; outils de bijoutier et metteur en œuvre, à manche de bois de rose et virole de cuivre. Tour à guillocher, ovale, excentrique. 5,930 liv. — Quant aux artistes qui figurent sur les comptes des Menus, cette année 1773, ce sontLempereur, graveur du Roi, Louis, Musson, Montpetit, Mme Drouais et Mie Boquet, miniaturistes. (Arch. nat, 0! 3040 à 01 3043.)

1774. Au Mi de Montaigne, député d'Avignon, une boîte sertie de diamants avec le portrait du Roi. 3,448 liv. — Une autre de 3,571 liv. au Mis de Seytres Caumont, député de Carpentras et du Comtat Venaissin.

4775. Mariage de Mme Clotilde de France avec le prince de Piémont. La parure offerte par Louis XVI, à la princesse, s'élève à 414,798 liv. — Le Cte de Viri, ambassadeur extraordinaire du Roi de Sardaigne, reçoit une riche boîte à portrait, garnie de quatre cent quatre-vingt-quinze brillants, de la fourniture de Solle. 29,940 liv.— Une médaille d'or, avec sa chaîne, est remise à l'abbé Chevrier, secrétaire de l'ambassade. 1,789 liv. Le /egistre

des présents du Roi, N° 44%, nous fournit encore à cette occasion les renseignements suivants :

93 août. À la Css de Viri, deux bracelets de chez Solle, composés ensemble de trente-six brillants. Sur l’un, le portrait du Roi peint par Welper; sur l’autre, celui de la princesse de Piémont, par Ducreux. 9,732 liv. — La princesse de Piémont remit elle-même, ce présent à Ja Gsse de Viri, au bal de l'ambassadeur.

G septembre. À la remise de M"° la princesse de Piémont à la frontière, le Gte de Viri, nommé commissaire plénipotentiaire du Roi de Sardaigne reçut encore une boîte de 10,608 liv. et une tenture de Beauvais de 18,608 liv.

A1 septembre. Au commandeur de Saint-Germain, premier écuyer du prince de Piémont, pour avoir apporté la nouvelle de la célébration du mariage de la princesse à Chambéry, une tabatière d'or, ovale, émaillée en capucine foncée, avec entourage et cercle composés de quarante-neuf brillants. 4,940 liv.

1777. Les effets sortis du dépôt des bijoux des Affaires étrangères s'élèvent, pour cette année, à 123,223 Liv. Ils consistent surtout en tabatières et en boîtes à portrait.

12 juillet 1781. À la CS$e Stanislas, fille du Ct° Ernest de Sparre, à l’occasion de son mariage avec le Bon Fabian de Wrède, un collier de diamants, de chez Royer. 15,000 liv.

48 septembre 1782. Envoyé en Espagne, pour la jeune Infante dont la princesse des Asturies est récemment accouchée, et que le Roi a fait tenir en son nom sur les fonts de baptême, une toque ou aigrette composée de sept cent quatre-vingt-dix-sept brillants. 30,055 liv. —A la Psse des Asturies, deux bracelets garnis de trente-six gros diamants et du portrait de Me Adélaïde, par Sicardi. 21,450 liv.

48 septembre. A la Ps de Piémont, un médaillon de col, enrichi de vingt-sept brillants, avec le portrait de M"eElisabeth, par Sicardi. 9,200 liv.

4 décembre 1782. A la Ds de Sudermanie, qui a représenté la Reine au baptême du prince de Suède, duc de Smoland, dontS. M. a été l'une des marraines, un médaillon de 47,360 liv. Il est enrichi de vingt-six diamants et renferme le portrait de la Reine, par Campana. — À la CS$e Brachi-Onesti, nièce du Pape, chargée du choix des langes bénits que $. $. a fait présenter au Roi pour le Dauphin, deux bracelets et un médaillon. Il représente les portraits du Roi, de la Reine et du Dauphin, par Sicardi, entourés chacun de vingt brillants. 25,780 liv.— En 1782, les présents sortis du dépôt des bijoux des Affaires étrangères, se montent à 342,976 Liv.

24 juin 1783. Au jeune prince, fils de l’Infante duchesse de

Parme, tenu sur les fonts de baptême au nom du Roi et de la Reine, une cocarde avec ganse et bouton, de trois cent vingt brillants. 41,500 liv.

Octobre. À la CSe de Souza, ambassadrice de Portugal, accouchée de deux fils jumeaux, tenus sur les fonts de baptème par le Roi et la Reine, deux bracelets ornés des portraits de L. M. par Sicardi, bordés chacun de vingt brillants. 45,420 liv. — Pour les deux fils, deux boutons de chapeau et deux ganses. 6,200 liv. — Total des présents sortis du dépôt des bijoux des Affaires étrangères. 363,351 Liv.

Décembre 1784. Envoyé à Milan, à l'archiduchesse Marie-Thérèse, une paire de bracelets ornés des portraits du Roi et de la Reine, entourés chacun d’un cercle de vingt brillants, 22,960 liv. L'archiduchesse a représenté L. M. dans la cérémonie du baptème de la princesse sa sœur. Pour la jeune P$e fille de l’archiduc, gouverneur de la Lombardie, une toque ou aigrette composée de six cent soixante-quatorze brillants. 31,955 liv.

Bijoux éloffes et effets remis au Ce de Choiseul-Gouffier, ambassadeur du Roi à la Porte, pour étre distribués aunom deS. M., tant au Grand Seigneur qu'à ses ministres el principaux officiers, à l'occasion des premières audiences de sa Hautesse. Pour le Grand Seigneur, une table en argent doré avec vingt-quatre plats et leurs cloches. 6,718 liv. — Une grosse montre et sa chaine avec le coussin destiné à les porter. 6,420 liv. — Une cassolette d'or, enrichie de diamants, rubis et émeraudes, avec son plateau. 9,608 Liv. Un aspersoir assortissant à la cassolette. 8,400 liv. — Un porte-tasse, garni de mème. 1,500 liv. — Pour le grand vizir, un porte-tasse aussi garni de rubis, diamants et émaux. 1,200 liv. — Une glace avec sa bordure. 3,005 liv. — Une lunette anglaise. d40 liv. —- Une buire ou aiguière, avec son bassin. 2,862 Liv, — Pour le Reis-effendi, une pipe persane en or, forme d'artichaud. 1,600 Liv. — Une pendule. 463 liv. — Une lunette anglaise. 540 liv. — Une buire ou aiguière, avec son bassin. 3,862 Liv. — Pour le capitan-pacha, un sabre d'or, avec son cordon et une carabine. 4,410 Liv. Un fusil monté en or de couleur, le canon doré. 2,100 lv. — Une paire de pistolets de même travail. 3,600 Liv. — Pour les autres officiers de la Porte, des draps de diverses espèces. 3,383 liv., des étoffes d’or etd'’argent,6,237liv., de velours, 400 liv. — Montant des effets sortis du dépôt, penl’année. 403,782 liv. — L'exercice de 1785 est réduit à 232,848 liv.

Octobre 1786. A la P5se Maximilien de Deux-Ponts, pour le prince dont elle est accouchée et que S. M. a tenu sur les fonts de baptême, une aigrette en diamants. 22,573 Liv. — A l'abbé

d'Eymar, grand vicaire de Strasbourg, qui a suppléé l’évêque, une tabatière d’or, ovale, émaillée en bleu, sans portrait. 975 liv. Montant des effets sortis du dépôt. 151,702 liv. (Min. des Aff, étr. Présents du Roi. 1786. N° 455.)

Ici s'arrêtent nos documents officiels. Le dernier Æegistre des présents du Roï est de 1786. À partir de cette époque, les comptes des présents diplomatiquessont, paraît-il, sur des feuilles volantes et renfermées au hasard, avec d’autres pièces, dans des cartons dont la communication nous est absolument interdite, Tous les présents que nous venons de passer en revue sont relalivement en petit nombre, si on les compare aux dons de tabatières et de boîtes à portrait. Nous parlerons ailleurs de ces dons royaux.

Vente San Donato, 1880. Surtout de table Louis XVI, en argent repoussé et ciselé. Il représente une fontaine en forme d'obélisque, élevée sur un plateau contourné. 10,700 fr. — Chocolatière et lampe à esprit-de-vin en or, marqué à l’A d'ÉTIENNE BaALIGNY (1703 à1713) 10,000 fr. — Gobelets, calices, hanaps, vidrecomes d'Augsbourg et de Nuremberg, XVI° et XVII s., 340 fr. —500fr. —610fr. — 850 fr. — 700 fr. — 720. — 9920 fr. — 1,020 fr. 4,050 fr. — 1,300 fr. — 1,600 fr. et 2,500 fr. — Huilier ciselé en 4770, par Robert-Joseph AuGusre. 8.400 fr. — Écuelle à anses, dessinée par Boucher. 11,090 fr. — Paire de flambeaux du XVIIe siècle. Oves et godrons à la base. Balustres en forme de gaines accolées,{séparées par des mascarons de femmes. 10,900 fr. — Aiguière à couvercle et son plateau en argent repoussé et ciselé. Fleurs, paysages et sujets de chasse. OEuvre de P. GEer- MAIN. 37,000 fr. — Terrine à contours aux armes de l'Infant don Philippe, duc de Parme, gendre de Louis XV. Sur le couverele, sont groupés autour d’une orange garnie de son feuillage, trois huîtres, truffes, champignons, ortolan, morille, artichauts, cornichons, ete. 40,000 fr. — Diane chasseresse. Groupe mécanique en argent et vermeil, par JAMNITZER. 57,000 fr.

Vente L. Double, 1881. Ecuelle en vermeil à deux anses plates, aux armes du cardinal Farnèse, par Tomas GERMAIN (1680 4748), orfèvre du Roi. 8,100 fr. — Médaillon de Marie-Antoinette, en argent repoussé, exécuté par Louis XVI et son compère Gamain. Riche cadre du temps, en bois sculpté et doré. 11,609 fr.

Vente Fould, 1882. Quatre flambeaux Louis XV, en argent ciselé. 6,500 fr.

Vente Jitta, 4883. Vidrecome en argent, offrant des personnages en costumes romains. 1,450 fr. — Deux coupes en argent: Argus et lo et Apollon et Marsyas. 2,950 fr. — Grand vase à cou-

vercle en vermeil repoussé à bossages ornés de feuillages et d’ornements. Figure de chevalier, portant un écusson aux armes de de Nuremberg. XVITe siècle. 630 fr.

Vente Escudier, 1883. Grand bas-relief rectangulaire en argent repoussé, Sainte Famille, XVITe siècle, 6,000 fr. — Bijou pendentif formé d’un oiseau en or émaillé et d’une grenouille émaillée en vert, reliés par deux chainettes. XVIe siècle, 2,945 fr.

Vente Paul Fudel, 1884. — Aiguière de RoBertr MoGaRn, décorée à la base de fins ornements, genre Bérain, 4725. Poincon de décharge : un soleil. 7,000 fr. — Aiguières à côtes,

offrant des plantes et des algues gravées sur la panse. 1727. Poinçon de décharge : un oiseau. 6,250 fr. — Ecuelle en vermeil, aux armes du cardinal Farnèse, faite sous Hubert Louvet, en 4733, par Tomas GERMAIN. Différent : une toison. Poinçon de décharge : un cheval passant (collection Léopold Double). 18,500 fr. Achetée par le prince Demidoff. -- Ecuelle en vermeil, faite sous Fouache, en 1776, par Jaco. DE Boy. Différent : une coquille. Poinçon de décharge : une tête de singe. 5,000 fr. — Paire de flambeaux, par Cn.-Er. BerruBé. 1783. Poinçon de décharge : une téte de griffon. 1,400 fr. — Deux flambeaux, faits sous J.-J. Prevost, en 1764. Poincon de décharge, une tête de braque. 7,700 fr. — Flambeaux à guirlandes de roses au sommet, faits par Louis LERENDRICK, élève de Thomas Germain. Différent : une colonne. Poinçon de décharge :

une rose, 3,080 fr. — Flambeaux, par ALexis Loi, 1749. — Différent : une lampe. Poinçon de décharge : un levrier courant, 2,400 fr. — Autres, à huit pans, par ANT. DE SAINT-

Nicocas, en 1726. Poincon de décharge : une merlette couronnée. 5,000 fr. — Une autre paire, faite par Louis Loir, en 1710. Poincon de décharge : une mouche. 2,020 fr. — Deux salières doubles, Louis XVI, à perles, feuilles et guirlandes, faites sous Clavel, en 1782. Poincon de décharge : un bouton d'œillet, 4,500 fr. — Soupière ovale, à contours, aux armes des Demidoff, Le couvercle est surmonté d'une grenade couchée sur une branche de laurier. Ouvrage d’ANTOINE DE VILLECLAIR, en 1762: Différent : une étoile. Poinçon de décharge : une tête de braque. 13,000 fr. Acquise par le prince Demidoff,

MM. B° D’'ALCOCHÈTE (Paris), orfèvrerie espagnole et portugaise. — ANADIA, idem. — ED. ANDRÉ (Paris), bijoux italiens et français

du XVIe s. — Mile D'ARDEMBOURG DE GIBRECAQ (Belg.), argenterie du XVIII s, — Css D'ASPREMONT-LYNDEN (Belg.), Aiguière et plateau en vermeil du XVIe s. Sur l’aiguière, Neptune et Amphitrite ; sur le plateau, six médaillons de l'histoire de Moïse. — DUG D'AUMALE (Chantilly), raretés diverses. — J. ANT. BAMPS (Bels.) pièces diverses du XVIe au XVIIe s. — BASILEWSKI (Paris), très riche collection d'orfèvrerie d'église. Reliquaires en forme de bras, de statue, de grange. Disques de consécration. Châsse de Ste-Valérie; en émail champ levé de Limoges représentant la légende de Ste-Valérie et de St-Martial, XII s- Calice des douze Apôtres, XIIIe s. Reliquaire allemand de Ste Elisabeth de Hongrie, XIIIe s. Chandeliers, châsses, croix de procession, triptyques, Vierges reliquaires, ciboires, pyxides, etc. XIIT s. Monstrances, reliquaire en forme de statuette d'évêque, Paix, ciboires, chasses, cornes à boire, encensoirs, calices, agrafes de manteau, etc. du XVe s. Crosses de vermeil, aux armes des Guzman et de Lopez. — HENRI BAU- DOT (Dijon), bijoux mérovingiens. — A. À. BECKER (Amsterdam), bijoux divers. — Bes DE BEECKMAN (Belg.) — Cse BEISSEL DE GYMNICH (Belg.), argenterie Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. — LÉON BERLEMONT (Belg.), plateau en vermeil : Le Retour de l'Enfant prodigue. — LOUIS BERTRAND {(?), plats, etc. — BES- VILLE (Orléans) argenterie du XVIIe s. — Csse LÉON DE BIAN- COURT (?), belles soupières. — Mne BICHOFFSHEIM (Paris), bijoux, objets de vitrine. — E. BLIGNY (Paris), orfèvrerie gothique et Renaissance. Calices en or et en vermeil. — LOUIS BLOMMAERT (Belg.), coupes en vermeil. Sur l’une, à décor rocaille, on lit : « Cette coupe fu gagnée par le Vte de Nieulant et sa générosité en fit présent en même temps à la confrérie. Ne la vidons jamais sans boire à sa santé. 1754,» — ALEX. BOGUSLAWSKI (Evreux), bijoux normands. Esclavages en or, avec plaques et fermoirs émaillés. — DE BONDY (Paris), paire de candélabres à huit lumières, en argent ciselé. Adjugée 4,800 lires à la vente San-Donato;, en1880.—EDM. BONNAFFÉ (Paris), objets de vitrine. — BORTHON (Dijon). — BOSSARD (Lucerne), coupes, aiguières, vidrecomes, ete. des XVIe et XVII s. Série de flacons, boîtes, étuis et bijoux divers. Douze colliers en argent doré,du canton d'Unterwalden.—DE BOULLOGNE{(Paris?),écuelle à oreilles, avec dauphin et rocailles. Adjugée 7,800 lires à la vente San-Donato, en 1880. — M. BOURGEOT (Lyon), orfèvrerie, bijoux. — Mme BRAU D- BOUVY (Belg.). — Cte DE BRANICKI (Chât. de Montrésor), services de table des Rois de Pologne Sigismond If (1547-1575), Sigismond HI (1587- 1632) et Jean Sobieski. Ce dernier service a été exécuté en 1683, après la délivrance de Vienne. — Mm° LÉON BRIÈRE (Rouen), très belle collection de bijoux normands. — BRUGMANN (Belg.), hanap, canettes, vases de confrérie, gobelets, drageoirs en argent repoussé, doré, des XVIIe et XVIUe e. — BRUNEAU (Nancy). — G. DE BUHAN (Bordeaux), grand hanap allemand repoussé et ciselé, XVIe s. Plats espagnols. Flambeaux ciselés Louis XVI.

Css DE CAMBIS-ALLAIS (Paris), argenterie du XVIIIe s. Soupières circulaires avec leur plateau. Deux hures de sanglier forment les anses. Sur le couvercle, un gros fruit. Bijoux. — Mme CAMBRELIN (Belg.), ouvrages du XVIIIe s. — CAMPION (Belg.), argenterie des XVIIe et XVIII S. — DE CARCY (Nancy?) orfèvrerie et bijoux. — Mme VICTOR CAREZ (Belg.), série de salières du XVIII s. — Bree DE CARTIER D’YVES (Belg.), argenterie du XVIIe et du XVIIIe s.— EM.CHALANDON (Lyon), orfèvrerie civile et religieuse. — LE GRAND RABBIN CHARLE-

VILLE (Paris), collection israëélite. Bagues de fiançailles, boites à parfums, main indicatrice plaquée d'argent repoussé, tabernacle portatif, couronné en argent doré, chandeliers à huit branches, servant exclusivement aux illuminations de la fête des Machabées. XVII s. — Gt DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES (Bels.), argenterie du XVIII s. — ERN. CHAUVET {St-Quentin), bijoux — DE CLAUZADE (Toulouse), — LE CHEV: DE COQUIEL DE TER HIERLER (Belg.), huilier offrant divers portraits historiques, entre autre ceux de François Ier, de Joseph IT, de Marie-Thérèse et de Charles de Lorraine. — GH. COSTE (Toulouse). — A. COSTER (Paris), argenterie du XVIII s. — COUR- MONT (?), reliquaire espagnol du Moyen-âge. — A. COUSIN (Belg.), argenterie des XVIIe et XVIIIe s. — PRINCE LADISLAS CZARTO- RISKI (Paris), argenterie et bijoux magnifiques, ayant appartenu à des Rois et]des Reines de Pologne.

A. DARCEL (Gobelins), plats, huilier, moutardier, salières, flambeaux. etc. du XVIIe s. — DAVID (Le Mans), bijoux. — Mis DAUX (St-Léonard-de-Louplande), argenterie. — ALEX. DELAHERCHE (Beauvais), argenterie et bijoux de diverses époques. — DELAMOTTE (Paris). — HENRI DELMOTTE (Belg.), portrait en argent de Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas, signé : F. J. BEGHIN FECIT. François Joseph Beghin, mort à Mons le 16 septembre 1787, est l'un des derniers représentants de l’orfèvrerie artistique, en Hainaut.— Mne DENAIN (Paris), belles pièces d'orfévrerie française. — G. DENIÈRE (Paris), service en vermeil, commandé par Louis XIV, pour le grand Dauphin. — TH. DE- ROMBY (Valenciennes), insignes en argent et en cuivre argenté des confrèries de St-Georges, à Valenciennes, 1560 ; de St-Saulve; de St-Michel; du Bon Dieu de Pitié, etc. — A. DESMOTTES (Paris), châsses et reliquaires, dont un de St-Blaise, en forme de bras, daté de 1438. St ciboires, pyxides, custodes, médaillons, plaques, christ, statuettes, etc. du moyen âge et de la Renaissance. — DESMOULINS (Reims), bijoux. — Mie DESSAI- GNES (Champigny), bijoux. — DOGK (Strasbourg), coupes en vermeil, par CHR. JAMNITZER (fin du XVIe) et PETER BERNHARD, de Nuremberg. XVIIes. Coupe de WECHTER fils, XVI s. Ecuelle en vermeil, marquée D. F.,XVILSs. etc. — FÉLIX DOISTEAU (Paris). — Me DANIEL DOLFUS (Mulhouse), reliquaires, encensoirs, chandeliers, brûle-parfums, Vierge, figures de saintes, coupes, gobelets, buires, plats, drageoirs en argent gravé, repoussé, doré, des XVIIe et XVII s. Objets de vitrine. Colliers, pendentifs, broches, agrafes, flacons, etc. — DONGÉ (Paris), collection de plus de soixante-cinq pièces d'argenterie des XVITeet XVITIIes.— DOUCET (Bayeux), bracelet gaulois, en or massif, trouvé au Manoir, près Bayeux. Objets divers provenant de fouilles — GUST. DREYFUS (Paris), pièces diverses” Paire de girandoles en argent ciselé à trois branches se rattachant à un vase, orné de trois mufles de lion. Adjugé 12,200 fr. à la Vente Double, en 1880. Bijoux, objets de vitrine. — J. DUBOST (Belg.), bouilloires, réchauds, corbeilles, plateaux, huiliers, cafetières, moutardiers, salières, saucières, drageoirs, couteaux, chandeliers en argent repoussé, gravé, ciselé, Louis XIV, Eouis XV et Louis XVI. — Mme L. DUCOLOM- BIER (Belg.), argenterie du XVIII s. — AUG. DUFOUR (Belg.), spécimens des XVII et XVIIe s. — DUGAY (Paris ?), Agnus Dei, du XIE 8, boite en cuivre doré, percé à jour, destinée à conserver une rondelle de la cire du cierge pascal et qui avait reçu dans un moule, une image de l'Agneau. — DUPLANTIS (Paris), sucrier oblong avec plateau et couvercle surmonté d'une rose; guirlandes de feuilles gravées. Adjugé 2,550 fr. à la Vente

L. Double, en 1881. — DUFONT-AUBERVILLE (Paris), raretés. — HONORE-DUPRE (Neuville-St-Remi), orfèvrerie et bijoux. — DUS- SAULT (Caen), bijoux normanüs. — EUG. DUTUIT (Rouen), collection hors de pair. Bijoux antiques. Pendeloques du XVIes. La Charité : la Vierge, Jupiter, un centaure, un pélican. — Ce DZYALINSKA (Paris), croix d'or mérovingienne, agrafes, chaines, bracelets, etc. Argenterie et bijoux historiques. Agrafe en filigrane d'argent ayant appartenu à Marie Leczinska.

CH. EPHRUSSI (Paris). — PAUL EUDEL (Paris), collection splendide, dont la vente vient d’avoir lieu les 25 et 26 avril 1884. Cachet du conventionnel J. Carrier; initiales J. C. entrelacées, surmontées d'un bonnet phrygien au sommet d'une pique sortant d’un faisceau. Objets de vitrine. — HENRI EVENEPOEL (Belg.), très belle série d'argenterie du XVII et surtout du XVII s. Canettes, plateaux, réchauds, drageoirs, aiguières, cafetières, flambeaux, huiliers, moutardiers, sucriers, salières, coffrets, etc.

CARTON DE FAMILLEUREUX (Belg.), argenterie Louis XVI. — FANART (Reims). — Mwe FANET (Caen), bijoux normands. — Dr FAU- CHEUX (Douai), bénitier en argent repoussé et ciselé aux armes de Charles- Quint. — FÉRAL (Paris), argenterie des XVIIe et XVII s. — Mit GA- BRIELLE FILLON, bijoux. — JULES FRÉSARD (Belg.). Canette, reliquaires et objets du culte. — Css DE FRESNE (Paris), orfèvrerie. — FRIZAC (Toulouse), idem. — DE FROBERVILLE (Chailles par Blois), bijuux.

GABREAU (?), bijoux normands. — PAUL GASNAU LT (Paris). — V. GAY (Paris), bijoux du Moyen âge et de la Renaissance. Fermillets d'or, d'argent, de bronze. Agnus Dei du XIVes. Reliquaire orné de cabochons en cristal de roche. — DE GENNES (Douai), bijoux et orfèvrerie. — HENRY GÉRUS (Pont-Audemer), bijoux normands. — L. DE GLAN VILLE (Rouen), crosses du moyen âge; pièces diverses. — EM. GLUÜCK (Mulhouse), reliquaire, coupes, croix, cuillers, étuis, porte-éventail, flacons, (boites, paniers et bijoux divers des XVII et XVILE s. — GODCHAUX- PICART (Nancy?) orfèvrerie des XVIIe et XVIIe s. — Cte GŒTHALS (Belg.), aiguière et plateau en argent repoussé; sur le plateau, la Pucelle de Gand, assise dans une enceinte fortifiée et caressant de lion de Flandre, par l'orfèvre gantois JACQUES VAN HOOREBERKE, 1681. — GOUGEN- HEIM (Nancy?), spécimens des XVIIe et XVIIIe s.— Gte DE GOURGUES (Paris), idem. — PAUL GRAND (Lyon), bijoux. — Mic GRANDJEAN Paris), surtout de table en argent Louis XVI de chez Odiot, adjugé 12,100 fr. à la vente Fould, en 1882. Bijoux, objets de vitrine. — COLONEL GRA- TRY (?), argenterie du XVIIe s. — JULES GRÉAU (Paris), bijoux et objets de toilette, antiques et du moyen âge. « Escaufaille à main » du XIIIe s.; c'est une boule creuse qui renfermait une lampe ou des charbons ardents et que le prêtre posait sur l'autel pour se réchauffer les mains. — L'ABBÉ GRIMOT (Isle Adam), orfèvrerie. — D. GRUMBER (Mulhouse), coupes des seigneurs de Ribeaupierre, avec dates et inscriptions allemandes, XVII s. — GUIGNARD (La Vicomté), bijoux.

L.-TH. HABERT (lroyes), orfèvrerie, bijoux. — Gt D'HANE DE STEENHUYSE (Bele.), grands reliquaires aux armes des Ctes d'Hane de Nieulandt, XVIII s. Service armorié avec l'inscription : Donné par le Roi de France en 1815. Ce service fut offert au Cte d'Hane de Steenhuyse par Louis XVIII, qui avait recu l'hospitalité dans la famille du Cte pendant les Cent-Jours. — Ce D'HAUSSONVILLE (Paris), orfèvrerie de GERMAIN. — F. HEILMANN (Mulhouse), gobelets, coupes, en argent

repoussé, en vermeil ou partie, des XVII et XVIIFe s. — HERZ (Paris), vidrecome allemand décoré au repoussé de dessins de GOLTZIUS et daté 1612. — D'HOUDAN (Angers). — HYPP. D'IQUELON (Rouen), très belle argenterie de table. Grandes pièces blasonnées. — TIRROY (Reims), bijoux.

JAGON, aiguières, soupières, cafetières, etc. — Mme JODOCHE (Pithiviers), bijoux. — Br JOLLY (Belo.), orfèvrerie. — JOSSE (Paris), splendides bijoux et objets de vitrine du XVIIe s — L’'ABBÉ JOUEN (Rouen), crosse du XITe s., ornée de sujets de la vie de J.-C., et qui servait jadis, en l’église collégiale d'Écouis, à marquer la dignité de l'évêque pour rire, nommé lors de la fête des Innocents. — Mme JUBI- NAL DE St-ALBIN (Paris), gobelet de chasse de Louis XIIT, marqué à son chiffre. Petite pharmacie en argent et vermeil, du XVIe s. Collection innombrable d'objets de vitrine des plus curieux et des plus rares. Petite couronne royale de femme, XVIe s. Série de dés royaux du XVIe au XVII s, Sur un dé d’or du XVI: s. : De bon cœur le donne. Dé de Marie-Antoinette. Étuis, flacons, souvenirs, boîtes à mouches, broches, colliers, pendants, jouets et bijoux de toute sorte. — EUG. KELLER (Strasbourg,, chjets de vitrine. — J. KIENER (Gunsbach), argenterie de table. — Me DE LAFAULOTTE (Paris), bijoux du XVI s. Argenterie du XVIIe. — PR. LAMBERT (Le Mans), bijoux. — LAPERSONNE-BAZIN (Festieux), bijoux, objets de vitrine. — DE LA SALLE (Nancy), bijoux du XVIIe s. — GASTON LE BRETON (Rouen), belle soupière en vermeil, dans son écrin, XVII s., bijoux, objets de vitrine. — HENRI LE CHENETIER (Thiverval), argenterie. — EUG. LECOMTE (Paris). —LEMMÉ (Paris?), bijoux du Bosphore Gimmérien. — Mu: AUG. LEROI (Caen), importante collection de bijoux normands.Épingles, colliers, pendants, croix, esclavages, jeannettes avec cœur, ete. — LÉONCE LE- ROUX (Paris), drageoir aux armes des puissances contractantes du traité de Riswyek, 1698. — LE SERGENT DE MONNECOVE (Paris), bijoux, objets de vitrine. — CH. LEVÉ (Orléans), spécimens du XVHE s. — Me LEYNADIER (Nancy), hauap allemand Louis XII; très jolie lampe israélite, etc. — LÉZIAN -LESTOURNELLE (Sainte-Foila-Grande-Gironde), orfèvrerie, bijoux, objets de vitrine. — Gt DE LICHTERVELDE (Belg.), chandeliers en cristal de roche, XVI s. Crucifix en vermeil couvert d'opales; pied orné de trois émaux peints : le Christ, la Vierge et saint Jean, enrichi de pierres fines, XVIII s. — DE LIESVILLE (Paris), bijoux normands. Bijoux de la Révolution, offerts à la ville de Paris (musée Carnavalet). — CH. LIZÉ (Rouen), pièces diverses; médaillons repoussés; bijoux normands; objets de vitrine, — MALLET-GUY (Lyon), orfèvrerie. — ALF. MAME (Tours), id. — MARYNEN (Bels.), argenterie des XVII et XVIII s. — E. MASSE- NAT (Brive), bijoux. — Mr° ROBERT DE MASSY (Orléans), argenterie Louis XVI — A. M.-S, bijoux, objets de vitrine. Lorgnons et faces à main d'incroyables. — MAZZOLI (loulouse), orfévrerie. — JEAN MEESTER DE BOCHT (Belg.), crucilix d'oratoire en vermeil, sur une croix en cristal de roche (H., 0,68). Provient du mobilier du prince Charles de Lorraine. — MENGIN (Bolbec), bijoux normands. — DE MÉREIN- VILLE (Paris), orfévrerie de GERMAIN. — Ct DE MÉRODE-WES- TERLOO (Belg.), grande soupière ovale, en argent ciselé, exécutée de 1785 à 1790, par les frères LEFÈVRE, célèbres orfèvres à Tournay. — B°" MINOT (Paris?), bijou du moyen âge et autres, objets de vitrine. — DE MOLINA (Belg.), argenterie des XVII et XVII s. — Cte DE

MONTEZEMOLO (Italie), orfèvrerie du XVIIIe s — DE MONTGER- MON (Paris), bijoux émaillés du XVIe s. Sucriers à poudre et à pans coupés, par NICOLAS BESNIER, orfèvre de Louis XV. Étuis, souvenirs, dont un émaillé serti de brillants, et autres objets de vitrine des plus remarquables. — Ctt DE MONTIERS (Paris?), orfèvrerie de GER- MAIN. — Bo DE MORGAN (Amiens), bijoux. — MOSER (Paris), croix processionnelle italienne, gravée, ciselée, émaillée, XVe s. — DUC DE MOUCHY (Paris), coffret vénitien en cristal de roche. Bijoux divers, objets de vitrine.

Css L. DE NÉDONCHEL (Bels.), soupières armoriées, offrant sur le couvercle un buisson d'écrevisses, exécutées à Mons, en 1766, par HENRI BÉCUIN. — Vt OBERT DE THIENSIES (Belg.), argenterie des XVIIe et XVIIE s. — ODIOT (Paris), orfèvrerie du moyen âge et de la Renaissance. — OLIVIER (Paris), quatre flambeaux en argent ciselé, Louis XV. Adjugés, à la vente Fould (1882), 6,500 fr. — Mlie DE OQUENDO (Paris), bijoux péruviens antérieurs à la conquête du Pérou. — ERNEST OSTERRIETH (Belg.), gobelet en vermeil repoussé, représentant Bacchus, XVIe s. — Cte FLORENT D'OULTREMONT (Belg.), plat en argent repoussé et ciselé: Saint Jean et deux anges jouant avec un agneau, XVIIe s. Crosse, calice, burettes, plateau et boîte en vermeil du Cte Ch. d'Oultremont, prince-évèque de Liége, XVIIISs.

Ct: ADHÉMAR D'OULTREMONT DE DURAS (Bels.), les douze Apôtres, statuettes; ouvrage d’un orfèvre de Mons, XVIIe s. Croix d’autel et chandeliers en cristal de roche; calvaire en argent, composé du Christ et des statuettes de la Vierge et de St-Jean, XVIIIe s. — AUG. OZENFANT Lille), châsse émaillée du XII° s. avec cette inscription : in his signis imiteris. — Bo OZY DE ZEGWAART (Belg.), huit réchauds à tourbe et à braise, en argent repoussé et ciselé du XVIIIe s. — EUG. PARMENTIER, (Belg.), argenterie des XVII: et XVIIIe s. — ENRICO PENELLI (Italie), couronne étrusque à feuillages d’or. Pliant romain en fer, recouvert d’argent avec têtes de béliers en argent massif. — EM. CONST. PERROT (Paris), bijoux, orfèvrerie. — ROBERT PHILIPS (Londres), sirène en or émaillé, dont le corps est formé d’une grosse perle baroque; on lit sur la queue du monstre : Fallit aspectus cantusque sirenis 1555. Pièce d’une grande valeur. — B° JÉROME PICHON (chât. de Montessart), collection de choix. On sait que ce célèbre curieux est le plus fin connaisseur d'orfèvrerie de notre époque. — D' PIGEOLET (Belg.), hanaps en vermeil du XVIT° 5. Dix flambeaux gravés, ciselés. Plaques en argent repoussé : Le Christ. La Vierge et l'Enfant Jésus. Pièces diverses du XVII s. — EUG. PIOT (Paris), aiguières, lampes, chandeliers, coupes, boîtes, vases en argent ou en bronze doré de travail arabe. — B° DE PITTEURS-HIE- GAERTS D'ORDANGE (Belg.), monstrance en argent, avec ornements et statuettes dorées. Spécimens divers. — DU PLESSIS (Blois), argenterie Louis XVI. — POSNO (?), bijoux. — A. PONCGELET (Douai), bijoux, objets de vitrine. Croix pectorale en émail, entourée d’améthystes, XVII s. — POUJADE (Agen), bijoux. — B°1 G. DE PRET-ROOSE DE CALESBERG (Belc.), bénitier avec applique en argent repoussé et ciselé» représentant une Ste Famille. Ouvrage signé : J.-B. VERBERCKT. F.— L. QUARRRÉ (Lille), orfèvreri. — DE QUEREIZE (Paris), service en vermeil, commandé par Louis XIV pour le grand Dauphin, ayant servi depuis à Marie-Antoinette.

D: RALLIER (Montauban), orfèvrerie, — Mie RAMADIÉ (Paris), porte-hostie du XVIe s. Divers. Objets de vitrine. — HIPP. DE RAN-

COURT (Orléans) étuis en or, objets de vitrine. — DE RAYNARD (Paris?), écuelle à anses, dessinée par Boucher. Adjugée 11,000 lires, à la Vente San Donato, en 4880. — PAUL RAYNAUD (Carcassonne), orfévrerie. — ERNEST REGNAULT (Joigny), objets de vitrine. — FERD. Ri- BADIEU (Bordeaux), orfèvrerie française et espagnole. — Gte DE RI- BAUCOURT (Belg.), aiguière et plateau en vermeil repoussé. Sur l’aiguière, Neptune et le triomphe de Galathée; sur le plateau, huit médaillons à scènes mythologiques marines. — RICHOUX (Paris ?), images religieuses russes du XVIIe s. — LAURENT DE RILLÉ (Paris), orfèvrerie persane, italienne, française. Bassins, cafetières, coupes, gobelets, vidrecomes, etc. des XVI et XVII s. — Mis DE LA ROCHELAMBERT, bijoux normands. — Mis À. DE RODES (Belg.) argenterie Louis XVI. — AU Cr. RORCOURT (Belg.), argenterie Louis XV et Louis XVI — AD. DE ROTHSCHILD (Paris), collier et diadème grecs antiques. Magnifiques spécimens d’orfèvrerie et de bijoux de diverses époques. Tous les membres de cette richissime famille ont des collections hors de pair. — Mme ROU- GIER (Lyon), bijoux. — Css DE ROUILLÉ (Belg.), orfèvrerie, bijoux. — ERN. DE ROZIÈRE (Pimpenault), argenterie, bijoux. — Gte RUE- LENS (Belg.), sucrier ovale ciselé et repoussé, représentant, sur le couvercle, Vénus et l'Amour endormis. Donné par Marie-Christine, gouvernante des Pays-Bas, à un membre de la famille du possesseur, — DE St-VE- NANT ($St-Ouen), bijoux. — G. DE SAVOYE, argenterie Louis XIV et Louis XV. — DE LA SAYETTE (Poitiers), bijoux. — HORTENSE SCHNEIDER (Paris), orfèvrerie, bijoux, objets de vitrine. — B°SR. et F. SELLIÈRE (Paris), très belle orfèvrerie du moyen âge et de la Renaissance. Bijoux du XVIe s. — PAUL SEVESTRE (Bernay), bijoux et objets de vitrine. — SICHEL (Paris), huilier à anses en argent repoussé, dessiné par BÉRAIN et daté de1670.Adjugé 3,100livres à la Vente San-Donato, en 1880. VITAL ET HENRI SLOORS (Bele.), argenterie Louis XIV. — SICHEL (Paris), huilier à anses en argent repoussé, dessiné par Bérain et daté de 1670. Adjugé 3,100 livres à la vente San-Donato, en 1880. — CH. STEIN (Paris), collection de pièces remarquables du moyen âge et de la Renaissance. Ostensoirs, calices, nef, coupe pédiculée figurant Caïn et Abel, plats, aiguières, hanaps, vidrecomes, etc. Bijoux du moyen âge Fermail, fermillets, bijoux dans le genre du fibule des anciens, servant à fermer la robe des femmes sur la poitrine et à retenir leur manteau, ainsi que celui des hommes. — Mie CLÉMENCE STÉVENS (Belg.), cafetière en argent repoussé et ciselé, offrant dans des médaillons ovales les portraits de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de Minerve. Ouvrage du célèbre orfèvre Montois BÉGHIN. — STRAUSS (Paris), Crosse attribuée à saint Gautier abbé de St-Martin de Pontoise (1069-1095). La volute d'ivoire paraît postérieur au temps où vivait cet abbé. Sur la hampe, des scènes du Nouveau Testament. Orfèvrerie religieuse servant aux cérémonies du culte juif. Bijoux, objets de vitrine. — MAX. SUREMONT (Belg.), cafetière en argent ciselé, par VERBECK, orfèvre qui florissait à Anvers du temps de Louis XVI.

L. DE TEROUENNE (Orléans), plat d'argent martelé aux armes de Valentine de Milan. — TRANCHEPAIN (Rouen), objets de vitrine. — Cte DE TURENNE (Paris), orfèvrerie de GERMAIN. — Cte HIPP. D'URSEL (Belg.), plats en argent repoussé : l'Agriculture. Scènes champêtres. — Ce AUG. D'URSEL (Belg.), jatte à bouillon, à anses, en vermeil, aux armes de Crozat de Thiers et Montmorency-Laval, XVII s. — VAISSE (Paris?), pendeloques : Centaure, Orphée sur un éléphant. —

CHANOINE VAN DRIVAS (Arras), reliquaires, croix d’autel et de procession, ciboires. — VAN LENNEP (Amsterdam), bijoux, objets de vitrine. — ARM. VAN ZUYLEN (Belo.), crosse épiscopale en bronze et émail champlevé du XIIe $. — LÉON VAN DEN HECKE DE LOMBEKE (Bels.), milieu de table. Rafraïîchissoir, etc., du XVIIe s. Soupière par TIBERGIEN, orfèvre gantois. — Gss VANDER BURCH (Belg.), bénitier avec plaque, représentant le baptème de J. C. OEuvre du ciseleur Montois DE BETTIGNIES. XVIIe s. — Cse CHARLOTTE VANDER STEEN DE JEHAY (Belg.), deux groupes en argent et vermeil : Génies domptant un chien et un lévrier. — Gt XAVIER VANDEN STEEN DE JEHAY (Bels.), deux groupes en argent °t vermeil: Génies domptant une biche et un sanglier. — Gte Vr VANDEN STEEN DE JEHAY (Belg.), deux autres groupes figurant des Génies domptant un lion et un léopard; haut-relief, vaisselle montée. Ces six groupes ont été exécutés par PIERRE DE FRAISNE, orfèvre liégeois (1612-1660), ciseleur-joaillier de la Reine Christine de Suède. — Gt VANDER STRAEDEN-PONTHOZ (Belg.), argenterie Louis XV. — Mme DE VATRY, crosses du Moyen âge. — Css DE VERGENNES Paris), pièces du service de Mme de Pompadour. — GUST. VERMEERSCEH (Belg.), objets du culte. — ARM. VER- REYT (Belg.), hanaps en vermeil; gobelets, drageoir, conque, des XVIIe et XVIIe s. — DÉSIRÉ VERVOORT (Belg.), argenterie des XVII et XVII s. — JULES DE VICQ (Lille), reliquaires, monstrances, croix d’abbesse, bénitiers, plaques et médaillons repoussés des XVIe et XVI s. Bijoux Renaissance. — Born DE VINCK DE DEUX-ORP (Belg.), statuettes de saints et autres, aiguières et bassins, calices, burettes, pyxides, reliquaires, monstrances, images de piété, crosses, baisers de paix, plaques et médaillons figurant des scènes privées, religieuses ou mythologiques. Immense collection dont la majeure partie est en cuivre repoussé, ciselé, argenté, doré. Portrait de Pyperzeel, bienfaiteur de l’église de Ste-Catherine, à Malines, exécuté par VAN BEVEREN, célèbre orfèvre et ciseleur de Malines (1650 + 1714). Par le même maitre, portrait de Benoît Van Beveren, âgé de 40 ans. 1690. L'artiste s’est représenté au travail avec les outils de sa profession. À droite, sa fille Barbe, née en 1687; à gauche, son fils et successeur Pierre Beveren (1688 + 1773).

Ce DE WAYS-RUART (Belg.), grand milieu de table, rocaille, repoussé, ciselé. — A. WILLET (Amsterdam). — Bo DE WISMES (Nantes), bijoux, objets de vitrine.

Le tabac fut importé en Europe au commencement du XVI: siècle, par Christophe Colombetses compagnons. (Cultivé d’abord en Espagne, il pénétra en France en 1560. A cette époque, Jean Nicot,notreambassadeur à la cour de Sébastien, roi de Portugal, le présentait à Catherine de Médicis. La Reine mère, sujette à des maux de tête, s’éprit de cette plante, qu'on appela herbe à la Reine, poudre à la Reine, et toute la cour se hâta de la rechercher. L'Italie reçut le tabac du cardinal de Sainte-Croix, nonce en Portugal, et l'Angleterre de l'amiral Drake, qui l’apporta directement de Virginie. Dès le début, le tabac s'emploie soit à fumer, soit à priser. L'invention de la labalière n'est donc pas antérieure au XVI siècle. En France, elle apparaît seulement au X VIT siècle, sous le règne de Louis XIV.

Pendant longtemps, on se servit de râpes enjolivées par la sculpture et la gravure, et l’on räpait soi-même son tabac. Avant le tabac et la tabatière, nous voyons apparaître le drageoir ou dragier. On mangeait beaucoup de dragées autrefois, et surtout de confitures sèches, sortes de bonbons dont la mode subsista ongtemps. Les dragées, bonbons ou épices, qu’on servait dans le drageoir, s’appelaient des succades. (De Laborde, Notice des émaux, bijoux, etc., exposés au Louvre, 1° partie.) Si l'on consulte les vieux inventaires, depuis celui de la reine Clémence (1328) jusqu’à l'inventaire de Gabrielle d’Estrées (1599), on y

Tabatière en écaille, lamée d'or.

Collection A. M.-$.

trouve toujours des dragiers ou drageoirs en cristal de roche, en or, en vermeil et en argent, souvent émaillés. Il s’en faisait de différentes dimensions; les plus grands, sortes de coupes d’un riche travail et presque toujours armoriées, occupaient dans la salle de réception une place en évidence; les plus petits, en forme de boîtes, se mettaient dans la poche. |

L'Inventaire de la vaisselle d’or et d'argent de Babou de la Bourdaisière, trésorier de France, mentionne « douze bassins faits à facon de drageoir, à la mode d’Espagne », puis « une boëte à dragée », et plus loin « quatre boestes ». Cette vaisselle s'élevait à un chiffre considérable, ainsi que celle du chancelier Du Prat: elles furent confisquées par François [*,comme restitution au trésor ». (Nouvelles Archives de l’art français, Paris, 1872.)

François de Lorraine, duc de Guise (1519 + 1563), portait toujours un drageoir sur lui, et c’est dans l'instant où il prenait un bonbon, dit Brantôme, « qu’il fut blessé par ce maraud de Poltrot, qui l’attendait à un carrefour, et lui donna à l'épaule, par le derrière, de son pistolet chargé de trois balles. » Le Balafré, fils du précédent, tenait aussi son drageoir à la main quand il fut poignardé, dans le château de Blois, par les gardes de Henri HT (1588).

L'usage de la tabatière devint général en France, dans la seconde moitié du XVII: siècle. On disait d’abord tabaquière; le mot tabatière prévalut; mais, plus tard, les gens du bel air le trouvant « ignoble », dirent boîte, pour se distinguer du peuple. (Rousseau...)

Le Chevalier à la mode, de Dancourt, comédie représentée pour la première fois en 1687, est une critique de la jeunesse, qui ne sait que boire et priser. Acte Z, scène V.— M. Micaup : « Le chevalier de Villefontaine! tu te moques, mon enfant, cet homme-là n'est pas fait pour épouser. C'est un aventurier qui n'en a pas le temps, un jeune extravagant qui n’a pas cent pistoles de revenu, qu’on ne connait à la cour que par le ridicule qu'il s'y donne, et qui n'a pour tout mérite que celui de boire et de prendre du tabac.

Lisette : « Eh! bien, monsieur, boire et prendre du tabac, c’est ce qui fait aujourd’hui le mérite de la plupart des jeunes gens. »

Le Livre commode des adresses de Paris, édition de 1691, cite, parmi les marchands de « curiositez et bijouteries », Fagnani, « À la descente de la Samaritaine. » C'était un maître fripon de la plus belle venue, comme le commerce de la curiosité en fait éclore à toutes les époques. On le vit à la tête d'une immense

loterie, qui ne fut qu'un vol organisé. Il gagna beaucoup aussi, dit Édouard Fournier, avec ses tabatières à scandales, où toutes les aventures du moment étaient satiriquement représentées. En daignant s'occuper de ce personnage, les auteurs ont transmis son nom à la postérité. Dancourt l'appelle « Sbrigani ». Le Théâtre de Ghérardi le met souvent en scène; dans la comédie des Bains de la porte Saint-Martin, 1 est qualifié de « el signor Furbagnani ». Dans les Souhaits, pièce jouée en 1693, il en est parlé ainsi à la scène des Souhaits. Momus... : « Qu’est-ce qui porte cet épicier à éventer la honte de son lit et à solliciter une place sur les tabatières de Fagnani? la folie. » La même scène nous renseigne sur la vogue déjà poussée à l'extrême des tabatières, à cette époque. Momus (répondant à Arlequin, qui lui demande les richesses) : « Penses-tu qu’on vaille moins pour n'avoir pas toute la boutique d'un joüaillier à ses dix doigts ? pour n'’aller jamais sans un régiment de montres et de tabatières ?... »

Louis XIV n’aimait pas le tabac, ni qu'on prisât devant lui. Il donna des tapisseries, des services d’orfèvrerie, des meubles, même en argent massif, des épées serties de diamants, des parures, des bijoux de toutes sortes; il prodigua les boites à portrait; mais jamais, durant son long règne, il n'offrit une tabatière. Les Æegistres des présents du Roi n’en fournissent pas un exemple. Néanmoins, le goût s'en répandit à Versailles, où elle pénétra furtivement, et la plupart des courtisans eurent la prudence d’en user en cachette. Le duc d'Harcourt et le Mi d'Huxelles furent du très petit nombre de ceux qui prisèrent sans contrainte, et se firent remarquer par leurs façons de semer la poudre de tabac derrière eux et sur leurs vêtements.

Les femmes les plus jolies se donnaient aussi le détestable genre de priser. La Psse des Ursins écrivait de Madrid au Mat de Tessé, le 31 juillet 4743 : « Si Mme Ja duchesse d'Olonne est bien conseillée, elle se peindra beaucoup moins les joues que » celles que l’on porte à Paris et à Versailles, depuis qu’on se met à la toilette le matin jusqu'à ce qu'on s’y remette le soir. Elle en aura un air plus doux, et on ne la soupçonnera pas, quoyqu’on le fasse souvent injustement, d’avoir trop bu ou d’estre en colère, deffauts qu’on ne peut mesme pardonner à votre sexe et qui sont encore plus vilains dans le nôtre. Si elle pouvait y ajouter de n'avoir point le nez barbouillé de tabac, cela ne gâterait rien à la chose. » (Lettres originales, à M. le docteur Casenave.)

Quinze ans plus tard, en 1727, Furetière disait, dans son

grand dictionnaire : « C’est une manie de se remplir incessamment le nez de tabac, sous prétexte de purger les cérosités du cerveau. Cependant l'usage en a tellement prévalu, que tout le monde en prend presque continuellement, jusqu'aux femmes et aux filles même. C'est quelque chose de dégoûtant de voir une femme ou une fille qui a le nez tout barbouillé de tabac. » Boileau le comprenait ainsi quand il écrivait (satire X) :

T'ai-je fait voir de joie une belle animée,

Qui souvent d'un repas sortant tout enfumée, Fait même à ses amants, trop faibles d'estomac, Redouter ses baisers pleins d’ail et de tabac.

L'habitude de prendre du tabac s'introduisait jusque dans les collèges. On connaît l’histoire de Voltaire en rhétorique, s’amusant pendant la classe à faire sauter sa tabatière. Le Père Porée la confisqua; mais toujours indulgent pour son élève, il promit de la rendre dès que celui-ci lui aurait adressé une supplique à ce sujet. Voltaire rimait déjà facilement, et bientôt les vers suivants le remirent en possession de sa boîte :

Adieu, ma pauvre tabatière, Adieu, je ne te verrai plus; Ni soins, ni larmes, ni prières, Ne te rendront à moi; mes efforts sont perdus! Adieu, ma pauvre tabatière, Adieu, doux fruit de mes écus; S'il faut à prix d'argent te racheter encore, J'irai plutôt vider les trésors de Plutus, Mais ce n’est pas ce dieu que l’on veut que j'implore. Pour te revoir, hélas! il faut prier Phébus.. Qu'on oppose entre nous une forte barrière.

Me demander des vers, hélas! je n'en puis plus. Adieu, ma pauvre tabatière, Adieu, je ne te verrai plus.

(Guizot, L'Histoire de France racontée à mes petits enfants.)

« On prétend, dit Mme de Genlis, que ce fut M. de Louvois qui le premier en France eut une belle tabatière. Cette boîte était de vieux laque, très richement montée, fort grande, très haute et en forme de cœur (4).

«Il est étrange qu'on ait d’abord mis les portraits dans les intérieurs des tabatières, et que cette coutume ait duré longtemps.

(1) « L'auteur a possédé cette boîte par héritage, et l’a perdue dans une auberge, en Hollande, où elle lui fut volée. »

Au bout de peu de jours, les peintures jaunissaient et se couvraient. On attachait apparemment à cet usage une idée de mystère; mais c'était la discrétion de la fatuité ; elle pouvait donner de la curiosité, et le portrait n’était pas assez caché pour n'être pas reconnu. M. de la Popelinière, fermier général, fut le premier qui imagina de tirer les portraits de cette poussière noire et de les mettre sur les boîtes. » (Dictionnaire des Etiquettes de la cour.)

Le XVII siècle fut, par excellence, le siècle de la tabatière. « Les bonbonnières et les tabatières, dit M. Paul Mantz. furent pendant cette époque, le luxe suprême, On faisait collection de ces menus ouvrages du caprice, comme on recherchait les tableaux ou les médailles. » (Gazette des Beaux-Arts, XIX, 465.) Les grands seigneurs avaient des tabatières à profusion et s’en paraient comme d’un bijou à la mode; ils les étalaient chez eux dans des vitrines, sur les meubles et sur les tablettes des cheminées. Ces boîtes étaient en or ciselé, gravé, émaillé; en écaille brune ou blonde, cerclée, posée, piquée d'or de couleur; en porcelaine dure de Saxe; en pâte tendre de Sèvres, de Mennecy et de Chantilly; en nacre, en burgau, en ivoire, en pierre dure, en vernis Martin, en écaille moulée imitant les marbres, etc. Des médaillons de toutes sortes, des mosaïques (en Italie), des miniatures et des émaux, concouraient à l’ornementation de ces charmants bijoux. Ouvrir sa tabatière, prendre une prise, l’aspirer, fermer la boîte et secouer son jabot du bout des doigts, était tout un art que nos gentilshommes possédaient à merveille.

Les tabatières de prix étaient l’objet de la convoitise des filous, qui déployaient à les dérobec une habileté consommée. Nemeitz écrivait, en 1727, Sur la fréquentation des foires Sarnt- Germain, ete. : « Tout le monde est pêle-mêle. Ceux qui vous crient : Gardez vos poches, à l'entrée de la foire et auprès des danseurs de cordes, sont quelquefois les plus sujets à caution. Soyez en garde contre eux. Silvérius n’avait fait que deux pas, après avoir entendu ce cri, qu’on lui avait déjà enlevé une belle tabatière d'argent. » (Le Séjour à Paris. Leyde, 1727, ch. XVIII.)

On se doute de ce que devaient être les tabatières du Régent, Philippe d'Orléans. Il s'était attaché le miniaturiste Klingstet, « homme sans mœurs et sans pudeur, qui a rempli Paris de miniatures obscènes. » Au milieu d'une société dissolue, l’artiste eut du succès. On l’appela le #aphaël des tabatières, qualification bien imméritée, véritable non sens, chez un peintre de sujets érotiques et d’un talent contesté. Un de ses contemporains rap-

porte le fait suivant : « Un homme d’esprit ne prodigue pas son argent en des choses qui ne lui conviennent pas où qui ne lui servent de rien. Clitus donna dix louis d’or pour un portrait dans sa tabatière peint par K/nsted (sic). J’avoue que c'était une pièce incomparable, mais elle était aussi si grotesque, qu'à peine osait-il ouvrir la tabatière en des compagnies d’honnêtes gens. Clitus, après avoir contemplé le portrait tout son saoûl, en fut enfin si dégoûté, qu'il l'aurait volontiers vendue pour la moitié du prix. » (J.-C. Nemeitz, Le Séjour» à Paris, chap. XXX VII.)

La tabatière fut longtemps le cadeau à la mode. On l'offrait à divers titres : en souvenir d'amitié, comme don gracieux, ou bien en remerciment, en témoignage d'estime, d’admiration, de reconnaissance. Après la victoire de Denain, en 1712, lorsque le maréchal de Villars revint à l'Opéra, il fut l’objet d’une ovation. On jouait Armide. Me Antier, qui faisait le rôle de la Gloire dans le prologue, s'avança sur un des balcons du théâtre où se trouvait le vainqueur du prince Eugène, et lui offrit une couronne de lauriers. Le lendemain, le maréchal envoyait à Mie Antier une tabatière en or. (Champfort, Anecdotes dramatiques.)

La princesse de Tallard, gouvernante des Enfants de France, sous Louis XV, possédait des boîtes admirables, et s’en dessaisit sur la fin de sa vie. « Elle nomma pour son exécuteur testamentaire Chauvelin, ancien garde des sceaux, et distribua avant sa mort ses bijoux et ses tabatières.» (Soulavie, Anecdotes de la cour de France pendant la faveur de Mme de Pompadour.)

A ses derniers moments, la Mis de Pompadour reçut la visite de M. de Laverdy, nommé récemment contrôleur général. Elle le tenait en grande estime, et lui fit présent d’une tabatière ornée du portrait de Sully. « Voilà, dit-elle à son protégé, en lui montrant la figure du ministre de Henri IV, voilà votre vérilable portrait. » M. de Laverdy s'inclina, ouvrit la boîte, et trouva ce quatrain composé par la marquise :

De l'habile et sage Sully

Il ne nous reste que l’image.

Aujourd'hui ce grand personnage Va revivre dans Laverdy.

(Em. Campardon, Mme de Pompadour et la cour de Louis XV, au milieu du XVIIIe siècle.)

Les tabatières garnies de diamants étaient très à la mode sous Louis XV. Mme de Pompadour en avait de fort belles, dont elle

LES TAPATIÈRES. 137

fit divers legs. Conicizze. « À Mme du Roure, le portrait de ma fille, en boîte garnie de diamants. — À Mme de Château-Renaud, une boîte du portrait du Roi, garnie de diamants, qu'on devait me livrer ces jours-ci. — À Mme la Dsse de Choiseul, une boîte garnie de diamants. — A Mne Ia Ds de Grammont, une boîte avec papillon de diamants. » (Mémoires historiques et anecdotiques de la cour de France, pendant la faveur de Mwe de Pompadour. Paris, Bertrand, 1802.)

Piron offrit une tabatière à Fréron, dont il fut bien mal récompensé. « Le critique et le poëte étaient à table chez M. S... Piron tira de sa poche une jolie tabatière formée de deux morceaux de porcelaine de Saxe et montée en or. On fut curieux de la voir de près, et, de main en main, elle parvint à Fréron, qui la loua si fort, que Piron se crut obligé de lui dire qu’elle était bien à son service. Il ne fit point le sot, l’accepta très obligeamment et la serra, puis parla d'autre chose. Le procédé ne fut pas du goût de tous les convives. Melot, bibliothécaire des manuscrits, qui se trouvait placé à côté de Fréron, enleva la boîte de la poche du critique et, secondé de toute la ronde, forca Piron de la reprendre. Mais au sortir de chez M. S..., dès que Piron se trouva seul aux Tuileries avec l'ami Fréron, il le supplia de si bonne grâce d'accepter la tabatière, que celui-ci la prit une seconde fois. Rentré chez lui, Piron raconta l’aventure à sa femme. Elle le savait plus attaché qu'il ne le voulait paraître à cette bagatelle, à cause de la main dont il la tenait ; elle court chez de Prault, alors le libraire de Fréron, et lui remet huit louis s’il veut négocier le rachat de la tabatière auprès du critique. Quand Prault put le rejoindre, trois ou quatre jours après, il le trouva en bel habit d’écarlate. Il était trop tard. Fréron avait vendu la tabatière au valet de chambre du duc de Valentinois, curieux des moindres bagatelles élégantes.

Le jour même où Fréron endossait le bel habit écarlate qu'avait payé la tabatière, il publiait un article contre la Louisiade, de son bienfaiteur. (Œuvres inédites de Piron, avec introduction et notes par Honoré Bonhomme, p. 195 et suiv.) Il faut avouer que Fréron méritait bien cette épigramme de Voltaire :

L'autre jour, au fond d’un vallon, Un serpent piqua Jean Fréron.

Que pensez-vous qu'il arriva?

Ce fut le serpent qui creva.

Sous le règne de Louis XV, les priseurs commencaient à venir en foule au bureau de /a Civette, Le débit placé à l'entrée du

Palais-Royal, presque en face de la maison qu’il occupe aujourd'hui, était tenu par une gentille marchande, nouvellement mariée, que protégeait la bienfaisante duchesse de Chartres, Louise de Bourbon-Conti. Cette charmante princesse, jeune, gaie, spirituelle, avait un cœur excellent. Voulant attirer au jeune ménage une clientèle nombreuse, elle fit arrêter plusieurs fois son équipage devant leur débit, et l’on entendit de sa bouche mignonne, cette exclamation enthousiaste : « Ge tabac est délicieux, c’est le meilleur dé tout Paris. » Il n’en fallut pas davantage pour établir la réputation du tabac de la Civette. Les gens du bel air n’en voulurent pas d'autre, et les amateurs y découvrirent un parfum qui leur avait échappé jusque-là. Chose curieuse, la vogue dure encore. La régie n’a qu'une sorte de tabac à priser, qu’elle délivre, par paquets uniformes, à tous les débits du territoire francais; les priseurs ne l’ignorent pas, et cependant, à magie de la Renommée, le tabac n’a pour eux tout son prix qu'après avoir passé par le bureau de a Civette.

En 1750, le fameux comte de Saint-Germain vint à la cour de France et s'y fit remarquer par son faste. Ses bijoux, ses tabatières, les boucles de ses souliers scintillaient de diamants du plus grand prix. Son érudition était vaste, sa conversation étrange. Il prétendait avoir vécu dans l'intimité de personnages disparus depuis des siècles et s'être entretenu avec Jésus-Christ. Provoquer l’étonnement, semblait être l’ojet de ses recherches.

Un soir, chez Mme de Pompadour, le comte tira de sa poche une tabatière qui fit l'admiration générale; elle présentait une agate sur le couvercle. M. de Saint-Germain pria la marquise de l’approcher du feu; un instant après, à la grande surprise des assistants, l'agate était remplacée par une jeune bergère gardant ses moutons. En chauffant de nouveau, la bergère disparut à son tour pour faire place à l’agate. (Chroniques de l'ŒÆil-de- Bœuf, V1, 318.)

Le duc de Richelieu portait dans des boîtes à secret, dont la mode faisait fureur, des portraits qu'il n’eût pu afficher au grand jour. Les financiers Pinon de la Grange-Batelière et Le Riche de la Popelinière se faisaient remarquer par le nombre et le luxe inouï de leurs tabatières. Quelques-unes des boîtes du duc de Choiseul étaient peintes par Louis van Blaremberghe, le père, dont la plus petite gouache atteint aujourd’hui des. prix fabuleux. Nous verrons au chapitre des Zabalières historiques et politiques, qu'au moment où le duc fut exilé à Ghanteloup (1770), son portrait parut sur toutes les tabatières.

Le prince de Conti, Louis-Francçois de Bourbon, mort en 4776,

a laissé huit cents tabatières. Le grand Frédéric, dit M. Feuillet de Conches, en avait plus de quinze cents, « manie de famille, car il en avait reçu plus de six cents en héritage. » (Causeries d'un curieux, IL.) M. Louis Nicolardot prétend aussi que Frédérie IT «avait une collection de quinze cents tabatières de prix. » (Les Cours et les Salons au X VIII: siècle, p.60.) Ges deux assertions proviennent de la même source; elles sont tirées de l'ouvrage de Dieudonné Thiébault : Mes souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, ou Frédéric le Grand... Paris, Buisson, 1805.) Voici ce qu'il dit en parlant de Frédéric : « Je ne lui ai connu qu’un seul objet de luxe, les tabatières : il en avait, dit-on, quinze cents, dont un grand nombre étaient fort belles. Du reste, il ne prenait que du tabac d'Espagne. » (1, 328.) Le docteur Johannis Scherr n'en cite que cent trente, chiffre déjà assez élevé. Frédéric, écrit-il, était un roi plus économe que ses prédécesseurs, « vivant en célibataire à Postdam ou à Sans-Souci, il ne dépensait pas plus de 220,000 thalers, dont 12,000 pour sa cuisine. Son faible le plus coûteux fut celui des tabatières; il en laissa cent trente à sa mort... Les housses de ses meubles étaient couvertes de grains de tabac. » (La Société et les Mœurs allemandes, traduction par Victor Tissot.)

Condorcet, dans ses Mémoires, raconte cette histoire sur Frédéric IT, dans laquelle le héros prussien se montra plein d’esprit et de bonté. Il venait de voir, par une fenêtre, un de ses pages prendre une prise dans sa tabatière. « Cette tabatière est-elle de ton goût ? » lui dit-il. Le page tout honteux eut peine à répondre, mais dit enfin qu'il la trouvait belle. « Eh bien, prends-la, dit le Roi; elle est trop petite pour nous deux. » L'’électeur de Bavière agit de même dans une circonstance à peu près analogue. Un officier français faisant sa cour à l'électeur, se permit de prendre familièrement du tabac dans la boîte du prince; celui-ci présenta aussitôt la tabatière à l'officier et lui en fit don. (Condorcet.)

Le comte de Brübl, premier ministre du roi de Saxe, devait être riche en belles tabatières, si l’on en juge d’après ses habitudes. Ce fastueux élourdi, « qui avait tant de perruques et si peu de tête, » disait le grand Frédéric, s'était fait faire trois cents vêtements complets, ayant chacun sa canne et sa tabatière. Chaque costume était en double pour avoir le change l'après-dinée. Tous les matins, le comte désignait à son valet de chambre, sur un registre catalogué, l'habillement du jour. (Feuillet de Conches, Causeries d'un curieux.)

Sous Louis XVI, le goût des tabatières poursuivit sa marche

ascendante. Mercier écrivait, en 1781, dans son Z'ableau de Paris : «.... Apprenez encore, monsieur le Russe, que les tabatières ne s'appellent plus que boëtes, et il y a longtemps que vous devriez le savoir! On a des boëtes pour chaque saison. Celle d'hiver est plus lourde; celle d'été est légère. On a poussé cette recherche jusqu'à changer de boëtes tous les jours. C'est à ce trait caractéristique que l’on reconnaît un homme de goût. On est dispensé d’avoir une bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, quand on a trois cents tabatières et autant de bagues.» (Es Lo

A la suite d’une représentation émouvante, Fleury, le charmant comédien qui devait succéder à Molé, recut une tabatière ayant appartenu au grand Frédéric. La réputation de Fleury était faite à la Comédie-Française, mais on ne l'avait encore applaudi que dans des pièces connues, et il lui manquait un rôle à créer; « sa bonne chance enfin le lui donna. Ce fut dans la comédie des Deux pages, le rôle du roi de Prusse, Frédéric II. Ce roi venait à peine de mourir, et jusqu'aux derniers instants de son étonnante carrière, il avait attiré les regards de l'Europe. Quelle fortune pour Fleury! Un personnage contemporain, un type présent à tous les souvenirs, une physionomie illustre et singulière! Quelle chance qu’un tel rôle pour un comédien! Fleury s'occupa de mériter cette heureuse fortune. Il composa cette figure avec une suite d'études, de réflexions, de combinaisons extraordinaires, au bout desquelles il arriva à un résultat étonnant : il ressuscita le personnage, au point que ceux qui l'avaient connu, et son frère lui-même, le prince Henri, qui assistait à la représentation, crurent presque revoir Frédéric en personne. Cette création véritable fut le premier grand succès de Fleury. Dès sa première entrée, et puis à chaque scène, il fut applaudi, admiré, fêté; le prince Henri pleurait… Le lendemain, il pria l’auteur de la pièce (qui n’était ni Sauvigny, selon la version de Grimm, ni Faure, comme le prétend M. Étienne, ni Dezède, selon tout le monde et l'affiche: Dezède n'avait fait que la musique), il pria donc l’auteur véritable, qui était le baron Ernest de Manteufeld, d'offrir à Fleury une tabatière qui venait de Frédéric lui-même, ornée du portrait de ce roi et entourée de diamants. »

Napoléon offrait de jolies tabatières « à entourage de diamants,» tandis que les siennes étaient simples, «étroites, ovales, à charnières, en écaille noire, doublées en or, ornées de camées ou de médaillons antiques en or et en argent. Il avait eu des tabatières rondes ; mais comme il fallait deux mains pour les

ouvrir, et que dans cette opération il laissait tomber tantôt sa boîte, tantôt le couvercle, il s'en était dégoûté. » (Mémoires

Constant, premier valet de chambre de l'Empereur, U, 88.) Un peu plus loin, Constant ajoute : « L'Empereur ne portait jamais de bijoux ; il n'avait dans ses poches ni bourse, ni argent, mais seulement son mouchoir, sa tabatière et sa bonbonnière, » Divers auteurs ont avancé que Napoléon mettait son tabac dans un gousset en cuir où ses doigts plongeaient fréquemment. C'est une erreur. Le fait est démenti par Constant. D'ailleurs, le grand homme était d'une propreté trop raffinée pour en agir ainsi.

Napoléon aimait à présider le conseil d'État, où chacun avait la plus grande liberté. Les discussions y étaient parfois très animées. « Lorsque l'Empereur voyait qu’une proposition qu'il avait soumise au conseil ne marchait pas bien, une sorte d’impatience se manifestait dans tous ses mouvements; il cherchait, par d’innocentes distractions, à détourner l'espèce de curiosité ou d'attention qui s’attachait à sa personne. Dès qu'il voyait un membre du conseil fixer ses regards sur lui, il lui faisait un signe comme pour dire : « Donnez-moi du tabac. » Celui-ci s'empressait de faire passer sa tabatière à l'Empereur, qui, après avoir aspiré une prise, Jouait avec la tabatière, la faisait pirouetter dans ses mains ou semait çà et là le tabac qu’elle contenait. Dans sa préoccupation, au lieu de renvoyer ensuite la boîte à son propriétaire, il la mettait dans la poche de son habit. Une, deux et mème trois tabatières disparaissaient de la sorte dans une seule séance, et ce n'était qu'après être sorti du conseil qu'il s'apercevait de sa distraction. On pense bien que les tabatières ne tardaient pas à aller retrouver leurs légitimes possesseurs; souvent même d’agréables métamorphoses s’'opéraient en elles au sortir de la poche impériale. Les conseillers, pour ne pas perdre leurs tabalières de famille, convinrent de n'apporter que des tabatières en carton à 25 sous. Napoléon n'en continua pas moins de les prendre et de les transformer. (Duruy, Histoire populaire de la France, t. IV, p. 299.)

En 1813, tandis que l’Autriche, la Prusse et la Russie se coalisaient à Prague, pour nous enlever nos possessions au delà des Alpes et du Rhin, on prétendait que l'or jeté dans la balance eùt pu nous rendre favorabie la maison d'Autriche et détruire la coalition. C'était aussi l'opinion de Fouché. Napoléon lui montrait, pendant le congrès, une fort belle tabatière ornée de son portrait, enrichie de diamants, et qu'il destinait à M. de Metternich. « Savez-vous, dit l'Empereur, que c'est un cadeau de 30,000 francs ? — Est-ce avec cela que vous croyez gagner

le ministre d'Autriche? interrompit Fouché. Ce n’est pas 30,000 francs, mais des millions qu’il faut donner. » L'Empereur répondit par un geste de mépris au cynisme de ce propos, qui s’adressait à l’homme auquel les moyens de corruption ont le plus répugné. » (Bon de Meneval, Souvenirs historiques sur Napoléon, p. 325.)

Louis XVIIT toujours fut dans la société d'une affabilité charmante, mais sans laisser oublier à personne le respect auquel il avait droit. Un jour, avant d'être roi de France, alors qu’il portait le titre de Monsieur, « le Mis d'Avaray, maître de sa garde-robe, encouragé par la familiarité aimable avec laquelle ce prince l'avait toujours traité, crut pouvoir prendre du tabac dans la boîte du prince, qui ne l'en empêcha pas, mais qui jeta à terre le tabac qui restait. » (Condorcet, Mémoires.) Nous l'avons dit, le frère cadet de Louis XVI ne pouvait souffrir la moindre. atteinte aux égards dus à son auguste personne. Cette susceptibilité provoqua de la part de M. de Corbière une très fine réponse. Sous la Restauration, un matin que le conseil était rassemblé en présence du Roi, M. de Corbière atteint ses lunettes et sa tabatière et les pose sur la table. « Voilà, dit Louis XVIIL, M. de Corbière qui vide ses poches. — Votre Majesté, répliqua le ministre, aimerait-elle mieux que je les remplisse ? »

Le roi avait parfois, avec M du Cayla, une façon toute particulière de savourer sa prise de tabac. La Csse du Cayla, favorite de Louis XVIII, possédait, par son père, ancien avocat au Chàtelet, des pièces importantes de la procédure du Mis de Favras. Pour plaire au roi, qui avait joué un triste rôle dans cette lugubre affaire, elle ‘consentit à les brüler en sa présence. « Certains ont prétendu que la belle madame du Cayla n'était que la maitresse platonique de Louis XVIII, et que les dernières privautés du petit-fils de Louis XV consistaient à aspirer une prise de tabac placée sur la gorge de la séduisante comtesse. » (Larousse, Grand dictionnaire...)

Une des plus riches collections de tabatières diplomatiques appartenait au cardinal Consalvi. Il en fit, à sa mort, un noble usage. Les circonstances qui amenèrent sa détermination méritent d'être rapportées. Ce prince de l'Église était en soirée chez la duchesse de Devonshire, à Rome; il allait se retirer, quand il fut interpellé par un Anglais, qui lui demanda comment il se faisait que tant de façades des églises de Rome étaient restées inachevées. Le cardinal, surpris de cette brusque attaque, répliqua : « Monsieur, parce que votre roi, Henri VIIL, n’a pas eu la patience d’attendre le retour d’un courrier. » L'insurrection de

la réforme fut, en effet, très préjudiciable aux arts, en ce qu’elle ne permit pas à la cour de Rome de continuer ses magnifiques embellissements. Dès le lendemain de la fête donnée par la duchesse de Devonshire, le cardinal Consalvi, songeant: aux réflexions de l’Anglais, légua ses tabatières diplomatiques pour l'achèvement de plusieurs façades d'églises de Rome et l’élévation du tombeau de son bienfaiteur, le pape Pie VIT. La plus riche de ces tabatières était celle du Concordat de 1801; elle valait 30,000 francs. (Valery, Curiosités et anecdotes italiennes. Paris, Amyot, 1842, p. 321.)

LES RAPES A TABAC ou GRIVOISES.

Grivoise, en euivre fondu.

Collection A. M.-$.

Au XVIIe siècle, le tabac en poudre ne se trouvait guère dans le commerce, et les priseurs devaient eux-mêmes râper leur tabac chaque fois qu'ils voulaient prendre une prise. On fit alors toutes sortes de râpes en bois ou en ivoire sculpté; en émail de Limoges, signées du monogramme d'un Laudin ou d'un Nouailhier; en faïence de Rouen, à décor bleu en réserve ou polychrôme ; en marqueterie de bois des îles et d'ivoire ; en fer gravé, avec la couronne royale et le soleil du grand Roi; parfois en fer damasquiné ou simplement en cuivre fondu. Toutes ces pièces sont dignes d'intérêt, et beaucoup d'entre elles pénètrent dans les collections par leur seul mérite artistique. La décoration des sujets offre beaucoup de variété; elle dépendait de la fantaisie des artistes ou du fabricant; mais, en général, suivant notre remarque, les plus belles räpes sont ornées de chiffres, d’armoiries, de scènes galantes ou de sujets tirés de la Fable amoureuse; elles convenaient à l'aristocratie; d’autres, pour les gens d'église, présentent des motifs religieux; d’autres enfin, à

l'usage du peuple tt de la petite bourgeoisie, figurent des scènespopulaires, des gaillardises au gros sel gaulois, et jusqu'à des personnages accroupis, dans des positions trop naturelles. Le côté opposé à la partie ornementée est garni d’une ràpe percée de petits trous, sur laquelle on frottait la carotte de tabac; la poudre tombait au-dessous, alors le priseur la faisait glisser sur sa main gauche, entre le pouce et l'index, puis il aspirait savoureusement sa prise et pouvait dire comme Sganarelle :

Quoi qu’en dise Aristote et sa docte cabale, Le tabac est divin; il n’est rien qui l'égale.

On a donné aux râpes à tabac le nom de grivoises. Ménage, Furetière, Richelet et Trévoux en donnent tous quatre la même explication. Grivois était synonyme de soldat, maraudeur, gal compagnon. Ménage, qui se sert encore du mot tabaquière, s'exprime ainsi : « Grivoise, sorte de tabaquière faite en manière de ràpe pour réduire en poudre le tabac qui est en rouleau : ainsi appelé parce que les grivois, c’est-à-dire les soldats, s'en servent, Ces sortes de tabaquières nous sont venues de Strasbourg à la fin de la campagne de l'année dernière, 1690. » Richelet seul emploie le verbe grivoiser : « Ràper du tabac sur la grivoise. »

La spirituelle comédie Des mots à la mode, que fit jouer Boursault en 4694, nous donne un exemple du mot grivois, comme synonyme de soldat; nous y voyons aussi l'emploi répété du mot « joli », adopté par les gens du bel air.

NANETTE, faisant l'éloge des militaires, s’écrie, scène XI :

Si l’on en croit le bruit que fait la Renommée, De jolis officiers ornent bien une armée.

M. Du Ras.

Quand ils ont à leur tête un joli général, Il n’est pour les grivois point de plaisir égal.

Le nom de grivoise n’est pas contestable, et son origine nous paraît suffisamment démontrée; nous pensons, toutefois, que l'usage de la râpe à tabac est bien antérieur à 1690.

L'auteur du Zabac vengé (Physiologie du tabac, de la pipe et de la tabatière. Paris, 1845) raconte que Louis XIIT râpait son tabac sur une râpe d'ivoire; mais son affirmalion est sans valeur, n'étant appuyée sur aucun document. La mode des râpes à tabac s’est répandue dans toutes les classes et a duré longtemps. Dans Gil Blas, étude si vraie des mœurs de son temps, Le Sage met une râpe aux mains de don Mathias de Silva : « Renversé dans un fauteuil, sur un bras duquel il avait une jambe étendue, il se balançait en râpant du tabac. » Au milieu du règne de Louis XV, malgré la profusion des tabatières, bien des priseurs se servaient encore de la râpe.

Dans le charmant opéra comique de Sedaine, le Diable à quatre, joué pour la première fois sur le théâtre de la Foire- Saint-Laurent, le 19 août 1756, Margot s'écrie, scène XI : « Si je prenais du tabac, à présent que je suis seule? » Puis, ràpant et prenant du tabac, elle chante :

Je n’aimais pas le tabac beaucoup, J'en prenais peu, souvent point du tout.

Mon mari me défend cela; Depuis ce moment-là.

Je le trouve piquant; Quand J'en peux prendre à l'écart, Car Tout plaisir a son prix, Pris En dépit des maris.

A l’église, les priseurs troublaient l'office divin par le bruit de leurs râpes, et l’on vit les prêtres tonner du haut de la chaire contre ce scandale. Malgré la mode, dont l’action, d’ailleurs, est peu sensible loin des grands centres, la rape à tabac persista longtemps, et ne fut complètement abandonnée que vers le commencement du XIXe siècle.

Les boîtes des orfèvres sont les tabatières de luxe et boîtes diverses, en or, en argent, en vermeil, exécutées par les orfèvres et les bijoutiers, et ornées de délicates ciselures, de miniatures, d'émaux, de pierres précieuses, etc. Ce travail s’est élevé, en France, à la hauteur de l'art. Les boîtes de ces négociants artistes étaient de délicieux bijoux; elles fermaient à miracle, comme on disait jadis, c'est-à-dire avec une précision rigoureuse et douce. La richesse et l’incontestable mérite artistique de ces témoins séduisants d’une époque déjà lointaine les ont classés dans les collections, parmi les objets de haute curiosité. Citons de suite quelques maîtres fameux et nommons Aubert, Auguste, Drais, Ducrollay, Gaillard, George, Germain, Herbault, Jacqmin, Aug. Laterre, Maillard, Mathis de Beaulieu, Mesnier, Quizille, Rondé, Roucel, Tiron de Nanteuil, Vachette, tous fournisseurs du Roi. En dehors des poinçons réglementaires, ces fabricants émérites signaient parfois leurs œuvres comme un peintre signe ses tableaux, et leur nom, gravé sur la gorge des tabatières, ajoute à la rareté de la pièce une valeur nouvelle. Nous joignons à cette série diverses boîtes qui tiennent à la fois du bijoutier et du tabletier, parce que l'or et l’argent œuvré y tiennent une place importante.

Pendant le premier tiers du XVIII siècle, les compositions de Jean Bérain ont exercé une grande influence sur tous Les arts décoratifs et notamment sur l’orfèvrerie. On connaît ces dessins fantaisistes, composés de dispositions architecturales, de colonnes, de portiques et de baldaquins accompagnés de grotesques; on y trouve des médaillons d'hommes et de femmes, parfois des personnages en pied, en costume indien, des singes, des oiseaux, des entrelacs, des rinceaux, offrant loujours un ensemble correct au milieu de motifs entassés parfois à profusion. Jal mentionne trois artistes du nom de Bérain : Jean I Bérain (1638? L 1711), dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi en 1674, et logé au Louvre trois ans plus tard; Jean IT Bérain (1674? 1726), habile dessinateur, héritier du titre et du talent de son père; tous deux eurent aussi la charge de « dessinateur des jardins »; Claude Bérain, frère de Jean I, « graveur du Roy », en 1704, On a de lui de jolis modèles de tabatières.

Les Bérain firent école; s'inspirant de leurs inventions, de bons dessinateurs, tels que Pierre Bourdon en 1703 et J. Roberday en 1710, publièrent des £ssais de tabatières à l’usage des graveurs et ciseleurs. Ges ouvrages, et bien d’autres, furent suivis d’un recueil de Du Vivier : Manière et facon dont les tabatières sont faites en 1719 et 1720. « Il s’en est fait, dit l’auteur, un plus grand nombre pendant ces deux années que depuis qu'on a commencé à en porter. » Tous ces dessins de boîtes et tabatières, ovales, contournées ou rectangulaires, présentent le même système ornemental; elles ont été exécutées en or ciselé, en argent ou bien en incrustations d’or sur fond d’écaille blonde, et d’argent sur écaille noire.

Sur la fin de la Régence, Devar fabriquait de ces jolies boîtes décorées d’ornements et de sujets en piqué, en coulé, en incrusté et en brodé d’or. L'Encyclopédie nous donne l'explication de ces divers procédés.

« Le Piqué. Pour piquer un bijou, il faut avant tout en former le dessin. Le dessin fait, il faut le calquer le plus ordinairement sur une plaque d’écaille. On fait ensuite un trou à la main avec l’un des perçoirs, on remplit aussitôt ce trou de la pointe du fil d'or ou d'argent, que l’on coupe plus où moins saillant, selon les saillies que l’on veut donner aux objets de son dessin. Le trou, échauffé par la pointe qui le fait, s'agrandit et, après avoir reçu le fil, se resserre sur lui et le tient serré à ne pouvoir s'échapper. C'est à l’industrie du piqueur de faire rendre les effets qu'il doit attendre de son dessin.

« Le Coulé se fait en incrustant le fil dans une rainure pratiquée exprès dans l'écaille. Gette rainure s'ouvre en s’échauffant par le travail du burin et se resserre sur le fil d’or ou d'argent que l’on insère dedans.

« L'Incrusté se fait par plaques de différentes formes suivant le dessin que l’on place dans le fond d’un moule semblable à ceux des tabatières. Ces plaques d'or ou d’argent s’incrustent d’elles-mèmes, par une pression violente, dans l'épaisseur de l’écaille chauffée et disposée à les recevoir.

« Le Brodé n’est autre chose qu’un composé de piqué, de coulé et d’incrusté réunis et disposés avec art, suivant le génie de l'artiste. »

Comme synonyme d’incrusté et même de brodé, l’usage a consacré le mot posé. Les plus belles boîtes décorées en brodé d’or dans le style Bérain datent de la fin de la Régence jusque vers 1733. Selon leur richesse, elles se vendaient soit chez les orfèvres, soit chez les tabletiers.

En 1793, J. BourGuET, maître orfèvre, à Paris, donnait aussi des modèles d’incrustations et de bas-reliefs pour tabatières et ouvrages d’orfèvrerie. Des dessins de nielles tirés d'Allemagne et d'Italie, présentaient de gracieux motifs empruntés aux arabesques des instruments de guerre et de table.

Sous la Régence, les boites allemandes en nacre ou en burgau, incrustées de jaspes, d’agates etautres pierres dures, étaient très recherchées; ces boîtes, où le métal figurait à peine (or, argent ou vermeil), se fabriquaient à Dresde. Une tabatière adjugée à la vente Jacquinot-Godard, en 1859, au prix de 580 fr. donnera une idée des boîtes exécutées à Dresde, à l'époque où le genre chinois était en faveur. C’est une boite contournée de style Louis XV, en or bruni, à filets et pilastres, ornée de deux plaques en agate à sujets dans le goût chinois, laqués d’or. Mentionnons une boite signée Taddel à Dresde, anno 17069. Elle est ovale, en mosaïque sur or, et offre dans toutes ses parties des sujets champêtres, avec figures et animaux, enjaspe et agate de diverses nuances. La gorge est décorée de fleurs et de rubans. Cette belle pièce a été adjugée 1,550 fr. à la vente Allègre, en 1872.

HorFMaANN exécutait de jolies tabatières en pierres dures, à la manière des ouvrages de Taddel. En voici un spécimen décrit dans le Catalogue de la vente Morand (1773): « Une boîte carrée de belle agate d'Allemagne, montée en or, travaillé à jour, elle est ornée d'insectes composés d’agate, de sardoine-onyx, cornaline, jaspe. Cette pièce très curieuse est faite par Hoffmann. » Du temps de Louis XVI, Dresde continuait son genre de mosaïques en pierres dures montées en or. NeuBer s'y fit une grande réputation. Vers 1740, RAvecueT se distinguait à Paris dans l’exécution de ces sortes de tabatières.

Le goût des ouvrages d'or, enrichis d'émaux, se développa peu à peu. En 1736, JoaGuer livrait à ses nobles clients des tabatières formées de plaques d’agate-onyx, de cornaline et autres pierres dures montées en or avec un goût exquis. Les encadrements, émaillés sur relief, offrent des fleurettes (roses, anémones, œillets, tulipes) rendues au naturel, lestiges et les feuilles y brillent d’un vert éclatant. Ces boîtes eurent un succès de longue durée; beaucoup d’orfèvres en fabriquèrent, mais le nom de Joaguet est resté pour désigner ce genre de travail.

Les boites à cage, c’est-à-dire ayant la forme rectangulaire d'une cage, servent à encadrer les cailloux, les magellans, les agates orientales, les pierres précieuses de toutes sortes, les sujets gravés et ciselés sur nacre, sur argent, sur or, les émaux, les miniatures, etc.

Vers le milieu du règne de Louis XV, les orfèvres-bijoutiers, par l'emploi des ors de couleur et l'application des couleurs d'émail, sont arrivés à produire des tabatières admirables qui sont à la fois de splendides bijoux et des merveilles artistiques. « Nous avons vu, dit l'£Zncyclopédie, deux orfèvres-bijoutiers, les sieurs Hamelin et Maillé, en 1754, commencer à peindre en émail sur desbijoux d'or,et porter, depuis, cet art à un point de perfection si élevé que plusieurs de leurs ouvrages tiennent aujourd'hui une place distinguée dans les cabinets de tableaux les plus précieux. Nous avons de même la satisfaction d’avoir vu le bijoutier du Roi, M. Drais, composer et faire exécuter sous ses yeux des ouvrages d’un mérite très particulier. »

Parmi les peintres émailleurs distingués, qui ont décoré des tabatières, nous pouvons citer Aubert; Bourgoing (Fables); Le Bel (Fable amoureuse, grisaille); Le Sueur, (Bergerades, chasses); de Mailly (Fable amoureuse en grisaille).

Jean Moynar, reçu maître le 5 octobre 4745, a fait de jolies boîtes décorées d'émaux peints et translucides. Un spécimen, daté de 1754, présente des roses, des narcisses, des juliennes, des œillets, des anémones, des tulipes, des jonquilles, peintes dans leur couleur naturelle, se détachant sur des fonds nuancés de tons bruns et bleu clair.

Jean GEORGE, reçu maître en 1759, fit paraître des tabatières désignées sous le nom de Georgettes. « Ges pièces, observe M. Paul Mantz, sont si rares ou si peu connues aujourd’hui, qu'il serait difficile de les décrire avec certitude; toutefois, en 1862, à l’exposition de Kensington, on put voir une Georgette ovale décorée en or de diverses couleurs. » La collection Lenoir, au Louvre, possède une magnifique tabatière d'or, ovale, ciselée, décorée d’émaux translucides. La construction de la boîte rappelle la disposition de quelques salières du XVII siècle : quatre termes ciselés en bas-reliefs sont placés comme des cariatides; les fonds sont décorés de canaux reliés de deux en deux par des rosaces. La gorge intérieure porte le nom de l’orfèvre : George à Paris, et les poinçons indiquent l’année 1762. Ne serait-ce pas là le type des Georgettes?

Pierre-Jean BELLANGÉ fut admis à la maîtrise en 1754. Nous citerons de cet orfèvre une tabatière d’or, dont le poinçon désigne l’année 1762. Les parois sont revêtus d'émail jaune translucide etles encadrements, simulant une monture à cage, sont d’or et ciselés.

Mathieu Coiny, fils de maître, recu le 15 septembre 1755, était garde de l’orfèvrerie en 1771. Il a fait des tabatières d'or, ciselées, décorées d’émaux translucides.

GARAND florissait à Paris vers 1760. Il a signé : Garand à Paris, une boîte d'or enrichie d'émaux translucides. L'émail peint du couvercle représente Coriolan,'ayant à ses pieds sa famille suppliante.

Auguste LATERRE, orfèvre du Roi, exercait en 1760. Le poincon de ce maître est marqué sur une tabatière adjugée 3,800 francs à la vente Double, en 1881. Cette boite oblongue, à pans coupés, en laque rouge, est ornée de cinq médaillons en or ciselé, représentant des jeux d'Amours. Des festons de lauriers encadrent ces médaillons.

Louis-François-Auguste TAuNAY obtint la maîtrise le 7 mars 1761. Ses tabatières d’or, ciselées, revêtues d'émaux translucides, donnent une très favorable idée de son talent.

Joseph-Étienne BLerzy fut reçu maitre le 42 mars 1768. Ses tabatières en or de couleur, émaillées, enrichies de perles fines ou d’opales, présentent des ciselures couvertes d'émaux translucides bleu de roi, vert, rose tendre ou violet pâle.

Jean-François Marmis DE BEAULIEU, élève et successeur de George, arrivé à la maîtrise le 13 juillet 1768, continua les belles traditions de son prédécesseur.

Pierre-Jean LENFANT eut son brevet le 5 septembre 1772. Une tabatière d'or de couleur, marquée de son poinçon, correspondant à la date de 1776, est ornée sur les bordures de rubans enroulés. La ciselure du couvercle, dans un cartouche ovale en hauteur, offre les attributs de l'Amour.

Barthélemy Pricieu, devenu maitre le 16 juillet 1774, a signé de son poinçon de belles tabatières ciselées, d'or de couleur.

Le Basrier exercait sous Louis XVI. A la Vente Fould, en 1869, une tabatière, signée sur la gorge : Le Bustier à Paris, a été adjugée 760 fr. ; c’est une boîte ovale, en or de couleur, à rosaces, avec tores de lauriers et ornements ciselés en relief.

DENANGIS a signé une tabatière adjugée en 1872, à la Vente Allègre, 7,200 fr. et dont voici la description: Boîte ovale, en or ciselé, de style Louis XVI. Fond émaillé vert olive, avec entourage d’entrelacs vert émeraude et perles blanches. Le dessus est enrichi du chiffre de Marie-Antoinette, avec guirlandes de fleurs formées de petites roses de Hollande, On lit sur la gorge : Denangis.

Bars, florissait à Paris en 1784. Il a mis son nom en toutes lettres, Barbe, sur des tabatières d’or de couleur, richement ciselées, de médaillons, de rubans et de guirlandes de fleurs.

Pour compléter cet aperçu, examinons les comptes des Menus- Plaisirs aux Archives Nationales et passons en revue, par ordre de date, les plus intéressantes fournitures des orfèvres-bijoutiers.

5 septembre 1725. Corbeille de la Reine. Gouers est le plus important fournisseur; le mémoire de ses tabatières, montres, étuis, flacons et bijoux divers, s'élève à 69,410 liv. — LEGRAs reçoit 12,447 Liv. — BESNIER « orphèvre », pour anneaux d'or 70 liv. — Martin, vernisseur, 600 liv.

1745, Corbeille dela Dauphine Marie-Thérèse-Antoinette,infante d'Espagne. HèBerT en livre la majeure partie ainsi que les tabatières suivantes : une boîte de burgau, à fond d’or. 1,384 liv.— Une autre à coquille; six boîtes d’or, émaillées. 4,848 liv.— Une boîte de nacre de perle. 720 liv. — Boîtes prises à divers marchands dont les noms ne sont pas indiqués. Deux boîtes d’or, ciselées, 4,344 liv.— Trois boîtes d’or, tournées, émaillées en bleu. 3,990 liv. — Une boîte de laque en forme de bahut. 1,500 liv. — Une boîte d’or, émaillée d’un chien et d’un faisan. 1,900 liv.; une autre d’or et nacre, émaillée de grappes de raisin. 4,800 liv.; une boîte de nacre en jardins chinois. 4,400 liv. ; une boîte de caillou d'Égypte. 600 liv.; une boîte de burgau en « arlequine ». 600 liv.

4747. Corbeille de la seconde Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, fille d'Auguste, roi de Pologne. La fourniture d'Hégerr s’élève à 42,467 liv., nous y remarquons : Une boîte d'or enrichie d'une branche d’aubépine à feuilles émaillées et fleurs de brillants. 2,520 liv.; d’autres émaillées d’épis de blé. 1,248 liv.; d'épis de blé de Turquie. 1,512 liv.; de pensées. 1,008 liv.; de cerises. 1.720 liv. — Une boîte de laque ancien, garnie d’or. 600 liv. — Livré par LAFRENAYE, une boîte d’or, émaillée., 4,800 Liv. ; deux autres de laque. 1,900 liv. — Une autre, d’or et caillou d'Égypte, à deux tabacs. 552 Liv. — Livré par GirosT, une boîte d’or doublée fond de burgau et cornaline. 1,080 liv.; une autre colorée, avec des fleurs d’or. 720 liv. — Livré par FoxoLze, une boîte piquée d’or. 720 liv. — Une autre d’or, gravée. 790 liv.— Une autre, émaillée. 4,080 liv.— Devos, « orphèvre », pour deux boîtes d’or. 1,924 liv. — DEBÈCHE, « marchand », pour une tabatière chinoise émaillée. 2,200 liv. — L'EvÊQUE, pour deux boîtes d’or. 2,400 liv.

1747 (?) Livré par HERBAULT, à Mesdames, filles de Louis XV, savoir, Me Première : Une tabatière d’or, carrée, émaillée d’oiseaux et de fruits des Indes, en relief. 2,400 liv. — Une autre, émaillée de deux bouquets de fleurs en relief,sur un fond d’or poli. 2,000 liv. Deux tabatières d'or, émaillées de relief, avec cornalines et autres pierres figurant des fleurs et des fruits. 4,000 liv. Une tabatière d'or de relief, représentant, dessus, le Paon et la Pie et, dessous, le Repas de la Cigogne et du Renard. 1,800 liv.; une autre figurant, dessus, le Tigre et le Renard et, dessous, le

Chien qui perd sa proie ; avec différents oiseaux. 2,600 liv. — Mae Adélaïde : Deux tabatières d’or émaillées de fleurs, avec cornalines. 4,200 liv.; une autre émaillée d’un melon et de différentes fleurs et instruments de jardinage. 1,500 liv. ; une autre « émaillée en pesches ». 2,100 liv.; une autre, aussi d'or, carrée, montée en cage, émaillée de fleurs de relief, sur un fond vert, avec les Amusements du Pont-Neuf, en or mat. 2,400 liv. Une boîte de chasse, à deux tabacs, à gorge d’or, guillochée, vernie par Martin. 312 Liv. — (Arch. nat. 012985.)

1749. Quel évènement se passe-t-il donc à la cour de France, en 1749? On y a rarement fait pareille distribution de bijoux à tant de personnes de qualité, et, par une bizarrerie que nous ne retrouverons plus, les hommes sont à peu près exclus de ces libéralités. HÉBERT réclame à lui seul 58,019 liv. pour 38 tabatières d’or. Klles sont enrichies de roses et de rubis, émaillées d'œillets, d’anémones, de jacinthes, de tulipes, d'oiseaux, etc., avec des cartouches d'émaux peints en camaïeu. Le mémoire comprend «une tabatière d’écaille piquée de Devert, pour femme, à cage, doublée d’or, émaillée de vert. 1,200 liv. » Livré par ALLAIN : Une boîte pour homme, à cage, gravée à plaques fond d'or avec bouquets en fleurs de Magellan et fruits de vermeil. 4,540 liv. — Une boîte d'or, pleine, émaillée à figures chinoises. 4,500 Liv. — Fourniture de VALAYER, bijoutier aux Gobelins : Une boîte incrustée à fond d’or, représentant la Paix. 2,600 liv. — Une boîte d’or, émaillée, à deuxtabacs. 1,320 liv. —Une autre, incrustée, à fond de Burgau. 1,080 liv. — Citons les destinataires de ces riches bijoux. C’est d’abord la Reine Marie Leczinska, puis Madame Infante, la Dauphine, Madame Adélaïde, Madame Victoire, Madame Louise, Madame Sophie, le Dauphin. Les dames de la cour sont Mmes de Beauvilliers, de Belzunce, de Boufflers, les D“ de Brancas, de Brissac, de Richelieu, M‘ de Castres, de Civrac, de Charleval, de Duras, d'Estrades, de Gouy, de l'Hôpital, de Ledde, de Maillebois, de la Rivière, de Rouillé, etc.

Ai mars 1750. Livré, par ALLAIN, une boîte d'or, pour homme, émaillée à fleurs de jacinthes chinoises. 4,600 liv.

1751. Livré, par LEBRUN, une boîte d'or, émaillée, offrant les quatre Saisons en jeux d'enfants, pour Mme Louise. 2,600 liv.— Une autre, à sujet de Teniers, pour la même. 2,200 liv. — Une autre, à deux tabacs, émaillées de fleurs, avec portrait. 2,300 liv. — De chez Ducrorray, bijoutier, place Dauphine, une boîte d'or, émaillée par Aubert, à fleurs de relief, fond mat à mosaïque et bordure d’or polie. 2,184 liv. — Une autre, à fleurs émaillées de relief, 2,484 liv. — De chez Ravecuer, une boîte pour Mer.

560 liv. — Une boîte d'or, émaillée en relief, 4,680 liv. — Pour le Roi, une boîte d'or émaillée, ornée de figures. 4,700 liv. ; une autre, avec un dessin d'architecture. 4,600 liv.

4753. Nous remarquons sur la facture de LA HOGUETTE : une boîte d’or, émaillée à fleurs peintes par Aubert, pour l’abbé de Lascarie. 4,272 liv. — Trois autres pour la Male de Maillebois, le Mal de Grammont et le Mis Duchastel. — Une boîte d'or émaillée, pour l'abbé de Caulaincourt. 1,440 liv. Ces diverses tabatières sont au portrait de Madame Infante, et distribuées par elle-même. — Une boîte d'or, gravée et ciselée, avec le portrait du Roi, « pour M. Jéliotte ». 4,200 liv.

4755. GEORGE, orfèvre-bijoutier. Pour une « tabatière d'or, émaillée à fond de tableau. » 2,200 liv.

1756. SAGERET. Une grande boîte pour homme, carrée, émaillée à fleurs, peinte en tableau dans des cartels. 2,400 liv, — BALMoNT. Diverses tabatières, dont une émaillée à tableau. 5,489 liv. — DE LA FRENAYE. Une boîte émaillée pour homme, à rose et jacinthe. 4,800 liv.

1757. SAGERET. Une grande boîte, émaillée, à sujets de figures, peinte en tableau. 2,400 liv. — Une boîte « pour femme, émaillée à fleurs, peinte en tableau. » 1,800 liv.

4758. HerBauLr. Une grande boîte d’or, de forme carrée, à motifs d'architecture en or de couleur. 3,300 Liv. — SPROTE. Boîte de dame, émaillée, fond de tableaux et miniatures de Teniers. 4,800 liv.

4760. ÉLéoNoRE pe LA FRENAYE, marchand bijoutier, au Palais- Royal, À la Croix-d'Or. Deux tabatières, dont une d’or, ovale et guillochée, 1,208 Liv. — SAGERET. Deux boîtes d’or, à fleurs, en or de couleur, « qui ont été données au sieur Potensa et à la dame Mingoty ».

4762. GARAND, marchand orfèvre, Pont-N.-D. Sa fourniture est de 45,514 liv. Une grande boîte d'or ovale, « qui était pour Me Christine », avec cinq médaillons en or gris ciselés, représentant les quatre Saisons et un autre sujet en dessous. Dessus, le portrait du Dauphin, entouré de 31 brillants. 14,650 liv. — Une boîte carrée de laque, gravée à la grecque et doublée d’or, avec un cercle de 36 brillants. 1,080 liv. — Une autre de vernis noir, garnie à la grecque, très ornée et doublée d'or, avec les portraits du Roi et du Dauphin, soutenus par des guirlandes enrichies de 70 brillants. 4,200 liv. — Une boîte ronde de vernis noir, garnie à la grecque, avec des guirlandes et doublée d'or; dessus, le portrait du Dauphin, entouré de 31 brillants. 4,080 liv. À tous les prix marqués jusqu'ici, il faut ajouter celui du por-

trait qui, en général, est réglé à 240 liv. Le portrait en émail se paie le double. 480 liv. — Gette même année, Garand présente un nouveau mémoire, soldé à 12,714 liv., pour huit tabatières, dont voici la plus belle : une boîte carrée, avec les portraits dessus et dessous de Mesdames Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise. Sur les bâtes, ceux du duc de Berry, du comte de Provence, du comte d'Artois et de Madame, le tout en émail, monté en cage et doublé d’or; toutes les bordures des portraits composées de 2,000 brillants, pesant 33 karats. Pour la façon, l'or et les portraits. 6,800 liv. Le prix des diamants est en sus.

1763. SAGERET, Une boîte ovale, avec portraits dessus et dessous, et entourage de cristal de roche, pour le duc de Fronsac. 720 liv.— Une autre, en cage, avec portrait du Roi à l'intérieur, pour Mie Clairon. 340 liv. — Une boîte ronde, doublée d’or, à deux portraits (dessus et dessous), entourée de cercles d’or et de cristaux de roche. 620 liv. — Une grande boîte ovale, avec des médaillons à sujets de figures représentant les Arts, et sur laquelle on a mis le portrait du Roi, entouré d’un ovale à l’antique, orné de fleurs en or de couleur. 1,700 liv. — Une autre, en or de couleur, avec le portrait du Roi émaillé et son chiffre en dessous. 4,609 liv. — Une grande boîte ovale à fleurs, en or de couleur, dans le goût à la grecque, avec le portrait de Madame, entouré de diamants. 1,250 liv. (Arch. nat., 03006 et 013007.)

1764. Roucez, orfèvre du Roi, quai de l’Horloge. Une boîte d'homme, ovale, en cage, doublée d'or, avec plaques à miniatures sous cristaux de roche. 1,000 liv. — (iaraxn. Une grande boîte ronde, d'écaille rouge, garnie à la grecque, les galons en bâtons, rompue, repercée à jour et doublée d'or. 650 liv, — SAGERET, Une grande boîte en laque rouge, doublée et garnie d'or à la grecque, avec un portrait du Dauphin, entouré d'un cerele riche. 900 liv. — Une grande boîte d’or à sujets de figures, très riche, ornée d’un portrait du Roi, en émail. 1,800 liv. — (01 30114.)

1765. SAGERET. Une grande tabatière gravée à sujets, en or de couleur. 1,500 liv. Une boîte d’or, à jeux d'enfants et bordure émaillée. 1,200 liv. — Une autre, ovale, émaillée, à sujets peints, avec le portrait du Dauphin, à l'intérieur. 1,200 liv. — Une boîte ovale à sujets de figures dans des médaillons à l'antique. 1,500 Liv. — Une grande boîte, ovale, émaillée, avec des guirlandes et bordure en relief, surmontée d’un portrait en émail du Roi. 2,400 Liv. — (Arch. nat., 0! 3013.)

1766. TrroN DE NANTEUIL, orfèvre-bijoutier du Roi, place Dau-

phine. Grande tabatière ovale, à cage, en or ciselé avec huit miniatures de Baudouin et le chiffre du Roi, sertie de 1,280 roses et brillants. 16,742 liv, (sans les miniatures). — SAGERET. Une grande boite ovale, à trophée, avec portrait. 1,320 liv. — Une autre, en baignoire, à sujets de figures en or de couleur. 4,000 liv. — Une boîte de chasse, carrée, à pans et trophées d'or de couleur. 950 liv.

1767. SAGERET. Une grande boîte carrée, montée en cage, à pans, doublée d'or et de plaques d'ivoire, enrichie de bas-reliefs en or ciselé à sujets de figures, avec un portrait de feu Mgr le

Dauphin sur le couvercle. 1,300 Liv. — Une grande boîte pour homme, émaillée en bleu avec médaillon en émail, à sujet de figures sur le couvercle. 1,500 liv. — Une très grande boîte

carrée, émaillée en plein, à sujets de figures, peinte en tableau, avec le portrait du Roï. 2,600 liv. — Pour avoir remis des fonds d'or, émaillés en vert à la boîte de M. le V'° de Choiseuil, 690 liv. — (Arch. nat., 013016 et 0! 3018).

1768. RouceL. Une boite carrée à huit pans, ciselée, doublée d'or, bordures à feuillages et plaques d’or émaillées en vert transparent sur guilloché : portraits du Roi et du Dauphin entourés de diamants. 1,706 liv. — SAGERET. Grande boîte carrée à pans, émaillée à fond vert, bordure en cailloux avec le portrait du Dauphin en dessus et celui des princes à l’intérieur. 1,600 liv.

1770. Corbeille de la Dauphine Marie-Antoinette. GarLArD. Une boite d'or de Paris, ovale à trophées et canaux d'acier, avec médaillons dessus et dessous et trophée d’or en bas-relief, pour l'évêque de Limoges. 1.700 liv. — Une boîte à tableau peint en miniature, avec cristaux de roche, montée à cage, en or de couleur. 1,272 liv. — Une boîte à huit pans, en or de couleur, à fond d'émail bleu et médaillons en bas-relief, pour la V** de Choiseul, 4.400 liv. — Une autre, carrée, à bandes d’or, émaillée, peinte à guirlandes de fleurs, pour l'évêque de Chartres. 4.600 Liv. — Une boîte à huit pans avec trophées et diamants de divers couleurs, pour la Ds$e de Villars. 2,600 liv. — Une autre, carrée à huit pans, à fond d'émail bleu transparent et tableau d'émail, pour la D‘* de Pecquigny. 1,400 liv. — Gaillard fournit aussi la boîte réservée à la Dauphine et nous donne le détail des prix de ce riche bijou. La boîte, en or, à huit pans et à fond d'émail bleu turquoise, et garnie de diamants estimés seuls, 45,855 liv.; les 160 roses du chiffre et les 28 de la guirlande. 714 liv.; l'or. 598 liv. ; la façon. 1,500 Liv. ; la gravure avec l’émail. 4,000 liv. ; la façon de la monture des diamants. 4,843 liv. ; l'étui.

36 liv. Le tout est réglé à 20,746 liv. — Drais, bijoutier, place Dauphine, réclame 6,000 liv. pour deux tabatières d’un beau travail, La première est d’or, à huit pans, les cartels du milieu en bas relief à figures, d’après Boucher la bordure à feuilles d'achanthe, avec rosettes et guirlandes détachées sur un fond d'émail bleu. La seconde boîte est aussi à huit pans, les milieux ciselés d'après l'antique par Debèche; les panneaux en magellan, les bordures à feuille de lierre, la monture à guirlande et les cartouches de la bâte à figure. Ce dernier bijou est pourle Gte de St-Florentin. Drais, sur son mémoire, fait remarquer au duc d'Aumont combien ces pièces sont soignées ; elles n'en sont pas moins réduites à 2,400 liv. chacune. — DE FRANLIEU. Une boite ovale d'or, avec médaillons dessus et dessous, en camaïeu, entourés de petits sujets représentant des poissons et des vases. 1,500 liv. — Roucez. Une boite de laque noire, montée à cage à pans coupés. 1,300 liv.— Sagerer livre diverses boîtes de chasse, à trophées.

1771. Corbeille de la Comtesse de Provence. SAGERET présente un mémoire de 62,476 liv. pour un breloquet, des montres, des étuis, des flacons, des porte-crayons et trente-sept tabatières. Citons-en quelques-unes. Une grande boite à pans, montée en cage émaillée en gris; bordure ciselée à guirlandes de fleurs, avec des médaillons peints en bas-reliefs, imitant le bronze sur fond lapis. 2,200 liv. — Une autre, de même forme, émaillée sur or, imitant le caillou, avec médaillons d'or ciselés à sujets d’enfants. 2,030 liv. — Une grande boîte ovale, émaillée aurore, montée en cage; bordure verte avec médaillon peint à figure. 2,000 liv. — Une très grande boite carrée, montée à cage et peinte en miniature par PBlarenberghe. 2,000 liv. — GaïLLarn. Une boîte d’or à huit pans et à tableaux d'émail, pour Mwe de Caumont. 1,350 livy. — Une boîte en or de couleur, à fond de tableau peint, pour M. de Muy. 1,430 liv.

. 4773. Corbeille de la CSSe d'Artois. AuBEerT, en fournit la majeure partie. Ses deux factures sont réglées à 124,565 liv. et comprennent une trentaine de tabatières émaillées en bleu, en gris, en rouge à fond d’aventurine, de jaspe sanguin, en or de couleur, en écaille piquée, à médaillons d'or en relief, en laque, en laque et camaïeu, à tableaux de Boucher, de Téniers, etc. Quant à la tabatière de la Cs$e d'Artois, c'est une superbe boîte d'or, enrichie de brillants, de rubis et d’émeraudes. Voici les chiffres d'Aubert : 689 brillants dans le corps de Ia boîte. 44,911 Liv. ; 114 brillants pour le chiffre. 336 liv. ; 244 émeraudes. 4,977 liv.; 116 rubis. 48 Liv. Façon. 2,000 Liv. Total 19,642 liv.

4774. Drais et SAGERET livrent des boîtes émaillées en bleu, en gris, en aurore avec des peintures en tableaux ou des bas-reliefs ciselés en or de couleur.

1775. C'est l’année du mariage de Mme Clotilde de France avec le prince de Piémont. Les quelques boîtes dont nous allons parler ont été certainement données à cette occasion. — SAGERET. ‘Une grande boîte, avec plaques de jaspe sanguin. 720 liv. — Une autre, rouge, avec des bordures et un cercle très riche autour d'un portrait du Roi. 1236 liv. — Drais. Une boîte émaillée en vert, à cartels peints en bas-relief. 2,000 liv. — Une boîte émaillée à cartels émaillés, à paysages. 1,440 liv. — Une autre, aussi en vert, avec plaque d’émail à figures, dessus. 4,200 liv.

4776. Drais. Une boite d'homme à panneaux d’émail bleu, à cartels et figures avec cercle et rosettes en brillants. 7,200 liv. SAGERET. Une tabatière à pans, émaillée en citron, bordure et pilastres en feuillages verts, avec le portrait du Roi entouré d’un cercle riche. 4,800 liv. — Une autre, émaillée en gris, à bordure et pilastres riches, en or de couleur, et, au-dessus, le portrait de Louis XVI. 1,400.

1777. GALLANTY, bijoutier à Versailles. Une grande boîte carrée à huit pans, émaillée en gris, avec tableau émaillé en couleur, à figures. 1,560.

1778. Drais. Une boite d'or émaillée en gris, à bordures et cadre émaillés à feuilles. 1,500 liv. — SacereT. Boîte ovale émaillée en gris de lin, bordure à feuillages avec un médaillon peint en émail à sujet de figures sur Le dessus. 1,080 liv. Présent au sieur Gardel « pour ses ballets figurés ». --— MaïLLARD. Tabatière d'or émaillée en bleu. 720 liv. pour la Die Faudi, cantatrice italienne.

4782. MaiLrARD, joaillier, remet aux Menus-Plaisirs une tabatière d’or de 5,500 liv.; elle est émaillée et garnie de 24 brillants, avec « les portraits du Roi et de l'Impératrice ». Nous pensons qu’il s’agit de la grande Catherine. Le Comte du Nord, le futur Paul I, fait son voyage en France, et cette tabatière nous parait lui avoir été offerte par Louis XVI. — Drais demande 2,280 liv. pour deux boîtes, dont une émaillée en rouge, chinée, et l'autre émaillée prunes de Monsieur, avec une peinture en bas-relief, entourée de perles.

1786. Le voyage du Roi à Cherbourg fournit à Louis XVI une nouvelle occasion d'offrir des tabatières. OuIzILLe exécute une boîte d’or, émaillée, avec une bordure en perles fines pour recevoir le portrait de S. M. (1,500 liv.). — PgrTityxan livre quatre . tabatières : Deux boîtes d’or, rondes, émaillées en plume de paon,

avec le portrait de $. M. dessus. 1,300 et 1,400 liv. Une boîte, émaillée en bleu avec le portrait du Roi, entouré d’un cercle de brillants. 6,000 liv, — Une autre, aussi émaillée en bleu plume de paon, enrichie de brillants. 3,600 liv.

4788. PETITIEAN. Une boite d’or émaillée. 4,200 liv. — Nous voyons que cette pièce est remise au médecin chargé de l’inoculation du duc de Normandie.

Faute de documents, nous arrètons cette longue et aride nomenclature; elle a du moins ce mérite de renseigner d’une façon précise sur le décor des boites de luxe, au XVIIT siècle.

Les boîtes à portrait, qu'il ne faut pas confondre avec les tabatières, sont plates, rondes, ovales ou rectangulaires et renferment un portrait à l’intérieur. Ellés étaient fort à la mode aux XVIL et XVIIe siècles. Il s’en fit en or de splendides, serties de diamants, puis en écaille, en ivoire, en laque. Du temps de Louis XIV, Naples était réputée pour ses boites à portrait en ivoire, décorées de dessins en piqué d'or. Pitan, joaillier du Roi, en 4762, point de départ des Æegistres des présents du Roi, dut être le premier qui fit pour Louis XIV ces luxueuses boîtes chargées de brillants, semés autour du royal portrait et sur le couvercle. En 1676, à la mort de Pitan, Pierre le Tessier de Montarsy lui succéda comme joaillier de la Couronne; jusqu'en 1714, cet habile artiste resta chargé de la fourniture des « parures du Roi », des joyaux destinés en présents et des boîtes à portrait offertes par S. M. aux divers membres du corps diplomatique.

Le 10 octobre 1694, Phélypeaux écrivait à Montarsy : « Je m'adresse à vous, ne sachant pas si M. du Metz est à Paris, pour vous dire de m'envoyer le plustôt qu'il se pourra, une boëtte à portrait de huit cents ou mille écus. Il faut que le portrait du Roy soit d’'émail en relief, de la facon du Suédois, en cas que vous en ayez un prêt.» Jal se demande, en reproduisant cette lettre, quel peut être ce peintre suédois et ne trouve pas de solution. M. Ed. Fournier, qui soulève ailleurs cette question, se hasarde à dire : « C’est sans aucun doute Kleintgel, ou Kleingtet, qui était déjà célèbre à Paris, pour ses miniatures. » M. Fournier s’est trompé. Klingstet, peintre du Régent Philippe d'Orléans, a fait beaucoup de petits sujets érotiques, rarement des portraits et n’a jamais peint en émail.

Le Suédois en question, qui avait la spécialité des portraits émaillés en relief, c’est Frédéric Bruckmann; nous en trouvons la preuve aux Archives du Ministère des Affaires étrangères, dans le X/e Registre des présents du Roi. Nous lisons à la date du 30 mars 1695 : « Acheté par le Sr Montarsy, joaillier, douze portraits émaillés, en bas-relief, représentant S. M., par Frédéric Bruckmann, Suédois, à 60 liv., 720 liv. »

Louis XIV n’aimait pas le tabac, aussi n'a-t-il jamais donné de tabatières, mais ce qu'il a distribué de boîtes à portrait est considérable. Chose digne de remarque, les artistes chargés de mul-

tiplier son image, pour être renfermée dans ces précieux bijoux, sont tous peintres en émail. Nous avons nommé Bruckmann, dont la spécialité est Le relief; ses confrères, durant ce long règne, se résument suivant les /egistres, à Perrault, Petitot, Chatillon et Ferrand. Ge n’est que vers 1715 et 1716, que nous voyons surgir les miniaturistes Bourdin, Duvigeon, Miles Brison, Château et de la Boissière.

Pour ne pas être pris au dépourvu, Montarsy devait alimenter sans cesse, le fonds des présents, sage mesure que sa grande fortune lui permettait de prendre. Au 4" janvier 1696, l’inventaire des bijoux non employés, restant au dépôt, mentionne quarante-deux boîtes à portrait, coùtant 314,250 iv. (XÆ Registre. M 410.)

M"° de Lafayette raconte dans ses Mémoires que le Ct de Guiche, amoureux de Madame Henriette d'Angleterre, portait son image dans une boîte d’or, attachée à son cou. Ce portrait, si cher au comte, lui sauva la vie. Étant à l'armée, une balle qui devait être mortelle, vint frapper sur la boîte et s'y amortir, après avoir percé ses vêtements.

Durant la première moitié du règne de Louis XV, Jean-Baptiste Massé fut un des miniaturistes les plus courus, pour alimenter les boîtes à portrait. Voltaire disait, en 1748, dans l’'£pitre au duc de Richelieu.

« Les traits du Richelieu coquet, De cette aimable créature, Se trouveront en mignature Dans mille boites à portrait, Où Massé mit votre figure. »

Dans un mémoire conservé aux Archives nationales, Le Brun réclame 2,600 liv. pour treize portraits de Louis XV, exécutés de 1757 à 1759. « Ces portraits ont été faits pour le service des présents étrangers et montés en boîtes, par Rondé. » (Dépenses des Menus... 0'3014.)A côté de Le Brun, le plus fécond des portraitistes, et après Massé, nous citerons Vincent, Penel, Louis, Charlier, Prevost, Cazaubon, Raphaël Bachi, Vincent de Montpetit, Mussonetles habiles peintres en émail Liotard, Rouquet, Durand et Bourgoing. Sous Louis XVE, les petits maîtres qui ont le plus répété le portrait du Roi sont Welper et Sicardi.

Lariche boîte à portrait sertie de diamants se donnait surtout aux ambassadeurs, diplomates, envoyés, chargés d'affaires. Jusqu'à la fin du règne de Louis XIV toutes les boites inscritessur les Xegistres des présents du Hoi, sont désignées sous le nom de boites à por-

trait ; le mot tabatière n’y figure pas une seule fois etnous avons lieu de croire que ces somptueux bijoux n'avaient pasalors d’autre usage que de renfermer le portrait du Roi. On connaît l’antipathie de Louis XIV pour le tabac. A partir du règne de Louis XV et pendant tout le XVIIe siècle, les mots {abatière et boîte à portrait sont employés concurremment sur les /egistres. L’usage du tabac s'étaitrépandu, même chezles femmeset les écoliers, et nous pensons qu'à cette époque les deux expressions tendent souvent à se confondre, c'est-à-dire que les boîtes à portrait furent assez profondes pour contenir la précieuse poudre. Ce quisemble confirmer notre opinion, c'est que diverses descriptions de ces boîtes nous montrent le portrait sur le couvercle; c'étaient donc bien alors des tabatières. D'ailleurs pendant longtemps les tabatières elles-mêmes reçurent intérieurement les miniatures.

L'usage de distribuer des tabatières et des boîtes à portrait remonte à la seconde moitié du XVIT° siècle, et pendant le XVIIT° il se répandit dans toutes les cours de l'Europe. C'est en France que ces riches bijoux furent exécutés avec le plus d'art et aussi avec le plus de profusion. A la suite de notre article sur l'orfèvrerie, nous avons cité particulièrement les personnages français, Courtisans et autres, qui avaient recu du Roi des présents de tabatières; nous ne nous occuperons ici que des personnages étrangers accrédités à la cour de France, ayant été l'objet des mêmes faveurs. Un fait digne de remarque est celui-ci : tandis que les plus belles tabatières, offertes aux seigneurs français, ne dépassent guère 2,400 livres, celles des diplomates atteignent facilement 15,000, 20,000 et 30,000 livres; quelques-unes s'élèvent bien au delà de ces chiffres. La différence de prix consiste dans le nombre et la grosseur des diamants. Quant au travail concernant les émaux, la ciselure et la peinture, il est le mème, étant l’œuvre des mêmes artistes, Il y avait donc dans ces magnifiques présents une intention secrète, celle d'offrir au besoin une ressource immédiate.

La situation d’ambassadeur à nécessité de tout temps de grandes dépenses, et nombre de tabatières, au sortir des mains royales, furent échangées contre des valeurs plus courantes. Comme on le verra plus loin, le Roi le comprenait ainsi en permettant à diverses reprises qu'on recüt en espèces l'équivalent d'une boite à portrait. D'autres fois le bijoutier reprenait, moyennant une lègère différence, la boite qu'il avait fournie.

Nos recherches au ministère des affaires étrangères, dans les Registres des présents du Roi, vont nous permettre de passer en revue les membres du corps diplomatique des États en rapport avèc la France, depuis 1668 jusqu’en 1786; ce résumé chronologique est extrait de 60 vol. in-f°, manuscrits, qui, avant nous, n'avaient pas encore été communiqués; malgré son aridité, ce n’en est pas moins un document historique important, et beaucoup de nobles familles éprouveront un vif intérêt, au souvenir des faveurs augustes reçues par leurs ancêtres. Quant à l'orthcgraphe des noms propres, nous savons qu'elle laisse à désirer, et nous répétons que nous en laissons aux #egislres toute la responsabilité.

PRÉSENTS DU ROI

42 novembre 1668. Donné au prince Dietrichstein, envoyé de l'Empereur d'Allemagne, une boîte à portrait, enrichie de diamants. 8,440 liv. — A la Mise d'Éril, dame d'honneur de l'Impératrice, une boîte à portrait. 8,300 liv.

7 avril 4672. À la DS d'Orléans, une boîte à portrait. 13,560 liv.

17 août. A lord Arlington, une boîte à portrait. 12,890 liv. — Le même jour, le duc de Buckingham reçoit une boîte à portrait, ornée de diamants, de 28,000 Liv. —

40 septembre. Au duc de Neubourg, une boîte à portrait. 17,304 liv.

30 octobre. Au Cte de Lagardie, envoyé du Roi de Suède, une boite de 9,718 liv.

8 décembre. À M. Griffon, envoyé du duc d’York, une boite de 5,221 liv. — Cette année, 1672, le Roi Louis XIV remet au duc de Monmouth, fils naturel de George If, de magnifiques présents, entre autres deux riches boîtes à portrait, en or, serties de diamants, dont l’une, de 15,392 liv., et l’autre, de 28,000 liv.

17 mai 1673. Au Ce de Sunderland, ambassadeur d'Angleterre, une boîte à portrait de 47,000 liv.

9 novembre. À milord Péterbourg, une boîte de 7,510 Liv. — A la Dsse d’York, une boîte de 33,000 liv.

29 décembre. À M. de Remesford, ministre de l'électeur de Saxe, une boîte de 5,390 liv. — Donné pendant la campagne du Roi, au prince de Montbéliard, une boîte à portrait de 4,800 liv.

24 mai 1674. Au Ce de Kœnigsmark, ambassadeur de Suède, une boîte de 40,294 liv. — Au S' Hohander, son secrétaire, une chaine d’or. 1,500 liv.

23 janvier 1678. Au Mi de St-Maurice, envoyé extraordinaire de Savoie, une boîte de 8,600 liv.

A7 septembre. À un seigneur anglais, une boîte à portrait de 14,738 liv.

15 novembre. À l'ambassadeur d'Angleterre, une boite de

23 mars 1679. Au Cte de Sunderland, ambassadeur d’Angleterre, une boîte à portrait de 14,183 liv.

22 inui. À M. Graffendal, envoyé extraordinaire de Suède, une boîte de 4,671 liv.

Juillet. À M. Tempel, ambassadeur d'Angleterre, à Nimègue, pour la paix, une boîte à portrait de 10,400 liv. — A M. Jonkins, autre ambassadeur, à Nimègue, une boîte de 8,101 liv. — Donné par $S. M., pendant sa campagne de Flandre, au Gte d’Oxford, envoyé du Roi d'Angleterre, une boite de 12,288 liv. —- Au colonel Churchill, envoyé du due d'York, une boîte de 6,900 Liv. — Churchill devait plus tard s'illustrer sous le nom de duc de Marlborough.

4680. À lord Duraz de Fuersham, envoyé @’Angleterre, une boîte de 7,346 liv.

7 décembre 1681. Au Mi de Gonzague, ancien ministre du duc de Mantoue, une boîte à portrait garnie de diamants. 12,380 liv.

14 janvier 1682. À M. Heng, ambassadeur extraordinaire de Danemark, une boîte à portrait de 10,416 liv.

3 décembre 1682. À une musicienne anglaise, une boîte à portrait. 3,096 liv.

17 septembre 1683. À lord Dumbarton, envoyé à l’occasion de la mort de la Reine, une boîte de 8,646 liv.

29 septembre. Au S' Bernstroff, envoyé de Danemark, pour présenter des compliments de condoléances sur la mort de la Reine, une boite à portrait de 4,628 liv.

30 novembre 1685. Au Ge Wielopolski, chancelier et ambassadeur du Roi de Pologne, une boite à portrait de 22,030 liv. — Au S' Tavanoski, son secrétaire, une chaîne d’or. 1,500 liv.

19 février 1687. Au M5 de Ferrero, ambassadeur de Savoie, une boîte de 16,880 liv.

30 avril 1689. A M. Lillerot, envoyé de Suède, une boîte à portrait de 4,669 iv.

4689. Au Mis des Essarts, député d'Avignon, une boîte de 33,311 liv.

28 novembre 1690. Montarsy fournit à S. M. une boîte à portrait enrichie de quarante-huit brillants et valant 21,218 liv., pour le Cte de Firconil, commandant l'armée du Roi d'Angleterre, en Irlande. Nous lisons dans le XZ Registre des présents du Roi, à la date du 31 décembre 1691 : « Reçu du Roi, une boëte à portrait de quarante-six diamants, valant 58,696 Liv. »

20 novembre 1696. Le mariage du duc de Bourgogne avec la princesse Adélaïde de Savoie, donne à Montarsy l’occasion de fournir ses délicieux bijoux. Nous n'avons à nous occuper ici que des boîtes à portrait.— Au Mis de Dronero qui a accompagné la princesse de Savoie, une boite, enrichie de cinquante diamants. 144,620 liv. — A M. de Vernon, maître des cérémonies de M, le duc de Savoie, une’ boite de 8,714 liv. — Au commandeur

de Pardaillan, une boîte de 5,991 liv. — A l’abbé Cuniano, aumônier du duc de Savoie, une boîte de 3,560 liv. — Au contrôleur général de Savoie, une boîte de 2,274 liv. — A l’exempt des gardes du corps, qui a accompagné la princesse en France, une boîte de 1,800 liv.

8 novembre 1697. Le Roi distribue de magnifiques boîtes à portrait aux personnages qui ont contribué ou participé à la paix de Ryswick, conclue avec la médiation de la Suède entre la France, l'Empire, l'Angleterre, l'Espagne et les Pays-Bas. A Mae Lillerot, femme de l'ambassadeur de Suède, médiateur de la paix, une boîte à portrait, ornée de soixante-dix-sept diamants. 36,315 liv. — Au C'° de Cili, en considération de ce qu'il apporte la nouvelle de la paix entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande, une boîte à portrait, sertie de quatorze diamants. 9,090 liv.

26 décembre. Au S' Le Pelletier des Forts, pour avoir apporté les articles de la paix entre l'Empire et la France, une boîte à portrait de 6,094 liv.

6 février 1698. La paix de Ryswick vaut au duc de S'-Albans, ambassadeur d'Angleterre, une boîte de 12,090 liv. ; mais la plus riche boîte à portrait, donnée en cette circonstance, est réservée à lord Portland, ambassadeur extraordinaire; elle est enrichie de soixante-cinq diamants et coûte 40,510 liv.

24 mai. Au duc d'Erizzo, ambassadeur de Venise, une boîte de 3,332 Liv. ; une autre de 4,466 liv. au G'* d'Estainville, envoyé de Lorraine.

15 juillet. Au Born de Schomborn, envoyé extraordinaire de l'électeur de Mayence, une boîte de 6,436 liv.

4 août. Au B°r de Schulembourg, ue du duc de Wolfenbuttel, une boîte de 4,218 liv.

14 septembre. Envoyé à Boulogne, au Mis de Sampierri, dont le fils doit être tenu par le Roi sur les fonts de baptême, une boîte à portrait de 4,540 liv.

3 octobre. Au C® de Connonge, envoyé du due de Lorraine, une boîte d'or, sertie de trente-sept diamants. 11,515 liv. — Au S' Baroy, autre envoyé, une boîte de 4,000 liv.

25 août 1701. Au C® de Sinsindorf, envoyé d'Allemagne, une boite de 4,860 liv.

4703. Au cardinal Ottobone, une boîte à portrait enrichie de diamants. 24,677 liv.

23 avril. Donné au Bot d'Oberstein, par le duc de Bourgogne,

pendant la campagne de l’année précédente, une boîte à portrait de 2,500 liv.

20 novembre. Au S' Fabre, fameux négociant de Marseille, en considération des échantillons d’étoffes de sa manufacture, qu'il a présentés au Roi et au duc de Bourgogne, une boîte à portrait de 1,216 liv.

1710. Au cardinal Pallavicini, une boîte à portrait de 10,870 liv.

96 décembre. Don Pedro Zunuga, lieutenant général des armées du Roi d'Espagne, apporte la nouvelle de la prise de Brihuega et de la victoire de Villa-Viciosa ; Louis XIV lui fait remettre son portrait dans une boîte d’or, sertie de diamants.

Janvier 1714. Le vieux Roi ayant accepté d'être parrain de l'Infant de Portugal, envoie divers présents, entre autres, une boîte à portrait de 5,050 liv. pour la gouvernante du jeune prince et se fait représenter par l’ambassadeur, l'abbé de Mornay.

30 mai 1715. Le Roi est parrain de l’Infant d'Espagne et donne à la gouvernante une boîte à portrait de 7,568 Liv.

1715. À M. Buys, ambassadeur de Hollande, une boîte à portrait décorée de vingt-deux brillants. 14,839 liv.

9 mars 1717. Au Bon de Sport, ambassadeur de Suède, une boîte à portrait, enrichie de diamants et renfermant Le portrait du Roi, peint en émail, par Chatillon. 13,756 liv.

3 février A719. Les présents ont parfois une destination secrète. Une riche boîte à portrait, ornée de cinquante-trois brillants, estimée 31,039 liv. est remise à l'abbé Dubois, par ordre du Régent « pour donner à M. L. C. A., comme il est dit au Journal du dit jour, f° 48, art. 7.»

19 juillet. À M. de. Kænigseck, ambassadeur d'Allemagne, une boîte d’or, sertie de quarante-neuf brillants et renfermant le portrait du Roi, peint en émail, par Chatillon.

10 février 1720. À. M. Salvatico, envoyé de Modène, à l’occasion du mariage de Mademoiselle de Valois, fille du Régent, une boite à portrait ornée de diamants. 21,480 liv.

29 mars. Voici une boîte dont le prix incroyable dépasse, en fait de prodigalités, tout ce que nous avons vu jusqu'ici, elle renferme le portrait du Roi, peint par Massé, et présente quarantedeux brillants et quinze diamants roses. Elle coûte 129,852 livres et la note mentionne : « pour donner à M. le MF Scotti, envoyé de Parme. » Quel service a pu rendre le marquis pour mériter un pareil présent? A t-il contribué au mariage de Mademoiselle de Valois? Quoi qu'il en soit, saluez cette boite, Messieurs les curieux, vous n'en reverrez pas de pareille ; c’est la plus splendide de toutes les magnifiques boites à portrait, dont nous trouvions

la description dans les Aegistres des présents du Roi (N° 416).

6 avril 1720. Encore une boîte hors ligne ; on y admire le portrait du Roi, peint par Massé, et cinquante-trois brillants. Elle est donnée à lord Stair, ambassadeur de George 1° d’Angleterre, et vaut 49,805 Liv.

4721. Au Cte de Bielke, envoyé extraordinaire de Suède, une boîte de 3,824 liv.— Une autre sertie de diamants, avec le portrait du Roi, par Massé, à l'ambassadeur de Portugal, 12,415 liv. — Lors de l'union projetée entre le jeune Roi Louis XV et la Psse Marie-Anne Victoire, Infante d'Espagne, les présents furent distribués comme si le mariage dût être immédiatement célébré; la Dsse de Montellano, chargée de la conduite, reçut une boîte à portrait, enrichie de diamants, estimée 35,225 liv.

Février 1726. À M. Hope, ambassadeur de Hollande, une tabatière de chez Gouers, 7,270 liv. — Au B°1 de Stradion, envoyé extraordinaire de l’électeur de Mayence, une boite enrichie de cent trente-quatre brillants. 6,290 liv.

28 mai. Au B°1 de Planta, envoyé extraordinaire du landgrave de Hesse-Darmstadt, venu complimenter le Roïisur son mariage, une boite ornée de soixante-seize brillants. 6,215 liv.

Octobre. Donné par la Reine Marie Leczinska, au Cte de Clermont, une tabatière d’or, à contours, de chez Jacob, avec le portrait de la Reine, par Massé. 1,130 Liv. — A M. Morizini, ambassadeur de Venise, une boite de chez Rondé. 11,649 liv. —

Remis par la Reine à la DS$e de Sully, une boîte d’or, de couleur, de chez Gouers. 4,350 liv. — Une autre de même genre, à M. le Duc. 2,200 liv.

27 novembre. Donné par la Reine, à la DS$e d’Antin, une tabatière d’or, à plaques d'écaille, enrichie de diamants et des portraits de LL. MM. 1,800 liv. — Fourniture de Dufour.

A1 février 1727. À M. Lefort, résident de Gênes, une tabatière, enrichie de petits brillants, de chez Gouers. 2,106 liv.

Avril. Donné par la Reine, à Mme de Buzeval, un petit panier à ouvrage, une boîte d’or et un équipage de tablier. 1,680 liv.— Au contrôleur général, une tabatière d'or avec le portrait de la Reine. 2,400 liv. — A la DS de Ventadour, une petite boîte à deux tabacs. 650 liv. — Les trois pièces de chez Gouers.

13 août. À M. Fesch, agent du duc de Wurtemberg, une tabatière d’or, à plaques d'écaille, piquée, garnie de brillants et de rubis, de chez Gouers. 2,170 liv.

Septembre. Pour donner à la succession de feu M. de Martine, envoyé extraordinaire du landgrave de Hesse-Cassel, une boîte à portrait de quatre-vingt-quatre diamants. 4,300 liv,

95 août 1729. À M. de Wirech, premier écuyer du Roi de Danemark, une boîte d’or, enrichie de diamants, 2,714 liv.

Novembre. Au Cte d'Hunolstein, envoyé extraordinaire de Lorraine, à l’occasion de la naissance du Dauphin, une tabatière avec le portrait du Roï, par Ducanel. 5,400 liv. — A M. de Canale, ambassadeur de Venise, une boite garnie de trente roses et de trente brillants, avec le portrait du Roi, par Ducanel. 12,075 liv. — La miniature est payée 150 liv.

Décembre. Au Gte de Gadagne, une tabatitre, offrant le portrait du Roi, par Ducanel. 2,755 liv. — Au S'..., graveur suédois, une tabatière d’or, gravée. 800 liv. — Toutes ces boîtes, de chez Gouers.

Août 1730. À M. Franken, envoyé Palatin, une tabatière d’or de chez Gouers, le portrait du Roi, par Ducanel. 3,678 liv. — A M. Walpole, ambassadeur d'Angleterre, une boite à portrait, enrichie de brillants, fournie par Rondé. 13,021 liv.

29 janvier 1731. À M. Malaquis, bibliothécaire du Pape, une tabatière d’or de chez Gouers, le portrait de $. M. par Ducanel.

45 juillet. A l'abbé Lanti, nonce extraordinaire, qui a apporté de la part du Pape les langes bénits pour le Dauphin, une tabatière d’or, enrichie de diamants, avec Le portrait de Louis XV, par Ducanel. 16,454 liv. — Poincon de Gouers.

10 octobre. A l'ambassadeur de Sardaigne, une boîte à portrait, ornée de brillants; le portrait peint par Ducanel, et la boite fournie par Gouers. 71,907 liv.

22 mnars 1732. À M. Kinsky, ambassadeur de l'Empereur, une boîte d’or, sertie de diamants, de chez Gouers; Le portrait du Roi par Ducanel. 17,120 liv.

9 juin. À M. de Sales, « chef de la maison aux Grisons », une boite, faite par Gouers, avec le portrait du Roi par Massé. 4,820 liv.

15 octobre. À l’envoyé de Gênes, une tabatière des mêmes maitres. 6,549 liv.

27 avril 1733. Au Cte Potocki, venu à la cour de France notifier la mort du Roi de Pologne, une tabatière de chez Gouers, enrichie de diamants et des portraits du Roï et de la Reine, peints par Massé (payés 400 liv. les deux). 10,680 liv. — A un gentilhomme polonais, porteur d’un paquet pour la Reine, une tabatière d'or. 930 liv. — Poinçon de Gouers.

20 mar. A l'ambassadeur de Venise, une boîte à portrait peint par Massé. 12,527 Liv. — Poincon de Gouers.

5 juin. Au C'e de Galemberg, envoyé extraordinaire de Suède,

une boîte des mêmes maîtres, garnie de brillants. 6,955 liv.

26 janvier 1734. À M. Lesno, secrétaire de l'ambassade de Danemark, une boîte, de Gouers et Massé. 4,200 liv.

30 juillet 1735. À M. Moncenigo, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait, de chez Gouers, garnie de diamants roses et brillants. 11,845 liv.

8 janvier 1736. Donné à l'ambassadeur de Venise, une boîte à portrait, sertie debrillants, en considération de ce que leRoï atenu son fils sur les fonts de baptème. 10,980 Liv. — (Présents du Roi. N° 417.)

4 février 1737. À l'abbé Lascaris, une tabatière d’or, de chez Rondé, renfermant les portraits du Roi et de la Reine, ainsi que leur chiffre en brillants, revenant à 3,693 liv., non compris les diamants.

Mars 1738. Au Mis de Stainville, ci-devant envoyé extraordinaire de Lorraine, une boîte ornée de soixante-dix-neuf brillants. 6,451 liv.

1739. Au Mis de Drignole, envoyé extraordinaire de Gênes, une tabatière de deux cent six brillants. 6,055 liv. — Au Cte de Terring, ministre de Bavière, une boîte avec diamants et portrait du Roi. 2,970 liv. — A l’ambassadeur de Venise, une boîte à portrait de cent trente-quatre brillants. 12,990 liv.— Au Cte de Schulembourg, envoyé extraordinaire de Danemark, une boîte de cent cinquante-six brillants. 6,138 liv. — Une autre de cent quatre-vingt-quatorze diamants, au Mis de la Mina, ambassadeur d'Espagne.

49 février 1740. À M. de la Torella, ambassadeur du Roi des Deux-Siciles, une boîte composée de cent soixante-six brillants, 14,883 liv.

27 mars. Au Mis de Schvurling, une boîte de cent quarantequatre diamants. 8,000 liv.

8 septembre. À M. de Lichtenstein, ambassadeur de l’'Empereur, une boîte, sertie de cent cinquante-cinq diamants, avec le portrait du Roi, par Massé. 46,295 liv.— Fournitures de Rondé.

4741. Au Cte de Gaudek, chambellan et ambassadeur de la Reine de Hongrie, une tabatière d'or, ciselée, décorée dessus de cent vingt-six brillants, et à l’intérieur du portrait du Roi, par Massé. 5,010 liv. — A l'abbé Franchini, envoyé du Grand-Due, une tabatière de 5,996 Liv. — Aux héritiers de milord Waldegrave, une boîte à portrait, composée de cent soixante et un brillants. 13,007 liv. — Une autre de cent soixante-deux brillants, au duc de Castro Pignano, ambassadeur du Roi des Deux- Siciles. 44,959 liv.

Février 1742. À M. de Wasner, ministre de la Reine de Hongrie, une boîte à portrait peint par Le Brun, composée de cent cinquante-neuf diamants. 6,001 liv. — Une autre de cent quarante-six diamants, au B° de Flemming, ministre plénipotentiaire de Suède. 5,024 liv. — Une tabatière à portrait du Roi, par Massé, et quarante-et-un brillants, au B° de Kersembrock, grand prévôt du chapitre d'Osnabruck. 2,933 liv.

Mars. À MM. Sibenins et Shafsberg, ministres de l'électeur Palatin, des tabatières, avec le portrait du Roi, peint par Massé. 1,807 Liv. et 1,813 Liv. — Une autre, sertie de cent cinquante diamants, au Cte d'Oettingen, chambellan de l'Empereur. 6.016 liv.

Juin. Au Mis Lomettini, envoyé extraordinaire de Gênes ; à M. Rock, adjudant général du Roi de Prusse; au Mis de Peralda, chambellan de l'Infant don Philippe et au Cte de Tessin, des tabatières de cinq à six mille livres.

Octobre. À M. de Lezzé, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait, composée de cent soixante-dix-huit brillants. 42,984 liv. — Fournitures de Rondé. Portraits de Le Brun.

Janvier 1743. Au Cte d'Horion, envoyé de Liége; au Cte de Posiasque, ministre de l'Empereur, des tabatières de 4,638 liv. et de 6,005 liv.

Août et septembre. À la veuve du S' Drayr, chargé des Affaires du Roi de Pologne, une boîte de 3,024 liv. — A M. Van Hoey, ambassadeur de Hollande, une boîte, ornée de cent cinquantetrois diamants. 12,166 liv. — Une autre de deux cent six diamants, au duc de Holstein. 22,994 liv.

Décembre. Au commandeur de Solar, ambassadeur de Sardaigne, une boîte de cent soixante-huit brillants, 44,019 liv. — Une autre, au Bo de Wrindt, ministre de Danemark. 5,078 liv. — Fournitures de Rondé, portraits de Le Brun.

1744. Au Ct® de Montijo, ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Roi d'Espagne auprès de l'Empereur, une boîte à portrait, enrichie de cent soixante-dix brillants. 41,963 Liv. — À M. de Wassenaer, une boîte de cent soixantehuit brillants. 12,032 liv. — À M. de Mortaigne, une boîte de 3,300 Liv. — Au Cte d'Ekeblud, envoyé extraordinaire de Suède ; à M. Palaviccini, envoyé extraordinaire de Gênes; à M. de K@ælestadt, envoyé de l'électeur de Trèves, des boîtes de 6,000 liv.

8 octobre. Au Sr d'Escoville, officier prussien, porteur de la nouvelle de la prise de Prague, un présent de 6,000 liv. en espèces,

4745. Pour la succession de feu M. Cornaro, ambassadeur de Venise, une boîte de 11,986 liv.

Juin. À M. de Willieh, aide-de-camp du Roi de Prusse, Frédéric Il, une boîte à portrait de 5,504 liv. — Une autre de 5,883 liv., à M. d'Escoville, autre aide-de-camp du Roi de Prusse, qui a apporté le détail de sa dernière victoire.

Décembre. À M. Doria, envoyé de la République de Gênes, une tabatière de 6,089 liv. — Fournitures de Rondé; les portraits par Le Brun.

29 mars 1746. Au prince de Zollern, une boîte à portrait. 6,077 liv.

49 décembre. Le duc de Richelieu est chargé de remettre trois boîtes à portrait aux trois commissaires désignés pour signer le contrat de mariage du Dauphin Louis avec la princesse Marie- Josèphe de Saxe. 23,947 Liv.

Octobre 1747. À M. de Schwerin, grand écuyer du Roi de Prusse, une boite de 6,709 liv. — Une autre de 5,899 liv. à M. Durazzo, envoyé de Gênes.

4 novembre. Une autre de 6,009 liv. au Cte de Wied.

Décembre. Au B°r de Keller, ministre plénipotentiaire du duc de Wurtemberg, une boîte à portrait de 6,092 liv. — Une autre de 4,027 liv. au Mis d’Argens. (Rondé et Le Brun.)

1748. Rondé réclame 17,227 liv. pour trois boîles à portrait « lesquelles lui avaient été ordonnées pour servir dans les occasions pressées, qui ne permettent pas d'attendre. »

Janvier. Au Bt de Wiectendonck, une tabatière d’or, émaillée, sertie de quatre cent trois brillants. 6,825 liv. — Une autre de cent soixante-dix-huit brillants, au prince de Grimberghen, ci-devant ambassadeur de feu l'Empereur Charles VIT 42,000 liv.

Mai. Présent à M. Trou, ambassadeur de Venise, d’une boîte à portrait, sertie de cent soixante-dix-sept brillants. 12,503 liv.

1749. A M. Gross, ci-devant ministre plénipotentiaire de l’Impératrice de Russie, une boîte de 5,511 liv. — Une autre de 7,924 liv., au M5 Pallavicini, envoyé extraordinaire de Gênes. — Au duc d'Huescar, ambassadeur d'Espagne, une riche boîte à portrait, décorée de deux cent deux brillants. 16,483 liv. — Au Cte de Sussex et à lord Cathcart, venus en France en qualité d'otages d'Angleterre, deux tabatières d'or, émaillées, serties de brillants, le portrait du Roi à l’intérieur. 24,221 liv. — Aux héritiers de Don Louis d’Acunha, ambassadeur de Portugal, une boîte à portrait de 12,316 liv.

1751. À M. de Larrey, envoyé de Hollande, une boîte de

5,627 liv. — Une autre de 5.601 Liv. au S' Schroff, ministre de l'électeur Palatin.

Avril. Au Bon de Bernstorff, envoyé extraordinaire de Danemark, une boite de 8,939 liv.

Mai. Une autre de 4,655 liv. à l'abbé Zanoni, « qui avait été chargé d'une commission particulière de l'Infant, duc de Parme, »

Aoët. Aux héritiers du B°1 Le Chambrier, ministre de Prusse, une boite de 5,881 liv.

Septembre. Les héritiers du M° Pignatelli, ambassadeur d'Espagne, recoivent une boîte à portrait de 12,814 liv. — M. Morosini, ambassadeur de Venise, en reçoit une de 12,740 liv.

26 décembre. Au Mis de San Vital, envoyé de l’Infant, duc de Parme, une boîte de 8,387 liv.

1752. Aux S's de Montperni et d'Elrode, ministres de confiance du margrave de Bayreuth, deux tabatières garnies de diamants. 8,089 liv. — Une autre, de 2,224 liv., au S' Wasser Schleben, secrétaire de légation et chargé des Affaires de Danemark. — Au S' Fuessli, stadthalter de la ville de Zurich, qui a signé Ja capitulation du régiment du canton de Zurich, une boite de 2,102 liv. — Une autre, de 2,224 liv., au S' Frisen, bourgmestre de Zurich, qui a travaillé dans l'affaire du même régiment. Ces deux magistrats refusèrent les présents du Roi Louis XV, — Au Chier d'Aldecar, secrétaire de l'ambassade d'Espagne, allant occuper un poste considérable à Parme, une boîte de 5,100 liv. — Une autre de 12,173 liv., au Mis de St-Germain, ambassadeur de Sardaigne.

1753. Au Bon de Wreden, ministre de l'électeur Palatin, une boite à portrait. 6,095 liv. — Une autre de 12,184 liv., au Gte de Kaunitz, ambassadeur de l'Empereur. — Une autre de 12,126 liv., au Cte de Loos, ambassadeur de Pologne. — Une autre, de même genre, au nonce Branciforte. — Au $S' Maréchal, secrétaire du Cte de Kaunitz, une tabatière d'or, garnie de diamants et du portrait du Roi. 2,102 liv. (C'est la même qui avait été donnée au S' Fuessli, stadthalter de Zurich, et qui l’a refusée.) — Au S' Damon, qui a signé, au nom du Roi de Prusse, le traité de commerce conclu avec ce prince, une tabatière d'or, sertie de diamants. 2,224 Liv. (C’est la seconde des deux tabatières destinées aux deux bourgmestres de Zurich.) — A la G$se Sedlinska, qui a la confiance du cardinal de Bavière, évêque de Liége, une tabatière d’or, avec portrait et diamants. 5,100 liv.

1754. Au Bon d'Assebourg, ministre de l'électeur de Cologne, une boîte à portrait et diamants. 12,057 liv. — Une autre de 6,270 liv., à milerd Maréchal, ministre du Roi de Prusse, — Une

autre de 4,300 liv., au Mis Caraccioli, chargé des Affaires de Naples. — Aux deux députés de Hambourg, qui sont venus pour l'affaire de leur ville avec l'Espagne, deux tabatières d’or, avec portrait. 3,220 liv. — Une autre, de 1,455 liv., à l'abbé Durini, auditeur du nonce. — Une autre de 92,400 liv.,, à M. Aquaviva, ci-devant vice-légat d'Avignon.

1755. Envoyé de la part du Roi, aux héritiers du comte d’Albemarle, ambassadeur extraordinaire d'Angleterre, une boite à portrait de 45,129 liv.

21 avril. « S. M. ayant consenti à ce que le présent qu'elle aurait fait à feu M. le Cte de Bellegarde, envoyé extraordinaire du Roi de Pologne, d'une boîte à portrait de la valeur de 8,000 liv., fût converti en argent comptent, pour Mile de Bellegarde, sa fille, il a été expédié ce jour une ordonnance au porteur de 8,000 Liv. »

Mai. Au $S' de Reventtlon, ci-devant envoyé extraordinaire du Roi de Danemark, une boîte de 8,057 liv. — Une autre de 6,004 liv., au S' de Grevenbræk, ci-devant ministre de l'électeur de Bavière.

Août. À M. de Marcellis, ministre des États-Généraux, une boîte de 5,048 liv. — Aux héritiers du commandant de la Cerda, envoyé extraordinaire de Portugal, une boîte de chez Rondé, ornée du portrait du Roi, par Le Brun, et de deux cent trentecinq diamants. 7,198 liv.

Novembre. Une tabatière d'or, guillochée à étoiles. 966 liv. Présent de S. M., « pour une destination secrète. »

17 décembre. Au Chie Moncenigo, ambassadeur de Venise, une riche boîte à portrait. 12,207 liv.

16 mars 1756. À M. de la Cerda, ministre de Portugal, une boîte de 7,255 liv.

Octobre. Au Cte d’Affry, une tabatière d'or, guillochée, fournie par Ducrollay. 1,200 liv.

16 avril 1757. Au Ctt de Stahremberg, ministre plénipotentiaire de l'Empereur, une tabatière d’or, de chez Ducrollay, émaillée, gravée à fleurs, garnie de diamants, de rubis, d'émeraudes, et du portrait du Roi, peint en émail par Rouquet. 10,589 Liv, — Une autre, des mêmes maîtres, pour le grand général de Pologne. 12,465 liv. — A M. Balbi, député de Gênes, une boîte de 5,235 liv. — Une autre, gravée, ciselée, à figures chinoises, pour M. de Montaigu, député d'Avignon. 4,837 liv. — Au Cte de Vicedom, envoyé extraordinaire du Roi de Pologne, une boîte de 7,954 liv. — Au Bo de Bunge, secrétaire de légation du Roi de Suède, une boîte d'or émaillée à cartouches,

LES TABATIÈRES DIPLOMATIQUES. PRÉSENTS DU ROI. 175 avec le portrait de $. M., 2,700 liv. — A M. de Kingraff, secrétaire de la légation de Danemark, une tabatière d’or, ovale, à figures émaillées, 2,400 liv. — Au prince de Lobkovitz, qui a apporté la nouvelle et les détails de l’action dans laquelle les Autrichiens ont forcé les retranchements des Prussiens devant Breslau, une boite à portrait, de chez Ducrollay, la miniature peinte par Le Brun. 18,317 liv.

AA février 1758. Au prince de Ligne, une tabatière d’or, ovale, gravée, émaillée à cartouches de fleurs, garnie de diamants, émeraudes et rubis et du portrait du Roi. 10,949 liv. — Le prince recoit, en outre, un diamant ovale de 8,000 liv.— Au chancelier Archinto, une tabatière d'or, gravée à trophées d'armes de couleur, avec chiffre et bec en diamants.

Mars. À M. de Lastiris, secrétaire de l'ambassade d'Espagne, une tabatière d'or, émaillée à cartouches. 2,600 liv. — Au premier écuyer de la cour de Danemark, une tabatière à guirlandes, avec le portrait du Roi, renfermé dans un soleil de diamants. 10,708 liv.

Mai. À M. de Bectejeff, chargé des Affaires de l’Impératrice de Russie, une tabatière d’or, émaillée à figures, d’après Teniers, et garnie d’une bordure de brillants. 8,452 liv. — À M. Galiani, secrétaire de l'ambassade de Naples, une tabatière d’or, ovale, émaillée à figures, avec le portrait du Roï. 2,500 fr. — Au C'e de Montmartin, premier ministre du due de Wurtemberg, une tabatière d’or, carrée, émaillée à fruits, garnie d’un chiffre et d’un bec de diamants, avec le portrait du Roi. 6,174 liv.

22 septembre. À M. de Turlo, sénateur de Gênes, envoyé par commission, une boîte à portrait, composée de trois cent trente brillants. 6,458 liv. — A M. de Bedelbruck, envoyé de Cologne, une boîte à portrait de trois cent trente-sept brillants. 8,400 liv. — À M. de Lichtenstein, ministre plénipotentiaire du prince de Saxe-(rotha, une boîte à portrait de trois cent trente-trois brillants. 7,146 liv. — Au G' de Lusace, prince Xavier, une boîte à portrait de trois cent soixante-cinq brillants. 24,397 liv. — Une autre de trois cent cinquante-cinq brillants, au C!* de Sartiranne, ambassadeur du Roi de Sardaigne. 12,293 liv. — Au premier ministre de l'électeur de Mayence, une tabatière d'or carrée, émaillée à fleurs, garnie d’une bordure et d’un chiffre de diamants, avec le portrait du Roi. 8,992 liv.

27 septembre. À M. Bérardi, secrétaire de la nonciature, une tabatière d’or, émaillée, à figures et dessins flamands. 2,400 liv. — Fournitures de Rondé, portraits de Le Brun.

2 février 1759. À M. de Beckers, ministre d'État et de confé-

rence de l'électeur palatin, une boite composée de trois cent cinquante-cinq brillants. 12,349 liv. — Envoyé en Danemark, une boîte à portrait de 5,151 liv., pour un des grands officiers de S. M. danoise. — A un autre grand officier, une tabatière d’or émaillée, à fleurs, garnie de diamants, d'émeraudes et de rubis. 10,407 liv.

> seplembre. Au cardinal Sciarra, une boîte à portrait, composée de trois cent soixante-cinq brillants. 30,012 liv. — Au B°r de Grevenbrok, envoyé extraordinaire de l'électeur palatin, une boîte de quatre cent six brillants. 11,044 liv. — Une autre de deux cent quatre-vingt-quatorze brillants, à M. de Rasfeld, chancelier de l'électeur de Cologne. 7,256 liv. — Une autre de trois cent onze brillants, au prince Galitzin, ambassadeur de Russie. 8,212 liv. — Fournitures de Rondé, portraits de Le Brun.

21 février 1760. À M. de Sottomayor, ambassadeur d'Espagne, une boîte composée de trois cent trente-huit prillants, avec le portrait du Roi Louis XV, par Montpetit. 30,283 liv. — A M. de « Van-èye », ancien envoyé de Liège, une boite à portrait. 8,680 liv. — Le portrait, payé 200 liv. à Mile Brison.

18 mars. À Mue de Castropignano, dame d'honneur de la feue Reine d'Espagne, deux tabatières, dont une émaillée et peinte à oiseaux, de 1,200 liv., et l’autre, en porcelaine de France, montée à cage et doublée d’or, de 1,330 liv. — Au B°1 Deformet, commissaire du Roi de Sardaigne, une boite d'or, carrée, à figures flamandes, ornée de diamants et du portrait du Roi par Montpetit « en manière éludorique ». 10,230 liv. — Donné à la succession de M. de Bostuchef, une boite de trois cent quatre-vingtdix-huit diamants, le portrait du Roi, peint par Me Brison. 20,766 Liv.

47 mai. À M. d'Erizzo, ambassadeur de Venise, une boîte sertie de quatre cent vingt-cinq brillants. 13,538 liv.

18 juin. Au Bon de Poncet, une tabatière d'or de couleur, émaillée, à figures flamandes, gravée à fleurs et garnie de brillants, d'émeraudes et de rubis. 140,230 liv. — A Mme Brona, cantatrice italienne, une tabatière d'or, pour femme, émaillée, à figures flamandes, le portrait du Roi par la Dile Brison. Fournitures de Jacqmin.

1761. À la veuve de M. le Bourcier, envoyé de la cour de Modène, une boîte sertie de brillants et renfermant le portrait en émail du Roi, par Durand. 4,289 liv. — À M. de Sottomayor, ambassadeur extraordinaire d'Espagne, une boite de 30,043 Liv, — Une autre de 8,480 liv., au Cite d’Eick, envoyé extraordinaire

LES TABATIÈRES DIPLOMATIQUES. PRÉSENTS DU ROI. tri

du cardinal-évêque, prince de Liège. — A la Csse de Valentinois, une tabatière ronde, en laque rouge, garnie de diamants. 7,957 liv. — Au prince Galitzin, une boite de 12,356 liv. — A M. de Stanley, ministre d'Angleterre, une boite sertie de trois cent quarante et un brillants; le portrait du Roi, par la De Bri-

son. 16,364 Liv. Fournitures de Jacqmin. — Au Père Justiniani, de Gênes, une tabatière d'homme, carrée, à figures représentant des génies, livrée par Demay. 1,630 liv. — (Présents du Roi.

n° 440.) Sur d’autres registres, quelques-uns de ces présents sont classés à l’année 1762.

4762. Au Bon de Reichbach, chambellan « pour la nouvelle de l'accouchement de l'archiduchesse », une boîte à portrait, en feuilles de Jaurier, enrichie de deux cent quatre-vingt-quinze brillants. 10,389 liv. — À M. Assemani, à Rome, une tabatière de chez Demay, ovale, émaillée, représentant « des objets des trois sultanes », bordée à l'antique. 2,710 liv.— Au Cte de Tchernichef, ambassadeur de Russie, une boite à portrait, en feuilles de laurier, composée de trois cent six brillants. 43,526 liv. — Fournitures de Jacqmin.

En 1763, divers présents du Roi Louis XV acquièrent une importance exceptionnelle en raison de leur prix élevé.

28 mars. À M. de Mello, ministre plénipotentiaire de Portugal, une boîte à portrait, à guirlandes de brillants. 26,578 liv.— À M. ie Bailly de Solar, ambassadeur de Sardaigne à Paris, une tabalière ronde, en laque rouge, montée à cage, ornée de quatre cent quarante et un brillants et du portrait du Roi, par Vénevault. 23,901 liv. — Au Gt de Viri, ambassadeur de Sardaigne à Londres, une boîte « à rouleaux », composée de trois cent dix brillants, avee le portrait du Roi surmonté d'une couronne. 96,258 liv. — Au duc de Bedford, ambassadeur d'Angleterre, une boite à portrait, à guirlandes, avec les fleurons en quadrilles et quatre cent cinquante-cinq brillants; le portrait du Roi, par Le Brun. 34,289 liv. — À M. de Neuville, ministre plénipotentiaire d'Angleterre, une boite à portrait, à guirlandes, de trois cent soixante-trois brillants; le portrait du Roi, par Le Brun. 15,587 Liv. — Au Cte de « Wedelfrys », ministre de Danemark, une boîte à portrait, à rouleaux, de trois cent quarante-cinq brillants. 10,291 liv. — Au Mis de Grimaldi, ambassadeur ordinaire et plénipotentiaire du Roi d'Espagne, une boîte à portrait, à rouleaux, enrichie de trois cent deux brillants. 49,677 liv. — Au Bon de « Grosbach », ministre de l'électeur de Mayence, une boîte d'or, gravée, en or de couleur. 4,815 liv. — À M. Tupolo, ambassadeur de Venise, une boîte de 12,296 liv. — Au Cte de

Dietrichtein, envoyé du Roi des Romains, une tabatière ovale, à cornes d'abondance, garnies de diamants, de rubis et d’émeraudes. 8,321 liv. Fournitures de Jacqmin.

Mai 1764. Au Cte Bickinsky, pour avoir notifié la mort du Roi de Pologne, une boîte à portrait de chez Jacqmin. 8,916 liv. — Pour envoyer au Dey d'Alger, par ordre du duc de Praslin, une tabatière en or de couleur, ciselée, le dessus garni de deux diamants jaunes, et le reste en diamants blancs, rubis et émeraudes, avec quatre diamants principaux aux quatre coins. 9,000 Liv. (Jacqmin.)

4765. Au Cte de Fuentès, une boîte à portrait, à guirlandes. 33,131 liv. — Au Ctt d'Hereford, ambassadeur d'Angleterre, une boîte à portrait, à guirlandes, les fleurons en quadrilles, composée de trois cent soixante et un brillants. 23,546 Liv. — Au Bor Scheffer, ambassadeur de Suède, une boîte à portrait, à guirlandes, de trois cent trente-cinq brillants. 143,494 liv.

43 janvier 1766. Au Mis de Santa-Cruz, ambassadeur d'Espagne, venu annoncer le mariage de l’Infante de Parme avec le prince des Asturies, une tabatière en laque rouge, montée à cage, avec le portrait du Roi entouré de brillants. 23,601 liv. — A la famille du feu Bailly de Solar, ambassadeur de Sardaigne, « pour lui tenir lieu du présent que le Roi lui aurait fait. » 15,000 liv.

42 septembre. Au duc de Salviati, ministre de Toscane, une boîte de 19,035 liv. — Au duc de Richmond, ambassadeur d'Angleterre, une boîte à portrait, à guirlandes et rosettes. 15,236 liv.

à janvier 1767. Au Cie de Lennox, ministre plénipotentiaire d'Angleterre, une boite à portrait, à guirlandes et rosettes. 414,442 liv. — A M. de Gedewitz, ministre d'État et de conférence de l'électeur palatin, une boîte à portrait, à rouleaux. 10,949 liv.

4768. À M. l'abbé Sozzifanti, chargé des Affaires de Rome, une tabatière d’or, ciselée à figures, avec le portrait du Roi entouré de brillants. 6,300 liv. — Au Cte de « Pumgarlen », inscrit sur un autre registre « Baumgarten », ministre d’État de l'électeur de Bavière, une tabatière d’or, ronde, ciselée à figures, avec le portrait du Roi bordé de brillants. 15,171 liv. — Au Chier d'Heusy, ministre de l’évêque de Liége, une grande tabatière ovale, en or, émaillée en bleu, avec le portrait du Roi entouré de brillants. 4,057 liv. — A M. « Gradenigo », ambassadeur de Venise, une boite à guirlandes, le portrait de Louis XV entouré de brillants. 25,033 liv. - - Au secrétaire de l’ambassade de Venise, un présen de 2,400 liv. — Au Cte de « Cruquen-

bourg », une boite à portrait, à rouleaux, le portrait du Roi entouré de brillants. 40,720 liv.

4769. Au cardinal Orsini, une tabatière ronde, émaillée en turquoise, avec le portrait du Roi entouré de trente-trois brillants. 10,986 liv.

Avril 1770. Rendu au duc de Choiseul, suivant ses ordres, une boite à portrait destinée au B° de Gleichen, envoyé de Danemark et qui a préféré toucher 15,000 liv. en espèces. Le Bon conserve le portrait du Roi, peint en miniature par Welper.

Juin. À MM. Colmer et Faber, commissaires au Sénat de Hambourg, deux tabatières d'or, rondes, émaillées et ciselées. 5,400 liv. — Au Mis Ginari, envoyé de Toscane, une tabatière ronde, émaillée en vert foncé, avec un cercle de vingt-deux brillants autour du portrait du Roi. 6,092 liv.

1770. « À M. le nonce du Pape, pour marque de satisfaction de ses soins à l’occasion de la prise d’habit de Mme Louise, un présent en argent, pour lui tenir lieu d'une boîte enrichie de diamants, avec le portrait de S. M. 16,000 liv. »

1771. M. Walpole, ministre plénipotentiaire du Roi d’Angleterre, présent de congé d'une boîte à portrait de 16,000 liv. D'après les Legistres, c'est la boîte déjà rendue par le Bou de Gleichen et qu'on avait pensé donner au nonce, lors de la prise d’habit de Mme Louise.

Juillet 1772. À lord Harcourt, ambassadeur d'Angleterre, une boîte à portrait, à guirlandes et rosettes, enrichie de trois cent trente-quatre brillants. 24,131 liv.

Septembre. Au Ct® de Fuentès, ambassadeur d'Espagne, une boîte à portrait, avec guirlandes et rosetles à quadrilles, serties de trois cent soixante-deux brillants. 30,998 liv. — A M. Moncenigo, ambassadeur de Venise, une boîte à portrait, à palmettes et guirlandes, de cinq cent soixante-trois brillants. 18,840 Liv. — Au colonel Blaker, de Londres, la boîte achetée du B°a de Breteuil, le 3 juin 1768, à laquelle on a retiré trente-sept brillants pour en ajouter cent deux petits. 9,419 liv. — Au B°r de Lieven, envoyé de Suède pour annoncer la Révolution, une tabatière ovale, émaillée «en vert flinqué » ; le dessus tout en diamants avec bec et cercle de même autour du portrait du Roi. 7,000 Liv.

30 avril 1773. À. M. Girault, nonce, 20,000 liv. au lieu et place d'une boîte à portrait en diamants du même prix. Un christ en tapisserie des Gobelins. 2,040 liv.

Juin. Au Chier d'Heusy, envoyé de Liège, une boîte à portrait, à rubans et lauriers composés de trois cent trente-sept brillants. 9,205 Liv.

1:75. En l'honneur du mariage de Mme Clotilde de France, avec le prince de Piémont, le Ce de Viri, ambassadeur du Roi de Sardaigne, reçoit une boîte de 29,940 Liv. et la cède pour 25,500 liv. au bijoutier Solle, qui l'a fournie. Deux années plus tard, le 7 août 1777, la même boîte est redonnée au même ambassadeur, qui la vend encore une fois à Solle, 25,500 liv.; celui-ci la rapporte pour le même prix au ministère des Affaires étrangères, et la boite «est rentrée au dépôt le 19 du dit mois d'août. » Nous la retrouvons plus loin, page 45, n° 56, cotée 26,520 liv. avec cette mention: «Cette boite à portrait est celle de 29,940 liv. qui fut remise en présent, au nom du Roi, à M. le Cte de Viri, ambassadeur de Sardaigne, une première fois, en 1775, à l'occasion du mariage de Madame Clotilde, et une seconde fois en 1777; lors du départ de cet ambassadeur. M. Solle, qui l’a reprise de M. le Cte de Viri en 4775, pour la somme de 25,500 liv., en fit alors la fourniture sur le même pied au département des Affaires étrangères; en 1777, il l’a reprise encore de ce même ambassadeur, pour le même prix de 25,500 liv., mais il lui fut accordé 4 pour cent sur la dite somme, savoir : 2 pour cent par rappel pour la première fourniture et 2 pour cent pour la dernière, ce qui a porté la valeur de cette boîte à 26,520 liv. »

Voici encore une tabatière que M. de Viri va faire rentrer au bercail; elle revient au dépôt après avoir changé d'habit; son émail jaune primitif est remplacé par le rouge rubis, avec feuillages verts et quatre-vingt-dix-sept brillants. Voici ce que dit le Registre des Présents du Roi, à la date du 15 septembre 1777 : « Cette tabatière que M. Solle a achetée de M. le C'° de Viri, ambassadeur de Sardaigne, avait été donnée en présent, au nom de S. M., à cet ambassadeur pour la somme de 10,608 liv. Elle était alors émaillée en jonquille. » (Présents du Roi. N° 444.) Nous avons vu que cette façon d'agir n'avait rien d'anormal, puisqu’en diverses circonstances le Roi lui-même avait favorisé ces sortes d'échanges.

Décembre 1776. Présent de congé à M. Mocenigo, ambassadeur de la République de Venise, d’une boîte exécutée par Solle, composée de trois cent soixante-quatre brillants, avec le portrait du Roi, par Welper. 21,020 liv. — A la fin de l’année 1776, Necker se démet de sa place de ministre de la République de Genève auprès de $S. M., pour occuper celle de directeur général du trésor royal. Le C'° de Vergennes lui envoie, de la part du Roi, une tabatière d’or, émaillée en rose, avec cercles, rosettes et rubans, composés de cent dix-huit brillants. 5,010 liv., sans le portrait. Fourniture de Solle.

1777. Donné à la Ge d’'Eyck, à la mort de son mari, envoyé extraordinaire de Bavière, une boite à portrait de chez Jacqmin, à palmes et guirlandes, garnie de six cent quarante-cinq brillants. 15,068 liv. — Au colonel de Saint-Paul, ministre plénipotentiaire d'Angleterre, présent de congé d’une boîte à portrait, sertie de trois cent cinquante-neuf brillants. 5,285 liv. — Autre présent de congé, d’une boîte de 12,340 liv., au Ce de Loos, ci-devant ministre plénipotentiaire de l'électeur de Saxe. Fournitures de Solle.

Avril 1778. «A M. Dean, l'un des députés des États-Unis de l'Amérique Septentrionale, qui ont signé le traité de commerce et d'amitié entre S. M. et lesdits États », une tabatière émaillée en citron; bordure, cercle et feuillages verts, enrichis de cent cinquante-huit brillants, le portrait du Roi par Pasquier. 6,040 liv.

20 septembre. À M. de Guayta, chanoine de l’église d’Aix-la- Chapelle, qui apporte au nom de son chapitre des reliques à la Reine, une tabatière surmontée du portrait du Roi, par Pasquier; elle est émaillée en violet, à bordure verte et perlée, enrichie de cinquante brillants. 3,440 liv. Fournitures de Solle.

28 février 1779. Une boite à portrait, fournie par Aubert, enrichie de trois cent trente-neuf brillants, «remise en présent de congé à M. l'abbé Onesti, neveu du Pape, pour avoir apporté à S. M. les bulles de nonciature des cardinaux de Guéménée et de La Rochefoucauld. 24,300 Liv.» En plus, 240 liv. pour le portrait du Roi, exécuté par Pasquier.

47 décembre. À Don Louis Cardova, lieutenant général des armées navales de S. M. catholique, pour avoir concouru avec seize vaisseaux aux opérations de l’armée navale combinée dans la Manche, une boîte composée de trois cent vingt-deux brillants, livrée par Solle, le portrait du Roi par Welper. 22,512.

9 mars 1780. Au C'e de Mercy, ministre plénipotentiaire de l’Impératrice, Reine de Hongrie, pour avoir réglé les limites entre les États du Roi et les Pays-Bas autrichiens, une tabatière émaillée, couleur de rubis, avec feuillages verts et quatre-vingtdix-sept brillants. 9,632 liv. — Ouvrage de Solle. C'est la tabatière de 10,608 liv. offerte précédemment au Gte de Viri, et d'abord émaillée en jonquille.

19 décembre. Au Chie' Zéno, ambassadeur de Venise, prenant congé de S.M., une boîte à portrait de chez Solle, ornée de trois cent soixante-deux brillants, la miniature par Sicardi. 22,832 liv.

4er avril 1781. Au Mis de Caraccioli, ambassadeur de la cour de Naples, prenant congé du Roi, une boîte de 26,520 liv. —

«a C’est la boîte vendue deux fois par M. de Viri, ambassadeur de Sardaigne. »

4782.Au prince Doria Pamphili, nonce, « à l'océasion des langes bénis qu'il a présentés pour Mir le Dauphin, » une boîte à portrait, composée de cent soixante-treize brillants, fournie par Solle, le portrait de Louis XVI, par Sicardi. 29,090 liv.

7 mai. Au duc de Gravina, grand d'Espagne et premier écuyer du Roi de Naples, envoyé pour complimenter $. M. sur la naissance du Dauphin, une boîte à portrait de chez Solle, la miniature par Sicardi. 23,335 liv.

8 juin. Au Chier, de Virieu, premier écuyer de l'Infant duc de Parme, que ce prince a envoyé pour complimenter S. M. sur la naissance du Dauphin, une boîte à portrait, par Solle et Sicardi, composée de trois cent soixante-douze brillants. 16,627 liv.

30 avril 1783. Au C'® O’Reilly, capitaine général de l'Andalousie, pour avoir procuré aux forces de terre et de mer deS.M., employées en 1782 dans l'étendue de ce gouvernement, les approvisionnements et autres secours nécessaires à l’exécution de leurs opérations, une boite de 24,830 liv. — Solle et Sicardi.

40 juin. À M. Fitzherbert, qui a signé, en qualité de ministre plénipotentiaire du Roi d'Angleterre, les préliminaires de la paix, une boîte de chez Jacqmin, garnie deux cent quarante brillants et du portrait du Roi, par Sicardi. 21,585 liv.

6 août. Au C'e de Creutz, ambassadeur de Suède, présent de congé d'une boite à portrait de 24,937 liv. et d’une tenture de Beauvais de 20,150 liv.

45 septembre. Au duc de Manchester, ambassadeur de la cour de Londres, à l'occasion de la paix entre la France et l'Angleterre, et dont il a signé le traité au nom de $. M. Britannique, une boîte à portrait de 31,453 liv. — Elle est enrichie par Solle, de trois cent vingt-cinq brillants, avec le portrait de Louis XVI, par Sicardi.

19 septembre. Au capitaine Warner, premier secrétaire de l'ambassade anglaise, une boîte à portrait, par Solle et Sicardi. 9,740 liv.

23 septembre. Au Cte de Mercy, ambassadeur de la cour de Vienne, pour avoir coopéré à la paix entre la France et l’Angleterre, au nom de $. M. Imple, une boîte à portrait, par Solle et Sicardi, décorée de trois cent soixante brillants. 29,970 Liv. — Une autre, des mêmes maîtres, à M. dé Markoff, ministre de Russie, pour avoir participé, avec le prince Bariatinski, au traité de paix définitif. — Au prince Bariatinski, ministre de l'Impératrice de Russie, une boite à portrait de chez Solle, composée

de trois cent quatre-vingt-seize brillants, la miniature par Sicardi. 24,816 liv. — Cette boite, dit une note, a été reprise pour 24,360 liv. de M. le prince Bariatinski, à qui elle avait été donnée en présent. (Présents du Roi, 1783. N° 452.)

27 janvier 1784. Donné en présent de congé, au duc de Manchester, ambassadeur d'Angleterre, une boîte à portrait fournie par Solle, sertie de trois cent quatre-vingt-seize brillants, le portrait peint par Sicardi. 24,360 liv. — A M. de « Storer », ministre de la cour de Londres auprès de S. M., présent de congé d'une tabatière ronde, émaillée prunes de Monsieur, fournie par Solle, le portrait de Louis XVI, par Sicardi. 42,360 liv.

21 février. Envoyé à M. de Sa, ministre des Affaires étrangères de la cour de Portugal, à l’occasion du dernier traité de commerce, une boîte à portrait enrichie de trois cent cinquantehuit brillants. Ouvrage de Solle et Sicardi. 24,064 liv.

3 février. Présent de congé à M. de Markoff, ministre plénipotentiaire de Russie, d’une boîte à portrait ornée de quatre cent vingt-deux brillants. Ouvrage de Solle et Sicardi. 19,800 liv.

7 août. En l'honneur du séjour en France de S. M. Suédoise, remis au Bon de Stagl, son ambassadeur, une boîte à portrait par Solle et Sicardi, enrichie de trois cent quarante-huit brillants. 24,019 liv.

Décembre. Présent de congé à M. de Belderbruch, ministre plénipotentiaire de l’électeur de Cologne, d’une boîte à portrait, par Solle et Sicardi, garnie de quatre cent soixante-deux brillants. 16,163 liv. — Une autre, des mêmes maitres, sertie de trois cent quarante-huit brillants, au prince Pignatelli, ambassadeur de Naples. — Une autre boîte de même travail, « remise en présent de congé à M. de Belderbuch, ministre plénipotentiaire de l’électeur de Cologne. » 46,163 liv.

16 février 1785. Au nonce, prince Doria Pamphili, et en présent de congé, une boite à portrait composée de quatre cent un brillants. — Ouvrage de Solle et Sicardi. 28,412 liv.

29 mars. Au prince Barialinski, ministre plénipotentiaire de Russie, présent de congé d'une boîte à portrait, ornée de quatre cent vingt-huit brillants. Ouvrage de Solle et Sicardi. 24,140 liv. — « La boîte a été reprise de M. le Prince Bariatinski pour 24,000 livres et on y a ajouté un nouveau portrait de 360 liv. » Dans cet échange, le prince eut le bon goût de conserver le portrait du Roi. Gette même boîte, après être rentrée au dépôt, a été offerte au Ct° de Berkenroode, l’un des deux ambassadeurs signataires du traité d'alliance conclu entre le Roi et les états généraux des Provinces-Unies. 24,360 liv.

7 juin. À M. Franklin, ministre plénipotentiaire des Etats-Unis de l'Amérique septentrionale, une boîte à portrait sertie de quatre cent vingt et un brillants. Ouvrage de Solle et de Sicardi. 46,103 liv.

Novembre. Remis en présent de congé, au Bon de Schæfeld, ministre de l’électeur de Saxe auprès du Roi, une boîte décorée de quatre cent cinquante-six brillants et du portrait de Louis XVI, par Sicardi. 17,510 liv.

21 décembre. À M. de Brantzen, « l’un des deux ambassadeurs de Hollande, qui ont négocié et signé le traité d'alliance conclu en dernier lieu entre le Roi et les états généraux des Provinces- Unies, » une boîte à portrait, composée de trois cent soixante etun brillants. Ouvrage de Solle et Sicardi. 22,247 liv.

27 décembre. Donné en présent de congé au Chier Delfino, ambassadeur de Venise, une boite à portrait, de quatre cent cinquante brillants. Solle et Sicardi. 24,218 liv. — (Présents du Roi, 1785. N° 454.)

Mars 1786. Présent de congé, au B° de Boden, ministre de Landgrave de Hesse-Cassel auprès du Roi, d’une boîte à portrait fournie par Solle. 12,000 liv.

26 avril. Présent de congé, au prince Caramanico, ambassadeur de Naples, d’une boîte à portrait garnie de quatre cent vingt-six brillants. Ouvrage de Solle et Sicardi. 24,360 liv.

13 novembre. Présent de congé d'une boîte à portrait « à M. Eden, ministre d'Angleterre en France, à l’occasion du traité de commerce conclu entre $S. M. et la cour de Londres. » La boite, enrichie de quatre cent quatre-vingt-trois brillants, est exécutée par Solle, et le portrait du Roi Louis XVI par Sicardi. 24,269

Au delà de cette année 1786, toute communication nous est interdite. Les présents du Roi ne figurent plus sur des registres, ils sont inscrits sur des feuilles volantes, renfermées pêle-mêle dans des cartons, avec certaines pièces dont on veut éviter la publicité.

Nous classons dans la série des tabatières historiques et politiques toutes les tabatières qui, par leur forme, leur décor ou le sujet qui les recouvre, rappellent des batailles, des faits de l’histoire, des symboles, des personnages illustres, célébrités en tous genres, artistes et poètes, hommes de plume et d'épée, législateurs et conquérants, tout le cortège révolutionnaire, avec ses grandes figures, ses victimes et ses bourreaux. Vers la fin du règne de Louis XVI, la tabatière acquiert une importance politique considérable. La prise de la Bastille apparait sur toutes sortes de boites. Le Roï, les princes, les députés, les devises etlesemblèmes républicains et lesannales de la Révolution fournissent des sujets inépuisables. Lorsque l'émigration commence, les fortunes s’écroulent, les ouvrages de luxe disparaissent, la riche tabatière des orfèvres fait place à la tabatière patriotique des tabletiers ; boite commune, égalitaire, ornée d'un type à la mode et reproduite à un nombre infini d'exemplaires.

Un portrait gravé, une estampe coloriée, un sujet en buis repressé à chaud ou en écaille moulée, ou bien un repoussé, remplacent les miniatures, les émaux, et les fines ciselures des artistes en vogue. Ces boîtes, d'apparence vulgaire, ne doivent pas être dédaignées. Le collectionneur, après avoir recherché les œuvres d'art et de luxe, saura recueillir les tabatières populaires, elles ont leur intérêt ; toutes sont les témoins d’un fait accompli, d’une époque passée, et leur ensemble démontre qu'on peut reconstituer l'histoire par la tabatière. La multiplicité des boîtes et la variété des sujets sont incroyables ; nous allons essayer d’en donner une idée en décrivant les plus eurieuses. La collection de notre ami, M. de Liesville, ainsi que la nôtre renferment presque tous les types dont nous allons parler.

TABATIÈRE A LA SILHOUETTE. — Etienne de Silhouette, nommé en 1759, contrôleur général des finances, sous l'égide de Mne de Pompadour, se rendit d’abord populaire en réformant des abus. Poussant à l'extrême son système d'économie, il proposa un édit de subvention et suspendit pour un an le paiement des billets des fermes, puis le remboursement des capitaux dus par

e trésor publie; il engagea même les particuliers à faire porter

leur argenterie à la Monnaie pour subvenir aux besoins du Trésor.

Dans toutes les classes ce fut un tollé général; le ministre, partout décrié, dut se retirer au bout de huit mois. « Dès lors, dit Mercier, tout parut à la Silhouette, et son nom ne tarda pas à devenir ridicule. Les modes portèrent à dessein une empreinte de sécheresse et de mesquinerie; les surtouts n'avaient point de plis, les culottes point de poches, etc. » Les tabatières étaient de bois brut (Littré). « Les portraits à la Silhouette furent tirés de profil sur du papier noir, d'après l'ombre de la chandelle sur une feuille de papier blanc. » (Mercier. Tableau de Paris.)

TABATIÈRE À LA CHOISEUL. — Le duc de Choiseul, conseillé par sa sœur, la duchesse de Gramont, était en lutte avec la Du Barry et ne lui épargnait pas les dédains. A force d’obsessions auprès du Roi, celle-ci finit par l'emporter. Elle lançait en l'air des oranges en criant : Saute, Choiseul! saute, Praslin! Choiseul et Praslin sautèrent. La disgrâce du duc de Choïseul, exilé à Chanteloup, lui donna une célébrité qu’il n’avait encore jamais eue. Sa chute fut comme un triomphe; son éloge retentit d’un bout à l’autre de la France et son portrait parut sur toutes les tabatières. Les indifférents devenaient des amis; les uns s'’empressaient de rapporter au duc le mot de lord Chatam en plein parlement, proclamant le duc de Choiseul le plus grand ministre et le plus digne de regrets que la France ait compté depuis Richelieu. D’autres, «et à leurtête la maréchale de Luxembourg, affectaient de sortir d'un petit sac et de faire jouer entre leurs doigts des tabatières magnifiques, portant d'un côté le portrait de Sully et de l’autre celui du duc de Choiseul entouré de perles, ce qui, au dire de madame de Choiseul, confondait la modestie de son mari. » (M. J. Grasset. Madame de Choiseul et son temps, Paris, Didier, 1874. p. 172.)

Sophie Arnould n'était pas du camp des flatteurs ; en voyant une de cestabatières elle s'écria : « C'est la recette et la dépense. » Mot plus mordant que juste. Deux tabatières de cette époque nous montrent le buste du duc de Choiïseul, vu de profil et portant le grand cordon; l’un de ces bustes est en argent repoussé, l’autre en biscuit de porcelaine, sur fond de verre bleu.

LA CONSOLATION DANS LE CHAGRIN. — L'avènement de Louis XVI au trône causa, dans tout le royaume, une allégresse générale. On fit à cette occasion de nouvelles tabatières de circonstance; c’est ce que nous apprend l'abbé Georgel, dans ce passage de ses Mémoires: « La France, idolâtre de ses maitres, quand

tout le monde est content, retentissait de toutes parts de chansons que la gaîté avait imaginées pour célébrer ce joyeux avènement. Les arts et les modes le caractérisaient par leurs ouvrages, les emblèmes et les parures. On voyait dans toutes les mains des tabatières de peau de chagrin sur lesquelles on avait placé le médaillon de Louis XVI et de Marie-Antoinette ; on les appelait La consolation dans le chagrin. Gette ingénieuse invention fit la fortune de l'artiste qui, le premier, la mit en vogue. »

LOUIS XII, HENRI IV, LOUIS XVI. — « Unautre artiste ne fut pas moins ingénieux, ni moins heureux dans le même genre. Sur les boites qu’il avait imaginées, se trouvaient les médaillons de Louis XII et de Henri IV, et, au-dessous, celui de Louis XVI. Dans une légende en bas, on lisait : X77 et IV font XVI. Avec des Français, une telle conception devait réussir. » Diverses boites à peu près identiques eurent autant de succès; Le sujet représentant les profils accolés des trois Rois chers à la France, avec leur nom pour toute légende : Louis XII, Henri IV, Louis X VI.

VOLTAIRE .— Les tabletiers ont souvent fait usage du masque de Voltaire, de cet homme étonnant dont l'influénce fut immense sur son siècle. Après un long exil à Ferney, il lui fut enfin permis de revoir Paris. Quelle rentrée ! quelle triomphe! « Non, dit un contemporain, l'apparition d’un revenant, celle d'un prophète, d’un apôtre, n'aurait pas causé plus de surprise et d'admiration que l’arrivée de M. de Voltaire. » Je le crois bien, ajoute M. Villemain, tout cela, Voltaire l'était pour le XVIIIe siècle. À une époque où la manie des boites était devenue générale, l’industrie privée ne pouvait manquer d'exploiter à son profit l'enthousiasme des Parisiens. Pendant quelque temps, le portrait de Voltaire, ou son tombeau à Ferney, furent les sujets préférés des tabatières à la mode.

ROUSSEAU. — La même année que s’éteignait Voltaire (1778), mourait brusquement à Ermenonville Jean-Jacques Rousseau, soupçonné de s'être Ôté la vie. Ainsi disparaissaient, à un mois d'intervalle, les deux plus actives puissances du XVIIT siècle. « Je ne croirai pas, dit M. Villemain, au contraste providentiel que suppose Bernardin de St-Pierre et qui lui montre dans Voltaire et dans Rousseau le mauvais et le bon génie du XVIIIe siècle. Chacun d'eux a pris sa part de ce double rôle ; et cette part, plus ou moins inégale, se trouve dans toute l’histoire de

notre société moderne. » Comme à Voltaire, la tabatière fit un piédestal à Rousseau ; par un rapprochement singulier, ces deux hommes, qui vécurent ennemis, se rencontrent assez souvent sur le même médaillon,

HENRI IV. — Le portrait d'Henri IV était très répandu. Les priseurs en tirant leur tabatière aimaient à contempler les traits de ce bon roi, si français de cœur et d'esprit. Parfois, sur la même boîte, l'image d'Henri est jointe à celle de Sully. Après la pièce de Collé, La partie de chasse de Henri IV, on fit des tabatières en poudre d'écaille moulée représentant Henri IV à table chez le meunier Michau. Celui-ci prend son hôte pour un officier de la suite du Roi et lui diten élevant son verre : « J’hbeuvons à la santé d'notre bon Roi Henri; vous qu'avez l'honneur de l’approcher, dites-ly que j'laimons tous, que je l'hénissons, que je l'adorons.. mais dites-ly ben surtout. » Toute la famille fait chorus. Henri, très ému, est prêt à verser des larmes, il détourne la tête. Suivant la réclame de l'Almanach général des marchands… cette tabatière se vendait, en 1770, chez Compigné, rue Grenéta, à l'enseigne du oi David.

TABATIÈRE AU BALLON. — L'invention des aérostats appartient aux frères Montgolfier, Joseph-Michel et Jacques-Etienne, fabricants de papier à Annonay. Vers les premiers jours de juin 1783, ils firent dans cette ville, en présence des états particuliers du Vivarais, une expérience publique qui attira sur leur nom, la célébrité. Mandé par le Roi, Jacques-Étienne se rendit à Paris et prépara un immense ballon qui fut lancé à Versailles, le 19 septembre suivant, en présence de toute la cour. L’enthousiasme fut indescriptible. Dès la fin de 1783, parurent les tabatières dites au ballon. Les boîtes, les céramiques, les boutons d’habit, les éventails, etc., furent couverts d’aérostats. La mode s’en continua quelque temps et reprit une faveur nouvelle en 1797, date de la première descente en parachute. (S. Blondel, Histoire des éventails chez tous les peuples.) La labalière au ballon, ou figurant une allégorie à la gloire des Montgolfier, a été faite de bien des façons, notamment en verre gravé, en ivoire sculpté, en vernis Martin et en peinture éludorique, genre plus connu sous le nom de fité.

TABATIÈRE A LA BASTILLE. — Le 14 juillet 4789, la prise de la Bastille marque le point de départ de la Révolution française. Le bruit s’en répandit au loin; partout il provoqua des trans-

ports de joie. Le Gt de Ségur, alors ambassadeur en Russie, dit dans ses Mémoires : « Quoique la Bastille ne fùt assurément menaçante pour aucun des habitants de Pétersbourg, je ne saurais exprimer l'enthousiasme qu'excitèrent parmi les négociants, les marchands, les bourgeois et quelques jeunes gens d’une classe plus élevée, la chute de cette prison d'Etat et ce premier triomphe d'uneliberté orageuse. Français, Russes, Danois, Allemands, Anglais, Hollandais, tous dans les rues se félicitaient, s’embrassaient comme si on les eùt délivrés d’une chaine trop lourde qui pesàt sur eux. »

Peu de jours après la prise de cette forteresse, « le patriote Palloy », comme il s'appelait lui-même, fut chargé de la démolir. Avec des pierres provenant du château, il fit sculpter de petites réductions de la Bastiile et en offrit un exemplaire à l'Assemblée, à chacun des ministres, aux 83 départements et à Louis XVI luimême. D'autres sculptures, exécutées avec les mêmes matériaux, représentèrent les personnages populaires de l'époque. Avec le fer, les chaînes, qui servaient à attacher les prisonniers, avec le zinc, le cuivre et le plomb, Palloy fit fabriquer toutes sortes d'objets, tels que des bijoux, des jouets d'enfants, des épées, des emblèmes républicains; il fit aussi fondre des tabatières et frapper des médailles commémoratives. Les mêmes sujets furent reproduits à l'infini par le commerce de Paris. Presque toujours ils sont une imitation des deux médaillons d'Andrieu. L'ivoirier Dally, natif de Dieppe, commença sa réputation par ses petits dessus de boites à sujets patriotiques de la Révolution, habilement sculptés.

La Révolution créa des mots nouveaux et fit usage d’allégories et de symboles renouvelés, pour la plupart, des anciens Romains. Ces mots, ces symboles se retrouvent à chaque pas sur les armes, les faïences, les médailles, les gravures, les entêtes de lettres et tous les monuments de l’époque. Une courte explication à ce sujet ne sera donc pas inutile. Elle profitera non seulement aux curieux de tabatières, mais encore aux numismates et à tous ceux qui recherchent ou étudient la période révolutionnaire.

Le Bonnet était, à Rome, le signe de l’affranchissement. Les esclaves mis en liberté, recevaient le bonnet dans le temple de la déesse Féronie etle peuple tout entier le portait à l’époque des fètes saturnales. La forme en fut variée, mais eile se résume dans limitation du bonnet de coton et surtout du bonnet phrygien.

Le Niveau, ancien signe maçonnique, est le premier emblème de l'Egalité. IL apparaît dès 1789, pour marquer l'égalité entre les trois ordres, le Clergé, la Noblesse et le Tiers-Etat. Parfois il

se réduit à un simple triangle, qui était le plus vieux signe de l'Être suprême et aussi de la vertu génératrice.

La Pique, l'arme du peuple et des femmes, devint l’attribut de la Liberté. Le compas, la charrue, le canon, la Table ou le Livre de la loi, vinrent en varier la signification. Au moment de l'armement général de la population, un arrêté municipal avait ordonné la fabrication des piques.

Les Faisceaux ont été de tout temps un symbole de force et d'union.

Le Chêne figurait la vertu civique.

Le Peuplier, emblème du peuple, était l'arbre de la Liberté.

L'Œil, emblème de divinité, de justice, de vigilance, devint en 1791, l'image de la Constitution.

La Liberté était représentée, à Rome, le plus souvent en pied, vêtue d’une stole, tenant la pique ou la vindicte, coiffée du bonnet phrygien et de la couronne de laurier. Les artistes de la Révolution ont représenté la Liberté assise, debout ou ailée, coiffée du bonnet phrygien, du casque athénien ou du diadème romain, portant la tunique, le péplum ou la chlamyde, tenant un joug brisé ou la foudre ou le gouvernail, ayant près d'elle le coq vigilant, le chat, l'aigle ou le pélican, au milieu d'épis, de cornes d’abondance ou de branches de chêne.

L'Egalité est figurée par le niveau.

La Fraternité est caractérisée par le faisceau et par des enfants. « Ce n'est qu'en renchérissant sur ces emblèmes, dit M. Renouvier, et en ajoutant des couronnes, des mains jointes, des cœurs enflammés, des enfants qui s’embrassent, qu'on parvint à rendre l'Unité et l'Indivisihilité. Dans un pointillé, bistré, ovale in-8°, de la collection Hennin, l'Indivisibilité est une femme drapée, les bras croisés, adossée à un faisceau, à côté d'un lion endormi. » (Jules Renouvier. Histoire de l'Art pendant la Révolution. Paris, Renouard, 1863.)

Le Peuple fut personnifié de différentes manières, notamment par un homme dans la force de l’âge, « debout sur les insignes brisés du trône et de l’autel, tenant d’une main la table des Droits de l'homme, de l’autre un pic au milieu des flammes du soleil levant et de la foudre qui éclate. » David fit un Hercule, la massue levée et terrassant l'hydre du Fédéralisme, ou bien la massue au repos et portant à la main la Liberté et l'Egalité.

L'Assemblée eut aussi son symbole dans un rocher abrupt représentant la Montagne, la partie la plus avancée de la démocratie. La Constitution de 1793 apparaît sur le rocher, au milieu des éclats de la foudre.

La Nature est représentée par une femme avec un surcroît de mamelles, image de la fécondité inépuisable, assise sur une montagne et surmontée d’un soleil ; parfois elle allaite deux enfants, l’un blanc, l’autre noir ; à ses pieds, sont les produits de la terre.

La Victoire se reconnaît à ses couronnes, à ses palmes et à ses trompettes.

Les Vertus sont caractérisées par leurs attributs :

La Vertu paraît avec des ailes, une couronne sur la tête et ua soleil sur la poitrine.

La Justice, avec ses balances.

La Vérité, nue, accompagnée de son miroir.

La Force, armée d’une massue et coiffée d’une couronne de chène.

La Probité avec une règle, portant cet axiome : « Ne fais pas pas à autrui ce que tu ne veux pas qui te soit fait. »

L'Innocence, coïffée de palmes et portant à la main une couronne de roses.

La Raison, dont la Révolution fit une déesse et qui eut un culte, figure sous les traits d'une femme superbe, ayant près d'elle un lion; quelquefois elle est assise sur le lion même, ou coiffée de sa peau. L'OEil apparaît, soit au bout de son sceptre, soit sur sa tête, soit sur sa poitrine; elle tient à la main un flambeau, un rouleau, un mors ou une couronne ; parfois elle a des ailes ; à ses pieds, gisent terrassés le Mensonge et le Fanatisme. Ces allégories et ces symboles ont subi diverses modifications selon le goût et le sentiment des artistes.

L'ère républicaine commence le 22 septembre 1792. Un décret du 2 janvier 1793 fixait le commencement de la 2 année de la République au 4° janvier 1793, mais il fut rapporté. L'an IT ne commença que le 22 septembre suivant. L'année était divisée en douze mois égaux de trente jours. Les noms des mois furent changés ; ils indiquèrent les quatre Saisons, ainsi que les productions, ou les phénomènes les plus propres à chacun.

Vendémiaire, Octobre. Germinal, Avril.

Brumaire, Vovembre. Floréal, Mai.

Frimaire, Décembre. Prairial, Juin.

Nivôse, Janvier. Messidor, Juillet.

Pluviôse, Février. Thermidor, Août.

Ventôse, Mars. Fructidor, Septembre.

Les douze mois formaient 360 jours; il en restait cinq, appe-

lés les sans-culottides; on les désigna depuis sous le nom de jours supplémentaires. Dans les années bissextiles, il restait un sixième jour sans-culottide, nommé jour de la Révolution. La période de quatre ans se nommait Franciade, la 4° année, sextile. Les mois étaient divisés en 3 parties de dix jours ou décades. Il y avait donc la première, la seconde, la troisième décade.

Pour se conformer au système décimal, il n’y avait que 10 heures au lieu de 12. La minute était la centième partie de l'heure, la seconde, formait un centième de minute, ete. Une grande horloge ainsi disposée fut placée sur le pavillon central des Tuileries; simple objet de curiosité, la nation refusa d'en faire usage et conserva l’ancien système.

DROITS DE L'HOMME. — Au mois d'août 1789, l’Assemblée donna, pour préliminaires à son œuvre législative, une «déclaration des droits de l'homme et du citoyen, » afin de rappeler à tous les droits de chacun. Diverses tabatières en ivoire ou en écaille moulée offrent des sujets relatifs à la Révolution, avec la légende plus ou moins bien orthographiée : Droits de l’homme.

TABATIÈRE AUX ASSIGNATS. — Elle apparaît vers la fin du XVIII siècle. Le décor consiste en un dessin ou une estampe en noir, noir et rouge et parfois coloriée, imitant des assignats.

Les assignats étaient un papier-monnaie, garanti par les terres de la couronne, du clergé et des émigrés. La première émission, en 1789, fut de quatre cents millions. Les émissions se succédèrent à ce point qu'à la fin de 1795, on avait fabriqué pour quarante-cinq milliards d’assignats. La dépréciation, commencée avec les premières émissions, alla toujours en augmentant. En 1796, l’assignat était tombé au 344° de sa valeur nominale. «C'est alors que nos pères déboursaient 8 à 10,000 francs en papier-monnaie pour une paire de bottes, les cuisinières 6 à 700 francs pour une livre de beurre et les enfants 20 à 30 francs pour un sucre d'orge. »

TABATIÈRES MAÇONNIQUES. — Nous désignons ainsi toutes les tabatières ornées de signes et d’emblèmes ayant trait à la francmaçonnerie et empruntés à l’art de bâtir. La franc-maçonnerie est une institution mystique que les uns rattachent aux anciennes initiations d'Egypte et que les autres font descendre d'une confrérie d'architectes, déjà formée au IIIe siècle. Dans les loges maçonniques, les privilèges de la naissance étaient écartés. «Par le discours de l’orateur, le récipiendaire apprenait que le but de

la franc-maçonnerie était d'effacer les distinctions de couleur, de rang, de patrie; d’anéantir le fanatisme; d’extirper les haines nationales ; et c'était là ce qu’on exprimait sous l’allégorie d’un temple immatériel, élevé au grand architecte de l'univers par les sages des divers climats, temple auguste, dont les colonnes, symbole de force et de sagesse, étaient couronnées des grenades de l'amitié. Croire en Dieu était l'unique devoir religieux du récipiendaire. Aussi y avait-il, au-dessus du trône du président de chaque loge de vénérable, un delta rayonnant, au centre duquel était écrit en caractères hébraïques le nom de Jéhovah. » (Louis Blanc. Histoire de la Révolution francaise.)

PATIENCE, ÇA IRA, NE FAUT QUE S'ENTENDRE. — Légende d’une tabatière en écaille moulée. (a &ra est le refrain d’une chanson fameuse, faite en 1790, par Ladré, poëte des rues et chanteur ambulant; elle fut chantée avec enthousiasme par les deux cent mille travailleurs, qui préparaient, au Champ-de- Mars, la fête de la Fédération.

TABATIÈRES DES ARISTOCRATES, EN 1790 — « Les aristocrates, dit la Chronique de Paris, ont actuellement un signe pour se reconnaitre : c’est une tabatière où se trouve d’un côté la prise des Annonciades, et de l'autre, un combat livré par M. Albert de Rioms. » (16 avril 1790.)

CONFÉDERATION DES FRANÇAIS, AU CHAMP-DE-MARS, LE 14 JUILLET 1796. — Légende d'une tabatière en poudre d’écaille moulée, rappelant la grande fête de la Fédération, organisée au Champ-de-Mars, le jour anniversairede la prise de la Bastille.

MIRABEAU.— La grande figure de Mirabeau apparaît en 1789, lorsqu'il devient homme politique. Nommé par le Tiers- Élat de la ville d'Aix, pour le représenter aux États généraux, il domina tous les crateurs par la fougue de son éloquence. Sa mort (4791) fit l'effet d’un deuil public et ses pompeuses funérailles ressemblèrent à une apothéose. Il a été fait un grand nombre de tabatières ornées du portrait de Mirabeau, gravé, sculpté en ivoire, modelé de diverses façons, etc.

TABATIÈRES NATIONALES. — En 1791, on vit circuler à Paris, des labatières de faïence, dites Nationales, aux trois couleurs, avec ces mots sur tous les côtés: La patrie. (E.et J. de Goncourt. Aistowe de la société française pendant la Révolution.)

LA FAYETTE. — La Fayette, porté de bonne heure aux idées libérales, fut un des héros de l'indépendance américaine, La renommée attachée à son nom le fit élire membre de l'Assemblée des Notables en 1787, puis député de l’Assemblée nationale, en 1789. À mis et ennemis firent souvent le portrait de La Fayette, les uns pour honorer sa personne, les autres pour la caricaturer. C'est ainsi qu’on vit circuler sous la Révolution et dans les temps qui suivirent, des médaillons, à son image, gravés, repoussés, ciselés, sculptés, en bois ou en ivoire, modelés en biscuit de Sèvres ou en cire polychromée. Beaucoup de ces médaillons furent montés sur des tabatières.

BAÏILLY., — Le portrait de Bailly parut à différentes époques, d'abord en 1789 et 1790, au moment de sa grande popularité, notamment en petit médaillon par Chrétien, inventeur du physionotrace, puis sous le Directoire et sous le Consulat. D'intéressantes tabatières à l’image de ce grand citoyen furent mises en cireulation. Il mourut sur l’échafaud, pour avoir fait exécuter au Champ-de-Mars la loi martiale. Conduit à pied sur le lieu de l'exécution, il fut en butte aux fureurs de la populace, et sa mort fut un long martyre.

TABATIÈRE À LA MARAT, — Marat est le type le plus hideux dela Révolution.On sait toute la part qu’il prit aux massacres de septembre, à la condamnation de Louis XVI, à la création du tribunal révolutionnaire, à l'arrestation des Girondins. Ce maniaque sanguinaire, qui demandait dans son journal, l’Ami du peuple, les tètes de tous les prêtres et de tous les aristocrates, avait l'aspect repoussant. Ses traits grossiers et provocateurs, sa tête coiffée d’un mouchoir, sa chemise en toile commune, ouverte sur la poitrine,ses vêtements ràpés, rapiécés et en désordre, tout en sa personne inspirait le dégoût et l’effroi; mais la masse populaire l’adorait, parce qu'elle voyait en lui l'avocat de sa cause, l'interprète audacieux et violent de ses sentiments.

La mort de ce monstre produisit à Paris l'effet d'une calamité publique; de grands honneurs furent rendus à sa mémoire, ses cendres arrivèrent au Panthéon au milieu d’un pompeux appareil, et l’Assemblée chargea David de faire son portrait. Dans les rues, sur les places, on érigea des temples, des mausolées, des arcs de triomphe à l'An du peuple. « Au Carrousel, on bâtit à sa gloire une espèce de pyramide dans l'intérieur de laquelle on plaça son buste, sa baignoire, son cornet et sa lampe de cuisine. On y posa une sentinelle, qui, une nuit, mourut de froid ou

d'horreur. Le nombre de ses bustes égala le nombre des têtes qu'il voulait couper. » (Mercier. Le Nouveau Paris.) — Les artistes multiplièrent cette face répulsive, que chacun se disputait. Des médailles de bronze et d'étain furent frappées à son image, et beaucoup de citoyens les portèrent à la boutonnière, comme une décoration civique. Nombre de tabatières, de médaillons en plâtre colorié, en cire, en stuc, en ivoire, en buis repressé, surgirent encore à cette occasion.

TABATIÈRE À LA CHARLOTTE CORDAY — Charlotte Corday d'Armont, de famille noble, était la petite-nièce du grand Corneille. Elle habitait Caen et forma le hardi projet de tuer Marat, espérant sauver sa patrie. Devant le Tribunal révolutionpaire, son courage ne se démentit pas un instant. Fouquier- Tinville lui ayant dit: « Pour porter un coup aussi sûr, vous vous étiez donc exercée d'avance ? » elle se leva indignée et s’écria, le regard fixé sur l'accusateur publie : « Oh! le scélérat, il me prend pour un assassin. » Trois repoussés en cuivre représentent Charlotte Corday, en buste, coiffée du bonnet à la mode de Caen. Ces médailles encadrées, où montées sur boîtes, ont été classées par les numismates, à la date du 17 juillet 1793, époque de la mort de Charlotte, mais elles n’ont paru qu'en 1801, dans les premiers temps du Consulat. Une tabatière en carton verni, à décor noir par impression, figure, d’un côté, l’Ami du Peuple et, de l’autre, Charlotte Corday.

TABATIÈRE AU BONNET PHRYGIEN. — Elle est d'aspect vulgaire et le plus souvent en corne. Depuis les temps les plus reculés, le bonnet a toujours été considéré comme le symbole de la liberté. Dès 1789, ilremplace la couronne royale sur le sceau de la municipalité de Paris et figure dans les tables emblématiques de la Déclaration des droits de l’homme. La forme du bonnet a varié, mais elle se résume dans l’imitation du bonnet de coton, et surtout du bonnet phrygien ; sa couleur était rouge. A partir de 1792, l’'usages’en généralise ; on le voit paraitre sur les en-tête de lettres des généraux, des administrations publiques, des sociétés populaires ; sur les timbres, les cachets, les monnaies ; on en portait à la boutonnière en guise de décoration et même au chapeau ; on en fit des boutons de chemises, des bijoux, des pendants d'oreilles, des bagues et des tabalières.

TABATIÈRE AUX MARTYRS DE LA LIBERTÉ. — Lepelletier de S-Fargeau, Marat et Chalier, président du Tribunal révolution-

naire de Lyon, enlevés par une mort violente à leurs amis politiques, reçurent d'eux, en mourant, le nom de martyrs. Lepelletier, assassiné le 20 janvier 1793, fut appelé premier martyr de la Liberté; Marat, tué dans sa baignoire, le 13 juillet suivant, deuxième martyr de la Liberté, et Chalier, guillotiné à Lyon, le premier, sur cette mème guillotine qu'il avait fait venir de Paris, troisième martyr de la Liberté. Des médaillons gravés, sculptés, modelés, dessinés et peints, encadrés ou montés sur des tabatières, nous offrent les profils accolés des martyrs de la Liberté. Les portraits de ces trois personnages, fait observer M. Jules Renouvier, arrivèrent à une popularité tout à fait comparable à celle des images de dévotion. Lepelletier de S'-Fargeau, président à mortier au parlement de Paris, eut la faiblesse de voter la mort de Louis XVI, après avoir demandé, deux ans auparavant, l'abolition de la peine de mort. Son châtiment, qui traversera les siècles, sera d'être éternellement inséparable des deux êtres qui ont nom Marat et Chalier.

TABATIÈRE DE SANS-CULOTTE. — Elle a été faite entre la fin de l’année 1792 et le 9 thermidor 1794. Il suffit de lire la légende pour être au courant des sentiments de l'époque : Paix aux chaumières. Guerre aux châteaux. Mort aux tyrans. Exergue: Aux braves sans-culottes parisiens. (Estampe coloriée.) Dans le même temps, un peintre connu fit un tableau sur ce sujet. On y voyait des paysans se divertir dans leurs chaumières, à la lueur d’un château incendié. Le nom de sans-culottes fut d’abord donné par mépris aux républicains de bas étage, à cause de leur costume débraillé. Il devint le synonyme de patriote ardent et convaincu.

TABATIÈRE A LA GUILLOTINE. — Elle a été faite en 1793, après la mort de Louis XVI. Le musée Carnavalet en possède un spécimen; c'est une boîte en carton verni, surmontée d'une estampe coloriée, représentant une guillotine et figurant dans des nuages, un bonnet phygien, entouré de rayons. Légende : £t la garde qui veille aux barrières du Louvre, n'en défend pas nos r'ots.

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, OU LA MORT. — Cette devise sinistre rappelle les plus mauvais jours de la Révolution. Pendant le régime de la Terreur, du 31 mai 1793, au 9 thermidor (juillet 1794), elle figurait sur tous nos murs. Chamfort la traduisait ainsi: « Sois mon frère ou je te tue. » Il ajoutait : « La

fraternité de ces gens-là est celle de Gaïn et d'Abel. » (Mercier. Nouveau tableau de Paris). Le 1°" octobre 1791, l'Assemblée législative succéda à la Constituante. Après les formalités de sa constitution, l'Assemblée prêta d'enthousiasme le fameux serment : « Vivre libre ou mourir. » Vers la fin de 1793, les devises nouvelles s’affranchirent volontiers du mot « Fraternité. » Sous le Directoire, on effaça « ou la mort. » Ces lrois mots marquent doncune époque assez précise; ils durent être en usage peu après l’'emprisonnement de la famille royale au Temple, c’est-à-dire vers la fin de 1792. On les rencontre sur des tabatières devenues tout à fait rares aujourd'hui.

TABATIÈRE A LA MADAME ANGOT. — Les tabatières à l'effigie de Madame Angot remontent au Directoire, à l’époque du grand succès de Madame Angot ou la poissarde parvenue, opéra comique en deux actes. La pièce, jouée en 1797 sur le théâtre d'Emulation, fut payée à l’auteur, Antoine Eve, dit Maillot, cinq cents francs. Elle fit cinq cent mille francs de recettes, chiffre considérable pour l'époque. Madame Angot est le type de la femme de bas étage, vulgaire, sans éducation et parvenue subitement à la fortune. Divers objets furent dits à la Madame Angot. Mercier cite « les bonbons si bêtement bons à la Madame Angot. » (Nouveau Paris, an VIIT, 1800.) Une tabatière en buis repressé, de notre collection, représente une femme aux {raits communs, assise près d’une table et offrant un verre de vin à un grand garçon debout devant elle. Exergue : He Angot et Nicolas.

TABATIÈRE A LA PENSÉE. — En 4797, on fabriquait à Paris des éventails représentant une pensée, couverte d’un léger nuage, sur laquelle frappait le foyer d'une lanterne magique montrée par un enfant, et qui laissait voir, lorsqu'on les opposait au soleil, Louis XVI, la Reine et le Dauphin. (S. Blondel. Æistoire des éventails.) Des tabatières de ce genre furent exécutées dans le même temps. Elles eurent un grand succès chez les royalistes. Il suffisait de regarder le couvercle par transparence pour distinguer les traits des trois augustes personnages. Ces boîtes sont devenues d’une extrème rareté.

SOUS LE CONSULAT, la France, délivrée des excès révolutionnaires, trouva enfin la sécurité à l’intérieur. Les royalistes, bien que surveillés et contenus, purent sans danger témoigner avec mesure leur sympathie pour l’infortunée famille royale. On vit, à l'étalage de certains marchands, des gravures, des bustes,

des tabatières à l’image de Louis XVI, de Marie-Antoinette et du Dauphin, ou rappelant des scènes touchantes ayant trait à leurs derniers moments. C'est alors, et même dès le Directoire, qu’on fit circuler LA TABATIÈRE AU TESTAMENT DE Louis XVI, sur laquelle sont dessinés les derniers épisodes de la vie du Roi, depuis son emprisonnement au Temple jusqu'à sa mort. LA TABATIÈRE AUX ADIEUX ; elle représente les adieux de Louis XVI à sa famille, le 20 janvier1793. LA LECON DE GÉOGRAPHIE : Louis XVI, enfermé au Temple, tient son fils sur ses genoux et lui donne une leçon de géographie. LA TABATIÈRE AU SAULE PLEUREUR : Sous l'aspect d'une urne funéraire, ombragée de deux saules, l'œil prévenu reconnait, dans les profils du vase et des deux arbres, les portraits du Roi, de la Reine, du Dauphin, de Madame Première et de Madame Elisabeth.

MÉDAILLONS EN CUIVRE REPOUSSÉ.— En 1801, P.-G. Liénard fit graver et frapper deux suites de pièces relatives à divers personnages ayant joué un rôle marqué depuis 1789. Nous n'avons à nous occuper ici que des repoussés, dont la série vint s’augmenter des célébrités qui surgirent avecles événements. La suite des repoussés de Liénard comprend Malouet, le duc de la Rochefoucauld, le duc de Liancourt, députés de la noblesse, La Fayette, Picot de Dampierre, le général de Beauharnais, Bailly, Barnave, Pétion, Charlotte Corday, Louis XVI, Marie-Antoinette, le Dauphin, Madame Royale, ete. Ces médailles, sans date, sont classées par Héninetle Trésor de Numismatique et de Glyptique, à l’époque de la mort des personnages ou, pour ceux qui ont survécu, comme La Fayette, à l’année du fait relaté par la légende. Liénard vendait habituellement ses repoussés sous la forme de médaillons sans revers, dont l'emploi était souvent inutile; cependant le revers existe, avec cette légende dans le champ, entre deux branches de laurier formant couronne : Médaillier général des hommes illustres célèbres ou fameux anciens et modernes. Commencé en 1801.

En dehors des repoussés exécutés sous la direction de P.-G. Liénard, il en a été fait beaucoup d'autres pendant le Consulat, l'Empire, les deux Restaurations et le règne de Louis-Philippe. La plupart offrent les noms des graveurs Susse, Branche, Hurthaux, Morel, Lafitte, Thévenon, Gayrard, Poisson, Sanier père, Galle, Garreau. Le portrait de la reine Caroline, Caroline queen of England, est signé du graveur anglais Renkin. Ces médaillons, tirés à de nombreux exemplaires, étaient presque toujours dorés au mat, puis encadrés ou montés sur des tabatières. Difré-

rents types ont été reproduits aussi en buis repressé et en écaille moulée sur des couvercles de tabatières ; ce sont les plus rares ; ils font corps avec la boîte et ne peuvent ni se restaurer, ni se remplacer, tandis qu'il suffit d’un simple repoussé, échappé au naufrage, pour être à même de reconstiluer la tabatière primitive.

CONSULAT ET EMPIRE.— Depuis le Consulat jusqu’à la mort de l'Empereur, la tabatière a popularisé la légende napoléonienne. Les traits du grand homme ont été répétés à l'infini sur des milliers de boîtes; on y vit aussi paraître les portraits de sa famille, de son entourage, de ses généraux et des hommes illustres de son temps. Dans ce cortège nombreux, nous voyons passer la bonne Joséphine ; Madame Mère, Leætitia Bonaparte ; Marie-Louise et le Roi de Rome; Louis Napoléon, roi de Hollande, et la reine Hortense ; Jérôme Napoléon, roi de Westphalie ; Murat et la reine Caroline ; le prince Eugène et sa femme, Amélie de Bavière ; le prince Borghèse et la princesse Pauline, etc. ; Gambacérès, duc de Parme ; Lebrun, duc de Plaisance; Talleyrand de Périgord, duc de Bénévent ; Masséna, duc de Rivoli; Ney, duc d'Elchingen ; Bernadotte, prince de Ponte-Corvo; Junot, duc d’Abrantès ; les généraux Hulin, Oudinot, Suchet, le savant Laplace, etc. Tous ces médaillons ont été surtout exécutés en cuivre repoussé, ou bien en estampes noires ou coloriées. Quant à ceux qui concernentl’Empereur, iles tabletiers ont usé de toutesleurs ressources de bois, d’écaille, de corne, d'ivoire, appelant à leur aide les ciseleurs, graveurs et miniaturistes, pour multiplier son image et retracer ses hauts faits.

TABATIERES ECCLÉSIASTIQUES.— Parmi les tabatières historiques, on peut elasser,sousle nom de fabatières ecclésiastiques, des boîtes ornées du portrait de personnages célèbres dans le clergé ou occupant la dignité suprême, tels que les Papes Pie VIT (1800), Léon XII (1823); Pie VIII (1829), Grégoire XVI (1831), le cardinal de Belloy, quelque illustre prédicateur de l’époque des missions, sous Charles X, etc. Nous faisons figurer, dans la même série, toute boîte offrant un sujet religieux, comme la Cène, Jésus sur la croix, saint Joseph, la Vierge et l'Enfant Jésus, la Vierge à la chaise, d’après Raphaël, etc. Les tabatières ecclésiastiques, en écaille moulée, surmontées d’un repoussé, présentent généralement à la partie inférieure, en dessous, un intéressant ornement qui complète leur physionomie. Celles à l'effigie papaie, portent les clés de saint Pierre, posées en croix, timbrées de la

tiare, tandis que sur les boîtes à sujets religieux, l'emblème de la papauté est remplacé par l'ostensoir.

TABATIÈRE AU PETIT CHAPEAU. — Elle est en cuivre jaune, en corne ou écaille et représente le petit chapeau légendaire de Napoléon Ier, Cette boîte, considérée comme un signe de ralliement, resta prohibée sous la Restauration jusqu'à la mort du prisonnier de Sainte-Hé- É lène (1821); ellen’en fut de Re pasmoinstrèsrépandue a ke” parmi les anciens militaires. À cette époque, où les passions politiques étaient poussées à l'extrême, les glorieux débris de la vaillante armée impériale avaient conservé un culte pour leur Empereur; tout ce qui pouvait en rappeler le souvenir se transformait à leurs yeux en objet de vénération. La {abalière au petit chapeau se vendait clandestinement, et, pendant tout le temps de la Terreur blanche, il eût été fort imprudent de s’en servir en public, ou mème en présence d’inconnus dans des réunions privées.

TABATIÈRE A SECRET.— Pendant que la tabatière au Petit Chapeau circulait malgré l'autorité, on vendait de même, en cachette, des tabatières à secret, renfermant dansun double fond le portrait de l'Empereur. Ces boîtes, dont la partie inférieure se dévisse, sont unies, en buis ou en écaille. La violette joua aussi un rôle politique après la chute de l'Empire. Les bonapartistes portaient alors à la boutonnière un bouquet de violettes, mais ce n'était pas toujours sans danger. Lorsque Napoléon revint de l'île d'Elbe, en 4815, on fit diverses estampes figurant un bouquet de violettes, au-dessus duquel se trouvait l’image de la famille impériale, Napoléon, Marie-Louise et le Roi de Rome. Ces bouquets étaient accompagnés d’exergues comme ceux-ci : Le retour du printemps et de la violette. — Le bouquet impérial. — Violettes du 20 mars 1815.

La violette, du printemps chère espérance, Ramène Napoléon, bonheur de la France.

On vit encore, après les Cent-jours, des violettes et des pensées dessinant, dans leurs contours, le profil de Napoléon et jusqu'à son petit chapeau. La collection de M. de Liesville possède toute la série de ces rares estampes, dont quelques-unes ne dépassent pas la grandeur d’un médaillon de tabatière.

TABATIÈRES DE SAINTE-HÉLÈNE. — On donne le nom de tabatières de Sainte-Hélène à des boîtes exécutées sous la Restauration, après la mort de Napoléon It" (1821), et rappelant la petite vallée ombragée de deux saules pleureurs où fut déposé son cercueil, Une de ces boîtes, en carton verni, décorée par mpression d’une estampe énigmatique, donne, entre deux troncs d'arbres élevés, le profil en pied du grand homme, coiffé du petit chapeau.

TABATIÈRES DE LA RESTAURATION. — Après la chute de l'Empire, le pays, épuisé, était fatigué de la guerre ; les femmes et toutes les mères en avaient horreur. Bien que revenant avec l'appui de l'étranger, les Bourbons bénéficièrent de cette lassitude et furent accueillis avec faveur. La fleur de lis, redevenue vivace, remplaça l'aigle expirant. Un courant violent de royalisme nous amena des masses de portraits de la famille royale et de souvenirs historiques, dont se couvrirent les tabatières. Louis XVIII, le comte d'Artois, plus tard Charles X, le duc d'Angoulême et sa femme, fille de Louis XVI, le duc et la duchesse de Berri, apparaissent de diverses façons, isolés ou réunis. Le souvenir toujours cher de Henri IV et la naissance du due de Bordeaux, préparent de nouvelles boîtes; voici venir les intelligentes figures des grands orateurs de l'opposition libérale : le général Foy, Manuel, Benjamin Constant; des épisodes de la guerre d'Espagne et du combat de Navarin; le vote de la chambre des pairs sur le droit d’ainesse ; Jean-Baptiste Molière, avec le nom de ses pièces; les emblèmes de la franc-maçonnerie; la fameuse chanson de Monsieur et Madame Denis ; les crânes à protubérances numérotées du docteur Gall, donnant la clé de nos aptitudes, etc.

Sous Charles X, devenu fervent catholique dans sa vieillesse, on vit beaucoup de tabatières à sujets religieux ; c'était l’époque des congrégations. La Charte, octroyée aux Français, a fourni le sujet d'une tabatière célèbre, dont la vogue s’est maintenue pendant toute la durée de la Restauration. Voici quelques descriptions raisonnées :

TABATIÈRE À LA CHARTE. — En 1814, Louis XVIII, mon-

tant sur le trône, donna la Charte constitutionnelle, qui devait être la constitution de la France, sous la Restauration. La Charte se résumait aux garanties suivantes: Le gouvernement représentatif, divisé en deux corps; l'impôt librement consenti; la liberté publique et individuelle; la liberté de la presse: la liberté des cultes ; les propriétés inviolables et sacrées; la vente des biens nationaux irrévocable ; les ministres responsables; les juges inamovibles et leur pouvoir judiciaire indépendant ; tous les Français admissibles à tous les emplois.

Des tabatières en carton vernise répandirent à profusion, montrant le Roi, les princes, les fonctionnaires de tous les ordres et le peuple même, jurant fidélité à la Charte. Le haut de ces boîtes, faciles à reconnaître, présente cette légende : Aucun des. articles de la Charte ne sera révisé. Vive LA CHARTE! Ælle a fermé l'ère des révolutions. Du côté opposé, en dessous, se trouvent des listes de patrs, de députés, d'écrivains libéraus: et de citoyens utiles. Au milieu s'élève la colonne Verdôme, mais sans la statue de Napoléon. La tabatière à la Charte offrait dans son ensemble certaines allures libérales. Elle fut adoptée d’abord par tous les hommes de bonne foi, ralliés au nouveau régime. Plus tard, quand le gouvernement, entrant dans une voie funeste, se mit à violer la Charte, la fameuse boîte passa définitivement dans les mains de l'opposition. Plusieurs types de tabatières à la Charte ont été faits en buis repressé.

BOITE ROYALE DE FRANCE. — Parmi le flot de tabatières recherchées des royalistes, il s’en fit en écaille moulée, présentant sur le couvercle, en repoussé, les images chéries des légitimistes et figurant en relief, à la partie inférieure de la boîte, le chiffre du Roi dans une bordure de petites fleurs de lis, avec cette légende : Boîte royale de France. Le chiffre de Louis XVIIT (1814 à 1824) est formé de deux L entrelacées, et celui de Charles X (4824 à 1830) de deux CG croisés.

BOITE FRANÇAISE. — En opposition à la Boîte royale de France, sorte de certificat de royalisme, on vit paraître des tabatières également en écaille moulée, offrant en dessous cette simple légende : Boîte française. Le dessus représente le portrait de nos orateurs libéraux, en cuivre repoussé et doré.

LES TABATIÈRES AU GÉNÉRAL FOY, À LA MANUEL, A LA BENJAMIN CONSTANT, offrent les traits des célèbres députés de l'opposition libérale. Elles sont en carton verni, en buiS

repressé, en écaille moulée ou surmontées d’un repoussé en cuivre doré. Ces boîtes, recherchées des adversaires du gouvernement, indiquaient une couleur politique.

TABATIÈRE DIEUDONNÉ. — Après la mort du due de Berry, assassiné par Louvel, au sortir de l'Opéra, le 43 février 4820, la France royaliste fut dans la consternation, On apprit peu après que la duchesse était enceinte, et le 29 septembre suivant, elle mettait au monde le duc de Bordeaux. Gette naissance providentielle fit donner à l’auguste enfant le nom de Dieudonné. Parmi les témoignages relatifs à ce grand événement, on exécuta une infinité de tabatières à médaillons gaufrés, repoussés, imprimés, offrant l'image de l'illustre rejeton, considéré alors comme le salut de la France.

TABATIÈRE AU DOCTEUR GALL. — On sait que le docteur Gall est l'auteur d'une science nouvelle, appelée phrénologie; elle repose sur ce principe que le cerveau étant le siège des facultés de l'âme, on peut reconnaître les dispositions et inclinations de l’homme par les protubérances du crâne. La méthode de Gall eut un grand retentissement ; apologistes et détracteurs ne lui manquèrent pas. Partout on palpait la tête des enfants pour y découvrir les germes de leurs facultés. Des tabatières en carton verni, en buis repressé, ornées de crânes à protubérances numérotées, donnaient l'explication de ces diverses parties saillantes de la tête.

TABATIÈRE AUX OMNIBUS. — Vers 4829, on fabriqua des tabatières en carton verni, représentant des omnibus à deux et trois chevaux, avec l'indication des différents parcours dans Paris et la banlieue.

TABATIÈRE AUX 921. — Tabatière en carton verni. Dessus : 221 pour. Au centre, un soleil; autour, les noms des 221 députés de l'opposition. Dessous : 181 contre. Une lune et des nuages au centre ; cireulairement, les noms des 481 députés gouvernementaux. Après l'ouverture des chambres, le 2 mars 14830, Royer- Collard présenta l'adresse au Roi, de laquelle nous détachons les deux plus importants paragraphes : «...…. Sire, la Charte que nous devons à votre auguste prédécesseur,et dont Votre Majesté a la ferme résolution de consolider le bienfait, consacre un droit, l'intervention du pays dans la délibération des intérêts publics; cette intervention devait être, elle esten effet indirecte, sagement

mesurée, circonscrite dans des limites exactement tracées, et que nous ne souffrirons jamais qu'on ose tenter de franchir; mais elle est positive dans son résultat, car elle fait du concours permanent des vues politiques de votre gouvernement avec les vœux de votre peuple, la condition indispensable de la marche régulière des affaires publiques. Sire, notre loyauté, notre dévoûment, nous condamnent à vous dire que ce concours n'existe pas. Une défiance injuste des sentiments et de la raison de la France, est aujourd’hui la pensée fondamentale de l'administration ; votre peuple s’en afflige, parce qu’elle est injurieuse pour lui; il s’en inquiète, parce qu'elle est menaçante pour ses libertés. »

Dès le lendemain, la Chambre était prorogée au 3 septembre. Mal conseillé par le prince de Polignac, Charles X courait à sa perte. À quelques mois de là, il violait la Charte en signant les fameuses ordonnances et perdait sa couronne.

RÈGNE DE LOUIS-PHILIPPE (1830 à 1848). La Révolution de 1830 et l'avènement du règne de Louis-Philippe furent l'occasion d’une série de tabatières populaires Vationales, Électorales, Législatives et des Parisiens.

Citons quelques inscriptions de ces diverses boites : Charge des lanciers de la garde royale sur le peuple. 28 juillet 1830. — 97, 28, 29 juillet 1830. Charte. Droit du peuple. — Vive la Charte. Vive la Liberté. 27. 28, 29 juillet 1830. — A la mémoire des Français morts pour la liberté, les 27,28, 29 juillet 1830.— L.-P. d'Orléans, acceptant la couronne, réunit les partis. — Je reprends avec orqueil les couleurs que j'ai portées. — Entrée des habitants de Rouen, du Havre, d'Elbeuf et de Louviers, 3 août 1830, etc.

Dans la suite, nous voyons sur les boîtes les portraits des ministres, tels que Thiers, Guizot, Montalivet. Députés et pairs de France, surtout ceux de l'opposition, viennent aussi trôner sur les tabatières, avec de longues légendes explicatives au revers. L'affaire Pritchard, qui faillit nous brouiller avec l'Angleterre, fournit l’occasion d’une nouvelle tabatière libérale, à l’image de l’amiral Dupetit-Thouars. Louis-Philippe, élevé sur les barricades en 1830, est renversé par elles dix-huit annéesplus tard, à l’occasion des banquets réformistes. La dernière tabatière de ce règne pacifique est la {abatière à la Réforme.

Nous clorons la série des tabatières historiques et politiques par la description d’une boîte en carton verni, quenous désignons sous le nom de TABATIÈRE A L'APPEL AU PEUPLE. Buste du prince Louis-Napoléon, en uniforme de général, avec la plaque et le grand cordon ; tête de trois quarts à droite. Légende : Louis

Napoléon. Au-dessus, un aigle surmonté d’une étoile, avec ces mots : L'ÉLU pu rEurLE. Vox populi, vor der, 7,481,931 voix. décembre 1851. Circulairement, autour du portrait, les noms des départements par ordre alphabétique, avec le nombre de voix oui et non pour chacun d’eux.

Après le coup d'État du 2 décembre 1851, exécuté contre l’Assemblée qui voulait le renverser, Louis-Napoléon rétablit le suffrage universel et fit un appel au peuple. Les votes des 20 et 21 décembre réélirent le prince Louis, président de la République pour dix années, par 7,481,231 voix.

Page 1